Auteure: Tch0upi
Disclamer: Les personnages appartiennent à Masashi Kishimoto.
Pairing: NaruSasu
Rating: T (pour possibles futurs lemons)
Chapitre 8 : Détermination et proposition
Les choses n'avaient jamais été aussi… bizarres. D'une quelconque façon, Sasuke et moi étions maintenant amis. Du moins, pas ennemis. Je sortais avec Hinata, Sakura avec Sasuke, et la fin de l'année scolaire approchait à grands pas. Tout le monde au bahut était fébrile quant à l'approche du bal. Moi le premier. J'adorais Hinata. Mais elle était d'un an plus jeune que moi et l'an prochain, j'irais à l'université et elle resterait au lycée. Était-ce normal que je n'en ressente pas la moindre tristesse ? Je me disais toujours que c'était inutile de me prendre la tête avec ça. Mais de l'autre côté, on ne pouvait pas vraiment être amoureux si l'idée d'être séparé causait plus de soulagement que de peine ?
Nous étions jeudi soir. Je venais de rentrer des cours, et j'étais couché sur mon lit à plat ventre, quelques cahiers ouverts sous mes yeux. Ma mère préparait le souper et une agréable odeur de bouffe flottait dans la maison. J'étais en pleine résolution de problème de maths lorsque mon portable se mit à sonner. Je roulai sur le dos et tendis la main pour l'attraper d'où il était posé sur ma table de chevet.
- Yo !
- Naruto ! fit la voix de mon cousin.
- Hey Yahiko.
- Bon alors voilà, j'ai besoin de ton aide, frérot, dit-il sur un ton de voix très sérieux.
- Bien sûr que t'as besoin de mon aide, fis-je en roulant des yeux.
- J'ai oublié mon portefeuille dans la chambre d'Itachi.
- Quoi ? lâchai-je. T'es sérieux ? Tu m'appelles pour ça ? Qu'est-ce que tu veux que j'te dise ?
- Et bieeeeen, je croyais que ce serait évident.
Je mis deux secondes à comprendre où il voulait en venir. Me redressant sur mon lit, je soupirai, l'appareil pressé contre mon oreille.
- Non, Yahiko. Va te faire voir.
- Juste un petit service ! S'il te plaît ! Je suis au boulot, j'peux pas bouger d'où je suis. Allez, je t'en devrai une !
- J'suis pas ta bonne. T'as qu'à aller le chercher après.
- Je peux pas ! J'ai un rendez-vous super important après mon quart et je n'aurai pas le temps d'aller le chercher, et j'en ai besoin.
Je soupirai à nouveau. Yahiko poussa un petit rire à l'autre bout du fil.
- Écoute, faut que j'y aille, j'ai des clients. Je peux compter sur toi ?
Je levai les yeux au ciel.
- Bon d'accord. Est-ce que j'ai vraiment le choix ?
Je l'entendis lâcher une exclamation victorieuse.
- Je t'en devrai une ! Merci ! Allez, à plus.
- Salut, dis-je avant de raccrocher.
Et voilà où s'en allait ma soirée tranquille, une petite visite chez les Uchiwa. Un frisson me parcourut au souvenir de la dernière fois où j'y avais été.
Je fermai mon cahier d'exercices et glissai mon téléphone dans la poche de mon jean. J'enfilai mes chaussures et descendis l'escalier sans avoir oublié mon propre portefeuille. Ce qu'il pouvait avoir la tête ailleurs, celui-là. Je les imaginais bien, lui et son petit ami, dans sa chambre, à s'embrasser pendant des heures puis, étourdis après une séance intense de roulage de pelle, partant en oubliant ses trucs importants, comme son putain de portefeuille.
- Tu vas où mon chéri ? demanda ma mère de la cuisine lorsque j'apparus dans le hall en direction de la porte.
- J'ai un truc à faire, je reviens tout de suite ! criai-je.
Je sortis dehors en refermant derrière moi. Je branchai mes écouteurs à mon téléphone et fis démarrer ma musique. C'était une petite marche jusque chez les Uchiwa. Assez proche pour que je n'aie pas le besoin de prendre ma moto – fraîchement de retour de chez le réparateur – mais assez loin pour que j'aie le temps d'écouter quelques chansons. J'avais besoin de me détendre, car pour une raison qui m'échappait, j'étais nerveux.
Les parents de Sasuke ouvrirent la porte au moment où j'allais appuyer sur la sonnette. Ils étaient tous les deux habillés pour sortir et sa mère avait son sac à main accroché à l'épaule.
- Tiens, Naruto, fit-elle en levant un sourcil, mais avec un sourire malgré tout.
- Euh… m-mon cousin a oublié quelque chose dans la chambre d'Itachi… marmonnai-je.
- Itachi n'est pas là en ce moment, m'apprit son père. Mais tu peux monter. Sasuke est là. Nous sommes sur le point de quitter.
Il me fit entrer et je les remerciai tous les deux.
- C'est la troisième porte à gauche, m'indiqua-t-il tandis que je commençai à grimper l'escalier. Il referma la porte et je me retrouvai seul dans cette grande baraque. Enfin : seul avec Sasuke.
J'acquiesçai puis continuai sur mon chemin. Je n'étais encore jamais venu à l'étage. J'explorai sans m'en rendre compte, regardant les cadres et les objets ici et là. Il y avait trois portes sur le côté gauche, puis une à droite, au bout d'un petit couloir étroit renfoncé. Je m'avançai vers la troisième porte à gauche et, quelque peu mal à l'aise, entrai.
La chambre d'Itachi était, contrairement à ce dont j'avais imaginé, complètement sans dessus dessous. J'en lâchai presque un rire d'étonnement, avançant dans le fouillis total qui traînait par terre. Des vêtements, surtout. Peut-être que mon cousin l'avait influencé ? Un fin sourire apparut sur mon visage à cette idée. Yahiko était un as du désordre. J'aurais plutôt imaginé Itachi comme son exact opposé.
Je trouvai le portefeuille après moultes recherches. Il était dans le lit, sous l'oreiller. Mais qui laisse son portefeuille sous l'oreiller, franchement ? Je préférais ne pas réfléchir à la façon dont il était atterri là, surtout qu'à quelques centimètres de là se trouvaient quelques condoms. Génial…
Ma mission accomplie, je sortis de la chambre en refermant la porte. Je m'apprêtais à reprendre l'escalier lorsque j'entendis quelques mouvements provenant de la pièce de droite. Curieux, sachant que ce devait forcément être la chambre de Sasuke, je m'en approchai lentement.
Sa porte était ouverte, et il était de dos, debout devant son lit. Lui dire bonjour pouvait sans doute renforcer nos – très – faibles liens d'amitié, non ? Convaincu, je m'avançai de quelques pas de plus, jusqu'à ce que je puisse voir ce qu'il était en train de faire : un très grand sac de sport était posé sur son matelas devant lui, et il y mettait des vêtements, une serviette et une paire de chaussures.
- Qu'est-ce que tu fais ? ne pus-je m'empêcher de demander – et ma voix parut résonner comme si je venais de dénoncer un crime.
Non, mais quel idiot !
Il se retourna rapidement, ne m'ayant sûrement pas entendu approcher. Ses yeux, d'abord surpris, me toisèrent avec froideur.
- Je te retourne la question.
Je répétai la même chose que j'avais dit à ses parents.
- Mon cousin a oublié un truc dans la chambre d'Itachi. Je suis venu le récupérer.
- La chambre d'Itachi, c'est de l'autre côté du couloir, fit simplement Sasuke en retournant à son sac de sport.
- Sasuke, sans blagues, t'es pas sérieux là ?
- Mêles-toi de ce qui te regarde, tu veux ?
Il ferma son sac, puis le souleva pour le poser par terre. Il se retourna ensuite vers moi pour me fusiller du regard de nouveau.
- I peine un mois, tu as fait une chute impossible qui aurait pu te paralyser à vie, et tu veux aller t'entraîner ? Je ne te croyais pas aussi con, franchement.
- Bon ça va, tu as terminé ?
- Non, déclarai-je, sentant la colère monter soudainement en moi.
J'ignorais même pourquoi j'étais si remonté. Je crois que j'avais encore les images horribles de son accident. La seconde durant laquelle il s'était emmêlé les pieds là-haut sur son perchoir, puis la seconde suivante, où son corps s'est retrouvé dans le vide. Le bruit atroce qu'il a fait en s'écrasant. Cet instant où la moitié du lycée a cru qu'il était mort, et l'autre qu'il resterait à jamais paralysé.
Sasuke enfonça une casquette sur sa tête, glissa ses pieds dans une autre paire de chaussure, plus usée et vieille, puis se retourna dans ma direction. Il attrapa la bretelle de son sac qu'il passa sur son épaule.
- Laisse-moi passer, détonna-t-il.
Je réalisai soudain mon avantage. Je me tenais devant la porte. Et malgré son arrogance, son attitude froide et ferme, j'étais plus grand et plus large. Pas beaucoup plus grand, mais certainement plus large. Et ma jambe, mes jambes, étaient en parfait état. Je croisai les bras sur mon torse.
- Non.
Le soupir qu'il poussa n'annonçait rien de bon. Avais-je simplement déjà vu Sasuke aussi en colère ? Sûrement. Certes, il ne m'avait jamais fait peur.
- Naruto, gronda-t-il.
- T'es malin, dis-je. Tu attends que tes parents sortent pour filer à la salle de sport. Tu sais qu'ils n'approuveraient pas.
- Ouais, et tu n'es ni ma mère ni mon père.
- Ça ne veut pas dire que je suis obligé de te laisser faire n'importe quoi.
- Depuis quand ça te concerne, hein ? Depuis quand t'en as quelque chose à foutre ?
- Et bien si personne ne s'en fait pour toi, je prends le rôle ! m'emportai-je. Je voulais qu'on soit amis, tu te souviens ? Je le veux encore.
Il semblait sur le point d'exploser. Je pouvais voir, dans sa façon de se tenir, s'appuyant sur sa bonne jambe, que la position commençait à être inconfortable. Je souris malicieusement.
- Si tu arrives à me pousser du chemin, je te laisse partir.
- Naruto, répéta-t-il.
Il ferma ses poings, s'approcha et, pendant un instant, je me demandai ce qu'il allait faire. Physiquement, il pouvait me pousser. Mais pour contrebalancer mon poids, il aurait besoin de la force de ses jambes. De ses deux jambes. Si elles étaient en santé, cela dit. Il l'avait sûrement réalisé en cours de route, puisqu'il ne fit que s'arrêter une seconde, l'un de ses poings en l'air, puis il me frappa durement.
Son coup m'atteignit quelque part entre ma poitrine et mon épaule. Je vacillai très légèrement vers l'arrière.
- Tu ne me feras pas mal, dis-je simplement, les bras toujours croisés, imperturbable. Et tu sais, y'a d'autre façon d'expulser ta frustration. Inutile d'empirer ta blessure.
- Tu ne peux pas comprendre, grogna-t-il en lâchant son sac qui s'écrasa au sol.
- Eh bien explique-moi.
Il me gratifia à nouveau d'un regard très, très noir, et se retourna, marchant dans sa chambre. Il se laissa tomber sur son lit, de l'autre côté, de sorte qu'il me tournait le dos une nouvelle fois.
En le voyant capituler, je sentis une étrange sensation m'envahir. De la fierté, mais autre chose aussi. Une chose que j'étais incapable de nommer. Je m'approchai, et, pris d'un élan de courage, je m'assis à côté de lui sur son lit.
- Explique-moi, Sas', soupirai-je.
Il avait les bras croisés et fixai un point devant lui. J'avais eu raison : ce n'était pas de la rage, ni de la colère, c'était de la frustration. Il était encore blessé. Sa jambe lui faisait encore mal. C'était évident. Il essayait d'aller de l'avant et guérir avant que son corps soit prêt…
Quelques secondes s'écoulèrent, avant qu'il pousse un petit grognement. Il se leva, et je le regardai se rendre à sa commode. Il ouvrit le premier tiroir, en ressortit une enveloppe décachetée, qu'il revint me poser dans les mains.
Je regardai l'enveloppe puis levai les yeux vers lui.
- Lis, m'ordonna-t-il, restant debout.
Je sortis la lettre de l'enveloppe, n'ayant même pas songé à observer le logo du destinateur.
Il s'agissait d'une lettre d'admission, je le compris rapidement. L'École de cirque, une école réputée, qui formait les plus grands gymnastes et acrobates du monde entier, une école où seulement l'élite pouvait avoir une chance d'être accepté… avait accepté Sasuke.
À mi-chemin dans ma lecture, Sasuke reprit sa place à côté de moi. Je sentis sa cuisse frôler la mienne et je réprimai un frisson, tandis que je terminai la dernière phrase.
- Tu as été admis.
Ce fut la seule chose que je pus dire. Sasuke lâcha un petit son dégoûté.
- Ouais, t'es vraiment une lumière, toi. J'ai rempli cette demande avant mon accident. Je n'imaginais pas que…
- Écoute, Sasuke.
Il m'interrompit :
- Le trimestre débute le 3 septembre. Et peu importe ce qu'il faudra que je fasse, je veux y aller. Je vais y aller.
- Sasuke, tu n'es pas sérieux. Ta jambe n'est pas guérie. Ton corps n'est pas guéri. C'est de la folie, tu joues avec le feu…
- Naruto, cette école, c'est tout ce que j'ai jamais voulu. Même dans mes rêves les plus fous, je n'avais jamais sincèrement cru que j'avais une chance d'être accepté. C'est la chose que je veux le plus au monde.
- Je comprends, vraiment, mais… Trois mois, c'est pas beaucoup, vu la blessure que tu as subie…
- C'est pour ça que je n'ai aucune minute à perdre. Je me fous des sacrifices, de ce qu'il faut que je fasse. Je m'en fous, je vais m'entraîner, me pousser à bout. Le 3 septembre, il faut absolument que je sois en forme pour commencer mes études. Personne ne pourra m'en empêcher. Tu peux bien me bloquer le passage aujourd'hui, Naruto, mais tu ne peux pas rester là pour le reste de l'été sans bouger.
- Sasuke… commençai-je en lui rendant sa lettre, qu'il m'arracha presque des mains. Est-ce que tu réalises, au moins, qu'un mois auparavant, tu aurais pu ne plus jamais remarcher de toute ta vie ?
- Eh bien je marche maintenant ! s'impatienta-t-il.
Il s'était levé dans son élan, me fixant avec du feu dans les yeux. Il s'apprêta à continuer, mais je l'arrêtai, me levant à mon tour. Quand je commençai à parler, je vis qu'il se renfrogna, de nouveau énervé que je prenne la parole. Mais il se détendit, lorsqu'il entendit ce que j'avais à dire, quelque chose qu'il n'aurait sûrement pas pu prévoir :
- Très bien, alors si rien ne peut t'arrêter, je propose qu'on s'entraîne ensemble.
C'était évident, dans son visage, qu'il ne s'attendait absolument pas à ça. Il se mit à me fixer intensément, cherchant dans mon regard une faille, sa bouche s'ouvrant deux et trois fois sans qu'aucun son n'en sorte. Un long moment s'éternisa ainsi, entre nous, sans que ni lui ni moi ne dise quoique ce soit. Je crois qu'il se demandait autant si je venais bel et bien de dire ça, que moi je me demandais pourquoi j'avais fait ça.
Finalement, après un très long instant, il dit, d'une voix beaucoup plus douce que jusqu'à maintenant :
- Quoi… ?
- On peut s'entraîner ensemble, dis-je. Comme ça, on peut s'aider.
Il cligna plusieurs fois des yeux, clairement confus quant au changement de situation.
- Tu viens de passer tout ce temps à essayer de m'empêcher d'y aller et…
- Et tu m'as convaincu que rien ne pourra t'empêcher d'y aller. Je sais que t'es parfaitement capable de trouver le moyen de t'entraîner. T'es têtu comme une mule. La meilleure solution, c'est que tu t'entraînes avec quelqu'un. À deux, y'a moins de risques.
Il soupira après mes explications.
- Mais on commence en douceur, ajoutai-je. Ta jambe ne supportera pas que tu te remettes aussitôt à t'entraîner comme tu le faisais avant ton accident. Je propose un jogging léger avant chaque séance.
Je sentais qu'il s'était détendu. Du moins, suffisamment pour que l'atmosphère soit plus douce autour de nous. Il croisa les bras après mes dernières paroles, me regardant comme si j'étais idiot.
- Depuis quand t'es un expert de l'entraînement physique ?
Un large sourire fendit mon visage et je levai un bras, tâtant mon biceps de l'autre main devant ses yeux ennuyés.
- C'est pas venu tout d'un coup ça !
Il me fixa longuement. Très longuement.
Puis, il éclata de rire.
Pendant quelques secondes, je crus qu'il rigolait de pur amusement. Mais je dus me rendre à l'évidence, il se moquait ouvertement de moi. Il se retourna, allant s'installer à sa table de travail, devant son ordinateur éteint. Je n'avais cependant pas rêvé le pétillement dans ses yeux.
Je l'avais fait rire.
- OK, alors ? C'est entendu ? lançai-je.
Aucune réponse. Sasuke n'avait pas touché à son ordinateur.
J'attendis.
- Si tu veux, on peut y aller tout de suite. Laisse-moi juste passer chez moi, pour que je me change.
- Non, ça va. Ma jambe me fait mal, marmonna-t-il en s'appuyant d'un coude sur sa table. Je te texterai quand je voudrai qu'on y aille.
Un autre long silence s'écoula, au bout duquel je me demandai – presque en rougissant – pourquoi j'étais encore là. Je me détournai alors.
- OK, alors, je vais y aller. Mon cousin aura besoin de son portefeuille…
J'étais presque dans le couloir lorsque Sasuke m'interpella. Je me retournai pour le voir debout de nouveau, me faisant face, légèrement appuyé sur sa chaise.
- Naruto ?
- Ouais ?
Il semblait nerveux. Ses doigts étaient emmêlés les uns aux autres sur le dossier de sa chaise.
- Ça va te paraître bizarre.
- Balance tout, fis-je en haussant les épaules.
Mon cœur battait la chamade. Mais pourquoi, au juste ?
Sasuke me lâcha une bombe :
- Viens avec moi à la fête de Karin vendredi soir.
à Suivre...
