Auteure: Tch0upi
Disclamer: Les personnages appartiennent à Masashi Kishimoto.
Pairing: NaruSasu
Rating: T (pour possibles futurs lemons)
Chapitre 9 : Dad, it's friday night!
Yahiko était tatoueur. Son local, situé sur une rue pas très loin de chez moi, était petit, mais tout de même sympa. J'adorais y venir après l'école, passer du temps avec mon cousin. Le regarder tatouer des gens avait un quelque chose de relaxant. Mon cousin avait beaucoup de talent, même qu'il m'avait promis de m'en faire un.
Lorsque j'aurai 18 ans, évidemment.
J'entrai et le vis aussitôt, derrière le comptoir, à comptabiliser son argent. Je levai les yeux au ciel et m'approchai.
- Ouais, tu es très occupé, dis-moi.
Il leva le nez et me sourit. Il termina de compter les billets, puis les rangea dans le tiroir-caisse et écrivit quelque chose sur un bordereau. Enfin, il me répondit.
- Tu as mis plus de temps que prévu ! dit-il. Si t'étais arrivé cinq minutes plus tôt, t'aurais vu que j'étais aux prises avec deux clientes très exigeantes.
- Ah bon ?
- Ouais, deux gamines de 15 ans. J'ai eu beau leur expliquer qu'il me fallait l'autorisation parentale, elles n'ont rien voulu entendre.
- Je vois…
Je lui balançai son portefeuille, qu'il attrapa en me remerciant.
- T'es vraiment un frère toi. Merci !
Je haussai simplement les épaules.
- Hey, lança-t-il alors. Je n'ai pas d'autres rendez-vous et comme j'ai un truc d'important ce soir, que dirais-tu que je ferme la boutique maintenant et qu'on aille manger un morceau ? J'aurai le temps après de rentrer chez moi et me préparer.
- Ouais OK, super. Allons-y.
Il me sourit et me tapota l'épaule. J'attendis ensuite qu'il ferme la caisse, qu'il range un peu ses trucs puis qu'il mette le verrou. Quelques minutes à peine et nous étions dans sa voiture.
Nous parlâmes de tout et de rien jusqu'au resto qu'il avait choisi – de la restauration rapide. Yahiko commanda pour nous deux pendant que j'allais nous prendre une table. Quand il arriva avec nos deux méga burgers, je me rendis compte que j'avais vraiment très faim.
- Et sinon, tu m'as pas dit comment ça s'est passé chez mon p'tit ami ?
- Ben, comment tu veux que ça se passe ? Je suis entré, j'ai pris le portefeuille et c'est tout.
- Y'avait personne ? Comment t'as pu entrer ?
- Mais non, soupirai-je. Ses parents étaient là, mais ils étaient sur le point de partir. Y'avait aussi Sasuke.
Yahiko se mit à sourire.
- Vous avez parlé ?
Je ne m'étais pas vraiment autorisé à penser à ce que Sasuke m'avait demandé juste avant que je parte. D'une certaine façon, parce que je savais que ça me bouleversait, et je refusais de l'admettre. Ce qui m'énervait, c'était la raison pour laquelle ça m'avait mis tout à l'envers. Pourquoi, donc ?
- Mouais…
- Woooah, fit Yahiko. Allez, explique-moi tout.
Je réprimai un grognement de frustration.
- Il m'a demandé un truc bizarre.
Le fait que Sasuke avait été sur le point d'aller s'entraîner, et risquer de se blesser encore plus gravement, ne le regardait pas. De toute façon, Yahiko le dirait à Itachi. Et Sasuke m'en voudrait à mort. Mes chances – déjà faibles – d'avoir une amitié relativement saine avec lui seraient anéanties.
- Bizarre comment ? demanda Yahiko.
- Bizarre comme dans : il m'a demandé de l'accompagner dans une fête organisée par une de ses amies.
- Quoi ?
Le grand sourire de Yahiko me fit comprendre à quel point non seulement c'était bizarre, mais farfelue.
- Ouais.
- Pourquoi ? demanda-t-il.
- Je l'ignore. Moi, dans une fête, avec des gens que je ne connais pas. Des gens pour qui je suis un idiot, un intello, un ringard, un… En plus, tous ses amis seront là !
- Et pourtant, il t'a demandé de l'accompagner. C'est un gage d'amitié ça, non ?
Je levai vers lui des yeux pas convaincus du tout.
- Écoute, interprète ça comme tu veux, mais Sasuke souhaite que tu y ailles avec lui… Ça doit vouloir dire quelque chose.
- Tu vois, c'est ça qui est bizarre. Et peu importe le nombre de fois que j'y réfléchis, je n'arrive pas à me l'expliquer. Sasuke a arrêté de voir ses amis depuis son accident. Il s'est coupé du monde entier, il a brisé tous ses liens, s'est isolé dans son coin et a arrêté de parler à tout le monde. Sasuke était le roi du lycée, tu piges ? Il était constamment entouré. Entouré de beaucoup de personnes. Beaucoup d'amis. Et… pour une raison qui m'échappe, je suis le premier vers qui il se tourne, depuis…
Je m'arrêtai lorsque je me rendis compte des sottises qui sortaient de ma bouche. Sans blague, qu'est-ce que je racontais ? Un léger rougissement couvrit mon visage et je baissai la tête, croquant dans mon burger pour me remettre les idées en place.
- T'as raison.
- Sasuke est censé être un gros trou de cul. Un abruti. Un salaud. Un…
- Ça va, j'ai compris.
- Depuis ce foutu accident, il… il a changé. Il est juste… vulnérable et… en étant encore un salaud. Je… Ça ne fait aucun sens, non ? Ce que je dis ?
Yahiko souriait toujours, de l'amusement dans ses yeux.
- Ce que je pense, c'est que tu as envie d'être son ami.
- Je ne crois pas, non.
- As-tu envie d'être son ami ?
- Sûrement. Je crois. Enfin… Je sais pas. Oui, parce que je lui ai demandé, mais…
- Alors va à cette stupide fête. Qui sait, peut-être que ça pourrait vous rapprocher. Vous pourriez avoir du plaisir ensemble. Ce sera sûrement différent et plus agréable que de vous battre sans arrêt.
- Pour ça, t'as pas tort.
Je soupirai. Yahiko perçut que je m'en faisais encore, puisqu'il se pencha et me tapota la main.
- Écoute, frérot. Peu importe ce qui se passera. Sasuke, qu'il ait été le pire trou de cul du lycée, il reste qu'il a subi un grave accident et… ce genre d'épreuve laisse des traces. Physiques, mais surtout à l'intérieur. Il se sent fragile et essaie de le cacher, parce qu'il doit détester se sentir comme ça. Voilà sans doute pourquoi il s'est isolé. Tu devrais être honoré qu'il vienne vers toi. C'est une preuve de confiance et d'amitié. À mon humble avis.
- Et ton humble avis me proposerait donc d'y aller avec lui ? À cette fête ? Et si on finissait par se taper dessus?
- Et bien, on… On traversera le pont quand on y sera ! Allez, termine ton burger.
J'acquiesçai en soupirant. Mais parler avec Yahiko m'avait calmé, et rassuré.
Il demeurait tout de même que j'avais dit oui pour cette fête… Moi, le plus ringard du bahut. Au milieu de tous ceux qui ont toujours fait de ma vie un enfer sur terre.
Sasuke
Vendredi soir
- Alors ? Quels sont vos plans pour ce magnifique vendredi soir, les garçons ?
Je levai les yeux de mon assiette au son de la voix de ma mère, qui essayait avec une très inspirante motivation d'engager la conversation, mais nous étions tous les trois affaissés sur nos chaises comme des rescapés d'une guerre. Mon frère semblait ailleurs, mon père paraissait éreinté et moi… moi, j'étais juste affreusement ennuyé.
Ça avait été, globalement, une journée assez ennuyante. Les cours avaient été horriblement répétitifs, les profs n'avaient fait que nous rappeler que les examens finaux commençaient la semaine prochaine et qu'ils s'étendraient sur dix jours. Nous avions eu droit à de la révision à n'en plus finir de la matière de chaque cours. Lorsque seize heures avaient sonné, j'avais presque lâché un cri de joie.
Le dîner était déjà prêt lorsque j'étais arrivé. Nous n'avions pas l'habitude de manger si tôt, mais ça m'arrangeait un peu. Kiba m'avait rappelé, cet après-midi, que la fête de Karin commencerait vers 18 heures. J'aurais juste assez de temps pour prendre une douche, m'habiller et partir.
Un soupir m'échappa lorsque la scène d'hier (celle qui s'était déroulée dans ma chambre, mettant en vedette le très imprévisible Naruto Uzumaki et mon sac de sport) me revint en mémoire. Honnêtement ? Je n'avais aucune espèce d'idée de la raison pour laquelle je lui avais demandé de venir avec moi. Le Sasuke d'avant mon accident me lançait des insultes au fond de moi-même. Pourquoi diable vouloir inviter ce ringard de première catégorie ? Tu veux bousiller ta réputation ou quoi ?
Mais justement. Je ne m'étais pas senti comme l'ancien Sasuke depuis mon accident. Je me sentais… constamment menacé. Menacé par je ne sais même pas quoi, mais je me sentais menacé. C'était une situation vraiment merdique et je détestais au plus haut point cet état d'âme, et pour une raison encore plus sombre, la présence de Naruto… me donnait des forces. Sa présence, sa constante et intarissable envie d'être mon ami me donnait l'impression de redevenir celui que j'étais… de redevenir moi, mais dans une meilleure version…
Je ne faisais aucun sens, n'est-ce pas ? Je soupirai une nouvelle fois : qu'est-ce qui me prenait, de penser à cet intello de cette façon ?
Enfin, peu importe. Il allait être là ce soir. Et j'en étais rassuré.
- J'ai un rendez-vous important, nous apprit Itachi, répondant à la question de maman.
- Ah bon ? s'étonna-t-elle.
Je pus voir que mon père s'intéressa soudain à ce qu'allait dire mon frère. Il s'était redressé sur son siège.
- Quel est ce rendez-vous ? demanda-t-il.
- C'est top secret, annonça mon frère. On ne peut pas vous en parler tout de suite.
- Tiens, c'est mystérieux tout ça, fit ma mère en essayant de cacher son inquiétude. Rien de grave, j'espère ?
- Non, non, du tout. En fait, si ça se concrétise, c'est plutôt une très bonne nouvelle. Mais enfin, faut attendre, et je préfère vous l'annoncer seulement une fois que ce sera officiel.
- Tu te maries, dis-je sur un ton qui trahissait mon agacement.
En fait, je n'étais pas vraiment énervé, ni agacé. J'étais peut-être un peu inquiet moi aussi et je ne voulais pas que ça s'entende. Après tout, c'était vrai : Itachi avait été dans la lune (et ailleurs dans l'univers, très, très loin) pendant plus de la moitié de la semaine, et souvent absent.
Il me lança un regard amusé.
- Mais non, idiot. Quoique… peut-être plus tôt qu'on le pense. Avec Yahiko, on en parle souvent…
- Oooh ! s'exclama ma mère, contenant très mal son excitation.
Elle commençait à me donner mal au cœur avec ses sautes d'humeur. Un instant elle était inquiète et soudainement, elle s'emballait pour quelque chose qui, pour l'instant, n'était qu'une probabilité…
- Bon, bon, soyons patients, d'accord mon trésor ? dit-elle en s'adressant à moi.
Je roulai des yeux et retournai à la contemplation de mon repas. Pourquoi donc avais-je tant de difficulté à avaler une si petite part de lasagne déjà ? Ah oui : cette stupide fête que Karin organisait.
Pendant que mes parents et Itachi poursuivaient la conversation, je me perdis dans mes pensées. J'ignorais pourquoi j'étais si nerveux. C'était mes amis. Ceux avec qui j'avais grandis. On avait passé le lycée entier ensemble, je les connaissais et ils me connaissaient… Pourtant, j'avais l'estomac noué comme pas possible.
- Et toi mon chéri ? fit ma mère après quelques minutes.
Je relevai la tête de nouveau. Ma mère, mon père et Itachi me fixaient désormais, attendant ma réponse. Je mis quelques secondes – assez embarrassantes – à me souvenir de la question du départ.
- Oh, en fait… balbutiai-je.
Je me raclai la gorge et me redressai un peu sur ma chaise.
- Je… je vais chez des amis. Ils organisent une petite fête et…
- Une fête ? répéta mon père.
Je m'interrompis, lui lançant un regard surpris.
- C'est vendredi, dis-je, sur la défensive.
Il regarda ma mère qui ne répondit pas tout de suite.
- Sasuke, tes examens finaux sont la semaine prochaine. Tu devrais étudier, et puis ta jambe…
- Papa, c'est vendredi soir, dis-je en appuyant exagérément sur le vendredi et en ajoutant « soir ».
Si avec ça, il ne comprenait pas…
- C'est… Vendredi soir a été expressément conçu pour sortir. Et j'ai fait mes devoirs. S'il te plaît, papa, laisse-moi y aller. Je ne me suis pas amusé depuis mon accident, ça me changera les idées juste avant les examens… J'étudierai ce weekend, du matin au soir, c'est promis. Et…
Je me mordillai la lèvre du bas, ma fourchette en équilibre entre le creux de ma paume moite et le bord de mon assiette.
- Et j'ai décidé d'en finir avec mon inscription à l'université. Ma demande sera envoyée avant dimanche soir. (Dimanche soir étant l'échéance.)
Mon père ne pouvait rien faire contre mes arguments en béton. OK, l'un d'eux était un mensonge, mais… Il fallait ce qu'il fallait.
Un long silence tomba dans la salle à manger. Même les bruits de couverts ne pouvaient plus être entendus. Après un petit instant, ma mère se tourna vers mon père.
- C'est vrai qu'il ne s'est pas amusé beaucoup ces dernières semaines, dit-elle.
- Je suis passé par là, fit Itachi en ma faveur. Quand j'avais dix-sept ans, j'étais pas un cadeau. Encore pire que mon p'tit frère ici présent.
- Et qu'est-ce que ça veut dire, ça ? grognai-je.
Il éclata de rire et tendit la main au-dessus de la table pour m'ébouriffer les cheveux. Je repoussai son bras en poussant des plaintes. Ma mère se mit à ricaner.
- Les garçons, mais quel âge avez-vous ? s'amusa-t-elle.
- Bon, très bien. C'est bien parce que vous êtes tous contre moi, et parce que je sais que tu n'as aucune difficulté majeure dans aucune des matières. Mais ça ne veut pas dire que je ne te tiendrai pas au mot quant au fait que tu devras étudier du matin au soir tout le weekend, jeune homme, ajouta-t-il en brandissant son index autoritaire de père vers moi.
Je me surpris à sourire.
- Super !
- Vous serez beaucoup ? questionna ma mère.
- Mes amis. Naruto aussi y sera, marmonnai-je en ignorant la tête de mon frère qui se tourna vivement vers moi. Avec sa petite amie. Et Sakura…
- Et ta jambe ? demanda mon père.
À ce stade, nous avions tous terminés de manger.
- Et bien, si je ne danse pas comme un fou à lier, je devrais survivre.
- D'accord, dit-il en se levant.
Il se mit à vider la table en récupérant nos assiettes. Ma mère se leva et lui donna un coup de main. Au passage, elle me gratifia d'un regard presque accusateur.
- Et tu refuses la drogue.
- Oui, maman, soupirai-je.
- Et l'alcool, ajouta mon père tandis que tous les deux étaient à l'évier et déposaient la vaisselle.
- Je ne suis pas un idiot.
- Non, mais on a déjà eu dix-sept ans, mon chéri, renchérit ma mère.
Je soupirai de nouveau. Ils n'étaient pas reposants ces deux-là, surtout quand ils décidaient de s'y mettre en équipe !
Je me levai de table à mon tour, et tandis que je m'échappai vers l'escalier pour monter me préparer, mon frère me suivit et me tapota sur l'épaule.
- Vendredi soir, à deux semaines du bal des finissants, à deux semaines de la fin du lycée… Sas'ke, j'ai déjà eu dix-sept ans moi aussi, et il se trouve que ça ne fait pas aussi longtemps que papa et maman. C'est, genre, la soirée du siècle pour vous. Et tout le monde est au courant. C'est comme… le bal des finissants, première partie.
J'arrivai à l'escalier, et montai la première marche. Je me retournai ensuite, et lançai à Itachi un regard. Un seul regard. Très, très ennuyé. Avec la petite inclinaison de la tête et tout ça. C'était, genre, le regard qui pourrait tuer.
- Ita…
- Ouais ? fit-il.
- Je me rappelle pas t'avoir demandé ton opinion.
- Bon très bien ! soupira-t-il avec amusement.
Il me dépassa dans l'escalier et commença à monter, tout en se mettant à ricaner. Je fronçai les sourcils et le suivis.
- Quoi ? Pourquoi tu rigoles comme un crétin ?
Je me mis à courir pour le rattraper. Une fois en haut, il m'attrapa le coude et me tira plus loin dans le couloir.
- T'as pas vu la tête de papa quand t'a prononcé le nom « Sakura » ? Frérot, quand tu vas revenir de cette fête, tu vas subir LA grande discussion père-fils.
- Quoi ? Mais de quoi tu parles ?
Itachi manqua d'éclater de rire de nouveau. Il se retint et secoua la tête.
- T'as déjà oublié ce que ton ami Naruto a dit à table, l'autre soir ? Ce que tu aurais possiblement, selon une rumeur, fait avec Karin, ton ex-petite amie, à la piscine…
- Elle n'était pas vraiment ma petite amie… et puis qu'est-ce que ça à voir av…Oh.
Mon frère me regarda comme si j'étais idiot. Parce que, ouais. La réalité venait de me frapper.
- Je ne sors pas avec Sakura.
- Uh uh.
- Itachi, c'est vrai, grognai-je.
- Ouais ouais.
- Ita !
Nous passâmes presque une demi-heure à nous bagarrer, mon frère et moi. Après cela, je pris une douche, y restai presque une heure de temps. Je m'habillai normalement, enfilant un jeans noir troué aux genoux et un vieux tee-shirt de Blink-182. Je mis mes converses et pris ma veste, au cas où ce serait frais dehors. Karin habitait à trente minutes de marche.
Je descendis au moment où ma mère ouvrait la porte à…
Naruto Uzumaki.
Nos regards se croisèrent et, je ne pus dire si je rêvais ou pas, mais Naruto me reluqua de la tête aux pieds avec une lueur au fond des yeux… Le pire, c'est que je sentis mes joues s'enflammer soudainement. J'ignorais comment je parvins ensuite à me convaincre que c'était à cause de la vapeur de ma douche très chaude, puisque j'étais sorti de la salle de bain depuis déjà presque vingt-cinq minutes.
Je continuai à descendre les marches.
- Salut, dis-je.
Naruto me sourit, avec gêne. Non mais quel ringard ! Était-il seulement déjà allé dans une fête comme ça ? L'idiot était habillé comme s'il allait à l'église. Chemise blanche, propre, et un jeans moulant noir.
Ma mère vint me sortir de ma misère, tandis que j'étais en train de me dire que le blanc, sur lui, faisait paraître ses épaules encore plus larges et son torse plus en valeur…
- Vous allez faire le chemin ensemble ? C'est plus rassurant !
- Maman, soupirai-je.
- D'accord, mon chéri, j'arrête de t'embarrasser devant tes amis.
Elle me sourit, déposa un baiser sonore sur ma joue en ricanant puis s'éloigna dans la maison.
Je me retournai ensuite vers Naruto. Il me fixait si intensément qu'il se mit à rougir, comme si je l'avais pris au beau milieu d'un crime. Il y avait quelque chose de… bizarre, entre nous. Presque comme de la gêne.
Mais merde, pourquoi devait-il être si beau ?
- Je sais pas si tu étais au courant, dis-je. Mais je connais le chemin pour aller chez Karin.
- Hé, patate. C'est moi qui ne le connais pas, le chemin, répondit-il.
- Eh bien…
- Et tu m'as demandé de venir avec toi. Dans une fête où je ne connais personne. Alors tu devras me supporter.
- Sakura sera là.
Il sortit sur le porche et je le suivis. Après quelques pas, et lorsque je posai mes yeux sur la moto, stationnée juste derrière la voiture de mes parents, et que je réalisai ce qui m'attendait, je stoppai net et me figeai. Naruto, devant moi, s'arrêta et se retourna. Les yeux toujours posés sur moi, il sourit puis se tourna et se dirigea à grandes enjambées vers sa moto.
Pétrifié, je le suivis, les jambes molles. Je ne pouvais pas le croire.
Je le rejoignis et ravalai ma salive difficilement.
- Je ne monte pas là-dessus, dis-je sur un ton très, très glacial.
Naruto ne fit que sourire, un peu plus détendu qu'il y a quelques minutes. Sous mes yeux qui s'agrandirent, il sortit son casque puis un deuxième, qu'il me mit d'autorité dans les bras.
- Allez. Je me suis dit qu'avec ta jambe, ce serait mieux que tu n'aies pas à marcher. Je t'emmène. T'auras qu'à me dire l'adresse de ton amie.
- Je ne monte pa…
- T'aurais la trouille, Uchiwa ? me nargua-t-il.
Bonté divine, qu'avais-je fait pour mériter ça ?
Dans un grommellement inintelligible, je mis le casque sur ma tête, et m'assis à l'arrière de Naruto. Passant mes bras autour de son torse, et m'approchant un peu plus, je réalisai que tout ce vacarme retentissant était en fait les battements de mon cœur à l'intérieur de ma poitrine.
Et même si j'essayais de le nier, l'évidence me serrait l'estomac.
C'était un mixte de peur et d'attirance.
Moi. Attiré par ce crétin d'intello. Ce garçon, passionné de sciences, musclé comme un Dieu, et conduisant une moto beaucoup trop cool pour appartenir à un ringard comme lui.
Ça allait être une soirée bien intéressante. Ou pas.
À SUIVRE…
