Auteure: Tch0upi
Disclamer: Les personnages appartiennent à Masashi Kishimoto.
Pairing: NaruSasu
Rating: T (pour possibles futurs lemons)
Je suis vraiment désolée de l'énorme retard. Je n'ai pas abandonné cette fic, et j'espère que vous apprécierez ce chapitre! =)
Bonne lecture!
Chapitre 11 – Lendemain de veille
Narrateur
Lorsqu'ils arrivèrent devant sa maison, Naruto sourit pour lui-même et se félicita d'avoir pensé à envoyer un message à sa mère plus tôt dans la soirée. « Maman, je vais sûrement rentrer tard, et si j'ai bu je resterai à dormir… Ne t'inquiète pas, bisous. » Elle avait sûrement pris son message au sérieux puisque toutes les lumières étaient éteintes. Génial ! Ils auraient peut-être une chance de se faufiler discrètement… et demain matin ils pourraient faire semblant de ne pas souffrir de la pire gueule de bois de l'histoire de l'humanité. Certes, Naruto savait qu'ils allaient devoir trouver une explication à donner aux parents de Sasuke…
Oh et Sasuke n'avait qu'à leur envoyer un message comme lui avait fait. Il n'avait pas à penser à tout !
À ses côtés, ledit Sasuke enlevait son casque. Naruto fit pareil en ne pouvant s'empêcher de rire : son ami avait une tête à faire peur, même qu'il ne l'avait jamais vu comme ça. Et plutôt que le crucifier sur place de se moquer ouvertement, Sasuke lui lança un regard amusé et un immense sourire.
- Qu'est-ce' tu… regardes comme… ça ? articula-t-il difficilement d'une voix entrecoupée de hoquets.
- T'es complètement bourré, mec. Donne-moi ça ! dit Naruto en lui prenant le casque des mains.
Mais les siennes étaient pleines de pouces, surtout dans son état d'ébriété. Le casque lui échappa et s'écrasa sur le pavé. Sasuke pouffa aussitôt.
- Mais chhhh !
Il partit d'un nouveau rire, incontrôlable. Bordel, il allait réveiller tout le quartier ! Réagissant au quart de tour, le blond, qui avait considérablement moins bu (mais assez pour être significativement saoul) récupéra le casque, le mit à sa place avec l'autre dans le coffre de sa moto sous le siège, et sans délicatesse, empoigna Sasuke par le coude.
- Ouch ! se plaignit-il. Doucement !
- Allez, viens. Et ferme-la, bon sang !
Sasuke le suivit néanmoins, en trébuchant comme un imbécile. Il avait du mal à voir devant lui, et le paysage tout entier tournoyait à une vitesse étourdissante. Naruto était dans le même état, mais les deux garçons ressentaient tout de même la frénésie de l'instant. L'ivresse, la folie, la possibilité que les lumières s'allument d'un coup et que les parents sortent et les engueulent.
En tenant fermement Sasuke par le bras, l'aidant à rester debout, Naruto fouilla dans sa poche à la recherche de sa clé.
Une clé qu'il ne trouva pas.
- C'est pas vrai, gémit-il. Où est-ce que je l'ai mise ? Merde…
Sasuke – toujours vivant, étonnamment – s'approcha. Naruto pouvait sentir l'odeur de l'alcool émaner de lui. Il était rouge, il avait les yeux vitreux, brillants comme si mille et une petites étoiles y avaient élu domicile, et un sourire niais sur la figure. Naruto avait la tête légère, il avait aussi envie de vomir et un mal de crâne pointait… Tout ça, ajouté à la frustration causée par son incapacité totale à trouver sa foutue clé, l'empêcha d'être alerte à ses alentours. Aussi, il ne réalisa pas tout de suite ce que Sasuke avait l'intention de faire. Ce ne fut que lorsqu'il sentit une main baladeuse se glisser sur ses hanches qu'il se figea complètement. Son regard brumeux trouva celui de Sasuke, confus, pendant que la main du brun continuait sa traversée jusqu'au bas de son dos, puis sur ses fesses, allant fouiller dans sa poche arrière. S'il avait été sobre, il aurait probablement reculé brusquement.
- Mais qu'est-ce que tu… fous. Sas'ke.
Le concerné leva de nouveau la tête vers le blond, un petit sourire satisfait aux lèvres. Mon dieu, pensa Naruto. Sasuke avait vraiment, vraiment trop bu. Il réprima un soupir en sentant la main chaude dans sa poche. Le garçon en ressortit la clé, un rictus fier que Naruto eut l'envie d'embrasser pour faire disparaître.
Ses idées n'étaient pas du tout claires. Tout ce qu'il était capable de démêler, c'était deux choses bien précises.
La première : plaquer cet idiot sur cette porte et lui dévorer les lèvres jusqu'à ce qu'il perde toute notion du temps.
La deuxième : s'effondrer quelque part et dormir d'un sommeil proche du coma jusqu'à ce que toute l'alcool qu'il avait dans le sang soit complètement drainée.
Au final, il ne fit que prendre sa clé en faisant une grimace au crétin de Sasuke.
- Maintenant tais-toi ! chuchota-t-il. Mes parents sont sûrement au lit.
Sasuke leva faiblement une main contre sa tempe.
- Oui mon commandant !
Naruto ne put retenir le rire violent qui le prit. Ils s'esclaffèrent tous les deux mais Naruto reprit ses esprits le premier, faisant le signe du silence à son partenaire avant d'ouvrir la porte. Sasuke se tut, mais ses lèvres formaient encore un sourire.
Ils entrèrent.
Sasuke trébucha.
Naruto, étouffant un nouveau rire, le rattrapa. Son corps, d'ordinaire si ferme, si fort et si athlétique, était désormais qu'un simple chiffon dans ses bras. Morts de rire, les deux garçons grimpèrent l'escalier comme si c'était l'épreuve la plus difficile qu'ils aient eu à passer dans leur vie. Un simple regard les faisait marrer. Naruto en vint même à oublier la possibilité de réveiller ses parents et se rendit avec Sasuke jusqu'à sa chambre, tous les deux se bousculant comme deux gamins.
Après la réussite légendaire que fut leur entrée dans la chambre sans réveiller les parents du blond, Naruto ferma la porte en essayant d'être le plus délicat possible, non sans avoir lancé un regard vers le fond du couloir juste pour protéger ses arrières. Le silence complet régnait dans la maison.
- J'arrive pas à le croire, marmonna-t-il en se retournant. On a réussi. C'est un miracle !
Mais ce qu'il n'arriva vraiment pas à croire, fut ce qui se passa ensuite :
Dès qu'il fut face à lui, Sasuke empoigna son tee-shirt brusquement et plaqua sa bouche contre la sienne. Aussitôt, le baiser était sensuel, langoureux, chaud et… Naruto crut perdre la tête. Il demeura immobile comme un idiot durant quelques secondes, mais dès que son cerveau ralenti par l'alcool lui envoya le message de ce qui était en train de se dérouler, il prit Sasuke par la taille de manière possessive et l'attira à lui. Ils ouvrirent la bouche en même temps, leur langue se joignant, envoyant des décharges électriques dans chacun de leur corps – ainsi que des bouffées de chaleur par croyable.
Se pouvait-il que ce soit vraiment en train d'arriver ? Naruto n'en était même pas certain. Il en avait eu terriblement envie toute la soirée (et peut-être même avant ?) sans savoir pourquoi, ou si c'était vraiment de ça dont il avait envie. Peut-être qu'il n'avait juste pas voulu se l'admettre.
Sasuke était chaud, il bouillonnait dans ses bras. Ses mains, toutes aussi chaudes, avaient migrées vers son visage qu'il tenait d'une manière tout simplement délicieuse. Sasuke. Le même Sasuke, le roi du lycée, le garçon le plus populaire, le champion d'athlétisme, celui qui avait tombé de plusieurs mètres dans le gymnase de l'école quelques semaines à peine auparavant. Le Sasuke avec qui il n'avait jamais pu s'entendre depuis le jardin d'enfant. Il était en train de l'embrasser et ça n'avait rien de chaste.
Naruto avait envie de beaucoup plus. Tous ses membres allaient prendre feu, ça ne pouvait pas être possible d'avoir si chaud, non ? Il sentit même certaines parties de son corps s'éveiller, provoquant des chairs de poule sur sa peau, partout en même temps…
Il frissonna tout en poussant Sasuke vers son lit. Dans un enchevêtrement de membres, de jambes, de bras, de mains qui touchaient partout, les deux jeunes hommes atterrirent sur le lit. Naruto se retrouva en dessous, attrapant les hanches de Sasuke qui s'assoyait carrément sur lui. Pendant tout ce temps, leurs lèvres ne s'étaient pas séparées. Leurs respirations étaient saccadées, leurs souffles se mêlant, les battements de cœur effrénés cognant contre leur cage thoracique. Naruto ignorait si Sasuke était dans le même état, ou même s'il réfléchissait aux mêmes choses que lui. Il se demandait si Sasuke réfléchissait tout court. Peut-être était-il tellement saoul qu'il n'avait aucune idée de qui il était en train d'embrasser ?
Il ne pouvait s'imaginer arrêter. Pas alors qu'il réalisait qu'il avait probablement désiré ça depuis longtemps… Depuis combien de temps exactement ? Juste d'y penser l'étourdissait davantage. Et avec les cuisses de Sasuke, écartées et de chaque côté de son corps, au-dessus de lui, leur chaleur… Naruto ne pouvait plus penser à rien d'autre. À rien d'autre qu'à son érection grandissante, et pas prête de ralentir son ascension.
La passion monta d'un cran. Le désir, la frénésie, l'ivresse… Sasuke avait niché ses mains contre sa nuque, au creux de son cou, et dans ses cheveux, son bassin se frottant contre son entrejambe alors que son dos prenait un arc délicieux. Naruto lui caressa les jambes en montant vers ses hanches et sa taille. Ils n'avaient jamais, ni l'un ni l'autre, poussé aussi loin des caresses aussi intimes, et des roulages de pelle aussi intenses avec qui que ce soit auparavant. L'alcool était sans aucun doute le facteur éliminant la gêne, la maladresse et l'inconfort. Naruto eut une furtive pensée : jusqu'où allaient-ils tous les deux aller comme ça ?
Puis tout s'arrêta brusquement, ne lui laissant pas le temps de se faire des scénarios. Sasuke rompit le baiser, redressant la tête et plongeant dans son regard. Il recula, le visage blême. Naruto se redressa sur les coudes, fronçant les sourcils, aussi essoufflé et étourdi par ce qui venait de se passer. Le regard de Sasuke n'avait aucun focus même alors qu'il le regardait. Il était absent, et confus, et perdu dans la brume.
Naruto allait dire quelque chose quand Sasuke brisa le silence :
- Je… je vais vomir.
Naruto écarquilla les yeux, croyant pendant un moment que Sasuke allait lui dégobiller dessus. Cela dit, ç'aurait été une bonne façon de détruire le charme et de le refroidir. Mais il préférait quand même passer son tour, quitte à pousser Sasuke pour le faire tomber par terre.
Mais le jeune homme sauta du lit comme une fusée. Même s'il n'était jamais venu chez lui, il trouva facilement la petite salle de bain dans la chambre et Naruto l'entendit se mettre à vomir, dans l'obscurité complète – il n'avait pas eu le temps d'allumer.
Complètement désorienté, le visage en feu et le cœur battant follement, Naruto ne put rien faire d'autre que prier pour que ses parents ne se réveillent pas.
Naruto
Un oreiller volant me tira du sommeil le lendemain matin. Grognant dans ma barbe, je me retournai sur mon lit de fortune, par terre à quelques pas de mon vrai lit. Lorsque j'ouvris les yeux, je me donnai un élan pour m'assoir. Vous avez deviné d'où provenait le missile :
Sasuke, assis au milieu de mon lit, visiblement réveillé depuis peu, avait l'air du démon en personne. Pâle, des cernes terribles sous les yeux, le visage creusé, un regard d'assassin et les cheveux en bataille. Si je n'avais pas aussi peur de ce qu'il allait me faire dans les prochaines minutes, je le trouverais même irrésistiblement mignon. Ce qui, indéniablement, me fit penser à ce qui s'était passé hier soir.
Mon cœur se serra dans ma poitrine. Dieu, j'avais embrassé Sasuke Uchiwa. Plus qu'embrasser. Nous nous étions embrassés langoureusement sur mon lit, avec la langue, avec des mains baladeuses, avec… avec l'envie d'aller plus loin ? Je n'en avais aucune idée en ce moment. L'alcool avait sûrement fait monter la tension, et réveillé mes hormones en rut. Nous étions complètement bourrés. Sasuke aussi.
Se rappelait-il de la nuit dernière, lui ?
Mieux vaudrait peut-être que je m'inquiète du moment présent : il avait une aura pratiquement visible autour de son corps… et ça ne valait rien de bon pour moi.
- Pourquoi t'as fait ça ? me plaignis-je en lui relançant l'oreiller – mon oreiller, en plus.
- Qu'est-ce que je fous dans ton lit ? tonna-t-il d'une voix rauque.
- Eh bien comme je suis un gentleman, je t'ai laissé mon lit, visiblement !
- Mais qu'est-ce qu'on fout chez toi au juste ? s'énerva Sasuke.
- Tu te rappelles vraiment de rien, non ?
Sasuke grogna en se passant une main sur le visage, puis amena sa deuxième main pour se frotter les yeux vigoureusement. J'en profitai pour me lever et m'étirer. Dormir par terre sur un tas de couverture avait eu le don de me donner des courbatures partout. Je fis deux pas vers le lit, mais chancelai légèrement. Woooaah. Peut-être que je ne devrais pas être aussi ambitieux après une telle soirée.
- On est allé à cette fête, chez Karin… marmonna Sasuke, et déjà, j'entendis moins d'animosité dans sa voix.
- Ouais et… on a bu. Enfin, toi plus que moi, expliquai-je.
J'essayai de garder mon calme. J'avais besoin de savoir. Savoir jusqu'où remontaient ses souvenirs. Est-ce qu'il se remémorait de lui au-dessus de moi ? De mes mains sur ses hanches, des siennes sur mon torse ? De notre long baiser ? Je me sentis rougir, gardant les yeux rivés sur lui.
Tout s'était terminé au moment où il s'était redressé en m'avouant avoir envie de vomir. La scène était un peu embrouillée, floue, comme si j'avais dormi quarante-huit heures après coup. Mais je me rappelais de l'avoir rejoint après quelques minutes. Il était triste à voir, la gueule enfoncée dans la cuvette et dégobillant ses tripes. Il était resté là une bonne demi-heure. Je lui avais apporté un verre d'eau et lui avais mouillé le visage avec une serviette bien froide. Après ça, il était pratiquement mort sur ses pieds. Toute énergie l'avait quitté, et je l'avais ramené dans ma chambre en le supportant avec mon poids. Je l'avais mis dans mon lit et m'étais improvisé une couchette par terre avec des draps supplémentaires que je gardais dans le placard.
- Euh… est-ce que ça va ? demandai-je au bout d'un long silence.
Sasuke leva la tête vers moi.
- Bordel Naruto. Parle moins fort.
Un sourire se dessina sur mon visage.
Sincèrement, depuis son accident, je n'avais aucune idée d'où nous en étions tous les deux, ni de comment je devais agir avec lui. J'imagine que nous étions amis, sinon, il ne m'aurait pas demandé de venir à cette fête avec lui. Mais nous nous étions embrassés comme si c'était la fin du monde hier soir. Ça, forcément, allait changer des choses… non ? Et s'il ne se souvenait jamais ? Non. Une fois qu'il aurait repris tous ses esprits, il allait avoir des flash-backs… et la seule idée fit accélérer mon rythme cardiaque. Allait-il me tuer ? M'arracher les yeux ? Me détruire les parties intimes ? Et s'il allait s'imaginer que j'avais profité de lui ? Non, non. J'étais probablement aussi bourré que lui.
- Pourquoi tu fais cette tête ? dit-il au bout d'un moment.
- Euh… dis-je de nouveau. Je… rien. J'ai juste…
Et tout à coup, Sasuke écarquilla les yeux, totalement horrifié. Je fronçai les sourcils, lui retournant son regard agrandi d'horreur.
- Quoi ? fis-je.
Il sauta de mon lit, manquant de s'étaler par terre en trébuchant sur la couverture roulée en boule sous laquelle il s'était emmêlé durant la nuit. Je l'observai courir ensuite jusqu'à ma fenêtre.
- On est chez toi ! s'exclama-t-il.
- Euh, ouais. C'est… chez moi.
- Est-ce que tes parents sont venus nous chercher hier soir ?
Je me passai une main derrière la nuque.
- Non ? risquai-je.
Je savais très bien que j'étais dans la merde.
- T'as pris ta moto ? On est rentrés comme ça ?
Et cette constatation incertaine de sa part me fit comprendre qu'il n'avait pas de souvenirs de la veille.
De notre moment enflammé.
- Oui, admis-je. Je sais, c'était irresponsable, mais j'étais comme toi, je savais plus ce que je faisais…
Sasuke ne réagit pas. Il ne me fit aucun sermon pour avoir mis sa vie en danger. Il se dirigea vers le lit et fouilla un peu afin de trouver son téléphone portable. Il était sûrement tombé de sa poche hier.
Il le trouva par terre près de la salle de bain et revins dans ma chambre en secouant la tête.
- Dix-neuf appels manqués de mes parents.
Il leva le menton pour me regarder après cette annonce. Je ravalai ma salive.
- De quand date le dernier ?
Sasuke jeta un nouveau coup d'œil à son écran. Il devint plus pâle encore.
- Dix minutes.
Au même instant, nous entendîmes une voix provenant du couloir :
- Naruto ? Tu es là ?
C'était ma mère.
Sasuke et moi nous regardâmes rapidement. La réalisation se fit. Tous les deux debout dans la chambre, coupables jusqu'au bout des ongles. Nous avions bus et c'était assez évident. Notre gueule de bois était inscrite dans tous nos traits. Ma moto était garée un peu bizarrement devant la maison. Mes parents n'étaient pas stupides, et à l'heure qu'il était, ceux de Sasuke avaient probablement téléphoné, puisqu'ils savaient que Sasuke était parti avec moi hier soir.
Sasuke semblait être d'accord avec moi. Les pas de ma mère se rapprochaient de ma chambre.
Je dis, tout bêtement :
- On est morts.
