Auteure: Tch0upi
Disclamer: Les personnages appartiennent à Masashi Kishimoto.
Pairing: NaruSasu
Rating: T (pour possibles futurs lemons)
Chapitre 13 – Indécision
C'était dimanche soir. La famille Uchiwa avait soupé tous les quatre comme à leur habitude, bien que ce soir-là, le plus jeune fût présent uniquement de corps. Sasuke n'avait sorti aucun son, se contentant de picorer dans son assiette sans grand appétit. Itachi avait fait la conversation avec leurs parents pour eux deux, parlant de ses dernières sorties avec Yahiko et de leur fameux projet dont ils ne pouvaient encore révéler. Itachi avait fait mine pendant tout le souper de l'annoncer, essayant d'attirer l'attention de son petit frère en sachant qu'il était de nature très curieux. Mais Sasuke était ailleurs, et rien n'allait le ramener sur terre ce soir.
Une fois la vaisselle faite, Itachi et son père allèrent rejoindre Mikoto qui visionnait un téléroman sur le divan du salon. Fugaku attrapa le journal qu'il n'avait pas terminé ce matin-là et reprit sa lecture tandis qu'Itachi se mit à répondre à ses messages sur son téléphone. Il s'était écoulée environ une heure lorsque les trois entendirent des pas. Ils tournèrent la tête vers l'escalier pour voir Sasuke en descendre lentement, au rythme que lui permettait sa jambe.
Fugaku fut le premier à remarquer l'enveloppe blanche que son fils avait en main. Il posa son journal tandis que sa femme, à ses côtés, mettait sur pause la série télé qu'elle regardait. Itachi leva la tête. Un silence envahit la maisonnée, toute la famille attentive à ce qui ressemblait aux premiers signes de vie du plus jeune depuis le début du weekend.
Fugaku se leva pour rejoindre son fils à l'entrée du salon. Sasuke lui tendit l'enveloppe que son père prit et ouvrit.
- Programme non contingenté de Sciences politiques, marmonna l'adolescent d'une voix monotone et fatiguée en même temps que son père prenait connaissance de la nature du document – sa demande d'admission à la Fac. Il reste encore des places, ce qui me permettra d'intégrer un meilleur programme lors du trimestre suivant.
On voyait clairement, dans son visage sans émotions et dans son regard éteint, qu'il agissait par obligations et que tous les membres de son corps se faisaient violence pour accepter quelque chose qu'il n'avait pas choisi. Fugaku en fut touché, glissant la demande d'admission de son fils cadet dans l'enveloppe une fois qu'il fut assuré que tout avait été rempli correctement. Il posa son regard sur Sasuke et entendit presque les mots que Sasuke n'avait pas prononcés : T'es content là, papa ?
Il soupira.
- Je sais que tu es déçu, dit-il.
Sasuke détourna le regard.
- Mais je sais que tu comprends aussi les raisons qui me forcent à te pousser ainsi.
- Ouais peu importe, marmonna le jeune homme avec une pointe d'animosité dans la voix.
Puis il pivota et retourna à l'escalier qu'il grimpa sans plus de cérémonie afin de retourner à sa chambre.
Fugaku lutta contre la culpabilité qui menaçait de faire remonter son dîner. Il était difficile pour un parent de voir son enfant dans cet état-là. Quel père en prendrait plaisir ? Il haïssait devoir faire preuve de si peu de compassion, mais il était son père, et prenait ses tâches très au sérieux. Si Sasuke était trop blessé, à la fois physiquement et émotionnellement, pour être lucide dans ses choix, alors il le serait pour lui.
Il se retourna et revint à sa place sur le divan, près de sa femme qui arborait une expression triste. Elle posa une main délicate sur celle de Fugaku.
- Il fait des efforts, et tu sais que ça lui en coûte, dit-elle d'une voix douce.
Fugaku cacheta l'enveloppe et la tripota encore quelques secondes.
- Notre fils ne va pas bien et je devrais faire plus pour remédier à ça.
- Que peut-on faire de plus, mon chéri ? Il sait que nous sommes là pour lui. Il a juste besoin de temps, et je te l'ai déjà dit.
Sa mâchoire se serra et le muscle tressauta sur le côté de sa joue. Ce foutu accident, songea-t-il en repensant à son fils avant ce jour fatidique. À sa confiance ferme et solide en l'avenir. À son tempérament. Sasuke était un garçon qui savait où il allait et qui savait surtout qu'il en était capable. Même si Fugaku n'avait jamais aimé le voir grimper sur des trapèzes, il avait dû admettre que Sasuke était doué et même plus que doué. Et qu'il avait son chemin tout tracé devant lui. Car non, il n'avait jamais douté que Sasuke avait le potentiel et surtout le talent et la volonté de devenir professionnel.
Il soupira. Après quelques minutes, ce fut Itachi qui parla.
- Tout ira bien, papa. Sasuke est têtu comme une bourrique. C'est une bonne qualité pour aller loin dans la vie. Je ne suis pas inquiet pour mon frère.
Fugaku hocha la tête aux paroles de son fils aîné. Il se pencha pour embrasser sa femme sur la joue. Puis il se leva et tapota l'épaule d'Itachi au passage.
- Je vais aller poster l'enveloppe, annonça-t-il.
Mikoto acquiesça avec un doux sourire. Elle comprenait les états d'âmes de son mari parce qu'elle les vivait aussi. Ce n'était pas facile de voir leur fils dans cet état, elle en souffrait beaucoup. Mais elle savait aussi, comme Itachi, que son plus jeune était une force de la nature et que s'il vivait une période difficile, il n'en ressortirait que grandi et encore plus fort. Il avait besoin de temps et c'est ce qu'elle lui donnerait, tout en le laissant savoir qu'elle était encore sa mère et qu'elle serait là pour lui pour toujours.
Naruto
C'était l'une de ces journées de fin d'année, les classes terminées, il ne restait que les examens. Le ciel était d'un bleu azur presque aveuglant et les fleurs avaient poussés dans la cours, le long des bâtiments du bahut. Les cliques traînaient dehors entre les examens, profitant des derniers instants avant la fin. Il faisait chaud et beau, c'était franchement une journée magnifique.
Pour ma part, je venais de terminer mon dernier examen de la journée. Mathématiques. J'étais, inutile de le dire, lessivé. Mentalement vidé.
Je marchais dans le couloir à la recherche d'Hinata, lorsque je croisai la bande de Sasuke. Kiba, Shikamaru, même Deidara et Sasori traînaient avec eux. En les apercevant, comme à mon habitude depuis mes premières années du lycée, j'eus l'instinct de m'arrêter et me détourner, choisir un autre chemin. Mais Kiba me vit et m'interpella.
- Hey Uzumaki ! Par ici.
Je remontai la bretelle de mon sac sur mon épaule et soupirai. Que pouvaient-ils me vouloir ? Mes sourcils se froncèrent en croisant les regards de Sasori et Deidara. La dernière fois que je les avais vu, je m'étais presque bagarré avec eux. Et à la fête chez Karin, c'était Sasuke qui s'était occupé de leur cas. Dans quelle position cela me mettait-il avec eux en ce moment ? Après une semaine d'examens, et une semaine à être en punition et cloîtré chez moi, la fête chez Karin me paraissait à des années lumières. Je n'avais pas même reparlé à Sasuke. Je l'avais croisé dans les couloirs mais tous les deux avions été très pris par nos examens finaux.
À nouveau, je soupirai, mais décidai tout de même de marcher vers eux. Sasori était appuyé sur un casier. Deidara fit la grimace. Kiba vint me tapoter l'épaule comme si nous étions de vieux amis.
- Comment ça va, mon pote ? demanda-t-il.
- J'suis pas ton pote.
Je me tournai vers les deux principaux fauteurs de trouble.
- Que se passe-t-il, qu'est-ce que vous me voulez ?
Sasori et Deidara s'échangèrent un regard, puis Deidara marmotta quelque chose que je ne captai pas. Le rouquin, en guise de réponse, le bouscula contre le casier. J'eus un petit mouvement de recul, sûr qu'une bagarre allait commencer, mais Kiba me lança un coup d'œil exaspéré en soupirant dramatiquement.
Puis, Sasori se tourna vers moi.
- Cet idiot et moi on voulait te présenter nos excuses. Pour, tu sais, l'autre fois dans le couloir.
- OK, dis-je simplement. Pas de problème.
- Alors c'est bon, on fait la paix ? continua le blondinet.
Je le regardai, les sourcils froncés. Même si Sasuke avait un peu raison, et que je ne me sentais plus (depuis longtemps) comme l'intello ringard que j'eus été la plus grande partie de ma vie, je ne pouvais m'empêcher d'agir encore sur la défensive face à des gars comme eux. Des gars qui, depuis la maternelle jusqu'à aujourd'hui, avaient fait de ma vie un enfer sur terre. Des gars qui se moquaient des gens comme moi.
Depuis que Sasuke m'avait fait toutes ces confidences à mon sujet, j'avais pris conscience de la réalité. Je n'étais pas un ringard, ni un petit intello aux yeux des autres élèves du lycée. Certes, je portais encore des vêtements affreux (à en écouter Sasuke, du moins), j'avais des lunettes qui ne m'avantageaient pas (ça, c'était le commentaire de mon cousin Yahiko), mais je n'étais pas un loser. J'étais un phénomène inexpliqué, apparemment. J'étais inatteignable parce que je me sentais comme tel. Je me sentais encore comme le petit garçon rejeté, le petit garçon qu'on coinçait dans les toilettes, le petit garçon qu'on enfermait dans le placard du concierge à la fin des cours. Le petit garçon traumatisé qui s'était coupé lui-même des autres pour se protéger. C'était moi qui m'étais isolé socialement. Et grâce à Sasuke, je l'avais compris.
Grâce à Sasuke…
Avais-je seulement conscience de l'ironie de mes pensées ? De l'ironie de la situation ? C'était Sasuke mon pire bourreau. Mon pire tortionnaire. Le cauchemar de mon enfance. La brute qui m'avait intimidé toute ma vie. Et c'était lui qui m'avait fait comprendre les raisons de ma solitude. Les raisons pour lesquelles je m'étais volontairement mis en marge des autres…
Je soupirai et serrai la main tendue de Deidara.
- Ouais, on fait la paix, dis-je avec un sourire.
Sasori me tendit la sienne et je la serrai ensuite. Kiba eut un grand sourire.
- Dis, mec, on se fait une partie de foot sur le terrain, là. T'es avec nous ?
Je jetai un coup d'œil vers les grandes fenêtres du couloir où nous nous trouvions, qui donnaient justement sur la cours et sur le terrain de foot. Des élèves traînaient le long de celui-ci, d'autres se lançaient une balle. Ça sentait les vacances d'été à plein nez. Je me retournai vers Kiba en me mordant la lèvre du bas. Étais-je vraiment en train de vivre ça ? Avoir des amis à la toute fin du lycée ? Alors que j'avais passé toutes ces années dans mon coin, subissant des moqueries et autres, alors qu'en fait, on avait simplement été trop intimidé pour m'approcher ?
Mais je me rappelai alors que ma punition n'avait pas encore été levé. Et qu'en fait, tout au fond de moi, j'avais pas trop envie de jouer au foot avec eux.
- Euh… en fait, je suis privé de sortie. Désolé, peut-être la prochaine fois !
Kiba haussa les épaules.
- Bah OK, mec, pas de problème.
Je commençai à m'éloigner, mais Kiba m'interpella de nouveau. Je me retournai.
- On te verra au bal, n'est-ce pas ?
J'eus un petit serrement à la poitrine. Au fond, j'étais heureux.
- Ouais, j'y serai. Salut.
Je songeais encore à ce qui venait de se passer avec Kiba et compagnie lorsque je trouvai Hinata. Elle était à son casier avec Sakura. D'abord étonné de les voir toutes les deux ensembles, je secouai la tête et m'avançai vers elle. Mon cœur battait la chamade, en pensant à ce que je m'apprêtais à annoncer à la jolie brune. Les deux filles étaient en train de rigoler et elles avaient l'air de bonne humeur. Ça ne durerait pas pour Hinata, et je me sentais comme le dernier des salauds, mais je ne pouvais pas continuer à me pavaner avec une fille qui croyait que je l'aimais tandis que je ne pouvais cesser de penser à un mec que j'avais embrassé dans son dos.
Sakura me vit la première. Elle agrandit les yeux et se remit à pouffer avant de prévenir Hinata. La plus jeune ricana davantage en posant son regard sur moi. Je me rapprochai, confus quant à leurs rigolades. Je fronçai les sourcils.
- Hey, fis-je.
Sakura me présenta un grand sourire rempli de malice. Je le lui rendis.
- Vous vous foutez de moi ou quoi ?
- Bien sûr que non, dit Hinata d'une voix douce.
Elle souriait et je la trouvai si belle que j'en vins à me demander pourquoi j'étais en train de faire ça. C'était vrai, après tout, non ? Elle était géniale. C'était une fille parfaite pour moi. Jolie, intelligente, gentille et nous avions beaucoup d'intérêts communs. Mais la seule pensée de la bouche chaude et sensuelle de Sasuke (Dieu, son corps sous mes mains) me remit les idées en place. Ou plutôt, les remit en émoi.
Je me tournai vers Sakura.
- Dis, tu peux nous laisser un moment ?
- J'allais partir, ma mère voulait que je rentre pour l'aider à préparer le dîner, expliqua-t-elle. Je t'appelle ce soir, Hinata ?
La brune acquiesça avec un sourire.
- OK !
Ma meilleure amie m'adressa un dernier au revoir puis s'éloigna dans le corridor. Il y avait de moins en moins d'élèves dans l'école. Les examens pour aujourd'hui avaient fini à seize heures. Nous étions vendredi. Dans exactement deux semaines, ce serait le bal des finissants.
Je me plaçai devant Hinata. La jeune fille attendit.
- Hum… Il fallait que… qu'on parle.
- Oui, qu'y a-t-il ?
Presque deux mois s'étaient écoulés depuis que j'avais commencé à « fréquenter » Hinata, le jour où je l'avais défendu devant Sasuke et sa bande. Sasuke qui l'embêtait.
Et j'étais sur le point de rompre avec elle parce que j'avais embrassé ce même Sasuke. Et que j'avais aimé. J'avais aimé l'embrasser, assez pour avoir envie de recommencer. Assez pour ne penser qu'à ça depuis que ça c'était passé.
- Vas-y, Naruto, m'encouragea-t-elle gentiment.
- C'est… Je voulais… En fait, j'y ai réfléchi et…
Je levai les yeux vers les siens et nous nous regardâmes quelques instants.
- Je crois que…
Mais allez, Naruto, dis-le, bon sang !
Elle continuait à me regarder et je me mis tout simplement à bloquer.
J'étais profondément troublé par le baiser (on est d'accord, assez chaud) que j'avais échangé avec Sasuke. Mais j'étais pourtant incapable de blesser Hinata. D'un côté, ça allait bien entre nous, et puis il n'y avait aucune chance que Sasuke revienne vers moi. D'abord, il n'avait aucun souvenir de ce qu'il avait fait. Ce n'était que l'œuvre de toute l'alcool qu'il avait ingérée. Et puis, il allait se rendre au bal avec une fille (ma meilleure amie). Sakura m'avait parlé d'une soirée qu'elle avait passé chez lui à faire des devoirs, qu'ils avaient rigolé ensemble et qu'ils s'étaient revus une ou deux fois pour traîner – apparemment, ça allait bien entre eux. Nan, mieux valait que je reste dans cette position. Ce baiser… il ne valait rien. Sasuke était ivre mort. Il n'avait pas vraiment eu envie de m'embrasser. Si ça se trouve, il ne savait pas que c'était moi. Peut-être avait-il cru que j'étais un autre gars ?
Non. Sasuke n'était pas gay…
N'est-ce pas ?
Mon cœur se desserra et je souris à Hinata, essayant plus que tout désormais de m'évader du tournant qu'avait pris le fil de mes pensées.
- Tu sais, ce serait bien si tu venais dîner à la maison, avec mes parents et mon cousin. Qu'est-ce que tu en dis ?
Mais qu'est-ce que je fous ?
Hinata parut surprise, mais lentement un sourire étira son visage. Elle était vraiment mignonne, là-dessus, pas de doute.
- J'en serais ravie. Quand ?
- Hum… ce soir ?
- J'accepte.
J'étais un jeune homme qui allait entrer à l'université, j'avais un avenir prometteur, une petite amie super géniale, une famille aimante.
Pourquoi me sentais-je si horriblement déçu ? Et vide ?
- À mon tour de te demander quelque chose, reprit Hinata.
J'essayai de me concentrer sur elle en hochant la tête.
- Tu n'aimeras pas l'idée, mais ce n'est pas la mienne.
Mes sourcils se froncèrent, maintenant réellement curieux :
- Qu'y a-t-il ?
- Eh bien, Sakura souhaite qu'on fasse les boutiques pour dénicher nos robes pour le bal.
- OK et alors ?
- Elle voudrait que ce soit une sortie à quatre…
Traduction de « à quatre » = moi, Hinata, Sakura et Sasuke.
Joie !
À SUIVRE...
C'est un court chapitre mais il fera la transition avec la partie finale de l'histoire. Quelques chapitres encore, j'espère que vous avez aimé!
En même temps, j'ai posté le premier chapitre de "Flesh and Bones" en tant que roman, sur mon compte Wattpad et Fictionpress (vous pourrez trouver les liens sur mon profil ). Il y a beaucoup de changements sur cette histoire mais j'espère que vous aimerez toujours. Des changements énormes sont nécessaires quand on passe de fanfiction à histoire originale. Si ça ne vous intéresse pas, eh bien passez votre chemin tout simplement, mais merci de considérer :) Je travaille très fort pour essayer de devenir auteure et publier un jour :)
