Auteure: Tch0upi

Disclamer: Aucun personnage ne m'appartient.

Pairing: NaruSasu

Rating : T (Pour les possibles futurs lemons)


Chapitre 14 – Confidences

Ces mains sur sa taille. Cette bouche chaude qui voyageait de ses lèvres jusqu'à son cou exposé, et sa peau qui se recouvrit de chair de poule. Le jeune homme avait le souvenir de ce moment gravé dans sa mémoire et pourtant, le visage de son partenaire restait complètement caché dans l'ombre. Il se rappelait une chambre ordinaire, un matelas, sur lequel ils étaient assis l'un en face de l'autre. Sasuke se rappelait le visage de l'autre qu'il avait lui-même caressé tout en l'embrassant. Ses joues étaient douces, au parfum d'après-rasage.

Et maintenant quoi ?

Il n'avait jamais embrassé de garçon de toute sa vie. Des filles, oui. Enfin, juste une. Même si la plupart des rumeurs concernant Karin et lui étaient fausses, il avait tout de même déjà embrassé la jeune femme. La différence était… flagrante. Il avait ressenti des petits chatouillements dans le ventre avec Karin. Une fébrilité d'adolescence, une excitation passagère… Mais Sasuke se souvenait de la chaleur intense qui l'avait habité quand ce jeune homme mystérieux l'avait embrassé comme s'il n'y avait pas de lendemain. Il était ivre, complètement bourré, le corps intoxiqué, empoisonné par l'alcool et ses sens étaient en émoi, mais les sensations avaient été électrisantes et il ne pouvait pas se tromper. Ça avait été des feux d'artifices, ni plus ni moins.

Donc, je suis gay.

N'est-ce pas ?

Peut-être qu'il était bisexuel. Il ne détestait pas les filles, mais… quelque chose dans son corps se produisait juste à penser au garçon qui l'avait embrassé. À penser à ce qui aurait pu se passer ensuite… Avait-il simplement rêvé ? Il s'était réveillé dans la chambre de Naruto. Peut-être que le gars mystère et lui s'étaient roulé une pelle chez Karin, pendant la soirée, avant de quitter…

Ou peut-être que c'était Naruto.

Non.

- Uchiwa.

Ça ne pouvait pas être le blond. Sasuke chassa aussitôt cette suggestion.

Sauf que plus il y pensait, plus c'était évident que… Enfin, que peut-être que c'était vraiment lui. Ils étaient rentrés ensemble chez Naruto, tous deux ivres morts. Sasuke avait de très vagues souvenirs de leur ascension dans l'escalier, leur tentative de ne faire aucun bruit, et l'écrasement sur le matelas du blond. Après ça, c'était, depuis des jours, un trou noir dans l'esprit de Sasuke.

Non, pensa-t-il derechef, tandis que ses joues prenaient une teinte cramoisie. Il ne pouvait pas avoir embrassé Naruto, de manière si sensuelle, si… si passionnée.

- Hé, Uchiwa !

Sasuke, qui avait le menton enfoncé dans sa paume, leva les yeux vers celui qui l'appelait incessamment.

Neji. Le brun était debout devant son pupitre, alors qu'autour d'eux la classe s'était déjà vidée. Il fronçait des sourcils en le fixant comme s'il possédait trois yeux.

- Quoi ? bougonna Sasuke.

- L'examen est terminé, qu'est-ce que tu fabriques ?

Sasuke réalisa qu'il avait passé les dernières minutes de l'épreuve complètement dans les vapes. Il jeta un œil à la pendule.

- J'étais dans mes pensées, soupira-t-il.

- Messieurs, lança le professeur toujours derrière son bureau. Vos copies, s'il vous plaît.

Sasuke rassembla ses affaires. Il avait terminé son test depuis au moins un quart d'heures, mais ce n'était pas permis de quitter avant la fin. Il inscrivit son nom en remarquant qu'il ne l'avait pas déjà fait (mais où avait-il la tête ?) et s'empressa de prendre son sac et amener sa copie au professeur.

- Et bonnes vacances, les garçons, termina celui-ci alors que Neji et Sasuke détalaient vers la porte.

- Ce n'est pas dans tes habitues d'être dans les nuages, comme ça, commenta Neji. À quoi tu pensais ?

- À rien.

- Tu as choisi ta FAC ?

- Oui…

Dans le couloir, ils furent interrompus par toute la bande. Sasuke leva la tête au moment où Karin sautillait devant lui, accompagnée par Kiba, Deidara et Sasori.

- T'as fini ton dernier exam', ça y est, mon pote ? s'écria Kiba.

Neji, qui n'était pas familier avec eux, et qui ne les appréciait pas tellement, s'éclipsa discrètement. Sasuke le remarqua s'éloigner dans le corridor en continuant à réfléchir à ce qu'il venait de dire. Non, ce n'était pas dans ses habitudes… Mais un certain jeune homme – qui embrassait comme un Dieu – habitait toutes ses pensées.

- Je n'arrive pas à croire que c'est la fin du lycée ! continua Karin. Ça fait drôle, je me demande si on va tous se revoir !

- Qu'est-ce que tu racontes ? fit Kiba. Bien sûr, on garde contact.

- En tout cas, poursuivit Sasori en regardant Sasuke. On allait se faire une partie de foot sur le terrain, tu viens ?

- On a demandé à Uzumaki, mais il pouvait pas, ronchonna Deidara. Vous êtes bons copains, maintenant, non ? Je me demande bien ce que tu lui trouves.

Sasuke tourna la tête vers lui, sentant son cœur redoubler de vitesse.

- Euh… ça va, on est…

Dans son champ de vision, il aperçut Sakura marcher au milieu du corridor.

- Sasuke, t'es sûr que tout va bien ?

Sasuke acquiesça silencieusement, resserrant la main autour de la bretelle de son sac à dos.

- Excusez-moi, les gars, je dois y aller, bredouilla-t-il. À plus… ou pas…

Et il s'éloigna en jouant du coude parmi tous les étudiants qui sortaient des classes et qui peuplaient le couloir.

- Il est bizarre, celui-là.

- Il est bizarre depuis son accident, lança Deidara en croisant les bras.

Sasuke accéléra le pas pour arriver au niveau de la jeune fille.

- Hé, Sakura, appela-t-il.

Elle se retourna en entendant son prénom et sourit quand elle le vit.

- Salut, s'exclama-t-elle chaleureusement. Alors ? Le dernier exam' ?

- Facile, répondit-il vaguement. Je me demandais… tu aurais vu Naruto, par hasard ?

Une étrange étincelle s'alluma dans le regard émeraude devant lui. Sakura afficha ensuite un petit rictus avant de secouer la tête, l'air innocent. Sasuke fronça même les sourcils, l'impression que la jeune fille se foutait de sa gueule.

- Non. En fait, oui. Il dit qu'il devait rentrer, à cause de sa punition et tout ça.

- Oh… Ça va, je passerai chez lui en rentrant.

- Tu devrais peut-être attendre plus tard, intervint alors Sakura. Ça ne doit pas être très important ?

- Je…

- Parce que Naruto a invité Hinata chez lui ce soir, elle vient de m'envoyer un message texte pour m'en aviser, car on devait à la base passer la soirée ensemble pour organiser notre séance de magasinage. Il doit être avec elle en ce moment.

Oh.

Oui, Naruto avait une petite amie. Comment avait-il pu oublier ? Toutes les fois où il les avait vus s'embrasser dans les couloirs.

Non que ça le dérangeait ou quoique ce soit.

Pourquoi ressentait-il ce poids lourd dans l'estomac, alors ?

- Ah, d'accord…

Un moment passa. Autour de lui, c'était comme si la terre avait cessé de tourner. Mais pourquoi diable était-il si déçu ? Les probabilités pour que le garçon soit Naruto étaient presque nulles, et puis même si c'était lui, qu'est-ce que ça changeait ? On ne tombait pas amoureux à cause d'un simple baiser. Et Sasuke n'était définitivement pas amoureux du blond pour commencer.

Et il n'avait même pas de preuves que c'était bien lui. Même que ça ne faisait aucun sens. Parce que Naruto…

…ne lui aurait rien dit. Évidemment.

- Ça va ?

La voix féminine résonna en écho et il releva les yeux.

- T'as l'air triste…, ajouta Sakura.

Sasuke secoua la tête et afficha un maigre sourire.

- Non, j'ai juste… Non, laisse tomber.

- OK…

Puis, après quelques secondes, alors que le couloir était presque vide autour d'eux, Sakura demanda :

- On marche ensemble ?

Sasuke sourit, cette fois sincèrement. Et hocha la tête.

- OK.


Sans même s'en rendre compte, Sasuke avait suivie Sakura jusque chez elle. La marche l'avait calmé, apaisé, et il se sentait un peu mieux. Il faisait chaud dehors, mais la brise douce qui soufflait était très agréable. Sakura avait parlé durant tout le chemin, discutant de ses projets d'université, de travail d'été et plus encore – honnêtement, Sasuke n'avait pas tout enregistré de son charabia.

Il réalisa cependant une fois arrivé sur le porche de sa maison qu'il devrait rentrer, s'il ne voulait pas subir de nouveau les foudres de ses parents.

- Je suis toujours puni, marmonna-t-il. Et j'ai un couvre-feu.

- Reste un peu, s'il te plaît, insista Sakura. Mes parents sont sortis, je vais m'ennuyer à mourir.

- Voilà une autre raison pour laquelle je ne devrais pas rester… Qu'est-ce que mes parents vont s'imaginer…

Sakura fronça les sourcils avant d'esquisser un sourire taquin.

- Il va vraiment falloir que tu m'explique cette réputation que tu as, Sasu !

- Ouais, peut-être une autre fois…, dit-il en se détournant.

Mais la jeune fille l'attrapa par le poignet et le tira de force à l'intérieur, claquant ensuite la porte.

Voilà comment il se trouva, cinq minutes plus tard, appuyé contre le mur de la cuisine, pendant que Sakura s'affairait à leur trouver quelque chose à grignoter, à tenter de convaincre son père au téléphone. Il rechigna, lui rabattant les oreilles au sujet de son interdiction formelle de sortir. Par miracle, Sasuke finit par le persuader. Fugaku lui donna jusqu'à dix-neuf heures tapantes pour être à la maison.

- Tu vois ? s'exclama Sakura, victorieuse, derrière le comptoir. Ce n'était pas si difficile. Tes parents sont chouettes.

- Tu ne sais pas de quoi tu parles, bougonna Sasuke.

- Arrête, j'ai bien vu quand je suis allée chez toi l'autre jour. Tes parents t'adorent. Tu as de la chance.

- Pourquoi tu dis ça ?

- Eh bien, les miens sont super, mais ils sont très absents… Enfin. Qu'est-ce que tu veux faire ?

Il haussa les épaules sans grand intérêt, ce qui exaspéra la jeune femme. Celle-ci finit par organiser leur soirée elle-même. D'abord, ils s'installèrent au salon pour déguster les collations qu'elle avait préparées. Sakura se remit à jacasser, mais au bout d'un moment, elle l'incita à raconter pourquoi son père était si réticent à le laisser passer du temps avec des filles.

Étonnamment, Sasuke finit par parler. Il discuta avec Sakura de tout plein de choses, de ses amis, de Karin, des quelques moments intimes qu'il avait partagés avec elle – prenant grand soin de confirmer qu'il n'avait jamais rien fait de plus qu'embrasser. Il parla de son accident, de sa relation avec son père depuis son enfance, de son frère et son petit ami.

Sakura l'écouta et raconta à son tour quelques-unes de ses propres expériences qui, comme les siennes, s'avéraient quasi-inexistantes. Ils furent tous les deux très surpris de se rendre compte qu'une heure s'était écoulée ainsi… Et très honnêtement, Sasuke avait apprécié ce moment.

Il n'était que dix-sept heures trente et, lorsqu'ils réalisèrent toutes les confidences qu'ils s'étaient faites, ils plongèrent dans un silence embarrassé.

- On monte dans ma chambre ? proposa Sakura au bout de ce moment très gênant. J'ai une console, on pourrait se faire une partie de quelque chose !

- OK, répliqua simplement Sasuke.

La grande maison était si vide. Heureusement. Il ne pensait pas avoir pu se confier autant en présence de quelqu'un d'autre. Même qu'il n'arrivait pas à croire qu'il avait dit tout ça à Sakura Haruno. Elle n'était pas sa meilleure amie du monde. Ils étaient juste amis.

Peut-être que c'était plus facile, aussi. De parler à une personne qu'on ne connaissait pas beaucoup.

Une fois dans la chambre de Sakura, Sasuke alla s'asseoir par terre contre le lit, face à la télé. Sakura ouvrit la console et mit Mario Kart. Elle prit les manettes et alla rejoindre Sasuke. Ils jouèrent une première partie, mais le silence toujours gênant demeurait, presque stagnant autour d'eux.

N'en pouvant plus, Sakura décida de briser la glace :

- Dis, Sasuke…

- Hm ? fit le garçon, concentré dans la partie, les yeux rivés sur Bowser, son personnage.

- Est-ce qu'il s'est passé un truc entre Naruto et toi, à cette fête chez Karin ?

Sasuke fut si surpris qu'il en lâcha presque sa manette.

- Pourquoi cette question ?

- Je sais pas. T'es bizarre depuis. Et Naruto aussi. Et vous ne vous parlez plus.

- Qu'est-ce que t'en sais ?

Sakura ne répondit pas. Elle poursuivit la partie.

Sasuke, de son côté, se gifla mentalement. Est-ce que c'était si évident ? Et pourquoi Naruto paraissait-il bizarre aux yeux de sa meilleure amie ? Est-ce que c'était vraiment lui, au final ? Il était vrai, maintenant que Sakura le disait, que Naruto ne lui avait pas adressé la parole depuis cet appel téléphonique au milieu de la nuit. D'accord, ils étaient tous les deux cloîtrés chez eux grâce à la punition qu'ils avaient totalement mérité, et puis les examens prenaient tout leur temps, mais…

Et si Naruto était bien le mec que Sasuke avait embrassé ? Et si Naruto en avait été complètement dégoûté ? Non, ça n'avait pas de sens… Parce que Naruto l'avait appelé à une heure du matin. Ça voulait dire qu'il désirait encore lui parler. Il avait même risqué de réveiller ses parents pour récupérer son foutu téléphone.

Sasuke sentit son cœur se mettre à battre la chamade dans sa poitrine. Ses mains devinrent moites sur la manette… Mince, pourquoi réagissait-il comme ça ? Vaguement, les images se mettaient en place dans sa mémoire embrumée. Il revoyait la mâchoire du gars, qu'il avait caressé de ses doigts. Il se revit, monté sur lui, à califourchon. Ses joues devinrent écarlates. Il se souvint avoir touché son visage, ses épaules. Et ce mec, peu importe qui il était, avait été ferme et dur sous ses mains. Alors c'était un garçon bien bâti.

Naruto, qu'il en soit damné, avait une place bien haute sur la liste de ceux dont les critères concordaient.

- Alors ? Tu vas me le dire ? Tu peux pas nier que tu as été vraiment bizarre depuis quelques jours.

Sasuke haussa les épaules, jetant un coup d'œil discret vers son amie. Un rictus étira ses lèvres.

- Je ne le nie pas.

- Arrête de te foutre de moi ! s'exclama-t-elle en le bousculant. Allez, dis-moi !

Le son de son rire fut si adorable, que pendant quelques secondes, Sasuke se laissa aller aussi. Il ricana légèrement, oubliant la douleur encore présente dans sa jambe, et oublia tout le reste. L'École de cirque, l'université, Naruto, son père… Il y avait une ambiance avec Sakura. Quand ils étaient tous les deux seuls, elle n'était plus aussi lourde et chiante qu'à l'école, avec ses amies…

Oh et puis, au diable, songea-t-il.

- J'ai embrassé un gars.

Sakura lâcha sa manette, qui s'écrasa par terre dans un bruit mat. Elle se tourna vers lui, et Sasuke n'eut pas besoin de la regarder pour savoir que ses yeux étaient agrandis comme des balles.

Il mit la partie sur pause et posa sa manette à son tour, avec plus de grâce et de délicatesse.

Lorsqu'il posa les yeux sur elle, il remarqua que ce n'était pas que son regard qui s'était élargi. Sa bouche était grande ouverte.

- Sakura, c'est pas très charmant…

Elle referma la bouche et secoua la tête.

- Désolée, mais… QUOI ?!

- Ce n'est pas si surprenant, non ?

- Ben…

Sakura ne répondit pas immédiatement. Quand elle fut remise du choc, elle se gratta la tempe, la tête inclinée légèrement.

- Mais je savais pas que tu étais… enfin… gay.

- Je ne savais pas non plus… Je suis confus, en fait.

- Je vois. Mais… ce type, tu le connaissais ?

Le regard rivé par terre, sur ses doigts qui s'entremêlaient nerveusement, Sasuke fit la grimace.

- Voilà le problème, bredouilla-t-il. Je m'en rappelle pas. J'étais bourré.

- C'est Naruto, n'est-ce pas ? déclara-t-elle alors.

- Quoi ? Pas du tout !

- C'est pour cette raison que vous êtes bizarre tous les deux.

- Si c'était lui, tu crois pas que Naruto m'en aurait parlé ?

- Et bien, s'il est aussi têtu que toi, je ne pense pas !

- Comment ça, têtu ? Je te dis que c'est pas lui. Impossible.

Sakura se mit à rigoler en voyant l'expression de Sasuke. Elle qui, il y avait encore quelques semaines, s'était mise en tête de sortir avec le beau brun, elle qui en rêvait la nuit. Il fallait croire que le monde ne tournait plus rond depuis l'accident de Sasuke. Certes, elle ne regrettait pas cette amitié entre eux deux…

Pas une seule seconde.

- Bon ça va, j'arrête de t'embêter, gros bêta, s'esclaffa-t-elle. Mais… on va toujours au bal ensemble, n'est-ce pas ?

Sasuke leva la tête vers elle.

- Je sais que je ne t'intéresse pas, que je ne t'ai jamais intéressée… pas comme ça, du moins, marmonna-t-elle.

C'était à son tour d'être gênée.

- Mais j'aimerais vraiment y aller avec toi. Comme amis. Je pense qu'on aura bien du plaisir malgré tout.

- Ouais, bien sûr. Comme c'était prévu.

- Et que feras-tu à propos de ce gars mystérieux ?

- Rien. Je l'ai sûrement choqué… Sinon, il se serait manifesté.

- C'était si chaud que ça ?

Sasuke rougit brusquement en fusillant la jeune fille des yeux. Attrapant un oreiller à distance de sa main, il le balança sur elle.

- T'es pas bien toi !

- Quoi ? rit-elle. Si tu crois qu'il serait venu te retrouver, ça devait être passionné et tout…

- C'était…

Sasuke hésita longuement. Sakura, moqueuse, termina à sa place.

- Chaud et sensuel. Pas la peine de m'épargner !

- Je n'essayais pas de…

Sakura avait placé l'oreiller contre son ventre et s'appuyait dessus.

- Et toi ? l'interrompit-elle de nouveau. Tu voudrais le revoir ?

- Je… aucune idée, grommela Sasuke en se renfrognant.

La jeune fille continua de le regarder avec les yeux illuminés. Agacé, Sasuke se retourna.

- On continue cette partie ou quoi ?

Elle reprit sa manette et Sasuke sortit du mode pause.

Ils terminèrent le Grand prix, que Sasuke remporta, avant que ce dernier n'admette finalement, à voix basse :

- Peut-être que oui.

Je voudrais le revoir.


Ma mère me passa les assiettes que je déposai dans l'évier, me préparant à nettoyer la vaisselle. Dans le salon, mon père jacassait avec Yahiko comme deux vieilles femmes en manque de potins.

- Tu sais, je la trouve vraiment mignonne cette petite, commenta Kushina en m'aidant à tout déposer.

- Tu parles comme si elle avait quatre ans, dis-je en souriant.

Le souper était terminé. Et même si mes parents avaient rechigné à me laisser inviter Hinata, ils n'avaient pas eu le choix lorsque je les avais mis devant le fait accompli. La petite amie de leur fils sur le pas de leur porte, ils n'allaient certainement pas la renvoyer. Au final, ma mère et mon père avaient beaucoup apprécié sa compagnie. Yahiko n'avait cessé de me lancer des regards en coin, par contre.

Après le repas, elle avait dû partir. Son père l'avait appelée et était même venu la chercher. Il avait discuté quelques minutes dans le cadre de la porte avec mes parents – moment assez gênant, d'ailleurs.

Et encore une fois, j'avais été incapable de terminer les choses avec elle. Comment, de toute façon ? Nous n'avions pas été seuls une fois...

- Quand Sasuke a dit que tu sortais avec une fille, l'autre soir, reprit ma mère. Je n'y croyais pas tellement.

- Et qu'est-ce que ça veut dire, ça ?

Ma mère sourit tendrement.

- C'est juste que tu passes tellement de temps tout seul. C'est rare de te voir ramener des amis, encore moins des copines…

Elle s'arrêta à mes côtés et posa une main douce sur ma joue.

- Ça l'air de bien se passer ces derniers temps. Tu sors un peu plus. Bon, tu fais des conneries aussi, mais j'imagine que tu es un ado comme les autres après tout. Dans un sens, ça me rassure.

Je levai les yeux au ciel et ma mère ricana adorablement.

Elle se détourna et commença à nettoyer la vaisselle, en me balançant un torchon pour que je l'aide à essuyer.

Le silence était pesant, plus les minutes s'écoulaient, à écouter le tintement des assiettes sous l'eau. Je réfléchissais à un tas de choses. À Hinata, adorée de mes parents. Au bal des finissants qui approchait. À la fin de l'année. À l'université, l'an prochain. À mon avenir.

À Sasuke.

Il fallait absolument que je trouve le moyen de rompre avec Hinata. Ce n'était pas juste pour elle. Tant que je n'aurais pas remis de l'ordre dans mes idées, dans mes sentiments, je ne pouvais sortir avec personne.

- Naruto ?

Je levai la tête vers ma mère. Elle avait arrêté de laver. Elle était tournée vers moi et me fixait avec inquiétude.

- Est-ce que tout va bien, mon chéri ? Je crois que ton arrière-grand-mère essuierait la vaisselle avec plus de vigueur que toi.

Je la regardai avec un sourcil levé.

- Elle est morte…

- Exactement.

Je poussai un soupir en posant l'assiette et le torchon sur le comptoir. Ça durait depuis le soir où Sasuke et moi avions bu lors de cette fête. J'étais incapable de penser à autre chose. Incapable d'enlever de ma tête le corps de Sasuke, ses mains sur mon visage, ses jambes, ses lèvres… Je n'arrivais plus à y voir clair, à comprendre où j'en étais, et ça devenait difficile de garder tout ça au fond de moi. S'il fallait que je craque, aussi bien le faire avec ma mère !

Je me tirai l'un des bancs placés le long du comptoir et m'assis, fourrant ensuite mon menton contre ma paume.

- Il y a quelque chose qui te tracasse, n'est-ce pas ? murmura maman en s'approchant.

- Bingo.

Sa main se posa sur mon dos, qu'elle caressa lentement.

- Tu veux m'en parler ?

Comment résister ?

Après avoir inspiré profondément, je lâchai le tout :

- J'essaie de trouver une façon d'annoncer à Hinata que… que je veux arrêter.

Si ma mère fut choquée, attristée ou surprise par ma révélation, elle n'en démontra rien du tout, continuant à m'écouter avec attention.

- Tu ne l'aimes pas ?

- Elle est géniale. Mais je vais à l'université l'an prochain et elle restera au lycée encore une année. On sera séparés et…

Je m'arrêtai lorsque je croisai le regard de ma mère. À quoi bon lui raconter des histoires ? Les mères, elles savent tout.

Je soupirai une nouvelle fois.

- Il y a quelqu'un d'autre, à vrai dire. Qui occupe toutes mes pensées.

J'attendis avec impatience la réaction de ma mère, sauf qu'elle demeura muette de très longues secondes. Si longtemps, que je me mis à taper du pied nerveusement par terre. Un peu plus et je me mets à me ronger les ongles.

Qu'est-ce qu'elle doit penser de moi, désormais…

- Je vois, dit-elle enfin.

- Tu vois quoi ? m'empressai-je de répondre.

- Ce sont des choix qui nous prennent par surprise, dans la vie, tu sais. Cette autre jeune fille… Est-ce que tu sais si elle partage tes sentiments ?

- Je ne sais pas si je suis amoureux… et, maman, c'est pas une fille.

Ça y est. Je portai un doigt à ma bouche et me mis à ronger l'ongle. Ma mère, cette fois, ne put cacher sa surprise. Ses yeux s'écarquillèrent légèrement.

- Oh…

- Je suis un peu perdu, en fait.

- Prend le temps d'y penser, mon chéri. Et je pense que mettre un terme à ta relation avec Hinata est une bonne chose, en effet. Si tu penses constamment à ce garçon… c'est parce que tu as des sentiments pour lui, amoureux ou pas. Des sentiments qui dépassent l'amitié.

- Ouais… t'as raison. Je… je vais méditer là-dessus. Merci, maman.

Ma mère sourit et vint déposer un baiser sur mon front. Puis, elle m'enlaça doucement et, lorsqu'elle recula, murmura contre mon oreille :

- C'est Sasuke, non ?

Elle ne me laissa cependant pas le temps de répondre. Rouge de gêne, je me raidis brusquement, parce que bon Dieu de merde, ma mère avait visé juste. Je me tournai, mais ma mère était déjà au salon. Elle n'avait pas nécessairement attendu une réponse de ma part.

Je restai là, rougissant, à me repasser cette conversation.

Après mûre réflexion, je fus certain de deux choses :

J'allais rompre avec Hinata au plus vite, et…

J'étais amoureux de Sasuke.


À SUIVRE...

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Désolée de la longue attente... Voici la suite =)