Hello ! Merci de votre enthousiasme, je suis contente de revoir mes lecteurs habituels :). Bref, accrochez vous parce que cette histoire, les chapitres seront relativement très longs. Donc, je serais moins sadique et rares seront les tous petits chapitres. Enfin moins sadique, rien n'est sûr ,;). Donc je vous laisse donc avec ce tout premier chapitre et j'espère que cette histoire vous emportera jusqu'au bout.
Bonne lecture
Henry se poussa sur le côté et la laissa rentrer.
- J'espère que tu as la journée à perdre – dit-il, une fois qu'elle passa près de lui.
Jo se sentit différente des autres fois où elle était venue. Elle savait que quelque chose allait changer au moment où elle repartirait. Mais elle n'était pas encore sûre de quoi. Elle se frotta les mains l'une contre l'autre et repensa à ce moment dans la station. Elle revoyait les flashs de cet instant où elle entendait l'arme, la première fois alors qu'elle se tenait dans la station et la deuxième fois, alors qu'elle était déjà dans les bas-fonds et qu'elle était certaine que cette fois-ci, la balle avait atteint Henry.
Elle resta immobile avec le regard perdu dans le vide. Abe et Henry échangèrent un regard.
- Je... Je vais préparer un peu de thé – annonça Abe – je pense qu'on en aura tous besoin.
Jo réagit à peine au commentaire du vieil homme. Elle n'osait pas se retourner pour regarder Henry, puisque tout d'un coup, tout ceci était bien plus réel qu'elle n'aurait pu l'imaginer. Elle qui avait pensé, mettre fin à leur partenariat 24h auparavant.
Elle sentit le souffle du jeune homme derrière son cou. Son cœur s'affola de nouveau et elle luttait contre tous ces démons qui la consumaient à petit feu, depuis quelque temps maintenant.
- Jo – murmura-t-il, bien trop près de son corps. Ce corps qui lui lançait des signaux de toute sorte, qu'elle préférait grandement ignorer, pour le moment.
Elle n'osa toujours pas se retourner
- Oui ?
- Il faut qu'on monte ! Nous serons plus confortables pour que je te raconte tout.
Elle ne fit que hocher bêtement la tête et attendit qu'il passe devant elle pour le suivre. En bon gentleman qu'il était, il attendit qu'elle ait emprunté la première marche, avant de se mettre derrière elle.
Monter les escaliers qui menaient à l'appartement semblait prendre une éternité. Elle savait parfaitement que tout changerait après les confessions d'Henry. Elle n'était pas sûre de quoi exactement et la vérité était qu'elle ne voulait pas perdre leur partenariat. Ce pour quoi elle était nerveuse à ce qu'il pourrait lui raconter. Parce qu'après tout, elle avait de nombreux scénarios en tête après avoir vu cette photo, mais aucun d'eux ne semblait posséder une véritable logique et elle avait l'impression que sa tête allait exploser d'une minute à l'autre. Et pourtant, elle ne savait encore rien pour le moment.
Quand ils arrivèrent dans l'appartement, Jo resta de nouveau figée. Elle prit connaissance du salon, comme si elle le voyait avec un œil nouveau. Ce qui était quand même vrai dans le fond. Elle fit jouer longuement son œil de détective. Comment n'avait jamais-t-elle remarqué l'ancienneté de l'appartement et celle des meubles ? Sans compter l'authenticité des antiques en bas.
Qu'allait-elle découvrir ainsi qui pourrait changer sa vie à tout jamais ? Voulait-elle vraiment le savoir ? Elle n'avait pas de réponse concrète à se donner à elle-même, mais elle était là et elle ne comptait pas jouer les poules mouillées. Elle avait failli perdre Henry la veille. Elle pouvait au moins s'asseoir un après-midi avec lui et écouter cette longue histoire dont il parlait tant.
Henry lui fit signe de prendre place dans le petit salon. Elle s'y dirigea de façon robotique et s'assit mollement dans le canapé. Ses yeux avaient bien du mal à se poser sur Henry. Elle sentait quelque chose de gros et elle n'arrivait pas à anticiper sa propre réaction.
Henry s'installa dans le fauteuil face à elle. Il tourna et retourna la photo entre ses doigts et un long silence à couper au couteau s'installa entre les deux occupants.
Henry ne savait pas par où commencer et ne voulait pas la brusquer dès le départ.
Il ouvrit la bouche, mais rien n'en sortit. Jo tenta de l'encourager.
- Henry… Euh… Je.. J'imagine que ce n'est pas une histoire facile à raconter, mais peut-être que tu devrais essayer de commencer par le début ? Et puis aller sur les détails au fur et à mesure.
Henry savait qu'elle avait raison. Mais comment expliquer à une jeune femme aussi brillante qu'il vivait depuis près de deux siècles et qu'il venait de mettre son ennemi, immortel aussi, hors service pour de très longues années ? Il n'était pas sûr qu'elle ne regarderait pas de travers pour avoir fait ce qu'il a fait. Mais au moins, il n'avait tué personne.
Il passa sa langue sur ses lèvres et Jo sentit un frisson la parcourir. Il fallait qu'il apprenne à arrêter de faire ça.
- Le problème Jo est que même le début est compliqué.
Jo haussa des épaules
- Ça m'est égal Henry. Je veux juste comprendre. Je te donne l'opportunité de m'en parler et de m'expliquer calmement. Alors, ne foire pas.
Sa voix était calme et posée. La petite Jo habituelle qu'il côtoyait depuis près d'un an. Il avait un peu de mal à croire qu'elle soit aussi calme après tout ce qui s'était passé et le fait qu'elle trouve une photo de lui qui datait de bien avant sa naissance à elle. Peut-être accepterait-elle sa condition ? Mais il ne pouvait pas s'en assurer. Enfin, s'il ne commençait pas à lui raconter, il n'en saurait rien.
Il déposa la photo sur la table basse et prit une longue inspiration.
- Oh, mais tu n'as pas encore commencé ? C'est pas vrai, je viens de te laisser dix minutes d'avance.
Henry sursauta et vit Abe qui avançait vers eux et déposa le plateau de thé sur la table. Il regarda son père d'un œil noir.
Henry le trouva gonflé
- J'étais sur le point de commencer. Tu n'es pas obligé d'être de si mauvaise foi. Tu arrives toujours au mauvais moment.
Abe haussa des épaules. Jo resta de marbre, comme si quelque chose venait de la frapper.
- Bon bah maintenant que je suis là, tu peux commencer.
Henry échangea de nouveau un regard avec Jo qui était presque blême. Cela serait difficile, mais il pouvait le faire. Abe resterait à ses côtés pour confirmer le tout. Il regarda l'heure. Il en avait pour des heures et il espérait que la jeune femme tiendrait jusque-là.
- Mollo sur le thé Abe – prévint Henry – parce que ça va prendre des heures et personne n'a besoin d'aller quinze fois aux toilettes.
Abe leva les yeux au ciel
- Oh ça va ! Au moins une tasse pour commencer, ça va décoincer tout le monde parce que je sens une certaine tension dans cette pièce.
Abe distribua les tasses de thé à Jo et Henry et ce grand silence, retomba de nouveau. Abe regarda son père, qui sirotait en s'agrippant à sa tasse. Jo était silencieuse et regardait tout autour d'elle, comme si elle cherchait à fuir. Quant à lui, il était l'intermédiaire et il devait reconnaître que ce rôle ne lui plaisait pas tant que ça.
Il ne put retenir son commentaire
- Bon allez, grouille-toi un peu ! On n'a pas toute la vie. Je pense que ce soir, Jo aimerait dormir. Donc, tu lui dis ou je m'en charge.
Le regard qu'Henry lui lança lui fit comprendre qu'il avait plutôt intérêt à se tenir à carreau.
- Jo… Il faut que tu saches que ce que je m'apprête à te dire va changer toute ta vie et ton point de vue sur beaucoup de choses que tu ne pensais pas possibles.
Elle le regarda longuement. Elle se doutait bien que sa vie ne serait plus jamais la même. Mais c'était déjà le cas depuis qu'elle était rentrée dans la morgue du légiste. Pour être honnête avec elle-même, elle n'était pas très sûre d'avoir encore toute sa raison et elle finirait par demander un dédommagement. Donc une de plus ou de moins.
- Je t'écoute ! Je suis venue là pour ça. J'ai tout mon temps.
Il n'y avait plus aucune échappatoire. Il se devait de lui raconter toute l'histoire. Ça serait un poids supplémentaire en moins. Et dépendant de ce qu'elle décidait, peut-être aurait-il une chance avec elle par la suite. Il se souvint qu'après qu'elle se soit présentée à la boutique, au moment où elle n'est jamais partie à Paris, avec Isaac, mis à part le fait, que les recherches d'Abe pour retrouver Abigail, l'avaient perturbé, il s'était dit qu'une fois tout ceci derrière lui, il tenterait de faire la cour à Jo et lui demander un rendez-vous. Seulement, les choses ne s'étaient pas du tout passées comme il l'espérait et Adam s'était retrouvé sur son chemin, comme souvent alors sortir avec Jo, n'était pas au top de sa liste, pour le moment. Seule la vérité contredirait peut-être tout ceci.
- Eh bien… - Il regarda de nouveau Abe qui lui fit comprendre de ne pas se rétracter – cette photo date de la Seconde Guerre mondiale. Les personnes qui sont dessus sont A..
Un lourd buzz se fit entendre, faisant sursauter tous les occupants. Personne ne comprit d'où cela venait jusqu'à ce que Jo sente son derrière vibrer. Elle leva les yeux au ciel.
- Je rêve !
Elle regarda le nom de l'interlocuteur et crut qu'elle allait exploser son téléphone contre le mur. « Mais quel timing de merde ! ». C'était le cas de le dire.
- Évidemment ! À croire que l'univers nous en veut – bougonna-t-elle.
Henry ignorait si elle se parlait plus à elle-même ou elle s'adressait à tout le monde, mais quoi qu'il en soit, il semblait que cet appel soit important. Même Abe était complètement dépassé. Effectivement, l'univers devait leur en vouloir.
- Quoi ? – répondit Jo d'une voix forte et sèche
Henry se retint de ne pas rigoler. Il pouvait comprendre la frustration de la jeune femme. À chaque fois, que tous les deux tentaient d'avoir une conversation, cela se terminait toujours par le téléphone de Jo les coupant dans n'importe quel moment qu'ils pouvaient partager.
Hanson semblait mortifié de l'autre côté de la ligne, en se demandant ce qu'il avait bien pu faire de mal pour se faire botter le derrière non seulement chez lui par sa propre femme, mais si sa partenaire s'y mettait également.
- Euh… Excuse-moi. Si t'es en colère, pas besoin de t'en prendre à moi, j'y suis pour rien.
Elle se passerait bien d'entendre ses leçons
- Tu m'appelles pour une raison, je présume ? – coupa-t-elle
Il fut d'autant plus surpris qu'elle relève à peine sa remarque.
- Okay ! Je vois que c'est pas le jour pour te casser les pieds ! On a un corps ! Enfin, ce qu'il en reste. Appelle ton légiste préféré… Si autant donné les choses se passent bien entre vous. Coin 6e avenue et Broome street. Une buanderie.
Il raccrocha sans laisser le temps à sa jeune amie, de protester. Elle regarda son cellulaire et se disait qu'il aurait fallu qu'elle se mette en congés sans solde, qu'on ne la dérange pas pendant au moins trois semaines.
Elle se frotta le visage. Elle était venue pour avoir des réponses et avait espéré avoir ne serait que dix minutes de répit avant que son téléphone ne sonne. Elle grommela.
- Est-ce que les criminels prennent un jour de congé au moins une fois dans leur vie ? Mais enfin, il est à peine 10h. Ugh !
Abe pouvait dire que son père se sentait soulagé parce qu'il venait d'être sauvé par le gong, mais il n'approuvait vraiment pas.
Jo se leva et regarda Henry, en rangeant son téléphone. Son regard dévia sur la photo.
- Ne crois pas que tu vas t'en sortir comme ça. On finira bien par avoir une conversation.
Henry hocha poliment la tête
- Je ne comptais pas me défiler
- Tu parles – railla Abe, plus fort qu'il n'aurait pensé. Ce qui lui valut un regard pesant à la fois de Jo et d'Henry sur lui.
- Quoi qu'il en soit – reprit Jo – j'ai besoin de toi, pour le corps.
Henry se leva, mais Jo l'arrêta en posant une main sur son torse. Ils étaient face à l'autre, debout devant la table basse et Abe était assis, comme s'il regardait un bon film au cinéma.
- Ce n'est pas parce que je t'autorise à venir que je vais oublier ce moment. Je te l'ai dit, on va discuter, n'est-ce pas ?
- J'ai très bien compris le message Jo ! Cependant, je ne m'attendais pas à ce que tu me demandes de venir… J'ai pensé que, enfin pendant une seconde, peut-être que…
Jo savait très bien qu'elle y avait songé. Si tout ce qui s'était passé ces dernières 24h, n'était pas arrivé, elle l'aurait déjà mis sur la touche, à son plus grand regret.
- J'y ai pensé très honnêtement ! Ton comportement et toi-même, tu m'as énormément blessée. J'allais le faire. Mais, certaines conséquences peuvent amener une personne à reconsidérer.
Ils se regardèrent intensément. Ce moment les renvoya à ce qui s'était passé quelques jours auparavant, quand elle n'était pas partie à Paris. Abe restait là, à jouer la chandelle, mais n'avait pas l'intention de bouger pour autant.
Jo cligna rapidement des yeux
- Bref ! On ferait mieux d'y aller. Garde ta photo bien en sécurité, avant que de mauvaises mains lui tombent dessus.
- Je m'en occupe – affirma Abe – vous deux, allez sauver le monde.
Il prit la photo et leur fit un clin d'œil, les laissant quelque peu pantois.
- Bah tiens donc ! Vous arrivez ensemble sur le lieu du crime – attesta Hanson, lorsque Jo et Henry arrivèrent à la buanderie.
Jo haussa un sourcil réprobateur
- Excuse-moi ? Qu'est ce que tu insinues ?
Hanson leva les bras au ciel
- Rien du tout ! Mais je ne vous ai jamais vu arrivé avec la même voiture. Je te le dis seulement comme ça.
Avant qu'elle ne puisse répondre, ce fut Henry qui passa presque en coup de vent à côté d'Hanson, qui répondit
- Pour votre information détective, ne vous faites pas trop d'idées. Jo était certes venue à la boutique, mais nous avions besoin de parler. Sur ce, je vais voir à quoi ressemble le corps.
Hanson grommela
- Pas à grand-chose si vous voulez tout savoir.
Ils avancèrent un peu dans la buanderie et ce qu'ils découvrirent était digne d'un véritable massacre.
Jo n'avait presque pas tourné de l'œil depuis longtemps, mais elle se surprit à faire une longue grimace en voyant le corps.
- Mon Dieu, mais c'est quoi cette boucherie ?
Henry lui-même avait bien du mal à ne pas tourner de l'œil et il en avait vu des choses dans sa vie. Il prit une profonde inspiration. Parce qu'en plus de voir un corps presque haché et c'était peu de le dire, l'odeur qui se dégageait était insupportable.
Et pourtant, la victime avait été tuée, à peine quelques heures auparavant, d'après ce qu'il pouvait voir.
Il s'agenouilla devant le corps, Hanson répondit
- C'est un des employés qui l'a trouvé ce matin… Il a littéralement sorti le corps de cette machine à laver – il pointa la machine en question, mais il n'était pas difficile de comprendre, avec le sang tout autour du tambour. Jo se disait qu'à l'avenir elle s'achèterait elle-même ses électros et n'irait plus faire la lessive à la buanderie du quartier – son nom est Alberto Franco, brésilien d'origine, il était installé à Manhattan depuis près de 20 ans et il a toujours fait tourner cette buanderie. 62 ans, une femme, mais pas d'enfants.
Jo acquiesça
- Et qu'en est-il de l'employé qui l'a trouvé ?
- Les paramédics l'ont emmené parce qu'il était vraiment dans un sale état après la découverte de son boss. On ne peut pas le blâmer. Il y a un deuxième employé. Nous avons pu l'aviser de ne pas se présenter sur les lieux du crime, mais de nous rejoindre au poste pour répondre à quelques questions. L'employé qui l'a trouvé devrait nous rejoindre dans la journée.
Jo ne répondit rien de plus et observa Henry, qui n'avait pas l'air de savoir sous quel angle regarder le corps. Elle l'enviait un peu de garder une telle indifférence devant un corps écrasé comme de la pâte à modeler.
Henry finit par dire
- Il faut que je sois en mesure d'identifier l'arme du crime. Je ne vois pas grand-chose pour le moment et il m'est difficile de manipuler le corps à même le sol. Il faut le ramener au labo que je pousse mes analyses.
Hanson se gratta l'arrière du crâne
- L'arme du crime ? Doc, là quand même, ça paraît évident.
Il pointa la machine à laver. Henry se releva et s'essuya rapidement les mains.
Jo aurait mis sa main à couper, que le légiste allait encore trouver quelque chose pour contrer Hanson.
- Ce n'est pas si évident que ça, détective. Un corps humain ne rentre pas dans une machine à laver, en tout cas pas un adulte. Il nous faudrait être en mesure de nous contorsionner pour ce faire et même si on le faisait, il nous serait de toute façon impossible d'y rentrer qu'une partie du buste.
Hanson fronça des sourcils
- Dans ce cas, qu'est ce qu'il faisait dedans ?
Henry ouvrit la bouche, mais Jo le devança
- Il était déjà mort quand il a été mis dedans. Un corps mort, se disloque comme rien. D'où son état maintenant. – la jeune femme avait tout de même tenté de ne pas prendre une mine de dégoût à chaque parole qu'elle prononçait.
Henry hocha la tête, avec un petit sourire en coin. Il était ravi de voir que plus le temps passait et plus la jeune femme raisonnait comme lui.
- Est-ce que vous avez pu déterminer l'heure de la mort ou bien il va falloir attendre au retour du labo ? – demanda Hanson
Henry avait longuement regardé ce qu'il restait du corps et était formel sur le fait qu'il avait été assassiné peu avant le lever du jour.
- Si mes calculs sont exacts, je dirais que l'heure de la mort est estimée entre 4 et 6h ce matin. Mais je vais devoir reconfirmer ça. En ce qui concerne la cause, j'ai vraiment besoin d'analyser.
Hanson acquiesça et fit signe au CSU. Henry les prévint.
- Soyez délicat lors du transport du corps. Vu son état, il n'est pas impossible que ses membres se détachent et j'aimerais si possible l'analyser en entier. Merci.
Le CSU promit de faire ce qu'il peut, surtout sur la route. Mais ils avaient le matériel nécessaire pour le maintenir en place.
Jo sentit presque son petit déjeuner remonter. Elle poussa un soupir.
- Il y a des matins comme ça, où on ferait juste mieux de rester dans son lit.
- Je suis d'accord – répondit Hanson.
Henry rejoignit les deux détectives, tout en grattant sa petite barbe, non existante.
- Détective Hanson, vous avez dit que monsieur Franco avait une femme, n'est ce pas ?
- C'est exact ! Pourquoi ?
- Est-elle déjà au courant pour son mari ?
Hanson secoua la tête
- Non ! On ne l'a pas encore prévenu, mais ça ne serait tardé. Vous avez déjà une idée derrière la tête en ce qui concerne le suspect ?
Henry sourit, mais secoua la tête
- Pas encore ! Mais dans les trois quarts des affaires de meurtre, le compagnon est le suspect numéro un de près ou de loin donc il serait sage de lui rendre visite plus tard, pour lui poser des questions sur son mariage.
Hanson nota tout ceci dans le coin de son calepin
- Pas de problèmes doc, on fera ce que vous dites ! Allez, on embarque !
Jo emboîta le pas à Henry quand il attendit qu'elle avance. Elle avait été particulièrement silencieuse sur la scène de crime, mais il fallait dire qu'elle n'avait pas trop la tête à courir après des suspects. Deux jours de repos n'auraient vraiment pas été de trop pour le coup.
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En arrivant à la morgue, le corps était déjà en place et le CSU avait vraiment été minutieux, lors du transport. Ce qui était une bonne chose.
Henry enfila rapidement sa blouse et se hâta de retourner sur le corps pour y travailler davantage et pousser les analyses plus loin.
Il avait eu un doute quant à ce qui avait pu le tuer, mais n'en était vraiment pas sûr.
Lucas arriva à son tour et fut suivi de près par Jo, qui avait l'impression qu'elle ne lâcherait pas Henry d'une semelle jusqu'à ce qu'ils puissent parler de cette fichue photo.
Le jeune assistant arrivait avec un beignet et manqua de s'étouffer en voyant le corps
- Yikes ! C'est quoi ce corps ? Si on peut appeler ça un corps. On se croirait dans un épisode de « Bones ».
Henry fronça des sourcils
- Quoi ?
Jo leva les yeux au ciel
- N'y prête pas attention – souffla-t-elle - en plus Brennan n'est même pas légiste
Lucas haussa des épaules
- Peut-être ! Mais elle travaille aussi avec un flic et elle est scientifique.
Il bougea son sourcil d'un air évident, en regardant à la fois Jo et Henry. Ce long silence qui avait été présent dans la boutique revint et ni l'un ni l'autre n'osa vraiment se regarder. Henry en perdait même son objectif principal qui était de découvrir la cause de la mort.
- Bon qu'est ce qu'on a par ici ? – ce fut la voix de Reece qui ramena tout le monde sur Terre
En se plantant à côté du cadavre, dont elle avait été la seule à ne pas trop blêmir, elle remarqua une certaine gêne.
- Je peux savoir pourquoi vous avez le visage aussi rouge, tous les deux ? – demanda-t-elle en s'adressant à Jo et Henry
Bien sûr, cela n'aida pas leur cas et Lucas se retint de pouffer. Henry cligna rapidement des yeux pour revenir à sa tâche.
- Pour rien ! Bref, je vais déterminer les causes de la mort sous peu. J'ai remarqué quelque chose à la scène de crime, mais j'ai besoin d'être là pour y voir plus clair.
Reece acquiesça
- Le détective Hanson m'a briefé. J'ai demandé à ce qu'on cherche son nom dans la base de données et voici son dossier – elle le tendit à Jo, qui le lut rapidement
- Alberto Franco avait donc 62 ans, aucun casier, citoyen modèle et honnête. Aucun problème que ce soit avec l'immigration au moment de son arrivée au pays ou tout autre. Quelqu'un de discret et très aimé dans le quartier, apparemment. Son compte en banque n'est pas énormément rempli. Il avait mis de côté; mais pas assez pour qu'on puisse le tuer pour ça.
Au moins, ils étaient sûrs d'une chose. Pour l'instant, il n'apparaissait pas que l'argent soit une motivation. Il fallait chercher encore plus loin, comme dans toutes les affaires.
- Docteur, dites-nous quand vous avez trouvé la cause de la mort, autre que la machine à laver. Jo, j'ai besoin de vous en haut, le deuxième employé de la buanderie est arrivé. Le détective Hanson est déjà dans la salle d'interrogation. Vous pouvez l'accompagner ?
Jo aurait souhaité rester à la morgue. Mais elle savait qu'elle ne pouvait pas toujours traîner dans les pattes d'Henry, même si elle aurait aimé avoir ce choix.
- Bien sûr ! J'arrive tout de suite. Henry, tu penses que ça sera bon à quel moment ?
- Ça ne devrait pas être long. Je monterais.
Elle lui fit un signe de tête et suivit sa boss qui les avait regardés d'une drôle de manière suite à leurs dernières paroles.
Henry avait eu du mal à quitter Jo des yeux, jusqu'à ce qu'elle disparaisse dans l'ascenseur. Lucas n'avait pas manqué leur manège.
Il prit un scalpel et fit semblant de le nettoyer et demanda innocemment
- Donc ! Je suppose que l'eau dans le vinaigre qu'il y avait entre vous et Jo est terminée maintenant ?
Henry le regarda de travers
- Quelle eau dans le vinaigre ?
Lucas se demandait si Henry le faisait vraiment exprès parfois
- C'est une expression doc ! Aux dernières nouvelles, les choses ne se passaient pas très bien entre vous. Vous savez, quand vous avez agi derrière son dos.
Henry n'avait pas spécialement besoin qu'on lui rappelle sans cesse, à quel point il avait blessé la jeune femme. Il s'en voulait assez comme ça. Et maintenant, elle risquait de l'avoir d'autant plus à l'œil. Alors, peut-être devrait-il contrôler ses pulsions suicidaires quand il retournerait sur le terrain avec elle.
- Jo a de quoi m'en vouloir et je le comprends très bien. Cependant, nous sommes assez grands elle et moi, pour régler nos problèmes. Et oui, pour répondre à ta question, tout va mieux entre nous… Enfin, en tout cas, on est en bonne voie pour.
Lucas hocha simplement la tête. Henry reprit son examination et sentait bien le regard de son assistant sur lui.
- Autre chose ?
Il se gratta l'arrière du crâne
- Je sais que c'est un sujet délicat et je ne devrais pas demander, mais… Et cette histoire de dague ? Comment ça s'est terminé ?
Henry s'arrêta un instant et resta figé au-dessus du corps. Il savait que peu importe ce qu'il ferait, il faudrait du temps pour effacer toute cette confrontation dans les bas-fonds de Canal Street. Il revoyait la balle qui l'avait touché de plein fouet ainsi que le pugio qu'il avait ramené à Adam… Ce dernier ne l'avait jamais ramassé. Ou bien l'avait-il fait au moment où il était à l'agonie ? Henry n'en était pas sûr et il n'était pas question pour lui de retourner sur place pour vérifier. Jo ne lui laisserait pas cette chance.
Le ton de Lucas avait été bien plus sérieux qu'à la normale alors il releva lentement les yeux vers lui
- Sache que je te suis reconnaissant de m'avoir couvert et d'avoir risqué ta place pour moi, Lucas. Si Jo avait voulu te passer au laser, elle l'aurait déjà fait. Quant à cette histoire, tout a été réglé, enfin normalement.
Lucas savait que son boss ne dirait rien de plus alors il n'insista pas et lui donna un coup de main sur ce pauvre corps.
Jo avait rejoint Hanson dans la première salle d'interrogation où le deuxième employé ou plutôt la deuxième employée attendait.
- Alyssa Stewart ?
La jeune femme acquiesça
- Je suis le détective Jo Martinez et je vais accompagner mon collègue pour l'interrogation.
- Pas de problèmes.
Elle prit place à côté d'Hanson et ouvrit son calepin ainsi que le dossier de la victime.
- Donc Alyssa ! Ce matin, votre collègue Brian a trouvé le corps de monsieur Franco, qu'il a retiré de la machine à laver. Est-ce que vous pouvez nous parler des relations que vous aviez avec votre patron ?
Rien qu'en la regardant dans les yeux, Jo compris que la jeune femme était quand même soulagée de ne pas avoir été celle qui avait trouvé le corps ce matin même. Elle semblait assez fragile et elle n'aurait certainement pas été capable d'appeler les flics, sous le choc.
- Monsieur Franco était un homme généreux et toujours prêt à aider tous les clients de la buanderie. C'est pourquoi elle marchait aussi bien. Il mettait tout à disposition pour que les gens attendent leur linge dans de bonnes conditions. Il avait même mis une machine à café et des distributeurs de snacks et boissons fraîches. Pour les grosses chaleurs de l'été, il avait fait installer une clim dans la buanderie. Quelque chose de rare dans ce genre d'établissement. Bref, je m'entendais bien avec lui. Je suis étudiante à temps plein et je suis constamment en train de réviser, mais le manque d'argent se faisait ressentir et je passais dans le quartier un jour et j'ai vu qu'il manquait un employé et le lendemain, monsieur Franco m'avait embauché. Ce n'est pas le plus gros salaire surtout que je ne travaille là que le week-end, mais ça m'aide quand même pour mes dépenses de la vie quotidienne. Je n'avais pas de problèmes particuliers avec lui. Il faut dire que ce n'est pas le job le plus dur que j'ai eu à faire et vraiment, il était quelqu'un de cool.
Hanson était en train de noter tout ceci et demanda alors
- Vous tarez beaucoup d'éloges à son sujet, mais il faut qu'on vous le demande malgré ça. Vous venez de nous dire que vous travaillez seulement le week-end. Donc techniquement, vous n'avez rien à faire à la buanderie la semaine. Donc pouvez nous dire où étiez-vous entre 4 et 6h du matin ?
Alyssa haussa un sourcil comme si la question était stupide
- Je ? Je dormais, comme vous, je suppose.
- Quelqu'un peut le confirmer ? – demanda Jo, qui ne croyait pas qu'elle soit responsable de toute façon
- Oui ! Ma coloc ! Elle travaille de nuit et ne revient pas avant 5h du matin… Il paraît que je ronfle alors elle pourra vous le dire. Mais à mon avis, vous devriez l'interroger, mais plus tard dans la journée, quand elle sera réveillée.
Hanson et Jo s'échangèrent un regard. Il était rare de toute manière que le premier suspect soit le responsable. Ils avaient encore bien d'autres personnes à interroger et Henry avait besoin de faire ses petites théories habituelles pour trouver qui pourrait être derrière tout ça.
Alyssa reprit
- Je n'ai rien à gagner à tuer mon patron. C'était un homme bon – elle fit une pause, et regarda dans le vide – je ne sais pas ce que je vais faire maintenant qu'il est mort, si je reste à la buanderie ou je cherche un autre job ailleurs.
Il était trop tôt dans l'affaire pour écarter quoi que ce soit ou qui que ce soit, mais Jo ne la voyait pas suspecte, pour l'instant. Henry n'avait pas été là pour avoir un meilleur œil.
- Vous avez interrogé Brian ? – demanda Alyssa
- Nous allons le faire – répondit Jo –, mais un peu plus tard. L'hôpital le garde en observation parce qu'il est vraiment secoué.
Alyssa hocha la tête
- Ça se comprend ! À sa place, je pense que j'aurais perdu connaissance.
La jeune femme regarda l'heure
- Bon, pas que je m'ennuie avec vous, mais est-ce que je peux y aller ? J'ai un cours qui commence à 11h30 et je vais finir par être en retard ?
Hanson et Jo lui donnèrent l'autorisation.
- Ne quittez pas la région – prévint Hanson
- Franchement, je n'ai rien à me reprocher, je ne vois pas pourquoi j'aurais envie de prendre des vacances. À une prochaine et bon courage pour votre enquête.
Quand elle disparut, Jo et Hanson se concertèrent avec Reece
- Vos avis, tous les deux ? – demanda le lieutenant
- Elle n'a pas l'air coupable – répondit Jo – on s'assurera de ses intentions avec sa coloc, mais elle n'a pas une tête de suspecte
- Je suis Jo – ajouta Hanson
Reece approuva. Elle avait vu assez de suspects et d'affaires dans sa vie, pour savoir que la première personne interrogée n'était pas souvent tout de suite la coupable, mais éventuellement, cela finissait par se retrouver plus tard, avec davantage d'éléments.
- Où en est Henry ?
Ni Hanson ni Jo n'eurent le temps de répondre que le principal intéressé débarqua comme un bourrin, dans la salle arrière. Si autant il fit sursauter Hanson, Jo et Reece y furent parfaitement indifférentes, tellement elles avaient l'habitude de ses entrées fracassantes.
- J'ai trouvé la cause de la mort ainsi que l'arme qui a tué notre victime.
Hanson n'arriverait jamais à s'habituer à la rapidité avec laquelle le légiste réussissait à faire quelque chose.
- Ça ne fait même pas 15 minutes que Jo est venue me rejoindre – marmonna-t-il
Jo donna un coup de coude à son collègue
- Tu devrais savoir depuis le temps qu'il ne fait pas la moitié des choses ! Qu'est-ce que tu as pour nous ?
Il montra le dossier du défunt avec des notes précises qu'il venait d'écrire.
- Ce fut un peu délicat, mais en examinant son cou de plus près et avec l'aide de Lucas, j'ai pu déterminer que ce qui a causé la mort a été la perforation de la carotide. Il faut environ huit minutes avant qu'elle saigne et que le sort ne soit fatal.
Chacun l'écoutait attentivement. Jo était toujours impressionnée par le personnage. Il était tellement passionné. Elle avait du mal à comprendre comment la mort pouvait autant fasciner, mais après les derniers événements, elle pensait en avoir une idée.
- Et vous nous avez dit avoir trouvé l'arme qui a provoqué ceci. Quelle est-elle ? – demanda Reece
- Un stylo plume !
Les trois occupants se regardèrent comme si c'était la chose la plus stupide qui pouvait arriver.
- Un stylo plume ? Vraiment ?
Henry haussa des épaules
- Je ne vois pas ce qu'il y a de si surprenant. Ce n'est pas la première fois que cela arrive dans une affaire. Rappelez-vous avec Dwight Dziak.
Jo approuva
- Il a raison ! Le stylo plume était l'arme du crime. Mais je suppose que ce n'est pas le même et pas été perforé de la même façon que l'année dernière ?
- Non effectivement ! Pour le peu d'éléments que j'ai pu remarquer, monsieur Franco a été attaqué par-derrière, il ne s'y attendait tout simplement pas. J'ai encore besoin de quelques jours pour tenter de savoir quel type de gabarit l'a attaqué.
Reece demanda alors
- Comment avez-vous réussi à trouver qu'il s'agissait d'un stylo plume et non pas disons d'un couteau ou quelque chose de tranchant ?
- Même si cela est invisible à l'œil nu, avec mes outils, je suis parvenu à remarquer une tache d'encre là où la perforation a été faite. Le stylo plume était chargé. Maintenant, ne nous reste plus qu'à attendre quelques jours pour que je détermine le gabarit du coupable et de continuer d'interroger les personnes qui ont côtoyées monsieur Franco. Je pourrais sans doute me faire une idée plus facilement avant de pouvoir retravailler sur son corps.
Reece acquiesça et se dirigea vers la sortie de la salle
- Faites ce que vous avez à faire et continuez d'interroger les témoins.
Elle quitta la salle laissant les trois autres ensemble et Hanson jouant parfaitement la bougie.
- Avez-vous eu le témoignage du deuxième employé ? – demanda Henry, plus à Jo, qu'Hanson
- Oui ! Elle n'a pas l'air coupable pour l'instant. On ira interroger sa coloc. Mais d'abord, on doit voir la femme du monsieur. Apparemment, elle n'a pas encore été prévenue.
Henry se pinça les lèvres. Ce n'était pas une nouvelle facile à annoncer, loin de là. Il en savait quelque chose, et Jo également.
Hanson les regarda
- Allez-y tous les deux ! Pas que je vous laisse vous farcir la tâche la plus difficile, mais je vais retourner à l'hôpital voir si Brian peut me parler ou pas.
Jo fronça des sourcils
- On ne devait pas attendre un peu plus tard dans la journée ?
- Oui, normalement ! Je viens de recevoir un message sur ma boîte vocale, me disant qu'il commençait à reprendre ses esprits, donc je vais aller lui poser des questions. Après tout, c'est grâce à lui si on a trouvé le corps. On se recapte tout à l'heure.
Il les laissa seuls, toujours avec cet imposant silence. Henry regarda le dossier.
- Je… Pour étudier le corps plus profondément et déterminer quel type de personne a pu tuer monsieur Franco, je vais devoir le laisser reposer un ou deux jours dans le frigo, pour qu'il se durcisse et soit moins fragile à examiner.
Jo ne fit que hocher la tête. Elle avait du mal à dégager cet embarras qu'elle ressentait en sa présence. Ça, plus ces stupides papillons, comme souvent. Pourtant, il ne lui avait encore rien dit, mais elle savait très bien que ce n'était pas une petite chose banale qu'il devrait partager.
Henry ouvrit la bouche, mais Jo le devança
- On ne peut pas parler ici. On a encore plus de risques de se faire interrompre que lorsqu'on n'est pas au travail. La femme d'Alberto vit dans le East Harlem…
Elle se retint de lever les yeux au ciel au moment où le mot franchit ses lèvres. Évidemment. Le quartier espagnol. Un quartier qu'elle connaissait plus que bien.
Henry la regarda longuement
- Il faut qu'on aille lui rendre visite, je présume ?
- Pas le choix ! Si personne ne l'a prévenue que son mari était mort, il va falloir qu'on se farcisse le boulot. Ça fait un sacré bout de chemin, il ne travaillait pas exactement à côté, mais bon après tout, je n'habite pas à côté non plus. Ça va me faire bizarre de retourner à Harlem…
Elle passa devant Henry sans en ajouter davantage. Depuis que Jo lui avait un peu parlé des activités illicites de son père et le fait qu'elle avait grandie dans un quartier assez craignos, il s'était toujours douté qu'il s'agissait d'Harlem. Ce n'était pas bien difficile à deviner, la jeune femme était purement hispanique et c'était principalement là où toute la communauté se regroupait. Malheureusement, pas forcément la plus saine. Et Henry en savait quelque chose.
Author's note: La référence à "Bones" de la part de Lucas était un clin d'oeil pour l'acteur qui a joué un des assistants de Brennan dans la série ;).
Sarah: je sais que "À jamais", ne devait pas être aussi longue lol, je me suis laissé aller. Mais celle ci, je sais qu'elle ne durera pas deux ans ;). Seulement 22 chapitres sont prévus (ils seront divisés ici) mais moi j'en écrirais bien 22 et si j'avance comme je le fais depuis que j'ai commencé, son écriture sera finie en quelques mois :).
