Merci pour vos reviews, contente de voir que ce début d'histoire vous plait. Je dois avouer que je prends énormément de plaisir à l'écrire, elle m'inspire vraiment. Si vous saviez combien de pages j'ai déjà écrit de mon côté lol. Bref, merci et j'espère que vous continuerez d'apprécier.
Flash-Back
East-Harlem, 1953
Henry était souvent appelé pour soigner de nombreuses blessures dans le quartier le plus chaud de New York. Mais souvent ces nombreuses blessures, le faisaient retrouver devant des corps. Il n'était pas très sûr du nombre de meurtres que le quartier avait connu depuis qu'il s'était installé en Amérique. Peut-être une dizaine par semaine, ce qui était énorme pour l'époque. De plus, ils n'avaient pas la technologie qu'ils possédaient désormais alors, parfois les corps n'étaient découverts qu'au bout d'une semaine. Seule l'odeur finissait par alerter les résidents.
Il n'était pas encore légiste à cette époque, mais simple médecin alors il n'avait pas l'autorisation de travailler sur des corps à proprement parler. Du moins, pas l'autorisation de les découper ou autre. Même s'il avait eu une exception à la fin des années 1800, en participant activement à l'affaire de Jack L'Éventreur.
Il était planté devant un building, qui d'ici une vingtaine d'années serait probablement démoli à voir la manière dont il tombait en miettes.
Il y a avait de nombreux junkies tout le long de chaque building et des personnes peu fréquentables le regardaient avancer vers le bâtiment. Il avait sa petite mallette de médecin et se demandait comment les familles qui vivaient là avec des enfants en bas âge pouvaient continuellement subir toute cette violence autour d'eux. Il sentit un frisson passer, rien qu'à imaginer élever Abe dans de telles conditions.
Il secoua la tête. Personne ne choisissait de vivre dans tel ou tel quartier. Harlem avait une certaine réputation, mais pour certaines personnes, c'était sans doute ce qu'il y avait de plus abordable. Et avec un peu de chance, peut-être que cela irait mieux avec le temps.
Henry monta un étage et sentit des odeurs toutes aussi désagréables les unes que les autres. Il se disait qu'à force de travailler avec des blessés ou des morts, il finirait par être indifférent à ces odeurs, mais apparemment pas. Il soupira. Il aurait souhaité ne pas être appelé juste pour ramener des cadavres. Ce n'était pas une vision plaisante tous les jours. La mort ne le dérangeait pas, mais il aurait souhaité que d'autres personnes se soucient un peu plus des gens qui vivaient dans ce quartier.
Il poussa la porte d'un appartement mal fermé, mal isolé et surtout très mal nettoyé. Il se retint de faire une syncope en voyant le bordel qui y régnait. Il avança lentement dans le living room et il vit un premier corps, avec une aiguille dans le bras. Il s'avança vers lui et tâta son pouls. Il n'y avait plus rien à faire pour ce monsieur. Il continua de se promener dans l'appartement et repéra une femme, qui elle aussi avec une aiguille dans le bras. Elle était dans la baignoire. Il resta un instant à la regarder. Elle semblait jeune, peut-être tout juste 17 ans. L'homme dans le salon était sans doute son père. Il s'avança pour tâter son pouls, mais il n'eut pas besoin de le faire, la jeune femme se réveilla d'un seul coup en pleine crise de panique et tentant d'arracher l'aiguille de son bras. Henry se précipita vers elle et posa sa main sur son épaule.
- Calmez-vous ! Ça va aller ! Je suis médecin et je vais vous soigner. Tout ira bien, vous survivrez !
La jeune femme avait les yeux dilatés. La drogue avait effet et il fallait agir vite avant qu'elle ne meure d'une overdose comme son père.
Mais ce jour-là Henry parvint à la stabiliser et elle fut conduite à l'hôpital. Il avait appris plus tard qu'elle avait été mise en cure de désintoxication, pratique tout juste répandue à l'époque. Du haut de ses 100 ans passés, Henry espérait d'ici là, voir un changement dans l'avenir d'Harlem.
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En sortant de la voiture de Jo, Henry regardait ce même bâtiment qui au final était toujours là et avait été simplement rénové. Maintenant, des familles vivaient toujours dedans, mais moins violentes qu'à l'époque. Cependant, le crime sévissait toujours plus que dans les autres parties de la ville, mais il y avait eu une nette amélioration et diminution depuis.
Les choses évoluaient, mais comme Henry le savait, l'histoire avait tout de même une sacrée tendance à se répéter.
Jo resta muette en regardant le quartier. Elle fourra les mains dans ses poches après avoir regardé l'adresse de la femme, sur son téléphone. Elle pourrait marcher là, les yeux fermés.
Henry fit le tour de la voiture, pour la rejoindre et lui demanda
- Je ne me trompe pas en disant que c'est le fameux quartier où tu as grandi, n'est-ce pas ?
Elle hocha la tête
- Effectivement ! En tout cas, une partie ! Ma famille n'habite pas de ce côté, mais je connais tous les recoins d'Harlem… Merci à ce cher modèle de père.
Henry sentait bien une certaine amertume dans la voix de sa partenaire, mais il ne pouvait la blâmer. Il semblait que tous les deux aient eu un père qui n'avait pas toujours été l'homme le plus honnête qu'ils auraient pu croire, dans leur enfance. Mais pour Jo, les choses semblaient d'autant plus compliquées.
- Enfin, espérons qu'on ne croise pas ma mère. Elle aime faire son épicerie de ce côté, mais on est mercredi, elle est certainement au yoga avec ses commères.
Henry pouffa
- Ta mère fait du yoga ?
Jo soupira
- Et tout un tas de trucs pour la relaxer. Heureusement parce que vu son caractère, si elle n'en faisait pas, elle aurait déjà tué tout le quartier.
Henry fut surpris et se pinça les lèvres pour s'empêcher de rire. Jo semblait blasée. Mrs Martinez devait être un sacré phénomène à elle toute seule.
En avançant vers l'immeuble de la femme d'Alberto, elle répondit à sa question silencieuse
- C'est la mama typique espagnole. Les voisins nous laissaient tranquilles, aussi parce qu'ils savaient qui était mon père, mais même moi, ma mère me fait flipper. Quand elle est en colère, tu ne veux juste pas rester dans ses pattes.
Henry essayait d'imaginer n'importe qui embêtant les enfants de Mrs Martinez et se retrouvant poursuivit avec un rouleau à pâtisserie.
Devant la porte de la maison, assez isolée du quartier de fou, Jo frappa deux petits coups. Henry resta derrière elle, une marche plus basse. La jeune femme détestait être porteuse de mauvaises nouvelles.
Une femme d'une cinquantaine d'années leur ouvrit la porte et les détailla de la tête aux pieds.
- Si ?
Jo avait oublié que beaucoup de personnes ne parlaient qu'espagnol dans le quartier. Henry fut sur le point de dire quelque chose, mais resta carrément bouche bée quand Jo se mit à lui parler avec une facilité déconcertante, en espagnol.
- Eres Teresa Franco Perez ? (vous êtes Teresa Franco Perez)
- Si ! Quien ères tù ? (Oui, qui êtes-vous ? )
- Yo soy Jo Martinez, NYPD. El es Henry Morgan, mi médico forense. Estamos aqui acerca de su esposo. (je suis Jo Martinez, de la NYPD. Voici Henry Morgan, mon légiste. C'est à propos de votre mari.).
La pauvre resta de marbre en regardant le badge de la jeune femme. Elle ravala sa salive, en voyant le visage des deux.
- Qu'est-ce qui est arrivé à mon mari ?
Jo et Henry se regardèrent
- Vous parlez anglais ?
Teresa acquiesça
- Oui, j'ai appris un peu pour mon travail.
- Vous auriez dû nous le dire plus tôt – avisa Henry, bien qu'il n'avait pas eu besoin de décodeur pour comprendre la conversation. Il avait juste encore un peu de mal à se remettre du fait que sa jeune partenaire parlait aussi bien l'espagnol et avec un accent assez sexy.
Teresa s'excusa
- Désolée ! On ne sait jamais qui frappe à notre porte alors parfois, je préfère prétendre que je n'en parle pas un mot.
- Est-ce qu'on peut rentrer ? – demanda Jo, c'est vraiment important
Teresa sentit la chose arriver alors elle les laissa passer. Elle leur fit signe de s'installer et resta debout à les regarder. Elle avait déjà les larmes aux yeux.
- Vous allez m'annoncer une mauvaise nouvelle, c'est ça ?
Jo et Henry se regardèrent. Pour l'un comme pour l'autre, ce n'était pas une partie de plaisir. Jo se leva et tenta d'y aller avec le plus de délicatesse possible. Tandis qu'Henry regardait autour d'eux, comme s'il avait remarqué quelque chose, pour ne pas changer.
- Teresa, c'est difficile pour moi de vous annoncer ça. J'imagine que vous aviez autre chose à faire de votre journée que de recevoir la visite de la NYPD. Mais, ce matin entre 4 et 6h, le corps de votre mari a été retrouvé dans sa buanderie…et il s'agit d'un meurtre. Je suis désolée.
Teresa dut s'appuyer contre le canapé pour reprendre son souffle. Jo la soutenue et lui demanda si elle voulait un verre d'eau, mais elle lui fit signe que ça irait. Henry s'était levé à son tour et était plutôt perplexe avec ce qu'il y avait dans la maison. C'est-à-dire, absolument aucune photo de Teresa et Alberto. D'ailleurs, cette dernière avait tout juste les larmes dans les yeux, comme si elle s'y attendait. En même temps, en recevant la visite de la police, n'importe qui s'attendrait à une mauvaise nouvelle.
Elle finit par s'asseoir et Jo s'installa à ses côtés.
- Est-ce que vous savez pourquoi votre mari était à la buanderie à cette heure-ci ? Et non pas tranquillement dans le lit, à vos côtés ?
Teresa regarda Jo d'un air larmoyant et regarda également Henry.
- Teresa ?
Elle secoua la tête
- Je n'en sais rien
Jo fronça des sourcils
- Comment ça vous n'en savez rien ? Vous étiez mariés non ? S'il avait une raison d'être à la buanderie si tard, vous devez nous le dire. Avait-il des ennuis avec quelqu'un, devait-il de l'argent et devait-il rencontrer une personne si tôt le matin ?
Henry regarda la main gauche de la femme et vit qu'elle ne portait aucune alliance. Il soupira. Il rejoint sa partenaire et se mit à genoux devant leur témoin.
- Vous étiez en instance de divorce, n'est-ce pas ?
Jo ne s'attendait pas à un tel commentaire et le regarda comme s'il avait perdu l'esprit.
Sentant le regard de la jeune femme sur lui, il continua.
- Vous ne portez pas d'alliance, mais la marque à votre doigt signifie que vous l'avez porté pendant longtemps tout de même. Alberto était aux États-Unis depuis 20 ans, j'imagine que vous avez fait partie du voyage ?
Teresa secoua lentement la tête
- Il avait tout prévu pour nous, une belle vie et un pays bien meilleur. Tout allait bien. On a découvert que je ne pourrais pas avoir d'enfants et on a dit qu'on se débrouillerait avec notre vie à deux de toute façon. Mais je sentais bien qu'un moment donné, il lui manquait quelque chose dans sa vie, quelque chose que je ne pouvais pas être en mesure de lui donner.
Jo se disait que cela ne suffisait pas comme raison pour divorcer. Mais de nos jours, les gens se séparaient pour de telles futilités.
- J'ai aussi remarqué qu'il n'y avait aucune photo de vous deux. Je suppose que c'était intentionnel ? – demanda de nouveau Henry.
- Je les ai toutes enlevées quand j'ai découvert qu'il…
Elle s'arrêta et regarda vers la fenêtre. Henry fit un regard compatissant.
- Quand vous avez découvert qu'il vous trompait !
Teresa hocha la tête.
- Une femme dans la trentaine. Elle pourrait être sa fille ! Mais, les jeunes sont fertiles alors il est parti voir ailleurs. Il pensait que je ne me doutais de rien, mais sa buanderie ferme à 22h, parfois il ne rentrait qu'au petit matin et il me trouvait des excuses comme quoi il devait finir certaines commandes de linge le plus rapidement possible et qu'il devait le rendre à l'ouverture, mais je ne l'achetais pas. Bien sûr, il est déjà resté tard quand pendant les grosses périodes, il avait énormément de tissus ou autres costumes à passer au lavage, mais je savais que c'était un mensonge, il était mon mari donc je connaissais ses mimiques.
Généralement, une femme presque divorcée plus une maîtresse ne faisait vraiment pas bonne affaire. Elle pouvait très bien apparaître au top de la liste de suspects.
- Avez-vous vu sa maîtresse ? Puisque vous nous l'avez décrit dans la trentaine. Ce qui est plutôt précis. – demanda Jo
- Bien sûr que oui, je l'ai vue. Un soir, il m'a envoyé un texto en me disant qu'il rentrerait plus tard. Je me suis donc rendue jusqu'à la buanderie et de l'autre côté de la rue, je l'ai vue qui l'attendait et ils sont partis ensemble, bras dessus, bras dessous. Este idiota. Que su alma descanse en paz ahora. (Quel idiot ! Que son âme repose en paix maintenant).
Jo se demandait si toutes les femmes hispaniques avaient toutes le même problème avec les hommes. Mais il ne fallait vraiment pas leur écraser les pieds.
Elle regarda Henry
- Donc vous pensez que c'est la raison pour laquelle il aurait pu rester si tard ? Rencontrer sa maîtresse dans la buanderie ?
Teresa haussa des épaules
- Peut-être bien ! Je ne sais pas. Je ne voulais plus le voir ici. Il n'est plus rentré depuis quelques jours. Pour le peu que je sais, il dormait à la buanderie. Il y a un sous-sol, où il y a tout le nécessaire pour survivre.
Évidemment. Personne n'y avait prêté attention lors de leur première visite à la buanderie. Il fallait évidemment s'assurer de voir si des indices ne traînaient pas dans le coin.
- Et je suppose que vous ne pouvez pas nous dire où vit cette maîtresse ? – tenta Jo
Le regard que la femme lui lança lui fit comprendre qu'elle n'aurait pas dû poser la question
- Querida ! ¿Estás bromeando? Debo aceptar el hecho de que mi esposo me ha engañado me ha engañado con una niñata, pero además ¿debería saber dónde vive? ¿Perdiste la mente ? (Ma belle, vous plaisantez ? Je dois déjà accepter le fait que mon mari m'est trompé pour une petite jeune, mais en plus je devrais savoir où elle habite. Mais vous avez perdu l'esprit ?)
Jo fit un sourire crispé. Elle n'avait pas eu besoin d'une lecture. Elle se releva et Henry fit de même.
- Eh bien, merci Teresa ! Vous nous avez donné de précieuses informations. On fera ce qu'on peut pour mettre la main sur le meurtrier. Et condoléances quand même.
- Merci ! Reste que c'était un homme bon et c'est une honte qu'il ait été tué si froidement, en plus sur son lieu de travail.
Jo lui fit un signe de tête. Henry de même et ils quittèrent la veuve. En se dirigeant vers la voiture, Henry demanda à Jo.
- Tu ne lui as pas demandé si elle pouvait confirmer son propre alibi d'être restée chez elle hier soir ? Ou si quelqu'un d'autre avait pu ?
- Je sais ! Parce que je la mets sur ma liste de suspects pour le moment et je sais que tu penses de même donc n'essaies pas de me faire changer d'avis.
Henry fit un petit sourire en coin
- Je ne comptais pas le faire ! Tu as raison, il y a quelque chose de suspect chez elle. Si son mari la trompait, cela donne un bon motif pour l'exclure de sa vie. Il ne serait plus parti voir ailleurs du tout comme ça.
- Exactement ! Donc, on mènera nos recherches et on remontera à elle si besoin. De toute façon, avec tes analyses, tu devrais être en mesure de nous dire si oui ou non elle a quelque chose à voir là dans. Il faut qu'on retourne à la buanderie et qu'on visite ce sous-sol, c'est peut-être notre seul moyen d'avoir des informations sur cette maîtresse.
Ils se dirigèrent vers la voiture et sur la route, Hanson appela Jo. Henry décrocha en mettant son téléphone sur haut-parleur et il leur affirma que Brian qui avait trouvé Alberto n'était pas plus avancé sur qui aurait pu lui en vouloir et avait confirmé la même chose qu'Alyssa une heure auparavant.
Mais il rajouta une chose particulièrement importante
- Il paraît cependant qu'Alberto avait une fois eu des soucis avec un client. Il n'aurait pas voulu le régler parce que son costume aurait été livré à temps et il aurait prétendu que s'il avait dû repousser sa réception, cela aurait été uniquement de la faute d'Alberto. Brian nous a dit qu'à ce moment-là, Alberto était débordé et coulait sous les commandes de beaucoup de chefs d'entreprises qui faisaient des réunions et des fêtes ou autres réceptions en tout genre pour la fin de l'année. Entre ça et les clients habituels. Il traitait par ordre de priorité et il avait fait de son mieux pour que le costume du bonhomme soit prêt à temps, mais Alyssa est tombée dans la même semaine, ce qui fait que le boulot qu'ils faisaient habituellement à trois était triplé pour seulement deux et ce monsieur ne l'a jamais payé. Il a été poussé en cour et a dû payé des dommages et intérêts à Alberto pour avoir joué les fraudes et apparemment, il ne l'aurait vraiment pas bien digéré.
À un feu rouge, Jo lança un regard en biais à Henry
- Merci de ces informations très précieuses Mike. On va en faire bon usage ! Ça peut être une des pistes à explorer et un bon motif également.
- Il n'y a pas de quoi ! Revenez au poste dès que vous pouvez, pour qu'on fasse un bilan.
Ils raccrochèrent et Jo attendit l'avis d'expert d'Henry
- Je pensais que l'argent ne devait pas faire partie des motifs ? – suggéra le légiste
- Oh ! C'est qu'on disait, mais tu sais, dans les histoires de meurtre, d'une façon ou d'une autre, il y a toujours des dettes. On verra bien ce que ce monsieur nous dit, une fois qu'on l'aura interrogé.
Jo et Henry étaient retournés à la buanderie, pour vérifier le sous-sol dont Teresa leur avait parlé.
La buanderie était banalisée par les banderoles jaunes « crime scenes ». Il y avait toujours des policiers qui faisaient des rondes pour surveiller les moindres curieux. En voyant Jo arrivée avec son badge et Henry la suivant, ils levèrent les banderoles pour les laisser passer.
Ils précisèrent qu'ils feraient un tour dans le sous-sol pour tenter de récupérer divers éléments pour leur enquête.
Pour trouver l'escalier qui menait au sous-sol, il fallait vraiment avoir l'œil, ce qui n'étonna guère les deux amis de savoir que personne n'y avait fait attention ce matin même.
Il était situé entre la porte réservée aux employés et un distributeur de lessive, sous une trappe.
Henry leva la trappe et Jo le regarda
- Pas étonnant que personne ne l'ait vu, regarde où elle est située.
- Je suis d'accord !
La jeune femme passa devant, en allumant sa lampe torche et faisant attention de ne pas se casser une jambe en ratant une marche.
Henry la suivait de près.
Ils trouvèrent un interrupteur et purent constater qu'Alberto avait quasiment fait son campement à la buanderie. Il y avait un petit canapé style futon avec une cuisinette et tout le nécessaire de survie, comme l'avait dit Teresa.
Une mini salle de bain était construite dans un coin de mur. Jo dut reconnaître le génie.
- Je trouve ça cool comme idée. Au moins, en cas d'apocalypse, le monsieur était préparé.
Henry trouva son commentaire amusant et chercha de son côté, voire si quelque chose en particulier lui sautait aux yeux.
Jo fouillait absolument partout, en bonne détective qu'elle était. En l'entendant faire autant de bruit, Henry se retourna pour la regarder et se surprit à réaliser que c'était une image dont il ne se lasserait jamais. La manière dont elle était concentrée, ses cheveux ondulés qui retombaient devant ses yeux, sa lampe torche entre ses dents, et cette façon qu'elle avait de pencher la tête lorsqu'elle ne comprenait pas quelque chose ou qu'elle incitait quelqu'un à parler, créait en Henry un sentiment de chaleur qu'il pensait avoir fermé pour le reste de sa longue vie. Elle avait raison et Abe aussi. Il fallait réellement qu'il lui dise la vérité. Il ne put détacher ses yeux d'elle, il en oublia rapidement le fait qu'il devait chercher des indices et elle était très bonne pour le distraire de n'importe quelle tâche.
- Hey ! Je pense que j'ai trouvé quelque chose – finit-elle par dire.
Elle releva les yeux et ce fut à ce moment qu'elle s'aperçut de la façon dont le légiste la regardait. Son cœur manqua un raté. Et soudainement, elle se retrouva plongée quelques semaines auparavant, lorsqu'ils assistaient tous ensemble à la soirée karaoké où Mike avait fait des ravages. Ce soir-là, quelque chose avait brillé dans les yeux d'Henry. Une lueur qu'elle n'avait même pas vue chez Isaac. Leurs regards s'étaient accrochés bien plus longtemps qu'il n'aurait fallu pour le dire. Elle fut la première à détourner les yeux, gênée de ce qui pourrait bien arriver si jamais elle continuait de répondre à son appel.
Pour ce qu'elle savait d'après les murmures d'Hanson et Lucas, au détour d'une conversation qu'elle avait surprise, Henry ne l'avait pas lâché des yeux, du tout de toute la soirée.
Il fallait avouer que c'était un peu cette soirée qui avait réussi à la remettre en question. Il n'avait fallu qu'Henry et toute son histoire de se perdre à Paris pour définitivement la ramener à la raison. Dans le fond, elle savait parfaitement bien qu'elle n'avait pas eu de sentiments romantiques envers Isaac, il avait été un gars cool, peut-être un peu trop exigeant, mais cool. Mais elle n'aurait pas pu tomber amoureuse de lui. Mais, Henry prenait tellement son temps et n'agissait pas le moins du monde alors peut-être avait-elle pensé que sortir avec un autre le forcerait à se bouger, mais bien évidemment, cet imbécile n'avait fait que le contraire en l'encourageant. Jusqu'à ce qu'il sorte sa tartine et qu'elle rebrousse chemin aussi rapidement qu'elle était partie.
Elle se demandait encore où leur relation serait aujourd'hui si jamais Abe n'avait pas eu le pire timing du monde et qu'elle avait eu la possibilité d'aller au bout de sa confession.
Puis, toutes ces histoires de dague, de Jules César et autre avaient fait leur apparition et Henry s'étant conduit comme un idiot, pour l'instant, elle préférait mettre de côté cette histoire d'amour qu'elle s'imaginait déjà.
Perdue dans ses pensées, elle n'avait pas vu qu'Henry s'était un peu trop rapproché d'elle. Il regardait par-dessus son épaule.
- Qu'est-ce que tu as vu ? – demanda-t-il d'une voix qui en ferait frémir plus d'une
Elle reprit rapidement ses esprits avant de s'égarer
- Euh. J'ai quelques notes dont je me passerais bien de lire, mais en tournant les pages, j'ai trouvé ceci.
Elle lui montra un post-it avec une adresse et un numéro de téléphone.
- Tu penses que c'est le numéro de cette fameuse maîtresse ? – demanda Henry
Jo haussa des épaules
- Juste à côté des messages dégoulinants ? Je doute que ce soit une coïncidence !
La jeune femme prit son téléphone portable et appela Hanson
- Oui ?
- Mike ! C'est moi ! Henry et moi on a peut-être trouvé l'adresse de la potentielle maîtresse. Je vais te la donner, si tu peux rentrer ça dans la base de données et me confirmer si oui ou non il s'agit bien d'une femme d'une trentaine d'années. On n'a pas plus d'éléments que ça.
- Je m'en occupe !
Jo lui lut l'adresse et il fit rapidement ses recherches, tandis que la jeune femme tentait de ne pas regarder Henry dans les yeux. Elle sentait déjà qu'elle avait chaud alors que la température n'était pas plus inhabituelle que ça, pour un mois de septembre.
- Alors, j'ai trouvé l'adresse d'une jeune femme qui correspond à ce que tu m'as demandé – Hanson reprit le combiné après cinq petites minutes. La technologie faisait vraiment des miracles
- Ah ! Vraiment ? Tu as un nom peut-être ?
- Jennifer Gray ! 35 ans. Elle vit seule depuis cinq ans à cette adresse, avec son petit garçon.
Jo et Henry se regardèrent
- Son petit garçon ? – dirent-ils d'une seule et même voix
- Oui ! En quoi c'est important ?
Le couple se regarda longuement. Henry répondit.
- Ça ne l'est peut-être pas vraiment, mais Teresa nous a bien dit qu'elle était stérile et qu'Alberto commençait à regretter de ne pas avoir de famille donc on se demande s'il est possible que le petit garçon soit le fils d'Alberto.
Hanson savait que ces deux-là ensemble lui en demandaient beaucoup trop.
- Ça, je ne pourrais pas vous répondre. Y'a juste écrit qu'elle vit à cette adresse avec son fils et sans plus. Il va falloir que vous alliez la voir vous-même si vous voulez en savoir plus.
- On le fera Mike, mais je pense qu'à ce moment tu viendras avec nous. On a donc ce qu'il nous faut. On doit revenir au poste ?
- Oui, le lieutenant veut qu'on fasse le point.
- On se remet en route
Jo raccrocha et soupira
- Bon ! Espérons qu'on ne tournera pas trop en rond quand même. On repart.
- Alors quelle est donc cette affaire qui vous a fait partir en coup de vent, ce matin, toi et Jo ? – demanda Abe, le soir quand Henry rentra à la boutique après avoir couru toute la journée ou presque.
Après leur retour au 11, ils avaient fait le point avec Reece pour lui raconter ce qu'ils avaient appris. Dans le même temps, ils avaient tenté d'aller chez Jennifer pour avoir plus d'informations, mais le gardien de l'immeuble leur avait appris que la jeune femme avait pris quelques jours de congés avec son petit garçon et serait de retour d'ici la fin de semaine. Ils repasseraient alors à ce moment. Henry avait espoir que d'ici là, le corps d'Alberto se soit assez solidifié pour qu'il pousse ses analyses et découvre quel type de gabarit avait bien pu s'attaquer à lui.
Ils étaient également passés voir la colocataire d'Alyssa dans les alentours de midi et ils l'avaient certainement tiré du lit, mais elle avait effectivement confirmé la présence de son amie dans son lit en train de ronfler bruyamment selon elle, donc elle fut écartée de la possibilité d'être suspecte. Sauf si l'une couvrait pour l'autre, mais cela semblait tout de même un peu gros.
Quant à ce client mécontent, ils n'avaient rien pu en tirer, car ils étaient venus sans mandat ce qui leur avait valu de se faire claquer la porte au nez. Trouvant, le comportement suspect, ils étaient rapidement partis dans la foulée demander un mandat au juge, mais qui ne pourrait que leur être délivré le lendemain à 9h. Au vu du comportement du suspect, ils feraient en sorte que ce dernier traîne ses pieds au poste, pour que Reece puisse avoir connaissance du personnage.
Henry était retourné chez lui vers 20h, Jo l'avait déposé et après un long échange de regards intenses, qui aurait pu durer longtemps si aucun des deux ne reprenait ses esprits, il avait enfin fini par quitter la voiture.
- Un meurtre dans une buanderie – souffla Henry, quand il se posa pour enfin avaler quelque chose. Pour une fois, il pouvait dire qu'il mourait de faim. Bien que mourir de faim faisait partie de l'une de ses morts qu'il rentrait dans la catégorie « insolite ». Mais c'était ce qui se passait en temps de guerre.
Abe avala son thé
- Miam ! Ça a l'air appétissant.
- Tu n'as pas idée ! Le corps n'était pas en très bon état, tellement fragile que j'avais littéralement peur qu'il casse.
Abe le regarda avec un air de dégoût.
- C'était ironique, Henry !
Henry esquissa un sourire carnassier
- Je sais ! Mais j'adore te raconter les détails, tu fais toujours une de ces têtes, on dirait que tu vas rejeter ton dîner.
Abe leva les yeux au ciel
- Ouais bah méfie-toi que je ne vomisse pas sur ta tête, imbécile !
Henry n'effaça pas son sourire pour autant et mangea avec entrain, des délicieuses tomates farcies que son fils avait préparé avec tout l'amour qu'il avait pour la cuisine.
Abe déposa sa tasse et resta un instant appuyé contre le comptoir. Le silence fit lever les yeux à Henry. Il fronça des sourcils.
- Est-ce que ça va ? – demanda-t-il à Abe
Le vieil homme se retourna et fit un signe de la main
- Ça va ! N'oublie pas que moi j'ai vraiment de vieux os. Alors parfois, mon arthrite joue un peu dessus. Mais ça va.
Henry était un peu perplexe. Il n'aimait pas trop l'idée de voir son fils faire des efforts considérables à son âge. Et plus le temps passait et plus Henry flippait quant à ce qui pouvait arriver. Il n'était pas prêt à recommencer.
- Tu as eu une grosse journée à la boutique aujourd'hui ou pas ?
Abe haussa les épaules
- Pas tant que ça. Mais j'ai aidé un joli brin de femme à soulever une malle que j'ai déposé dans son coffre. Il était temps que je le vende celui-là.
Henry connaissait absolument tous les objets de la boutique, puisqu'évidemment la plupart lui avaient appartenus.
- Tu as réussi à vendre la malle en palissandre ?
Abe hocha la tête.
- Tout à fait ! Elle avait l'air toute contente de l'avoir. Si je peux rendre service.
Henry se rappelait que cette mallette venait en trois compartiments. Entreposées l'une sur l'autre, elles faisaient penser à une mini bibliothèque en escalier. Elles avaient toutes trois un poids assez considérable. Il grimaça.
- Enfin Abe, tu aurais pu demander de l'aide à quelqu'un pour t'aider à soulever ce palissandre. Tu aurais pu te briser quelque chose.
Abe avait l'habitude des lectures de son père depuis 70 ans. Il ne changerait jamais.
- C'est bon ! Arrête de te faire du souci comme ça. Je vais prendre des médicaments ce soir pour éviter une inflammation et demain matin, je serais au taquet. Ce n'est pas parce que je suis vieux que je ne peux plus rien soulever. J'ai encore toute ma force donc arrête de me prendre pour un sénile à mettre en maison de retraite.
Henry trouvait son commentaire particulièrement déplacé. Jamais il n'avait insinué une telle chose.
Le vieil homme baragouina Dieu sait quoi et disparut dans le salon.
Après avoir terminé son repas et fait la vaisselle, Henry le rejoignit et le trouva assis à lire une coupure de journal. Il s'appuya contre l'embrasure et l'observa silencieusement. Chaque jour, il se demandait pendant combien d'années encore il allait être témoin de tout ceci.
L'immortel se pinça l'arête du nez. Même si Adam était hors service pour l'instant, il trouvait encore le moyen d'être perdu bien loin dans ses pensées. Abe leva les yeux vers lui et le trouva encore trop mélancolique. Pourtant, on pouvait dire que le plus gros était passé. Enfin presque ! Maintenant il fallait passer à travers le radar d'une belle Hispanique.
- Comment s'est passée la journée avec Jo du coup ?
Henry essaya de ne pas trop repenser à ces moments où il commençait à perdre pied en la présence de la détective.
- Tout s'est bien passé ! On a fait notre travail comme on a l'habitude de le faire. Tout retourne tout doucement à la normale et j'apprécie ça.
Abe le regarda longuement. Il le jugeait de la tête aux pieds.
- Henry ! Un moment il va falloir que tu arrêtes de jouer les moules ! Tu sais parfaitement bien qu'il faut qu'elle sache la vérité.
Henry fit claquer sa langue dans sa bouche
- Je le sais ! Je me faisais la réflexion tout à l'heure ! Mais tu sais très bien ce que ce n'est pas facile de tout lui déballer.
- Personne n'a dit que ça l'était. Apprendre que tu es immortel est une épreuve, mais elle pourra le supporter. Jo est forte et compréhensive. En plus, avec le milliard d'indices que tu lui as déjà laissé pendant un an, la petite se doute de quelque chose et si tu penses le contraire, tu es un idiot.
Henry ne trouva rien à redire face à de tels arguments. Il commença à gesticuler dans tous les sens, de la même façon qu'il l'avait fait lorsqu'il tentait de protéger Jo contre Adam et qu'il avait fini par avouer à demi-mot, avoir des sentiments envers la jeune femme.
- Je pense bien qu'elle se doute de quelque chose. Elle est détective et je suis conscient de ne pas être très subtil en sa présence. Mais, j'ai toujours cette peur que…
Abe avait entendu le refrain beaucoup trop de fois dans sa vie
- Que tu revives la même chose qu'avec Nora ! Un moment faut te recycler hein. Tu disais la même chose avec Abigail et en plus je n'étais qu'un bébé quand elle a découvert ton secret et je sais que tu n'as pas arrêté de te morfondre de la sorte. Personne ne pourra être comme Nora. Jo est certainement loin d'être comme ça.
Il s'arrêta et regarda son père droit dans les yeux
- Tu sais que Jo a des similarités avec Abigail. Tu le sais parfaitement bien.
Henry grogna
- Elles sont tout de même différentes !
Abe souffla
- Oui parce que Jo est une femme moderne et qui ne se laisse pas marcher sur les pieds. Mais maman non plus ne laissait personne lui marcher dessus. Elle n'avait peut-être pas la force physique de Jo, mais elles ont toutes les deux un cœur pur et tu le sais. Tu lis les gens comme des livres. Dès que la gamine est rentrée dans ta morgue, tu l'as vu et tu as dû t'y reprendre à deux fois pour couper ton cadavre.
Henry avait raconté cette partie à Abe après sa rencontre avec la détective en septembre de l'an passé. À la minute où elle s'était présentée, Henry avait perdu toute notion de conscience et effectivement, avait dû se reprendre pour couper le cadavre. Chose qui ne lui était pas arrivée depuis qu'il était légiste. Mais quelque chose avait changé à la seconde où son regard avait croisé celui de la détective, qui pourtant à ce moment n'était pas à son plus beau fixe.
- Où est-ce que tu veux en venir ? – demanda Henry, d'un air frustré
Abe se leva et posa ses mains sur les épaules de son vieux père
- Jo mérite autant sa place dans notre famille qu'Abigail auparavant. C'est une jeune femme en qui tu peux avoir confiance. J'ai 70 ans Henry. Je sens ce genre de choses. Et ce n'est pas parce qu'une femme t'a trahi une fois, que 200 ans plus tard, une autre recommencera. Si Jo avait voulu t'enfermer, je doute qu'elle serait arrivée avec cette photo avec un air aussi tranquille. Si tu n'as pas su lire sur son visage, moi je l'ai fait. Elle acceptera ta condition. Peut être qu'il lui faudra pas mal de temps pour assimiler, mais tout ça fait partie du processus. Mais comme elle doute déjà qu'il y ait plus que ce que tu ne veux l'avouer, derrière ton histoire alors elle comprendra et elle gardera le secret.
Henry resta silencieux. Abe avait raison. Il ne pouvait pas toujours transformer chaque femme à qui il tenait en Nora bis. Personne ne pourrait jamais avoir son point de vue.
Abe rajouta
- S'il y a bien une personne parmi tout ce monde que tu côtoies, qui mérite d'être dans la confidence avec nous. C'est bien Jo. Elle est la seule sur qui tu devras t'appuyer quand…
Henry n'aimait pas la fin de sa phrase. Abe secoua la tête.
- Quand je commencerais à être vraiment trop vieux. Maintenant, ne tarde pas trop. Elle a vu la photo et elle est revenue donc il est plus que temps de lui dire. Dès que tu as un moment, fais en sorte que vous puissiez parler sans être dérangés.
Henry se retint de faire part de son commentaire, sachant que lui aussi était très bon pour les interrompre. Il n'eut pas besoin d'aller au bout de sa pensée, Abe le fit pour lui.
- Ne t'inquiète pas ! Ce jour-là, préviens-moi, j'irais faire un tour bien loin de la boutique comme ça, tu feras ce que tu veux.
Henry le regarda comme s'il avait perdu la tête
- Tu sais parfaitement bien que j'ai besoin de toi pour lui raconter
- Ce n'est pas totalement vrai ! C'est ton histoire, pas la mienne ! Si tu y tiens vraiment, tu n'auras qu'à me passer un coup de fil quand tu auras besoin de moi pour que je confirme tout ça.
Il tapota l'épaule de son père et disparu pour aller dans la salle de bain. Henry trouvait qu'il se bougeait un peu avec difficulté ces derniers temps. Il espérait réellement qu'il ne s'était pas déplacé un disque dorsal.
Il soupira et décida d'aller dans sa chambre pour utiliser la salle de bain qu'il avait pour lui. Demain serait un autre jour.
Author's note: ForeverHenry919: oh do not worry about me, if your story is having a murder in a laundromat, you can use it lol. I mean I don't own anything Forever related, so I don't mind having similar cases or so, it can happen :) we're all writers.
Au fait, j'y connais rien en espagnol. J'ai appris mais y'a longtemps donc j'ai tout oublié lol. J'utilise, j'avoue Google trad mais j'ai demandé aussi l'aide d'une amie qui est bilingue espagnole pour corriger certaines phrases donc voilà voilà ^^"
