Merci de vos reviews tout le monde ! Contente que cette histoire continue de vous plaire, malgré mon habituel sadisme *cough*. J'en veux à Abe depuis l'histoire de Paris mais je l'aime quand même ;). Bonne lecture.

PS: je me rends compte que je ne mentionne jamais mes références aux épisodes de la saison 1 *pardon*. Moi je connais par coeur mais ce n'est peut être pas le cas de tout le monde.

Donc ce chapitre, a des références à l'épisode 12: The wolves of deep Brooklyn


De leur côté, Hanson et Lucas étaient retournés au labo où ils écoutèrent le Dr Washington faire du bla-bla inutile sans jamais arriver au fait.

Son seul diagnostic sans vraiment avoir regardé le corps était la noyade, exactement ce qu'il avait sorti le jour où il avait été assigné pour cinq minutes au corps de Jason Fox, après avoir été trouvé près du East River. Heureusement, Henry était rapidement intervenu à ce moment, mais les choses n'étaient pas tout à fait les mêmes pour le coup.

Comme Henry l'avait dit, le légiste n'avait même pas pris la peine d'ouvrir le corps et avait mis une note au dossier, disant que la noyade avait été simplement accidentelle.

Hanson soupira

- Il n'a même pas pris la peine d'analyser les empreintes de cette pauvre jeune fille pour connaître son nom et son âge.

Lucas leva la main

- Ça, c'est un truc que je peux faire. Malheureusement, je n'ai pas d'autres droits. Mais elle n'est pas que morte de noyade, je le confirme.

Hanson leva les yeux au ciel

- Génial !

Lucas prit les analyses de la jeune fille et demanda alors à Hanson

- Est-ce que Jo vous a donné des nouvelles d'Abe ?

- Oui ! Il est sorti du bloc, tôt ce matin. L'opération s'est bien passée. Mais ils vont le garder encore un peu histoire de faire d'autres examens.

Lucas acquiesça

- Et comment va le doc ?

- Jo m'a dit qu'il était intenable et qu'elle l'a un peu materné pour qu'il mange et se repose. Bizarrement, il l'a écoutée. Mais il est sans doute un peu plus tranquille qu'hier soir quand Abe a eu sa crise.

Les deux amis se regardèrent et semblèrent penser exactement la même chose.

- Je me demande bien ce que Jo faisait là-bas. Henry n'a pas de téléphone donc il est sûr et certain qu'il ne l'a pas appelé en cours de route.

Lucas savait qu'Hanson était un peu naïf et n'avait jamais fait attention à la tension qu'il y avait toujours eu entre Jo et Henry. Jusqu'à récemment. Mais il semblait encore un peu hors update.

- Hanson ! Vous êtes au courant que quelque chose est en train de se passer entre Jo et le doc ?

Hanson haussa les épaules

- Je m'en suis rendu compte un peu en retard, mais je ne suis pas stupide. Je vois bien que Jo est mordue. Mais j'ai cru comprendre qu'il y avait eu quelques soucis entre eux ces dernières semaines.

Lucas ne savait pas trop exactement ce qui se passait entre le couple, mais ils n'étaient pas vraiment passés inaperçus avec leurs problèmes.

- C'était le cas ! Il faut dire qu'Henry joue un peu les idiots… Et il lui a caché beaucoup de choses.

Hanson se rappela très bien du visage de sa collègue quand elle n'avait pas été mise au courant du fait qu'Henry était à l'enterrement de la mère d'Abe, mais Lucas oui.

Abe avait plus tard confié à Lucas qu'Henry avait fait ça dans le seul but de protéger Jo par rapport au danger qui la menaçait, et tout ça suite à une conversation en cœur à cœur qu'il avait eu avec elle.

Ils auraient pu continuer de s'extasier encore longtemps sur le jeune couple, mais ce fut la principale intéressée qui arriva avec la note d'Henry en main

- Salut les gars !

Hanson et Lucas sursautèrent presque

- Jo ! mais qu'est-ce que tu fais là ? – demanda Hanson – je croyais que tu allais rester avec le doc ?

- Je vais y retourner, mais il m'a demandé de te remettre quelque chose, pour toi Lucas

Elle lui tendit le morceau de papier et Lucas le parcourut et Jo crut voir son visage s'illuminer comme un sapin de Noël.

- Sérieux ? Le doc me donne l'autorisation d'ouvrir le corps ?

Jo acquiesça non sans un petit sourire rêveur, qui n'échappa pas à Hanson. Lucas se retint de faire la danse de la pluie.

- Mais c'est dément ! On va peut-être trouver les causes de la mort autre que la noyade. Je ne suis pas aussi bon qu'Henry, mais je ferais de mon mieux.

- Tu pourras t'en sortir Lucas, il te fait confiance.

Lucas sourit et finit par avoir un match pour les analyses de la jeune femme.

- Ça y est ! J'ai son nom ! Amber Crescent ! 25 ans ! Pour le reste des informations, ça sera à la NYPD de rentrer son nom.

Hanson fit un pas, mais Jo le devança

- Je m'en occupe ! Je remonte, donc je fais les recherches et je vous envoie un texto pour vous dire qui elle est et ce qu'elle faisait. En attendant, je te laisse ouvrir le corps Lucas et fais ça délicatement. Mike, si tu pouvais chercher des infos auprès de la piscine pour savoir s'ils la connaissaient bien.

Avant de repartir, elle demanda à Lucas

- Est-ce qu'on sait vers quelle heure elle est morte ?

Lucas secoua la tête

- Son corps était immergé dans l'eau. Ses poumons en sont remplis. Je ne peux pas encore définir l'heure de la mort, tout comme un corps brûlé, mais j'y travaillerais.

Jo sourit

- Une chose à la fois ! Tu dois déjà faire ce que généralement Henry fait alors ne te met pas trop la pression ! À plus tard !

Hanson la regarda partir et regarda Lucas

- Bon ! Je vais retourner à la piscine ! Surveillez votre téléphone si Jo envoie des informations sinon je vous ferais le topo quand je reviendrais.

- Pas de soucis !

En menant ses recherches, Jo avait appris qu'Amber était étudiante en master d'éducation physique dans un des campus de Manhattan. Elle vivait dans un appartement à Brooklyn.

En regardant longuement l'écran, Jo s'en voulait légèrement de laisser Mike se farcir tout le travail. Il devait retourner à la piscine et certainement refaire la route jusqu'à Brooklyn par la suite, pour interroger le copain de la jeune fille.

Elle tapota deux trois choses dans son poste informatique et trouva que le copain de la jeune fille travaillait dans une épicerie pas très loin de leur appartement. Elle soupira et nota l'adresse sur son GPS. Elle avait promis à Henry de repasser, mais son côté détective était requis.

Reece l'aperçut et l'intercepta quand elle s'apprêta à rebrousser chemin.

- Martinez ! Comment va Abe ?

- Il va mieux ! Ils le gardent encore, on ne sait pas pour combien de temps, mais Henry s'excuse de ne pas pouvoir participer à cette affaire pour l'instant. Il n'a pas la tête à ça.

Reece ne reprochait rien à personne. Elle pouvait le comprendre.

- Je sais ! On espère tous qu'Abe sera sur pied rapidement donc on ne peut pas en vouloir à Henry. Surtout que ce pauvre Abe, cela fait beaucoup pour lui ces derniers temps.

Jo approuva. Après avoir appris comment avait fini sa mère et maintenant ceci… Sa mère… Jo se demandait si…

Reece interrompit le cours de ses pensées

- Est-ce que vous y retournez ?

Jo ne comprit pas

- À l'hôpital ? Je ne me trompe pas en disant que vous n'avez pas quitté ni Henry ni Abe cette nuit, n'est ce pas ?

Son expression devrait grandement la trahir, car elle n'arrivait pas à garder un air parfaitement sceptique. Elle mit une mèche de ses cheveux derrière ses oreilles

- Euh oui. Je, effectivement. Et j'avais dit à Henry que je reviendrais, mais ça a l'air qu'on a beaucoup à faire. J'ai cherché le nom de la victime. Lucas est presque sûr que ce n'est pas accidentel.

Reece ne faisait pas confiance au Dr Washington donc rien ne l'étonnait

- Je n'ai jamais cru un mot de ce que Washington m'a dit alors je ne suis pas surprise qu'il puisse s'agir d'un homicide. Donc, quels sont vos plans ?

- Notre victime vivait à Brooklyn. Mike va faire un tour à la piscine, pour prendre d'autres renseignements vis-à-vis de ses habitudes, s'il la connaissait ou pas. Moi, je vais interroger son copain et on avisera par la suite.

Reece n'aimait pas trop l'idée de savoir que Jo irait toute seule sur le terrain. Pas qu'elle était spécialement rassurée lorsqu'elle y allait avec Henry parce que ce dernier n'était pas armé, mais il était un bon complètement pour Jo.

Jo leva les yeux au ciel

- Lieutenant, je suis détective ! Je peux me débrouiller. Ce n'est que pour poser des questions.

- Je le sais Jo ! Mais comme vous avez eu une nuit assez mouvementée, vous n'êtes sans doute pas au top de votre forme. Soyez prudente.

Jo hocha la tête

- Je le serais !

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- Mais qu'est-ce que vous faites ? – demanda le Dr Washington quand il revint à la morgue quelques minutes plus tard, pour retrouver le corps déjà découpé en partie.

Lucas manqua de mal cisailler le thorax de la jeune femme, avec le sursaut que le légiste venait de lui faire faire

- Je fais ce que vous ne savez pas faire. Je pratique une autopsie !

Le Dr Washington semblait particulièrement offensé qu'on touche à un corps dont il venait de donner une cause de la mort.

- J'ai déjà dit que les assistants-légistes ne sont que des enfants pourris gâtés ! Vous n'avez pas la compétence de pratiquer une autopsie.

Lucas l'empêcha d'attraper le scalpel

- Vous avez plutôt intérêt à faire gaffe que je ne vous découpe pas par erreur docteur, ça serait tragique !

- Personne ne vous a autorisé à faire ça !

Le ton commençait à monter entre les deux hommes ce qui leur valut de nombreux regards des personnes présentes.

- Le Dr Morgan m'a donné l'autorisation.

Le Dr Washington croisa ses bras

- Ah oui ? Eh bien, comment aurait-il pu ? À ce que je sache, il n'est pas là n'est-ce pas ?

Lucas déposa le scalpel et lui montra l'autorisation écrite d'Henry. Personne n'était capable de reproduire son écriture alors ça ne pouvait être qu'authentique.

Mais le Dr Washington n'était pas convaincu. Il s'apprêtait à rajouter quelque chose de cinglant lorsque Reece débarqua dans la morgue, car elle avait été avisée de ce qui se passait en bas.

Elle dit d'une voix forte

- Que se passe-t-il ici ?

Lucas pointa le Dr Washington

- Ce mec est une véritable catastrophe ! Il ne mérite même pas de travailler avec l'OCME. Nous avons une victime de meurtre et il prend ça à la légère. De plus, Henry m'a donné son autorisation écrite pour ouvrir le corps.

Reece lut l'autorisation et regarda le Dr Washington de travers

- Le Dr Morgan est le légiste officiel de notre commissariat

- Mais…

Reece leva une main

- Lorsqu'il donne un ordre ou une autorisation à Lucas ou n'importe qui de l'OCME, vous obéissez et il n'y a rien que vous pouvez y redire ! Continuez Lucas et rapportez-moi des résultats.

Lucas fut satisfait et tira la langue au Dr Washington avant de retourner sur le corps.

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De son côté, Jo était sortie pour retrouver sa voiture et vit Hanson qui était appuyé contre. Elle haussa un sourcil.

- Qu'est-ce que tu fais là ?

- Je t'ai entendu dire que tu voulais aller à Brooklyn même si ça ne t'enchante pas de laisser Henry tout seul. Peut-être qu'à nous deux on couvrira plus de terrain et ça nous fera économiser de prendre une seule voiture. Je comptais passer à la piscine avant, si tu veux m'accompagner pour rendre les choses plus faciles ?

Jo se mordilla l'intérieur de la lèvre. Elle suspectait que Reece lui ait soufflé que sa jeune collègue irait seule pour interroger le petit copain de la victime.

Elle souffla

- Okay ! De toute façon, je n'ai rien de mieux à faire. On pourra mettre nos informations en commun par la suite.

Hanson semblait ravi d'entendre de tels dires et ils se rendirent en premier lieu à la piscine.

Cette dernière était banalisée et serait fermée pour la journée pour laisser le temps aux enquêteurs de faire le tour et essayer de comprendre ce qui avait bien pu se passer.

Hanson et Jo présentèrent leurs badges et discutèrent en premier lieu avec les personnes de l'accueil.

- Bonjour ! NYPD ! Je suis le détective Hanson et voici ma partenaire, la détective Martinez. On aimerait vous poser quelques questions au sujet de la jeune fille qui a été retrouvée ce matin.

La réceptionniste hocha lentement la tête.

- Est-ce que vous savez si elle venait souvent ? – demanda Jo

- Oui ! Elle venait presque tous les jours de la semaine. Elle n'était pas là le week-end. D'après ce que j'ai compris, elle s'entraînait pour une compétition ou quelque chose comme ça.

Jo prit le tout en notes et Hanson continua

- Vous savez si elle venait nager seule ou accompagner ? Si jamais elle a eu une altercation avec quelqu'un récemment ?

La réceptionniste haussa des épaules

- Je ne sais pas du tout ! Je ne fais que rester ici presque toute la soirée ou la journée, dépendant de mes heures donc je ne saurais dire si elle avait des ennuis. Mais vous devriez vous renseigner avec les maîtres-nageurs, ils la connaissaient bien. Ils répondront sans doute mieux à vos questions.

Jo et Hanson la remercièrent et passèrent les vestiaires pour aller interroger les maîtres-nageurs qui semblaient tous perplexes. Pour ce matin, ils étaient deux, donc Hanson et Jo en prirent un chacun à part.

Jo s'avança vers un homme un peu trop bodybuildé à son goût. S'ils avaient eu une idée du gabarit du présumé meurtrier, il aurait pu être pris pour suspect.

Elle montra son badge en avançant vers lui

- NYPD, détective Martinez ! J'ai quelques questions à vous poser sur Amber, la jeune fille qui a été retrouvée ce matin.

Le maître-nageur croisa ses bras et l'invita donc à prendre place pour y répondre

- Je m'appelle Stephen ! Je connaissais bien Amber et c'est vraiment terrible qu'elle ait fini en faisant ce qu'elle aimait.

Jo ne comprenait trop ce qu'il voulait dire par là. De plus, elle n'avait pas encore précisé la façon dont elle était morte. Elle ne pouvait s'avancer tant que Lucas n'avait pas obtenu les résultats convoités.

- Vous savez, on n'est pas certains que ce soit accidentel. Un des assistants-légistes effectue en ce moment même des analyses et sera en mesure de nous dire si oui ou non elle s'est noyée ou bien quelqu'un a fait en sorte que.

Stephen la regarda longuement

- Vous pensez que c'est un meurtre ?

Jo mâchouilla le bout de son stylo, en jetant un regard en biais à son collègue qui avait l'air aussi avancé qu'elle.

- On ne sait pas encore ! C'est pourquoi on fait des analyses. Mais vous venez de me dire que vous la connaissiez bien. Avait-elle des soucis particuliers avec quelqu'un ? Nageait-elle toute seule ?

- Elle venait ici vers 21h et repartait vers 23h tous les jours. Du lundi au vendredi. J'étais un de ces coachs, mais un moment, je ne servais plus à grand-chose tellement elle était douée.

Jo continua de noter les informations sur son calepin

- La réceptionniste nous a dit qu'elle s'entraînait pour une compétition ou quelque chose dans le genre !

- C'est vrai ! Avec son talent, elle avait été approchée pour participer aux prochains Jeux olympiques et depuis elle n'avait que cette idée en tête. C'est sûr que ça aurait fait bien joli dans son CV.

Henry avait toujours dit à Jo que lorsqu'une victime était retrouvée noyée, il était difficile d'établir une cause réelle de la mort, à part l'évidence. L'eau retirait toute empreinte qui pouvait être laissée et à cause de l'accumulation dans les poumons, parfois cela pouvait prendre plusieurs jours avant de trouver un indice et parfois, cela ne marchait pas toujours. Tout dépendait de comment la mort était arrivée.

Pour Jason Fox, cela avait été plutôt facile pour Henry, vu que le jeune homme avait été d'abord frappé violemment à la tête par une bouteille en verre et il était tombé dans l'eau. L'hématome étant resté, Henry avait rapidement établi la cause de la mort.

- Et est-ce qu'elle s'entraînait toute seule ici ?

Stephen secoua la tête négativement

- Elle n'était pas la seule qui voulait participer aux J.O. Donc, il y a deux autres jeunes filles qui s'entraînaient. Avec mon collègue à côté. Mais il était formel. Amber était la meilleure.

Voilà peut-être une raison. La jalousie de deux autres concurrentes. Il fallait sans doute aller les interroger une fois que le copain serait mis au courant de qui était arrivé à Amber.

- Est-ce que je pourrais avoir leurs noms ? Cela m'intrigue fortement et je pense qu'elles pourraient être de bonnes suspectes.

- Bien sûr ! Daisy Garcia et Madison Cooper. Elles ont le même âge qu'Amber. Et d'après ce que je sais, toutes les trois se connaissaient en dehors de la compétition. Je pense qu'elles faisaient le même programme.

Jo ajouta tout ceci à la longue liste d'éléments qu'ils avaient déjà.

- Merci Stephen ! On repassera sans doute si on a d'autres questions.

- Pas de problèmes !

Jo et Hanson se concertèrent après leurs interrogations

- Alors ? Qu'est ce qu'on t'a dit ? – demanda Jo

- Qu'Amber se préparait pour les J.O et que possiblement, les autres concurrentes auraient pu être jalouses de son succès.

- C'est ce qu'on m'a dit aussi ! Il va falloir aller les interroger, mais d'abord nous devons passer à Brooklyn.

- Effectivement ! Dave, l'autre maître-nageur, m'a aussi dit que parfois une crampe ou une perte d'hypoglycémie pouvait amener une personne à se noyer, quand même bien cela fait partie de sa vie. Il m'a avoué qu'Amber évitait de se nourrir de choses style glucides. Elle privilégiait beaucoup plus les protéines et les lipides et on sait que les sportifs ont besoin de beaucoup plus de glucides que nous.

Jo trouva ceci bizarre. Comment quelqu'un qui faisait du sport pouvait faire l'impasse sur un repas complet ? Décidément, elle ne comprendrait jamais rien à cette nouvelle génération. Et pourtant, elle était à peine plus vieille qu'eux.

- Elle avait peut-être des intolérances ? – suggéra-t-elle

Hanson haussa des épaules

- Franchement, je ne pourrais pas te dire ! Lucas a raison, Henry n'est jamais là quand on a besoin de lui. Espérons sincèrement qu'Abe sera vite sur pied, parce que tu sais aussi bien que moi, qu'on n'arrivera à rien sans lui.

Jo savait qu'il avait raison et elle ne voulait réellement pas déranger Henry. Pour l'instant, il ne serait pas en mesure d'effectuer d'autopsie sans penser à Abe. Elle savait qu'il pouvait rester professionnel, elle avait bien vu comment il avait tenté de lutter contre ses propres démons au moment où il avait fait la découverte du corps de la maman d'Abe, mais cette fois, ce n'était pas pareil. Abe était en vie et il ne voulait pas risquer qu'une complication avec l'opération ou la convalescence. Il était donc compréhensible que le légiste reste aux côtés de l'homme qui l'avait élevé depuis toujours ou presque.


À l'hôpital

Les infirmiers avaient fait d'autres examens complémentaires et avaient fourni une liste de médicaments à Henry, qu'Abe devait prendre et suivre le traitement le plus précisément possible et tel que la prescription l'indiquait.

Henry savait qu'il allait rentrer en mode « père », mais il allait devoir surveiller son grand garçon de 70 ans pour être certain que matin et soir il prenait bien ses médicaments et qu'il le faisait pendant la durée que la prescription indiquait.

Henry continuait de tenir compagnie à son fils et restait près de son lit à veiller sur lui tout comme un père aimant le ferait avec son enfant.

Abe avait eu une autre dose de morphine, car les douleurs de l'opération lui faisaient quelque peu souffrir. Après avoir bavardé et avoir eu les visites d'infirmiers, la morphine l'ayant mis K.O, il faisait un petit somme depuis un peu plus d'une heure maintenant et Henry n'avait pas bougé de la chambre.

Qui pouvait croire que près de 70 ans plus tard, il se retrouvait encore à chouchouter son fils de la même manière qu'il le faisait alors qu'il n'était qu'un enfant

Flash-back : 1957

C'était le beau milieu de l'hiver. Et un hiver rude qui s'abattait sur la Grande Pomme. Il avait fait si froid qu'Henry et Abigail avaient dû acheter un triple isolant pour toutes les fenêtres de l'appartement. Le chauffage tournait en continu ainsi que la cheminée du salon.

Chacun avait hâte de voir cette vague de froid se terminer au plus vite, pour enfin profiter d'avoir un peu de vitamine D.

C'était donc également la mauvaise période à l'école. Beaucoup d'enfants étaient fragiles et tombaient malades. Il y en avait pour tous les goûts. Entre les diarrhées, les gastros et la simple grippe, Henry avait l'impression de voir un défilé chez lui pendant tout l'hiver. Abe avait raconté à tout le monde que son père était médecin et qu'il ne faisait pas payer la consultation. Ce qui était vrai puisque de toute façon il avait arrêté la profession depuis peu, alors il n'exerçait plus en cabinet ni à l'hôpital. Il cherchait une reconversion, mais de ce fait, il acceptait de recevoir des voisins ou des amis d'Abe pour les soigner sans les charger, mais les trois quarts du temps, les parents lui donnaient quand même quelque chose, car les temps étaient durs et ils lui répétaient que tout le monde avait besoin de gagner son pain.

De ce fait avec presque tous ses camarades tombés malades, Abe n'avait pu passer à côté et il était un enfant très solide, qui avait un très bon système immunitaire. Depuis qu'il était bébé, ni Henry ni Abigail ne se souvenait l'avoir beaucoup soigné.

Mais cette année-là avait été terrible pour les plus jeunes et les personnes âgées notamment. Abe était resté cloué au lit pendant environ trois jours avant de pouvoir retourner à l'école. Henry et Abigail s'étaient tous les deux mis en congés pour rester à ses côtés.

Henry prenait grandement soin de son fils et lui apportait de la soupe à chaque dîner. Abe avait eu une forte angine, ce qui était tout de même moins pire que ses camarades, mais il en avait souffert et ne pouvait rien avaler sauf tout ce qui était liquide. Pour le petit déjeuner, Abigail lui préparait un bon bol de lait chaud avec quelques gouttes de miel et une petite saveur dont personne n'en avait jamais rien su, mais elle disait que cela soulageait les brûlures de la gorge. Et elle n'avait pas tort. Henry avait également donné à son fils quelques médicaments pour soulager l'irritation. Il avait eu pas mal de fièvre.

Un jour, il était rentré dans la chambre et avait trouvé Abe, encore en train de somnoler. C'était presque l'heure du dîner et Abigail était dans la cuisine en train de préparer la soupe.

Henry rentra délicatement dans la chambre de son fils et posa sa main sur son front. Sa fièvre était un peu tombée, mais pas assez pour lui permettre de se lever.

En sentant une main familière, Abe ouvrit les yeux

- Papa !

Henry lui sourit

- Comment tu te sens ce soir ?

Abe haussa des épaules

- Ma gorge me brûle toujours ! Mais je me sens moins faible que ces deux derniers jours.

- Tu es en voie de guérison et tu as de la chance d'avoir des parents médecins.

Cela arracha un faible sourire sur les lèvres de son fils. Henry sentait quand même en lui une certaine mélancolie.

- Quelque chose te tracasse ?

Abe perdit son regard dans le vide et regarda les posters de sa chambre

- Je ne sais pas ! On est beaucoup à être tombés malades cette année ! Il fait tellement froid ! Je sais que certains de mes camarades ont dû passer une semaine à l'hôpital. J'espère qu'ils iront bien.

Henry pouvait parfaitement comprendre son inquiétude. Il était vrai que cela faisait beaucoup d'enfants malades, mais le temps n'aidait vraiment pas. Et à cette époque, il était facile d'attraper n'importe quelle maladie.

Il frotta doucement le front de son fils

- Ne t'inquiète pas Abe ! Tout le monde sera soigné et remis sur pied très rapidement. Comme tu l'as dit, il fait très froid donc ça n'aide pas, mais certains sont plus fragiles que d'autres et un séjour à l'hôpital est recommandé. Ta mère y a fait un tour hier et elle m'a dit que tous ceux qui y sont sont aux petits soins. Donc, ne t'en fais pas pour ça.

Abe acquiesça

- Je sais qu'on ne vit pas les temps les plus faciles, papa ! Et j'espère avoir encore longtemps à vivre sans qu'une maladie ne m'attrape.

Henry se disait si lui-même avait réussi à vivre jusqu'à 35 ans et encore, juste parce qu'il avait trouvé le moyen de se faire tuer, son fils connaîtrait sans aucun doute l'an 2000 et lui avec, mais son histoire était différente de tous les êtres humains.

Il lui secoua rapidement la main

- Tu es un Morgan, Abraham et dans la famille, nous sommes forts. De toute façon, tu pourras toujours compter sur ta mère et moi pour t'apporter les soins nécessaires.

Abe sourit et ce fut sur une étreinte entre père et fils que ce moment se termina.

- D'où tu sors ces vêtements ?

Henry sursauta ! Abe s'était réveillé depuis une dizaine de minutes et l'observait être dans la lune.

- Euh. C'est Jo. Elle me les a ramenés !

Abe haussa un sourcil

- Jo t'a ramené des vêtements qui ne sont pas les tiens ?

Henry acquiesça

- Et tu les as mis sans broncher ?

- Enfin, je ne suis pas mal élevé. Ce sont des vêtements qui ont appartenus à son mari. Je n'allais pas jouer les rabat-joie.

Abe n'en croyait pas un mot. Henry était bien trop maniaque. Il s'éleva un peu pour se caler dans les coussins.

- Et où est-elle ?

- Elle est retournée au 11. Il y a une affaire. Elle ne voulait pas me laisser, mais je lui ai dit qu'elle pouvait. Ça doit bien faire plus d'une heure qu'elle est partie donc à mon avis, elle ne reviendra pas de sitôt s'ils ont besoin de ses services.

Abe regarda longuement son père et croisa ses bras

- Et je peux savoir ce que tu fais là ?

Henry se sentit offensé

- Comment ça ce que je fais là ? Enfin Abe, il faut bien quelqu'un pour veiller sur toi.

Le jeune Morgan leva les yeux au ciel

- L'opération est passée ! Je vais bien ! Les infirmiers vont prendre soin de moi. Et d'ici demain je serais sans doute dehors donc ne les mets pas en difficulté. Va les rejoindre.

Henry secoua la tête

- Je suis certain qu'ils peuvent s'en sortir sans moi. J'ai donné mon autorisation pour que Lucas puisse ouvrir le corps. Il s'est beaucoup amélioré cette année et il réussira à trouver ce dont ils ont besoin. Et je suis certain que ni Hanson ni Jo ne sont en train de chômer donc j'ai confiance. Je les rejoindrais si nécessaire demain, mais seulement si tu sors.

Abe trouvait son argument stupide.

- Tu ne vas pas toujours me couver Henry ! Tu as un travail.

- J'en suis conscient et ils savent très bien que je suis avec toi ! Ils s'en sortiront.

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- C'est un véritable enfer – s'énerva Lucas en passant ses mains dans ses cheveux, à deux doigts de se les arracher.

- Qu'est-ce qui se passe ? – demanda Jo qui revint dans la morgue avec Hanson sur ses talons, après leur virée à Brooklyn.

Lucas commençait à comprendre pourquoi Henry était toujours au bord de la crise de nerfs par moment.

- Je suis perdu !

Hanson le regarda comme un extra-terrestre

- Quoi perdu ? Soyez un peu plus précis.

Lucas soupira

- J'ai ouvert le corps ! J'étais excité. Une fois que j'ai vidé l'eau dans ses poumons, je suis parvenu à trouver quelque chose d'intéressant. Une espèce de liquide mauve qui revient souvent dans nos affaires. Donc j'ai pensé que c'était du poison. Notamment celui qui provient des fleurs comme des violettes.

Hanson et Jo se regardèrent.

- Des violettes ? – répéta Jo – alors que c'est bientôt l'automne ?

Lucas acquiesça

- Je sais ! Mais certaines personnes les cultivent et on ne sait pas où notre victime a traîné.

- Donc ? – demanda Hanson qui commençait à perdre patience

- Une substance est ressortie et j'allais émettre le diagnostic que la cause de la mort était donc l'empoisonnement à la fleur de violette mais lorsque j'ai déposé l'échantillon dans un entonnoir, il ne s'est rien passé et j'ai compris que ce n'était pas la cause.

Jo et Hanson avaient un peu de mal à le suivre. Si autant Henry se perdait dans ses explications au moins il faisait du sens. Ce qui n'était pas tout à fait le cas de Lucas.

- Je ne comprends pas – affirma Jo – qu'est-ce que tu veux dire par là ?

- Le poison mousse – répondit-il simplement

Cela n'avança guère les deux détectives.

- Bon Lucas, arrête de te la jouer Henry ! Un moment, j'ai encore du mal à comprendre le bonhomme donc il va falloir que tu nous décodes tout ça.

Lucas leva les yeux au ciel

- Le poison, peu importe sa nature, quand il se retrouve dans le corps humain et qu'il en ressort est sous forme de mousse.

Jo se rappelait de ceci. Dans toutes premières minutes où elle était rentrée dans la morgue, Henry s'était amusé à faire pendouiller une mousse de poison sous son nez, comme si c'était le truc le plus beau au monde. Elle avait failli en rejeter le café qu'elle avait bu sur la route.

- Effectivement ! C'est ainsi que la victime de notre toute première affaire avec Henry, est morte. L'aconit était de la mousse. J'aurais dû y penser.

Elle regarda Lucas

- Alors quoi ? Tu as une idée de ce qui aurait pu provoquer la noyade ?

Lucas resta à regarder le cadavre et soupira

- Je n'en ai aucune idée ! Il n'y a qu'Henry pour nous aider.

Les deux hommes regardèrent Jo. Elle secoua la tête.

- Henry nous rejoindra seulement quand Abe sortira. Peut-être demain, mais en attendant, on ne peut se reposer sur nos lauriers.

Ils savaient que la jeune femme avait raison, mais il fallait reconnaître que le travail était tout de même plus efficace avec l'expert avec eux.

Lucas leur demanda

- Qu'est-ce que vous avez appris alors ?

Hanson répondit

- On est partis rendre visite au petit copain d'Amber. En plein sur son lieu de travail et on l'a un peu perturbé en apprenant la mort de sa copine. Il était bouleversé et pas sûr que son boss ne le renvoie pas chez lui après tout ça. Mais il a été en mesure de nous parler.

- Il nous a confirmé que ce que les maîtres-nageurs nous ont dit quand on est parti à la piscine. Qu'Amber s'entraînait toute la semaine et qu'elle faisait un master en éducation physique pour être professeur ! Il nous a dit que faire partie des Jeux olympiques aurait été une chance qu'elle aurait pu mettre en avant par la suite, envers les élèves qu'elle aurait eus. Bref, il nous a raconté qu'en général elle n'avait pas de problèmes particuliers, mais que la compétition peut être rude dans ce milieu et il nous a mentionné Daisy et Madison, les deux filles qui s'entraînaient avec Amber.

Elle laissa Mike continuer

- Mais il nous a aussi dit qu'elle avait déjà eu un problème avec un coach avant qu'il ne soit viré. Il aurait tenté de lui faire des attouchements et tout un tas d'autres trucs qu'on aurait préféré ne pas entendre. Elle en avait parlé à Steve, donc son copain et ils lui avaient tendu un piège pour prouver ceci auprès de l'établissement et il s'est fait viré et apparemment il n'aurait pas apprécié.

Lucas acquiesça

- Il a proféré des menaces ?

- C'est ce que Steve a sous-entendu. Il va falloir payer une visite à ce monsieur. En plus des deux concurrentes.

L'affaire n'était pas énorme et pourtant ils avaient l'impression qu'ils avaient encore plus de suspects que de gens innocents.

Lucas regarda le corps de la victime d'un air désolé.

- Je vais tenter de voir si j'en tire quelque chose, mais je ne parviens pas à déterminer exactement ce qui l'a tué. La noyade n'a été mise là que pour masquer, mais il est certain que ce n'est pas accidentel.

Jo lui tapota l'épaule

- On a tous un peu de mal lorsqu'on fait notre travail sans Henry, mais ne t'inquiètes pas, on va faire ce qu'on peut aussi de notre côté.


Author's note: J'ai une petite question à vous poser. En fait, je suis très très avancée dans cette histoire (je vous fait le topo j'ai écrit 536 pages en un mois seulement, donc pour vous dire que je suis inspirée), donc plutôt que de vous faire poireauter toutes les semaines pour des morceaux d'un même chapitre, je me demandais, est ce que vous aimeriez que je poste deux fois ? (lundi et vendredi) ou juste à toutes les semaines comme je le fais ? Parce que franchement pour le moment, ça ne risque pas de me déranger vu comment je suis loin dans mon écriture. Donc vous me dites ça et en fonction de ce que j'ai comme réponses, possible qu'il y ait un autre chapitre en fin de semaine :). (j'imagine déjà les réponses mais bon, je demande quand même :p) et comme bientôt je vais avoir des examens et que je ne vais pas pouvoir écrire, je ne voudrais pas vous laisser sans rien sachant que je suis avancée. Bref, je parle trop mais dites moi :).