Merci de vos reviews. Comme prévu je poste deux fois dans la semaine. J'espère que ce chapitre vous plaira et qu'il ne jouera pas trop avec vos nerfs.


Après les deux interviews et la participation active des deux maîtres-nageurs qui ne possédaient pas de monoxyde chez eux, ce qui était tant mieux, Jo et Henry s'arrêtèrent rapidement dans un petit restaurant pour manger et repartirent en début d'après-midi pour aller interroger Madison et Daisy qui habitaient dans le Queens.

Ils furent chanceux lorsqu'ils arrivèrent près de l'immeuble et qu'ils virent les deux filles marcher ensemble.

- Daisy Garcia, Madison Cooper ?

Les deux jeunes filles acquiescèrent. Jo montra son badge.

- Détective Martinez ! NYPD ! Voici le docteur Morgan ! Nous aurions quelques questions à vous poser, c'est au sujet d'Amber, votre concurrente directe pour les J.O.

Les deux filles se regardèrent et acceptèrent de répondre aux questions. Les quatre s'étaient dirigés dans le petit square juste en face de l'immeuble où vivaient les deux jeunes filles.

- On ne savait pas qu'elle était morte – souffla Madison – et noyée en plus

Henry leva les yeux au ciel

- Elle n'a pas été spécialement noyée ! La personne qui a commis ce crime l'a d'abord asphyxiée avec du monoxyde de carbone.

Les deux filles semblaient assez afférées de la manière dont leur concurrente avait été tuée.

Jo reprit

- Les maîtres-nageurs nous ont dit que vous étiez en compétition avec Amber. Ce qui peut se comprendre si elle avait déjà sa place aux J.O et vous deux non.

- Ce qui peut être un bon motif pour meurtre – ajouta Henry, d'une voix calme

Madison et Daisy s'échangèrent un regard comme si c'était l'idée la plus stupide qu'elles avaient entendue

- Attendez ! C'est terrible, on est d'accord ! Mais Amber était avant tout notre amie ! On savait qu'elle allait certainement faire partie des J.O et nous non, mais au contraire, on était contentes pour elle. – expliqua Daisy

- C'est vrai – affirma Madison -, on reconnaît que sur le coup, ça nous a pas mal emmerdées ! Mais par la suite, on a compris qu'avec son talent, elle le méritait. Tout simplement. On ne serait pas tombées aussi bas. Daisy et moi, on continuera de s'entraîner plus fort.

Henry les regarda. Il n'arrivait pas à savoir si elles jouaient la comédie ou pas.

- Mais sachant qu'Amber est hors liste maintenant, cela vous laisse la place à l'une de vous deux.

- Et vous n'allez pas vous entretuer pour ça ? N'est-ce pas ? – demanda Jo, avec un petit sourire en coin

Madison et Daisy se sentirent vraiment offensées

- Sérieusement ! On vous l'a dit, on ne l'a pas tué !

- Il faudra qu'on s'en assure – coupa Jo – où étiez-vous dans la nuit de vendredi à samedi entre 20h et minuit ?

Daisy répondit

- On était à la bibliothèque de l'université ! On avait examen le lendemain au cas où vous n'étiez pas au courant ! Il fallait qu'on rattrape. Vous pouvez vous en assurer auprès de la bibliothécaire. On a donné nos cartes étudiantes, parce qu'après 20h, seuls les étudiants peuvent rester. Il y avait également des gardes de sécurité. On vous assure, on n'a rien à voir dans le meurtre d'Amber.

Jo et Henry se regardèrent. Ils leur donnèrent l'autorisation de partir et Jo ne perdit pas de temps pour appeler l'université. Henry la regarda.

- On est dimanche Jo ! Je doute que quelqu'un te réponde.

Elle haussa des épaules

- La bibliothèque reste ouverte jusqu'en fin d'après-midi.

Elle avait dû s'y reprendre en trois fois, mais elle avait fini par avoir quelqu'un qui lui confirma la présence des deux jeunes filles le soir du meurtre. Alibi confirmé. Il fallait encore chercher.

- Bon ! Je sais que Steve, le copain d'Amber, travaille ce soir donc on ne pourra pas l'interroger de suite ! On reviendra demain ! Je te propose qu'on repasse au 11. Tu pourras peut-être nous dire si oui ou non Amber avait des intolérances.

Henry la dévisagea

- Quoi ?

- Même si elle en avait, ça ne changera rien au diagnostic. Elle n'est pas morte noyée comme tout le monde semble le penser.

Jo gloussa

- Je ne dis pas que ton diagnostic est faux docteur ! Je te crois toi plus que n'importe qui d'autre. Mais je pense que c'est tout de même une piste à explorer. Les maîtres-nageurs nous ont dit que ce manque de glucides pouvait provoquer des crampes et mener à la noyade, mais je ne me doute bien que ce n'est pas aussi simple.

Henry lui donna un coup d'épaule

- Il n'a pas tort, mais j'aurais souhaité que ce soit beaucoup plus facile que ça.

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- Effectivement, elle avait des intolérances – confirma Henry, une fois qu'ils furent de retour au labo.

Hanson qui venait de débarquer dans la morgue haussa un sourcil

- Comment vous avez pu trouver ça ?

Jo secoua la tête

- Mike, depuis le temps tu ne sais pas que tu t'adresses à un professionnel ?

Il haussa des épaules

- J'ai le droit de me poser des questions.

Henry sourit

- Vous avez bien raison détective ! Et pour répondre à votre question, ce sont les différentes plaques qu'elle avait tout le long de son corps. J'ai aussi fait une radio et effectivement, l'intolérance au glucide est ressortie. Donc, si je n'étais pas certain qu'elle avait été tuée par le monoxyde de carbone en premier lieu, la noyade accidentelle aurait pu être considérée parce qu'après trop d'efforts sans glucide, son corps aurait très bien pu l'abandonner.

Hanson sentait qu'il dormirait moins bête le soir

- Merci de l'éclaircissement doc ! Vous avez obtenu des infos avec vos visites ?

Jo répondit

- Pas le moins du monde ! Ce Don, est un véritable enfoiré ! Henry et moi on l'a haussé en suspect numéro un. Demain, on va aller parler à Steve et on verra bien s'il nous dit quelque chose de nouveau ou si peut-être on peut remarquer quelque chose dans l'appartement.

Henry resta un instant à regarder le corps d'Amber. Jo sut que quelque chose le tracassait.

- Qu'est ce qu'il y a ?

- Le monoxyde de carbone n'agit pas de suite. Il commence par des vomissements, de la fièvre et tout un tas de symptômes qui peuvent faire penser à une simple grippe. Je suis en train de me demander… Si Amber a présenté des signes, comment a-t-elle eu la force d'aller à la piscine ?

Jo put parfaitement répondre à cette question

- Certaines personnes sont ambitieuses jusqu'au bout ! Moi je sais que si je suis malade, même avec 40 de fièvre, je viens quand même.

Hanson souffla

- Je confirme ! Elle l'a déjà fait y'a quelques années et elle a dégobillé sur le suspect. Le lieutenant à cette époque n'a même pas perdu de temps pour la consigner chez elle pour deux jours !

Jo se gratta nerveusement la tête tandis qu'ils entendirent un fou rire de la part de Lucas. La petite Jo si calme qui se mettait à vomir sur le suspect, cela avait dû être assez épique.

- Ça va ! C'était déjà assez embarrassant comme ça. Mais en plus, il était le coupable alors franchement, j'ai rendu service à tout le monde !

Henry ne put s'empêcher de rire également ! Il aimait entendre de telles anecdotes, surtout quand il s'agissait de Jo.

- Vu de cet angle-là – céda Henry –, mais il va tout de même falloir demander à son copain ce qu'il en était de sa santé les derniers jours et pourquoi il n'a pas appelé une ambulance ou un médecin pour l'examiner.

Jo se frotta le menton

- Tu crois qu'il pourrait également être au top des suspects ?

- On ne pourra que s'en assurer demain ! Mais je ne l'écarterais pas ! Des fois les petits copains sont bien plus malins qu'on ne pourrait le penser.

Lucas finit par demander

- Au fait, vous avez vu ce gars du FBI qui traînait dans les locaux toute la journée ? Il m'a assez perturbé ! Normalement il aurait dû attendre que vous soyez là – en s'adressant à Henry - pour voir si votre réputation tient la route, mais comme vous et Jo avez tardé à revenir.

Jo et Henry se regardèrent. Ils n'allaient pas vendre la mèche. Reece leur avait dit qu'elle en parlerait elle-même, suivant la décision qu'elle prendrait. La détective inventa un bobard.

- Tout ce qu'on sait, c'est qu'il voulait juste évaluer un peu notre travail.

- Mais il faut savoir qu'on est un peu désolés de ne pas avoir été présents pour l'inspection.

Lucas haussa des épaules

- Eh bien ! Hanson et moi on a peu parlé de ce que vous faisiez en général et comme je suis celui qui travaille avec vous depuis longtemps, j'ai pu confirmer le bon travail que vous avez toujours fait dans les affaires, et ce même avant d'être avec le 11.

Henry sourit et le remercia d'un signe de tête

- Je ne pense pas qu'il était là juste pour nous saquer ! Mais Reece nous a dit qu'ils passent de temps en temps.

Hanson regarda le couple. Il était détective depuis assez longtemps pour savoir que ce n'était que des rares occasions. Il se rappelait encore de la dernière fois. Il regarda Jo qui ne fit qu'un battement de cils.

Henry regarda l'heure ! Il était près de 19h et Abe devait certainement l'attendre pour le ramener à la boutique, s'il ne draguait pas l'infirmière. Jo le regarda et lui tapota l'épaule.

- Je te ramène ! Abe a sans doute hâte de retrouver son lit ! On verra ça demain.

Ils quittèrent le 11 et furent rapidement à l'hôpital. Abe était déjà prêt et fut soulagé de les voir.

- Ah bah il était temps ! Je pensais que vous seriez arrivés plus tôt.

Henry le trouva de nouveau assez ingrat

- Il faut bien qu'on travaille !

Abe tira la langue à son père

- Je vous embête les jeunes ! Alors, l'affaire avance ?

Jo répondit

- Mieux qu'hier en tout cas ! Lorsqu'Henry est là, les choses se passent tout de suite mieux !

- Évidemment !

Henry ne répondit pas, mais sentait qu'il battait des records en termes de rougissement. Il aida Abe à enfiler sa veste et ils purent quitter l'établissement. Ce fut seulement dans la voiture qu'Abe demanda.

- Au fait ! Tu as gardé ces vêtements toute la journée ?

Henry avait complètement oublié qu'il avait des vêtements qui n'étaient pas les siens

- Apparemment oui ! Personne ne m'a fait la remarque.

Jo lui fit un compliment

- Sans doute parce que ça te va bien et que ça reste un peu dans le style que tu as l'habitude de mettre. Mais en plus décontracté.

Abe gloussa quand il vit la couleur des joues de son père qui prirent une teinte bien rose. Le trajet jusqu'à la boutique se passa tranquillement et dans la bonne humeur.

En arrivant, Henry dit à Abe et Jo

- Je vais m'occuper du dîner ce soir ! Abe, va prendre un bon bain chaud et Jo mets-toi à l'aise.

Abe secoua la tête

- Tu sais bien que je n'aime pas que tu traînes dans la cuisine.

Henry lui lança son regard de père qui n'approuve pas.

- Je ne veux pas que tu bouges d'un pouce ! Je peux cuisiner donc tu vas prendre ton bain et tu arrêtes de chercher des excuses pour rester debout !

- Comme tu veux ! Mais tu ne me crames rien du tout !

Jo taquina

- Donc si tu cuisines, d'après ce que je comprends, je ferais mieux de commander chez le Chinois, non ?

Henry la regarda de travers et elle éclata de rire

- Ne l'encourage pas ! Je peux faire à manger tout de même. Et je ne vais empoisonner personne.

- Ça, rien n'est sûr – cria Abe en s'éloignant rapidement dans la salle de bain.

Henry partit dans la cuisine en bougonnant comme le vieil homme qu'il était. Jo lui emboîta le pas et s'appuya contre le comptoir.

- Trêve de plaisanteries, tu veux peut-être que je te donne un coup de main ? Mais ne me donne rien à cuire, parce que moi et la cuisine, c'est une véritable catastrophe.

Henry appréciait, mais se disait que ce n'était pas très poli de demander aux invités de faire des choses

- Tu n'as pas de soucis à te faire Jo. Je m'en occupe ! Je vais faire quelque chose de rapide donc prends place, fait ce que tu veux.

Elle ne bougea pas pour autant

- Je pense que je vais être utile ici donc je reste là que tu le veuilles ou pas. Je ne veux pas rater Henry Morgan derrière les fourneaux.

Elle lui fit un petit sourire coquin qui lui fit perdre toute pensée cohérente, s'il ne se contrôlait pas.

- À ta guise !

Comme il faisait toujours bon, ils mangèrent sur la terrasse. Henry ne s'était pas foulé et avait fait une quiche au jambon et fromage avec quelques légumes. Il n'était pas aussi doué qu'Abe, mais il pouvait s'en sortir quand même. Henry rappela à son fils de prendre sa médication, ce qu'il fit en soupirant, puisqu'il savait qu'il n'allait pas échapper au côté médecin d'Henry.

Pendant le repas, Henry et Abe se faisaient face et Jo était assise aux côtés du légiste.

Les trois se rappelaient parfaitement la dernière fois, un an presque tout pile, où ils avaient dîné sur le toit et qu'Abe et Henry avaient dû trouver l'excuse qu'ils inventaient depuis des années, par rapport à leur relation.

L'alcool fut banni en cette soirée au plus grand dam d'Abe, mais à la place, Jo avait aidé Henry à faire une petite sangria sans alcool, donc un jus de fruits en gros, mais bon au moins il était délicieux et faisait à oublier à Abe qu'il n'aurait pas le droit à un petit verre de vin pour les au moins les deux prochaines semaines.

Ils parlèrent un peu de l'affaire et Jo et Henry étaient censé garder le secret, mais vis-à-vis de leur équipe seulement, Abe ne faisait pas partie de la NYPD alors ils ne voyaient aucun mal à lui raconter.

- Alors comme ça, le lieutenant Reece considère à rejoindre les rangs du FBI ?

- Exactement ! – répondit Jo – j'ai été surprise. Ça ne fait qu'un an qu'elle travaille pour nous, mais je ne peux pas blâmer le FBI de l'avoir approché. Elle fait du bon travail et je suis contente de savoir que le 11 a une si bonne réputation, vis-à-vis de ceux qui sont au-dessus de nous.

Abe avala sa bouchée et regarda Henry, comme pour lui communiquer silencieusement.

- Tout comme Jo, j'ai été assez surpris, mais elle nous a assuré que cela n'affecterait pas notre partenariat. Pour l'instant, ce n'est pas encore une chose sûre, mais l'inspecteur qui était là aujourd'hui, devrait pouvoir lui donner plus d'informations. Et elle va y réfléchir.

Abe se frotta sa petite barbe

- Si elle décide d'accepter le poste de façon permanente, elle va me manquer. Je l'aime bien ! Elle est droite et incorruptible. Elle sait se faire respecter. J'espère que peu importe la personne qui la remplacera, saura faire un aussi bon travail qu'elle.

Jo se rappela qu'elle avait dit qu'il était fort possible que ce soit une autre femme qui prenne la relève. Si elle avait le caractère de Reece, Jo savait qu'il n'y aurait pas de quoi s'inquiéter.

Elle sourit

- Je pense que peu importe qui prendra sa place si cela se fait. On sera entre de bonnes mains.

Une fois le dîner terminé, Jo et Henry prirent les plats et obligèrent tous les deux Abe à rester en place pendant qu'ils faisaient la vaisselle ! Henry la faisait et Jo se chargeait d'essuyer et Abe se mit à les regarder, en s'appuyant contre l'embrasure de la porte.

Cette tension, cette attirance. Tout était là. Tout était évident. Ils ne trompaient personne. Ça n'avait jamais été le cas. Avoir eu cette crise d'appendicite, avoir presque frôlé la mort pour la première fois et savoir qu'une personne pourrait prendre la relève après son départ, faisait chaud au cœur d'Abe. Et Jo ! Jo était une femme exceptionnelle et il se demandait ce qu'Henry attendait pour se bouger. Aussi loin qu'il se rappelait, il n'avait pas eu ce problème avec Abigail. Mais il comprenait qu'il avait toujours cette peur de s'engager à cause du temps qui passait pour l'autre et pas pour lui. Abe savait qu'Henry éprouvait des sentiments très forts envers Jo, il n'était pas très subtil. Et cette façon qu'il avait de la regarder. À cet instant précis, il pouvait encore voir toute l'affection qui lui portait et elle ne faisait qu'essuyer des assiettes.

Quand ils eurent terminé la vaisselle, Abe se mit entre eux, en enroulant ses bras autour de leurs épaules

- Les jeunes ! Je pense que je vais vous laisser pour ce soir ! J'ai hâte de retrouver mon lit ! Merci à toi Jo d'avoir été présente ces dernières 48h, tu es géniale.

La jeune fille lui fit son plus beau sourire. Il les regarda tour à tour.

- Comme je vous l'ai dit, la vie est courte ! Ne laissez rien vous passer sous le nez ! Bonne soirée !

Il les quitta en les laissant à leurs pensées. Jo n'osa pas trop regarder Henry et ce dernier ne savait trop comment réagir.

La jeune fille se racla la gorge

- Le dîner était très bon Henry ! Mais je pense que je ne vais pas tarder non plus. Nous avons encore des choses à faire demain avant d'élucider ce mystère.

Henry se rappela qu'il avait encore les vêtements de Jo.

- Oh attends ! Laisse-moi prendre une douche rapide et passer les vêtements à la machine et je te les rends.

Jo aurait parié qu'il n'allait pas les garder

- Henry ! C'est bon ! Ne t'en fais pas pour ça. Tu peux les garder. Ils ne me servent à rien de toute façon. En plus, tu auras l'occasion de les remettre.

Il secoua la tête

- Je ne pourrais pas… Ils étaient…

Jo posa un doigt sur ses lèvres

- Ça va je te dis ! Tu as le droit de les garder et de les remettre autant de fois que tu veux !

Ils descendirent vers l'entrée de la boutique et continuèrent de se regarder avec cette gêne continuelle entre eux.

- Tu sais, on... On aurait pu parler pour ce soir – avoua Henry – je pense qu'on aurait été assez tranquilles.

Jo n'y croyait pas trop. À chaque tentative, quelque chose se passait. Elle posa sa main sur la poignée et lui dit.

- Henry… C'est trop la crise en ce moment ! Je veux absolument savoir et comprendre cette photo. Il doit y avoir tellement de choses à y dire, mais on n'a tellement jamais la paix… - elle soupira – on finira par prendre un jour où on sera juste toi et moi…

Elle s'interrompit et le rouge monta une nouvelle fois à ses joues en réalisant ce qu'elle pouvait sous-entendre. Henry fit un petit sourire en coin.

- Enfin. Je veux dire. Pas toi et moi comme… Tu vois ce que je veux dire.

Henry fit comme s'il ne comprenait pas

- Non pas du tout !

Jo pencha la tête sur le côté, tout en sachant qu'il se fichait d'elle. Il passa sa langue sur ses lèvres et se rapprocha d'elle. Leur visage n'était qu'à quelques centimètres.

- On fera ça quand tout sera plus calme ! Il n'y a pas de problème !

Jo se demandait s'il parlait toujours de la photo ou bien d'autre chose. Leur visage était si proche. Cela renvoyait presque à leur première affaire quand Henry lui avait assuré qu'il ne lui faisait pas du rentre-dedans, mais qu'il s'était volontairement rapproché d'elle, à la limite de lui lécher le visage.

Elle regarda ses lèvres, il suffisait d'un pas pour qu'elles atterrissent sur les siennes. Ce fut une drôle de chaleur qu'elle ressentit quand elles terminèrent sur sa joue.

- Merci Jo ! Merci d'avoir été là pour Abe et de nous avoir soutenus. Et merci de me supporter, même si on sait que je ne le mérite pas tant que ça.

Jo le trouva un peu dur envers lui-même

- Ne soit pas si dur envers toi Henry ! Tu es une vraie tête de mule, je ne dirais pas le contraire, mais à toi seul, tu es un véritable challenge et en tant que détective. J'adore les défis. Merci de me faire confiance ! Bonne nuit et à demain !

Elle lui fit un clin d'œil et sortit de la boutique. Henry la regarda partir et se demandait comment il faisait pour rester planté devant elle à ne rien faire à chaque fois qu'ils se retrouvaient dans une situation où l'espace personnel était non-existent.


Le lendemain, il fallait donc retourner rendre visite à Steve, le petit copain d'Amber pour lui poser davantage de questions.

Jo, Henry et Hanson se désignèrent pour y aller.

Quand ils arrivèrent dans le voisinage, ils trouvèrent que tout était un peu trop calme. En même temps, un lundi matin, tout le monde était au travail ou presque. Mais par rapport à la dernière fois où Hanson et Jo avaient visité le jeune homme à l'épicerie, il y avait beaucoup moins de trafic dans le quartier.

Jo regarda l'immeuble d'un drôle d'air, comme si elle sentait que quelque chose n'allait pas.

Hanson et Henry qui étaient déjà sur les marches regardèrent la jeune fille

- Jo ? Tu viens ? Qu'est-ce qui se passe ? – demanda Hanson

Elle cligna des yeux et se hâta de les rejoindre

- Excusez-moi ! C'est juste que j'ai un mauvais pressentiment, je ne sais pas pourquoi.

Hanson regarda le bâtiment et regarda la jeune femme

- Un mauvais pressentiment pour Steve ou autre ?

Jo haussa les épaules

- Je ne sais pas du tout ! Mais ce n'est peut-être qu'une impression.

Hanson et Jo passèrent devant Henry avant qu'il ne fasse une bêtise. Steve habitait au deuxième étage, dans un immeuble ou plutôt un browstone de quatre étages. En passant le couloir qui menait au deuxième étage, les trois occupants se regardèrent.

- Je rêve où ça sent le gaz ? – demanda Jo

Henry confirma. Ayant du nez, il était même capable de dire de quel gaz il s'agissait

- Et je peux même affirmer qu'il s'agit de butane

Hanson et Jo se regardèrent d'un air affolé

- Butane ? Mais c'est un gaz…

- Explosif – acheva Henry, qui regarda la porte de l'appartement en détresse.

Jo avait bel et bien senti que quelque chose ne tournerait pas rond avec cette visite.

- Il faut faire évacuer l'immeuble et vite !

Il y avait une alarme incendie, Hanson éclata la vitre et appuya dessus. Les habitants pour le peu qui y était sortirent.

- Allez dépêchez-vous, tout le monde dehors, l'immeuble pourrait exploser d'une minute à l'autre.

Surtout que l'odeur de gaz se faisait de plus en plus forte. Hanson était en tête et faisait évacuer tout le monde. Il était rapidement monté aux deux derniers étages, mais beaucoup de personnes étaient au travail alors il n'y avait quasiment personne à faire évacuer.

Jo et Henry étaient devant la porte de Steve.

- On ne sait pas s'il est dedans – s'inquiéta Jo – et si jamais on rentre, toi et moi, on va se faire asphyxier par le monoxyde.

Henry vit des ombres sous la porte. Il écarquilla grand les yeux.

- Il est dedans !

Jo sentit un frisson la parcourir

- Comment tu peux en être sûr ?

- Je vois l'ombre sous la porte ! Il est sans doute déjà inconscient. On ne peut pas le laisser comme ça.

Henry regarda autour de lui, mais il n'y avait rien qui ne pourrait empêcher le gaz de l'atteindre. Jo commença à avancer, mais Henry la retint

- Non ! N'y va pas ! Si tu rentres, dans moins de 24h tu vas avoir tous les symptômes. Abe vient déjà de se faire hospitaliser alors il n'est pas question que tu en fasses de même.

Jo le regarda comme s'il avait perdu l'esprit

- Henry ! C'est mon job de prendre des risques ! Si Steve est là-dans, il faut que je le sorte.

Henry n'allait certainement pas la laisser foncer tête baissée. Il se fichait pas mal de tomber malade et de mourir asphyxié, il savait qu'il reviendrait. Il essayait encore de débattre à savoir de quelle manière il allait s'y prendre quand Hanson revint

- Mais vous faites quoi encore là tous les deux ? Dépêchez-vous de sortir ! On va tous y rester si ça continue.

Jo et Henry se regardèrent l'air de se dire qu'ils ne pourraient pas laisser mourir un homme pour aujourd'hui.

Hanson comprit que quelque chose n'allait pas

- Qu'est-ce qui se passe ?

- Mike ! Henry est certain que Steve est dans l'appartement, mais inconscient, mais le gaz est à l'intérieur, si on rentre, on va tomber malade.

Ce genre de décision était terrible à prendre, mais ils étaient flics et ils savaient les risques.

- Les pompiers sont en route, mais on ne sait pas dans combien de temps l'immeuble peut s'effondrer et je comprends on ne peut pas le laisser, mais si jamais tout le monde meurt…

Henry allait gagner du temps, mais il fallait qu'il fasse sortir Hanson et Jo. Il les pressa dehors.

- Allez-y ! J'ai peut-être un moyen de le réveiller pour qu'il puisse ouvrir la porte et sortir sans que je n'aie besoin de rentrer.

Jo n'approuvait pas du tout

- Mais s'il sort, il aura déjà aspiré le gaz de toute façon… Ça ne va pas t'atteindre ?

- Quelqu'un qui a respiré du monoxyde ne va pas le transmettre à un autre, ce n'est pas comme une maladie virale ou autre. Allez-y, je sais ce que je fais. À l'odeur, la fuite de gaz ne date que de quelques minutes au mieux, alors il n'a dû perdre connaissance qu'au moment où nous avons franchi les portes en bas.

Jo n'avait pas confiance en ce plan. Hanson la pressa.

- J'espère pour vous que vous savez vraiment ce que vous faites, doc ! Dépêchez-vous et s'il ne répond pas, sortez de là, on n'aura pas le choix.

Henry acquiesça et son regard ne lâcha pas celui de Jo jusqu'à ce qu'elle soit hors de vue. Bien sûr qu'il n'allait pas essayer d'appeler le jeune homme à travers la porte. Personne ne pouvait réveiller quelqu'un d'inconscient.

Ce n'était pas l'hiver donc il n'avait pas une écharpe bien épaisse, mais c'était tout ce qu'il pouvait faire. Il l'enroula tout autour de sa bouche et son nez et tenterait de respirer à travers le tissu sans avaler les particules de monoxyde qui étaient présentes dans l'appartement.

Son endurance à force de revenir dans la rivière lui permit de défoncer la porte d'entrée sans aucun souci.

À la minute où il l'ouvrit, l'odeur s'étendit tout le long du couloir. Il vit Steve étendu devant la porte. Il le tira à l'extérieur et chercha rapidement d'où venait l'odeur si peut être un électro pas aux normes. Il regarda la boîte de fusibles ainsi que le four et la gazinière, mais tout semblait être dans la norme alors il ne comprit pas, jusqu'à ce que quelque chose de brillant attire son attention juste derrière le four.

Il le poussa avec toute la force qu'il trouva et une bonbonne de gaz avec écrit en grosses lettres « butane, danger, inflammable ». Il regarda à terre, la fuite se rapprochait du circuit électrique. Il se hâta de sortir avant de finir en brochette. Il leva Steve et enroula un bras autour de son cou et déboula les escaliers sous le coup de l'adrénaline.

Jo et Hanson n'étaient pas tranquilles, Henry prenait beaucoup de temps pour arriver. Jo était sur le point d'y retourner quand ils commencèrent à voir des flammes émanant de l'appartement au deuxième. Hanson attrapa Jo par le bras et hurla à tous les passants.

- Tout le monde à terre !

Il entraîna la jeune fille vers la voiture, mais cette dernière cherchait à retourner vers l'immeuble

- Mike ! Attends ! Henry est là dans ! Mike s'il te plaît !

Il l'attrapa par les hanches et juste au même moment une explosion se fit entendre, faisant écouler une bonne partie du premier et deuxième étage. Jo regarda le spectacle avec effroi.

- Non ! Henry !

Sans réfléchir, elle retourna vers les débris et l'épaisse fumée noire qui se faisait voir. Hanson tenta de l'arrêter.

- Jo ! Non, attends !

Jo était dans le nuage de fumée et hurlait le nom d'Henry à qui voulait l'entendre. Oh non ! Il n'allait pas mourir de suite ! Elle avait déjà manqué de le trouver à l'agonie à la station, mais ce n'était pas ça qui allait l'achever. Hors de question.

- Henry !

Elle finit par voir une ombre qui arrivait vers elle. Il y avait trop de poussière autour d'elle pour qu'elle puisse s'en rendre compte alors elle appela doucement.

- Henry ?

Elle dut ressortir du nuage à contrecœur. Hanson crut qu'il allait s'arracher les cheveux. Il rejoignit Jo qui était terrorisée. Il frotta doucement son dos.

- Il a sans doute réussi à sortir avant… J'espère qu'il n'a pas été si stupide.

Le regard de Jo était vide et elle n'arrivait pas à se faire à l'idée qu'Henry aurait pu y rester. L'angoisse montait de plus en plus jusqu'à ce qu'elle finisse par l'apercevoir sortir, couvert de poussière et les manches de sa chemise, déchirées, sans doute par l'impact de l'explosion. Il tenait fermement Steve qui était toujours inconscient et il l'allongea une fois qu'ils furent hors d'atteinte du nuage. Les sirènes de pompiers retentirent et très vite ils furent sur les lieux pour éteindre l'incendie.

Jo courut vers Henry qui s'était déjà mis à genoux devant Steve et commençait un massage cardiaque

- Il n'a plus de pouls – furent les seuls mots qu'Henry put dire alors que Jo venait de vivre probablement les pires minutes de sa vie. Elle se demandait s'il était sérieux.

Il tenta le massage cardiaque pendant plusieurs minutes. Steve ne réagissait toujours pas. Il ne pouvait tenter le bouche-à-bouche à cause de l'inhalation de gaz de la part de la victime. Il regarda Jo et lui demanda

- Est-ce que tu peux continuer le massage s'il te plaît ? Je vais essayer de voir si je trouve un masque à oxygène, ça pourrait peut-être aider.

Jo n'eut même pas le temps d'approuver ou même de se remettre de ses émotions, qu'Henry partit à la recherche d'un masque avec les pompiers qui lui en donnèrent un. Jo avait exécuté ce qu'il avait dit, avec l'aide d'Hanson. Henry déposa délicatement le masque sur la bouche de Steve et Jo continuait le massage, mais rien ne se passait.

Ils restèrent pendant 30 minutes à tenter de ramener le jeune homme à la vie tandis que les pompiers finissaient de maîtriser l'incendie. Passé ces fameuses 30 minutes, Jo ralentit le mouvement et regarda Henry. Il toucha sa jugulaire, mais il n'y avait rien du tout. Il soupira et lui retira son masque. Le gaz avait eu raison de lui. Tout avait été trop rapide.

Il essuya son front qui avait dégouliné de sueur pendant tout le massage et avec toute l'adrénaline qui était arrivée, il savait qu'il n'était pas aussi charmant qu'à son habitude.

Jo le regarda d'un air désolé

- Tu as fait ce que tu as pu.

Il acquiesça, mais cela ne le ferait pas sentir mieux pour autant.

Quand le calme fut un peu rétabli et que les coroners ramenèrent le corps de ce pauvre Steve, Jo se pointa face à Henry et ne put s'en empêcher et lui colla une gifle sous le regard éberlué d'Hanson qui n'aurait vraiment pas aimé être le bonhomme pour aujourd'hui.

Henry ne comprit pas et se frotta la joue

- Mais enfin Jo ? Qu'est-ce que j'ai fait ?

La jeune femme leva les yeux au ciel

- La chose la plus stupide au monde ! J'ai cru que tu étais mort espèce d'idiot ! Et tu reviens tranquillement comme si tu venais de prendre le thé ! Allo ! Je te signale que j'étais en train de devenir folle ! Tu aurais au moins pu nous dire que ça allait quand tu es ressorti, que tu n'étais pas blessé, mais non, tu m'as mise directe à procéder au CPR… Et là, on croirait que tu ressors simplement d'un parc d'attractions. C'est quoi ton problème ?

Hanson se retint de rire ! Jo ne s'énervait pas souvent, mais si elle le faisait avec un homme, cela voulait tout dire et Henry était vraiment dans une sacrée mouise.

Henry ne sut vraiment trop quoi répondre tellement il ne s'attendait pas à une telle réaction de la part de la jeune femme.

- Euh… Je suis désolé ! Sur le coup, je ne pensais qu'à tenter de sauver Steve… Je savais que je n'avais pas grand-chose donc je ne voulais pas m'attarder sur moi. Je suis aussi désolé de t'avoir fait une telle peur, j'aurais dû être moins maladroit.

Il pouvait lire la peur qu'elle avait eue, dans ses pupilles et il espérait que son air de petit chiot battu suffisait à se faire pardonner. Jo resta plusieurs minutes à le regarder sans rien dire. Hanson en avait assez de toute cette scène de ménage et préféra regarder son téléphone pour envoyer un texto à Reece pour prévenir de tout ce qui s'était passé, mais que tout le monde allait bien !

Henry ne savait pas encore si Jo allait le passer au grill ou pas du tout. Finalement, il vit que ses traits se détendaient et qu'une petite larme venait de passer dans son œil.

- T'es vraiment le plus inconscient des mecs que j'ai jamais rencontré !

- Je vais prendre ça comme un compliment alors !

Elle le fusilla du regard

- Imbécile !

Mais ses bras s'enroulèrent autour de sa taille et elle posa sa tête contre son torse, soulagée de le voir entier, enfin plus ou moins. Hanson les regardait, appuyé contre la voiture, d'un air blasé et aurait souhaité être ailleurs sauf entre eux.

Henry ne s'attendait pas à une telle prise d'initiative de la part de la jeune femme et enroula également ses bras autour d'elle et lui frotta le dos pour la rassurer.

Hanson sut que c'était le moment d'agir avant que ça ne finisse en déshabillage sur le sol.

- Bon, vous êtes bien mignons tous les deux, mais notre enquête n'est pas terminée pour autant ! Qu'est ce qu'on fait ? Vous croyez que c'était lui le suspect ?

Jo n'en était pas très sûre, mais Henry répondit à sa question silencieuse.

- Ce n'était pas lui ! Il y avait une bonbonne de butane dans l'appartement. Personne n'a le droit d'en posséder sauf si on vit dans une maison et qu'elles sont bien rangées à l'abri dans une cave ou quelque chose. Ou éventuellement certaines entreprises également.

Jo s'était bien douté qu'Henry était rentré dans l'appartement. De toute façon, comment aurait-il pu sortir Steve autrement si le jeune homme était resté inconscient tout le long de la descente ?

- Et une idée de qui possède ce genre de petit extra ?

Henry le savait parfaitement. C'était sans doute l'une des premières choses qu'il avait remarquées lorsqu'ils avaient visité la demeure du coach, la veille.

- Il faut qu'on arrête Don Harris ! C'est lui notre coupable.

Hanson et Jo se regardèrent et ne parurent pas le moins du monde surpris. Hanson appela le reste de son équipe via talkie-walkie.

- J'ai besoin d'un bolo pour aller à la demeure d'un certain Don Harris. Le détective Martinez, docteur Morgan et moi-même serons sur place dans peu de temps.

- Bien reçu !

Hanson fit signe aux deux autres de se hâter. Ils n'avaient plus de temps à perdre. Il ne fallait pas que Don fasse d'autres victimes.

Sur le chemin, Jo demanda

- Henry ! Comment tu as remarqué qu'il y avait des bouteilles de butane chez Don ? Je veux dire à quel moment ? Le mec ne nous a même pas laissé dix minutes dans sa demeure.

Henry ne pouvait le renier, mais il ne lui fallait généralement que quelques secondes pour repérer quelque chose.

- Dès qu'on a franchi le portail, j'ai repéré près de la piscine, une sorte de cave blindée. Dommage pour monsieur Harris, mais ce jour-là, la porte était entrouverte, ce qui m'a permis de voir à l'intérieur et les deux grosses bouteilles de butane étaient là.

Jo se frotta le menton

- Mais pourquoi tu n'as rien dit tout de suite quand on y était ?

- Je voulais d'abord me faire une idée du personnage et de plus, j'étais bien trop loin pour le confirmer et sans mandat, ni rien, je doute que monsieur Harris ait marché avec nous.

Ils étaient presque arrivés à la demeure et Jo n'arrivait pas à comprendre comment il avait pu s'introduire chez le couple et traîner une bouteille de butane sans que personne ne le voie, à moins que Steve ait été complice avec lui à ce moment.

- Je t'avoue que je n'arrive pas à comprendre comment une bouteille de butane a pu se retrouver chez Steve et Amber ! Ça me paraît dingue de traîner quelque chose d'aussi lourd et ne pas se faire repérer.

Henry essaya de réfléchir longuement. Ils avaient retrouvé Amber dans une piscine. Elle avait des traces importantes du gaz dans les poumons, donc elle l'avait respiré depuis un moment.

- On n'a évidemment aucun moyen de savoir si oui ou non elle avait déjà présenté des symptômes, mais certainement. Elle les a sans doute ignorés.

Il revit des flashs de leur visite à la demeure de Don, puis la note dans l'immeuble, attestant des normes et le nom du propriétaire. Il écarquilla grand les yeux. Jo elle-même put voir la petite lumière au-dessus de sa tête.

- Qu'est-ce tu as compris ?

- Don Harris est le propriétaire de l'immeuble dans lequel Amber vivait.

Retournement de situation si brutal que même Hanson manqua de rater un morceau de trottoir, en appuyant un peu trop rapidement sur la pédale de frein.

- Sérieusement doc, quand vous sortez ce genre de trucs, voulez-vous prévenir ?

Henry fit un petit sourire d'excuses

- Désolé ! Mais en rentrant, c'est ce que j'ai vu. Il était le propriétaire de l'immeuble.

Jo ne comprenait pas

- Mais alors comment Amber a pu rester là sachant qu'il était son propriétaire et qu'il l'avait déjà agressé ? Surtout comment son copain a pu supporter d'y vivre ? Maintenant, je comprends mieux la baraque.

Henry n'avait pas de réponses concluantes à donner

- Il va falloir tirer les vers du nez de Don.