Hehehe. Merci beaucoup pour vos reviews. Je vois que cette histoire de cheveux blancs vous intrigue hein ? :p (bah moi aussi et j'ai aucune idée de comment je vais régler ce mystère XD. Non mais je reviendrais dessus bien plus tard dans l'histoire, j'ai le temps d'y penser).

Bon voilà, le chapitre 3. J'espère qu'il va beaucoup vous plaire (profitez-en, le prochain, vous allez me détester mais à un point, breeeef :p). Bonne lecture.


Près d'une semaine après ces événements, Henry n'avait pas vraiment recherché comment certaines mèches de ses cheveux avaient pris une couleur blanche soudainement. Il mettait de côté la théorie que l'arme qui n'était pas l'originale qui l'avait tué en premier lieu avait certainement eu un certain pouvoir qui n'était que de le vieillir juste légèrement, mais sans pour autant enlever la condition qu'il avait.

Dans le fond, il savait bien qu'Abe avait raison. Il valait peut-être mieux qu'il ne soit pas à nouveau mortel.

Il essayerait de faire des recherches dessus plus tard et de poser les bonnes questions quand il aurait plus de temps, ce qui n'était pas vraiment le cas récemment.

Le lieutenant Reece était sur le départ, elle serait à Washington d'ici quelques jours et le 11 se préparait doucement et avec une certaine appréhension, à la venue d'un nouveau lieutenant. Personne n'avait encore idée de qui prendrait sa place même si certains détectives s'amusaient à faire des paris. Certains disaient que c'était une jeune détective venue d'un autre commissariat qui venait d'être promue et attendait sa place pour prendre la tête de lieutenant… D'autres disaient qu'il était possible que ce soit simplement des anciens lieutenants qui reprennent le poste même si leur grade était désormais plus haut. Reece n'avait laissé aucun indice et tout le monde découvrirait le nouveau lieutenant au moment venu.

En cette mi-septembre, le temps se faisait encore toujours doux et chaud ce qui était l'occasion de profiter de pique-niques à Central Park ou simplement se balader et apprécier la vie. Et Henry ne manquait plus ses week-ends avec son fils depuis sa convalescence. Ce dernier prenait d'ailleurs très bien le traitement qui lui avait été prescrit et Henry voyait nettement l'amélioration depuis. Abe disait également qu'il avait beaucoup moins de douleurs et qu'il se sentait de plus en plus en forme, à tel point qu'il plaisantait avec son vieux père, en lui disant qu'il pourrait courir un 100 mètres. Ce qui avait naturellement, le don de l'exaspérer.

Un beau petit matin calme et ensoleillé qui annonçait sans nul doute une très belle journée, Jo avait eu l'idée la veille après le boulot, de demander à Henry s'il était intéressé à venir faire un jogging avec elle, pas très loin de la boutique et sur une petite venue qui bordait une partie du East River. Cela changerait de Central Park, dont ni l'un ni l'autre n'avait forcément envie d'y courir. Jo n'était pas très loin, mais parfois la flemme était quelque chose qu'on ne pouvait pas expliquer. Et au moins, être plus près de la boutique, lui donnerait une excuse pour passer un peu de temps avec les deux Morgan.

- Allez Henry ! Un peu de nerf là !

La jeune fille était dynamique et pleine d'énergie, ce qui n'était pas souvent le cas le matin. Elle avait déjà plusieurs mètres d'avance sur Henry, qui traînait la patte derrière elle. Il trouvait ça un peu injuste. Jo avait une endurance de flic, elle avait eu un entraînement pour ça donc faire un jogging, ne devait être qu'un jeu d'enfant pour elle.

Elle se retourna et jogga sur place, en se moquant de lui

- Ne fais pas la mauviette !

Il la rejoignit d'un pas lent, en appuyant sur une côte

- Attends, tu n'es vraiment pas drôle ! Je ne suis pas flic moi, je n'ai pas ta capacité à courir pendant si longtemps.

Elle leva les yeux au ciel et se retourna pour reprendre sa route

- T'exagères ! Dans ce cas, faut que tu m'expliques, comment tu te retrouves avec une telle musculature.

Il parvint à la rattraper, mais restait quand même quelques mètres derrière elle. Il répondit d'une voix essoufflée.

- C'est une longue histoire !

- Comme d'habitude ! – répondit-elle, en reprenant une certaine longueur d'avance

Henry devait avouer que l'endurance de la jeune fille n'était pas la seule raison. Quand il l'avait rejoint au parc, il avait été grandement distrait par son attirail. Il n'avait l'habitude que de la voir en pantalon et chemise et elle était là avec une brassière de sport, découvrant parfaitement son ventre musclé, et un legging qui épousait parfaitement bien ses formes. Jo pouvait en dire autant, voir Henry habiller autrement qu'un homme d'affaires la rendait toute chose. En dehors du seul moment où elle l'avait vu torse nu, il n'avait jamais découvert ses bras et la forme de son corps était tout de même assez impressionnante pour un simple médecin légiste.

Henry fit un petit sourire en coin et disparut par un autre chemin alors que Jo avait presque atteint la fin du parc et s'arrêtait pour boire une bonne gorgée d'eau. Elle s'essuya le front qui perlait de sueur et se retourna, seulement pour voir qu'Henry n'était plus derrière elle.

- Henry ?

Elle regarda autour d'elle. Il n'y avait pas beaucoup de monde qui passait à part comme elle, les quelques joggeurs matinaux.

Elle ne connaissait pas assez bien le parc pour s'aventurer et elle essaya encore

- Henry ? C'est bon, c'est pas drôle là ! Sors de ta cachette. Je ne vais pas te forcer si tu as besoin de cinq minutes.

Elle avança légèrement et Henry débarqua d'un autre côté et l'attrapa dans ses bras. Elle hurla quand elle se sentit décoller du sol, avant de voir un Henry hilare derrière elle.

- T'es vraiment bête ! – cria-t-elle, mais moitié amusée-moitié agacée

- Tu aurais dû voir ta tête

C'était bien la première fois qu'elle le voyait rire autant. Elle leva les yeux au ciel et se dégagea de son étreinte avant que ses hormones ne la contrôlent plus et elle lui lança un peu d'eau dans le visage. Il resta complètement ahuri.

- Ah non, mais là c'est de la triche

- Tant pis pour toi !

Elle se hâta de lui échapper avant qu'il ne la rattrape encore, mais il parvint tout de même à arriver à sa hauteur et lui lança un reste d'eau qu'il avait dans sa bouteille

- Hey ! Je te croyais gentleman !

- Oui, quand il le faut ! Avoue que pour le coup, tu t'en fiches pas mal d'être arrosée.

Elle lui fit un petit sourire évident et céda

- Évidemment !

Il la rejoignit et regarda l'heure. Bientôt 9h. Pour l'instant, ils n'avaient reçu aucun appel, mais ils ne devaient pas tarder à aller au boulot dans tous les cas.

- Allez, on va rentrer prendre un petit déjeuner et on ferait mieux de partir. Arriver en retard alors que Reece s'en va bientôt, ne va pas nous avantager.

Jo approuva

- Tu as raison !

Elle calcula le peu de distance qui restait entre le parc et la boutique. Henry arriva derrière elle et la souleva pour la mettre sur son épaule. La jeune femme rigola à gorge déployée.

- Tu as peur que je me fasse une crampe jusqu'à la boutique ?

Henry lui donna une tape sur les fesses en la hissant un peu plus sur son épaule. Et elle ne broncha pas le moins du monde.

- Il faut croire que oui ! Mais c'est ma petite vengeance personnelle pour m'avoir battu tout le long.

- Macho va !

Ils arrivèrent à la boutique en riant aux éclats. Abe était déjà en train de préparer l'ouverture et releva la tête en les entendant rentrer, toujours dans la même position dans laquelle ils avaient quitté le parc.

Il haussa un sourcil

- Bonjour Abraham ! – Henry le salua!

Jo lui fit un petit signe de la main, toujours bien à l'aise sur l'épaule d'Henry

- Salut Abe !

Henry déposa Jo dans l'entrée de la cuisine. Abe savait que le rouge à leurs joues n'était pas seulement dû au soleil. Il les regarda tour à tour pendant qu'Henry préparait les assiettes et le café.

- Est-ce que j'ai vraiment envie de savoir ce qui vient de se passer ?

Jo gloussa

- Ça serait beaucoup trop long à te raconter !

Abe en avait l'habitude, il regarda alors son père, qui en sentant son regard, se retourna et fit un petit sourire crispé

- Ne fais pas t'idées ! Jo et moi on faisait juste un petit jogging et comme elle m'a battu tout le long, j'ai décidé de la ramener ainsi à la boutique.

Abe les trouva tellement ridicules. De vrais ados qu'ils étaient là. Mais en même temps, cela faisait longtemps qu'il n'avait pas vu son père s'amuser et se décoincer. Il lui en fit d'ailleurs la remarque.

- Du jogging ? Toi ? Tu sais faire du sport ? Je pensais que la nage te suffisait.

Henry lui lança un regarda sarcastique. Jo comprit la référence au East River et les nombreuses arrestations pour indécences d'Henry, mais bien sûr ne releva pas plus que ça.

Jo avala son jus d'orange et répondit

- Je me suis demandé aussi comment il faisait pour être aussi musclé alors qu'il était essoufflé comme un bœuf, derrière moi. Mais il s'en est bien sorti et je lui avais proposé pour qu'on se défoule à cause des dernières semaines un peu difficiles.

Abe ne répondit rien et ne fit que les regarder. S'il ne se retenait pas, il les enfermerait tous les deux dans une pièce sans fenêtres ni portes et verrait bien pendant combien de temps ils auraient été capables de tenir face à toute cette tension sexuelle qui n'en finissait plus. Même à son âge, Abe en arrivait à être frustré pour eux.

Il se contenta de dire

- C'est pour ça que tu étais aux abonnés absents ce matin.

Henry acquiesça. Lui et Jo prirent leur petit déjeuner, tandis qu'Abe ouvrit la boutique. Ils prirent rapidement une douche tous les deux (séparément, chacun dans sa salle de bain).

Et ils ne tardèrent pas à partir au boulot pour une journée qui s'annonçait plutôt mouvementé ou calme, cela dépendrait vraiment de ce qui leur tomberait dessus.

En les regardant quitter la boutique, un client que Abe connaissait bien lui dit

- Votre colocataire a l'air vraiment aux anges avec sa nouvelle petite amie. Ils sont adorables à voir.

Abe ne fit qu'un sourire forcé. « Si seulement ».


Le couple arriva au 11 plutôt de bonne humeur. Ils passèrent même sous le nez de Reece sans vraiment faire attention au fait qu'elle était entourée de cartons tout le long de son bureau. Mais ils étaient témoins de tout ceci depuis une semaine. Ils savaient parfaitement à quoi s'attendre.

Ils descendirent ensemble à la morgue après avoir salué Hanson qui se demandait ce qu'ils avaient à arriver souvent ensemble ces derniers temps. Étaient-ils en couple et ils n'en disaient pas un mot ? Il secoua la tête en portant son café à ses lèvres. Jo n'était pas capable de cacher ses sentiments, si elle sortait avec Henry, tout le monde l'aurait déjà su.

Lucas était déjà là, ce qui était une surprise, mais en même temps Henry arrivait rarement après 9h. Il fit d'ailleurs la remarque en les voyant tous les deux.

- Woah ! Est-ce que vous êtes sérieusement arrivé après moi aujourd'hui, doc ?

Ce dernier lui lança simplement un regard sarcastique en marchant vers son bureau, pour aller récupérer sa blouse.

Il vit alors Jo qui s'avança vers la table d'examination où il était posé.

- Attendez une seconde ! Est-ce que j'aurais raté quelque chose par rapport à vous deux ? – il s'adressa à Jo, qui lui lança le même regard qu'Henry

- De quoi tu parles ?

Lucas haussa les épaules non sans un petit sourire, quand Henry revint

- Vous savez, si vous avez passé la nuit ensemble, personne ne vous jugera.

Jo l'avait senti venir gros comme une maison et leva les yeux au ciel

- Un moment il faudrait vraiment arrêter de te faire des idées ! Il ne s'est rien passé. Je suis aussi l'amie d'Henry et des fois, ça m'arrive de lui proposer un lift.

Elle détourna si rapidement le regard que Lucas et même Henry savaient bien qu'elle n'était pas du tout crédible, mais personne n'insista même si Lucas en mourait d'envie.

- Bon qu'est ce qu'on a ? – demanda-t-elle pour changer de sujet – un nouveau corps et personne ne nous a prévenus ?

Lucas secoua la tête

- Non non, ce n'est pas une scène de crime. Enfin, pas d'après ce que je vois. Les coroners ce matin ont dit qu'ils l'ont trouvé sans vie, dans son appartement. Les voisins n'ont rien entendu de particulier. Je suppose que c'est un accident domestique, mais ce n'est pas tous les jours que j'ai l'autorisation d'ouvrir le corps, donc je me suis dit que vous pourriez y jeter un œil.

Évidemment, cela allait sans dire, il s'adressait à Henry. Le légiste se mit immédiatement au travail. Il découpa le corps et y fit toutes ses petites bidouilles habituelles et après de nombreuses minutes, il regarda Lucas et fit un grand sourire.

- Tu as raison ! C'est bien accidentel. Ce pauvre monsieur avait l'air de faire des réparations dans sa cuisine, il est monté sur un escabeau et il a glissé et son crâne a touché le sol en premier… Mort sur le coup. C'est triste, mais c'est ainsi.

Lucas accepta le diagnostic et le nota dans le dossier du patient. Jo regarda Henry.

- Bon eh bien on a connu pire comme matinée. Peut-être que ça restera calme pour le reste de la journée, sans qu'on ait à s'arracher les cheveux.

Henry allait répondre lorsqu'une voix les fit tous sursauter

- Josephine ! Mi carino !

Jo écarquilla grand les yeux. Elle se frappa le front avec la paume de la main.

- Josephine ? – répéta Henry en écho

Jo lui fit simplement un signe de la tête, lui faisant comprendre de ne pas abuser là-dessus.

- Oh non ! Dites-moi que je rêve !

La jeune fille pivota légèrement sur elle-même, avant de voir une femme qui avait une tête de moins qu'elle et auquel elle ressemblait presque trait pour trait, mais elle avait une peau un peu plus mate que Jo et les traits hispaniques beaucoup plus accentués également.

Elle serra Jo dans ses bras, à la limite de l'étouffer

- Mi carino ! Ya no llamas a tu madre

Jo leva les yeux au ciel

- Salut maman ! Je t'ai appelé y'a deux jours si je me rappelle bien.

Mrs Martinez donna une tape à sa jeune fille qui couina. Sa mère était une vraie folle !

- Et alors ? Ça ne me donne pas le droit d'avoir plus de nouvelles ? Comme si je n'avais pas assez de soucis comme ça !

Jo haussa des sourcils, avant que sa mère ne se tourne vers Henry qui n'avait plus bougé d'un pouce depuis qu'elle était rentrée dans la morgue. Ce dernier faisait un petit sourire amusé, et lançait des regards à Lucas qui commençait à comprendre d'où Jo sortait son côté badass.

- Eh bien ! Bonjour cher monsieur !

Jo fit les présentations

- Maman ! Je te présente Lucas Wahl, l'assistant-légiste et mon partenaire et légiste officiel : Henry Morgan !

Henry serra la main de Mrs Martinez qui gloussa

- Ravi de vous rencontrer madame !

- Et moi de même querido ! Isabel Martinez ! Ma petite Jo parle tellement de vous que j'ai l'impression de déjà vous connaître.

Jo commença à faire des grands gestes brusques avec ses mains. Il ne fallait surtout pas flatter l'ego d'Henry. De plus cela la trahirait quand même.

Henry croisa ses bras, en lançant un regard sous-entendu à sa partenaire. Il allait s'amuser.

- Ah oui vraiment ?

Mrs Martinez acquiesça vivement

- Oh si ! J'en sais plus sur vous que sur sa propre vie donc, c'est pour vous dire !

Jo souffla

- Maman ! Ça va là ! Je ne pense pas qu'Henry ait besoin d'entendre toutes ces louanges.

Henry lui donna un coup de coude

- Au contraire ! Je serais bien curieux de savoir ce que tu racontes qui fait que ta maman en sait plus sur moi que sur toi.

Jo le regarda de travers ce qui valut un fou rire de Lucas.

Isabel chuchota à sa fille et en espagnol, sans avoir la seule idée qu'Henry comprenait absolument tout

- Él es realmente hermoso y sexy! Sé que todavía estás revolcándote con todo lo que le ha sucedido a Sean, pero si quieres tener bebés con este hombre, él ya tiene mi bendición. (il est vraiment beau et sexy ! Je sais que tu es encore remuée avec tout ce qui est arrivé à Sean, mais si tu veux faire des bébés avec cet homme, il a déjà ma bénédiction.)

Jo ouvrit grand la bouche et ne sut vraiment où se mettre. Sa mère avait toujours été directe, même trop, mais elle l'était encore plus lorsque cela concernait sa vie sentimentale. Jo n'avait tellement jamais eu de chance avec les relations que la seule sérieuse avec Sean qu'elle avait eue jusqu'à leur mariage, Isabel en avait presque fait une affaire d'État. Alors, son humeur quand Jo avait commencé à lui parler d'Henry et du bon travail qu'il faisait, était à la limite de jouer les entremetteuses sans même avoir rencontré le légiste. Et maintenant que c'était chose faite, Jo savait que sa mère n'allait jamais lui lâcher la grappe.

La jeune détective regarda Henry qui ne battait pas des cils et prenait un malin plaisir à écouter le débit d'Isabel. Lucas ne comprenait rien et essayait de suivre, mais le peu d'espagnol qu'il avait fait ne lui permettait pas de comprendre une conversation.

Jo était rouge pivoine et n'avait aucun moyen d'excuser sa mère.

Mortifiée par toutes les bêtises qu'elle était en train de sortir, Jo finit par couper court

- Maman ! Arrête maintenant !

- Mais quoi ? Je ne disais rien de mal.

- Tu ne disais rien de mal pour moi, si on était les deux seules à comprendre la conversation.

Elle jeta un regard en biais à Henry. Lucas lui chuchota.

- J'en déduis que ce n'était pas une conversation innocente ?

Henry secoua la tête, toujours avec cet implacable sourire sur les lèvres. Isabel regarda Henry et fit un sourire crispé.

- Oh ! Vous comprenez l'espagnol ?

Henry allait répondre, mais Jo le fit à sa place

- Henry est un homme de sciences et qui a voyagé dans beaucoup de pays. Il connaît trois fois plus de langues que toi et moi en aurions apprises dans notre vie. Donc oui, l'espagnol n'est qu'un détail pour lui.

Cela ne changea pas pour autant l'expression de sa mère et Jo sut que quoi qu'elle dise, c'était mort. Isabel Martinez faisait fuir les voyous de son quartier donc elle avait décidé qu'Henry serait son futur gendre, peu importe si oui ou non, elle-même se décidait à se lancer dans cette relation. Apparemment si elle ne le faisait pas, sa mère l'enverrait à coups de bâtons dans les bras d'Henry.

- Bon ! Maman ! Pas que ça ne me fait pas plaisir de te voir ! Mais ça fait un bout de chemin depuis Harlem ! J'imagine que tu n'es pas venue ici par hasard ?

Le visage amusé d'Isabel changea du tout au tout et trouva un sérieux que Jo n'avait plus revu depuis des années. Elle ravala sa salive. Cela ne lui disait rien qui vaille.

- Qu'est-ce qui se passe ?

Sa mère était aussi expressive qu'elle donc il était évident que quelque chose était arrivé. Son cœur se mit à battre à tout rompre.

- C'est Luis !

Jo se demandait ce qui avait bien pu se passer. Elle espérait sincèrement que ce n'était pas ce à quoi elle pensait, mais si cela était le cas, Isabel avait été très bonne pour cacher son chagrin. Luis était le premier enfant d'Isabel et donc le grand frère de Jo. Jo ne s'entendait pas très bien avec lui, car il avait des mauvaises fréquentations, il en avait toujours eu et cela ne l'avait pas très bien réussi. Et le fait que sa sœur soit flic, ne lui plaisait guère, plutôt le contraire. Heureusement, sa grande sœur Clara avait pris un droit chemin. Cependant, Jo aimait son frère et sa sœur malgré tout ça et elle serait peinée d'apprendre une mauvaise nouvelle.

Lucas et Henry s'échangèrent un regard inquiet.

Jo prit une profonde inspiration

- Qu'est-ce qui lui est arrivé ?

Isabel haussa des épaules

- Je ne sais pas ma chérie ! Ça fait une semaine que je n'ai plus eu de nouvelles. Ce n'est pas dans ses habitudes. Luis m'appelle tous les vendredis normalement. Même si nos conversations sont brèves, il n'en manque jamais aucun. Mais là rien du tout et quand il ne peut pas, il rappelle toujours dans les 48H. Depuis quelques jours, je tombe directement sur sa boîte vocale et je dois t'avouer que ça ne rend pas tranquille. J'ai peur que quelque chose lui soit arrivé…

Jo se mordilla la lèvre. Elle n'avait vraiment pas de nouvelles de Luis. Elle discutait beaucoup avec Clara et il n'y avait que comme ça qu'elle savait ce qu'il faisait ou bien directement par leur mère.

- De quoi as-tu besoin maman ? Veux-tu que je lance un avis de recherche avec mon équipe, voire si on a des moyens de le localiser ?

Isabel la regarda longuement

- J'apprécierais ! Mais il y a également autre chose… - Isabel soupira, Jo ne sentit vraiment pas ce qu'elle allait lui demander – Josephine ! Il n'y a qu'une seule personne qui sera capable de nous dire où il aurait pu aller ou ce qui aurait pu arriver. Les fréquentations qu'il avait, tu sais de qui elles venaient.

Jo secoua la tête négativement. Hors de question.

- Non ! Je me débrouillerais autrement, mais il n'en est pas question !

Isabel pencha sa tête sur le côté. Henry remarqua bien la ressemblance de Jo avec sa mère, rien qu'à sa simple mimique.

- Jo ! Je sais que ça ne te fait pas plaisir ! Mais il le faut ! S'il te plaît ma chérie ! Ton frère est peut-être en danger. Il faut que tu parles à ton père. Il t'écoutera et tu le sais !

Jo revit des flashs de cet instant qu'elle aurait préféré oublier et elle croisa les bras, refusant catégoriquement. Henry essaya de comprendre, mais il avait presque déjà deviné.

- Non ! maman ! Je ne suis pas capable de faire ça !

Isabel lui prit les mains

- Jo ! Je sais à quel point cela t'a déchiré ! Je sais à quel point c'est difficile pour toi de lui parler et de le voir en face. Je te comprends tellement ma puce, mais il le faut. Tu es la seule qui possède l'autorité compétente pour ça. Et tu sais très bien que si c'est moi qui lui parle, je vais lui éclater la gueule donc il vaut mieux que tu t'en charges.

Jo souffla et acquiesça, sentant des larmes dans les yeux

- Okay ! Très bien ! Je le ferais ! Mais c'est bien parce que c'est toi et que je ne veux pas que quelque chose arrive à Luis. J'espère que cela le rendra moins ingrat envers moi par la suite.

Isabel lui pinça délicatement les joues

- Merci beaucoup mi carino ! Je t'en prie, tiens-moi au courant. Je reste près de mon téléphone dans le cas il finit par appeler. Je dois retourner à la maison. Bon courage !

Jo la regarda partir et se disait que sa belle journée venait de prendre une tournure qui aurait valu qu'elle reste dans son lit.

Henry fit le tour de la table pour se mettre aux côtés de la jeune femme. Lucas tenta d'être subtil, en écoutant la conversation d'une oreille.

Jo se frotta le visage. Il avait fallu que cela tombe sur elle et son imbécile de frère qui n'avait jamais été capable de ne pas être influençable.

Henry lui demanda

- Est-ce que tu peux nous expliquer ce qui vient de se passer ?

Jo croisa ses bras

- Comme vous l'avez entendu, mon frère n'a plus donné de nouvelles et effectivement ce n'est pas dans ses habitudes ! Ma mère veut que j'aille voir la seule personne à qui il n'a jamais cessé de visiter, et ce depuis les dix dernières années.

Henry avait deviné, mais il osa

- Est-ce qu'il s'agit de ton père ?

Elle acquiesça

- Oui. Elle veut que j'aille rendre visite à mon père. Mais je n'ai vraiment pas envie de le voir !

Henry se rappelait qu'elle lui avait dit que son père était en prison. Il n'avait jamais demandé ce qu'il avait fait, mais avait eu sa petite idée.

- Tu sais ça peut se comprendre !

- C'est vrai ! Mais la vérité ce n'est pas tant le fait qu'il soit en prison qui me dérange…

Henry la regarda longuement

- Je suis celle qui l'a mis derrière les barreaux !

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Jo se frotta le visage, assise à son bureau, frustrée comme jamais elle ne l'avait été. Henry était à ses côtés ainsi que Reece et Hanson qui venaient d'être mis au courant de la situation.

Jo avait commencé à lancer les recherches de son frère dans la base de données pour tenter de trouver sa dernière localisation, mais pour l'instant, elle trouvait surtout le petit casier qu'il avait.

Les trois autres ne savaient pas trop quoi dire pour lui remonter le moral. Il était évident que cette affaire allait lui faire remonter des souvenirs qu'elle aurait souhaité enterrer.

Reece tenta alors

- Jo ! On va faire notre possible pour retrouver Luis ! Ne vous forcez pas trop si tout ceci vous plonge dans un certain désarroi.

Jo regarda le lieutenant et esquissa un sourire en coin

- Ça ira lieutenant ! Ce n'est pas la meilleure nouvelle de la journée, mais même si mes relations avec mon frère se tiennent à « bonjour, au revoir », je l'aime quand même et je ne voudrais pas qu'il s'attire plus d'ennuis qu'il en a toujours eus.

Reece lui donna une tape sur l'épaule

- On est là pour vous aider ! Donc, n'hésitez pas à nous solliciter.

Jo en était reconnaissante. À dire vrai, elle ne voulait pas trop impliquer Reece. Cette dernière n'allait pas tarder à les quitter et elle avait certainement tout le stress dû au départ et à l'inconnu en elle, alors elle n'avait pas besoin que d'autres problèmes lui tombent sur le dos.

Hanson la regarda

- Jo ! Je vais me charger des recherches… Il faut que tu…

Jo leva les yeux vers lui et le toisa tellement qu'il n'en rajouta. Elle se leva et croisa ses bras.

- Mike ! Je suis consciente que je dois aller à la prison. Mais je voulais simplement m'assurer des endroits qu'il avait fréquentés. De ce que je sais, Luis ne reste jamais à la même place, ce qui ne devrait pas m'étonner.

Pour l'instant, ils n'avaient reçu aucun signalement de corps donc Jo avait espoir que son frère s'était juste volatilisé ou faisait affaire avec les mauvaises personnes. Il suivait son père trait pour trait et personne n'arrivait à lui faire entendre raison. Il était le premier enfant et en plus un homme. Comme Jo l'avait dit, chaque homme se mettrait en travers de tout et n'importe quoi, dans le but de protéger leur père.

Jo baissa les yeux. Si elle avait eu le choix et si ce n'était pas pour la demande de sa mère, elle ne serait jamais retournée à la prison.

La base de données de la NYPD ne donnait pas spécialement les derniers signalements. Elle secoua la tête.

- Décidément ! On dirait que tout est fait pour que j'aille à cette prison. Mike, continue les recherches s'il te plaît et appelle-moi si tu as du nouveau.

Elle prit quelques affaires et fit volte-face vers l'ascenseur. Elle devait être honnête, elle angoissait quelque peu. Le dicton disait que si une personne n'était pas retrouvée dans les 24h ou au moins 48, c'était qu'il y n'avait plus d'espoir. Mais là, cela faisait une semaine que Luis n'avait pas donné de nouvelles.

Hanson regarda Henry qui était perplexe

- Allez-y !

Henry en sursauta

- Pardon ?

- Accompagnez là ! Si Jo a besoin de quelqu'un pour retourner dans cet endroit, c'est bien de vous Doc.

Henry la regarda disparaître dans l'ascenseur. Il balbutia.

- Je ne sais pas…

Hanson le coupa

- Je suis certain que vous mourrez d'envie de connaître l'histoire alors accompagnez là. Elle vous le racontera. Moi je le sais, parce que j'étais là, mais elle n'en a presque parlé à personne, ni même au psy qu'elle avait vu à l'époque. Vous êtes la seule à qui elle se confie réellement, alors allez-y.

Henry acquiesça et se hâta de rattraper la jeune fille.


Author's note: Mon petit coeur a fondu quand j'ai écrit la scène Jenry du début, tellement j'arrivais bien à me l'imaginer *heart eyes*. Et comme vous vous en doutez, dans ce chapitre nous allons apprendre davantage sur notre petite Jo ;)