Merci de vos reviews, contente que ça vous plaise :). Je sens que cette histoire va connaitre autant plus de succès que la précédente (sans me vanter bien sûr mais je le vois déjà aux nombres de lectures en deux mois que l'histoire est en ligne ;). Alors, j'espère que je continuerais de vous transporter.

Bonne lecture


Ils durent retourner à l'hôpital plutôt qu'au 11, car Hanson y était et apparemment les infirmiers avaient quelque chose pour Jo.

- Comment s'est passée la visite avec ton neveu ? – demanda Hanson, quand le couple débarqua dans le hall.

Jo soupira

- On a dû lui apprendre la mort de sa mère et toute l'histoire qui l'a menée à son adoption. Il ne l'a pas si mal pris, mais il était un peu sous le choc quand même. C'est quelqu'un de bien. En tout cas, ça a l'air.

Hanson acquiesça. Henry lui demanda.

- Que s'est-il passé pour Elsa ? Est-ce qu'on est sûrs que c'est bien une hémorragie ?

Hanson approuva

- Si vous pensez que quelqu'un a essayé de la faire taire, je ne pense pas. L'hémorragie est arrivée quand elle était en salle d'opération. Ils ont tout tenté, mais ça n'a pas fonctionné.

Henry ne se rappelait pas que la blessure était assez profonde pour qu'elle ne survive pas l'opération. Il se frotta sa petite barbe.

- C'est ce qu'on nous dit, mais peut être que quelqu'un a tenté de la faire taire et s'est fait passer pour un médecin et a soit aggravé la blessure, soit a fait en sorte que l'hémorragie se déclenche en salle d'opération.

Jo le regarda, d'un air perplexe

- Est-ce que ça veut dire que tu veux faire une autopsie ?

Henry acquiesça

- J'aimerais bien ! Juste pour m'assurer que ce n'était pas accidentel.

- Et si c'est le cas ? – demanda-t-elle

- On aura peut-être la chance de trouver qui est responsable, ce qui pourrait nous mener jusqu'à ton frère.

Jo approuvait grandement l'idée. Ils n'avaient rien à perdre et tout était bon à prendre.

Elle regarda alors Hanson

- Alors ? Qu'est-ce que les infirmiers voulaient me donner ?

- Je ne sais pas ! Ils n'ont pas voulu me le confier. Ils sont dans la chambre d'Elsa. Tu peux aller les voir.

Elle laissa les deux hommes et cogna doucement à la porte. Le corps venait d'être recouvert. Elle montra son badge.

- Euh, je suis le détective Jo Martinez ! Mon collègue m'a dit que vous aviez quelque chose pour moi ?

Une jeune infirmière s'avança vers elle et lui donna un bout de papier

- Oui ! Avant son opération, Elsa nous a demandé de vous donner ceci si jamais vous passiez dans le coin et qu'elle n'aurait pas été en mesure de répondre à vos questions. Personne ne l'a lu, mais je pense qu'elle contient des informations concernant cet homme que vous recherchez.

Jo la remercia d'un signe de tête et sortit, en dépliant la lettre. Elle la parcourut rapidement. Dedans, Elsa s'excusait vis-à-vis d'elle pour l'avoir mis dans l'embarras depuis 20 ans et le fait qu'à son âge, elle avait dû couvrir pour deux idiots comme elle et son frère. Elle exprimait qu'elle avait tenté de retrouver Tony, mais sans succès, en lien avec le nom de famille comme ce dernier l'avait dit. Elle s'excusait aussi envers Isabel et ses parents, car elle n'avait jamais voulu leur cacher la vérité, mais ils ne méritaient pas de supporter le poids de leurs erreurs. Et entre quelques lignes, elle expliquait que Luis s'était vraiment mal pris avec le Purple Gang. Il devait effectivement de l'argent à Loco et les choses ne se présentaient pas bien. Elle expliquait qu'il avait tenté de repayer ses dettes, mais il en avait tellement que cela avait été impossible.

À la fin de la lettre, les initiales SNP étaient écrites. Jo resta interdite. Elle sortit rapidement de la chambre et secoua la lettre devant les deux hommes.

- On n'a pas besoin de faire l'autopsie d'Elsa – cria-t-elle, faisant sursauter ses collègues

- Comment ça ? – demanda Henry, qui avait été prêt à jouer les bouchers, apparemment.

Elle leur tendit la lettre. Ils la lurent rapidement et Hanson demanda.

- C'est quoi SNP ?

- St Nicholas Playground South – répondit Jo

Henry fronça des sourcils

- Une aire de jeu ?

Jo acquiesça. Hanson ne suivait pas.

- Je ne comprends pas – avoua-t-il

Jo essaya de s'expliquer, ils n'avaient plus de temps à perdre.

- L'aire de jeu n'est pas à côté de chez nous. Mais quand on était petits et que Luis était suffisamment grand pour nous emmener jouer et nous surveiller, on allait souvent là-bas. Il y a une espèce de voûte qui ressemble à une Église, mais qui n'en ait pas une, mais qui est la cachette idéale pour tout et n'importe quoi. C'est là-bas que Luis se trouve et qu'ils doivent le détenir depuis des jours. J'espère qu'il n'est pas trop tard. On n'aura pas besoin de l'autopsie, il nous suffira d'arrêter tout le monde.

Jo faisait confiance à Elsa. Quand elle était sobre, elle aurait été capable d'aider sans cligner des yeux.

Hanson appela une équipe en renfort et ils ne perdirent pas de temps pour se rendre rapidement à l'adresse indiquée et devinée par Jo.

###

Ils débarquèrent à l'aire de jeu qui était vide à cette heure de la journée et vide, surtout parce que les enfants étaient à l'école. Mais quand Jo pensait que ce gang utilisait la voûte pour faire toutes leurs méchantes affaires, sachant qu'il y avait des enfants qui restaient dans le coin.

La team qui se chargeait de parcourir la voûte se sépara dans un long corridor qui avait plusieurs chemins.

Jo, Henry et Hanson étaient tous trois d'un côté et avançaient presque sur la pointe des pieds.

Jo n'avait pas l'esprit tranquille. Elle espérait sincèrement que son frère n'était pas passé au broyeur. Déjà, lui apprendre que la femme qu'il avait toujours aimée était morte, n'allait pas être évident mais le retrouver sans vie, serait bien pire. Honnêtement, Jo savait qu'elle n'avait pas besoin de voir tout ça.

Ils entendirent des bruits et des éclats de voix comme une violente dispute. Hanson était devant et se retourna pour regarder Jo et Henry.

Il fit un signe.

- On y va mollo.

Jo obligea Henry à rester derrière eux. Hanson était sur le qui-vive avec son arme pointée et sa lampe torche de l'autre.

- Tu nous as trahis – hurla une voix, qui ressemblait bien à quelqu'un capable de tuer en un seul coup d'œil.

La personne avec qui il argumentait n'était visiblement pas en état de répondre. Mais il tenta.

- Je.. Je n'ai trahi personne…

- Tu me dois de l'argent espèce de salaud ! Tu as cru qu'ouvrir ton petit business avec mon fric allait te donner quartier libre ? Je vais te dire un truc, être le fils de Victor ne te donne aucun droit et si j'ai envie de me débarrasser de toi et bien je vais le faire.

Jo haleta

- Luis – murmura-t-elle d'une voix cassée

Hanson ne perdit plus de temps et déboula comme un bourrin, en criant

- NYPD !

L'homme qui était sur le point d'abattre Luis, sursauta et commença à tirer aléatoirement. Tout le monde se mit à couvert et Jo poussa Henry pour qu'il soit caché par les murs, qui n'étaient pas très épais, mais qui empêchaient les balles de traverser au moins.

Il tenta de s'échapper, mais d'autres équipes de la NYPD le bloquèrent. Il tenta de tirer, mais Jo arriva derrière lui et lui donna un coup de gâchette sur l'arrière du crâne.

L'homme retomba comme une masse et Jo le retourna, en pointant son arme devant son nez.

Elle rigola en le voyant.

- Loco le taré je suppose ?

Il la regarda de la tête aux pieds, encore un peu sonné

- Laisse-moi deviner, t'es de la famille de l'autre abruti ? T'es la fille de Victor.

Jo sentit ses doigts se resserrer autour de son arme. Il tenta de se lever, mais Hanson appuya sur lui avec son pied, pour l'obliger à rester à terre.

- Je me rappelle de toi ! T'es sa dernière gosse ! La petite curieuse qui regardait tout ce qui se passait et qui mourrait d'envie de tout raconter à sa petite maman.

Jo n'aimait pas trop qu'on lui rappelle ces moments qu'elle avait passés à toujours regarder les méfaits que son père commettait. Elle se rappelait également de Loco, mais à l'époque il était sans doute sous un autre nom et n'était pas à la tête du gang.

- J'aurais dû me douter que tu serais derrière la reformation du gang ! Tu étais collé à mon idiot de père. Mais je ne te laisserais pas entraîner mon frère dans tes sales magouilles.

Il cracha

- Ton frère me doit de l'argent et crois moi que je lui ferais payer ça quand je sortirais de prison.

Jo le regarda longuement et lui donna un coup de pied qui l'assomma direct. Tout le monde resta sans voix, y compris Henry.

- Ça tombe bien, parce que tu ne sortiras jamais ! Emmenez-le !

Elle fit signe aux autres membres de la NYPD qui durent jouer des pieds et des mains pour réussirent à le lever et le ramener jusqu'aux voitures, en étant menotté, sachant qu'il était complètement assommé.

Jo rangea son arme et courut vers son frère, qui était allongé sur le sol, le visage en sang et vraiment pas beau à voir. Henry la rejoignit pour s'assurer que le jeune homme n'aurait pas une crise cardiaque ou n'avait pas eu un traumatisme crânien.

Jo tapota doucement les joues de son frère

- Luis ? Luis, réveille-toi ! Tu es en sécurité !

Henry ne l'avait jamais vue si affolée. Il espérait sincèrement que son frère serait moins ingrat avec elle, parce qu'elle venait de passer les pires journées de sa vie à se faire un sang d'encre pour lui.

Elle regarda Henry

- Dis-moi qu'il va s'en sortir ?

Henry avait tâté l'arrière de son crâne et il n'y avait aucun hématome. À part le visage, Luis ne semblait pas avoir plus de casse que ça.

- Jo, rassure-toi ! Ça devrait aller pour lui.

La réponse vint rapidement à eux quand Luis reprit ses esprits et qu'il toussa. Henry aida Jo à le relever et le mettre en position assise. La jeune femme mit ses deux mains sur les joues de son frère.

- Luis ?

Il cligna rapidement des yeux. Des yeux un peu rouges. Jo soupira. Il était incorrigible.

- Jo ? c'est toi ?

Elle sourit et hocha la tête.

- Mais ? Comment ? Qu'est ce que tu fais là ? J'ai cru que j'allais mourir.

- Pas aujourd'hui ! Pas sous ma main.

Il regarda longuement sa sœur et elle le serra contre lui. Les larmes coulèrent toutes seules, ce qui brisa quelque peu le cœur d'Henry. Il n'avait pas l'habitude de la voir si fragile.

Henry et Hanson laissèrent un petit moment au frère et à la sœur de faire part à leurs retrouvailles avant de reprendre la route.

Ils avaient amené Luis à l'hôpital pour qu'il se fasse examiner. Jo avait décidé d'y rester pour pouvoir avoir une discussion avec son frère. Henry avait dit qu'il resterait à ses côtés.

Jo avait contacté sa mère. Ils avaient de nombreuses choses à se dire. Il était temps que la vérité sorte.

Isabel accourut dans le couloir où sa fille attendait devant la chambre de Luis le temps qu'on lui donne l'autorisation de rentrer. Henry était assis sur une chaise à ses côtés, après avoir passé un rapide coup de téléphone à Abe, avec le cellulaire de Jo.

- Josephine !

Jo ne s'y ferait jamais au fait que sa mère continuait de l'appeler par son prénom entier.

Elle sauta dans les bras de sa fille comme à son habitude et regarda son fils à travers la vitre de la chambre.

- Comment il va ? Dis-moi qu'il va bien ?

- Ça va maman ! On est arrivés à temps. Il est un peu sous effets, mais ils sont en train de s'occuper de ça et après on pourra lui parler.

Isabel acquiesça. Jo la conduisit sur une des chaises à côté d'Henry. En voyant l'immortel, elle ne fit même pas de blagues salaces et au contraire, le salua d'un signe de tête.

Pour Isabel, attendre des nouvelles de son premier enfant, avait dû être un enfer également.

- Tu ne peux savoir à quel point je suis heureuse d'avoir un flic dans la famille – murmura Isabel, en frottant les mains de sa fille

Jo ne fit qu'esquisser un sourire un coin. Elle s'était toujours dit qu'il fallait bien quelqu'un pour ramasser les pots cassés et protéger la famille. Et elle avait le rôle parfait pour ça.

- Qu'est-ce qui s'est passé alors ? – demanda Isabel – pourquoi était-il introuvable ?

Jo regarda Henry qui fit un signe de tête

- Il a eu des ennuis avec la tête de groupe The Purple Gang ! Il avait ouvert un commerce illégal d'électronique en se servant de l'argent du leader. Il n'a pas remboursé et il a croulé sous les dettes et tu sais comment ça marche avec eux. On règle tout par la violence.

Henry pouvait lire sur le visage d'Isabel qu'elle se sentait désolée de ne pas avoir pu empêcher son fils de prendre cette voie et suivre son père. On voyait à quel point cela l'avait heurté. Ce qui expliquait sans doute pourquoi, elle couvait sa jeune fille de la sorte.

Jo avait pu lire sa mère comme un livre et lui frotta les épaules

- Ne te sens pas coupable de ce que Luis est devenu maman ! C'était son choix.

- Je sais ! Mais j'aurais aimé qu'il prenne une voie différente ! Qu'il fasse un vrai métier comme toi ou Clara…

Henry se permit

- Je pense que cette histoire le fera réfléchir et peut-être qu'il reverra ses priorités

Isabel sourit et fit un regard sous-entendu à Jo, qui préféra l'ignorer

- J'espère sincèrement que vous avez raison, docteur !

Un jeune homme avança vers eux. Jo se leva et se pinça les lèvres. Le temps des révélations était venu.

Isabel leva les yeux et crut halluciner. Jo prit le bras du jeune homme et regarda sa mère.

- Maman ! Reste assise ! Il faut que je te présente quelqu'un ! Luis, Clara et moi… Et en parallèle cette pauvre Elsa…on t'a caché quelque chose pendant près de 20 ans… Luis ne voulait pas qu'on t'en parle. Papa a couvert pour lui. Tout le monde avait peur que tu ne le tues si jamais tu venais à le découvrir et honnêtement, vu comment tu menaçais les voisins, je pense que tu en aurais été capable.

Isabel lança un regard noir à sa fille. Henry comprenait mieux ce qu'elle voulait dire dans un tel cas.

- Je n'aurais jamais fait de mal à mes enfants !

Jo n'y croyait pas trop

- Hmm ! Permets-moi de douter !

- Peu importe ! qui est-ce ? – demanda Isabel, ayant comme déjà deviné

Jo laissa le jeune homme s'introduire

- Bonjour madame Martinez ! Je… Je vous avoue que je ne connaissais pas du tout l'histoire et j'ai rencontré Jo il y a quelques jours. Je m'appelle Tony… Tony Martinez… J'ai 19 ans. Et je suis votre petit fils.

Ni Henry ni Jo ne purent dire ce qu'Isabel pensait à ce moment. Elle garda un visage impassible, comme si la nouvelle l'atteignait à peine, mais Jo se disait qu'elle allait créer un scandale d'une minute à l'autre.

Elle finit par ouvrir la bouche après de longues minutes de silence.

- Tu ressembles à ton père…

Elle regarda alors Jo qui se disait qu'elle allait se faire passer au laser

- Écoute maman… Avant que tu t'énerves. Je… Quand Luis nous a annoncé ça, je n'avais que 10 ans et crois moi, vivre avec un tel secret pour une gamine, c'était difficile. J'avais le soutien de Clara, mais j'ai failli craquer à plusieurs reprises.

Isabel la regarda. Jo ravala sa salive. Elle était morte. Même Henry se sentait mal pour elle et Tony également.

Elle finit par relâcher ses épaules et esquissa un demi-sourire

- Je m'en suis toujours douté !

Tout le monde tomba des nues

- Quoi ? – beugla Jo qui n'était pas sûre d'avoir bien compris

Isabel haussa des épaules

- Bah oui ! Je m'en suis douté ! Franchement, vous êtes trois enfants et vous êtes une vraie bande de bras cassés ! Toi et ta sœur, je voyais bien que cela vous tuait à petit feu de me le cacher. Et puis, cette excuse de partir pour six mois à l'armée avec son père en plus ? Elsa qui le suit pour l'école en ligne ? On n'apprend pas à un vieux singe à faire la grimace. Je n'ai rien dit de ce que je pensais à ses parents, parce que oui effectivement ils auraient pu achever Elsa eux-mêmes… Quant à moi, étant donné que cela était déjà fait et que ces deux idiots d'adolescents avaient décidé de prendre la fuite, je me suis dit que ça leur servirait déjà de leçon et que ça leur apprendrait la vie.

Elle leva les yeux au ciel puisqu'apparemment cela n'avait pas changé leur addiction, mais au moins ils avaient été assez conscients pour ne pas la faire subir à Tony.

Elle se leva et regarda son petit-fils. Jo était complètement chamboulée. Sa mère était pire que bonne.

- Je suis contente de faire ta connaissance Tony et je suis désolée que mon idiot de fils t'ait laissé tomber… Cela étant, vaut mieux ça que tu finisses dans le même état que lui. Et je suis également désolée pour ta mère, qui était une brillante fille pendant longtemps.

Tony sourit et acquiesça

- C'est ce que tante Jo me disait !

Jo se disait que d'une certaine façon c'était un mal pour un bien. Elle avait quand même réussi à ressouder les liens familiaux.

L'infirmière ressortit de la chambre et regarda le petit groupe.

- Nous avons évacué toute la drogue du corps de Luis. Il va s'en remettre doucement, mais pour l'instant, il a besoin de repos. Cependant, vous avez le droit d'aller lui parler, mais pas longtemps.

Jo la remercia et elle regarda sa mère.

- Allons-y. Tony, reste là deux petites minutes. Il faut faire ces choses-là dans l'ordre.

- D'accord !

Le jeune homme prit place à côté d'Henry, le temps que les deux femmes discutent avec Luis.

Il regarda Henry

- Alors, comme ça vous êtes le partenaire de ma tante ?

Henry hocha la tête

- Oui, ça fait un an qu'on travaille ensemble.

Il fit un petit sourire

- Je vous ai observé quand vous êtes venus m'interroger… Et je vois quelque chose entre vous ! J'ai cru que vous étiez mariés… Pour ça que j'ai pensé que c'était vous mes parents biologiques. Vous allez bien ensemble.

Henry ne sut quoi répondre. Ils avaient été grillés en quelques secondes, par un jeune homme de même pas 20 ans.

- Et je suis certain que ce n'est pas la première fois que vous entendez ça – ajouta Tony en faisant un clin d'œil à Henry

Henry sourit. Peut-être que cela signifiait bien quelque chose au final.

Jo et Isabel étaient dans la chambre et se mirent chacune à un bout du chevet de Luis.

- Mon chéri ! – Isabel fit une bise sur le front de son grand garçon.

Il regarda sa sœur et sa mère et fut heureux de les voir

- Je ne pensais pas être si soulagé de revoir vos visages un jour – avoua-t-il d'une voix cassée.

Jo s'assit à demi sur le lit et le regarda en secouant la tête

- Tu nous as fait peur pendant une bonne semaine. Maman était inquiète et moi aussi. J'avais espoir de te retrouver vivant, mais à mon avis tu devrais revoir les gens que tu fréquentes.

Luis tourna la tête et soupira

- J'ai vraiment merdé pour ce coup-ci… Mais je me reprendrais. Je ferais attention à l'avenir.

Jo ignorait si cela l'empêcherait de consommer ou d'être un addict, mais au moins, il savait que tous ces petits échanges l'avaient mis en danger.

Il demanda alors

- Et Elsa ? J'avais tenté de la protéger, mais elle s'était fait tirer dessus. Cependant, elle avait réussi à se cacher et j'avais réussi à tirer Loco hors de la maison.

Jo baissa les yeux au même titre qu'Isabel. En voyant leurs têtes, Luis comprit immédiatement. Il sentit des larmes dans les yeux.

- Ils ont réussi à la tuer… Cette bande de bâtards !

Jo tenta de le rassurer

- Elle n'est pas morte sur le coup si ça peut aider ! Elle avait été conduite à l'hôpital où elle a eu une hémorragie interne pendant l'opération. Elle n'a pas survécu. Henry voulait s'assurer que ce n'était pas un homicide, mais on n'a pas eu le temps, parce qu'elle avait laissé une lettre pour te retrouver. Je pense que le principal c'est qu'on t'ait retrouvé, et en vie ! Mais, je suis désolée pour Elsa. Ça m'a fichu un coup aussi.

Luis dut accepter ce qui était arrivé et il ferait son deuil en temps et en heure. Il demanda alors.

- Qui est Henry au fait ?

Jo rougit et allait répondre, mais sa mère fut plus rapide

- Ton futur beau-frère ! Note la date, d'ici l'année prochaine ils sont mariés !

Jo regarda sa mère comme si elle était folle. Elle lui donna une tape sur le bras.

- N'importe quoi ! Tu la connais, dès que je rencontre un homme, elle perd la boule.

Isabel leva les yeux au ciel. Luis était perdu.

- C'est ton petit copain ou pas ?

Isabel et Jo répondirent en même temps

- Oui/Non

Jo secoua la tête ! Sa mère ne changerait jamais.

- Ce n'est pas mon petit copain – reprit-elle après avoir lancé un regard à sa mère – c'est mon légiste officiel… Et mon partenaire. Son aide est vraiment précieuse, sur toutes mes enquêtes… Il… Il ne voit pas les choses qu'un autre légiste le verrait et il est certainement le meilleur avec qui j'ai travaillé jusqu'à présent.

Même étant sous médicaments, Luis remarqua bien cette lueur dans les yeux de sœur. La même qu'elle avait eue avant de se mettre avec Sean. Il n'avait pas beaucoup connu son défunt mari, mais lorsque Jo tombait amoureuse, elle avait souvent les mêmes mimiques et il semblait qu'elle était en train de replonger. Il échangea un regard avec sa mère et acquiesça. Ella avait sans doute raison.

Jo reprit alors

- Il faut aussi qu'on te présente quelqu'un… Elsa avait apparemment tenté de retrouver votre fils

En entendant Jo le dire si ouvertement, son regard dévia vers sa mère. Cette dernière secoua simplement sa main.

- J'étais déjà au courant depuis bien longtemps mon bonhomme ! Et je crois que tu as bien fait de partir parce que je t'aurais effectivement botté les fesses ! Faire un gosse à 16 ans, je me demande bien ce que tu avais derrière la tête. Mais bon, maintenant le mal est fait et ce jeune homme m'a l'air plutôt gentil.

Luis regarda sa sœur. Elle se leva et mit sa main sur la poignée.

- Je l'ai retrouvé récemment et je lui ai parlé de toute l'histoire ! Il est derrière la porte.

Luis ne savait pas trop quoi penser. Il balbutia.

- Mais.. Je.. Je n'ai pas été présent pour lui. Je n'ai pas été son père. Je l'ai abandonné sans aucun remords… Je ne saurais même pas quoi lui dire.

Jo pencha sa tête sur le côté

- Luis ! Tu étais jeune et mineur. Tony le comprend et il l'accepte. Tu ne l'as pas abandonné ! Tu l'as mis à l'adoption. Toi et Elsa vous avez pris la meilleure décision pour lui et il a grandi dans une bonne famille. C'est ce qui compte. Mais il a fait l'effort de venir pour te rencontrer. Il veut apprendre à te connaître.

Luis regarda longuement sa sœur

- Est-ce qu'il sait pour sa mère ?

Jo acquiesça

- Je venais de lui rendre visite quand on m'a appelé pour me le dire !

Luis poussa un long soupir. Il n'était pas sûr d'avoir quelque chose de paternel. Pour lui, un père ne ressemblait qu'au modèle qu'il avait eu pendant près de 40 ans. Il fit un signe de tête à Jo, qui ouvrit la porte et invita Tony à rentrer.

Ce dernier avança lentement vers Luis qui se sentit submergé par l'émotion. Il lui ressemblait, mais Luis pouvait voir quelques petits airs d'Elsa et il était bien content de voir que le jeune homme se portait bien.

Henry s'était levé pour rester dans l'embrasure de la porte, juste derrière le dos de Jo qui regardait cet échange familial qu'elle aurait aimé voir plus souvent.

Henry lui frotta les épaules

- Tu as fait du bon travail Jo ! Et je pense que ton frère est reconnaissant.

Jo se retourna pour le regarder et ils échangèrent un long et doux sourire qui en disait long sur leurs sentiments. Isabel ne manqua pas leur échange et ne put s'empêcher de sourire bêtement. Si sa fille redevenait heureuse, alors elle ne voudrait pas s'interposer, peu importe qui était l'homme qui ferait battre son cœur.