Merci pour vos reviews ! Je sais, je sais.. Croyez moi, la présence d'Alice ne va pas vous plaire et vu que l'affaire est en deux parties, vous allez pleurer mais j'essayerais d'apaiser votre peine en postant des longs chapitres ;).
Henry ferma le dossier et repartit rapidement sur le corps. Le fait qu'Aiden avait été tué par balles ne l'aidait vraiment pas à savoir quel était le gabarit de la personne qui avait pu commettre un tel meurtre.
D'après le dossier, April faisait à peine 1m60, mais comme il y avait songé, personne ne pouvait savoir quel était son état lorsqu'elle n'était pas consciente.
Mais il ne voulait pas tirer de conclusions trop vite.
Il ne pourrait pas le deviner. Il faudrait attendre le résultat de la balistique et qu'il se fasse une idée du personnage lui-même. De plus, en fonction de ce qu'ils allaient trouver dans les armes, il faudrait sans doute aller rendre visite à l'appartement de la jeune femme, si autant donné elle avait un chez elle ou qu'elle restait simplement dans un établissement personnalisé.
Il déboula dans l'ascenseur et se hâta de rejoindre la salle d'interrogation où Hanson et Jo venaient tout juste d'y rentrer.
La femme qui se tenait devant eux semblait complètement perdue et inconsciente de ce qui se passait autour d'elle.
Elle tournait et retournait ses mains dans tous les sens et on avait l'impression qu'elle se sentait traquée.
Jo et Hanson s'échangèrent un regard et s'installèrent doucement en face d'April.
- April ? Je suis le détective Jo Martinez et voici mon collègue Mike Hanson… Est-ce que vous êtes en mesure de répondre à nos questions ?
April détourna rapidement la tête vers Jo et lui fit un large sourire
- Qu'est-ce que vous êtes belle !
Hanson se pinça les lèvres. Apparemment, Jo serait encore la gentille flic pour aujourd'hui. La jeune fille ne sut réellement comment réagir face à un tel compliment, sachant qu'April était sans doute quelque peu atteinte à ce moment.
- Euh, je vous remercie ! Est-ce que vous pouvez me parler ?
Elle regarda alors Hanson et croisa ses bras
- Seulement s'il sort ! Je me sens plus en sécurité avec une femme. Et vous êtes douce et belle… Vous me faites penser à quelqu'un que j'ai connu il y a bien longtemps.
Jo regarda Mike et lui fit un signe de tête, mais avant qu'il ne sorte, elle demanda
- Pourquoi vous ne voulez pas que Mike soit là ?
Elle commença à s'agiter et regarder tout autour d'elle, de nouveau comme si elle était pourchassée.
- Parce qu'il peut voir à travers mon âme et il peut me soutirer des infos… Il peut me faire du mal.
Hanson se sentit offusqué. Lui qui passait son temps à défendre les civils. Il ouvrit la bouche, mais Jo le stoppa. Il n'y avait rien à dire face à une personne qui n'avait pas l'esprit net.
Henry fronça des sourcils. Pour qu'April agisse de la sorte, obligatoirement quelque chose lui était arrivé avec des hommes… Et pas en bien.
Elle s'agita de plus en plus
- Il s'en va ou pas ? Sinon je vais croire que vous n'êtes pas gentille du tout. Il faut qu'il parte et je parle !
Jo regarda Hanson
- Mike ! Sors s'il te plaît ! Je gère, ne t'en fais pas !
Il leva les yeux au ciel et sortit rapidement en rejoignant Henry dans la salle arrière.
- Vous êtes déjà là ?
Henry hocha la tête
- Ça veut dire que vous avez lu son dossier ?
- Tout à fait ! Mais je n'ai rien vu qui disait qu'elle avait une phobie des hommes.
Hanson haussa des épaules
- Dans son état, à mon avis elle ne fait pas la différence entre le bien et le mal.
- Je dois vous donner raison
Hanson demanda alors
- Et est-ce que vous pensez qu'elle pourrait être derrière ce meurtre ?
- Pour l'instant, je ne peux pas l'affirmer. Clairement, avoir une pathologie qui conduit à la folie, fait que beaucoup ne savent pas ce qu'ils font. Elle peut être coupable comme pas du tout. Aiden a été tué par deux balles dans la poitrine et j'ai demandé à Lucas d'aller faire des analyses pour avoir une liste des armes qui auraient pu servir. Il faudra sans douter aller faire un tour chez elle pour voir si elle possède une telle arme.
Hanson acquiesça
- Eh bien on verra ce qu'elle dit à Jo.
April semblait déjà bien plus détendue après le départ d'Hanson et sourit de nouveau à Jo, qui devait avouer qu'elle sentait un certain malaise. Pour le coup, se retrouver seule face à une femme dont l'humeur était pratiquement bipolaire lui faisait un peu peur.
Elle prit une profonde inspiration. Elle ne voulait pas non plus la choquer en lui montrant des photos de corps ou quoi que ce soit d'autre. Elle montra simplement la photo d'Aiden, mais bien vivant.
- April ! Est-ce que vous connaissez cet homme ?
April regarda longuement la photo et marmonna
- Oui oui…
Jo regarda rapidement par-dessus son épaule et continua calmement
- Est-ce que vous savez ce qui lui est arrivé ?
April hocha vivement la tête comme une enfant prise en faute. Jo ne lâcha pas prise.
- Pouvez-vous me le dire ?
April serra ses mains l'une contre l'autre et recommença à regarder autour d'elle.
- Il était méchant !
Jo sentait qu'elle allait y passer la journée. Elle était bien soulagée d'avoir énormément de patience. D'autres auraient déjà laissé tomber.
- Pourquoi était-il méchant ?
April commença à trembler. Henry n'était pas sûr qu'elle allait vraiment avouer quoi que ce soit. Peut-être que sa psychiatre avait raison. Elle n'était pas du tout cohérente.
April porta les deux mains à sa tête
- Je veux que ça s'arrête !
Jo se demanda de quoi elle parlait
- Qu'est-ce que vous voulez qui s'arrête ?
- Tous ces bruits autour de moi ! Ils me font mal !
Jo savait parfaitement que dans une salle d'interview, il n'y avait pas de bruit, tout était insonorisé dans un but précis. Elle tenta de rassurer la jeune femme.
- April… Il n'y a aucun bruit autour de nous... C'est le calme complet.
April secoua la tête
- Vous ne les entendez pas ! Mais ils sont en moi, ils me torturent et me disent des choses !
Jo était vraiment à la prise de tête avec cette pauvre patiente. Elle ne savait vraiment pas quoi d'autre lui poser comme question. Pas sûr que l'enquête avancerait à une telle allure.
Henry mourait d'envie d'essayer de lui poser des questions, mais il allait sans doute se faire jeter de la même manière qu'Hanson, si April avait un problème avec les hommes.
Pendant qu'il se faisait une réflexion, la porte s'ouvrit sur la jeune femme blonde qu'ils avaient arrêtée il y avait environ une heure.
- Qu'est-ce que vous faites là ? – demanda Hanson, scandalisé de voir les gens débarquer comme s'ils étaient dans un salon de thé.
Elle ne lui accorda aucun regard et se plaça à côté d'Henry qui n'avait pourtant rien demandé.
- Je vous ai dit que j'allais revenir ! Je suis la psychiatre d'April ! Et à voir la tête de votre collègue, je dirais que vous n'avez rien réussi à en tirer jusqu'à présent.
Hanson et Henry s'échangèrent un regard. Mais qui était donc cette femme qui débarquait ainsi sans prévenir et se permettait de mettre des bâtons dans les roues de leur enquête ?
Jo était en train de lutter. Henry demanda alors à Alice.
- Excusez-moi, docteur Logan ! J'ai effectivement vu votre nom sur le dossier d'April. Elle a plusieurs pathologies. A-t-elle déjà fait du mal à quelqu'un par le passé, sans en apercevoir ?
Alice le regarda comme il était le malade mental dans l'histoire
- Bien sûr que non ! Je suis April depuis environ six ans. On ne peut pas juger par ses pathologies, mais elle fait des efforts. Elle prend au moins ses médicaments régulièrement. C'est juste lorsqu'elle ne les prend pas qu'elle est désorientée. Comme là. Mais je ne peux pas la droguer H24, il y a des heures à respecter.
Hanson se sentait particulièrement seul. Déjà qu'il venait de se faire jeter vulgairement de la salle d'interview, mais maintenant, il devait écouter une conversation entre deux docteurs. Certains matins, il se disait que rester aux côtés de sa femme et leurs deux éléments perturbateurs, ne seraient peut-être pas plus mal dans le fond.
- Je comprends tout à fait ! Mais une personne peu saine d'esprit ne peut contrôler ce qui se passe autour d'elle.
Alice leva les yeux au ciel
- Je suis bien placée pour le savoir. Mais je vous dis que vous perdez votre temps avec April.
Ils regardèrent de nouveau la salle où Jo avait tenté de savoir si oui ou non April avait tué Aiden, mais la jeune femme partait dans d'autres délires et ne semblait plus savoir réellement qui était l'homme qu'elle avait montré en photo.
Après une longue demi-heure d'interview et toujours aucune confession de la part d'April, Jo savait qu'il était temps d'abonner et de faire une pause. Elle n'avait pas osé demander pour quelle raison, April s'était présentée en confessant le meurtre.
- Je pense qu'on a fini pour l'instant April. Nous chercherons d'autres informations.
Jo commença à se lever, mais April fit de même et lui retenu le bras. Jo se sentit quelque peu agressée et mal, mais elle savait que la jeune femme ne lui ferait rien.
Hanson voulut aller au secours de sa collègue, mais Henry l'en empêcha
- Non ! Détective ! April se sent en sécurité avec Jo. Il faut la laisser si elle veut dire quelque chose.
Hanson se renfrogna, mais il n'aimait pas trop lorsqu'un suspect tournait autour de Jo. Henry non plus, mais pour le coup, il savait parfaitement qu'April ne tenterait rien.
Il demanda tout de même à Alice pour en être sûr
- Ma collègue ne risque rien, n'est-ce pas ?
Alice le regarda de travers
- Non je vous dis ! Elle a parfois juste besoin d'affection !
Jo regarda April, qui n'arrêtait pas de poser ses mains partout sur elle. La détective se laissa faire, car elle ne voulait vraiment pas l'effrayer.
- Comme je vous l'ai dit ! Vous êtes tellement belle… Vous me faites penser à elle.
Jo fronça des sourcils
- Je vous fais penser à qui ?
Alice pencha sa tête pour regarder Jo de plus près. Elle fronça des sourcils.
- C'est fou ça !
Henry et Hanson la regardèrent
- Qu'est-ce qui est fou ?
- April s'est toujours créé une espèce d'idéal féminin… Qu'elle dessine partout et qu'elle imagine en rêve. Dans sa conscience, elle a même réussi à en faire un portrait sur l'ordinateur et je jurerais que votre collègue lui ressemble trait pour trait. Son dessin est moins accentué sur le côté hispanique et la jeune femme possède des cheveux plus foncés et plus droits que la détective, mais à quelques détails près, elles pourraient être les mêmes. Je ne sais même pas comment ceci est possible.
Le détective et le légiste s'échangèrent un regard étonné. Jo aurait servi de modèle pour une patiente. Voilà qui était étrange.
Alice les rassura
- Ce n'est pas vraiment elle, je vous rassure ! Mais la ressemblance est juste assez frappante ! Peut-être qu'au plus profond d'elle, April espérait rencontrer le détective Martinez et me le faisait savoir à sa façon.
Henry se frotta sa petite barbe. Il avait retenu qu'April était capable de dessiner et de faire des portraits numériques.
- Vous dites qu'elle dessine ? Elle en est capable ?
Alice hocha la tête
- Et plutôt deux fois qu'une ! Lorsqu'elle a pris ses médicaments, elle est capable de vous redessiner… Une scène de crime par exemple, dans les moindres détails.
Hanson et Henry aimaient particulièrement cette information. Ce fut quelque chose qui pourrait leur être utile s'ils venaient à découvrir qu'April n'était pas responsable, mais la façon dont se présentaient les choses, cela semblait presque impossible.
April enlaça ses deux bras autour de la taille de Jo et posa sa tête contre elle, telle une fille avec sa mère.
Jo était embarrassée et ne sut comment réagir à tant d'affection.
- Euh April ! Je vais vous laisser vous reposer pour l'instant. On reparlera plus tard.
April la regarda avec des yeux brillants et secoua la tête
- D'accord ! Vous pourrez me demander ce que vous voulez ! Je n'entends plus le bruit. Vous êtes un ange !
Jo fit un sourire crispé et sortit de la salle. April retourna s'asseoir en chantonnant. Jo rentra dans la salle arrière et dévisagea Alice quand son regard croisa le sien.
- Qu'est-ce que vous faites là ?
Alice allait répondre, mais pour le coup ce fut Henry qui prit sa défense, à la grande surprise d'Hanson.
- Le docteur Logan est là pour nous assister. Si cela ne dérange personne, je souhaiterais travailler avec elle pour qu'on puisse étudier plus en profondeur, le cas d'April. Elle pourra sans doute nous être très utile dans notre affaire, sachant qu'elle connaît bien April.
Jo n'aimait pas trop ça et se surprit à se sentir mordue par le serpent de la jalousie. Et pour cause. Le Dr Logan était une belle femme, blonde… Et Jo savait qu'Henry avait toujours eu un faible pour ce type de femme. Elle n'était plutôt pas mal à regarder et était même plus grande qu'elle. Tout pour plaire à Henry en somme.
Cependant, elle parvint à maîtriser ses émotions et regarda Mike.
- Qu'est ce que tu en penses ?
- Franchement, je suis perdu dans tout ça. Donc si deux docs sont d'accord pour travailler ensemble et que cela nous fait avancer dans l'enquête, je suis entièrement pour.
Jo pensa à Gates. Elle croisa ses bras.
- Mais il ne faut pas oublier qu'il faut qu'on en parle à notre supérieure. Elle n'est pas du genre à laisser n'importe qui interférer dans nos affaires.
Alice la coupa, en faisant un petit sourire
- Sauf votre respect détective, je n'interfère pas. Je viens apporter un coup de main supplémentaire dans une affaire, qui à mon avis ne sera pas de tout repos. Et de plus, pas besoin de demander au lieutenant Gates sa permission. Je suis passée la voir avant de vous rejoindre dans cette salle. Elle est d'accord, si cela reste dans le travail qui est fait ici et je ne suis personne pour le changer.
Henry fut heureux d'entendre de tels dire et devait reconnaître qu'avoir un docteur en plus ne serait pas une mauvaise chose. Alice lui fit un petit sourire en coin et Mike sentait l'explosion arriver d'une minute à l'autre, quand il perçut le regard de Jo, à deux doigts de sauter à la gorge de tout le monde.
- Soit ! – répondit Jo en haussa des épaules – d'un avis personnel, je n'arrive pas encore à l'identifier au meurtre. Vous avez peut-être raison, elle a dû dire ce qu'on voulait entendre et comme elle n'a rien mentionner de tout ça depuis que je l'ai interrogé, même en essayant.
Alice approuva
- April est de ce genre à dire ce que les autres veulent entendre pour qu'on lui fiche la paix. Elle ne pense pas aux conséquences.
Jo l'ignora et demanda alors à Henry qui commençait un peu trop à baver à son goût
- Et pour le corps d'Aiden ? Tu as trouvé quelque chose ?
- Juste la cause de la mort ! Par balle. J'ai envoyé Lucas faire des analyses pour avoir une liste des armes potentielles. Je suggère qu'on commence par une fouille chez April dès qu'on aura les résultats et on s'en assurera. Autrement, il va falloir trouver d'autres suspects, peut-être des gens qu'elle croise.
Alice leva la main.
- Je peux vous fournir la liste de toutes les personnes qui la côtoient et qui pourraient lui faire porter le chapeau. Je ne suis pas la seule à la suivre, elle a également un autre docteur qui fait son suivi mensuel et annuel. Il ne fait que dire des choses négatives à son sujet. Ensuite, elle a une coloc de chambre qu'on a dû lui retirer parce qu'elle ne cessait d'insulter April et elles ont déjà failli en venir aux mains. Cette femme a l'esprit plus clair qu'April, mais a déjà eu des antécédents de violence. Et nous avons son ancien propriétaire qui l'a fichu dehors après un mois de retard de loyer.
Jo se frotta le menton
- Ça fait qu'April n'a pas de domicile fixe ?
- Oh si ! Dans notre établissement ! Elle a une chambre pour elle avec tout le nécessaire. C'est le seul endroit où elle pouvait être hébergée sans débourser et cela nous permet de la suivre.
Une méthode qui ne plaisait pas tant à Henry, car cela lui rappelait son séjour à Charing Cross, où Nora l'avait envoyé. Il se retint de lever les yeux au ciel rien que de penser à cette traîtresse.
Jo regarda Hanson qui haussa des épaules
- Quand on aura les résultats de la balistique, vous ne verrez aucun inconvénient à ce qu'on fouille sa chambre ?
- Bien sûr que non ! Je viendrais même avec vous ! Je ne veux pas que vous ayez des ennuis avec le reste du personnel.
Jo se disait qu'en tant que flic, le personnel pourrait bien se plier aux règles lorsqu'il s'agissait d'un homicide.
Hanson osa alors
- Mais dans cette histoire, comme on ne peut pas être sûr encore qu'April est derrière le meurtre d'Aiden… Ne faudrait-il pas regarder de son côté s'il avait des ennemis ?
Henry et Jo allaient répondre, mais une nouvelle fois, Alice les devança
- C'est plausible détective ! Mais ce jeune homme était bien connu et devait en faire jalouser plus d'un. Donc à mon avis la liste de suspects s'en trouverait plutôt élevé. Pour le coup, nous avons ma patiente qui s'est avouée coupable… Cela m'amène à penser que pour dire ça, soit elle a vu ce qui s'est passé… Soit quelqu'un d'autre lui a mis en tête d'avouer pour elle. Dans tous les cas, c'est une personne qu'elle connaît. Elle ne l'aurait jamais fait si elle n'avait rien vu ou entendu.
Jo se disait qu'il n'y avait aucun moyen de s'en assurer. Là où le meurtre s'était passé, les caméras n'atteignaient pas la rue. Ce qui était ironique, sachant le nombre de caméras qui traînait dans la ville.
Henry dut approuver l'idée d'Alice
- Elle a raison ! C'est difficile à admettre, mais le fait que nous ayons une patiente atteinte de démence qui se présente pour un meurtre qu'elle n'a peut-être pas commis signifie que possiblement, elle sait qui l'a fait.
Alice regarda Jo et fit un petit sourire en coin
- À mon avis, vous êtes bien placée pour tenter de la rassurer et lui parler.
Jo haussa un sourcil
- Pourquoi cela ? Parce qu'elle m'a fait un câlin, il n'y a pas cinq minutes ?
- Parce que vous la mettez en confiance détective ! Et comme je le disais à vos collègues, elle vous perçoit comme un idéal. Vous comprendrez rapidement de quoi je parle lorsqu'on visitera sa chambre.
Elle sortit une montre de poche ce qui surprit Henry, qui pensait que la sienne était la seule aussi ancienne qui pouvait encore exister. Mais le seul coup d'œil sur celle d'Alice lui fit grandement douter et se demandait comment.
- Bon, je vais parler deux petites minutes avec April et voici mon numéro
Elle le tendit à Henry, sous le regard éberlué de Jo
- Vous n'avez pas l'air à la pointe de la technologie, mais vous en aurez besoin si on veut travailler ensemble. Contactez-moi dès que vous allez visiter la chambre d'April et que vous commencez à interroger les suspects et faire des théories. J'en ai l'habitude.
Elle fit un clin d'œil au légiste et sortit à peine en adressant un regard aux deux autres. Hanson fit un petit sourire sous-entendu. Henry était pantois et se disait que c'était bien la première fois qu'une femme le lisait aussi bien depuis bien longtemps.
- Dis donc doc, on dirait que vous avez trouvé votre âme sœur.
Jo sentit un courant passer tout le long de son échine et sa main se posa par réflexe sur son arme.
- Comment ça ? – demanda Henry en rougissant
- Oh allez doc ! La fille débarque de nulle part, un peu comme vous ! Elle est arrêtée pour indécence je ne sais combien de fois. Elle est docteur et en plus, elle possède une montre de poche. Si ce n'est pas un signe.
Il tapota l'épaule d'Henry et sortit, laissant le couple seul. Jo sentait des remontées et elle n'était pas malade.
Henry sortit de l'arrière-salle et Jo lui emboîta le pas. Alice sortit de la salle et échangea un long regard avec Henry avant de lui faire un grand sourire et de disparaître en direction de l'ascenseur.
Jo le regarda et soupira. Elle lui tendit un mouchoir.
- Euh ?
- Essuie la bave que tu as sur le menton ! C'est dégoûtant !
Elle le laissa en plan et se dirigea vers son bureau d'un pas rapide. Henry se demandait pourquoi elle réagissait ainsi, mais se disait que de toute façon, il ne comprenait jamais rien aux femmes.
Il décida de lui faire de l'air et de retourner à la morgue, le temps d'attendre les résultats de la balistique et voir s'il pouvait voir autre chose sur le corps.
April resterait en garde à vue pour au moins les prochaines 24h, mais Jo avisa un garde de lui donner une cellule qui n'avait pas l'air d'une prison.
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Henry était devant le corps et se demandait quelle était l'histoire d'April. Il relisait le dossier et trouvait ça tellement similaire à ce qui était arrivé à son ancêtre.
- C'est fou comment l'histoire peut se répéter !
Lucas n'était pas dans le coin et les autres assistants vaquaient à leurs occupations.
- Je suis un peu plus d'accord !
Henry sursauta avant de voir Alice qui avança vers lui. Elle s'excusa.
- Pardon ! Je ne voulais pas vous faire peur.
Henry sourit
- Ce n'est rien ! Je croyais que vous étiez déjà partie ?
- Oh non ! Vous m'intriguez Dr Morgan… Vous êtes un curieux personnage et j'aimerais en apprendre un peu plus sur votre façon de travailler.
Henry ne savait pas trop de quelle façon il fallait le prendre
- Je dois avouer que vous m'intriguez également. Vous êtes différent des autres psychiatres que j'ai pu croisé dans ma vie.
Alice pouffa
- Vous êtes différent des autres légistes que j'ai vus. Je n'en ai jamais vu un seul raisonner comme un flic et être sur le terrain avec eux.
Henry savait qu'il devait tout ça à la confiance du 11
- La Détective Martinez a toujours vu quelque chose en moi et m'a demandé d'être son partenaire dès notre première enquête.
Alice acquiesça
- Je vois ! Elle a l'œil ! Tout le monde semble l'apprécier. Même April qui est pourtant difficile à accepter les étrangers.
Henry jeta de nouveau un œil au dossier.
- Je ne sais pas si vous êtes familière avec cette histoire, mais April porte le même nom de famille qu'un homme qui avait une pathologie de démence, pour avoir tenté de tuer…
- Le roi Georges III, en 1800 – Alice acheva
Henry tomba des nues. Lui qui pensait tout connaître. Alice pouffa.
- Je suis cultivée docteur – elle marqua une pause – peut-être plus que la normale
Henry la regarda longuement
- Moi aussi… Ce qui dérange parfois
Alice lui donna raison
- Oui. J'ai toujours vécu avec ce problème également. Que vous voulez, les gens différents on est mal vu par la société. Il suffit de voir April.
Il était rare qu'Henry possède le même point de vue que quelqu'un du 21e siècle. Il allait finit par apprécier la jeune femme. Il répondit.
- Je suis content d'avoir une main supplémentaire sur cette affaire parce que quelque chose me dit qu'on ne va pas tout de suite voir le bout du tunnel.
- Je pense aussi ! Si je peux servir autrement que dans un établissement hospitalier à me faire insulter par la moitié des patients parce qu'ils n'ont pas pris leurs médicaments, ça me fait plaisir.
Ce fut en fin de matinée que Lucas coupa court à cet échange. Alice n'avait pas quitté la morgue et avait discuté un peu plus en profondeur du cas d'April. Que la jeune femme avait été diagnostiquée assez récemment, environ huit ans auparavant. Elle avait toujours eu des petits jobs et avait réussi à être assez indépendante jusqu'à ce que la pathologie se réveille. Ses parents étaient décédés il y avait environ douze ans et Alice était persuadée que le choc était la raison qui avait réveillé la pathologie qui dormait en elle.
Jo était redescendue quelques minutes pour annoncer qu'April serait gardée jusqu'au lendemain et qu'elle chercherait quand même sur le net, du côté d'Aiden, voir si un fan ou quelque chose n'avait pas profané des menaces de mort.
Elle avait vite déchanté en voyant Alice et ne s'était vraiment pas attardée.
En voyant Alice, Lucas siffla
- Wow ! Eh bien, bonjour ! Nouveau légiste ?
Alice sourit
- Non ! Psychiatre
Lucas regarda Henry d'un air interrogatif
- Franchement… Je sais que le doc a quelques boulons de travers de temps en temps, mais il est comme ça. On l'aime ainsi. Je pense qu'il n'a pas besoin d'un psychiatre.
Henry leva les yeux au ciel et Alice éclata de rire.
- Je ne suis pas là pour faire d'Henry mon patient ! Alice Logan, je suis ici pour aider sur l'affaire d'Aiden Widmiller parce que la jeune femme qu'ils ont arrêtée est ma patiente et elle est atteinte de démence, donc je suis là pour aider à prouver qu'elle n'est pas responsable.
Lucas remarqua que la jeune femme n'avait pas tardé avant de passer par les formalités, en appelant Henry par son prénom. Cela ne lui avait pas échappé non plus. Il ne fit qu'un simple signe de tête.
- Okay ! Je suis l'assistant d'Henry. Je m'appelle Lucas. Et j'apporte des nouvelles.
Il tendit le dossier à Henry
- La balistique ?
- Ouep ! Et je pense que tous les modèles d'armes que vous recherchez sont dedans. Peut-être qu'il y en a un qui vous frappera.
Henry avait déjà eu un doute, comme très souvent et s'assura de voir si ce qu'il imaginait était dedans.
Alice ne se gêna pas pour envahir son espace personnel et de lire par-dessus son épaule, devant Lucas qui se demandait ce qui se passait encore. Il murmura pour lui-même.
- Jo ne va pas apprécier, mais alors pas du tout !
Henry se frappa dans les mains, bien content de sa trouvaille
- C'est tout à fait ce que je pensais.
Alice regarda l'arme
- Est-ce qu'il pourrait par hasard s'agir d'un Chamelot-Delvigne , datant de 1873 ?
Henry acquiesça. Cette jeune femme le surprenait.
- C'est tout à fait ça. La taille de la balle correspond à la fente. C'est une arme très ancienne.
Lucas rigola nerveusement
- 1873, tu m'étonnes !
Henry évita de le regarder. Si Lucas savait quel âge il avait déjà à ce moment.
- Il faut être un bon collectionneur et connaître les armes, je dirais, pour en posséder une de ce type à notre époque – suggéra Alice
Henry lui donna raison
- Maintenant qu'on a ça, je sais que cela ne vous plaira pas, mais il faudra qu'on aille visiter la chambre d'April.
- Je sais que vous devez faire votre travail et je vous accompagnerais volontiers.
