Hello à nouveau !

Voici donc le premier chapitre de ma fic sur Naruto. Merci à tous d'avoir commenté le prologue ! Ca me fait chaud au cœur de savoir qu'il y a encore des gens qui suivent mes fic =D

Alors avant tout, voici les réponses aux reviews !

Hello IceQueen ! Pas fan de Naruto ? J'espère te faire changer d'avis x) Non, je rigole, ce fandom est comme un puits sans fon. Il y a tellement de pouvoir invraisemblables et de trous scénaristiques que personne n'en sort jamais ! Mais en tous les cas, j'espère que Tsunami va te plaire. Et oui, sa mère a bel et bien quitté le clan Uchiha mais, même si je ne dirais pas qu'elle le regrette, elle est toujours attachée à sa famille.

Yo Maggie Zel ! Première à commenter, c'était rapide ! Ah ah, un point pour toi pour avoir deviné qui est la famille de Tsunami xD Et je vais essayer d'être à la hauteur de tes attentes, du coup !

Coucou Zarakaiy ! Merci, j'espère que la suite te plaira =) Alright, question : quel est ton pseudo sur le Discord (si tu y es) ? Parce que ton pseudo m'est familier mais je ne me souviens pas l'avoir vu sur la Salle sur Demande...

Salut Fleur de Saint Foyer ! Ca fait longtemps x) Comment vas-tu ? Ah ah, contente de voir que Naruto te replonge en enfance x) On a tous eu une phase Shippuden je crois x) J'espère que la suite va te plaire, en tous les cas !

Quelle longue review Elesdei ! Ca fait plaisir de te revoir =) Ce n'est pas grave si tu ne laisses pas de reviews, évidemment que non. Parfois on a tout simplement pas l'inspi pour commenter. Moi qui dévore 40 000 mots de fanfic par jour (ce maudit confinement !) j'essaie de commenter chaque fic mais ce n'est pas toujours réussi... Comme toi j'ai parfois l'impression d'avoir raté le coche !Mais bon, dire que tel passage t'a fait rire ou quel tel passage t'a intrigué ou que telle phrase t'a touchée ou encore que tel personnage te parait suspect, c'est suffisant. Alors pas la peine de te mettre la pression =) En tous les cas j'espère que tu vas aimer la suite des aventures de Tsunami =)

NessieLochNessMonster mon dieu j'avais oublié comme ton pseudo était LONG xDDDD Ouiii, ça fait longtemps ! Mais je suis de retour (pour te jouer un mauvais tour xD) dans un noveau fandom ! En effet Tsunami est beaucoup plus sérieuse qu'Elisa, c'est une Serpentard pure et dure ! Je vais bien et à priori ma famille aussi, j'espère que tout va bien pour toi et tes proches !

Yo BlancheEner (c'est déconcertant te voir ton pseudo alors que pour moi c'est "Isy" xD) ! Toi tu redécouvres, donc tu auras moins le suspense, c'est vrai... Mais j'espère que tu va quand même te laisser entraîner par les aventures de Tsunami x) En tous les cas ça fait plaisir de voir que tu accroche autant à mes fics, je suis fièèère. N'hésite pas à me dire si tu vois un accent circonflexe manquant, évidemment xD

Aaaaah Gladoo89 ça fait super-longtemps ! Ca me fait presque bizarre de te voir sur un autre fandom que celui d'Harry Potter (et oui, je sais que c'est pas logique xD). Qu'est-ce que tu deviens ? Contente que tu approuve mon idée de la réincarnation en tous les cas ! Dans l'esprit de Tsunami, c'est plus léger que dans celui d'Elisa en tous les cas =)

Hello Aomine59 ! Aaah, tu prêtes à Tsunami des motivations bien trop altruiste, elle n'est pas Elisa dont le but est d'aider autrui avant tout ! Non, Tsunami est une Serpentard pure. Elle veut avant toute chose survivre, et permettre à sa famille proche de survivre. Aider Naruto, aider n'importe qui d'autre... Ca vient après. Et déjà, rien que ça, ça ne va pas être de la tarte x) Enfin bref, contente de te revoir ! Et tu aimes Naruto en plus ? Oh oh oh, j'espère que tu vas accrocher à cette fic alors =)

Coucou Redheadead ! Yep, on va plutôt se concentrer sur les personnages secondaires. A vrai dire, dans l'idéal il y aurait deux tome sà cette fic : la backstory, qui va jusqu'au massacre et où Tsunami n'interagit pas vraiment avec des personnages importants, et une séquelle (... si elle survit) où forcément, après avoir survécu au massacre, elle se rapproche de personnages centraux. Mais bon, je vais déjà essayer de finir le tome 1 ! xD

Salut Leen Hogwarts et bienvenue à bord ! Oui, j'entre dans ma "phase de création de Self-Insert" à 25 ans au lieu de 12, mais voilà, j'ai découvert les BONNES Self-Insert un peu tard x) Contente de savoir que la saga EB t'a plu ! La barre est mise très haute, du coup, parce que EB a un scénario, de la cohérence, et un happy-end qui ne sort pas de nulle part, et faire ça avec une SI dans Naruto ça va être coton xD Enfin bref ! Oui, tu as bien devinée dans quelle famille Tsunami est réincarnée \o/ Et oui, on va voir baby-Itachi x) Pour le meilleur et pour le pire...

Hello Guest qui n'a pas laissé son nom ! De bonnes SI Naruto en français ?! Je vais voir ça tout de suite ! Et si tu as d'autres recommandations, je suis preneuse ! Je suis une lectrice compulsive. Il m'arrive de dévorer l'équivalent de TOUTE LA SAGA HARRY POTTER (en nombre de mots) en une journée, sur AO3, tellement j'ai pas de vie.

.

Et voilà !

Hum, est-ce que je raconte ma vie… Allez, on ne va pas briser les bonnes habitudes. Allons-y pour du racontage de life xD

On est tous en confinement et pour moi, ça veut dire être toute seule à 300 km de chez ma famille parce que je venait juste de déménager pour mon boulot x) Du coup je tourne beaucoup en rond ! Je suis clerc de notaire (bon, techniquement notaire stagiaire, je suis la formation en alternance pour devenir notaire tout court) et je vous avoue que la vente de l'immobilier en ce moment c'est pas follichon. Je suis à l'étude une journée par semaine et sinon, je suis en chômage partiel. Mais je partie que ma patronne va me payer comme si j'étais en chômage partiel tout le temps, c'est-à-dire couper 16% de mon salaire. Grrr….

Je commence à être contaminée par le monde du travail, j'aime mes sous.

ANYWAY ! J'ai zéro motivation pour bosser, du coup j'ai commencé à écrire une fic Self-Insert dans l'univers de RWBY, en anglais. J'ai aussi refait entièrement tous mes costumes pour les différents GN où je suis inscrite (Kandorya le mass-larp fantaisie, The Dawn le larp post-apocalyptique….). Sauf qu'ils sont tous annulés x) Bon du coup je me suis juste déguisée, quoi. Ca aurait été rigolo que le facteur m'apporte un colis Amazon et que j'ouvre en tenue complète de pirate. Bref, mis à part ça j'ai cuisiné, tondu ma pelouse, nettoyé la maison, essayé d'apprivoiser les chats du quartier, tenté de me remettre au dessin… C'est fou ce que le temps est long quand on est enfermée. Bref, du coup, comme vous le savez, j'ai aussi relu cette fic qui prenait la poussière dans mon ordi, et décidé de la publié. Qui sait, ça va peut-être me donner le coup de pied au derrière nécessaire pour la terminer !

Voilà voilà, je pense que j'en ai assez dit x)

Je ne vous fait pas attendre plus longtemps… Voici le chapitre !

.


.

Le temps de l'innocence

.

La scolarité des enfants de Konoha était obligatoire. Il y avait diverses écoles ou des apprentissages. Si l'enfant n'était pas inscrit dans une quelconque institution à sept ans, les parents devaient prouver qu'ils s'occupaient eux-mêmes de l'éducation de leur progéniture. Bien souvent, cela dit, les enfants étaient envoyés à l'Académie pour devenir ninjas. On pouvait y commencer dès l'âge de cinq ans et c'était gratuit. Tsunami était certaine que ni son père ni sa mère n'auraient protestés si elle avait refusé d'être ninja, mais… Elle ne voulait pas être impuissante. Elle avait ses souvenirs-rêves, mais ce n'était pas assez. Elle devait être en mesure d'agir. Elle n'avait pas de plan, pas même une idée de ce qu'elle voulait faire de son savoir, mais… s'asseoir dessus, ça serait du gâchis, non ?

Alors quand Papa et Mama lui proposèrent de l'inscrire à l'Académie, Tsunami posa des questions. Elle était plus ou moins décidée, mais elle voulait faire son choix en connaissance de cause. Quel genre d'alternatives il y avait ? Qu'est-ce qu'elle apprendrait ? Quels étaient les critères d'entrée ? Combien de temps durait l'apprentissage ?

– Tu es tellement intelligente, souriait son père avec fierté. Je suis sûr que tu pourrais être diplômée en avance !

Mama lui fit les gros yeux, puis son expression s'adoucit et elle se tourna vers Tsunami :

– Mais on sera fiers de toi peu importe à quel âge tu es diplômée. Moi, je suis devenue Genin à douze ans, comme la plupart des gens.

Mais c'était en temps de paix. Et Tsunami commençait à réaliser que… Ce n'était pas le cas actuellement. Oh, ça n'atteignait pas le village. Konoha était un bastion de sécurité. Mais beaucoup d'enterrements avaient lieu. Beaucoup de marchands se plaignaient sur le marché. Il y avait des expressions sombres, des murmures graves. Les gens parlaient d'offensives aux frontières, de mouvements de troupes, de contre-attaques. Tsunami était petite, mais elle n'était pas stupide. La seule raison pour laquelle elle ne s'était pas située dans la chronologie du canon, c'était parce qu'elle n'avait pas cherché à le faire. Elle vivait dans le confort de son cocon familial, sans se préoccuper du reste. Mais à présent qu'elle réalisait que sa mère était en danger à cause de son appartenance au clan Uchiha (combien de temps avant qu'Itachi ne les tue tous ?), elle y était plus attentive. Deux fois plus attentive, d'ailleurs, parce que s'inscrire à l'Académie c'était s'ouvrir au reste de la société ninja.

Bref. Il ne fallut pas très longtemps à Tsunami pour réaliser que Konoha était en plein milieu de la Troisième Guerre Ninja.

Se situer dans la chronologie du monde de Naruto n'était pas exactement facile. C'était le bazar dans l'histoire des ninjas. Qui avait quel âge lors de quel évènement ? Impossible à dire. Apparemment Masashi Kishimoto avait paniqué quand on lui avait demandé ce qui s'était passé avant l'attaque du Kyūbi, et en conséquent, toutes les infos qu'il avait données se marchaient dessus dans le plus grand chaos. Dans son ancienne vie, quand elle écrivait de la fanfiction, Tsunami n'avait jamais été fichue de trouver un seul wikia qui n'en contredise pas un autre. Mais elle pouvait se trouver des points de références, grosso-modo. C'était le règne du Sandaime Hokage. Les Sannin étaient évoqués, parfois, ce qui signifiait que leur équipe ne s'était pas encore fracturée. On était en pleine Troisième Guerre Ninja. L'Eclair Jaune n'était mentionné par personne, donc Minato ne devait pas encore avoir redécouvert le Hiraishin. La guerre allait encore durer plusieurs années.

Tsunami espérait juste très fort ne pas être diplômée avant la fin de la guerre. Être Genin sur le champ de bataille, ce n'était pas exactement un bon moyen d'assurer sa survie.

Elle avait cinq et demi lors de la rentrée, et elle avait bien conscience de ressembler à une petite poupée. Objectivement, elle était une enfant normale : adorable, et pas badass du tout. Elle était de taille moyenne, pâle, mignonne. Elle avait un visage rond marqué d'un grain de beauté sur la pommette droite, de longs cheveux couleur de jais, et de grands yeux d'un brun si profond qu'ils semblaient noir. Elle se fondait dans la masse. Et elle était intimidée, peut-être même effrayée. Seconde vie ou pas, elle était une enfant. Ses souvenirs-rêves lui donnaient une vague connaissance du futur, mais ils ne lui donnaient certainement pas une aisance sociale innée. Tsunami se cala dans un coin, discrète au milieu du chahut des autres enfants, les dévisageant un à un dans l'espoir de les reconnaître. Mais il n'y avait aucun visage familier. Pas de Kakashi, de Gai, d'Obito, de Rin. Ni dans la classe de Tsunami ni dans les classes supérieures. En revanche, lorsque leur sensei fit l'appel, il y eut un nom qui la fit se redresser comme un ressort sur sa chaise.

Shisui Uchiha.

Il était assis deux rangs sur sa droite, attentif. Il n'avait pas exactement l'air Uchiha, avec ses cheveux en bataille qui semblaient presque bouclés, mais… Combien de Shisui Uchiha pouvait-il possiblement y avoir, en vie et âgés de cinq ans, durant la Troisième Guerre ? Non, il n'y avait pas de doute, c'était bien lui. Shisui Uchiha, le meilleur ami d'Itachi, celui dont la mort déclencherait tout. A quel âge mourrait-il ? Il avait deux ou trois ans de plus qu'Itachi, et Itachi avait treize ans lors du massacre, alors ça donnait à Shisui… Quinze ans ? Seize ans ?

Tsunami avait donc une petite décennie avant qu'Itachi ne massacre le clan de sa mère. Une petite décennie pour s'orienter, trouver le meilleur moyen de se couper du clan, et cacher son existence et celle de sa sœur à Danzō et aux autres fétichistes des Sharingan. Dix ans ! C'était une éternité pour son esprit d'enfant. Elle se détendit un peu.

Elle s'efforça de se consacrer à l'Académie. Malheureusement, comme elle le découvrit très vite… Elle s'y ennuyait.

L'Académie était faite pour les enfants et, en conséquence, les cours étaient adaptés à leur niveau. Comme une école primaire normale, sans doute, avec du calcul, de la lecture, des jeux. Il y avait aussi des courses, des exercices de lancer de kunai, du maniement de shurikens, des katas, des tests d'endurance, des journées d'orientation en forêt. Rien de difficile, mais ça restait quand même exigeant. Tsunami réalisa vite que les enfants tenaient le coup parce qu'ils avaient naturellement appris à utiliser leur chakra pour augmenter leur résistance, et pour renforcer leurs muscles. Ce n'était pas différent de ce qu'elle faisait en galopant à longueur de journée ou en sautant de toits en toit. C'était juste plus intense. Pour certains enfants, ça venait naturellement. Mais pour ceux qui n'avaient pas le contrôle ou les réserves nécessaires… C'était trop. Ils ne tenaient pas la distance. Et bien souvent, c'était les enfants de civils qui étaient désavantagés.

Tsunami, elle, tenait le coup durant ces exercices physiques. Très bien, même. Mais ça ne tenait pas à un talent inné. Elle avait juste une meilleure conscience de son chakra que tous les autres enfants, parce qu'elle savait ce que c'était que de ne pas en avoir, et donc elle ne pouvait s'empêcher de remarquer qu'il était là.

Ah, le chakra. Honnêtement, ça avait été son premier indice sur l'idée d'un autre univers. C'était comme un sixième sens, une perception de l'énergie qui circulait en soi mais aussi qui circulait dans les autres personnes, et c'était… C'était comme de voir cette énergie, ou d'en sentir la chaleur, une sorte de mélange vue-toucher qui n'existait pas dans les souvenirs-rêves de Tsunami. Sa conception de son propre corps en était faussée, parce qu'elle voyait ses mains, elle sentait ses mains, mais elle sentait aussi le chakra qui circulait dedans et c'était juste… Bizarre. Ça ne faisait pas mal, c'était juste étrange, inhabituel. Oui, même quand elle n'était qu'un bébé qui n'avait même pas la conception de qu'est l'habitude, elle avait trouvé ça inhabituel. Elle avait mis longtemps à s'y faire. Au bout de quelques années, Tsunami n'y faisait plus attention. Mais elle en était quand même consciente, d'une façon dont les autres enfants (et sans doute pas mal d'adultes) ne l'étaient pas. Les gens normaux sentaient le chakra mais n'y faisaient pas attention, parce que c'était comme un membre, comme un organe, c'était une part d'eux, c'était normal. Tsunami avait des souvenirs-rêves d'une vie sans chakra, et donc elle ne pouvait pas s'empêcher de le voir. Constamment. Elle n'en avait jamais pas conscience. C'était toujours à la périphérie de son attention.

C'était étrange. Elle savait le faire bouger sous sa peau, le diriger sur ses mains ou ses pieds, ou sur le bout de son nez, mais… C'était à peu près tout. Elle aurait bien voulu que l'Académie lui en apprenne plus. Le chakra servait à faire des Jutsu, et ça, c'était intéressant. Mais nooon, leurs sensei préféraient leur faire faire des courses-poursuites dans la cour !

Bon, c'était réducteur. L'Académie ne faisait pas que les obliger à crapahuter. Leurs enseignants voulaient des ninjas, pas des brutes. On leur apprenait donc à lire, à écrire, à compter. Mais pour ça, Tsunami avait beaucoup d'avance sur eux. Elle n'avait pas encore une grammaire parfaite, et sa calligraphie laissait franchement à désirer, mais elle savait lire des phrases complexes et écrire une page entière sans se tromper de hiragana. Les autres enfants avaient du mal à se souvenir de l'alphabet. Ils avaient entre cinq et six ans, c'était normal… Mais pour Tsunami, c'était épuisant. D'autant plus que les profs ne remarquèrent pas tout de suite son avance. Les enfants de civils ou de ninjas de première génération, c'était-à-dire n'appartenant pas à un clan, étaient toujours regardés avec moins d'attention. Ils n'étaient pas ignorés, mais… Les enfants de clans avaient plus de surveillance, plus de conseils, plus d'encouragements. Ils étaient un peu la « valeur sûre » de la classe : les profs étaient sûrs que eux arriveraient au succès, alors que pour les autres élèves, ce n'étaient pas certain. Mais du coup, leur opinion était biaisée…

Deux Nara, quatre Uchiha (dont Shisui) et deux Hyuga avancèrent dans les classes supérieures lorsque les Chuunin-sensei réalisèrent qu'ils savaient déjà parfaitement lire et écrire. Ensuite seulement, ils s'intéressèrent au reste de la classe. Il y eut un autre élève qui clama être assez avancé et, après vérification, les instructeurs le firent progresser également. Mais Tsunami, trop timide, ne se mit pas en avant. Ou peut-être que c'était par prudence ? Leurs sensei avaient dit que tous les élèves avancés avaient de grandes chances d'être diplômés en avance… Tsunami n'était pas une prodige, alors elle doutait que ça lui arrive à elle, mais voilà, elle préférait ne pas trop attirer l'attention.

Elle ne sabotait pas ses notes. Elle était douée, et elle se plaçait sans effort dans les meilleurs de la classe. C'est juste qu'elle s'ennuyait.

Les cours théoriques n'étaient pas tous stupides. Bon, elle somnolait durant les leçons de grammaire, mais elle faisait un effort pour améliorer sa calligraphie. Et elle suivait les cours d'Histoire, parce que c'était quand même intéressant. Mais les jeux éducatifs, les concours de devinettes et autres activités de garderie… C'était assommant. Oui, elle était petite, et elle adorait galoper avec d'autres enfants pour jouer à chat, mais… Pas tout le temps. C'était frustrant. Elle voulait aussi des activités intellectuellement stimulantes. Ils ne faisaient même pas encore d'exercices de contrôles de chakra !

Au départ, elle n'avait pas à se plaindre. C'était nouveau et par définition c'était donc bien. Elle rencontra plein d'autres enfants de son âge. Elle lu de nouvelles histoires, elle participa à des jeux. Mais au bout d'un moment, sans le parfum de la nouveauté, les cours de calligraphie devinrent ennuyeux, tout comme les exercices d'adresses ou les récitations. Au lieu de jouer, elle voulait travailler, voilà. Mais elle était dans une classe d'enfants de cinq ans et personne ne voulait travailler. Pas même leur sensei ! A vrai dire, cette classe était une introduction au monde des ninjas… Mais aussi, d'une certaine façon, une garderie. Les enfants étaient trop petits pour comprendre et mémoriser des leçons trop complexes, alors on en restait aux jeux éducatifs. Mais ce n'était pas assez. Tsunami voulait plus.

Le temps passa. Un mois, puis deux, puis trois. Tsunami fêta son sixième anniversaire chez elle, avec sa mère et sa petite sœur. Son père était parti en mission, et elle eut longtemps le ventre noué à l'idée qu'il ne revienne pas. Mais Kaiji revenait toujours, et cette fois-ci ne fit pas exception. Son Papa survivait à tout. Il survivrait à cette guerre. Tsunami avait besoin d'y croire.

Peu après son anniversaire, Tsunami commença à vraiment se tourner les pouces à l'Académie, et s'en plaignit à ses parents. Sa frustration commençait à dépasser son intérêt pour les leçons. Elle avait du mal à mettre en mots ce qui l'embêtait tant. Elle était l'une des meilleures de la classe, oui, mais elle n'était pas assez bonne pour avancer d'une classe. Elle n'était pas la plus rapide, ni la plus robuste, et elle n'avait pas mémorisé tous les katas que leur sensei commençait à leur apprendre. Elle ne devrait pas avoir à se plaindre, non ? Mais voilà, ça ne lui allait pas.

– Pourquoi on n'irait pas prendre des livres à la bibliothèque ? proposa Mama.

– Des livres ! répéta joyeusement Izumi. Je veux des livres !

Izumi avait à présent trois ans. Elle parlait bien, mais surtout constamment. Tsunami, elle, ouvrit de grands yeux émerveillés.

– Il y a une bibliothèque ?! Pour les ninjas ?

Mama éclata de rire, et lui ébouriffa les cheveux avec affection. Tsunami avait les cheveux mi-longs à présent, doux et noirs comme ceux de sa mère, mais avec la raie sur le côté comme ceux de son père. Elle aimait bien ses cheveux et sa coiffure soignée. Ça la distinguait. Tous les Uchiha avaient une frange désordonnée.

– Oui, il y a une bibliothèque. Je t'y ferai faire une carte, si tu veux.

Tsunami voulait. Le soir même, la petite famille se rendit à la bibliothèque centrale de Konoha, et là, ce fut comme de découvrir l'El Dorado. Il y avait plusieurs étages de bouquins. Si on n'avait pas de bandeau ninja, on ne pouvait accéder qu'aux deux premiers étages, mais c'était déjà bien assez. Il y avait des tas de légendes sur la fondation du village, les différents clans, les Bijuu, les précédentes guerres… Il y avait des traités sur la psychologie, l'anatomie, la botanique. Il y avait des manuels d'exercices physiques pour augmenter sa souplesse ou son endurance, ou pour réapprendre à se battre après une blessure handicapante. Il y avait surtout une poignée de bouquins sur le chakra : ce que c'était, comment il circulait, où, pourquoi, avec quelle force… Et avec ces bouquins, il y avait les instructions pour plusieurs exercices de contrôle ou de renforcement du chakra. En feuilletant l'un de ces livres, Tsunami trouva même le bon vieux test de la feuille d'arbre à faire tenir coller sur son front, qu'elle connaissait déjà grâce à ses souvenirs-rêves.

Tsunami ressortit de là avec un abonnement à vie et une pile de bouquins presque aussi haute qu'elle. Les livres sont la meilleure arme au monde, aurait dit Doctor Who. Eh bien, elle était totalement d'accord !

A l'Académie, il devint vite habituel de voir Tsunami bouquiner dès qu'elle s'ennuyait. Aucun sensei ne la réprimanda. A vrai dire, les autres élèves avaient tendance à mettre le bazar quand ils s'ennuyaient, alors ils devaient être soulagés qu'elle soit sage. Et puis, lire était encouragé. C'était instructif. Ça permettait aux enfants de mieux apprendre leur alphabet, d'améliorer leur grammaire, et d'élargir leur vocabulaire. C'était vrai aussi dans l'autre vie d Tsunami : elle avait toujours été douée à l'écrit parce qu'elle avait beaucoup lu quand elle était petite, et que les lettres et les mots étaient devenus une seconde nature pour elle. A présent, c'était des hiragana et des kanji, mais le principe restait le même.

Le revers de la médaille c'était que Tsunami n'avait pas beaucoup d'amis. Elle n'avait pas d'ennemis, elle n'était pas une paria, mais… Elle n'était proche de personne. Elle s'entendait assez bien avec les autres enfants pour être facilement intégrée dans une équipe lorsqu'on faisait des matchs, et personne n'était jamais réticent à l'intégrer dans un jeu de ninja ou à manger à côté d'elle à midi, mais… Elle n'avait pas vraiment d'amis. Elle connaissait le nom de ses camarades et pas grand-chose d'autre. Elle était « la fille qui bouquine tout le temps ». Honnêtement ça ne la dérangeait pas vraiment. Dans son autre vie, elle avait été assez introvertie, passant tout son temps à lire et à écrire des histoires. Mais voilà, parfois, elle se sentait un peu seule.

Juste à l'Académie, cela dit. Jamais à la maison.

A la maison, elle avait toute sa famille. Papa partait de plus en plus souvent en mission, et il revenait fatigué et parfois triste, mais il revenait toujours. Mama était immuable, toujours présente, toujours aussi douce et patiente. Et puis il y avait Izumi. Elle était encore petite, du haut de ses trois ans et demi. Elle ne pouvait pas faire la conversation, ou retenir des idées compliquées, ou suivre de longues histoires. Mais elle adorait Tsunami, elle adorait l'écouter parler de sa journée, elle adorait lui passer ses affaires quand elle faisait son sac, elle adorait l'aider à choisir ses livres pour la journée (même si, ne sachant absolument pas lire, Izumi choisissait surtout au hasard). Elle adorait être avec elle, tout simplement : qu'on s'occupe d'elle, qu'on fasse attention à elle, qu'on l'aime. Et Tsunami l'aimait, férocement, stupidement. Elle n'avait pas eu de frère ou de sœur dans son autre vie, et ça ne lui avait jamais manqué. Mais là, elle ne pouvait pas imaginer sa vie sans Izumi. C'était sa petite sœur, petite et fragile et qu'elle devait protéger. Elle n'était pas importante pour le canon, elle n'était pas essentielle à la vie du village ou même de sa famille, mais elle était à elle. C'était sa sœur, la sienne, elle était unique et elle était irremplaçable.

Elle commençait à comprendre l'attachement d'Itachi à Sasuke. Mais commençait seulement, parce que même si Izumi était importante, primordiale, Tsunami avait conscience que l'univers allait au-delà. Le centre de son monde, c'était ses parents avant tout. Et puis, comprendre Itachi, c'était… presque impossible. Tsunami ne savait pas si elle était capable de tuer, mais… Mais tuer sa famille, des gens qu'elle aimait ? Elle en aurait été incapable. Pour un pacifiste, Itachi avait un côté impitoyable qui glaçait le sang. Et pour un génie, d'ailleurs, il était très stupide. Comment avait-il pu se faire avoir par les manipulations de Danzō ? Comment avait-il pu penser que tuer tout le monde était la meilleure solution ? Tsunami pouvait imaginer au moins trois scénarios différents pour désamorcer la crise. Est-ce qu'Itachi n'avait aucun esprit d'initiative, aucune pensée critique ? Est-ce qu'il n'était qualifié de génie que parce qu'il était doué pour tuer ?

(C'était une grosse probabilité.)

Les semaines passèrent, puis devinrent des mois. La vie continuait. La Troisième Guerre Ninja faisait toujours rage, et ne semblait pas prête de s'arrêter, mais Konoha continuait à en être assez protégée. Pour les enfants, la guerre n'existait que de façon abstraite. Ils se sentaient en sécurité à Konoha. Même Tsunami, qui savait quels genres d'horreurs se cachaient dans le village, ne pouvait imaginer cet endroit autrement que comme sûr. C'était sa maison.

Alors elle n'avait jamais peur de se balader dans Konoha. Aller à l'Académie lui donnait également plus d'assurance, et à présent elle n'hésitait plus à aller seule à la bibliothèque ou au parc. Elle commençait à s'entraîner à malaxer son chakra, aussi, même si elle n'avait pas encore appris le moindre Jutsu. Elle explorait aussi le village, vagabondant de plus en plus loin de l'Académie. Durant les vacances, elle passait parfois la journée avec les autres enfants de sa classe, à jouer aux ninjas où à se perdre dans le village. Ses déambulations lui permirent de découvrir plusieurs lieux intéressants, comme le QG de la police de Konoha ou le stand d'Ichiraku. Elle croisa aussi des visages familiers… Comme par exemple Minato Namikaze. Il avait beau être assez distinctif avec ses cheveux blonds comme les blés, elle ne l'aurait sans doute pas reconnu s'il n'avait pas été suivi de trois gamins en train de se disputer bruyamment, et qu'elle n'eut aucun mal à identifier comme Kakashi Hatake, Obito Uchiha, et Rin Nohara.

Tsunami n'avait pas de plan pour gérer Obito, enfin, Tobi. Elle n'avait pas de plan pour rien, à vrai dire. Elle allait devenir ninja, devenir forte, et… essayer d'encaisser les chocs et protéger sa famille. C'était tout. Et elle avait beau savoir que l'apocalypse se préparait, c'était dur d'en mesurer l'énormité quand le responsable de ladite apocalypse était un gamin de onze ans qui se curait le nez en trottinant derrière son Jounin-sensei.

Une chose à la fois, se disait Tsunami. D'abord les Uchiha et leur lien avec Mama… Et le reste, on avisera ensuite.

Obito et son équipe n'étaient pas les seuls visages connus qui croisaient son chemin. En allant à l'Académie, il n'était pas rare de voir passer Gai Maito qui marchait sur les mains. Tsunami croisa aussi Shikaku Nara (bien que sans cicatrices sur le visage) dans la rue, interpellé par un grand blond qui devait être Inoichi Yamanaka. Quelques jours plus tard, au même endroit, elle vit passer Kushina Uzumaki en uniforme de Jounin, sa longue chevelure écarlate claquant dans le vent à sa suite. C'était un peu étrange, de voir tous ces personnages qui soudain étaient des personnes, en chair et en os, avec des voix, des expressions, des rires, des vies à eux. C'était étrange de voir ses souvenirs-rêves transposés dans la vraie vie, surtout. Un peu comme si c'était des amis imaginaires qui prenaient vie.

Tsunami avait cependant le bon sens de garder ça pour elle. Elle vivait sa vie, tranquillement, dévorant tous les livres qui lui tombaient sous la main et rêvassant au futur. L'année avança. Plus vite que Tsunami ne le pensait, ce fut la fin de l'année scolaire. A l'Académie, tous les élèves devaient passer un examen de fin d'année normal, mais pouvaient aussi prendre l'examen final (celui qui permettait de devenir Genin) si leurs notes étaient suffisantes. Tsunami avait les notes, certes, mais elle n'avait certainement pas de quoi passer l'examen. Son taijutsu était limité aux quelques katas appris par leurs sensei, et elle n'avait jamais lancé le moindre Jutsu.

Il y eut quelques têtes brûlées dans sa classe qui s'y risquèrent. Ils échouèrent tous. En revanche, dans les classes supérieures, il y eut plusieurs élèves qui réussirent. En temps de guerre, les diplômés avaient généralement neuf ou dix ans (au lieu de douze), mais plusieurs gamins plus jeunes passèrent Genins. Parmi eux se trouvaient le petit Uchiha Shisui, le plus jeune du lot. Il avait six ans. Tsunami le croisa à la sortie, et elle ne put s'empêcher de le dévisager avec curiosité. Est-ce qu'il pensait que ça valait le coup ? Est-ce qu'il était fier ? Est-ce qu'il savait ce qui l'attendait dehors, dans une nation en guerre ?

Elle n'avait pas les réponses. Et elle n'allait certainement pas poser ce genre de question à Shisui. Elle se contenta de passer l'examen normal, et de se tenir à carreau. Mais apparemment, même se tenir à carreau n'était pas suffisant. Lorsque vint le moment des résultats, un des Cuunin-sensei prit Tsunami et sa mère à part, et leur annonça qu'avec son niveau, Tsunami allait avancer d'une classe.

– C'est merveilleux ! fit Mama avec fierté.

– Je vais devenir Genin ? s'écria en même temps Tsunami avec une pointe d'effroi.

Le Chuunin émit un bref rire amusé, puis secoua la tête.

– Non, tu n'en es pas encore là. Mais l'année suivante, celle où vont aller tes camarades, sert à consolider les connaissances acquises cette année pour qu'on puisse ensuite se concentrer sur l'entraînement physique. Puisque tu sais déjà parfaitement lire et écrire, tu y perdrais ton temps. Mieux vaut te passer directement en troisième année. Bon, tu seras un peu en retard au niveau du taijutsu et des exercices de malaxation du chakra, mais rien d'insurmontable.

Oh. Dans ce cas, c'était tout de suite plus acceptable. Tsunami prit un moment pour y réfléchir, mais déjà Mama avait répondu avec fierté :

– C'est parfait. Nous nous verrons à la rentrée, donc ? En troisième année, Tsunami-chan, rends-toi compte !

Et l'affaire fut réglée. Tsunami avança encore d'un cran vers son diplôme, le rang de Genin… Et le risque d'être envoyée en plein champ de bataille. Bon, c'était encore loin, mais ça ne voulait pas dire que ça lui faisait plaisir pour autant…

oOoOoOo

L'année scolaire à Konoha débutait en avril, et se découpait en trois périodes : une première de début avril à juillet, une deuxième de septembre à fin décembre, et une dernière de début janvier à début mars. Il n'y avait pas de grandes vacances avant la rentrée, et il sembla à Tsunami que les cours reprenaient presque trop vite. Elle aurait bien aimé avoir plus de temps pour se faire à l'idée qu'elle allait changer de classe. Elle n'avait pas eu d'amis proches dans sa promotion, mais… C'était des gens qu'elle connaissait, des enfants avec qui elle jouait et qui l'acceptaient. Ça allait être dur de repartir de zéro. Elle avait le trac.

Sa famille, en revanche, était ravie. Son père lui fit la démonstration d'un Jutsu Raiton de base, et lui promis de lui apprendre quand elle serait prête. Sa mère se mit à la presser pour qu'elle fasse des katas d'étirement tous les matins avec elle. Quant à Izumi, elle était en admiration devant sa grande sœur. Tsunami n'avait pas le cœur de lui dire qu'elle ne voulait pas vraiment devenir Genin, que ce n'était pas son rêve d'être ninja, que tout ça c'était juste un moyen et non pas un but. Sa petite sœur était si enthousiaste. Elle pouvait bien jouer le jeu, non ?

A la rentrée, cependant, Tsunami eut une surprise. L'année dernière, le nom de Shisui avait été le seul qu'elle avait reconnu, mais là, il y en avait deux. Le premier était celui de Yūgao Uzuki, qui deviendrait plus tard une ANBU experte en kenjutsu. Le second était celui d'Iruka Umino, le futur bien-aimé professeur de Naruto.

Eh bien, elle avait trouvé ses prochains amis.

Tsunami les approcha l'un après l'autre à la récréation suivante. Iruka était tout seul, ce ne fut pas difficile. Yūgao faisait cependant partie d'un petit groupe qui jouait déjà au ballon, et Tsunami dut rassembler tout son courage pour l'aborder et demander si elle et son ami Iruka pouvaient se joindre à eux. Mais les enfants de sept et huit ans n'étaient pas difficiles, et ils acceptèrent sans difficulté que les deux nouveaux viennent grossir les rangs. Certains rechignèrent à l'idée de prendre Tsunami dans leur équipe, parce qu'elle était plus petite qu'eux, mais elle leur prouva rapidement qu'elle n'était pas une chiffe-molle. Cela suffit pour qu'elle s'intègre parmi eux. A midi, elle partagea un paquet de bonbon (que son père lui avait donné en cachette) avec Yūgao et Iruka, et ensuite… Elle s'était fait deux amis pour la vie. En rentrant à la maison ce soir-là, elle sautillait presque d'allégresse.

Les cours de troisième année n'étaient pas beaucoup plus compliqués que ceux de première année. Les adultes s'adressaient à des enfants et s'adaptaient à leur niveau. Mais là, on s'axait davantage sur les informations pratiques. Terminés, les longues leçons de calligraphie ou les jeux d'adresse. A présent, on leur parlait de choses utiles. On leur parlait des dangers des différents environnements, des fruits et des baies comestibles, des règles de sécurités lorsqu'il fallait établir un campement, etc. On leur parlait de l'Histoire de Konoha et de ses clans, des mythes du pays du Feu, et de leurs ennemis les plus belliqueux. L'essentiel de tout ça était oral, mais il y avait des tests écrits. C'était ces tests qui tenaient lieu de leçon de calligraphie. Vu la complexité de l'alphabet japonais, et le fait qu'il n'existait pas de stylo dans cet univers, Tsunami commençait à soupçonner qu'ils auraient ce genre de leçon jusqu'à l'obtention de leur diplôme. Elle n'en serait jamais débarrassée !

Les sujets théoriques (histoire, géographie, mathématiques…) étaient toujours à la portée d'enfants, mais tout juste. Tsunami s'en sortait sans problème grâce à sa considérable avance, mais de très nombreux élèves étaient à la traîne. Apparemment, c'était une année sélective. Les instructeurs leur donnaient des listes de livres à lire pour mieux comprendre certains sujets. C'était utile… Mais ça voulait aussi dire que tous ceux qui n'avaient pas un niveau d'éducation suffisant peinaient à suivre. Ceux qui avaient du mal à lire ou manquaient de vocabulaire étaient relégués au fond de la classe, et les professeurs continuaient leurs leçons au rythme des meilleurs élèves. Dès les deux premiers mois, la moitié de la classe était ainsi relégué au fond de la pièce. C'était assez injuste. Mais là aussi, ça effectuait un tri : les enfants qui n'avaient pas les bases redoubleraient, tandis que les autres avanceraient.

Tsunami faisait partie des bons élèves, comme Yūgao et (un peu plus bas dans le classement) Iruka. Ils s'asseyaient généralement ensemble. Pour les exercices physiques qui nécessitaient d'être en équipe de trois, ils commençaient à graviter ensemble de plus en plus naturellement. On commençait à apprendre le taijutsu en classe : Tsunami n'avait qu'un niveau moyen, comme Iruka, mais Yūgao compensait en étant l'une des meilleures.

Car l'Académie ne leur parlait pas que de généralités théoriques. On abordait enfin les choses intéressantes : les arts ninjas en eux-mêmes. Ce qu'était le taijutsu. Ce qu'était le chakra. Comment fonctionnait le ninjutsu. Comment lancer et briser un genjutsu. Là aussi, il y avait une différence de niveau entre les élèves… C'était une question de culture générale. Ceux qui étaient immergés dans ce genre de chose dès leur plus jeune âge, tels les enfants élevés par des ninjas, n'avaient pas de mal à suivre. Les autres, en revanche, ne comprenaient pas certains éléments… Et s'ils ne faisaient pas par eux-mêmes un effort de recherche supplémentaire dans leurs manuels, ils ne comprendraient sans doute jamais, et resteraient bloqués là.

Les différents élèves de la classe, selon leur culture, leurs bases, et leurs compétences, progressait donc à des vitesses radicalement différentes. Tsunami, Iruka et Yūgao avaient tous les trois été élevés par des ninjas, mais ne faisaient pas partie d'un clan. Ils n'avaient donc pas de mal à comprendre les leçons sur l'utilisation du chakra, mais les sensei en charge de la classe leur accordaient rarement une attention particulière. Ce n'était pas vraiment un problème : ils étaient tous les trois de bons élèves. Iruka était un peu dispersé en classe, mais Yūgao et Tsunami volaient à son secours quand il perdait le fil de la leçon, et ça suffisait. Ils fonctionnaient bien ensemble. Yūgao avait toujours son groupe d'amis d'origine, mais elle passait de plus en plus de temps avec Iruka et Tsunami, parce que… Eh bien, c'était plus simple dans un petit groupe. Plus personnel. Et Tsunami n'était peut-être pas une gamine de six ans normale, mais elle avait de super-idées de jeu.

La quasi-totalité de ces jeux étaient des exercices plus ou moins déguisés, ce qui ne faisait qu'en renforcer l'attrait.

– On joue à quoi ? trépigna Iruka qui était sorti le premier dès que la cloche avait retenti. Ninjas dans les arbres ?

– Cache-cache dans le marché ! proposa plutôt Tsunami.

– Tu dis juste ça parce que t'as gagné la dernière fois !

– Justement, tu veux pas une revanche ?

– Moi j'en veux une, approuva Yūgao. On tire au sort qui cherche ?

Etant donnée l'adresse des ninjas, tricher à la courte-paille était un classique. Tsunami l'avait appris de son père. Yūgao aussi semblait connaître l'astuce. Il n'y avait qu'Iruka qui se faisait avoir. Mais il finirait par comprendre le truc, à force d'être systématiquement tiré au sort…

Tsunami continuait à lire. Des légendes, des traités, des dissertations, un peu de tout. Elle avait mémorisé tout un tas de bricoles sur le clan Uchiha et sur leur Dôjutsu. Au hasard de ses lectures, elle était tombée sur plusieurs mentions de Madara et de son frère Izuna, et de leur Sharingan « développé jusqu'au degré ultime ». Il y avait très peu de mentions du Mangekyō Sharingan : les Uchiha ne laissaient pas traîner ce genre d'infos n'importe où. Mais au cours des guerres claniques, ça avait été connu… Ou du moins, le concept (à défaut des détails) avait été connu, puisque c'était ce qui avait rendu Madara si impressionnant. Les écrits datant de cette époque, surtout ceux rédigés par les anciens ennemis des Uchiha, en parlaient assez souvent. La mort d'Izuna et le fait que Madara avait pris ses yeux était référencé dans au moins deux livres écrits par le clan Aburame sur la fondation du village. Le Susanoo n'était pas nommé, mais la technique était décrite dans un ouvrage rédigé par un Inuzuka. La prétendue « malédiction des Uchiha », qui était d'aimer trop intensément et donc de risquer de tomber dans la folie à chaque traumatisme, était décrite dans un petit livre sur la vie de Tobirama Senju, qui avait été rédigé par un de ses neveux.

Tsunami n'absorbait pas que des connaissances théoriques. Elle lisait des livres sur la transformation de la nature du chakra, qui l'aiderait plus tard dans l'utilisation de Jutsu élémentaires. Elle essayait de travailler sa précision, aussi : même si elle avait de bonnes réserves de chakra, elle n'avait que des réserves d'enfants. Pour compenser ce manque de puissance, il lui fallait un très bon contrôle. Tsunami connaissait donc davantage d'exercices du chakra que ses camarades, elle en était sûre. Les Chuunin-sensei commençaient à peine à les introduire à l'idée de sentir son propre chakra. Tsunami, elle, maîtrisait déjà l'exercice de la feuille à coller sur soi grâce à son chakra. Elle pouvait faire tenir trois feuilles sur le dos de sa main sans le moindre effort. L'étape suivante était de faire la même chose avec un caillou, à différents endroits : le front, le nez, le ventre, le genou, le pied, etc. Et après ça, il n'y avait plus qu'à marcher sur les arbres, puis sur les murs, puis sur l'eau. Fastoche.

Cela dit, elle démontrait rarement son avance en classe. D'abord parce que leur sensei ne demandait jamais de démonstration de ce genre, mais ensuite parce que dans d'autres domaines, elle était loin d'être assez douée pour frimer comme ça. Son taijutsu était correct mais n'avait rien d'exceptionnel. Elle était un peu meilleure qu'Iruka, mais c'était parce qu'elle avait de plus grandes réserves de chakra (elle utilisait son chakra depuis plus longtemps, et son système c'était donc davantage développé), et donc qu'elle était plus forte et plus solide. Mais en matière de technique… Elle n'avait jamais fait de taijutsu avant. Dans ce domaine, elle n'avait aucun avantage, aucune avance, aucune façon de tricher. Il fallait progresser normalement… Et Tsunami avait perdu l'habitude de ne pas être la meilleure.

Le fait qu'elle ne soit plus première de la classe ne dérangeait pas vraiment ses parents. Son père était de plus en plus souvent en mission, et sa mère… Elle était juste contente que, malgré son avancée d'une classe, Tsunami se situe toujours dans le premier tiers du classement. Surtout en troisième année, l'année sélective ! Ce n'était pas chose aidée. Quant à Izumi, eh bien… A ses yeux, Tsunami ne pouvait rien faire de mal, et était toujours la meilleure. Ça faisait chaud au cœur.

Vers le milieu de l'année scolaire, peu avant l'anniversaire de Tsunami, l'Académie introduisit les classes de kunoichi. Enfin, c'était plus un club qu'une classe. Ça avait lieu une fois par semaine, après les cours. Ce n'était pas obligatoire mais les filles étaient vivement encouragées à y aller. Au départ, Tsunami traîna les pieds, mais… Ces cours étaient relativement innocents. On n'y apprenait pas l'art de la séduction en 36 leçons (heureusement). On y parlait plutôt des différents festivals et vacances des grands pays, ou de l'art de composer des bouquets de fleur (l'ikebana). On y apprenait un peu de cuisine, un peu de couture et de broderie, comment se maquiller ou porter un kimono. On y apprenait les bases de la cérémonie du thé, ou comment jouer d'un instrument. C'était des choses simples et féminines… Mais aussi une base solide pour les missions d'infiltration. On y apprenait à chanter, à danser, à jouer un rôle. Un excellent entraînement, qui aida beaucoup Tsunami à gagner en assurance. Les autres fillettes ne semblaient pas réaliser que ce joyeux petit club avait pour but de transformer ses leçons en armes, mais Tsunami ne perdait pas cela de vue.

Elle allait être une ninja. Ils allaient tous devenir des ninjas. Et les ninjas étaient des tueurs.

Elle n'était pas sûre d'avoir vraiment fait la paix avec ça.

L'Académie les y préparait, pourtant. Il y avait des exercices de survie en forêt durant lesquels il fallait attraper, tuer et préparer sa nourriture. Enfin, ils commencèrent par juste l'attraper, puis un élève plus âgé leur montra comment tuer et préparer le pauvre lapin qui avait été capturé. Pour les exercices suivants, en douceur, on leur fit capturer puis préparer l'animal, même si la mise à mort était toujours gérée par quelqu'un de plus âgé. Ce n'était que plus tard, après au moins cinq exercices de survie, une fois que c'était devenu normal pour eux, que les enfants étaient autorisés à tuer la bestiole par eux-mêmes. Ils perdaient des points si la mise à mort était bâclée. Personne n'hésitait en tordant le coup du gibier.

Mais il y avait quand même un pas être tuer un petit animal sauvage pour manger, et tuer un ennemi sur un champ de bataille. Tsunami ne savait pas si les autres enfants y pensaient. Probablement pas. En tous les cas, ça pesait de façon inconfortable sur son estomac.

– Tsunami ! Tsunami ! A quoi tu penses ?

Elle tourna la tête vers Izumi, dont les yeux brillaient de curiosité, et abandonna son livre sur les forces et les faiblesses des différents éléments.

– A rien de particulier. Tu veux t'entraîner avec moi ?

A en juger par l'air ravi d'Izumi, elle aurait tout aussi bien pu lui offrir la lune.

Entraîner Izumi était un développement récent. Avant l'âge de quatre ans, les enfants avaient rarement assez de coordination pour pratiquer des katas d'arts martiaux ou lancer des shurikens. Tsunami n'avait pas voulu prendre de risques. Elle-même n'était pas très entraînée. Intelligente, oui, et probablement plus instruite que d'autres élèves ayant deux fois son âge… Mais pas très entraînée. Cela dit, à présent, elle se sentait plus confiante. Elle n'était pas au niveau de Yūgao, qui enchaînait les katas et les frappes avec aisance, et qui avait la grâce d'une danseuse. Mais elle se débrouillait bien. Elle avait sept ans à présent, et elle était parmi les meilleures de sa classe. Alors elle commença à montrer à sa petite sœur différents katas, puis comment tenir un kunai, puis comment lancer des shurikens…

Mama ne s'était jamais entraînée avec ses filles, et Papa n'en avait guère eu le temps. Peut-être avaient-ils espérer les protéger de la réalité le plus longtemps possible. Mais quand Tsunami se mit à entraîner sa petite sœur, qui avait alors quatre ans et demi, leurs parents réalisèrent qu'il était trop tard pour prétendre que leurs bébés n'étaient pas en train de devenir des ninjas. Ils ne leur demandèrent pas de s'arrêter, mais… Mama commença à attendre Tsunami à la sortie de l'Académie pour lui faire réviser son taijutsu. Papa commença à l'interroger sur son contrôle du chakra. Quand Tsunami lui montra qu'elle savait sans problème escalader les arbres, les murs, et même le plafond, il l'emmena avec lui jusqu'à un étang pour s'entraîner à marcher sur l'eau.

Evidemment, ça réduisit le temps de lecture de Tsunami. Elle n'avait plus vraiment le temps de bouquiner après les cours. Elle devait aussi un peu réduire le temps passé à jouer avec ses amis après l'Académie. Pas beaucoup, parce que ses parents considéraient qu'avoir des amis étaient important (et parce qu'eux-mêmes ne pouvaient pas toujours s'occuper d'elle immédiatement en rentrant), mais assez pour qu'Iruka et Yūgao le remarquent. Ils ne lui en tirent pas rigueur, cela dit. Yūgao était aussi entraînée par ses parents, alors elle savait ce que c'était. Quant à Iruka, ses deux parents étaient Chuunin et passaient leur temps à courir d'un champ de bataille à un autre : il était d'avis que Tsunami devrait profiter de chaque instant avec son Papa et sa Maman.

Le bon côté des choses c'était que cet entraînement portait ses fruits. Oh, Tsunami n'allait pas sauter une classe, merci bien, mais elle améliorait grandement sa technique de taijutsu. Doucement, elle commença à monter dans le classement. C'était dur, cela dit. Il y avait les cancres, puis les moyens (Iruka était dans ce lot-là), puis le peloton de tête où tout le monde était vraiment doué. Progresser était plus ardu quand on affrontait des adversaires qui avaient un vrai niveau de compétence. Atteindre la première place était mission impossible : la classe était dominée par un Hyuga et un Uchiha (les grands rivaux, Hikari et Hideyoshi) qui écrasaient tout le reste. Mais bon, Tsunami ne visait pas la médaille d'or. Elle était juste contente de rattraper Yūgao.

Ils n'avaient pas encore appris le moindre Jutsu, mais ça allait venir. Leurs instructeurs commençaient à leur faire apprendre les mûdra, ces signes de mains servaient à malaxer le chakra d'une certaine façon pour obtenir un Jutsu précis. Plus on était familier avec ce Jutsu, et moins on avait besoin de signes de mains pour le créer. Mais il fallait commencer par le début… Et le début, c'était qu'il était essentiel de parfaitement maîtriser ces mûdra. Comment les reconnaître, comment les former, avec quoi tel signe était le plus souvent associé… C'était utile à savoir, évidemment. Qu'est-ce que ça signifiait si le mec d'en face faisait un Jutsu qui utilisait le mûdra du tigre ? Généralement une boule de feu dans la figure, et donc qu'il valait mieux avoir un Suiton dans sa manche. Utile, non ?

Tsunami était douée à ça : faire des mûdra à toute allure. Elle n'avait pas eu une telle adresse dans son ancienne vie. Mais là, peut-être à cause du chakra qui circulait dans tout son corps, ou peut-être parce qu'elle avait commencé à faire des jeux d'adresse plus tôt, ou peut-être juste parce qu'elle était génétiquement moins maladroite… Ses doigts volaient d'une position à l'autre. Pour s'amuser, elle apprit aussi des tours de passe-passe, comme faire disparaître une carte ou une pièce de monnaie, ou faire surgir des shurikens entre ses doigts. Yūgao était meilleure qu'elle en classe, mais ça, elle n'arrivait pas à le faire.

A force de traîner avec Yūgao et Iruka, il était inévitable qu'ils rencontrent sa famille. C'était même étonnant que ça ne soit pas arrivé avant. Peut-être parce que les parents de Tsunami n'étaient pas très sociables. Elle ne se souvenait pas avoir jamais vu des invités chez eux. C'était étrange, car Papa et Mama étaient des gens très gentils. Ils rencontrèrent Yūgao et Iruka à la sortie de l'Académie, d'abord sa mère, puis son père trois jours plus tard, et ils se montrèrent ravis de faire connaissance avec les amis de leur fille. Il s'avéra même que Papa connaissait les parents de Yūgao.

– Ah, Hanami et Nobuhiko Uzuki ? fit-il avec un grand sourire. On a fait quelques missions ensemble ! Ton père est le meilleur épéiste de ma connaissance. Tu dois être très douée toi aussi. Tu leur diras que Kaiji leur dit bonjour, d'accord ?

Yūgao se rengorgea, ravie du compliment. Tsunami se pencha vers elle avec curiosité :

– Ton père est un épéiste ?

– L'un des meilleurs experts de kenjutsu du village, fit son amie avec fierté. Il m'apprend le kenjutsu à la maison.

– Tu ne l'as jamais montré à l'Académie ! s'indigna Iruka.

– On n'a pas le droit d'amener des armes autres que nos kunais et shurikens, Iruka ! Sinon, tu penses bien que j'aurais écrasé Hikari et Hideyoshi depuis longtemps.

Iruka et Tsunami hochèrent la tête en ricanant. Hikari Hyuga et Hideyoshi Uchiha avaient exactement la même personnalité : arrogants, teigneux, rigides, et fiers de leurs clans respectifs à l'extrême. Ils se haïssaient tellement qu'ils ne réalisaient même pas qu'ils étaient le spectacle de toute la classe.

(Ni Hikari ni Hideyoshi n'étaient des personnages du canon. Pourtant leurs sensei ne cessaient de chanter leur louage et de dire qu'ils étaient promis à un brillant avenir. Tsunami essayait de ne pas penser à ce que ça voulait dire…)

Yūgao était la seule personne que Tsunami connaissait qui utilisait un sabre (ou qui utiliserait un sabre, plutôt). Dans sa classe, parmi les sensei, ou ses parents… Tout le monde semblait privilégier kunais et shurikens. La raison était simple : c'était des armes facilement remplaçables, produites quasiment en série, et dont on pouvait transporter une grande quantité. On les balançait et on avait les mains libres : c'était indispensable pour utiliser le ninjutsu. Une épée, un sabre, une hache, oui c'est cool et ça peut faire des dégâts… Mais à partir du moment où des tornades magiques se mettent à sortir du sol, même le plus grand et le plus tranchant des bouts de métal ne sert plus à grand-chose.

C'était pour ça qu'apparemment les utilisateurs de kenjutsu étaient du genre à éliminer immédiatement l'ennemi. Tsunami l'appris dans les livres, pas de Yūgao ou de son père. Quand quelqu'un débarquait sur le champ de bataille avec une épée, il devenait souvent la cible numéro un, parce que la méthode d'attaque d'un utilisateur de kenjutsu consistait soit à a) couper la tête de l'ennemi soit b) lui couper les mains. L'allonge du sabre permettait de faire ça vite, bien, et en restant hors de portée de taijutsu. Et ensuite, eh bien… Ne plus avoir de mains était une condamnation à mort aussi certaine que de ne pas avoir de tête. Les épéistes ne rigolaient pas.

Et les bouquins sur le kenjutsu sont sinistres, songea Tsunami en rangeant ce livre-là avec un frisson.

Les épées et les sabres, ça avait de l'attrait, elle ne pouvait pas le nier. Mais ce n'était pas pour elle. Papa était un expert en ninjutsu. Quand Tsunami lui prouva qu'elle avait assez de chakra (grâce à une course d'endurance épuisante) et assez de contrôle (en marchant sur l'eau avec aisance), c'est d'ailleurs à ça qu'il promit de l'entraîner. Il laissait le taijutsu à Mama. Sur le ton de la confidence, il glissa à Tsunami qu'elle avait toujours été plus douée que lui en taijutsu.

Tsunami n'allait pas se plaindre. Elle allait apprendre le ninjutsu. Jeter des boules de feu ! Balancer des tornades sur les gens ! Il y avait quelque chose de grisant à être capable de tout ça. C'était comme de booster ses muscles grâce à son chakra, et de devenir capables e courir plus vite qu'une voiture de course, ou de sauter de toits en toits comme si on était montée sur ressorts. C'était enivrant.

Dans ces moments-là, même ses souvenirs-rêves et leurs promesses de fin du monde ne parvenaient pas à ternir son allégresse.

oOoOoOo

A la fin de la seconde année d'Académie de Tsunami (qui était en fait la troisième année du cursus), elle se trouvait dans le premier quart du classement. Elle était troisième kunoichi, derrière Yūgao et une fille d'un petit clan, et sixième dans le classement général, derrière trois garçons dont les rivaux Hikari et Hideyoshi. C'était assez impressionnant, quand même. Tsunami était la seule à ne pas venir d'un clan, aussi petit soit-il. Les grands-parents de son père avaient été des civils.

On était toujours en guerre, et les premiers du classement étaient surveillés du près. Si la situation avait été un peu plus désespérée… Si on avait eu besoin de plus de troupes… Tsunami était à peu près sûre que le top de leur classe aurait pu être diplômé. Le test final n'était pas difficile. Il y avait un test de taijutsu, un test écrit qui couvrait à la fois l'Histoire, la stratégie et le genjutsu, et finalement un test de ninjutsu qui portait sur les trois Jutsu de base. Certes, aucun d'entre eux n'avait appris les Jutsu en question… Mais ils avaient tous largement les réserves de chakra et le contrôle nécessaire pour les réussir. Ils auraient pu être diplômés à huit ans. Ça aurait été si facile. En temps de guerre, on baissait tellement les critères…

Mais la situation n'était pas désespérée. Konoha était en position de force. Pas en position dominante (il faudrait attendre la mission du pont de Kannabi et la mort d'Obito pour ça), mais ça allait venir. Tsunami avait entendu le surnom de l'Eclair Jaune être mentionné dans la rue. Minato Namikaze avait commencé à utiliser le Hiraishin au front, et il faisait un massacre.

C'était dur d'avoir une idée globale de la situation parce que ça n'arrêtait pas de changer. Les ninjas pouvaient redessiner un paysage, détruire des montagnes, détourner des rivières, tout ça en claquant des doigts. De ce fait, il y avait beaucoup d'énormes changements qui se produisaient en très peu de temps. Mais on pouvait quand même avoir une idée, grosso modo, du déroulement de la guerre. L'Académie n'en parlait pas en cours d'Histoire, ce qui était un vrai gâchis : mais il suffisait d'aller ailleurs à la pêche aux infos. Poser des questions à ses parents, éplucher les livres, etc.

La Troisième Grande Guerre Shinobi avait commencé peu après la disparition du Sandaime Kazekage. Tsunami n'était pas encore née à cette époque. Sans Kazekage, le village de Suna était devenu vulnérable et avait attisé les convoitises des pays voisins. Konoha, Iwa, mais aussi des petits pays comme Kusa. D'autres nations avaient profité des tensions grandissantes pour semer la discorde ou s'attaquer à leurs voisins et faire accuser un rival. C'était ce qu'avait fait Kumo, puis Kiri. Il était alors difficile de déterminer quand la guerre avait commencé. Au bout d'un moment, ces tensions et ces escarmouches avaient dégénérées en batailles rangées, sans qu'on sache qui avait donné le coup d'envoi.

La guerre commençait à tourner en faveur de Konoha depuis à présent quelques mois. Selon les rumeurs, le Sandaime Raikage était mort, et c'était son fils (le fameux A, frère de Killer Bee) qui allait le remplacer. Kumo commençait à quitter l'offensive et à se concentrer sur sa propre défense. Kiri était plus ou moins battue, et Suna également. Les seuls qui continuaient à se battre étaient Konoha et Iwa. On était toujours en guerre, oui, mais il n'y avait pas d'urgence.

Cette année-là, les élèves de l'Académie qui avaient neuf et dix ans passèrent dans la classe supérieure, une classe qui avait cessé d'exister pendant au moins quatre ans, au lieu d'être envoyés au front. L'âge du diplôme augmentait. C'était un signe. La paix n'allait pas tarder. Tout le monde était tendu, épuisé, en deuil et en colère, mais le fait que la guerre allait se finir… Pour beaucoup, c'était un soulagement.

Pour Tsunami, ça voulait aussi dire que Kaiji serait plus souvent à la maison. Oh, il avait encore des missions, mais… Elles étaient moins fréquentes. Moins longues, aussi. Il s'était bien battu, et il méritait de se reposer.

Mais il n'avait pas oublié pour autant sa fille aînée. Peu après la fin de l'année scolaire, pour la féliciter de ses bonnes notes, il l'emmena sur un terrain d'entraînement désert afin de lui apprendre son premier Jutsu. La logique ou la prudence aurait voulu qu'il commence par un truc simple, comme les trois Jutsu classiques de l'Académie. Le Henge qui permettait de se métamorphoser, le Bunshin qui faisait apparaître un clone illusoire, et le Kawarimi qui permettait d'échanger sa position avec celle d'un objet proche. C'était la base. Mais non, Kaiji était du genre à prendre le taureau par les cornes et, une fois sur le terrain d'entraînement, il montra une petite feuille de papier à Tsunami.

– C'est du papier-chakra, l'informa-t-il joyeusement. Il permet de déterminer ton affinité élémentaire. Si tu fais passer ton chakra dedans, il va réagir en fonction de sa nature latente.

Il plissa les yeux, et le papier se froissa. Tsunami poussa un glapissement ravi. Son père sourit avec affection.

– J'ai une affinité Raiton. En contact avec du chakra de cette nature, le papier se froisse. Si c'était du Katon, comme l'affinité de ta mère, le papier s'enflammerait. Si c'était du Fuuton, le papier se couperait en deux Pour le Doton, il se décompose, et pour le Suiton, il s'humidifie.

– Et mon affinité, c'est quoi ? trépigna Tsunami avec enthousiasme.

Son père se mit à rire :

– C'est ce qu'on va découvrir ! Tu as environ 50% de chance d'avoir la même affinité que tes parents, mais il est aussi possible que tu en ais une autre. Mon affinité est le Raiton, puis le Suiton et le Doton, dans cet ordre. Donc à moins que tu tombe sur le Fuuton, ta mère et moi devrions être capables de t'apprendre quelques Jutsu.

Ne me porte pas malchance, songea Tsunami en grimaçant. A sa connaissance, le Fuuton était très rare à Konoha. Il n'y avait qu'Asuma Sarutobi qui l'utilisait… Et Orochimaru, mais il était absolument hors de question qu'elle aille lui demander des leçons… Et, plus tard, Naruto Uzumaki. C'était une affinité qu'on trouvait plus souvent à Suna. Et comme ils étaient en guerre avec Suna, eh bien… Disons qu'elle aurait préféré un autre élément, voilà.

Son père lui donna un papier-chakra neuf, et elle le prit en retenant son souffle. Elle savait parfaitement faire circuler son chakra dans tout son corps, à présent, et en faire passer une étincelle au niveau de ses doigts n'était pas difficile…

Frrschh. Le papier se froissa.

– Une affinité Raiton comme moi ! s'exclama son père tandis que Tsunami fixait son papier avec incrédulité (elle était à moitié sûre d'avoir Fuuton juste parce que le destin était contrariant). C'est super, Tsunami-chan ! Oh, par quoi commencer… Oh, je sais. La Décharge !

La Décharge était un Raiton de base qui agissait comme un tazer. On chargeait l'énergie électrique dans sa main, on la pointait vers sa cible, et un éclair s'échappait en frappant l'objet le plus proche (ou le sol, à défaut de cible). Ce n'était qu'un Raiton de rang C, davantage un moyen d'envoyer une décharge d'avertissement qu'un moyen de véritablement mettre par terre un adversaire. Mais on pouvait le surcharger de puissance jusqu'à en faire un Jutsu de rang A, si on s'y prenait bien…

Tsunami s'y entraîna toute l'après-midi avec son père, et ne mit que quelques heures (à sa grande satisfaction) à maîtriser parfaitement ce Jutsu. Bon, il y eut quelques ratés, mais il était nécessaire de commettre des erreurs pour apprendre, non ? Et personne ne fut blessé. Le t-shirt de Tsunami souffrit juste de quelques brûlures, et ses cheveux se retrouvèrent passablement ébouriffés par l'électricité statique.

– Ça se voit à peine, la réconforta son père avec amusement.

Tsunami passa la main dans ses longs cheveux d'un air chagrin. Izumi avait les cheveux châtains comme leur père, mais lisses et doux, comme ceux de leur mère. Tsunami avait les cheveux un peu moins dociles. Une frange plus irrégulière, quelques mèches rebelles… On était encore loin d'être au stade « Madara » (qui tenait du porc-épic plus qu'autre chose) mais voilà. Elle n'avait pas des cheveux de poupée. Oh, ce n'était pas très grave, pour un ninja. Elle n'était même pas aussi ébouriffé qu'un Nara. Mais bon, sa grande hantise était que ça s'aggrave et qu'elle se retrouve avec des cheveux aussi ridicules que le croupion d'un canard, à la Sasuke.

Son père continua à l'entraîner. Il lui avait enseigné un Raiton de rang C, mais le temps que Tsunami avait mis à le maîtriser semblait lui avoir rappelé qu'elle n'avait même pas encore huit ans, et qu'il fallait peut-être ralentir un peu. Il passa donc aux Jutsu de rang D et de rang E, et Tsunami fit un peu la tête. Les rangs E n'étaient parfois même pas qualifiés de vrai ninjutsu. C'était les trucs basiques comme les petits genjutsu de désorientation, ou le Henge pour changer son apparence. Les Jutsu de rang D n'étaient pas très compliqués non plus. C'était la base de la base. Mais même quelque chose de basique pouvait être utile. Ainsi, il y avait un Jutsu d'aide à la manipulation des shurikens, pour augmenter leur portée et leur force (il s'agissait d'utiliser des fils de chakra pour les manipuler, comme les marionnettistes de Suna). Un autre Jutsu aidait à booster ses capacités sensorielles, pour détecter le chakra autour de soi. Pour Tsunami qui avait déjà un peu de talent dans ce domaine, c'était très utile. Et finalement, son père commença aussi à lui apprendre le Shunshin, le déplacement instantané. C'était le truc qui l'enthousiasmait le plus.

Bon, elle n'y arriva pas du premier coup. Ni du second. Mais elle s'en fichait. Elle n'avait pas la pression d'un clan pesant sur ses épaules. Et puis, elle n'était pas une prodige. Elle l'assumait. C'était Shisui Uchiha qui était célèbre pour son Shunshin, malgré son jeune âge… Et elle n'était certainement pas Shisui.

Elle n'était pas une Uchiha, d'ailleurs.

Tsunami et Izumi ne ressemblaient pas beaucoup aux Uchiha. Elles avaient les traits doux et arrondis de leur mère, mais… Tous les Uchiha avaient les yeux noirs, et les cheveux sombres. Tsunami avait les yeux brun foncés, comme son père : sombre, mais pas noirs. Izumi avait les yeux plus clairs, tendant davantage vers la couleur chocolat. Elle avait aussi ses cheveux châtains, bien que doux et lisses. Tsunami avait une chevelure noire vaguement attachée en queue-de-cheval, très Uchiha, mais… Le seul fait d'avoir les yeux bruns suffisaient à la classifier comme non-membre du clan. Leur mère portait les fameux t-shirts à col haut et large dont s'habillaient la plupart des membres du clan, et ses deux filles en avaient quelques-uns dans leur placard (parce que c'était bien pratique, mine de rien, de pouvoir se cacher la moitié du visage derrière son col rien qu'en inclinant le menton) : mais elles ne portaient pas l'emblème Uchiha brodées dans le dos. Elles étaient anonymes. De toute façon, comme ni Tsunami ni Izumi n'avait de nom de famille, personne ne devait se douter de leur ascendance. Et c'était très bien comme ça.

Mais cela ne dura pas. Peu avant la rentrée, Mama attendit que tout le monde soit rassemblé pour dîner et annonça posément :

– J'ai revu mes parents aujourd'hui.

Papa s'immobilisa. Il semblait sur ses gardes, soudain.

– Oh ?

Mama sourit faiblement :

– Ils regrettent, mon chéri. Avec la guerre, on a perdu tellement de monde… Mes cousins, mes oncles, ma tante, ma petite sœur, mon grand frère… Ils ne savaient même pas que j'étais encore vivante. Ils veulent… Ils m'ont proposé de revenir.

– A condition que tu ne me revoies plus jamais ? lâcha Papa avec une pointe d'acidité. Ton père voulait m'étriper la dernière fois qu'on s'est vu.

Tsunami se pencha en avant avec fascination. Ses parents n'avaient jamais parlé de leur rencontre et de leurs déboires avec leurs familles respectives. Elle savait que les parents de Kaiji étaient morts avant sa naissance, mais ceux d'Hazuki… Ils n'avaient jamais été évoqués.

– Ils ont toujours du mal avec l'idée que j'ai rompu mes fiançailles pour m'enfuir avec un Chuunin sans clan, renifla Mama avec amusement.

– Et un étranger, pointa froidement Papa. Mes grands-parents étaient des marchands du pays des Vagues. Ma mère n'est même pas née à Konoha, mais à Uzushio.

Tsunami n'était pas au courant. Son père était né à Konoha, mais pas ses parents ni ses grands-parents, apparemment. Et… Ils venaient du pays des Vagues ? Uzushio, est-ce que ce n'était pas le village caché d'où venaient les Uzumaki ?!

– C'est vrai, admit Hazuki en baissant les yeux. Ils ne l'ont pas oublié, et ils ne comprennent toujours pas mon choix… Mais ils ne sont plus en colère contre moi. Ils voudraient… Ils voudraient rencontrer les filles, si tu es d'accord.

Oh oh. Tsunami s'immobilisa. La plupart du temps, elle oubliait l'immensité des problèmes annoncés par ses souvenirs-rêves. C'était un peu comme un examen imminent pour lequel on n'a pas réviser. Elle savait que ça arrivait, et elle s'y préparait, tout en essayant de se plonger dans le déni. Paradoxal, certes. Mais en tous les cas, Tsunami n'avait pas oublié le massacre, et elle avait la ferme intention d'y survivre en restant aussi loin que possible des Uchiha. Rencontrer ses grands-parents maternels semblait assez contre-productif.

Kaiji avait pincé les lèvres. Il avait l'air de vouloir dire non sans avoir le cœur de refuser à sa femme la chance de renouer avec les siens. Ils devaient vraiment détester les Uchiha. D'habitude, il cédait immédiatement à toutes les demandes d'Hazuki. Le regard de Tsunami passa de son père à sa mère, puis elle carra les épaules et lança d'une voix flûtée :

– S'ils n'aiment pas Papa je ne les aime pas non plus !

– Tsuna-chan, fit sa mère d'un ton réprobateur. Ce sont tes grands-parents…

– S'ils n'aiment pas Papa je ne les aime pas non plus, répéta-t-elle d'un ton buté. Pas vrai Izumi ? Parce que Papa c'est le meilleur.

– Le meilleur ! approuva Izumi.

Elle n'avait pas suivi la moitié de la conversation, mais c'était bon de se sentir soutenue. Tsunami croisa les bras, essayant de se faire la plus imposante possible, et soutint le regard de sa mère. Pas question de céder à ce sujet. Mama la fixa quelques secondes, puis poussa un profond soupir. Il y avait cependant une étincelle amusée au fond de son regard.

– Je leur dirai qu'il faut qu'ils règlent leurs différents avec Papa avant de vous rencontrer, ça te va ?

Non, ça ne lui allait pas, mais Tsunami pouvait difficilement expliquer sa paranoïa à sa maman qui voulait juste renouer avec ses parents. Elle fit mine de considérer l'idée quelques instants, puis hocha gravement la tête. Si ses grands-parents étaient des culs-pincés indignés à l'idée que leur fille ait fait un mariage en-dessous de sa classe sociale, elle était tranquille. Ce genre de préjugés ne se dépassait pas du jour au lendemain…

Elle aurait du résister davantage. Par la suite, Hazuki ne leur présenta pas leurs grands-parents (les négociations semblaient toujours en cours), mais il devint vite évident qu'elle les voyait régulièrement. Les t-shirts à col haut et larges commencèrent à se multiplier dans la penderie de Tsunami et Izumi. Les couleurs variaient, car Tsunami avait un faible pour le rouge et Izumi pour le mauve, mais on trouvait aussi pas mal de noir et de bleu sombre, les couleurs les plus souvent portées par les Uchiha. Sur un ou deux de ces t-shirts était même brodé l'éventail rouge et blanc, emblème du clan. C'était comme une invitation tacite. Tsunami refusait de porter ces vêtements-là, mais Izumi… Izumi était plus petite et plus naïve, et elle n'en saisissait pas pleinement la portée.

C'était Tsunami qui était hostile au clan Uchiha, alors c'est par Izumi que Mama essaya de les rapprocher de ses grands-parents. Pendant que Tsunami jouait ou s'entraînait avec Iruka et Yūgao, sa mère et sa petite sœur se promenaient, allaient au parc ou en forêt, et… Izumi ne tarda pas à se joindre aux jeux des enfants Uchiha qui se rassemblaient à ces endroits-là. Le fait qu'elle porte le même genre de t-shirts, et parfois même l'emblème du clan brodé dans son dos, lui permettait de s'intégrer sans faire de vague. Et c'était bien qu'Izumi se fasse des amis, mais… Tsunami grinçait des dents. Elle voyait bien ce que sa mère essayait de faire. Izumi était plus gentille, plus naïve, et plus malléable. Leur mère en profitait, espérant que l'enthousiasme d'Izumi convaincrait sa sœur. Ouais, bah bon courage.

Et puis la guerre prit fin.

Ce fut soudain, presque inattendu. Tsunami n'avait pas entendu parler de la mission du pont de Kannabi (ce qui était normal, elle n'était qu'une enfant), mais apparemment elle eut lieu presque en même temps qu'une importante bataille où Minato Namikaze massacra à lui seul toute une armée d'Iwa. Konoha émergea victorieuse de cette guerre. Mais c'était une victoire amère : ils avaient tellement perdu que personne n'avait le cœur à savourer leur triomphe.

Il y eut des cérémonies de récompenses. Il y eut des veillées mortuaires. Il y eut des cérémonies, pour tous les ninjas portés disparus et dont on n'avait pas retrouvé les corps. La guerre était terminée. Mais c'était un sentiment de lassitude qui pesait sur le village. Tout le monde était fatigué par les combats.

La rentrée approchait, et Hazuki évoqua la possibilité de ne pas y inscrire Izumi cette année. Maintenant que la paix était revenue, la plupart des enfants allaient s'inscrire plus tard, vers si ou sept ans. L'inscription à cinq ans avait été encouragée durant la période de conflit, mais c'était terminé. A présent, il n'y avait plus autant besoin de renflouer les rangs des ninjas de Konoha… Et beaucoup de parents voulaient profiter de leur progéniture encore un peu. Hazuki faisait partie du lot. Elle mentionna aussi qu'il y avait un système de garderie pour que les enfants puissent se rencontrer. Tsunami aurait mis sa main au feu que c'était un système de garderie entre clan, et que ses mystérieux grands-parents avaient donné à Hazuki un ticket d'entrée afin qu'Izumi se familiarise avec les petits Uchiha. Ce n'était pas stupide, et ça permettrait à Izumi de profiter de son enfance plus longtemps, mais… Tsunami n'aimait pas ça.

Au final, elle n'eut même pas à protester. Izumi piqua une crise de colère et de larmes à l'idée d'être écartée de l'Académie encore un an, et leurs parents se résolurent à l'inscrire cette année.

A la rentrée, il n'y avait quasiment aucun enfant de clan dans la classe d'Izumi. Il s'agissait pour la quasi-totalité d'orphelins ou d'enfants de civils qui n'avaient pas les moyens de se payer une garderie. Ils n'étaient qu'une petite vingtaine… La classe doublerait sans doute de volume l'année prochaine, quand les enfants de ninjas seraient inscrits. En attendant, Izumi s'y plaisait. Elle était aux anges d'être une ninja comme sa grande sœur, et grâce à l'entraînement qu'elle avait eu à la maison, elle était la première de sa classe.

Tsunami aussi était contente de retrouver l'Académie. Pas qu'elle aime l'école en elle-même (elle préférait lire) mais ça faisait plaisir de retrouver le reste de sa classe, les défis et les jeux, et les discussions avec Yūgao et Iruka dans le dos de leur sensei. Elles les voyaient durant les vacances, mais ce n'était pas la même chose. Ils faisaient un peu ce qu'ils voulaient quand ils étaient libres. A l'Académie, ils étaient plus unis, parce qu'il y avait les autres. Que ce soit un groupe qui les entraîne dans leurs jeux, ou une équipe à battre dans un exercice, c'était plus grisant d'être à trois au milieu d'un groupe que d'être à trois tous seuls.

Et puis, peu après la rentrée, Minato Namikaze fut nommé Yondaime Hokage.

Et Tsunami réalisa, avec la brutalité d'un seau d'eau dans la figure, que ça n'allait pas durer. Elle n'avait pas pensé à ça, alors que c'était pourtant absolument central dans l'histoire canon, mais… Le Yondaime Hokage allait mourir. Il allait mourir bientôt. C'était l'évènement le plus important du canon, c'était la naissance et la transformation du protagoniste, c'était l'attaque du putain de Kyūbi, et elle l'avait complètement zappé. Elle aurait dû s'en souvenir, pourtant ! Le Yondaime ne régnait qu'un an (ou deux, peut-être ?) avant de mourir. Il mourait avec sa femme Kushina, en scellant le Kyūbi dans son fils nouveau-né Naruto… Parce que le Kyūbi était lâché sur le village par Tobi. Dans un an, le plus gros et le plus féroce des Bijuu allait piétiner Konoha comme un taureau fou de rage.

Et elle l'avait complètement oublié.

Elle avait été tellement obnubilée par le massacre Uchiha et l'épée de Damoclès pesant au-dessus de la tête de sa mère qu'elle avait oublié qu'un danger beaucoup plus grave et beaucoup plus proche les menaçait tous. Itachi n'était qu'une personne, Danzō n'était qu'une personne. On pouvait échapper à leur vigilance. C'était difficile, mais pas impossible. Mais le Kyūbi ? Le renard à neuf queues, féroce, furieux et contrôlé par le Mangekyō Sharingan d'Obito ? Ça, c'était un gros problème. Tsunami ne savait pas où il allait apparaitre, quels endroits seraient dangereux, qui risquait de mourir. Tout ce qu'elle savait, c'était que ça allait arriver le dix octobre de l'année prochaine.

Et elle n'avait aucune idée de ce qu'elle devait faire.

.


.

Tadam.

Oui, Tsunami ne va pas avoir une vie tranquille. C'est ça d'être réincarnée dans le monde des ninjas xD Et elle n'est pas au bout de ses peines…

J'espère que ça vous a plu ! Et je vous dis à bientôt pour la suite =)