Hey I'm back ! Et vous allez me détester à un point pour mon retour hahahahaa ^^". Bonne lecture. Un petit rappel qu'à la fin du dernier chapitre, Jo est partie visiter April en garde à vue dans le but d'obtenir des réponses mais pour l'instant elle n'a rien. Elle s'apprête donc à retourner au 11 :).


Jo était remontée, parée à faire ses recherches sur l'arme pour voir qui parmi les potentiels suspects qu'Alice avait nommés, pourrait avoir un permis.

Elle allait réduire le champ de recherches aux employés de Bellevue, ainsi que le quartier où April avait vécu avant de séjourner à l'hôpital.

Elle fut interceptée par Gates, en sortant de l'ascenseur. Elle eut un haut-le-cœur en se retrouvant nez à nez avec elle.

- Sir ! Vous m'avez fait peur !

Gates esquissa à peine un sourire

- Désolée ! ce n'était pas mon intention ! Vous êtes bien matinale aujourd'hui Martinez !

Jo espérait qu'elle n'avait pas l'air aussi coincée qu'elle le sentait. Elle tenta de se confondre en excuses.

- Oui… Je ! Je voulais voir comment se portait April et j'avais envie de commencer quelques recherches ! Comme on n'a pas de corps, ni aucun autre indice, il n'y a pas grand-chose que l'on puisse faire de plus.

Gates ne la croyait qu'à demi. Jo se sentait tellement mis à nue. Si autant, devant Reece, elle pouvait garder un air droit et corruptible sans que jamais le lieutenant ne puisse lire en travers d'elle, ce n'était pas le cas de Gates qui était bien trop expérimentée pour laisser n'importe quelle excuse lui passer au-dessus.

- J'ai une question à vous poser Martinez… Et ne vous sentez pas offusquée, mais ce n'est que simple curiosité.

Jo n'était pas trop sûre d'où cela mènerait, mais elle hocha la tête lentement.

- Que pensez-vous de la présence du Dr Logan parmi nous ?

Jo sentit la veine de son front gigoter nerveusement et cela n'échappa pas à Gates.

- Euh… Pourquoi ?

- Curiosité, comme je vous l'ai dit !

Jo haussa des épaules

- Je ne sais pas ! Si elle parvient à aider Henry pour nous mener au coupable, tant mieux qu'elle soit là !

Jo baissa rapidement les yeux et pendant toute la phrase, n'avait pas du tout regardé Gates.

- Mais vous n'en êtes pas convaincue !

Ce n'était pas une question. Jo ne répondit pas. Elle ne pensait pas se faire démasquer aussi rapidement.

- Écoutez détective ! Si sa présence vous embête ou que vous pensez qu'elle ne sera pas capable de produire un travail de qualité, je peux juste lui demander de rester en dehors et de servir simplement de témoin.

Jo la coupa

- Non ! Ça va Sir ! Je vous assure ! Tout va bien ! Cette histoire me bouscule un peu, je me sens mal pour April, mais s'il n'y a que le Dr Logan qui la connaît et qui peut nous amener au meurtrier alors, je suis tout à fait pour sa présence parmi nous.

Gates savait qu'elle disait ceci tout simplement pour être polie. Elle tenta de la rassurer.

- Kate a passé quelques années à fermer les yeux sur ce qu'elle ressentait pour Richard, jusqu'au jour où elle a failli le perdre.

Jo rigola nerveusement

- Je ne vois pas ce que ça a à voir avec moi…

- Je ne faisais que le constater ! Parfois, il ne suffit que d'un événement insignifiant pour bousculer le tout et éloigner l'être cher à tout jamais !

Elle retourna dans son bureau en laissant Jo à ses pensées. Cette dernière se disait qu'il n'y avait pas plus ridicule. Elle n'avait aucun contrôle sur Henry et n'allait pas lui forcer la main en quoi que ce soit. Il faisait ce qu'il voulait. Elle n'était pas sa mère.

Elle partit donc s'installer à son bureau et commença les recherches, en rentrant les données de l'arme qu'Henry avait trouvé et en établissant un ordre de recherche précis pour voir qui ressortait du lot et si quelqu'un possédait le permis nécessaire pour avoir quelque chose d'aussi ancien sous la main.

Il était tout juste 8h30 et elle sentait qu'une nouvelle fois, la journée allait être affreusement longue, surtout s'ils tournaient une nouvelle fois en rond avant de pouvoir mettre un suspect et qu'il lui fallait déjà trois jours pour tenter d'interroger April et voir un peu de ce qu'elle savait et ce qu'elle connaissait d'Aiden.

Henry ne tarda pas à arriver et vit Jo, le nez collé à son ordinateur. Il regarda l'heure. Même Hanson n'était pas encore arrivé. Il se dirigea donc tout naturellement vers la jeune femme, avec sa bonne humeur habituelle.

- Bonjour Jo ! déjà là ?

En entendant sa voix, Jo ne sut vraiment comment réagir, mais elle se rappela de ses paroles d'elle à elle… Avec tout le courage du monde, elle répondit à son salut par le sourire le plus forcé qu'elle trouva et cela fonctionna.

- Salut ! Ça va ce matin ?

Autant passer par les formalités. Il n'y avait que comme ça, qu'elle pouvait réellement cacher ce qu'elle ressentait.

- Très bien, merci ! Et toi-même ? Tu es arrivée bien tôt.

Jo haussa des épaules

- Je me suis réveillée tôt et je voulais passer voir April !

Henry acquiesça et vit ce qu'elle faisait sur son ordinateur

- Tu es en train de rechercher qui possède un permis d'arme parmi la liste de suspects qu'Alice nous a donnée ?

Jo ne supportait pas de les entendre s'appeler l'un et l'autre par leurs prénoms, comme si ce n'était pas normal. Elle détourna rapidement les yeux et affirma.

- Oui ! Je me suis dit, tant qu'à s'occuper, autant commencer directement par tout ça. Ça pourrait nous faciliter la tâche.

En voyant les résultats, Henry se demandait si cela avait vraiment une importance

- Mais ça n'a pas l'air concluant – souffla-t-il

Elle le regarda d'un air sarcastique

- Je le sais ! Merci ! J'ai réussi à avoir tous les noms qu'elle nous a donnés, mais je ne vois personne qui possède un tel permis.

Henry suggéra alors

- Peut-être qu'il faudrait trouver la boutique où l'arme a été achetée ?

Jo rigola

- Une arme qui date de 1873 ? Je doute fort que ce soit encore produit ! À mon avis, ça été transmis de famille en famille et il n'y a qu'avec un permis qu'on pourrait retrouver, mais personne n'en possède un à ce que je vois, ou alors ce n'est pas déclaré… Comme beaucoup dans le pays.

Il n'y avait plus qu'un seul moyen et il suffirait d'aller interroger tout ce petit monde et de leur demander directement si oui ou non ils possédaient un permis d'arme ou une arme dans tous les cas.

Mais il fallait s'en assurer, de simples mots ne suffisaient pas… Mais pouvaient-ils seulement aller fouiller chez chaque personne avec un mandat ? Cela prendrait beaucoup trop de temps. Jo soupira. Elle n'avait aucune solution et ils n'avaient aucun indice. Henry compatit avec elle.

- Je comprends bien ton désarroi ! On fera de notre mieux. Tant que je n'ai pas le corps d'Aiden, je ne peux pas non plus établir plus de théories. Mais avec Alice, on a prévu de se pencher sur le cas d'April, car elle et moi on a découvert qu'il faisait penser à une affaire qui date d'il y a plus de 200 ans et qu'April est la descendante directe d'une personne qui avait exactement cette pathologie-là. À la seule différence, c'est que son ancêtre n'a tué personne, mais avait simplement fait une tentative.

Jo ne comprenait rien à ce qu'Henry lui racontait. Elle s'était perdue à la minute où il avait mentionné le nom du docteur.

- Ok – répondit-elle simplement, même si elle n'avait rien suivi – vous faites ce que vous avez à faire. Mais on a besoin de vous pour aller interroger tout le monde cet aprèm et surtout besoin d'Alice, vu qu'elle est la seule qui les connaît.

Henry approuva, non sans cacher son immense sourire, que Jo lui aurait bien enlever en lui éclatant les dents. Elle secoua la tête. Décidément, cette affaire n'allait rien lui apporter de bon.

- Je lui ferais passer le message alors ! Elle me rejoindra directement à la morgue tout à l'heure. On se revoit plus tard.

Il la quitta, en partant d'un air jovial. Jo avait un crayon dans les mains et le cassa en deux, sans le faire exprès, naturellement.

La journée passa à une vitesse affolante. April avait été relâchée en fin de matinée et de suite, Alice lui avait donné ses médicaments. L'effet n'avait pas tardé et en moins d'une heure, April était déjà plus lucide que ce qu'elle avait pu être jusqu'à présent.

Ils étaient donc partis visiter l'ancienne colocataire, le médecin et le propriétaire. Personne ne possédait de permis d'armes et chacun avait décrit ses relations avec April comme assez conflictuelles. Ils apprirent que pour la colocataire, ce fut parce que pendant un temps April avait eu des sentiments pour le médecin qui les suivaient toutes les deux et que malheureusement la colocataire avait fait l'erreur de coucher avec. Suite à cet indicent, elle avait dû changé de médecin et April avait failli l'étrangler. Le propriétaire avait dit qu'April était incontrôlable face à lui, d'où le fait qu'il ne lui avait laissé aucune chance. Ils avaient tenté de savoir s'il lui avait fait quelque chose en particulier, mais bien sûr il ne leur avait pas laissé ce plaisir. Cependant, Henry avait conclu que si April s'était montrée violente avec le propriétaire c'était que sa pathologie commençait à se déclarer et qu'elle n'était pas encore en mesure de se contrôler et n'avait pas non plus les médicaments nécessaires. Jo pensait qu'il y avait plus là dessous et se disait que de toute manière, elle finirait par obtenir une bonne version de l'histoire si April voulait bien le partager. Mais enfin, là n'était pas la question. Restait encore à trouver si oui ou non, elle était la coupable du meurtre d'Aiden ou en tout cas, qu'elle ait une idée de qui pourrait l'être et ce n'était pas une mince affaire que d'essayer de la faire parler sans la brusquer.

On avait conseillé à Jo de ne pas la bombarder de questions directement une fois que la jeune femme avait pris ses médicaments. Même si tout le monde avait bien remarqué qu'elle était carrément l'opposé de ce qu'ils avaient vu la veille.

De ce fait, elle avait prévu de revenir le troisième jour et de rester toute la journée avec April pour tenter d'avoir des informations et d'utiliser les dessins. Comme April ne voulait voir aucun homme même quand elle était sobre, elle décida d'y aller toute seule et demanda à ses collègues de la prévenir si quelque chose changeait.

Ce fut donc au bout de ce troisième jour que le vrai travail semblait commencer. Le corps avait été retourné et pendant que Jo était à Bellevue pour discuter avec April, Henry et Alice se rapprochaient un peu trop rapidement au goût de certaines personnes et ils étaient assis dans le bureau du légiste, en train d'étudier le cas d'April.

- Éclairez-moi un peu Henry ! Comment s'est passée l'affaire exactement ? Celle de James ? Parce que je connais quand même une bonne partie, mais je ne suis pas sûre du dénouement qu'elle a pris. Il a été accusé de haute trahison, mais après ?

Henry la regarda et de nouveau se plongea dans des souvenirs. Des souvenirs qui aideraient peut-être à relier le passé et le présent.

Juin 1800

La Haute Trahison n'était pas considérée simplement comme le fait de tenter de tuer le roi. Le seul fait d'y penser pouvait amener n'importe qui à passer sous le bûcher, la guillotine ou autre, selon la loi d'Édouard III en 1351, dans lequel il était stipulé que le fait de penser à abattre un roi ou autre était considéré comme quelque chose de pire que le meurtre en lui-même.

La Cour de justice s'était à l'époque concentrée sur la Haute Trahison et avait décidé d'appliquer cette vieille loi, parce que les lois concernant les maladies mentales n'existaient pas encore. Ce ne fut qu'à partir de l'affaire Hadfield qu'une telle loi fut créée, pour les personnes possédant une pathologie mentale. L'Acte criminel lunatique fut promulgué en 1800, suivant le procès d'Hadfield.

Quoi qu'il en soit, d'après ce qui s'était passé ce jour-là au théâtre, il était apparu que pour l'avocat défendant Hadfield, si ce dernier avait tenté d'abattre le roi, était parce qu'il était complètement dérangé et que cette démence s'était éveillée après des blessures très importantes à la tête, pendant la guerre de 1793. Ce qui avait amené à cette démence et cette psychose de l'accusé. Un peu comme le cas d'April, sauf que cette dernière semblait avoir eu des symptômes après la mort d'êtres chers.

Tout comme April, son ancêtre croyait à des tas de choses surnaturelles et étranges et beaucoup de bruit avait couru comme quoi, l'homme était complètement fou. Il se faisait passer pour un Dieu et disait des choses qui n'avaient pas de sens à l'époque. À y repenser, April disait presque les mêmes choses. Elle parlait de voir des anges, du paradis, etc. James pensait être Jésus ou Dieu lui-même.

Mais pendant le procès, James devait prouver qu'au moment des faits, il était dans un état second, donc son état de démence et n'était pas maître de ses mots ou ses gestes. Cependant, tous les témoins interrogés disaient qu'il était fou et ne le cachait pas. Beaucoup avaient pensé la même chose d'April, y compris sa colocataire qui pourtant avait une pathologie presque aussi sévère qu'elle.

Le premier verdict avait été qu'il n'y avait aucun doute concernant la démence d'Hadfield et le fait de tenter de tuer le roi, avait été complètement volontaire.

Beaucoup d'autres témoignages, notamment de la part de l'avocat du roi, rapportaient que le jour où la tentative de meurtre avait été mise en place qu'Hadfield était parfaitement conscient de ce qui se passait et parlait tranquillement d'armes à feu avec ses amis.

Mais plus le procès avançait et plus des preuves pour innocenter Hadfield furent trouvées quand même bien, il y avait déjà eu des cas de démence auparavant.

De ce fait, la loi sur l'état mental d'une personne avait été adoptée, et pouvait être utilisée en cour pour innocenter ou prouver ses points.

Hadfield avait été innocenté de toute charge, pensant contre lui à cause de son état de démence et grâce à ce procès, de nombreuses personnes en Angleterre ont pu être au courant de ce qu'était une vraie maladie mentale, ce qui avait amené à créer l'une des lois encore des plus actives à l'heure d'aujourd'hui, dans l'histoire de l'Angleterre.

Alice était restée bouche bée face à tout ce qu'Henry venait de lui raconter. Elle connaissait simplement une partie de l'histoire, mais pas tout. Et pourtant, elle en avait vu des choses.

- Wow ! Je suis impressionnée ! Vous avez tellement plus de culture.

Henry ne put s'empêcher de rougir

- Merci, mais ne soyez pas si modeste ! Vous en savez presque autant et pour une fois je dois dire que ça fait du bien de ne pas se sentir aussi seul.

Les deux se regardèrent longuement. Il semblait que quelque chose était en train de se créer.

Alice regarda ses mains et demanda d'une voix un peu éraillée

- Je sais que ça va être osé de ma part, mais le courant passe tellement bien entre nous et entre gens bizarres, on se comprend totalement… Je me demandais si… enfin si le cœur vous en dit, si ça vous disait d'aller dîner avec moi après le travail ?

Henry fut surpris de la demande. Ils se connaissaient depuis peu, mais il devait reconnaître la certaine alchimie qui se dégageait d'eux. Et depuis qu'elle était arrivée, il voulait en savoir plus sur elle et comment elle pouvait avoir autant de culture.

Et comme elle le disait, le fait qu'ils aient une certaine tendance aux choses bizarres rendait les choses beaucoup plus faciles.

- Je sais que notre relation est très récente, mais on m'a toujours dit lorsque deux personnes s'entendent bien et qu'elles sont sur la même longueur d'onde, alors on ne perd rien à essayer. Ma vie a été particulièrement misérable et je me dis que… Que j'ai du temps pour profiter des opportunités qui s'offrent à moi !

Henry avait vaguement parlé du fait qu'il aimerait avoir un ou deux rendez-vous avec Alice, juste pour voir où cela les menait. Abe n'était personne pour s'interposer, mais il s'était retenu de dire à quel point il pouvait être idiot. Il ne mettait pas en doute le fait que cette Alice était une femme charmante, mais ce n'était pas des manières pour l'autre jeune fille qui était présente depuis un an et qui n'attendait qu'une chose, qu'Henry se remue un peu le derrière… Mais apparemment, il avait juste décidé de profiter de l'excuse de son immortalité pour laisser le temps traîner en longueur.

- Eh bien chère Alice, j'en serais enchanté.

Elle fit un large sourire.

- Alors ce soir après le travail, on part ensemble ?

Henry et son côté gentleman furent au début réticents

- Euh, mais vous comptez y aller avec des vêtements aussi neutres ?

Alice rigola

- On ne va pas aller dans un très gros restaurant. Un petit restaurant-bar au coin de la rue, que j'ai repéré. Ça vous dit ? Et après, on pourrait peut-être faire une petite balade ?

Henry semblait enchanté à l'idée. Et étant donné que l'affaire ne semblait pas les mener sur beaucoup de pistes pour le moment, un petit restaurant et une petite balade par la suite, était sans doute la solution pour avoir les idées plus claires… Ou pas.

Du côté de Jo, la jeune femme n'avait pas idée de ce qui allait se déclencher quand elle reviendrait au poste. Mais pour le moment, elle continuait de discuter avec April qui était bien plus sobre que le premier jour où elle lui avait parlé. Jo savait que les médicaments cesseraient probablement dans la journée de faire effet, mais tant qu'elle pouvait avoir quelques informations, alors elle ne s'en priverait pas.

- Je vous ai déjà dit à quel point vous étiez belle ? – chuchota April, d'une douce voix

Jo avait dû l'entendre au moins 50 fois depuis qu'elle l'avait rencontré.

- Merci, je sais ! Vous me l'avez déjà dit plusieurs fois.

April semblait trouver ça curieux

- Si je vous l'ai dit alors que je n'étais pas nette, ça veut dire que vous êtes absolument parfaite.

Jo n'y croyait pas trop. Elle avait tellement de défauts. Mais cela lui faisait plaisir d'entendre des mots réconfortants, surtout lorsque la personne était malade.

- Eh bien, je ne serais que plus que parfaite si vous pouviez m'aider.

Elle lui montra les dessins

- Vous avez un énorme talent. Et j'ai entendu dire que vous êtes capable de reproduire plein de choses que vous avez vues, dans une précision incroyable.

April hocha la tête

- C'est vrai ! Avant qu'on me découvre folle, faut le dire, je faisais de l'art. Je dessinais depuis toute petite. Ce sont les études que je faisais. Alors quand j'ai toute ma tête, je dessine tout ce à quoi je pense ou des choses que j'ai vues.

Jo la regarda longuement et décida de lui remontrer la photo d'Aiden.

- Savez-vous ce qui est arrivé à cet homme ?

April la regarda longuement et lui redonna rapidement la photo en détournant les yeux. Jo comprit que quelque chose s'était passé, mais la question était de savoir quoi.

- April ! Je ne veux pas vous faire peur, mais il y a trois jours, vous vous êtes présenté au 11, juste après le rapatriement du corps d'Aiden Widmiller, donc le monsieur sur la photo. Vous avez avoué le meurtre. Mais par votre condition, on a préféré vous relâcher pour le moment, le temps d'y voir plus clair dans toute cette histoire. De plus, Alice Logan, votre psychiatre, nous a démontré que vous ne pouviez pas tuer quelqu'un. Est-ce que vous avez une explication pour moi ?

April comprenait bien ce qu'on lui demandait, mais elle refusait de répondre. Elle ne pouvait s'y résoudre. Jo put lire à travers ses yeux, une grande détresse. Elle posa délicatement sa main sur celle d'April.

- Peu importe ce qui s'est passé, vous pouvez me parler. Je ne vous jugerais pas. Cet homme vous a-t-il fait quelque chose qui a provoqué votre colère et aurait accidentellement mené à sa perte ?

April se frotta les mains. C'était le signe de nervosité. Pas besoin d'être Henry pour le savoir.

Jo se leva et s'agenouilla devant elle

- Parlez-moi April ! Dites-moi ce qui s'est passé, si vous savez quelque chose. Où étiez-vous ce jour-là ? Étiez-vous à côté ?

April ravala sa salive

- Je n'arrive pas à parler !

Jo lui donna alors un crayon et du papier

- Alors, faites ce que vous savez mieux faire. Dessinez ! Retracez-moi votre journée. Dans les moindres détails. Tout ce que vous pouvez vous rappeler. Utilisez autant de papier que vous voulez et prenez votre temps. Ne vous stressez pas, encore une fois, je ne suis pas là pour vous juger.

April hocha la tête et s'attaqua donc à la tâche qui lui était demandée.

Le résultat que Jo obtenu était loin d'être ce à quoi elle s'attendait. Elle avait dû demander plusieurs fois à April si tout ce qu'elle avait dessiné était véridique.

April avait confirmé avant que les médicaments ne cessent de faire effet et qu'elle recommence à partir dans ses délires.

Jo sortit et regarda longuement les dessins. Elle ne savait pas trop à qui parler pour essayer de comprendre, car pour l'instant elle refusait de croire ce qui était reproduit. Il devait y avoir quelque chose quelque part, mais comment pouvait-elle s'en assurer ? Qui serait en mesure de lui répondre ?

Alice ! Évidemment ! Il n'y avait qu'elle qui serait peut-être apte à comprendre les dessins de sa patiente. Mais les croquis paraissaient assez clairs, mais Jo ne voulait tout simplement pas y croire.

Elle soupira. Toute cette histoire ne faisait pas de sens. Il fallait qu'elle retourne au 11 et qu'elle discute avec Alice, pour que tous puissent établir un plan qui en faisait. Avec l'aide d'Henry, ils allaient sans doute pouvoir être en mesure d'élucider tout ce mystère qui planait.

Elle était de retour au commissariat plutôt en fin de journée, ce qui était normal. Elle n'était pas sûre de ce qu'elle obtiendrait à cette heure-ci, sachant que vu la lenteur de l'affaire, chacun rentrait plutôt chez soi à des heures décentes.

En sortant de l'ascenseur, et marchant dans les couloirs, elle vit Henry et Alice qui se dirigeaient ensemble vers la sortie et ils avaient l'air de bien s'amuser. Elle se mit dans un coin de mur et regarda leur interaction jusqu'à ce qu'ils arrivent à l'ascenseur.

Un peu plus loin, Lucas et Hanson discutaient et Lucas voyait toute la scène. Il serra des dents.

- Oh non ! Là ça craint.

Hanson le regarda d'un air interrogatif et Lucas ne fit que pointer derrière lui. Hanson se retourna et vit sa collègue, qui était figée par ce qui se passait devant l'ascenseur.

Et le drame arriva. Alice et Henry étaient si perdus dans leur bulle qu'ils ne virent pas que Jo les regardait. Ils rentrèrent dans l'ascenseur et Alice se rapprocha d'Henry avant de déposer rapidement ses lèvres sur les siennes et il ne chercha même pas à la repousser. La porte se referma sur une Jo dont le visage venait de blêmir. Hanson et Lucas n'étaient pas sûrs qu'elle n'était pas sur le point de faire une syncope.

Jo sentit son cœur s'accélérer. Sa lèvre se mit à trembler ainsi que tout le reste de son corps. Elle n'avait jamais ressenti ça, pas depuis sa dernière relation, mais le coup de poignard qu'elle venait de se prendre à cet instant était tranchant et elle n'était pas capable d'effacer cette douleur qui paralysait tout son être.

Hanson et Lucas se regardèrent. Ils ne pouvaient pas la laisser ainsi. Ils n'eurent pas le temps de réagir, que Jo démarra comme un turbo et courut tout le long du couloir, avant de s'enfermer dans une salle vide.

Elle était passée en coup de vent devant Hanson et Lucas et également Gates qui se demandait ce qui se passait.

Voyant le lieutenant arriver, Lucas laissa Hanson avec elle

- Je vais voir Jo ! On va la ramasser à la petite cuillère sinon. Et je suis le champion des cœurs brisés.

Hanson était le dernier qui voulait donner des explications au lieutenant, mais à la vitesse à laquelle elle marchait vers lui, il sut parfaitement qu'il ne pouvait pas s'échapper.

- Est-ce que c'est Martinez que je viens de voir passer comme une furie et le visage rouge, baigné par les larmes ?

Hanson hocha lentement la tête. Gates leva les yeux au ciel.

- Laissez-moi deviner, il y a du love drama dans l'air ?

Rien n'avait échappé à Reece quand elle venait d'arriver, mais Gates ne faisait pas non plus exception.

- Je ne sais pas exactement ce qui se passe pour être honnête, mais Jo vient de voir quelque chose qu'elle n'aurait pas dû, je pense...

Gates en aurait mis sa main à couper. Henry n'aurait vraiment pas perdu de temps avec le nouveau docteur. Le problème était que l'affaire n'était pas terminée et que s'il y avait de l'eau dans le gaz, elle craignait que cela n'impacte leur travail.

Elle regarda la salle dans laquelle Jo avait disparu.

- Il va falloir que je lui dise deux mots. J'ai peur que tous ces feux de l'amour ne finissent par perturber tout le monde et qu'on ne puisse pas résoudre notre affaire.

Hanson préféra ne pas s'interposer. Ce genre de discussion n'était vraiment pas pour lui. Cependant, il trouvait Henry complètement stupide sur le coup. Il n'aurait même pas pu se tenir trois jours. Parfois, il restait autant un homme que tous les autres.


Author's note: Wow thank you Jess (from Brazil) who dropped a review as well (I had to translate it though lol) I had no idea my story was being read in so many foreign countries considering the fact it's being written in French. So thanks to all foreign readers reading/passing by on that story and using Google translate to understand. I'm so glad you're enjoying that story and hope you'll keep being delighted with it ;) (even though right with this chapter Y'all probably hating on me, XD)

Merci aux nouveaux guests qui m'ont aussi laissé des reviews, ça en fait du monde qui arrive donc ça me fait plaisir

Et encore une réponse au précédent guest: D'acc. Là je comprends mieux lol. Effectivement, ils se cherchent, c'est peu de le dire. C'est dans l'épisode 13 pour la tête sur l'épaule :p. Quand Lucas demande à Jo s'il se passe un truc entre eux, c'est juste à mourir de rire parce que le renie pas totalement hein, sachant ce qui a failli se passer la veille et qu'elle aurait pu se réveiller dans le lit d'un légiste ce matin-là ;). Et je suis une mamie, j'ai 10 ans de plus que toi lol. Merci encore de suivre mon histoire en tous les cas :).

PS: je vais poster quelques petits one-shots (quand ils seront écrits lol) en anglais, mais si ça vous intéresse, venez y jeter un oeil parce qu'un des one shot va plutôt tourner comme une sorte de série, il va y en avoir trois dans le même sujet, puisque ils vont tous traiter du même thème, donc plutôt que de me fatiguer à ouvrir un sujet à chaque fois, je fais le tout en un. Ça sera assez spécial et carrément un peu hors Forever mais pas tant que ça à cause de l'immortalité déjà ;).

Le quatrième que je vais écrire, va être un simple et jouera avec les nerfs de tout le monde lol.