Hello ! Me revoilà avec, comme promis, la suite des aventures de Tsunami ! C'est vrai qu'on l'a laissée en assez mauvaise posture. Allez, on y retourne !
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Mais avant toute chose… Les réponses aux reviews !
Yo BlancheEner ! Tu sais que tu peux changer ton pseudo ? xD Sinon. Oui, je suis cruelle avec mes persos x) Mais quad même, l'attaque du démon-renard est un GROS truc. Et c'est canon que le père d'Izumi est tué donc... C'est pas de ma faute si tu y réfléchis ! xD
Hello Guest en anglais ! Tsunami et Izumi vont vivre, ne t'inquiète pas =) Pour la romance avec Shisui, j'ai ai pensé (ils ont le même âge et j'aime le personnage de Shisui) mais... Tu verras ce qui arrive ! xD
Salut Aomine59, ravie que tu ais autant aimé cette apparition du démon-renard ! xDDD Sinon nope, la fille que Kaiji essayait de sauver était une totale random, mais je pensais utiliser cette image pour donner des flash-back à Tsunami plus tard. Eventuellement. Pour ce qui est de la compoition des équipes, tu verras bien, n'essaie pas de deviner ! xD Pour ce qui est de la chronologie je te l'ai envoyé en MP =)
Yep Fleur de Saint Foyer, je suis sadique et j'assume xD Sinon pour se battre avec le Fuinjutsu j'imaginerai plus se battre avec des explosifs posés d'un toucher, des barrières d'énergie qui apparaissent de nulle part, des Jutsu qui se déclenchent à retardement comme des bombes... Bref, de la classe quoi xDDD Enfin bref contente que ça t'ai plu, et courage avec ton OC sur Naruto !
Hello Ulrich Gutierrez ! Oui le chapitre de l'attaque du Kyūbi commençait sur un ton joyeux et je m'y étais bien amusée, et ensuite je me suis déchaînée avec l'action et le drame. Bref il fallait s'accrocher à son chapeau ! Ce chapitre là sera plus calme, promis...
Ah ah Leen Hogwarts tu m'a fait sourire, BABY-ITACHI ! Oui il est tout mignon. J'aime beaucoup son esthétique et son histoire est dramatique à souhait, mais en tant que personnage je ne l'aime pas trop (il aurait fait un excellent méchant, je trouve que sa rédemption était dommage... Et pas très bien faite, parce qu'il a quand même torturé son frère DEUX FOIS et que tuer tout le monde au nom de la paix est tordu quelle que soit ta motivation). Mais Shisui ! J'aime Shisui. Je vais le faire apparaitre plus souvent, tu vas voir x) Et oui, complot Uchiha is on the way xD
Ta review m'a pliée NessieLochNessMonster xD Oui je suis méchaaaante xD Et en effet Tsunami est forte, très forte même, mais comme elle se compare à des personnages qui sont HORS NORMES elle se pense juste normale. C'est comme... Pour prendre un exemple du canon, Sasuke se considère faible parce que "raaah, Itachi me bat ! Orochimaru me bat ! Le Jinchuriki du Kyūbi me bat !" mais il maîtrise des techniques de rang S et est incontestablement l'un des ninjas les plus forts de sa génération. Même chose pour Tsunami, sauf qu'elle a moins de rage dans sa façon de visualiser les choses, et qu'à la place elle ressent de la nervosité ou de l'embarras. Voilà voilà. ET pour Izumi... Ouiiii elle est trop chou. Je me suis attachée bwahahaha.
Bienvenue à bord Gg ! Et oui, bien vu, elle a activé le Mangekyō. Son père était la personne la plus importante de sa vie, elle était assez mature pour pleinement appréhender la situation et avait assez de chakra pour activer ses yeux, et le mélange d'horreur/culpabilité a appuyé sur l'interrupteur magique de son cerveau. Tadaaaam !
Merci Gladoo89 ! Ce chapitre était chaud à écrire x) Sinon t'inquiète, mini-Tsunami ne finira pas dans la Racine de Danzō. J'aime pas les fics trop sombres xD Eh, sinon, niveau scénarios de fic on a les mêmes favoris, avec les SI et les voyages dans le temps ! Tu dois avoir un faible comme pour le coup du personnage qui SAIT ce qui va arriver et qui lutte contre un destin bien défini xD Sinon niveau fandom, bof je ne suis pas trop ceux-là... J'avais réfléchi à faire une SI dans Game Of Thrones (la fille bâtarde d'Aerys avec une servante, qui réalise où elle est fait "nope" direct) mais j'ai abandonné. Sinon je te ferai signe quand je verrais une bonne fic sur le sujet ! J'en connais quelques unes mais surtout en anglais...
Yoooo Redheadead ! Oui je fais de longs chapitres x) Sinon oui Tsunami est très jeune, mais dans le monde de Naruto tous les gamins sont projetés très jeunes dans ce monde de cauchemar. Et c'est moins kid-friendly que l'univers d'Harry Potter, c'est sûr... Sinon, niveau écriture de Si, ah je me projette plus facilement dans l'écriture d'un personnage féminin mais je peux sans doute écrire un OC masculin sans problème. La preuve avec Renouveau : Al' et l'Ankou. Mais bon pour ce qui est des SI c'est le féminin qui me vient plus naturellement =)
Ah ah en effet Yuedra, avec le titre de "Tsunami Uchiha" c'était sûr qu'elle allait finir dans le clan... Et donc que Kaiji allait y passer. Sorry x) Sinon pour Itachi, en effet Tsunami va essayer de l'aider... Mais elle n'est pas Elisa, qui vaut sauver tout le monde. Tsunami est plus dure, elle veut sauver sa peau et celle de sa famille, le reste c'est du dommage collatéral acceptable. Pour ce qui est d'Iruka, oui, il est moyen dans le classement de sa classe xD Mais dans le canon il ne dépasse jamais le rang de Chuunin, alors... C'est logique xD
Coucou Zarakaiy ! Contente de voir que tu es toujours absorbé par l'histoire =) J'y ai mis mes tripes, dans ce chapitre. Tus ce sang et cette violence, mwahahaha. En tous les cas, le chap' suivant est plus calme, tu verras !
Bienvenue dans l'aventure DaPowaOfNeo ! J'aime bien ton pseudo x) Ne t'attends pas à ce que tous les chapitres soient aussi riches en action que celui du démon-renard, cela dit xD J'aime les loooongues descriptions et le worlduilding !
Hello S ! Hum, alors ton prénom doit être Sophie ? Sarah ? Sylvie ? Je gagne quelque chose si je devine ? xD Pour ce qui est des bonus, je pense que je vais les publier à part, et non pas à la suite de l'épilogue =)
Salut Iyallis ! Oui, le Flashbang est de retour xD Elisa et Tsunami ont toutes les deux un penchant pour les explosifs, donc... Voilà. Et puis, c'est le Fuinjutsu de Naruto qui a inspiré certains sorts d'Elisa, parce que je suis fan xD Donc c'est assez normal qu'une SI dans le monde de Naruto se tourne vers la même chose !
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Et voilà ! Vous avez été très nombreux à commenter, merciiiiii ! Les reviews sont un puissant motivateur ! Vous savez que grâce à vous, non seulement j'ai fini cette fic (qui va jusqu'au massacre Uchiha) mais en plus je suis en train d'écrire des bonus ? Et peut-être, qui sait, que j'écrirais un tome 2 pour réécrire le canon… Uh uh… Dans ce cas mon premier objectif sera de complètement foutre le bordel dans la composition des équipes de Genins. On mélange et on redistribue les cartes !
Mais c'est une idée à considérer plus tard. Si je fais bien ce tome 2. Pour l'instant, on n'en est qu'au début du tome 1 !
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Sinon, en aparté : Merci à Timots, qui a lu le chapitre précédent, deviné que Tsunami allait vivre chez ses grands-parents qui haïssaient Kaiji, et a immédiatement dit : "Fout leur un bon mille ans de souffrances dans le derch". En l'honneur de Kaiji. Merci Timots xD
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Allez, j'arrête de vous faire attendre. Voici la suite !
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Le clan Uchiha (1/2)
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Il y eut un brouhaha lointain de conversations. Un cri choqué. Des bras la saisirent vers délicatesse. Tsunami ne se réveilla pas. Elle gémit faiblement et garda les yeux fermés. Elle n'avait pas la force de les ouvrir. Elle était si fatiguée. Et si elle se réveillait, il y avait quelque chose d'horrible auquel elle devrait faire face, et elle n'était pas prête… Pas encore… Elle se laissa sombrer à nouveau. L'obscurité noya le murmura des conversations, et le mouvement des bras qui la portaient avec précaution.
Le temps passa, entre inconscience et éveil. Tsunami dormait. Elle eut vaguement conscience d'un chakra étranger et apaisant passant sur ses blessures (son poignet, son épaule, les coupures sur ses bras et ses joues, son dos endolori : comment diable s'était-elle fait aussi mal ?). Elle eut vaguement conscience d'un matelas ferme et du bip-bip régulier de machines. Elle eut vaguement conscience de la voix de sa mère, rendue aigüe par la colère, qui se transforma en sanglots. Elle eut vaguement conscience du chakra de sa petite sœur, tout près, qui lui prenait la main avec hésitation. Elle ne se réveilla pas. Elle était si fatiguée.
Les heures ou les jours passèrent. Parfois Tsunami était plongée dans un profond sommeil. Parfois elle flottait entre rêve et éveil, vaguement consciente de ce qui l'entourait sans pleinement le comprendre. Parfois, elle entendait ce qui se passait. Souvent, elle sentait le chakra des gens qui se déplaçait autour d'elle. Mama et Izumi étaient là presque tous les jours. Il y avait aussi des tas d'inconnus. Iruka et Yūgao, des fois. C'était curieux, elle ne pensait pas avoir des talents sensoriels aussi précis. Tout lui paraissait plus clair. Comme si son sens de perception du chakra était à vif, après… Après quoi ? Elle ne se souvenait plus. Ou plutôt si, elle s'en souvenait, mais elle ne voulait pas y penser. Elle ne voulait pas… Elle voulait juste se reposer…
Tsunami dormait.
Il lui fallut du temps pour se réveiller. Elle n'eut aucun souvenir des premières fois où elle ouvrit les yeux. Peut-être qu'elle dormait encore. Tout lui semblait distant et flou, comme quand on s'éveille sans être complètement sorti de son rêve. Est-ce que sa mère avait vraiment été là, assise à côté de son lit, les yeux brillants de larmes et les traits tirés ? Est-ce qu'elle avait vraiment vu Izumi lire un livre sur son appui de fenêtre, ou est-ce qu'elle l'avait imaginée ? Pourquoi était-elle ici ? Ce n'était pas sa chambre. Où était-elle ? Est-ce qu'elle rêvait encore ?
Mais petit à petit, elle émergea du sommeil, ou plutôt du coma. Parce qu'apparemment, elle avait été plongée dans le coma. Cela durait depuis deux semaines. Elle avait eu de la chance, disaient les infirmières. Elle avait complètement épuisé son chakra. On ne rigolait pas avec ça. Des ninjas adultes pouvaient en mourir. Elle avait de la chance d'avoir de plus grosses réserves que la normale, ou bien elle serait morte. Quand elle avait été amenée à l'hôpital, les médics n'avaient même pas été sûrs qu'elle survive. L'épuisement du chakra était dangereux, surtout à un aussi jeune âge. Ça pouvait endommager les muscles et les organes, quand le corps essayait de puiser ailleurs l'énergie qui lui faisait défaut quand le chakra disparaissait. Le fait que Tsunami s'en soit sortie sans séquelles était un petit miracle. L'ironie aurait pu la faire sourire, si elle en avait eu la force.
Mais voilà. Tsunami sortit du coma. Sa mère vint la voir avec Izumi, et lui dit ce qu'elle avait manqué. Quinze jours avaient passé depuis l'attaque du Kyūbi. Les enterrements avaient eu lieu. Papa était mort. Leur maison avait été détruite. Les parents d'Hazuki leur avaient offert de les accueillir, et elle avait accepté. Ils allaient faire partie du clan Uchiha à présent. En lui disant ça, sa mère semblait nerveuse, comme si elle s'attendait à des protestations. L'apathie de Tsunami ne sembla que l'angoisser davantage. Oh, Tsunami se souvenait très bien du danger, de ses souvenirs-rêves, du massacre à venir : mais c'était comme si elle n'arrivait pas à avoir assez d'énergie pour s'en soucier. Elle se sentait vide. Son père était mort. Le reste semblait si peu important à côté de ça.
Au bout de trois jours, Tsunami fut autorisée à partir. L'hôpital manquait de place, il manquait de personnel, et franchement toute personne pouvant dormir ailleurs était priée de libérer son lit pour les blessés graves. Clopin-clopant, Tsunami quitta donc l'hôpital de Konoha. Sa mère lui tenait la main comme quand elle avait trois ans, et Izumi collait à chacun de ses pas comme si elle était terrifiée de la voir disparaître sous ses yeux. Le village portait les marques de l'attaque : ruines, rues défoncées, bâtiments éventrés. Mais les travaux de reconstruction avaient déjà commencé. Les rues étaient emplies du claquement des marteaux et des ordres des charpentiers. Le soleil brillait. Tsunami avait une étrange impression d'irréalité, comme si le cauchemar de l'attaque de Kyūbi était arrivé dans un autre univers. Mais elle savait que c'était arrivé ici. Elle savait que ça lui était arrivé à elle. Il y avait un trou béant dans son cœur, là où se trouvait jadis Papa, et c'était une preuve suffisante.
La marche jusqu'au district était plus longue que dans ses souvenirs. Et ce n'était manifestement plus au même endroit… Apparemment la station de police et une partie des bâtiments du clan avaient été rasés, et le clan avait donc déménagé ailleurs. Tsunami avait de vagues échos de ça dans ses souvenirs-rêves, mais elle s'en désintéressa. Elle se contenta de marcher à côté de sa mère et sa sœur, en silence. Un couple âgé d'une cinquantaine d'année les attendait à l'entrée.
– On y est, annonça sa mère avec une pointe de nervosité. Père, mère, voici ma fille aînée Tsunami. Tsuna-chan, voici mes parents, Akihito Uchiha et Yuko Uchiha.
Tsunami les fixa. Akihito avait un visage sévère, un front dégarni, et s'appuyait sur une canne. Yuko avait le même visage arrondi que sa fille Hazuki (le même visage que Tsunami, le même visage qu'Izumi), des yeux perçants, et de longs cheveux gris attachés en un chignon compliqué sur sa nuque. Ils portaient l'emblème Uchiha sur leurs vêtements, et ils étaient ses grands-parents. Tsunami ne ressentait rien à leur égard. Juste de l'indifférence.
La main de sa mère se resserra sur la sienne, comme un avertissement, et Tsunami s'inclina automatiquement, l'image même d'une enfant obéissante et bien élevée.
– Enchantée de vous rencontrer.
Ils échangèrent des platitudes, puis Akihito et Yuko les emmenèrent chez eux. Ils avaient une grande maison. Pas aussi grande que l'ancienne, mentionna brièvement Yuko, et Tsunami se souvint vaguement que sa mère avait mentionné que la guerre avait fauché tous ses oncles, tantes, frères et sœur, cousins. Akihito et Yuko étaient passés d'une famille nombreuse à une maison vide : pas étonnant qu'ils accueillent Hazuki et ses filles. Demi-Uchiha ou non, c'était la seule descendance qui leur restait.
Les affaires de Tsunami, ou le peu qui avait pu être récupéré après la catastrophe avaient déjà été placées dans la chambre voisine de celle d'Izumi. Il y avait un coffret de bois, à présent noirci et abîmé, qui avait contenu ses peignes et ses élastiques à cheveux. Il y avait un livre sur le Fūinjutsu dont les pages étaient craquantes de poussière, le seul rescapé de sa collection. Une paire de sandales. Une peluche. Rien d'autre. Il y avait un futon dans la penderie, ainsi que quelques vêtements neufs, mais Tsunami s'en détourna. Elle regarda ses sandales usées sans vraiment les voir, et se demanda comment toute sa vie avait pu être réduit à si peu, en un laps de temps si bref.
Tsunami et ce qui restait de sa famille s'installèrent chez les Uchiha, et la vie continua.
Pour Izumi, c'était peut-être plus facile, car elle n'était qu'une enfant. Elle pleura beaucoup, puis elle alla de l'avant, elle réussi à oublier cette douleur de plus en plus longtemps. Pour leur mère, faire son deuil fut plus long. Hazuki avait du mal à gérer son chagrin sans rien faire, alors elle se mit à s'occuper frénétiquement. Elle avait repris le service actif (le village manquait cruellement de ninjas valides ces temps-ci) et portait à présent une veste de Chuunin en toutes circonstances. Elle participait activement au déménagement des Uchiha, qui allait prendre encore plusieurs mois. Elle rentrait toujours tard. Quand Akihito ou Yuko lui disait que ce n'était pas convenable, son sourire se figeait et son regard devenait froid. Personne n'insistait.
Tsunami fit son deuil, elle aussi. Il lui fallut plusieurs jours pour sortir de son état de choc et d'apathie. Elle ne pleura pas avec sa petite sœur, ni avec sa mère. Elle pleura avec Iruka, quand elle le croisa par hasard dans le parc quelques jours plus tard. Ils se saluèrent, ravis et soulagés que l'autre soit en vie, et à peine avaient-ils commencés à parler qu'ils éclataient tous les deux en sanglots. C'était écrasant, c'était déchirant, mais ça avait quelques choses de libérateur. Après avoir pleuré jusqu'à épuisement, Tsunami se sentit mieux. Triste, vide, et perdue, mais mieux.
Elle aurait voulu être en colère. Elle le fut, brièvement : en colère contre le Kyūbi, contre Tobi qui l'avait lâché sur le village, contre le Yondaime qui n'avait pas été assez rapide, contre les Uchiha qui n'avaient pas sauvé son Papa, contre l'univers entier. Mais c'était une colère brève, vaine, épuisante, et au bout d'un moment elle se disait : à quoi bon ? Ça ne ramènera pas Papa. Ça me fait juste plus de mal à moi. Elle aurait voulu blâmer quelqu'un, pouvoir faire en sorte qu'une personne soit responsable et que tous ses sentiments négatifs se reportent sur elle : mais ce n'était pas comme ça que ça marchait. A quoi bon de toute façon ? A quoi ça lui aurait servi d'avoir un bouc émissaire ? Est-ce qu'elle se serait sentie mieux ? Oh, comme la Malédiction de la Haine qui pesait sur les Uchiha semblait tentante à présent. Haïr, au lieu de souffrir. Mais ce n'était pas le genre de personne que Tsunami était. Elle avait trop d'amour en elle pour s'abandonner à la rage de cette façon. Elle aimait sa mère, sa petite sœur, ses amis, même ce putain de village dévasté : elle les aimait, et ces liens l'obligeaient à aller de l'avant. Elle aurait voulu être en colère. Ça aurait été plus simple de se laisser consumer plutôt que de guérir. Mais elle ne se consuma pas. Elle ragea, jura, pesta, eut des accès de rages qui lui faisaient défoncer les mannequins du terrain d'entraînement… Et puis ça passa, comme le reste.
Son père lui manquait.
L'Académie rouvrit, et les élèves y retournèrent. Les enfants étaient plus silencieux, les premiers jours. Chacun était en train d'encaisser ce traumatisme à son rythme. Certains étaient encore en état de choc, d'autres pleuraient, d'autres étaient agressifs et colériques, d'autres encore se muraient dans le silence. Iruka, Yūgao et Tsunami restaient collés ensemble. Ils avaient tous perdu quelqu'un. Les deux parents d'Iruka étaient morts. Yūgao avait perdu sa mère et son petit frère (qui n'était encore qu'un bébé), et son père était gravement blessé, destiné à quitter la vie de ninja. Tsunami s'en sortait mieux qu'eux, comparativement, avec un seul parent décédé… Mais elle était aussi la seule à avoir vu son père mourir. Elle s'en souvenait affreusement bien, les moindres détails gravés dans sa mémoire, le souvenir si vivide que parfois elle sentait son souffle se bloquer dans sa gorge.
Elle n'en parlait pas. Elle vivrait avec, jour après jour, jusqu'à ce que la blessure béante de son cœur fasse moins mal. C'était long. Elle ne voyait pas la différence. Mais elle savait que c'était comme ça que marchait le deuil. Déni, colère, marchandage, dépression : elle en était là, et même si chaque jour lui semblait aussi douloureux que la veille, au bout d'un moment elle pourrait regarder en arrière et réaliser que le chagrin n'était plus aussi insupportable qu'avant.
Son groupe d'amis commença à se fracturer. Yūgao n'avait plus personne pour l'entraîner au kenjutsu. Elle se mit à s'exercer toute seule, le soir. Elle n'avait plus goût aux jeux et aux blagues. Pour Iruka, c'était l'inverse. Il détestait l'orphelinat, l'indifférence des adultes, le fait de n'être qu'un visage noyé dans la foule des orphelins, la solitude, le chagrin. Il se mit à faire des blagues de plus en plus osées, à rire plus fort, à répondre de façon insolentes aux professeurs comme pour les obliger à faire attention à lui et à sa peine. Tsunami essayait de rester proche d'eux, de tenir compagnie à Yūgao et d'écouter Iruka, mais… Les gens changent quand ils perdent ce qu'ils aiment, et Tsunami ne pouvait pas rendre à ses amis ce qui leur avait été arraché. Certaines choses ne pouvaient pas être réparées.
Les notes de Tsunami avaient baissé. Elle n'avait plus l'entrain nécessaire pour faire des efforts en classe. Elle bâclait ses dissertations. Elle manquait d'attention lors des leçons de taijutsu. Elle descendit dans le classement général, avant de se stabiliser vers le milieu. Elle était toujours un ninja douée. Y penser rallumait une étincelle de fierté dans sa poitrine. C'était son Papa qui lui avait appris tout ce qu'elle savait.
Les semaines passèrent, et petit à petit la douleur se fit moins suffocante. Petit à petit, elle apprit à vivre avec l'absence de son père, dans leur nouvelle maison, avec sa nouvelle famille, dans un village qui se reconstruisait. Son père lui manquait toujours, mais le monde ne s'était pas arrêté de tourner pour autant, et Tsunami allait de l'avant.
Les Uchiha n'étaient pas méchants, mais ils n'étaient pas très accueillants non plus. Ils étaient un peu rigides, facilement offensés, et toujours sur la défensive. En prime, ils étaient le clan le moins féministe du village. Ils étaient d'avis que les femmes feraient mieux de pondre des gosses plutôt que de combattre. Leurs filles étaient envoyées à l'Académie, mais étaient retirées de la vie active dès qu'elles avaient l'âge de se marier. Les kunoichi du clan se comptaient sur les doigts d'une main, et toutes s'étaient battues bec et ongles pour garder leur indépendance. Le fait que Mama soit retournée au service actif lui attirait quelques regards mauvais, et quand le sujet venait sur le tapis, Akihito s'empressait de dire que ce n'était que temporaire. Comme si c'était un truc dont il avait honte !
Le sexisme se retrouvait aussi dans l'éducation des enfants. Izumi était discrètement encouragée à porter des robes, on fronçait les sourcils quand elle avait les genoux sales, et Yuko lui disait « quand tu seras mariée » comme si c'était une évidence. Quant à Tsunami… Oh, ses grands-parents essayaient de lui faire le même coup. Mais elle faisait la sourde oreille. Au début, elle ignorait juste les remarques sur sa silhouette et sur ses vêtements. Puis sa résistance était devenue plus active. Elle vendit ou donna toutes ses robes, ne portant plus que des shorts mi-longs et informes. Quand sa grand-mère lui dit qu'elle trouverait l'homme parfait, elle laissa même entendre qu'elle préférait les filles. Elle faisait mine de ne pas comprendre les sous-entendus sur son côté garçon manqué. Ses cheveux commençaient à lui atteindre le haut du dos, alors elle les recoupa en un carré court, et se mit à les ébouriffer avant de sortir.
Evidemment, ça ne l'aidait pas à s'intégrer. Les seuls Uchiha auxquels elle parlait, c'était sa famille, et… C'était tendu. Elle n'était plus aussi proche de sa mère qu'avant. Izumi n'était qu'une enfant. Quant à ses grands-parents, ils avaient avec elle une relation oscillant entre le paternalisme et l'exaspération. Bref : elle évitait autant que possible de rester chez elle.
Elle ne fréquentait guère d'enfants de son âge au sein du clan, contrairement à Izumi qui s'était fait des amis l'année dernière. Tsunami était restée à l'écart. Et à présent… Elle se sentait seule. Elle était toujours amie avec Iruka et Yūgao, et ils restaient ensemble en classe et durant les exercices, mais… Ils ne traînaient plus ensemble après les cours, et ça lui manquait.
Heureusement, la bibliothèque n'avait pas été détruite. Tsunami retrouva ses bonnes vieilles habitudes et se mit à emprunter tout un tas de livres.
Le temps passa, et chacun guéri de ses blessures. Iruka continua à faire le pitre et Yūgao à s'entraîner seule, mais ils partageaient toujours de précieux moments de complicité. Tsunami n'était plus la première de la classe, mais elle recommença à travailler son ninjutsu, ce précieux savoir que lui avait transmis son père. Izumi avait retrouvé son énergie, babillant avec admiration au sujet d'Itachi qui était tellement doué qu'il avait été avancé de trois classes d'un coup. Mama se mit à passer plus de temps à la maison, à sourire un peu plus souvent. Tsunami réalisa soudain que cela faisait quatre mois que le Kyūbi avait attaqué. On approchait de la fin de l'année scolaire.
– Je vais prendre le test final, annonça Yūgao.
Ce n'était pas une surprise. Mais elle et Tsunami avait pensé prendre le test ensemble, au début de l'année, et… A présent, ce n'était plus certain. Oh, Tsunami avait un niveau plus qu'acceptable. Mais ses notes avaient chuté, et elle n'était plus aussi sûre d'elle. Si elle passait le test, elle pourrait très bien réussir… Mais il était aussi possible qu'elle se foire en beauté.
– Tu devrais, lâcha Tsunami avec un faible sourire. Moi, je vais attendre l'année prochaine.
Iruka lui donna un coup de coude, les yeux brillants :
– Moi aussi ! On sera peut-être dans la même équipe !
Tsunami l'espérait aussi. Yūgao hocha la tête, comme si ça confirmait ce qu'elle pensait. Puis elle se laissa tomber en position assise avec un profond soupir :
– Urgh, je vais probablement finir dans la même équipe qu'Hideyoshi ou Hiroki. Eux aussi passent l'examen, et ils ont toutes leurs chances. Quelle plaie.
– Tu pourrais finir avec le premier de la classe d'au-dessus, tenta Tsunami avec amusement. Je crois qu'il s'appelle Naoto Uchiha.
– Encore un Uchiha, grimaça Yūgao. Ils sont partout ! Enfin, sans vouloir te vexer…
Tsunami avait un peu de mal à s'habituer au fait d'être à présent Tsunami Uchiha, mais ça commençait à venir. Elle agita vaguement la main :
– T'en fais pas, c'est bizarre pour moi aussi. Ils poussent comme des champignons.
Iruka gloussa devant l'image mentale. Yūgao sourit largement, pensant sans doute à la même chose, puis revint au sujet initial :
– Je ne connais pas ce Naoto. Il est dans la classe d'au-dessus, donc il doit avoir onze ou douze ans, j'imagine. Bon, il ne peut pas être pire qu'Hideyoshi…
Tsunami haussa les épaules :
– Je ne l'ai jamais vu. Mais il paraît qu'il a déjà éveillé son Sharingan, donc il se prend sans doute pour la septième merveille du monde.
– Sharingan, Sharingan… Pffff, ils en font trop au sujet du Sharingan !
Le sourire de Tsunami se figea un peu, mais elle s'obligea à lancer d'un ton léger :
– Hier j'ai appelé ça l'œil magique qui tournicote à portée d'oreille de mon grand-père, j'ai cru qu'il allait faire un anévrisme.
Ses amis éclatèrent de rire, n'imaginant que trop bien la scène. Il fallait admettre que ça avait été drôle. Akihito et Yuko commençaient à se détendre avec Hazuki, et ils éprouvaient de l'affection pour Izumi, mais… Leur relation avec Tsunami était toujours précaire. Ils voulaient qu'elle soit une petite fille modèle qui grandisse en épouse soumise, et ils ignoraient purement et simplement ses multiples rébellions à ce sujet. Alors forcément, c'était tendu.
Mais bref. Le Sharingan.
Tsunami ne l'avait pas activé depuis l'attaque. En fait, elle n'avait dit à personne qu'elle l'avait. Comment aborder le sujet ? Elle n'avait jamais pensé l'activer, elle n'était qu'une demi-Uchiha élevée loin du clan ! Et franchement, après la mort de son père, elle n'avait absolument pas été en état de gérer ça. Il fallait encaisser un problème à la fois. Elle avait donc relégué le Sharingan dans un coin de son esprit et n'y avait plus pensé. Oh, garder le secret n'avait pas toujours été facile. Dans ses moments de rage ou de stress, elle sentait son chakra qui montait dans son crâne, vers ses yeux, et elle devait faire un effort conscient pour empêcher ses mirettes magiques de s'allumer. Son kekkei genkai voulait s'activer. Et tôt ou tard, il allait falloir qu'elle y cède. Comment apprendre à le contrôler, sinon ?
Elle n'avait pas encore décidé si elle allait en parler à quelqu'un ou non. Parce que d'un côté, ça serait utile d'avoir des conseils d'experts. De l'autre… Plus elle y réfléchissait et plus elle pensait que le silence était préférable. Déjà parce qu'elle n'avait pas d'amis au sein des Uchiha. Sa révélation allait donc être traitée avec hostilité, comme si elle avait menti en gardant le secret. Ensuite parce qu'elle n'avait pas oublié que le massacre allait avoir lieu dans quelques années. Elle et sa famille avaient été intégrées dans le clan parce qu'il n'y avait pas eu d'autre option, mais Tsunami avait la ferme intention de prendre ses distances avant qu'il ne soit trop tard. Et si elle révélait qu'elle avait le Sharingan… Les Uchiha n'allaient jamais la laisser filer.
Pour autant, elle ne pouvait pas jouer à l'autruche éternellement.
Ce soir-là, elle décida de regarder en face ces fameux yeux magiques qui menaçaient de lui pourrir la vie. Elle avait assez fui. Elle ferma ses volets, verrouilla sa porte, et s'assit devant son miroir. Il ne lui fallut qu'une petite poussée de chakra vers ses yeux. Quand elle rouvrit les paupières, son reflet lui rendit son regard, deux tomoe tournoyaient lentement dans ses yeux écarlates.
Elle porta la main à ses yeux, hésitante. Deux tomoe. Elle pensait qu'il n'y avait qu'un qui apparaissait, au début. Mais peut-être que ça avait été le cas ? Elle ne savait pas ce qu'il fallait pour débloquer les tomoe suivants, mis à part du stress et des réserves de chakra suffisantes. Elle avait eu les deux en abondance. Tout c'était passé si vite. A plusieurs reprises, elle s'était fait la réflexion qu'elle voyait les choses terriblement clairement, comme si la netteté de sa vue ne faisait qu'augmenter. Peut-être que c'était un autre tomoe qui s'activait, et qu'elle ne l'avait juste… pas réalisé. Ça avait été tellement chaotique, tellement intense. A tel point qu'apparemment, elle s'était vidée de son chakra.
Elle fronça les sourcils, un affreux soupçon naissant dans son esprit. Elle s'était vidée de son chakra. Dans le canon, ça arrivait quand le héros lançait Jutsu après Jutsu, jusqu'à drainer ses réserves. Mais le coût en chakra du Sharingan n'était pas si lourd. Non seulement elle avait une bonne conscience de ses capacités, comme toute bonne kunoichi, mais en plus elle était une ninja sensorielle. Elle était doublement consciente du coût de chaque Jutsu. Le Sharingan ne l'avait pas drainée. Oh, elle avait été épuisée par sa course folle et sa panique, mais pas au point de s'écrouler, pas au point d'être en danger, pas avant que… Pas avant que… Non…
L'horrible soupçon se transforma en certitude, grandissant dans sa poitrine comme un cancer. Elle déglutit, le cœur battant à grands coups. Puis, avec toutes les précautions du monde, elle augmenta le chakra passant dans ses yeux.
Les deux tomoe grandirent, s'étendirent, devinrent des bandes noires qui se croisèrent et se rejoignirent, formant un symbole à quatre branches ressemblant à un cyclone stylisé qui tournoyait lentement sur lui-même. Immédiatement, le coût de la technique en chakra augmenta en flèche. Alarmée, Tsunami ferma les yeux et coupa le chakra englouti par le Sharingan. La technique prit fin d'un coup.
Tsunami garda les paupières étroitement fermées pendant plusieurs secondes, essentiellement pour se donner le temps d'encaisser cette révélation. Puis elle expira profondément, et rouvrit doucement les paupières. Dans son miroir, ses yeux avaient reprit leur apparence normale. C'était comme si elle avait simplement imaginé ce qui venait de se passer. Mais elle savait qu'elle ne l'avait pas inventé. Le reflet de son Mangekyō Sharingan était gravé dans sa mémoire.
– Et merde, soupira-t-elle.
oOoOoOo
La fin de l'année scolaire arriva, et la classe de Tsunami passa l'examen de fin d'année. En voyant ses résultats, elle constata avec satisfaction que ses notes remontaient. Mais elle n'essaya pas de prendre l'examen final de l'Académie. En revanche, Yūgao le passa, tout comme une poignée d'élèves de leur classe, et tous les élèves de la classe d'au-dessus. A la surprise générale, Itachi Uchiha passa l'examen également, et devint Genin à sept ans. Il était aussi grand qu'Izumi, et Tsunami trouvait que c'était une hérésie de le retirer de l'école. Il n'avait que sept ans ! D'accord, il était doué pour égorger les gens, mais ce n'était pas un critère ! Sa culture générale devait être quasiment nulle. Bon sang, vu le temps que ce gamin passait à s'entraîner pour atteindre ce niveau, il n'avait sans doute jamais le temps d'ouvrir un livre. Est-ce qu'il savait seulement lire ?! Les hiragana et les katakana étaient déjà monstrueusement compliqués, mais les kanji étaient pire : il fallait au moins trois ans d'étude intensive pour lire et écrire de façon courante. Il n'y avait pas moyen qu'Itachi ait pu caser trois ans d'étude intensive de l'alphabet dans son emploi du temps surchargé. Oh bon sang, est-ce que l'héritier du clan était illettré ?!
Tsunami ne partageait cependant pas son indignation avec sa famille : elle savait que ça aurait été malvenu. Izumi était admirative. Akihito et Yuko faisaient des bruits encourageants, essentiellement parce que ce qu'ils encourageaient c'était l'intérêt d'Izumi pour Itachi, et non l'idée qu'elle désire l'égaler. Mama était juste contente qu'Izumi ait un peu plus de temps qu'Itachi avant de quitter l'Académie.
En revanche, Tsunami en parla avec Iruka et Yūgao, qui se tordirent de rire à l'idée que le génie de l'année ne savait pas lire. Ils se retrouvèrent après l'examen, et se promirent de continuer à passer du temps ensemble. Yūgao avait été diplômée (sans surprise, elle était l'une des meilleures !), mais Iruka et Tsunami avaient encore un an à attendre. Plus s'ils rataient l'examen, mais bon, ça avait peu de chance d'arriver.
Le trio infernal se retrouva séparé. Yūgao se mit à passer ses journées avec son équipe, composée de deux Genins plus âgés qu'elle et d'un Jounin-sensei axé sur l'entraînement intensif. Iruka et Tsunami se retrouvèrent tous seuls. Yūgao avait toujours été la plus calme du lot, alors bien sûr, ils augmentèrent leurs productions de notes explosives et firent les quatre-cent coups. Ou plutôt, Iruka faisait les quatre cents coups et Tsunami lui donnait un coup de main. Elle n'avait définitivement pas le culot nécessaire pour taguer la statue de l'Hokage ou mettre des bombes à paillettes dans les toilettes du bâtiment administratif !
Elle passait plutôt son temps à lire ou à s'entraîner. Niveau lecture, elle essayait discrètement de trouver des choses sur le Sharingan, mais les Uchiha ne laissaient pas trainer des manuels d'instruction dans la bibliothèque. Elle avait déjà lu tout ce qu'il y avait à lire sur le sujet. Elle allait devoir s'entraîner sans aide. Car elle s'entraînait toujours : au taijutsu, au ninjutsu, avec et sans Sharingan activé. Elle s'était résolu à n'utiliser son Mangekyō qu'une fois par mois, quand ses réserves de chakra seraient pleines, et jamais plus de deux minutes. Elle ne voulait pas finir dans le coma à nouveau. Si ça n'avait tenu qu'à elle, elle n'y aurait pas touché. Mais bon, il fallait qu'elle sache ce qu'il faisait. Il y avait un futur possesseur de Mangekyō qui allait massacrer son clan d'ici six ans : elle avait besoin de toutes les armes possibles.
Et franchement, elle ne savait pas grand-chose sur le Mangekyō. Chacun avait apparemment une forme unique. Celui d'Itachi ressemblerait à un shuriken à trois branches. Celui de Sasuke ressemblerait à une fleur, ou une étoile, avec six branches. Celui de Shisui Uchiha était le seul qu'elle connaissait qui avait quatre branches, comme le sien, mais ça ne voulait pas dire que leurs yeux magiques avaient le même pouvoir. Cela dit, ça voulait peut-être dire qu'ils étaient apparentés… Elle envisagea brièvement de faire des recherches en parallèle, puis renonça. Ses grands-parents en entendraient forcément parler, et ils verraient sans doute ça comme une excellente ouverture pour lui parler du fait qu'elle devrait se marier dans le clan, avec un Uchiha pur. C'était une conversation qu'elle sentait venir à des kilomètres, et elle avait la ferme intention de l'éviter le plus longtemps possible.
Maintenant qu'elle avait dépassé l'étape de la dépression, elle se heurtait plus souvent à ses grands-parents. C'était encore assez discret, mais ils échangeaient de plus en plus de remarques passive-agressives. Ils lui avaient même fait quelques remarques sur Iruka, histoire de vérifier qu'elle n'était pas amoureuse de lui (avec, en sous-entendu, que si ça avait été le cas ils y auraient mis fin) ! Franchement, si Tsunami n'avait pas été aussi passive au début de leur cohabitation, ça aurait fini en échange d'injures depuis belle lurette. Ils voulaient qu'elle participe davantage aux tâches ménagères. Ils voulaient qu'elle prenne soin de son apparence. Ils voulaient qu'elle porte de jolis kimonos lors des fêtes. Ils voulaient qu'elle se laisse pousser les cheveux. Ils voulaient qu'elle fasse plus attention à ses manières. Bref, plein de petits riens du tout qui, additionnés, criaient haut et fort qu'ils voulaient qu'elle rentre dans le stéréotype de la jeune fille de bonne famille. Et ils ne faisaient pas ça qu'avec elle, en plus… Mama n'avait pas de critiques sur son apparence, mais Yuko faisait parfois remarquer, mine de rien, qu'elle était encore assez jeune pour savoir un autre enfant. Les grands-parents avaient assez de tact pour ne pas parler de remariage, mais c'était clairement sous-entendu. Quant à Izumi, ils la poussaient doucement à faire preuve de féminité et de délicatesse, l'encourageant à soupirer après les garçons au lieu de jouer aux ninjas.
Après avoir passé toutes ses vacances dans la même maison que ses grands-parents, Tsunami en avait par-dessus la tête. Elle avait envie de les étrangler. Au moins Mama pouvait faire des missions pour les éviter, et Izumi n'était pas en trop mauvais termes avec eux. Elle, elle était coincée !
– Dès que je suis Genin je déménage, annonça Tsunami à Iruka dès la rentrée.
Son ami haussa les sourcils :
– A ce point ?
– Tu n'as pas idée, grinça-t-elle. Ils veulent que je sois une jolie poupée décorative. Et ils sont en train d'imposer les mêmes idées à ma petite sœur ! Il faut que je fasse quelque chose.
– Ta mère ne dit rien ?
Tsunami hésita, puis avoua :
– J'ai l'impression qu'elle ne veut pas les heurter de front. Elle pense que si elle les ignore, ça passera. Mais plus on les ignore, plus ils continuent. Ça ne change rien.
Ils contemplèrent l'idée en silence un moment. Le reste de la classe s'agitait joyeusement dans un brouhaha de conversations animées. Hiroki Hyuga avait été diplômé, mais pas Hideyoshi Uchiha. Le petit caïd était en train de raconter à tous ceux qui voulaient l'entendre que ses parents lui avaient interdit de passer l'examen afin de ne pas faire d'ombre à Itachi. Tsunami commença par renifler avec dédain, puis elle marqua un temps d'arrêt et réalisa que c'était bien le genre de chose que ferait le chef du clan pour se faire mousser.
Sans Yūgao, Tsunami et Iruka étaient plus dissipés. Enfin, Iruka avait toujours été dissipé : c'était juste que maintenant Tsunami était dissipée avec lui, au lieu d'être au premier rang avec Yūgao. Cela dit, il n'était pas difficile de transformer l'ennui d'Iruka en activité constructive. Par exemple, savoir comment obtenir un appartement quand on est un adolescent. C'était possible (dans le canon, Naruto vivait seul dès son plus jeune âge), mais il y avait quelques formalités à remplir. Les enfants devaient avoir au moins deux années d'étude à l'Académie derrière eux, et s'ils n'avaient aucuns tuteurs légaux l'orphelinat pouvait poser son véto. Il y avait des allocations pour les orphelins, mais aussi des allocations pour les Genins vivants seuls. Il fallait conclure un contrat de vente, ou un bail, adapté à la vie de ninja. Certains quartiers étaient régentés par des civils, mais d'autres étaient administrés par des clans, et étaient donc plus tolérants avec les excentricités de la profession (comme sortir et entrer par les fenêtres). Bref, c'était plus compliqué qu'il n'y paraissait. Et l'immobilier était cher. Tsunami commençait à penser qu'une colocation serait peut-être plus avantageuse. Elle, Yūgao et Iruka pourraient se partager un appartement ! Vivre avec ses meilleurs amis, c'était le rêve de tout gamin, non ?
Mais ils ne pouvaient pas passer tout leur temps à rêvasser et chuchoter. C'était la dernière année d'Académie. Enfin, techniquement, l'avant-dernière : le cursus normal durait jusqu'à l'âge de douze ans. Mais la guerre avait forcé les professeurs à compresser le cursus scolaire au maximum, et c'était difficile de revenir à la normale quand pour la plupart des enseignants, le cursus scolaire minimal était tout ce qu'ils avaient connus. Bref, pour quasiment tous les élèves, c'était leur dernière année, et les profs étaient donc plus exigeants. Il n'y aurait pas de seconde chance de combler leurs lacunes l'année prochaine : ils devaient être prêts cette année.
Les combats de taijutsu étaient plus féroces, et tous les coups étaient à présent permis. On leur apprit les trois Jutsu de base (le Henge, le Bunshin, et le Kawarimi). On les soumit à des genjutsu jusqu'à ce qu'ils sachent briser même les illusions lancées par un Chuunnin. On leur soumit des problèmes complexes traitant d'infiltration, de combats en infériorité numérique, ou de tentative de trahison. On leur fit effectuer des pseudos-missions en forêt durant plusieurs jours consécutifs, sans le moindre confort. On les fit combattre en équipe, avec des handicaps, sur des terrains peu familiers, contre des amis. Bref, c'était cette année qu'on passait aux choses sérieuses. Pour une fois, Tsunami n'avait plus l'impression de perdre son temps.
Cela tenait aussi au fait qu'elle avait repris du poil de la bête. Ses notes remontaient de façon régulière. Elle ne s'entraînait plus au taijutsu avec Mama depuis la mort de son père, mais ses entraînements au solo avec son Sharingan l'avaient aidé à travailler ses réflexes… Et taper sur Hideyoshi était une excellente catharsis pour évacuer toute la frustration qu'elle ressentait envers ses grands-parents. Lors des combats en équipe, des matchs de taijutsu, ou juste des pseudos-missions en forêt, elle se mit à utiliser une poignée des Jutsu enseignés par son père. Pas grand-chose : quelques Raiton de rang C ou D, et un petit Suiton. Cela dit, maîtriser la transformation élémentaire à cet âge la fit monter en flèche dans le classement. Au bout de trois mois, elle avait retrouvé la place de première kunoichi de la classe, et se battait férocement avec Hideyoshi Uchiha pour la place de première de la classe tout court.
Elle se remit à s'entraîner avec Izumi. Il lui fallut beaucoup de courage pour le lui proposer. Elles ne s'étaient pas entraînées ensemble depuis la mort de leur père. Tsunami avait peur qu'Izumi l'envoie au diable, lui reproche de l'avoir abandonnée, lui dise qu'elle préférait la compagnie des autres enfants du clan Uchiha. Mais non. Le visage d'Izumi s'éclaira d'un ravissement incrédule, et elle accepta. Ce soir-là, quand elles rentrèrent et que Yuko pointa d'un ton mesuré qu'Izumi avait sali sa robe, la fillette se contenta de lui adresser un sourire rayonnant et de lui dire que ça avait été pour une bonne cause, mais que pour éviter que ça se reproduise elle mettrait des pantalons à l'avenir.
Ça avait l'air d'une remarque innocente venant droit du cœur, mais Tsunami connaissait assez bien sa sœur pour reconnaitre l'étincelle malicieuse au fond de son regard. Izumi n'avait pas de mal à être jolie et délicate, et elle n'avait jamais protesté quand ses grands-parents avaient encouragé ce côté d'elle. Mais ça ne voulait pas dire qu'elle n'avait pas remarqué les encouragements en question, ou la réaction qu'ils provoquaient chez Tsunami. Elle était rusée. C'était bien sa petite sœur !
Renouer avec Izumi boosta le moral de Tsunami. Elle redoubla d'énergie lors de ses entraînements. En classe, elle commençait à laisser les explosifs à Iruka, préférant se concentrer sur le taijutsu. Elle avait de l'avance dans tous les domaines sauf celui-là, donc il fallait s'y améliore… Et il n'y avait pas de meilleure façon de faire que de s'y consacrer entièrement. Bon, elle aurait aussi pu se mettre à la recherche de Gai et réclamer des cours, mais elle préférait éviter. Tsunami n'était pas spécialement extravertie ou grande gueule. Elle était facilement intimidée par les inconnus, et elle avait le sentiment que Gai serait un peu trop pour elle. Donc : taijutsu à l'ancienne, avec ses camarades. Au bout de quelques semaines, elle finit par battre Hideyoshi… Et se hissa donc au rang de meilleure élève de la classe, garçons et filles confondus.
Le bon côté des choses c'était que battre tous les garçons Uchiha dans sa classe (ils étaient trois en comptant Hideyoshi) avait quelque chose d'intensément satisfaisant. C'était comme donner un coup de pieds dans les testicules de leurs idées sexistes. Le mauvais côté des choses c'était que ses grands-parents, qui s'étaient contentés jusque là de remarques passives-agressives sur son avenir, décidèrent de la féliciter. C'était une conversation vouée à la catastrophe.
Son grand-père commença par lui dire qu'elle était douée pour une fille. Il ne remarqua apparemment pas les regards noirs des quatre kunoichi à table avec lui. Ensuite sa grand-mère se mit à lui parler d'Hideyoshi, ou plutôt des échos qu'elle en avait eu par sa tante qu'elle avait croisée comme par hasard au marché. Il fallut bien cinq minutes à Tsunami pour comprendre avec horreur où Yuko voulait en venir avec tout son monologue sur « ce garçon charmant ». A ce point-là de la conversation, même Izumi commençait à sentir l'embrouille. Tsunami essaya de garder sa vieille stratégie, à savoir garder le silence, ignorer délibérément tout ce que disaient les vieux, et prendre la fuite dès que possible. Puis Akihito commença à évoquer, comme une concession, le fait qu'elle puisse travailler dans la police… Et là, c'était non.
Elle pouvait encore passer sur le fait qu'ils discutent de ses manières, de son apparence, de ses vêtements, de ses relations. C'était des choses qui n'avaient pas grande importance, qu'ils ne pouvaient pas changer pour elle. L'évocation du mariage la faisait grincer des dents, mais comme elle avait la ferme intention de les envoyer chier dès qu'ils oseraient lui en parler en face, ce n'était pas grave non plus. Mais la police ? Son travail ? Son affectation ?! Ça, c'était important. Ça, ce n'était pas leurs oignons. C'était la goutte qui faisait déborder le vase. Ça l'aurait été même si Tsunami n'avait pas eu pour intention de mettre autant de distance possible entre elle et la conspiration Uchiha.
Elle posa ses baguettes sur la table si brusquement qu'elle en fit trembler la vaisselle. Son grand-père se tut, choqué. Il lui lança un regard noir, comme s'il lui reprochait son impolitesse : mais Tsunami en avait tellement par-dessus les oreilles qu'elle ne fit que lui rendre son regard, prenant sur elle pour ne pas activer son Sharingan sous le coup de la colère. Elle respira à fond. Elle avait évité de heurter ses grands-parents de front parce qu'ils étaient ses hôtes, les parents de sa mère, et parce qu'elle n'aimait pas se disputer avec les gens de façon générale. Mais là, il était grand temps de mettre les points sur les i.
– Je pense que je n'ai pas été claire, lâcha-t-elle d'une voix ferme.
L'expression de Mama passa de "stoïque et impavide" à "alarmée" en un clin d'œil. Il était rare, très rare, que Tsunami hausse le ton. Elle était quelqu'un de calme. Quelqu'un de gentil. Quand elle devenait sérieuse, c'était là qu'il fallait s'inquiéter.
– Je ne vais pas rejoindre la police, poursuivit Tsunami en fixant son grand-père avec froideur. Je ne vais pas me marier. Si j'entre dans une relation avec quelqu'un, je ne vais pas vous consulter. Votre opinion m'indiffère à ce sujet. A vrai dire, votre opinion m'indiffère à de nombreux sujets. Vous avez une vue du monde étriquée et l'idée que les femmes puissent être fortes et compétentes vous effraie : c'est un fait, et je l'accepte. Mes parents m'ont élevée avec des manières, moi, et je n'essaie pas d'imposer mes convictions à ceux qui ne sont pas intéressés. Clairement ce genre de concept vous échappe.
Ses grands-parents avaient l'air sous le choc. Elle ne savait pas si c'était parce que c'était la première fois qu'une gamine les envoyait péter, ou si c'était parce que c'était elle qui le faisait, elle qui était la plus silencieuse de la famille. Izumi s'était immobilisée avec ses baguettes à mi-chemin de sa bouche, les yeux immenses. Hazuki, quant à elle, avait l'air incrédule de quelqu'un qui regarde un accident de train se produire sous ses yeux. Ce qui n'était pas très loin de la vérité…
Tsunami réprima fermement le rire hystérique qui menaçait de lui échapper, et continua sur le même ton froid :
– Je suis une shinobi. Je vais servir mon village, pas vos petites ambitions. J'ai déjà décidé ce que je voulais faire de ma vie. Vos suggestions sont inutiles. A vrai dire, elles sont même malvenues, et j'aimerai que vous les gardiez pour vous.
Le silence qui pesait sur la table était absolu. Tsunami fixa son grand-père (qui était progressivement en train de devenir cramoisi), puis sa grand-mère (dont les yeux se remplissaient de fureur). Au bout de quelques secondes, elle retourna à son bol de riz.
Le silence vola en éclat.
Mama, Akihito et Yuko s'étaient tous mis à se crier dessus en même temps. Oh, une partie des cris étaient probablement dirigés vers Tsunami : mais ils avaient l'air de très bien s'engueuler sans son aide. Izumi ne criait pas, mais c'était parce qu'elle avait l'air complètement fascinée par le spectacle. Sa boulette de riz était tombée de ses baguettes sans même qu'elle le remarque. Tsunami retint un rire nerveux, et laisser passer quelques instants, faisant mine de mâcher calmement son riz afin de dissimuler sa nervosité. Oh, bordel. Après son discours, elle avait les mains moites et tremblantes. Elle détestait se disputer avec les gens, même quand c'était elle qui ouvrait les hostilités. Et là… Ça allait gueuler sévère. Elle commençait presque à regretter son coup d'éclat. Ça lui avait fait un bien fou, et elle ruminait ça depuis un bail, mais… Il y aurait eu des moyens plus subtils de gérer la chose. Bah, tant pis. C'était foutu, de toute façon. Elle reposa son bol de riz, inspira à fond, et rassembla son courage. Il était temps de faire face à la musique.
Il fallut plusieurs minutes pour que l'explosion passe et pour qu'on puisse y comprendre quelque chose. Akihito était outragé par son ingratitude et son insolence qui (selon lui) sortait de nulle part, Yuko était furieuse qu'Hazuki ait mal élevée sa fille, et Hazuki elle-même défendait Tsunami avec fureur, clamant que si on était arrivé là c'était parce que ses parents l'avaient bien cherché. Avoir sa mère de son côté réchauffait le cœur de Tsunami. Peut-être que Mama était au bord de l'explosion depuis un moment, elle aussi. Elle était plus patiente et plus douce que sa fille, mais… Elle était déjà partie une fois, après tout.
– Je refuse de tolérer ce manque de respect dans ma propre maison ! postillonna Akihito.
– Ma fille a été parfaitement respectueuse, rétorqua Mama. C'est vous qui l'avez poussée à bout de patience ! Je vous ai dit qu'elle n'allait pas être d'accord ! Mais non, vous m'avez ignorée, et vous avez continué, en ignorant ses limites à elle !
– Ses limites ?! rugit Akihito en pointant un doigt accusateur sur Tsunami. C'est un honneur d'être intégrée au clan et d'avoir la chance d'y contribuer ! Et cette ingrate repaie notre générosité de cette façon ?!
Tsunami rassembla son courage, joignit les mains d'un air faussement serein (pour les empêcher de trembler), et haussa la voix :
– Je vous suis très reconnaissante de nous avoir accueilli. J'ai fait honneur au nom du clan Uchiha durant tout mon temps ici et à l'Académie. Mais à aucun moment je n'ai accepté de renoncer à mon avenir en échange de ce nom de famille.
– Renoncer à ton avenir ? s'écria Yuko avec indignation. Nous t'en offrons un, petite sotte ! La chance de contribuer à quelque chose de plus grand que toi !
– C'est ce que je compte faire en étant ninja de Konoha, fit froidement Tsunami. Exactement comme mon père l'était avant moi.
Il y eut un froid. Kaiji n'était jamais mentionné ici. Depuis sa mort, personne n'avait prononcé son nom dans la demeure d'Akihito et Yuko. C'était comme un tabou. Hazuki ne parlait pas de son mariage. Ses filles ne mentionnaient pas leur père. Les grands-parents prétendaient que Kaiji n'avait jamais existé, comme si leur fille revenait de longues vacances où elle aurait mystérieusement acquis deux enfants.
– Et comme moi, lâcha Hazuki un ton plus bas.
A cet instant, avec ses yeux noirs étrécis de colère, sa veste Chuunin passée par-dessus son kimono noir, et ses longs cheveux cascadant dans son dos, elle avait l'air d'une véritable ninja. Elle avait l'air dangereuse. Personne n'osa la contredire. Il y eut un long silence. Puis Akihito, qui s'était à moitié levé dans son indignation, se rassit avec un grognement mécontent.
– Tu es trop comme ta mère, lâcha-t-il à l'adresse de Tsunami. Notre vie serait plus simple si tu pouvais juste faire ce qu'on attend de toi.
Pendant une seconde, Tsunami fut choquée qu'il renonce si facilement. Puis elle réalisa que c'était l'intervention de sa mère qui avait douché sa colère. Hazuki avait déjà quitté le clan une fois. Si elle s'en allait une deuxième fois, avec ses filles… Elle ne reviendrait pas. Et, même s'ils étaient coincés et arrogants, ses parents devaient tenir à elle, ne serait-ce qu'un peu. Elle était leur seul enfant survivant après la guerre…
– Ce n'est pas de ma faute si vous ne comprenez pas le sens du mot « non », rétorqua-t-elle.
Akihito et Yuko étaient le genre de personnes qui pensait qu'à force d'insistance, ils allaient obtenir ce qu'ils voulaient. C'était une attitude courante chez les gens riches, bien placés, ou bien nés. Les capricieux, les arrogants, les gens qui tapaient un scandale dans le supermarché parce qu'on refusait d'accepter leur coupon de réduction périmé. Tsunami aurait dû s'opposer à eux plus tôt : avec ce genre d'individu, repousser l'inévitable ne faisait que rendre la confrontation plus explosive.
– Chéri… ! commença Yuko.
Akihito leva la main pour l'interrompre. Il toisa Tsunami un instant, puis lâcha :
– Il y a peu d'Uchiha qui servent des fonctions hors de la police, mais cela reste une carrière acceptable. Mais sache qu'il te sera demandé de produire des enfants.
Wow. Tsunami fut tentée de s'arracher l'utérus à mains nues juste pour pouvoir lui balancer dans la gueule. Mais bon, la conversation avait l'air de se calmer et ce genre de geste aurait sans doute relancé les hostilités. Elle se contenta d'un sourire glacial :
– Je prendrai cette suggestion en compte lorsqu'elle me sera faite.
A en juger par la façon dont son grand-père étrécit les yeux, il avait parfaitement saisi le sous-entendu, à savoir : va te faire mettre. Ils se toisèrent un instant en silence.
– Le clan Uchiha ne tolère que l'excellence, finit-il par dire. Je veux que tu sois diplômée première de ta promotion.
Tsunami décida d'être bonne joueuse et de lui laisser le dernier mot. Continuer l'engueulade n'aurait servi à rien, de toute façon. Et le reste du dîner allait sans doute être bien assez tendu comme ça…
oOoOoOo
Ce dîner changea radicalement la vie de Tsunami. Ses rapports avec ses grands-parents se firent plus froids. Ils cessèrent de la harceler pour qu'elle rentre dans le moule de l'épouse décorative, mais ils se montèrent aussi plus cassants et plus exigeants. Ils s'intéressèrent à ses résultats scolaires, ce qu'ils n'avaient encore jamais fait. Lorsque Tsunami fêta son anniversaire une semaine plus tard, ils ne lui offrirent pas des vêtements ou des livres d'histoires, mais du matériel de ninja. Ils n'aimaient pas son choix, mais ils le respectaient. Akihito prit même le temps de lui apprendre le Katon de la Boule de Feu Suprême, même s'il se montra cinglant tout au long de la leçon. Apparemment maîtriser ce Katon était un rite essentiel du clan Uchiha. On n'était pas considéré comme adulte, comme capable, comme ninja, tant qu'on ne l'avait pas maîtrisé. C'était un signe que ses grands-parents la prenaient au sérieux désormais, et Tsunami en avait conscience. Elle écouta respectueusement les instructions d'Akihito (elle était capable de respect, il fallait juste le mériter), et réussit parfaitement ce Katon dès son deuxième essai.
Le récit du fameux dîner se répandit comme une traînée de poudre dans tout le district. Il était rare qu'une fille Uchiha décide de rester kunoichi au lieu de se marier sagement : il était encore plus rare que les parents (ou, dans ce cas-là, les grands-parents) de la jeune fille l'écoutent. Et les shinobi étaient de telles commères… Tout les Uchiha furent vite au courant. Il y eut une poignée d'adultes qui abordèrent Tsunami dans la rue pour lui conseiller de repenser à ses choix de vie, ce qui la mit en rage. L'attitude des adultes passa de « indifférente » à « désapprobatrice ». C'était un rude traitement à infliger à une gamine de neuf ans et demi qui exprimait seulement un désir d'indépendance, sans même défier la norme sociale. Les Uchiha étaient vraiment des enflures. Mais tout n'était pas sombre ! Il y eut aussi quelques mots d'encouragement de la part des rares kunoichi Uchiha. Elles étaient trois, quatre en comptant Mama. Il y avait Reiko la plus âgé, sa nièce Yachiru, et Kyoko qui était une adolescente. Elles étaient toutes un peu froides et arrogantes, comme les Uchiha, mais… Elles étaient du côté de Tsunami. Et ça, c'était toujours bon à prendre.
Une autre personne qui était du côté de Tsunami, c'était Iruka. Quand elle lui avait raconté l'histoire, il avait été partagé entre le choc, l'admiration, et le fou-rire. En tous les cas, il avait assuré Tsunami que si elle avait besoin de boucher les chiottes de ses ancêtres avec des bombes à paillettes, il était son homme.
On pouvait toujours compter sur Iruka.
L'attitude de Mama changea également. Elle cessa de faire le dos rond quand quelqu'un faisait une remarque sur sa carrière ou son possible remariage. A présent, elle n'hésitait plus à dire aux gens de se mêler de leurs oignons. Cela arrivait rarement, car Hazuki était avant tout quelqu'un de doux et patient, qui n'aimait pas la confrontation. Mais… Elle était aussi une Uchiha qui avait sa fierté. Tsunami commençait à penser que si Mama n'avait jamais répondu durant tout ce temps, c'était parce que rien ne l'y avait poussé. Elle pensait que tout allait bien et que l'équilibre devait être maintenu. Mais à présent que cette illusion avait volé en éclat… Un nouvel équilibre devait être trouvé. Un équilibre qui laisserait plus de liberté à ses filles. Et Mama n'avait jamais eu peur de se battre pour ses enfants.
Izumi avait changé, aussi. Elle regardait sa grande sœur avec un respect tout neuf. De toute sa vie, Izumi n'avait jamais rembarré personne, et certainement pas une figure d'autorité. Pour elle, c'était un peu équivalent à affronter un dragon. Et Tsunami la comprenait : s'engueuler avec ses grands-parents l'avait rendu nettement plus nerveuse qu'un vrai combat de taijutsu. Mais voilà, du coup Izumi était en admiration. Elle suivait sa grande sœur partout, comme avant. Elle voulait s'entraîner avec elle, mais aussi (et ça, c'était nouveau) parler avec elle. Pas juste de sa journée, de ses amis, ou d'Itachi : mais de vrais problèmes, de son avenir, de la pression subtile qui pesait sur elle en tant que fille du clan Uchiha, et en tant que kunoichi. La première fois qu'elles eurent une conversation de ce genre, Tsunami pensa fugacement à la petite Izumi Uchiha du canon, réduite au rôle de simple figurante soupirant après Itachi, et elle eut envie de faire un bras d'honneur triomphal au destin. Dans cet univers-ci, béguin ou pas, sa petite sœur allait être autre chose que la poupée de se ses grands-parents. Elle allait penser, réfléchir, et… Apparemment, prendre un peu de recul par rapport aux attentes du clan. Avant, elle avait l'air d'accepter sans trop protester l'idée de devenir Genin, rejoindre la police, et se marier à dix-huit ou vingt ans. A présent, elle n'était plus très sûre d'elle. Tsunami se souvenait vaguement que la Izumi du canon avait fait partie de la police, et s'efforçait donc de convaincre sa sœur d'emprunter un autre chemin. Et… Sa petite sœur l'écoutait. Elle avait encore du temps avant de se décider, mais à présent, elle considérait d'autres options.
Mais le plus grand changement dans la vie de Tsunami apparut une semaine plus tard, sous la forme d'un garçon de son âge qui ne savait apparemment pas se mêler de ses oignons.
– Salut ! lui lança l'emmerdeur en question depuis l'endroit où il avait attendu sa sortie de l'Académie. Je ne sais pas si tu te souviens de moi, on était dans la même classe quand on a fait notre rentrée. Je suis Shisui Uchiha !
Tsunami fixa Shisui, le petit prodige du clan, qui avait été diplômé au bout d'un an seulement à l'Académie, qui avait le même âge qu'elle mais qui était déjà Chuunin… A moins qu'il ne soit déjà Jounin. Shisui Uchiha le prodige, l'un des enfants les plus admirés du clan, et à qui elle n'avait jamais adressé la parole avant ce jour.
What the fuck.
Une seconde passa, puis une autre. Le sourire rayonnant de Shisui ne diminua pas d'un iota. Iruka fit mine de craquer ses phalanges d'un air menaçant, s'avançant d'un pas pour se trouver juste à côté de son amie.
– Il t'embête, Tsunami ?
Iruka n'avait aucune chance de battre Shisui, mais le geste était touchant. Tsunami lui tapota l'épaule avec affection :
– C'est bon, je gère. A demain, Iruka.
Ils se séparèrent, non sans qu'Iruka ne jette un dernier regard soupçonneux à Shisui. Tsunami attendit qu'il se soit éloigné, puis elle se tourna vers Shisui, bras croisé, l'air pas du tout impressionnée.
– Je me souviens de toi. Qui t'envoie ?
Shisui fit mine de porter la main à son cœur, comme gravement blessé par son attitude suspicieuse.
– Est-ce si invraisemblable que je veuille passer du temps avec ma cousine ?
– Totalement.
– Ah, tu m'as démasqué, rigola-t-il. C'est ta grand-mère qui m'envoie. Je fais partie des rares Uchiha qui ne sont pas dans la police, et elle veut que je passe du temps avec toi pour être, selon elle, une influence positive.
Foutue Yuko Uchiha. Tsunami plissa les yeux avec colère. De quoi elle avait peur, la vieille bique, que Tsunami se mettre à cracher par terre et à se gratter les fesses en public ? Ou qu'elle balance des œufs pourris sur la maison de l'Hokage ? … Bon, c'est vrai que le coup des œufs c'était bien le style d'Iruka, et que du coup sa fréquentation d'un jeune délinquant devait inquiéter sa grand-mère. Mais quand même ! De là à lui assigner un garde du corps, ou plutôt un espion, c'était gonflé !
– Et ce n'est pas contre-productif de m'avouer ça d'entrée de jeu ? lâcha-t-elle.
Shisui haussa les épaules :
– Elle n'a jamais précisé que c'était un secret. Tu m'aurais envoyé balader si je m'étais présenté avec un mensonge, et j'avoue que je suis curieux de te connaître.
– Pas moi, rétorqua Tsunami.
Shisui ne se découragea pas pour autant.
– On pourrait s'entraîner, fit-il d'un ton cajoleur. Je suis Jounin, je pourrais t'apprendre quelques Jutsu. Combien de Katon est-ce que tu connais ?
Tsunami hésita. Bah oui, elle était sensible à la corruption. Et il avait raison ! Elle ne connaissait que la Boule de Feu Suprême. L'essentiel de ses Jutsu étaient des Raiton et les Suiton enseignés par son père, mais… Elle était à demi Uchiha, et ça voulait dire qu'elle avait une affinité naturelle pour l'élément du feu. Il serait stupide de ne pas en profiter. Et ça faisait un bail qu'elle ne s'était pas entraînée avec quelqu'un de plus fort qu'elle. Shisui n'était-il pas renommé, dans le canon, pour son talent avec le Shunshin ? Parce que ça c'était un truc qu'elle voulait vraiment apprendre. L'Académie leur avait enseigné les bases, et tous les élèves de dernière année savaient utiliser la technique du déplacement instantanée… Mais il y avait toujours la possibilité de faire mieux, d'aller plus vite.
– D'accord, céda-t-elle. Mais tu as intérêt à répondre à mes questions.
Shisui se montra ravi de répondre à ses questions. Oui, il était Jounin depuis quelques semaines seulement. Oui, il était effectivement son cousin : leurs grands-mères étaient sœurs, c'était comme ça qu'il connaissait Yuko. Oui, il était ninja de Konoha, et non pas membre de la police. Non, ça n'avait pas été difficile : il en avait simplement fait la demande à son père, qui l'avait transmis à l'Hokage. Oui, sa spécialité était le genjutsu. Mais oui, il était aussi compétent dans tout un tas d'autres domaines, dont le ninjutsu. Oui, il était tout à fait d'accord pour lui apprendre le Shunshin. Comment ça elle ne connaissait aucune attaque spéciale de shurikens ? Eh bien il allait lui apprendre ça aussi. Mais oui, il était aussi d'accord pour s'arrêter acheter des dango en route. Il voulait être son ami, après tout, pas juste un partenaire d'entraînement.
Tsunami n'avait pas envie de l'apprécier, parce que Shisui allait mourir dans moins de sept ans et que c'était une très mauvaise idée de s'attacher à un personnage condamné. Mais cette tête de mule continua à chercher sa compagnie durant des semaines, et elle réalisa avec horreur qu'il était trop tard. Elle le trouvait sympa. C'était quelqu'un de souriant et d'optimiste, qui ne se vexait pas face à ses manières abruptes et qui était d'une grande gentillesse. Franchement Tsunami avait du mal à croire qu'il était Uchiha : il avait plutôt la personnalité qu'elle aurait attendue de Naruto (en moins braillard, et un peu plus policé). Il était bavard, enthousiaste, sociable. Il ne prenait jamais les gens de haut.
Yuko avait l'air très satisfaite d'elle quand Tsunami rentrait le soir après avoir passé son après-midi avec Shisui. Tsunami décida dignement de l'ignorer.
Elle passait toujours du temps avec Iruka. Il était son meilleur ami et ça ne changerait pas. Tsunami et lui étaient soudés à la hanche à l'Académie. Mais en dehors… Chacun avait ses propres loisirs. Les graffitis et le vandalisme enthousiasmaient moyennement Tsunami, tout comme l'entraînement intensif au Katon intéressait peu Iruka. Après les cours, Tsunami rejoignait donc Shisui. Iruka était toujours un peu méfiant vis-à-vis du jeune Uchiha, mais ça commençait à passer. Le fait que Shisui soit toujours cordial aidait un peu. Et puis, ce n'était pas comme si le jeune Uchiha accaparait tout le temps de Tsunami. Il était parfois en mission, ou allait parfois s'entraîner avec d'autres personnes (sans doute Itachi). Il y avait aussi des jours où Tsunami préférait se pencher sur un nouveau bouquin, s'entraîner seule (généralement au Sharingan), ou avait fait des plans avec Iruka. Bref, Shisui s'incrusta dans sa vie, mais il ne chercha à en chasser personne. Heureusement pour lui, parce que Tsunami aurait très mal réagi.
Son distant cousin était un bon partenaire d'entraînement. Il avait l'œil pour le détail, il était patient, et c'était un bon professeur. Il apprit d'abord des Katon de rang C à Tsunami puis, en constatant qu'elle avait largement le niveau, il lui apprit des rangs B, et même un rang A. Mais il l'entraîna aussi aux shurikens. Les Uchiha avaient tout un as de techniques de lancer de kunais et de shurikens, mais personne n'avait jamais pris le temps de les apprendre à Tsunami. Elle aurait cru que c'était parce qu'elle n'avait pas le Sharingan, mais en fait, il y avait une bonne douzaine de techniques qui ne nécessitaient même pas d'avoir éveillé ses yeux magiques. Il fallait juste un peu d'adresse, un certain tour de poigne, et savoir utiliser les fils d'acier. Shisui les lui appris une par une, sans faire la moindre remarque sur le fait que Tsunami avait du retard sur le reste du clan.
Shisui répondait toujours à ses questions. Apparemment, il accordait beaucoup d'importance à l'honnêteté. Tsunami était prudente, et ne posait pas de questions suspectes (comme par exemple « hey, tu sais si le fait qu'un Mangekyō ait quatre branches a un impact sur son pouvoir ? »)… Mais elle n'allait pas cracher sur une mine d'information. Elle posa des questions à Shisui sur l'organisation du village, sur l'organisation de la police, sur les rapports entre les différents clans. Elle lui posa aussi des questions sur le Sharingan : comment il s'éveillait, à quoi ça ressemblait, est-ce qu'il fallait s'entraîner avec ? Elle faisait attention à formuler ses questions comme si elle se préparait à l'éveil de son propre Sharingan, mais qu'elle doutait que ça ait lieu. Elle ne savait pas si Shisui la croyait. En tous les cas, elle ne lui avait donné aucune raison de penser qu'elle avait activé son kekkei genkai. Il répondait à toutes ses questions comme si c'était des hypothèses. Le Sharingan était activé par le stress… Au début, il n'y avait qu'un seul tomoe… Puis, plus on s'entraînait et plus le cerveau s'adaptait au Sharingan, plus l'œil se perfectionnait, jusqu'à avoir trois tomoe. Shisui lui donna même une liste d'exercices que les Uchiha pratiquaient pour améliorer leur Sharingan. Des tests de lecture rapide, des jeux d'observation, des exercices de shurikens. Rien de compliqué. Tsunami hochait la tête et, mine de rien, changeait de sujet.
(Tsunami commença à mettre par écrit tout ce que Shisui lui révélait sur le Sharingan et sur le clan Uchiha en général. Si jamais… Non, quand le pire arriverait… Elle voulait garder une trace de toute ça.)
Ils s'entraînaient aussi au taijutsu. Tsunami ne s'était pas battue au taijutsu avec un vrai ninja depuis que sa mère avait cessé de l'entraîner, plus d'un an plus tôt. Il y avait quelque chose de grisant à redécouvrir les mouvements, à pousser ses limites, à esquiver de justesse un coup et à riposter dans le même souffle. Elle avait toujours aimé le taijutsu. C'était comme d'être Superman : on était tellement fort, tellement rapide, on avait le cœur qui battait à toute allure, on était grisé d'adrénaline ! Le plus grand talent de Tsunami était son ninjutsu, mais elle ne refusait jamais un combat au corps-à-corps. C'était dommage que l'Académie ne lui offre plus d'adversaires satisfaisants. A présent, elle battait même Hideyoshi Uchiha les doigts dans le nez.
Apparemment, ça l'enrageait. Bon, ce n'était pas insensé. Hideyoshi avait toujours dû se battre pour la première place avec Hiroki Hyuga. A présent que son rival était parti, il avait enfin la chance de briller… Mais il était dépassé. Et pas par n'importe qui : par une fille. Une fille qui n'était même pas complètement Uchiha. Pour lui qui tirait son sentiment de supériorité de son clan, c'était insupportable. Tsunami et le petit premier de la classe s'étaient toujours plus ou moins ignorés avec dédain, mais à présent il la toisait avec hargne. Une ou deux fois, il cracha même qu'elle n'était qu'une demi-Uchiha et qu'il valait deux fois mieux qu'elle.
Bon… A chaque fois, Tsunami l'humilia durant leurs matchs de taijutsu, alors ce genre d'injure n'avait pas beaucoup de poids.
Mais ça n'empêcha pas Tsunami de fulminer durant les jours suivants. Comment cet abruti osait insinuer que le sang de son père était inférieur ?! Kaiji avait été un père aimant, un homme bien, un ninja loyal. Quelle importance qu'il n'ait pas été membre du clan ?! Qu'est-ce qu'on se fichait du clan Uchiha, d'ailleurs ?! Ce n'était qu'un nom !
Mais pour beaucoup, ce n'était pas qu'un nom. C'était un symbole, un statut, un signe de prestige, une source de fierté. C'était aussi une famille. C'était peut-être ça le plus dur à avaler. Tsunami le voyait dans la façon dont les épaules de son grand-père se détendaient quand il discutait avec ses voisins, dans la façon dont sa grand-mère souriait en préparant le thé, même dans la façon dont Izumi parlait de ses camarades de classe avec des yeux brillant d'enthousiasme. Les Uchiha étaient coincés, froids et durs, mais ils étaient une famille. Ils prenaient soin les uns des autres. Ils faisaient passer les leurs avant tout le reste. N'était-ce pas rassurant, dans ce monde si violent, d'avoir des gens dont vous pouviez être sûr du soutien ? Est-ce que ce n'était pas précieux ? Oui, Tsunami voyait pourquoi Hideyoshi était fier d'être Uchiha. Il était fier de faire partie de l'élite, mais il était aussi fier d'être aimé de façon aussi féroce et inconditionnelle. Les Uchiha s'aimaient les uns les autres, et se protégeaient les uns les autres. Quand on le voyait comme ça, c'était beau. Tsunami en ressentait presque de l'envie.
Parce que… La vérité, c'était qu'elle ne faisait pas vraiment partie de cette famille. Peut-être que si elle avait fait un effort, si elle avait vraiment voulu, elle aurait pu. Mais elle s'était toujours tenue à l'écart, et à présent l'habitude était ancrée en elle et dans les membres de son entourage. Tsunami portait le nom Uchiha, mais elle n'en faisait pas vraiment partie. Elle l'avait voulu, parce qu'elle ne voulait pas être liée à la conspiration qui les ferait massacrer, parce qu'elle avait instinctivement refusé que quiconque essaie de combler le vide laissé dans sa vie par la mort de son père, ou simplement parce qu'elle était attachée à sa liberté.
Mais parfois, elle les enviait. Elle enviait leur confiance, leur proximité, leur amour. Elle avait Izumi, Mama, Iruka, Shisui, Yūgao : mais parfois elle se sentait si horriblement seule. Elle aurait voulu être aimée et entourée par une vaste famille qui lui donnerait l'impression d'être en sécurité. Mais elle ne pouvait pas. Elle ne pouvait pas s'impliquer. Elle ne pouvait pas s'attacher.
Elle ne pouvait pas les sauver.
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…
Yep. Triste, je sais.
Quand elle a lu ça, ma Bêta a immédiatement suggéré de sauver le clan en assassinant Itachi par… Bombe à paillette dans les chiottes. On attend qu'il soit dessus et PAN !
J'étais morte de rire xD
Enfin bref, j'espère que ça vous a plu, et à la semaine prochaine pour la suite !
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