Merci pour vos reviews, je sais que je vous torture mais ça va aller, croyez-moi sur parole (même si ça n'empêchera pas mon sadisme cela étant ;)

Jess, don't worry they're gonna be okay ;)

En plus, je sens que ce chapitre va être purement jouissif pour tous les shippers :p

Et on reste sur l'affaire mais comme vous l'aurez compris, je l'ai coupé en deux chapitres, donc voici la 2eme partie (qui sera bien moins longue que cette première, la torture finira rapidement, ne vous inquiétez pas... ou pas)


Henry débarqua à la boutique avec Alice. En voyant les deux arriver, Abe en sursauta. Surtout que la jeune femme ne portait que la veste d'Henry.

- Mais enfin qu'est-ce ça veut dire – rouspéta-t-il ?

Henry conduit Alice jusqu'à l'étage.

- Il y a les vêtements de la NYPD dans mon placard, prends-en un et prends tout le temps qu'il te faudra pour prendre une douche. Il y a une salle de bain dans ma chambre.

Abe les arrêta avant qu'ils n'aillent plus loin.

- Wow wow ! On se calme ! D'abord, Henry, tu m'expliques et tu me présentes.

Henry se pinça les lèvres

- Excuse-moi, c'est l'adrénaline

Abe haussa un sourcil. Il dévisagea la jeune femme et décida qu'elle ne lui plaisait pas. Mais il fit comme si de rien n'était.

- Je te présente Alice Logan ! Le docteur qui travaille avec nous sur l'affaire Widmiller.

- Okay ! Et pourquoi elle porte ta veste ?

Alice regarda Henry. Ce dernier lui sourit et posa sa main dans le creux de son dos pour la rassurer. Abe n'aimait pas cette tournure, mais alors vraiment pas.

- Ne t'inquiètes pas ! Abe connaît tout de moi donc cela ne le choquera pas.

Abe croisa ses bras

- Henry qu'est ce qui se passe ?

Henry prit une profonde inspiration

- Voilà ! Il se trouve qu'Alice est comme moi ! Elle est immortelle.

Abe se retint de lever les yeux au ciel. Il venait d'en boucler un qui lui avait cherché des noises pendant un an et voilà qu'il remettait ça, tout simplement parce qu'il s'agissait d'une minette.

Abe commença à lui tourner autour et lui demanda

- Quel âge avez-vous ?

- Abe ! – gronda Henry

Ce dernier ignora les protestations de son père et attendit la réponse d'Alice. La jeune femme fut un peu surprise, mais elle ne voyait aucun mal à le partager.

- Euh, j'ai 120 ans…

Abe se retint de rigoler nerveusement. Bon, au moins celle-ci était plus jeune que son père et peut être qu'elle n'aurait pas de petites idées suicidaires, mais ça, personne ne pouvait s'en assurer.

Il regarda son père. Il fallait qu'il lui parle. Il regarda Alice et fit un grand sourire.

- La chambre d'Henry est sur la droite dès que vous arrivez ! Prenez votre temps !

- Merci bien !

Quand Abe fut certain qu'elle était hors de vue, il se retourna vers son père et le fusilla du regard. Henry l'aurait parié.

- Quel est le problème Abraham ?

Abe se demandait s'il le faisait exprès

- Attends, tu t'entends ? Tu rencontres la nana il y a trois jours et tu le dévoiles ta condition directement, sans réfléchir et tu oses me demander quel est le problème ? Et d'ailleurs, qu'est-ce qui te prouve qu'elle est immortelle ?

Henry se sentit insulté

- Quoi ? Est-ce que tu crois que je m'amuserais à raconter des bobards juste dans le but de faire en sorte qu'une fille s'intéresse à moi ?

Abe le regarda longuement. Henry savait que c'était un mauvais exemple et continua.

- Bref ! Oui, c'est la vérité ! Elle était avec moi quand elle s'est fait frappé par un camion. On était près du East river et c'est aussi son point de retour.

- Tu es sûre que ça prouve quelque chose ?

- Abe, enfin ! Je l'ai vu de mes propres yeux ! Et elle n'aurait jamais pu survivre ce crash… Jamais !

Abe n'allait pas remettre en doute sa parole, mais quelque chose ne tournait pas rond.

Henry continua, d'un air rêveur

- Et on a décidé de se voir plus souvent, même quand l'affaire sera terminée.

Abe l'avait senti venir. Son père était un véritable idiot.

- Cool pour toi !

Il leva les yeux au ciel et s'apprêta à rebrousser chemin, mais Henry lui emboîta le pas

- C'est tout ce que tu as à dire ?

- Qu'est ce que tu veux que je dise de plus ? Tu rencontres une fille, elle te dit qu'elle est immortelle et d'un coup tu décides d'être son petit copain parce qu'elle te dit qu'elle va vivre éternellement, tout comme toi.

Henry ne comprenait pas

- Et alors ? Je ne vois pas où est le mal là dans.

Abe crut qu'il allait le passer au broyeur ! Ce n'était pas possible d'être aussi aveugle et débile. Pas quand on avait vécu 200 ans.

- Tu ne vois pas ce… oh, mais c'est pas vrai ! Ça fait un an que tu connais Jo, un an que tu lui tournes autour et tu n'as même pas été fichu de lui avouer ton secret. Tu rencontres une qui a la même condition que toi et ça y est tu te sens pousser des ailes. Allo, ça tourne pas rond dans la caboche.

Henry s'énerva

- Dis donc, tu pourrais éviter de me faire des remarques ! Tu n'es vraiment pas bien placé pour ça.

Abe se sentit blessé. Il se mordit l'intérieur de la bouche.

- Non bien sûr ! Après tout, je n'ai pas couvert tes arrières pendant 60 ans.

Henry gesticula

- Ce n'est pas ce que j'ai voulu dire...

- Mais tu l'as dit quand même ! Réfléchis un peu à ce que tu vas faire, Henry ! Réfléchis bien ! Te mets tu en couple avec cette femme parce qu'elle t'attire vraiment et tu peux me donner la preuve que tu finiras par tomber amoureux d'elle ou que tu es en train de de l'être ou bien tu sors avec elle, juste parce que tu as appris qu'elle et comme toi et que ce n'est qu'une question d'intérêt, pour t'éviter de faire face à Jo ?

Henry fut incapable de répondre. Il ouvrit la bouche, mais rien n'en sortit. Abe tourna les talons.

- Quand tu reviendras sur Terre, tu appelleras le mec qui est mal placé pour parler.

Abe ne lui laissa pas l'occasion de répliquer. Henry ne comprenait pas la réaction de tout le monde. Alice était une femme sympa, qui les aidait dans l'affaire. En quoi le fait de sortir avec elle gênait tant que ça ? Entre lui et Jo, il ne se passait rien et puis il avait sans doute plus de chance avec une femme qui allait vivre éternellement et qui le comprenait, plutôt que devoir souffrir et subir la peine de l'âge et du temps qui passe.

Alice redescendit quelques minutes plus tard

- Est-ce que tout va bien ?

Henry lui fit un signe de la main

- Abe a un peu de mal à comprendre que je puisse sortir avec quelqu'un si tôt après l'avoir rencontré, mais comme tu l'as dit, je pense que le destin nous a conduits vers l'autre alors je compte profiter de cette relation.

- Tant mieux alors et moi aussi. Hâte de connaître un peu plus sur mon copain immortel.


Quelques jours après, Jo n'avait pas oublié son cœur brisé et de voir Alice et Henry travailler main dans la main, lui mettait tellement la rage, qu'elle préférait ne plus adresser un mot à l'un ou à l'autre. Elle parlait très peu à Henry ou juste quand elle apprenait quelque chose de nouveau.

Lucas ne s'était pas gêné pour faire une leçon de morale à Henry quand ni Jo ni Alice n'étaient dans les parages, en lui disant qu'il n'avait pas de cerveau pour un homme aussi intelligent et qu'il ferait mieux de faire attention avec qui il sortait, qu'une femme tenait énormément à lui.

Comme très souvent, il s'était pris un vent et Henry lui avait clairement dit de s'occuper de ses affaires et d'arrêter d'interférer dans ce qui ne le regardait pas.

Cette dispute avait conduit Lucas à prendre des jours de congés après avoir dit à Henry qu'il était vraiment mesquin par moment et qu'il en avait assez d'être un bouc émissaire.

Henry s'était vraiment senti mal. Entre Abe qui le regardait à peine à la boutique, Jo qui ne lui disait même plus bonjour, Lucas qui l'envoyait littéralement chier. Il commençait à se sentir abandonné, et tout ça parce qu'il sortait avec un autre docteur ? Ils étaient tous ridicules et cela n'empêcha pas Henry de continuer de traîner avec Alice, au contraire, il semblait qu'il n'y avait qu'elle qui existait désormais.

Mais du coup, l'affaire n'avançait presque pas ou à peine. Jo avait complètement zappé de montrer les dessins à tout le reste de son équipe et pourtant, ils contenaient une information très capitale.

Ce fut une personne de l'entretien qui finit par trouver le dessin un soir et le déposa sur le bureau de Gates, qui le trouva au petit matin.

Elle ignorait depuis combien de temps ce dessin avait été fait, mais il semblait qu'il fallait agir rapidement, avant que quelqu'un d'autre ne soit blessé.

Elle sortit rapidement de son bureau et vit Jo qui avait la tête dans les mains, à deux doigts de s'arracher les cheveux. Elle déposa le dessin devant elle et Jo en sursauta.

- Sir !

- Je peux savoir depuis combien de temps ce dessin a été fait ?

Jo ravala sa salive ! Ses histoires de cœur lui avaient accaparé la tête et elle avait complètement oublié ce détail. Elle se leva lentement et haleta.

- Hum… Je suis vraiment désolée Sir, je… Toute cette histoire m'a…

Gates la coupa

- Depuis combien de temps, Jo ?

Elle se mordilla la lèvre

- Depuis cinq jours !

Soit depuis qu'Henry et Alice avaient commencé à sortir ensemble. Gates ferma rapidement les yeux. Elle ne pouvait pas s'énerver après Jo, son petit cœur avait été brisé et une femme amoureuse n'avait jamais les idées claires.

Elle tenta d'y aller en douceur. Hanson avait entendu la dernière partie de la conversation et écoutait d'une seule oreille.

- Alors depuis cinq jours, April s'est pratiquement avoué comme responsable du meurtre via des dessins très précis traçant tout ce qui s'est passé et vous n'avez rien dit ?

Jo n'aimait pas trop se faire remonter les bretelles de la sorte. Elle s'était laissé distraire par une histoire futile, pour trois fois rien au final.

- J'ai été stupide Sir ! Ça ne se reproduira plus… Mais j'ai du mal à croire à cette idée.

Gates la regarda d'un air interdit

- Jo ! Je ne remets pas en cause vos talents de détective, mais quand vous êtes partie l'interroger il y a cinq jours, elle était sobre, n'est ce pas ?

Jo hocha la tête

- Ce qui signifie qu'elle savait parfaitement bien ce qu'elle faisait ! Je suis désolée. Elle a dessiné en détail s'être servie de l'arme et avoir abattu Aiden. D'après ce que je vois, on l'avait emmené au théâtre en fin de soirée, avant de la ramener au centre. Elle a fait croire qu'elle avait envie d'aller aux toilettes, elle est sortie par-derrière et elle a abattu Aiden. Je ne vois pas ce qu'il y a de difficile là dans.

Hanson s'avança un peu plus vers les deux femmes et demanda

- Alors c'est officiel, il faut qu'on l'arrête ?

Gates allait répondre, mais Jo insista

- Mais Sir, nous n'avons trouvé aucune arme lorsque nous sommes partis fouiller chez elle. Rien du tout ! Henry n'a jamais confirmé qu'elle était la responsable et Dr Logan, nous a dit qu'elle n'en serait pas capable.

Gates se pinça les lèvres. Hanson tenta.

- Jo ! On ne sait pas ce qu'une personne atteinte de démence peut faire. Elle-même ne le sait pas.

Elle regarda son collègue avec des éclairs pleins les yeux

- On ne peut pas l'arrêter sans l'arme du crime.

- Mais ce dessin nous suffit Jo – répliqua Gates – c'est pratiquement une mise en scène de ce qui s'est passé. Les détails sont bien trop précis.

Juste au même moment, Henry et Alice arrivèrent dans le bureau et virent le petit groupe autour de Jo et ils surent qu'ils avaient raté quelque chose.

- Qu'est-ce qui se passe ? – demanda Alice

Jo soupira en la voyant et se décala lorsqu'elle s'approcha bien trop près d'elle.

Gates lui montra le dessin et Alice fronça des sourcils

- Attendez une seconde, vous êtes en train de me dire qu'April aurait finalement tué Aiden ?

Henry n'y croyait pas non plus

- Quoi ?

Il passa derrière Alice et lui prit le dessin. Jo croisa ses bras et regarda ailleurs, ou sinon quelqu'un allait encore servir de punching-ball.

Henry ne pouvait renier le fait que les détails de la reproduction du meurtre étaient plus que précis. Assez précis pour que cela passe devant un juge et qu'il envoie April derrière les barreaux.

Il échangea un regard avec Alice

- Est-ce qu'elle est vraiment partie au théâtre ce soir-là ?

Alice réfléchit longuement et claqua des doigts

- Maintenant que je le vois ! Oui ! Mais ce n'était pas moi qui l'y avais conduit. Elle avait insisté pour voir la pièce, car elle avait entendu qu'Aiden y serait. Je pensais qu'elle l'admirait comme beaucoup de personnes, mais étant donné qu'elle a un certain passé avec les hommes…

Elle n'en dit pas plus. Gates n'aimait pas trop la façon dont Logan avait de cacher des choses, bien qu'elle comprît parfaitement que cela était dû au secret professionnel. Mais dans toute bonne enquête, il fallait considérer toutes les options.

Jo demanda alors d'une voix sèche

- Qui était la personne chargée de la conduire ce soir-là ?

Alice prit son cellulaire et consulta son agenda d'où elle mettait l'horaire de chaque personne qui devait prendre la relève pour April lorsque ce n'était pas son tour.

- Une auxiliaire qui s'appelle Tina ! Mais elle n'en a pas parlé. Et j'avoue, je ne vois pas April avoir fait ça, ça me paraît insensé.

- Au moins une chose sur laquelle on est d'accord – bougonna Jo

Alice la regarda et regarda le lieutenant ainsi que les deux autres

- Que voulez-vous qu'on fasse lieutenant ?

- Jo m'a dit que sans l'arme du crime, on ne peut pas l'arrêter, mais le dessin, si je le donne au juge, il n'hésitera pas, c'est moi qui vous le dis.

Henry dut réfléchir à une solution moins drastique. Tous étaient conscients qu'à cause de la confession d'April, ils ne pouvaient la laisser dans la nature, sous peine qu'elle puisse recommencer mais quelque chose ne tournait pas rond dans cette histoire et personne n'arrivait à mettre la main dessus.

Alice finit par dire

- J'ai peut-être une solution… Ça ne va pas plaire à tout le monde et moi la première, croyez-moi que ça m'envoie désolée d'y penser. Mais puisque c'est la loi de mettre quelqu'un qui a confessé un meurtre, derrière les barreaux, je me dis que pour l'instant, on pourrait l'arrêter et continuer nos recherches ? Parce que je suis d'accord avec le détective Martinez, ça ne fait pas de sens. Et si jamais, la famille Widmiller apprend ce qui s'est passé et qu'ils s'en prennent à April en pensant qu'elle est responsable, ils vont peut-être chercher à se venger.

Gates la regarda

- Je n'ai pas eu écho d'antécédentes de violence de la part de cette famille ?

Alice allait répondre, mais Henry le fit à sa place, ce qui mit les nerfs de la belle Hispanique à vif

- Ils en ont eu. Il y a quelques années et d'après ce que je sais, certains ont fait des petits séjours en prison.

Hanson approuva

- C'est tout à fait vrai ! Pas longtemps, mais même chez les riches, on ne sait pas se tenir parfois.

Gates laissa alors passer. Elle n'était pas au courant de toutes les affaires qui se passaient chez ses concurrents.

- À mon humble avis, on devrait essayer ça. April n'opposera aucune résistance et nous aurons une façon de la protéger dans les locaux de la NYPD au moins – affirma Alice.

Jo ne put se retenir cette fois et se plaça face à Alice, qui avait une tête de plus qu'elle. Henry se trouvait entre les deux et chacun sentait l'effusion arriver entre les deux femmes.

- Dans le cas où vous n'êtes pas au courant, dans les locaux de la NYPD on est autorisé à garder des personnes seulement 48h, ça s'appelle une garde à vue. Pour tous ceux qui ont un verdict ou qui sont apparemment coupables, basée sur un simple dessin, la prison n'est pas ici et c'est le juge qui décide d'où la personne ira. Nous ne pourrons pas la surveiller comme vous dites. Elle devra être avec d'autres personnes, qui n'ont certainement pas la pathologie qu'elle a et qui auront encore moins de patience que cette chère famille Widmiller.

Alice trouva sa réaction tellement exagérée

- Je ne dis pas le contraire détective !

- Alors pourquoi est-ce que vous, en tant que sa psychiatre, vous voulez la mettre derrière les barreaux ? Si vous êtes persuadée qu'elle n'a rien fait de mal ? Dans ce cas, expliquez-nous, pourquoi elle s'est dessinée elle-même comme coupable et comment on peut la sortir de ce pétrin ?

Alice fit un pas, de sorte à paraître encore plus grande que Jo, mais cette dernière ne se laissa pas impressionner. Henry regardait les deux femmes tour à tour, d'un air affolé.

- Je n'ai pas d'explication à vous donner ! Mais je tiens à April ! C'est ma patiente et je ne veux que son bien ! La laisser dans la nature risquerait de nous retomber dessus à tous et là le juge pourrait décider de l'envoyer en taule pour de bon, sans qu'on puisse s'expliquer. On a l'occasion de continuer de chercher des preuves et voir comment elle aurait pu en arriver là, mais pour ceci, il faut qu'elle soit protégée pour éviter davantage d'ennuis.

Henry tenta

- Alice a raison, Jo ! Par rapport au juge qui pourrait prendre une décision dont on ne pourrait pas faire appel.

Jo n'arrivait pas à croire avec quel toupet il prenait la défense du docteur.

- Si vous teniez réellement à elle, vous n'auriez pas ce genre de réaction égoïste ! Sans arme du crime, cette femme n'est pas responsable, même si un fichu dessin prouve le contraire. Sans arme, il n'y a rien ! Sans empreintes, il n'y a rien !

Alice remarqua le rouge aux joues de Jo. Elle regarda Henry et vit que ce dernier regardait ses pieds. Alice fit un petit sourire carnassier.

- Dis donc détective, vous ne seriez pas en train de chercher des excuses pour m'écraser, pour la simple et bonne raison que je sors avec Henry et que malheureusement, votre chance vous est passée sous le nez ?

Même Henry sut que c'était la parole de trop. Hanson se disait qu'il ne valait mieux pas rester dans les parages. Gates voulut éviter un carnage.

- Mesdemoiselles ! – prévint-elle

À présent, presque tout le commissariat regardait la scène. Jo avait senti sa bouche se tordre au moment où les mots avaient franchi les lèvres d'Alice. Elle fit un sourire forcé et fit mine de laisser tomber l'argument.

Elle se retourna et fit un demi-tour avant de décocher un coup de poing dans la mâchoire d'Alice, qui en retomba, sonnée !

- Jo ! –crièrent en cœur les trois autour d'elle

Mais la jeune femme n'entendait rien et se jeta sur Alice

- Sale petite conne !

Jo était au-dessus d'elle et lui donna des coups de poing, mais Alice riposta en la giflant, très vite elles se retrouvèrent à s'arracher les cheveux et Gates qui pensait qu'elle avait déjà vu pire dans sa vie. Cela dépassait l'entendement.

Henry tenta de s'interposer, mais les filles étaient bien trop enragées pour qu'il parvienne à en maîtriser une.

Gates partit dans le bureau et revint. Elle tira deux coups dans le plafond et les deux femmes s'arrêtèrent.

- Je vous préviens, si je revois encore une scène de la sorte, je vous dégage toutes les deux et Jo vous repartez chez vous sans le moindre préavis. Quant à vous Dr Logan, je vous éjecte de l'affaire si jamais vous décidez de provoquer un détective une nouvelle fois. Est-ce que c'est clair ou vous avez besoin d'une explication supplémentaire ?

Les deux femmes hochèrent la tête. Ni l'une ni l'autre n'était belle à voir. Alice avait un bleu énorme sur la joue et la lèvre éclatée. Jo avait des marques de griffures sur le visage, mais elle s'en sortait tout de même mieux. Leurs cheveux étaient en bataille et c'était un véritable combat de coqs auquel tout le monde venait d'assister. Henry avança derrière Jo, pour tenter de l'éloigner d'Alice, mais cette dernière le repoussa.

- Toi, tu ne me touches pas ! T'es qu'un pauvre con et tu me les casses ! Va te faire foutre Henry et laisse-moi tranquille ! Ne pense même pas à m'adresser la parole.

Hanson sut ce que c'était là pour lui moment d'agir. Henry ne savait même plus quoi dire tellement il était en train de se faire insulter. Hanson attrapa Jo par les hanches et la sortit du bureau avant qu'elle ne finisse par enflammer tout le monde. Surtout que Gates les surveillait du coin de l'œil. Hanson lui dit.

- On va aller voir le juge et expliquer la situation pour April, on amène le dessin et on verra bien ce qu'il nous dit.

Gates hocha la tête et rentra dans son bureau. Se disant qu'elle en avait vu assez pour aujourd'hui. Elle espérait que ce n'était pas tout le temps comme ça.

Henry regarda Alice et lui mit une rapide compresse sur la lèvre

- Je suis désolé de ça… Jo… Jo n'est pas violente en général, mais là je pense que cette affaire lui donne trop de pression.

Alice le regarda

- À mon avis; il n'y a pas que ça.

Henry ne comprit pas

- Laisse ! Viens, on va continuer d'étudier l'ancienne affaire pour voir si quelque chose pourra nous aider par rapport à April. Quand les deux autres seront revenus, ils vont pouvoir nous raconter ce que le juge a décidé et quels vont être les prochains plans.

- Tu ne lui as jamais dit la vérité sur toi, n'est-ce pas ? – demanda Alice, quand ils étaient assis tous les deux dans la morgue, devant le corps d'Aiden, sans vraiment travailler.

Henry savait parfaitement bien qu'elle parlait de Jo.

- J'ai essayé ! Mais le temps ne joue pas en notre faveur.

- Et il se passe quoi entre vous exactement ? Que je sache à quoi m'attendre, parce qu'elle l'a vraiment eu en mauvaise… Tu aurais peut-être dû me prévenir s'il y avait quelque chose.

Henry leva les yeux au ciel

- Il n'y a rien entre Jo et moi… Nous sommes amis et collègues ! C'est tout !

Alice n'était pas très sûre de ça au ton de sa voix, mais elle préféra ignorer. Peut-être que de toute façon si Henry sortait avec elle, c'est qu'il la trouvait à son goût. Elle lui fit une bise sur la joue.

- Sache que je suis très contente de partager cette condition avec toi et je suis sûre que toi et moi, on a encore tellement de choses à découvrir sur l'autre.