Merci à tous pour vos reviews. Étant donné que c'est le réveillon aujourd'hui (je sais que beaucoup ne vont pas lire ça avant l'année prochaine hahaha (bon je sais old joke, it's not even funny anymore) mais je poste quand même la dernière de l'année et j'espère que vous aimerez ce chapitre.

Bonne lecture !

Une toute petite référence aux épisodes 8, 16 et 20 (The ectasy of agony; Memories of murder, Best foot forward)


Pendant ce temps, Hanson avait entraîné Jo jusqu'à la cour pour qu'ils aient une discussion avec le juge et savoir ce qu'il allait décider, concernant cette photo.

Il était en plein procès donc Hanson fit parvenir le dessin pendant la pause et expliqua ce qu'il en était. Le dossier d'April y était joint. Le juge promit d'y jeter un œil dès que le procès serait terminé. En s'installant sur un banc, face à la salle d'audience, Hanson ramena un café pour Jo.

Elle le prit en marmonnant un vague merci. Hanson s'installa à ses côtés et elle sentit son regard sur elle.

- Quoi ? – demanda-t-elle sans se retourner

- Tu agis vraiment comme une imbécile ces temps-ci ! Faut te reprendre un peu ! Ce n'est pas dans tes habitudes tout ça.

Jo se disait qu'il pouvait éviter les commentaires déplacés.

- Je t'ai déjà dit à quel point tu étais mauvais pour donner des conseils ?

Hanson leva les yeux au ciel et pour la première éleva un peu la voix

- Jo ! Arrête de t'en prendre à tout le monde maintenant ! Tu n'as pas 15 ans. L'amour, ça fait mal et tout le monde le sait. Mais il va falloir que tu passes au-dessus de ça. Je ne défends pas Henry, je le trouve même complètement bête sur le coup… Parce que, même si je suis lent à la détente, tout le monde a bien vu avec quels yeux il passe son temps à te dévorer donc bon.

Jo n'y croyait plus trop de toute façon. Tout ceci n'était qu'un leurre. Il continua plus calmement.

- Mais pourquoi n'as-tu pas agi plus rapidement ? Henry est un bel homme, même moi je le vois et je suis parfaitement hétéro. Tu sais très bien que toutes les femmes vont tenter de mettre le grappin dessus et en plus tu sais que le bonhomme a un faible pour les blondes.

Jo n'avait vraiment pas besoin qu'on lui rappelle ce détail

- Je devrais peut-être me teindre en blonde dans ce cas là

- Ne sois pas si ridicule !

Un long silence s'installa entre les deux amis. Jo regarda ses ongles et finit par dire le fond de sa pensée.

- Si tu veux tout savoir, j'ai déjà essayé ! On est constamment interrompus et je n'arrive jamais à aller au bout de ma confession. Mais je pensais que cet idiot était assez malin pour s'en rendre compte et bouger ses fesses.

Hanson pouffa

- En tant qu'homme, je peux parler pour lui. On est complètement stupides quand il s'agit d'amour ! Je n'ai jamais été fichu de remarquer que je plaisais à Karen et elle avait fait comme toi, elle m'a lancé plein de signaux, mais moi je restais dans mon coin, jusqu'au jour où j'ai failli la perdre quand un de mes potes commençait à lui tourner autour. Je peux t'assurer que j'ai directement agi après ça.

Jo savait que c'était une façon typiquement masculine que d'agir ainsi.

- Je sais ! Quand je sortais avec Isaac, c'est là qu'Henry a réalisé que j'existais et j'ai cru qu'il allait me brûler sur place, tellement qu'il me fixait à notre soirée karaoké. Pour être honnête, je n'ai jamais eu de sentiments pour Isaac et même si je le voulais, je n'en aurais pas eu. Il n'était pas mon type et un peu trop sur sa personne. Gentil comme gars, mais Henry a une façon bien à lui de traiter les femmes et c'est ça que j'ai… Que j'apprécie.

Hanson la regarda d'un air sarcastique

- Je sais que tu l'aimes, Jo ! tu n'as pas besoin de faire des charades avec moi.

Elle ne s'était pas vraiment avoué la chose à elle-même et l'entendre de haute voix de la part de quelqu'un d'autre, provoqua une décharge sans son bas ventre.

Hanson lui frotta le bras

- Il finira par retomber sur Terre. Il se croit mordu, mais tout le monde voit bien que ce n'est pas le cas. Je pense que c'est une attirance physique.

- Comme avec Molly tu veux dire ?

Elle se rappelait qu'elle avait failli régurgiter un bon nombre de fois, même quand il était avec la dominatrice. Et pourtant, à ce moment, ses sentiments commençaient tout juste à apparaître… Ou étaient-ils déjà présents et elle ne s'en rendait tout simplement pas compte.

Hanson acquiesça.

- Je dois avoir le truc pour tous les surprendre en train de se rouler une pelle – marmonna-t-elle

Hanson l'observa longuement. Jo avait été folle amoureuse de Sean, mais Henry était en train de la consumer. Il la connaissait. Elle serait dévouée à l'homme qu'elle aimait jusqu'au bout. Et là son petit cœur saignait, mais elle n'arrêterait pas pour autant d'aimer Henry.

Il avait vu Jo tomber amoureuse de Sean, mais il n'avait rien vu pour Henry, peut être parce que ceci était arrivé si vite, pour l'un comme pour l'autre, qu'eux-mêmes ne l'avaient pas vu venir, et surtout pas Jo, sachant la peine dans laquelle elle était.

Il demanda

- J'ai une question à te poser ?

- Quoi encore ?

- Oh ! Arrête de râler ! À quel moment es-tu tombée amoureuse d'Henry ? Parce que Jo, je te connais et je ne sais pas comment je n'ai rien vu du tout !

Jo esquissa un sourire

- Tu es un homme, tu ne remarques pas ce genre de choses

- Je l'avais vu pour Sean !

Certes ! Mais Sean et elle se connaissaient depuis plus longtemps et ça n'avait pas été tout de suite non plus, mais il est vrai qu'avec Henry, il y avait eu cette étincelle depuis le début.

Elle n'était pas très sûre exactement, mais elle pensait avoir une idée du moment où pour la première fois, son cœur s'était accéléré et enflammé tel qu'il ne l'avait jamais fait depuis bien longtemps.

Elle fut sur le point de répondre quand un garde vint vers eux

- Détective Martinez, détective Hanson, le juge demande à vous parler maintenant !

Les deux détectives se levèrent et rentrèrent dans la salle dont le procès était maintenant terminé.

- Ah détectives ! Avancez-vous ! Je viens de regarder l'affaire que vous m'aviez confiée.

Hanson et Jo attendirent le verdict.

- C'est une preuve irréfutable. Elle s'est avoué être la meurtrière, mais j'ai une question, qu'en est-il de l'arme du crime ?

Jo trouva ici la parfaite opportunité

- On ne sait pas votre honneur ! On a cherché chez April et on n'a rien trouvé ! Donc, c'est pour ça, je me dis que cette affaire connaît plus.

Le juge regarda le dossier d'April, par-dessous ses lunettes

- Normalement, je suis censé la mettre derrière les barreaux. Elle a avoué ! Mais, j'ai vu qu'elle était atteinte de démence et il me semble qu'il y a une loi qui protège les personnes atteintes de maladies mentales dans des cas comme celui-ci. Sa pathologie peut la sauver de la prison et toutes les charges contre elle peuvent être relevées.

Jo souffla de soulagement. Au moins la bonne nouvelle de la journée. Hanson demanda.

- Mais ?

- Mais trouvez-moi quelque chose de solide ! Parce que sinon c'est elle que je mets en prison. Pour le moment, je vais tout de même la faire transférer dans une cellule surveillée et m'assurer qu'elle obtienne les soins nécessaires comme dans son établissement. Ce n'est qu'une mesure temporaire, le temps que vous soyez capables de me prouver que quelqu'un a manipulé son esprit de sorte peut être à ce qu'elle nous dessine un meurtre dans de tels détails !

Jo se disait que c'était toujours mieux que de la mettre dans une véritable cellule avec peut-être un ou deux prisonniers, complètement fous, qui pourrait la tuer à n'importe quel moment à cause de ce qu'elle avait.

Elle le remercia chaleureusement

- Merci beaucoup votre honneur ! Je… Nous ferons de notre mieux pour prouver son innocence !

- Le temps joue contre vous alors, faites-en sorte que cela marche.

De retour au 11, ce fut Hanson qui se chargea de résumer toute la situation à Henry et Alice, qui étaient à la morgue et qui avaient un peu relié l'affaire de James à celle d'April et ils rajoutèrent ce point commun quand Hanson leur précisa que le juge n'avait pas intérêt à l'arrêter à cause de sa démence. La raison qui avait sauvé James du bûcher 215 ans auparavant.

Jo avait fait part de ce qu'ils avaient appris à Gates. Cette dernière en avait profité pour lui demander si elle était calmée et elle l'avait rassurée en lui disant que son prochain objectif ne serait que de rendre à April une certaine liberté et de trouver qui pouvait la manipuler ainsi.

April fut donc transférée dans une cellule surveillée, qui était dans un établissement type maison de redressement, mais sans la correction qui allait avec. C'était un établissement qui était là, pour les cas comme April, qui avaient une chance d'être innocentés de crimes et qu'il fallait des bons détectives ou des bons avocats pour réussir à les sortir de là.


15 jours passèrent et l'affaire traînait en longueur. Chacun y mettait du sien. Alice faisait le tour de Bellevue pour tenter d'avoir des infos et savoir qui aurait pu jouer un tour à April.

Jo commençait à désespérer, mais elle avait le soutien de ses collègues et il semblait que le juge était assez clément et leur laissait du temps pour trouver le vrai coupable.

Jo était retournée plusieurs fois à la cellule d'April et avait tenté quand elle était sobre, de lui décrire avec précision ce qui était arrivé à Aiden et de retracer sa journée. Elle dessinait toujours et encore la même chose, qui était sa sortie au théâtre et finalement, le coup de canon fatal pour Aiden.

Un jour maussade, où ils étaient tous réunis autour du bureau de Jo, Henry y compris, même si les deux ne s'adressaient que très peu la parole, ce fut Alice qui arriva en courant, avec un dossier à la main, faisant sursauter tout le monde.

- Ça y est ! Je crois que j'ai trouvé qui a tué Aiden ! Et j'ai toutes les preuves ici !

Hanson, Lucas et Jo dévisagèrent Alice. Henry fut naturellement le premier à se lever et regarda le dossier. Gates avait tout entendu depuis son bureau, et s'appuya contre l'embrasure de la porte, pour entendre leurs théories.

- Dr Felix ? – demanda Jo – le médecin qui suit April ?

Alice hocha vivement la tête

- Exactement ! Il faut dire qu'il a toujours eu un sale comportement envers elle. Il n'arrête pas de répéter qu'elle est folle et qu'elle ne guérira jamais et qu'un jour, elle finirait par tous nous tuer.

Lucas n'était pas bien sûr de comprendre et il n'était pas le seul

- Mais comment aurait-il pu faire en sorte qu'elle soit responsable ?

- J'ai la réponse à cette question – continua Alice – je ne l'avais pas noté dans mon agenda, mais le jour où April était au théâtre, elle n'était pas accompagnée que de son auxiliaire. Dr Felix y était également, car il voulait s'assurer qu'elle n'allait pas faire une crise pendant la représentation. Ce jour-là, j'ai eu un empêchement, parce que je suis celle responsable de lui donner sa médication, donc il a pris ma place.

Henry approuva la théorie

- Ça fait du sens

Jo avait l'impression que le légiste dirait oui à tout et n'importe quoi venant de la bouche d'Alice. Elle préféra chasser cette pensée de sa tête, car elle ne voulait vraiment pas en savoir plus, encore moins se l'imaginer.

- Mais et pour l'arme alors ? – demanda Hanson – il me semble qu'on n'était pas capable de retrouver le permis, ni rien d'autre.

Jo arracha le dossier des mains d'Alice et le parcourut rapidement

- Si vous me dites que ce mec a le permis qu'on recherche depuis deux semaines…

Alice fit un large sourire et secoua un papier sous leur nez

- Il l'a !

Henry lui demanda

- Où as-tu trouvé ça ?

Tout le monde regarda alors le docteur avec des yeux ronds, y compris Gates, depuis son bureau.

Alice leur expliqua

- Dans notre base de données de Bellevue. Chaque docteur qui a un permis d'arme ou qui en possède une doit la déclarer et remplir un dossier. Malheureusement, il semblerait que Felix ait oublié de la déclarer officiellement au nom de la loi.

Henry se rappelait très bien qu'il avait dû remplir un formulaire qui stipulait si oui ou non il avait un permis d'arme, lorsqu'il avait visité Adam, la première fois. Cela semblait être une politique envers chaque docteur. Une précaution, ce qui pouvait se comprendre.

Lucas avait rapidement effectué des recherches sur son téléphone et confirma donc ce qu'Alice venait de dire.

- Qu'est ce qu'on fait ? – demanda Hanson

- Eh bien, la solution est simple, non ? – répondit Alice – c'est lui qu'on doit arrêter.

Henry se frotta le menton

- J'aimerais bien retracer toute la soirée quand même !

Jo répondit. C'était quasiment la première fois qu'elle adressait la parole au légiste en 15 jours.

- On n'aura qu'à lui demander, une fois qu'on l'aura ramené ici. Est-ce qu'au moins on est sûrs qu'il possède l'arme dont on a besoin ?

Alice passa le formulaire à Jo sur lequel il était clairement écrit « Chamelot-Delvigne , 1873 ».

Cela emboucha tout de même un coin à la détective, mais elle devait reconnaître que l'aide d'Alice avait été précieuse pour le coup.

Gates s'avança vers tout ce petit monde

- Alors si ce Dr Felix est derrière tout ça et qu'injustement April est en train de payer à sa place, il faut aller le chercher et lui faire cracher ses boyaux.

Henry se permit

- Si nous retrouvons l'arme chez lui, je vais procéder une analyse d'empreinte. Si elle revient positive, je pense que nous n'aurons pas trop besoin de nous fatiguer avec les détails.

Gates fit simplement un signe de tête. Alice regarda Henry avec des yeux doux. Elle lui prit la main. Jo ne pouvait toujours pas cacher le fait qu'elle n'était pas affectée.

Hanson tapa dans ses mains

- Bon alors on y va tout le monde !

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Alice leur avait donné les horaires de travail de Felix et ils choisirent donc de le surprendre chez lui, plutôt que de le faire en plein sur son lieu de travail où il risquait de blesser certaines personnes, y compris les malades.

Hanson était devant, Jo suivait de près derrière. Alice et Henry étaient à l'écart.

- Est-ce qu'on défonce la porte ou on reste civilisés ? – demanda Hanson, qui avait bien besoin d'un peu d'action.

Jo pencha sa tête sur le côté

- Un peu de civisme Mike, enfin ! On frappe gentiment et s'il n'ouvre pas, on défonce.

Henry haussa un sourcil

- C'est ça que tu appelles civisme ?

- Garde tes commentaires pour toi s'il te plaît ! – répondit Jo d'un ton sec

Alice leva les yeux

- Oh ! c'est bon ! Continuez comme ça et il va nous filer sous le nez !

Hanson s'introduit

- Dr Felix Ward ! Ouvrez la porte, NYPD ! Nous avons un mandat d'arrêt contre vous !

Le seul bruit de la porte arrière leur fit comprendre que leur suspect venait de se faire la malle.

Jo souffla

- Eh bah voilà ! Toi qui voulais de l'action ! Paré pour un peu d'adrénaline ?

- Besoin de demander ?

Les deux détectives déambulèrent dans l'arrière-cour où leur suspect était déjà d'ores et déjà en train de prendre la fuite.

Henry regarda Alice

- Toi et moi, il faut qu'on retrouve ce pistolet ! Mets des gants ! Prends l'étage, je me charge de regarder le rez-de-chaussée !

- Compris !

Ils partirent chacun d'un côté et commencèrent à fouiller la maison de fond en comble.

Hanson avait réussi à plaquer le docteur au sol et lui mettait les menottes

- Vous êtes en état d'arrestation pour le meurtre d'Aiden Widmiler. Tout ce que vous pouvez dire sera retenu contre vous et si vous n'avez pas d'avocat, nous vous en fournirons un d'office.

Felix leva les yeux au ciel. C'était bien sa veine. Jo le regarda et ajouta.

- Vous allez avant devoir répondre à quelques questions, à savoir pourquoi vous avez fait en sorte que votre patiente, April Hadfield, s'avoue elle-même responsable d'un meurtre qu'elle n'a pas commis. Croyez moi que ça ne va pas faire joli dans votre CV.

Le docteur ne répondit pas et se contenta de leur lancer un regard noir. Hanson savait que lorsqu'ils ne parlaient pas, c'est qu'ils étaient coupables. Il avait hâte d'entendre sa version des faits, mais cela ne ferait sans doute pas long feu devant un jury.

Pendant qu'Hanson embarquait le docteur dans la voiture, Jo retourna dans la maison, espérant sincèrement ne pas y trouver Henry et Alice en train de se bécoter. Elle devait déjà subir, elle n'avait vraiment pas besoin de plus.

En rentrant, elle vit qu'Henry était penché, les fesses en l'air en train de regarder dans un placard. Elle fut complètement figée par la vue, parce qu'il pouvait être en couple, cela ne l'empêchait pas de laisser traîner ses yeux... Même si son cœur était en miettes depuis deux semaines, son désir pour lui était toujours aussi fort et si elle n'était pas aussi en colère, elle lui aurait directement sauté dessus à le voir dans une telle position.

Elle sentit ses joues s'empourprer. Elle avança vers lui et lui demanda d'une voix à moitié éraillée.

- Qu'est ce que tu fais ?

Il se cogna la tête en voulant se lever

- Ouch !

Il se frotta le front et regarda Jo d'un air interrogatif

- Je cherche l'arme en question !

La jeune fille se retint de rire et regarda autour d'eux

- Je vois ! Ça ressemblait plus à une fouille archéologique ton affaire, mais enfin. Où est ta copine ?

Henry sentait bien le sarcasme dans sa voix.

- Elle est partie chercher à l'étage.

- Parfait ! Je vais aller lui donner un coup de main ! Mike est en train de surveiller notre suspect !

Avant qu'elle ne monte, Henry la retint. Sa main sur son bras parsema son corps de frissons. Cela faisait un moment qu'ils n'avaient pas été si proches.

- Euh, vous n'allez pas vous entretuer comme la dernière fois, n'est-ce pas ?

Elle finit par retirer rapidement son bras et le regarda de travers

- Je sais rester professionnelle quand le moment le veut ! Dans une si grande maison, un coup de main supplémentaire ne fait pas de mal.

Elle secoua la tête et monta. Elle regarda dans chaque pièce où Alice était déjà passée. Elle les avait retournées dans tous les sens.

Elle entendit du bruit qui provenait d'une pièce qui devait être un bureau et elle vit Alice, debout près du bureau, elle fouillait dans un tiroir.

- J'espère qu'avoir mis toutes les pièces de l'étage, sens dessus dessous, aura servi à quelque chose – certifia Jo, en rentrant dans la pièce

Alice ne l'avait pas entendue et sursauta en la voyant arriver vers elle, surtout avec son arme dans la main. Elle se demandait si la détective allait lui tirer une balle dans les fesses pour en finir une bonne fois pour toutes.

- Vous avez trouvé quelque chose ? – demanda Jo, en restant à peine à une distance raisonnable d'Alice, sans doute dans le but d'agir si elle tentait de lever la main sur elle.

Alice ressortit l'arme en question, en la tenant par la gâchette et les gants. Jo l'attrapa à son tour et l'examina.

- Est-ce que c'est ça ?

- Ça a l'air que oui !

Jo sortit du bureau en premier. Alice lui emboîta le pas et elles descendirent l'une à la suite de l'autre, pour retrouver Henry dans le salon, qui avait les cheveux tout ébouriffés.

- Henry ! Est-ce que c'est ça ? – demanda Jo quand elle tendit l'arme à l'immortel.

Il la prit délicatement et affirma

- Oui ! Il s'agit bien d'un Chamelot-Delvigne. Il n'y a pas de doute.

Il regarda la fente et la taille des balles qui pouvaient y rentrer

- C'est bien l'arme du crime et je pense que nous tenons officiellement notre tueur.

Les deux femmes soupirèrent. Au moins, une chose de faîte et April pourrait retrouver sa vie normale à Bellevue.

En retournant au 11, Henry descendit rapidement à la morgue pour faire l'analyse des empreintes de Felix, mais il ne doutait pas du tout que c'étaient bel et bien les siennes qu'il allait trouver.

Pendant ce temps, Jo et Hanson, avec Gates qui regardait au travers la vitre, accompagnée d'Alice, en profitaient pour interroger le Docteur Felix, par simple question de routine, mais ils étaient certains de tenir leur gars.

- Vous avez fait du bon travail Dr Logan – complimenta Gates

La jeune femme sourit et la remercia

- J'ai toujours su que quelque chose ne tournait pas rond avec ce docteur. Il ne s'occupe pas si bien d'April et il a toujours quelque chose à lui reprocher.

- Grâce à votre bon coup de main, l'équipe de la NYPD a pu arrêter le bon meurtrier et la famille Widmiller arrêtera de me passer des coups de téléphone, H24. Et vous allez sûrement être officiellement la psychiatre et à la fois, le médecin d'April.

Alice acquiesça. À l'origine c'était ce qui était prévu pour elle, le temps de trouver un autre médecin. Elle avait également cette formation. Vu son immortalité, de la même façon qu'Henry, elle possédait assez de compétences pour faire un peu ce qu'elle voulait.

Dans la salle d'interrogation :

- Notre légiste est en train de prendre vos empreintes sur l'arme Chamelot-Delvigne, qui vous a servi pour le meurtre d'Aiden Widmiller. – confia Jo – à mon avis, cela ne prendra pas longtemps pour le confirmer, mais on aimerait savoir, première question, pourquoi avez-vous fait passé April pour la meurtrière et comment avez-vous fait pour autant lui laver le cerveau que même sobre, elle se confesse ?

Le docteur regarda les deux détectives tour à tour et décida de jouer au roi du silence.

De toute façon, il était cuit alors Jo et Hanson avaient tout leur temps, mais ils souhaiteraient avoir des réponses.

- Soit ! – continua Hanson – si vous ne voulez pas répondre à ça. Vous allez peut-être nous répondre, pourquoi quand on est venu vous interroger la première fois, vous ne nous avez pas dit que vous aviez un permis d'arme, que vous n'avez pas enregistré au niveau de la loi, mais que c'était le cas dans votre base de données de l'hôpital ?

Leur suspect continuait son silence méprisant. Jo le regarda longuement et tapa des poings sur la table.

- Écoutez ! Certes, des meurtres arrivent tous les jours ! Peut-être que Widmiller était un pourri gâté par la richesse, mais en ce qui concerne April c'est une personne comme vous et moi. Elle a peut-être une démence, mais elle a un cœur et l'avoir manipulé comme vous l'avez fait est l'une des raisons pour laquelle vous allez rester tout le reste dans votre vie, entre quatre murs. Donc, allégez votre conscience et dites-nous comment vous en êtes arrivés là.

Il regarda Jo et poussa un long soupir. Tout le monde sut qu'il allait parler. Les raisons qu'il donna furent particulièrement stupides, comme quoi April était une vraie folle et que de toute façon, elle ne faisait tellement pas la différence entre le bien et le mal ou le fait d'être enfermée qu'elle se ficherait pas mal de savoir si oui ou non, elle avait tué quelqu'un.

Ensuite, il s'expliqua par rapport au fait qu'il n'avait pas déclaré l'arme, parce qu'elle était ancienne et que jusqu'à présent, elle n'était jamais sortie de son tiroir. Il ne sut répondre quand on lui demanda d'où il se l'était procuré, mais Jo le fit pour lui en disant que cela devait être un cadeau transmis par longtemps depuis ses ancêtres.

Henry arriva dans la salle arrière et regarda Gates

- Alors ? Est-ce que ce sont ses empreintes ?

Henry acquiesça

- Oui ! Il s'agit bien des siennes ! C'est officiel !

- Merci docteur !

Gates quitta la salle pour prévenir les deux détectives. Alice fit un large sourire et glissa ses bras autour du cou d'Henry.

- Enfin terminé pour cette enquête. Mais dis-moi que tu veux toujours être avec moi ?

Henry hocha vivement la tête et la serra contre lui

- Absolument ! Ça ne nous empêchera pas de nous voir !

Mais en serrant Alice contre lui, son regard se posa sur Jo, qui était très abattue… À demi soulagée qu'ils aient mis la main sur le coupable, mais sans doute, remuée par tout ce qui s'était passé et le fait que lui et elle ne s'adressaient presque plus la parole, depuis qu'il sortait avec Alice.

Il ne parvint pas à détacher ses yeux d'elle et se demandait ce qui n'allait pas avec lui.


Sur ce, bon réveillon :p