Hello ! Me revoilà comme tous les mercredis avec un nouveau chapitre !
Sinon, quoi de neuf dans ma vie, hummmm... J'ai enfin lu le tome 2 de Six Of Crows et c'était EXCELLENT, omg. J'adore. Je veux une suiiite. Je suis émotionnellement compromise par cette série x)
Sinon je continue à écrire mes bonus à la suite de cette fic, je réalise qu'à la fin de ce tome 1 j'aurai suffisamment secoué l'intrigue pour que ça diverge COMPLÈTEMENT du canon. Vraiment, c'est le bordel. Genre : Orochimaru ne quitte pas l'Akatsuki à la même période que dans le canon, il n'a pas le temps de créer le village d'Oto, et donc il décide de CONQUÉRIR un autre village... Ou encore : la guerre civile de Kiri se passe trèèès différemment, et c'est pas Mei Terumi qui fini Mizukage... C'est complètement fou. Est-ce que je rêvasse à ce sujet ? Absolument. Est-ce que je vais écrire ce fichu tome 2 ? Euuuh... Pas sûr. Je veux déjà finir d'écrire mes bonus déjà x) Je déteste partir d'un nouveau point sans savoir comment ça se connecte au passé, donc il me faut ses bonus pour savoir comment on arrive de la date du massacre (où Sasuke a sept ans) et la date de départ du canon (Sasuke en a douze). Ca fait cinq ans à couvrir !
Enfin bref. Voilà. Je m'active xD
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Mais bon ! Passons à présent aux réponses aux reviews !
Coucou Zarakaiy ! Le premier à commenter, chapeau x) Oui, on va avoir un combaaaaat ! Et Itachi va apprendre à connaître Tsunami. Par contre, est-ce qu'elle va réussir à le faire changer ? Peu de chance. Itachi est déjà trop façonné par son père et Danzō afin d'être un parfait petit soldat, quasiment robotique, à qui il ne viendrait pas à l'idée de faire preuve d'insubordination (ou de pensée critique). Et puis, Tsunami veut quitter les Uchiha, elle ne se pense pas capable de les sauver, et donc elle ne va probablement pas s'impliquer dans la vie de leur assassin... x)
Salut Fleur de Saint Foyer x) Tu n'aimes pas Itachi ? Moi non plus, je le préférai en "méchant" plutôt qu'avec son arc de rédemption à la mords-moi-le-nœud. Du coup je l'écrit comme un agent de la Racine émotionnellement atrophié, avec en plus quelques tendance sociopathiques. Mwahahaha. Enjoy x) Pour ce qui est d'Izumi, pas de spoilers, mais je crois que j'ai bien géré le truc !
Ah ah, Yuedra, tu commences ta review par "que dire mis à part…" et bam dix paragraphes d'analyse et d'idées xDDD J'adore ! En effet les grands-parents ont vu les nouveaux vêtements de Tsunami et ont grincé des dents mais n'ont rien dit (même si ça ne les a pas empêché de manifester leur mécontentement avec des regards noirs). Tsunami porte essentiellement du noir, alors ça passe. Et puis, elle était meilleure élève de sa promotion, donc techniquement elle a rempli sa part du marché ! Sinon au niveau des persos féminins : même chose que toi ça me met en rogne que Kishimoto écrive qu'elles finissent toutes femmes au foyer ! Ca n'arrivera pas dans ma fic, ça c'est sûr. Dans mes bonus j'ai déjà un exemple flagrant de kunoichi active qui veut un bébé, qui a un bébé, et qui ne devient pas femme au foyer pour autant et continue à être badass. Voilà ! Sinon, tu ne crois pas si bien dire avec Tsunami qui a une tendance à adopter tous les orphelins xDDDDD Là, ça n'en a pas l'air, mais dans quelques chapitres tu repensera à ce passage et tu explosera de rire. Et l'ironie ? C'est que Tsunami n'aura encore adopté ni Naruto ni Sasuke (à ce moment-là...) xD Sinon oui le massacre en lui-même va être différent du canon, parce qu'Itachi va être différent du canon mais aussi les circonstances. Enfin bref, tu verras !
Yo Leen Hogwarts xD Pour les utilisateurs de Mangekyo, il y en avait plusieurs lors des guerres claniques MAIS ça restait rare (je headcanon que les gamins étaient assez désensibilisés au deuil et au chagrin, et donc qu'atteindre le seuil de désespoir nécessaire était plus dur). Madara et Izuna étaient aussi considérés comme très puissants même sans le Mangekyo. Sinon ! Ouiiii ala référence à Itachi qui sait pas faire cuire un œuf c'est pour l'OAV Sunny Side xDDDD Bien vu ! Sinon Obito-Madara rôde autour de Konoha, sûr, mais même dans le canon il ne cherche pas à surveille les Uchiha pour les recruter ! Il jette juste de l'huile sur le feu. Dans le canon c'est ITACHI qui vient demander son aide, pas l'inverse !
Salut Gg ! Yep, Shisui s'est vite attaché à Tsunami. Est-ce que c'est un intérêt romantique ? Peut-être. Peut-être pas. Les liens d'amitié sincères sont si rare dans la vie des petits Uchiha enfant-prodiges qu'il est facile pour eux de confondre ça avec Le Grand Amour. C'est ce qui est en train d'arriver à Itachi, avec Izumi x)
AAAAAH IsyCatEner tu as changé de pseudo ! Bravo xDDD Sinon moi je prenonça ça "Guénine" xD Mais bon, c'est du japonais, tous les "g" se prononcent "gu" de toute façon x) Sinon oui, je vais poster tous les mercredi ! Faut laisser le temps à ma Bêta de corriger et elle est en partiel...
Coucou Gladoo89 ! Oui je suis très fière de la "Uchihapocalypse" xDDD Et c'est beaucoup de pression que tu mets sur les épaules de la petite Izumi ! Elle est trop normale et innocence pour régler les problèmes mentaux d'Itachi. Il aurait besoin d'une demi-douzaine de psy et d'une retraite anticipé, ce pauvre gosse. Enfin bref ! Sinon en effet la Section Intelligence devrait s'appeler Section Renseignements, mais je suis tellement habituée à lire des fics en anglais que voilà, ça se transpose xD Je crois que j'ai lu "Of The River And The Sea" mais c'était il y a longtemps... Je vais retourner y jeter un œil.
Salut Aomine59 ! Pour Izumi : dans les nouvelles, Itachi la plonge dans un genjutsu qui lui donne l'impression qu'ils vivent ensemble une très longue vie, et à la fin son cœur lâche de vieillesse. Dans l'anime par contre, Itachi ne tue pas Izumi, c'est Obito qui massacre les Uchiha de garde à la station de police (dont Izumi fait partie).
Yo Merry Archer ! Outch, cette phrase m'était sortie de l'esprit, mais oui, Tsunami qui voit sa petite soeur "discuter avec son futur meurtrier" ça fout un coup au coeur. Sinon en effet Tsunami a pas honte du tout de balancer sa sœur xDDD Si Izumi l'entendait elle hurlerait xDDDD Mais eh, toutes les grandes sœurs le font !
Yo, S-au-prénom-mystérieux ! Je finirai par trouver x) Pour les magouilles des Uchiha, mwahaha, ça continuer ! Mais Tsunami va se retrouver prise au dépourvue par un évènement imprévu... Je ne dis rien de plus. Sinon, ma pauvre Bêta est débordée, alors j'essaie de l'épargner x)
Coucou Rozenn Selwyn ! Contente qu tu ait rattrapé on retard (et que tu trouve les grands-parents de Tsunami chiants xD). Itachi... Oui c'est le but, Itachi fait pitié. Et Tsunami a le tact d'un bulldozer quand il s'agit de sa petite sœur xDDDD Sinon, pour ce qui est de faire changer Itachi... Elle ne sait pas par quel bout commencer. Elle n'en est sans doute pas capable. Et elle le sait ! Pour l'instant elle es donc focalisée sur l'idée de quitter le clan. Sinon oui, Tsunami refuse de changer certaines choses tout simplement parce qu'elle refuse de se mettre en danger pour rien. Elle fait un ratio bénéfices/risques et généralement les risques l'emportent. Genre l'attaque du démon-renard, elle n'a pas levé le petit doigt pour l'empêcher...
Salut Redheadead ! Nope, le Mangekyo c'est le nom de la mutation. Il faut avoir deux yeux Mangekyō pour avoir le Susanoo. Mais chaque œil peut avoir un pouvoir différent et Tsunami a le même pouvoir dans les deux yeux x) Sinon oui elle balance Izumi à fond xDDDD Pour ce qui est des équipes, j'ai hésité à la mettre avec quelqu'un qu'elle déteste... Mais finalement ça faisait trop de drama pour rien. J'aime son équipe actuelle x)
Bienvenue dans l'aventure, L ! Une référence à "L", l'adversaire de Kira dans Death Note ? =) Contente que la fic te plaise ! J'avoue, écrire Itachi est compliqué. Je suis en train d'écrire un bonus sur lui et MON DIEU SON TYPE DE NARRATION ME DONNE ENVIE DE M'ARRACHER LES CHEVEUX. Argh. Bébé ninja émotionnellement atrophié avec des tendances sociopathes et une hyperfixation sur trois personnes vivantes au détriment du reste du monde. C'est tellement dur u_u Enfin bref ! Oui les grands-parents de Tsunami sont terribles. Tellement rigides et traditionnels ! Enfin, tu vas voir comment elle va gérer ça par la suite x) Et je suis ravie que tu ait aimé Elisabeth Bishop ! Je suis très fière de ma première SI x)
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Voilààààà ! Je vous fait pas attendre davantage ! ET merci à ma Bêta qui a réussi à tenir le délai et à me donner le chap pour aujourd'hui alors qu'elle était en partiel ce week-end ! xD
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Liens d'amitié
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Le lendemain, Tsunami se rendit au lieu de rendez-vous avec une bonne heure d'avance. Elle savait que le but de l'exercice était de tester leur capacité à agir en équipe, alors elle avait déjà un avantage. Elle n'avait pas pu le partager avec ses coéquipiers (non seulement Hayama-sensei les espionnait, mais en plus Kumadori et Tessen étaient partis très vite) mais elle espérer y remédier avant le début de l'exercice. En attendant, elle préférait mettre toutes les cartes de son côté… Et donc elle quadrilla le terrain pour bien le repérer, puis plaça des notes explosives à tout un tas d'endroits stratégiques.
Tessen devait avoir eu la même idée, car il arriva avec une demi-heure d'avance et se mit à placer des fils d'acier ou des mécanismes de lancement de kunais. Tsunami ne le vit pas faire, mais elle pouvait sentir son chakra qui parcourait le terrain, et faillit tomber dans un de ses pièges. Ils risquaient de se marcher sur les pieds. Avec une grimace, elle se mit à sa recherche et, après une brève course à travers les arbres, atterrit juste derrière lui en déclarant :
– Je pense qu'on devrait coordonner nos pièges.
Tessen sursauta violemment avec un cri étranglé qui ressemblait à « Argh ! », puis fit volte-face et pointa sur elle un doigt accusateur :
– Ne te faufiles pas derrière moi comme ça !
Tsunami ouvrit la bouche pour lui dire qu'il n'avait qu'à être plus attentif… Puis elle la referma. Non, mauvaise approche. Ils étaient supposés travailler ensemble, pas se chercher des poux.
– Désolée, finit-elle par dire. C'était impoli de ma part.
Tessen la regarda d'un air soupçonneux. Puis, avec un grognement, il jeta un regard aux notes explosives qu'elle avait à la main.
– Tu poses des pièges aussi ?
– Juste des notes explosives, précisa-t-elle. Les trucs qui lancent des kunais, ce n'est pas ma tasse de thé. Trop de petits mécanismes. Je reste dans le classique, tu sais. Boom.
Tessen émit un reniflement amusé et se détendit un peu. Il admit :
– Je n'ai pas beaucoup de notes explosives. En tous les cas, pas assez pour en faire des pièges. Ce n'est pas réutilisable comme les kunais, et en acheter un grand stock revient trop cher.
Tsunami n'avait jamais discuté des avantages des pièges explosifs versus ceux des pièges armés, mais la conversation se révéla assez intéressante. Au moins, ça les occupa pendant qu'ils piégeaient le terrain. Lorsqu'il fut bientôt l'heure du rendez-vous et qu'ils retournèrent au sein de la clairière, où se trouvait Kumadori, ils étaient également un peu plus à l'aise en présence l'un de l'autre. Ils étaient encore virtuellement des étrangers, mais ils avaient davantage de familiarité que de simples camarades de classe.
– On a piégé tout le terrain, murmura Tsunami à Kumadori en s'arrêtant près de lui. Ne tombe pas dedans. Sensei est arrivé ?
Kumadori lui jeta un regard en biais.
– Pas encore.
Comme pour le contredire, Hayama Shirakumo apparut avec un whoosh d'air déplacé et un léger tourbillon de feuilles. Les trois Genins glissèrent automatiquement dans une position de départ de taijutsu. Le Jounin les observa un instant, bras croisés, sans dégainer son sabre. Puis il recula d'un pas, se mettant lui aussi en garde (la tension monta d'un cran).
– Ne vous retenez pas, dit-il simplement.
Et tout le monde attaqua en même temps.
Tsunami et Tessen bondirent au contact dans un tourbillon de taijutsu, l'un vers la droite et l'un vers la gauche. Ils ne s'étaient pas consultés mais il y avait un travail d'équipe instinctif. Coups de poings, coups de pieds, esquives, frappes, tout s'enchaînait à toute allure. Hayama-sensei n'était pas un Jounin pour rien et contre-attaqua sans reculer d'un pouce. Il avait plus d'expérience, alors que Tsunami et Tessen n'étaient pas encore familiers l'un avec le style l'autre. A plusieurs reprises, ils se gênèrent légèrement… Et Hayama-sensei s'engouffra sans merci dans cette faille. Forcé de se battre contre deux personnes à la fois, il était naturel qu'il tente de diviser leurs efforts : rediriger un coup, faire en sorte que l'attaque de l'un bloque celle de l'autre, faire en sorte que les partenaires se trébuchent dessus. Tsunami réussit à placer plusieurs bons coups et Tessen également, mais ils en reçurent pas mal en retour. Puis, d'un coup, Hayama-sensei sembla ralentir…
– Genjutsu : Voile du Sommeil ! murmura Kumadori derrière eux avec satisfaction.
Puis Hayama-sensei fit quelque chose avec son chakra, comme s'il gonflait un muscle invisible, et le genjutsu vola en éclat. Il passa à l'attaque. Tsunami et Tessen furent projetés en arrière avec un identique glapissement d'effroi, et le Jounin se précipita vers Kumadori qui poussa un juron catastrophé, reculant à toute allure…
– Raiton : Décharge ! cria Tsunami.
Mais avant d'atteindre Hayama-sensei, son Raiton percuta la volée de shurikens lancée par Tessen en même temps. Le résultat fut assez spectaculaire : les deux Jutsu se percutèrent avec un bruit d'explosion, et les shurikens électrifiés volèrent dans tous les sens. Tsunami faillit s'en prendre un en pleine figure. Cela dit, leur but était atteint : Hayama-sensei avait dû se retourner pour parer l'attaque, laissant à Kumadori le temps de bondir à l'abri des arbres.
– Rejoint Kumadori, on va au point numéro 3, ordonna-t-elle à Tessen.
– Compris !
Son partenaire disparu dans les arbres afin de retrouver Kumadori et d'aller jusqu'à l'un de leurs pièges. Ils y acculeraient Hayama-sensei quand l'opportunité se présenterait. Et pour ça… Tsunami allait devoir pousser le Jounin jusqu'à l'endroit prévu. Elle étrécit les yeux, et Hayama-sensei lui rendit placidement son regard, un léger sourire aux lèvres.
– C'est tout ? fit-il en haussant un sourcil.
Tsunami lui envoya une volée de kunais au visage. Il se pencha pour les esquiver… Et ce fut à ce moment que les notes explosives détonnèrent.
En temps normal, les ninjas tendaient à attacher leurs notes explosives derrière leurs kunais, traînant derrière comme un petit drapeau. C'était plus rapide à faire, mais ça leur donnait une apparence assez distinctive. Un kunai avec une note explosive était tout de suite repéré. Alors qu'il était tellement plus simple d'enrouler la note explosive autour de la poignée du kunai, puis de la dissimuler sous un peu de ficelle, comme sur la poignée des kunais normaux…
Hayama-sensei émergea du nuage de fumée, les sourcils écorchés, et ayant totalement cessé de sourire. Tsunami pouvait sans doute se vanter de l'avoir bien surpris, sur ce coup.
Bon, elle l'avait aussi bien contrarié, alors elle enchaîna directement avec un Jutsu dont elle avait entamé les mûdras à l'instant même où ses explosifs détonnaient.
– Raiton : Oiseau-tonnerre !
C'était un Jutsu de rang B. Le tout premier qu'elle avait appris, et le seul que lui avait enseigné son père. Un éclair ayant vaguement la forme d'un oiseau jaillit de ses mains, fusant vers le ciel avant de redescendre en piqué, se multipliant dans sa chute jusqu'à ce que tout un vol d'oiseaux de foudre s'écrasent sur Hayama-sensei. Le Jounin écarquilla les yeux et Tsunami vit une réelle expression de choc passer sur son visage, avant d'être remplacé par la détermination. Il dégaina son katana à la vitesse de l'éclair :
– Fuuton : Epée du Vide !
L'arc décrit par son épée généra un puissant souffle de vent, presque comme une lame physique, sur lequel le Jutsu de Tsunami se désintégra avec une violente explosion d'étincelles électriques. Elle poussa un juron. C'était son meilleur Jutsu, et il n'avait même pas reculé…
Par contre il bondissait vers elle. Et il n'était pas content du tout.
Avec un glapissement, Tsunami se jeta en arrière, évitant de justesse un coup d'épée tout en dégainant un kunai. Il y eut une brève lutte de taijutsu où elle essaya de passer sous sa garde et de lui flanquer un coup de kunai, mais il la repoussa et elle détala comme un lapin, le Jounin à sa poursuite. Elle bondit dans les arbres, zigzagant de branches en branches, filant comme une flèche entre les troncs dans une folle course-poursuite où elle était soudain la proie. Il était tellement rapide ! Il était plus fort, plus vif, plus dangereux qu'elle, et soudain ce n'était plus comme un entraînement normal, il y avait un réel danger. Elle courait comme une dératée. A deux reprises le Jounin lui tomba dessus, et il y eut un échange frénétique de coups et de Jutsu jusqu'à ce qu'elle parvienne à se dégager (merci les leçons de Shisui sur l'utilisation du Shunshin !) pour reprendre sa course. Il était littéralement sur ses talons : elle pouvait presque sentir son souffle dans son cou. Il la retrouverait si elle passait en Shunshin, elle ne pouvait pas faire ça, il fallait qu'elle se concentre sur la vitesse pure. Elle s'était toujours considérée comme rapide, mais elle n'était qu'une Genin… Et c'était un foutu Jounin ! Son cœur battait à toute allure, elle poussait sa vitesse et son agilité au maximum, mais il ne se laissait pas distancer. Au contraire, il gagnait sur elle. Puis il y eu un virage serré, elle se propulsa sur une branche en hauteur juste à l'instant où le Jounin tournait derrière elle…
– Surprise ! s'écria Kumadori.
Le genjutsu frappa Hayama-sensei en premier : une milliseconde plus tard ce fut le lanceur de shurikens qui se déclencha, et l'instant d'après, les explosifs. La coordination était parfaite. C'était presque beau.
Puis Hayama-sensei émergea du nuage de fumée, et les trois Genins poussèrent un identique grognement horrifié.
– Courez ! cria Tessen en détalant.
Il ne fallut pas leur dire deux fois.
L'entraînement dégénéra en une folle course-poursuite dans les arbres, les Genins essayant de mener leur sensei de piège en piège, et leur sensei y survivant, ou les désamorçant, ou (à une occasion particulièrement mémorable) y envoyant un Kage Bunshin pour prendre les Genins à revers. Ils galopaient comme des dératés. Kumadori finit par réaliser qu'Hayama-sensei était en train de les repousser vers la clairière, sans doute parce que le terrain dégagé l'avantageait. Oh, il n'avait pas besoin d'un avantage pour les réduire en purée, mais le laisser choisir le terrain du combat était quand même une mauvaise idée, et les Genins redoublèrent d'énergie pour rester dans la forêt. Une quantité invraisemblable de shurikens et de kunai furent lancés. Les techniques de Tessen étaient assez impressionnantes : elles étaient au moins du même niveau que les techniques Uchiha que Tsunami avait apprises de Shisui. Kumadori n'était pas du tout un adversaire doué à courte-portée, ce qui faisait de lui le maillon faible du groupe, mais il s'y adapta très vite en endossant un rôle de support. Il lançait genjutsu sur genjutsu, sans se décourager quand Hayama-sensei s'en débarrassait en quelques secondes. Ces quelques secondes étaient souvent suffisantes pour créer une ouverture, de toute façon. Quant à Tsunami, elle n'était pas en reste. Elle utilisait le taijutsu dès que possible, et plantait des notes explosives sur leur chemin afin de les faire détonner quand ils revenaient sur leurs pas (Kumadori les guidait sur un itinéraire tortueux qui leur garantissait de rester loin de la clairière). Mais le ninjutsu de Tsunami était son plus grand avantage. Elle balança à la figure du Jounin tout son répertoire de Raiton puis, quand Hayama-sensei eut pris l'habitude de contrer avec du Fuuton… Elle passa au Katon sans crier gare. Le vent était dévoré par les flammes et les amplifiait : ou, en termes techniques, l'élément Fuuton était faible contre l'élément Katon. Bon, ça ne marcha qu'une fois, grâce à l'élément de surprise. Mais la boule de feu gigantesque qui explosa quand les flammes percutèrent le vent… C'était magnifique.
Malgré tous leurs efforts, ils restaient quand même trois Genins face à un Jounin qui avait lu leurs dossiers et connaissait donc leur répertoire d'attaques. Il était partout à la fois. Au bout d'un moment, inévitablement, il les repoussa au centre de la clairière. Ils étaient épuisés : Tsunami avait arrêté de balancer des Jutsu à tout vent, et se reposait à présent exclusivement sur son taijutsu et ses notes explosives. Tessen était presque à court de kunais et de shurikens. Quant à Kumadori, il était le moins fatigué d'entre eux, mais il était aussi le moins doué au corps-à-corps. Quand le combat se transforma en taijutsu à trois contre un, avec le Jounin repoussant les Genins comme de simplets jouets, il lui fallut toute son énergie. Kumadori n'était pas mauvais en taijutsu, mais il n'était pas rapide ni très technique. Il savait se défendre mais il ne pourrait jamais gagner un match : et dans le monde des ninjas où ne pas gagner c'était perdre et où perdre c'était mourir… Ce n'était pas assez.
Ironiquement il fut le dernier à être éliminé. Hayama-sensei semblait s'acharner tout particulièrement sur Tsunami, et elle se défendait avec la férocité d'un animal acculé. Mais il y suffisait d'un faux pas, d'une erreur : elle se baissa sans prévenir pour éviter un coup et le poing d'Hayama-sensei percuta Tessen en plein visage, le projetant contre un arbre contre lequel il s'écrasa, inconscient. Tsunami essaya de faire barrage, mais elle était fatiguée et Hayama-sensei était tellement plus fort… Elle commit une erreur, esquiva vers la droite au lieu d'aller vers la gauche, et un coup de pied bien placé l'envoya au pays des rêves.
Se réveiller fut assez désagréable.
Tsunami avait mal partout. Le côté droit de son visage pulsait de douleur, et son œil était tellement enflé qu'elle peinait à l'ouvrir. Quand elle se redressa en grognant, elle vit que les deux garçons n'étaient pas dans un meilleur état. Kumadori avait une empreinte de sandale imprimée sur le front, là où Hayama-sensei l'avait sans doute assommé. Quant à Tessen, il avait l'air un peu groggy et se tenait la tête. Ils étaient tous les trois vaguement allongés côte à côte dans la clairière, à une certaine distance de là où ils étaient tombés… Et Hayama-sensei était assis sur son tronc d'arbre habituel.
– L'entraînement est fini ? lâcha Kumadori d'une voix pâteuse.
Hayama-sensei eut l'air amusé.
– L'entraînement est fini, confirma-t-il.
Kumadori laissa retomber sa tête dans l'herbe avec un soupir de soulagement. Tessen, toujours la tête dans les mains, entrouvrit un œil pour regarder Hayama-sensei avec méfiance :
– Et on passe ?
Le Jounin resta silencieux quelques secondes. Probablement pour le plaisir pour les faire transpirer. Ça marchait bien : Tsunami s'était raidie, Tessen avait l'air de regretter sa question, et même Kumadori était plus tendu (ce qui était un exploit, vu qu'il était toujours étalé par terre comme un sac de farine).
– Vous passez, finit-il par dire.
Ils lâchèrent tous les trois un soupir de soulagement sonore. Hayama-sensei fit mine de l'ignorer, et continua d'un ton songeur :
– Mais avez-vous saisi l'objet du test ?
Tessen plissa les yeux comme si c'était une question piège.
– Vous nous l'avez dit… C'était pour voir notre niveau.
– Je pouvais consulter vos notes pour ça, objecta le Jounin.
Tsunami ouvrit la bouche, mais Kumadori lui coupa l'herbe sous le pied en déclarant à voix basse :
– Vous vouliez voir si on était capable de travailler ensemble.
– Correct, approuva Hayama-sensei. La plus grande force d'un ninja est sa capacité à coopérer avec d'autres. En tant que Genins, vous affronterez presque exclusivement des ennemis plus forts que vous. Votre avantage est alors dans votre nombre… Et votre familiarité avec le style de combat de vos alliés.
Il inclina la tête dans leur direction :
– Chacun d'entre vous a mis ses forces au service de l'équipe afin de pallier aux faiblesses des autres. Sans Kumadori, vous auriez eu plus de mal à créer des ouvertures dans mes défenses, et vous n'auriez pas réalisé que je vous ramenais vers la clairière. Sans Tsunami, vous auriez été sans protection contre mon ninjutsu, et rapidement épuisés par la poursuite. Sans Tessen, vous n'auriez pas eu d'itinéraire à suivre, et vous auriez eu beaucoup plus de mal à résister à mon taijutsu.
Il se leva et acheva :
– Votre équipe a des fondations solides. Vous pouvez en être fiers. Rendez-vous demain matin au centre administratif pour aller chercher notre première mission.
Kumadori poussa un glapissement ravi, et Hayama-sensei disparut en Shunshin. Tsunami sourit bêtement en direction des nuages. La mission en question serait sans doute une mission de rang D, c'est-à-dire une corvée ennuyeuse comme éplucher des patates ou courir après un chat, mais… Ce serait quand même une mission. Leur sensei les estimait prêts à travailler ensemble : c'était un sacré compliment.
(La mission du lendemain était de courir après un chat perdu. Tsunami se sentit nettement moins bien disposée vis-à-vis de leur sensei.)
Au cours des jours suivants, les membres de l'équipe 11 se familiarisèrent les uns avec les autres. Ils n'étaient pas encore amis, ils n'étaient pas assez proches, mais à force de passer leurs journées ensemble… Ils prenaient notes des habitudes les uns des autres, ils discutaient, ils plaisantaient. Hayama-sensei les obligeait également à s'entraîner ensemble au moins une fois par semaine. Ce n'était jamais très long, mais il s'agissait surtout de ne pas laisser rouiller leurs réflexes. Pour Tsunami, il n'y avait aucun risque : elle s'entraînait moins souvent avec Shisui et Itachi, certes, mais ils trouvaient quand même le temps de se retrouver au moins un soir sur deux. Elle aurait bien aimé s'entraîner aussi avec Yūgao et Iruka : ils étaient tous Genins à présent, ça aurait été sympa de retrouver l'ambiance de leurs vieux entraînements en équipe à l'Académie. Mais leurs sensei respectifs ne leur en laissaient apparemment pas le temps. La période d'avril, ou les nouvelles équipes venaient tout juste d'être formées, était très chargée : tous les Jounins faisaient cravacher leurs élèves pour qu'ils acquièrent les réflexes et la résistance nécessaire à l'accomplissement de vraies missions. D'ici quelques mois, ça serait sans doute un peu plus calme…
En attendant, Tsunami s'entraînait donc surtout avec son équipe. Une ou deux fois, elle les invita même à manger des ramens. Ce n'était pas son plat préféré, mais bon, sa boutique favorite de dango était au sein du district Uchiha, alors elle ne pouvait pas les y emmener. Les ramens, ça plaisait à tout le monde. Et Ichiraku faisait de bons ramens.
Avec un certain amusement, Tsunami commençait à réaliser que son équipe était sans doute la plus paradoxale de sa génération. Ils étaient tous incroyablement différents de ce qu'on pouvait penser au premier abord. Leur sensei, par exemple ! Il avait un visage sévère, il se tenait droit, il utilisait un langage impeccable : tout dans son apparence suggérait qu'il était froid et coincé. Mais pas du tout ! Il était patient, pédagogue, attentif. Il ne plaisantait pas beaucoup et ne souriait jamais en présence d'inconnus, mais il s'adoucissait en présence de ses Genins. Il s'amusait de leurs pitreries et jouait volontiers le jeu quand ils l'incluaient dans leurs chamailleries amicales. Il était jeune, aussi : à peine vingt-et-un ans. Tsunami lui en aurait sans hésité donné cinq ou six de plus, à cause de son visage aux traits durs.
Ses deux coéquipiers aussi étaient des paradoxes. Elle s'était faite la réflexion que Kumadori avait l'air d'un Aburame, avec ses vêtements ternes et son visage masqué (quoique, elle apprit très vite que Kumadori ne relevait son écharpe sur son nez que lorsqu'il était mal à l'aise), et elle s'était inconsciemment attendue à ce qu'il ait la même personnalité réservée. Mais Kumadori avait du caractère. Il pouvait se montrer abrupt ou autoritaire. Il n'hésitait pas à aboyer sur ses deux camarades quand ils faisaient les idiots, et il connaissait un panel de jurons assez impressionnant. C'était un garçon sérieux, mais pas rigide pour autant. Sans être bavard, il n'hésitait jamais à se joindre à la conversation et à défendre ses idées. Il était gentil, aussi, et il aimait rendre service. Il était volontaire à l'hôpital, où il apprenait le ninjutsu médical. Il ne parlait pas beaucoup de sa famille, mais il n'en avait apparemment pas honte, et raconta sans hésiter à Tsunami que sa mère était issue du clan Yamanaka. Son but de rejoindre la Section Intelligence prenait, du coup, beaucoup plus de sens.
Tessen, avec son visage poupon et son attitude bravache, aurait pu être un pseudo-Naruto. C'était ce que Tsunami avait craint au début : que ce soit une grande gueule avec quelque chose à prouver, qui n'écoutait jamais les autres. Elle n'aurait pas pu se tromper davantage. Tessen était quelqu'un d'impulsif et en effet il avait quelque chose à prouver (il n'aimait pas qu'on le prenne pour un bébé à cause de son mignon visage, et le faisait généralement savoir avec une multitude d'objets tranchants) : mais il était aussi le plus empathique de la bande. Finalement, ce n'était pas Kumadori qui avait un rôle de soutien, c'était lui. Tessen était attentif et polyvalent. Il devinait ce dont les autres avaient besoin sans qu'il faille le lui dire, et se glissait dans le rôle qu'on attendait de lui avec un naturel confondant. Il était bravache et aimait se la raconter, mais il était aussi la personne la plus altruiste, la plus douce, et la plus patiente de leur petite bande de cinglés.
Et puis… Tsunami elle-même était une contradiction, non ? Une Uchiha sans Sharingan. La première de la classe, surdouée du ninjutsu, et issue d'un clan : elle aurait du être froide, dédaigneuse… Une vraie pimbêche. Et c'était sans doute ce à quoi s'attendaient ses camardes. A la place, ils avaient eu le mouton noir du troupeau, une gamine rebelle qui adorait les explosions et qui leur avait ouvert son cœur en grand. Oh, Tsunami n'était pas toujours facile à vivre. Elle était autoritaire, elle était arrogante, elle était parfois émotionnellement constipée. Mais… Ils s'entendaient bien. Et c'était le plus important.
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Un mois passa. Tsunami continua à voir Iruka et Yūgao, mais jamais très longtemps. Yūgao allait participer aux prochains examens Chuunins, qui allaient se tenir à Suna. Elle était surexcitée et ne parlait que de ça. Iruka et Tsunami avaient beau savoir que leur amie avait un an d'avance sur eux, ils ne pouvaient s'empêcher d'être un peu jaloux. Iruka, surtout : son équipe ne fonctionnait pas aussi bien que celle de Tsunami. Mizuki et leur coéquipière (Natsu Hyuga, si les souvenirs de Tsunami étaient corrects) se disputaient tous le temps, de façon de plus en plus vicieuse. Iruka finissait par perdre patience, leur aboyer de se taire… Et du coup ça devenait une dispute à trois.
Shisui partit en mission pour quelques semaines, au grand regret de Tsunami. Elle continua cependant à aller s'entraîner sur leur terrain habituel. Parfois, Itachi se joignait à elle. Il ne parlait pas beaucoup, comme d'habitude, mais il était plus détendu en sa présence. Parfois, en faisant un effort manifeste pour paraître sociable, il lui demandait des nouvelles d'Izumi. Tsunami s'efforçait d'être patiente. Elle lui demanda de lui apprendre d'autres Katon, en échange de quoi elle lui apprendrait un Suiton (il n'en connaissait encore aucun). Elle lui ramena même quelques livres sur la manipulation du chakra, qu'elle avait trouvé intéressants : mais cela sembla le braquer immédiatement. Il clamait qu'il apprenait beaucoup mieux par la pratique. Tsunami était à présent sûre à 90% qu'il ne savait pas lire, ou alors très mal. C'était… très alarmant. Mais il l'aurait vraiment mal pris si elle avait offert de lui apprendre à lire, alors elle se contenta de ranger les livres et de lui dire que de toute façon elle aussi préférait la pratique. Itachi avait juste besoin qu'on passe du temps avec lui. Elle n'oubliait pas ce qu'l allait devenir, mais… Pour l'instant, c'était un enfant. Un enfant qui aimait sa compagnie. Un enfant qui, apparemment, faisait un effort de sociabilité grâce à elle, pour elle. On était encore loin de faire de lui un être humain parfaitement ajusté, et il était toujours incapable de prendre des décisions pour lui-même, mais… Ça aurait pu être pire.
En mai, l'équipe 11 effectua sa première mission de rang C. Parce qu'il était honnête et ne croyait pas aux superstitions, Hayama-sensei les prévint que les premières missions de rang C des Genins avaient une fâcheuse tendance à partir en sucette. Il était d'avis que croire à une supposée malédiction était insensée. Il raisonnait que c'était à cause d'un manque d'expérience, vu que c'était toujours la première mission. Mais il pensait aussi qu'ils feraient mieux de se préparer au pire… Au cas où.
Prépare-toi au mieux, envisage le pire, et attends-toi à l'inattendu, songea Tsunami avec un sourire amusé.
La mission était simple. Il s'agissait d'escorter un marchand qui retournait au pays des Vagues après avoir conclu ses affaires à Konoha. Il craignait l'attaque de possibles bandits. Ce scénario rappelait désagréablement le canon à Tsunami (un client du pays des Vagues ? Vraiment ?!) mais elle n'avait pas vraiment la possibilité de s'en plaindre. Au moins le client n'était pas un ivrogne : c'était un homme à l'air débonnaire, un peu nerveux face au visage de marbre d'Hayama-sensei, mais aimable et sympathique. Il se nommait Kazuo et, après quelques minutes de marche, commença à faire la conversation. Cela n'empêchait pas les ninjas de garder l'œil ouvert, mais c'était important de mettre le client à l'aise en se montrant sociable. Après tout, Konoha était plus riche que Kiri ou Suna parce que les gens y étaient plus sympathiques, et que ça attirait davantage de clients.
Kazuo se révéla être une mine d'information sur le pays des Vagues. Il y avait assez de terres cultivables pour que les gens ne soient pas dans le besoin, mais leurs principales ressources étaient la pêche et la fabrication de papier. Tsunami trouvait ça un peu étonnant, puis elle se rappela que la spécialité d'Uzushio avait été le Fūinjutsu, et se trouva stupide. Evidemment que des experts en Sceaux allaient créer une industrie de papier dans leur pays. A présent, le village d'Uzushio avait disparu, mais ce qu'il avait créé persistait. Le pays des Vagues n'était pas riche, mais il était quand même prospère. Il y avait pas mal d'échanges avec les pays voisins, surtout celui du Feu et de l'Eau. Le grand évènement de l'année était un festival célébrant le dieu de l'océan, qui attirait plusieurs dizaines de commerçants. On était encore bien loin de l'époque où Gatô planterait ses griffes dans le pays…
L'essentiel du voyage se déroula sans souci. Ils déposèrent Kazuo chez lui et tout le monde poussa un soupir de soulagement. Ils avaient apparemment échappé à la malédiction.
C'est sur le chemin du retour qu'ils tombèrent sur les bandits.
– Un groupe se tient en embuscade sur la route principale, les informa Hayama-sensei alors qu'ils bondissaient de branche en branche le long de ladite route. Ils doivent guetter le passage de marchands. Nous allons faire un détour pour les éviter : il y a probablement un ou deux ninjas avec eux.
Ils tentèrent de faire un détour, mais étaient sans doute déjà trop près. Hayama-sensei était un sensor médiocre : sa portée était à peine plus grande que celle de Tsunami. Pour peu que les bandits aient un sensor parmi eux, c'était fichu. Ils avaient à peine commencé à faire leur crochet qu'Hayama-sensei se raidit. Parce qu'elle était sur ses gardes, Tsunami le sentit elle aussi : une dizaine de signatures de chakra qui convergeaient vers eux. La plupart étaient faibles, mais il y en avait trois qui brûlaient haut et fort. Des ninjas entraînés. C'était bien leur chance.
– Pourquoi ils ne restent pas sur la route, hors de notre chemin ? s'exclama-t-elle avec incrédulité. Ils savent qu'on est des ninjas !
– Ils savent qu'on les a repéré, pointa Kumadori. Ils ne peuvent pas se permettre de nous laisser remonter la route et prévenir tous les commerçants qui passent.
Ils ne pouvaient pas les distancer et de toute façon les bandits leur barraient le chemin : ils allaient devoir se battre. Sans ralentir, Hayama-sensei dégaina son sabre. Le confrontation était imminente. Tsunami plissa les yeux, comptant leurs adversaires et estimant la distance qui les séparait. Il y en avait deux qui allaient arriver par la droite, mais le reste allait débouler juste en face d'eux dans cinq secondes. Elle entama d'emblée les mudra pour un Jutsu. Quatre… Trois… Deux… Un… Les quatre shinobis de Konoha bondirent hors des branchages juste au moment où sept individus armés jusqu'aux dents surgissaient de l'ombre, et Tsunami se trouva pile dans l'axe d'un des types ayant le chakra d'un ninja, brandissant un sabre.
– Katon : Boule de Feu Suprême !
A si courte portée, il n'eut pas le temps d'esquiver, et la boule de feu engloutit sa tête en lui laissant à peine le temps de pousser un hurlement animal quand sa peau commença à fondre. Il y eut une milliseconde de choc sur le champ de bataille, personne (pas même Tsunami elle-même) ne s'attendant à une entrée de jeu aussi violente. Puis un autre ennemi se jeta sur la jeune Uchiha avec hurlement de rage, et l'instinct pris le dessus. Les coups plurent. Hayama-sensei avait déjà mis à terre trois ennemis le temps que Tsunami se débarrasse du sien en l'assommant. Les deux bandits qu'elle avait sentit un peu plus tôt arriver par la droite firent irruption sur le champ de bataille, et marquèrent un temps d'arrêt choqué voyant le carnage. Kumadori était aux prises avec un type armé d'une hache, mais Tessen était plus proche et leur envoya une volée de shurikens qui explosèrent en plein vol. L'un des deux nouveaux-venus tomba, criblé de shrapnel, mais l'autre parvint à y échapper par une pirouette acrobatique. Il avait sans doute un entraînement ninja. Cela ne le sauva pas : Tsunami et Tessen lui tombèrent dessus en même temps, et il ne faisait pas le poids face à leur taijutsu. Il finit encastré dans un arbre, assommé.
Le silence retomba. Hayama-sensei essuya son sabre et le rengaina. Ses quatre adversaires étaient inconscients autour de lui. L'un était blessé au ventre et gémissait, mais les autres semblaient morts. L'adversaire de Kumadori était avachi au sol, les yeux clos, piégé dans un genjutsu. Le type à qui Tsunami avait mis le feu était mort, la tête entièrement carbonisée, et elle détourna les yeux avec un haut-le-cœur. Elle y avait été trop fort. Elle avait été stupide. Elle était tellement habituée à se donner à fond pour rester au niveau de Shisui, Itachi ou Hayama-sensei… Elle aurait pu l'assommer. Elle n'avait pas réfléchi aux dégâts qu'elle était capable de faire. Pendant une seconde, elle avait oublié à quel point elle était dangereuse, et un type était mort. Un ennemi, oui, mais un ennemi qu'elle aurait préféré assommé ou désarmer. Elle n'avait pas été obligée de le tuer.
Le bandit à qui elle avait planté un kunai dans le ventre était toujours en vie. Pâle, terrifié et incapable de se relever, mais toujours en vie. Il esquissa un geste comme pour ramper loin d'eux, et Tessen l'assomma d'un coup de poing bien placé. Ce geste brusque sembla réveiller le reste de l'équipe.
– Aucun d'entre vous n'est blessé ? s'assura Hayama-sensei. Très bien. Pour un premier combat, vous vous en êtes bien sortis. Tessen, Kumadori, rassemblez les bandits. Nous allons nous arrêter au prochain village pour voir s'il y a une prime sur leurs têtes. Tsunami, marche avec moi.
Apparemment il était de coutume que les Jounin-sensei fassent un petit discours réconfortant à leurs Genins qui tuaient pour la première fois. Hayama-sensei lui dit qu'elle avait protégé sa vie et celle de ses camarades, et que c'était le plus important, mais elle ne s'en sentit pas réconfortée. Elle avait tué. Elle avait tué d'une façon horrible, et ne ressentait pas de remords. Elle regrettait de s'être laissée emportée, mais elle n'était pas bouleversée, ni horrifiée. Elle l'avait tuée. Ça avait été si facile. C'était ça qui était le plus dérangeant, au final : qu'elle ait pris une vie sans effort, sans tourment intérieur avant sa décision. Il n'y avait même pas eu de vrai décision : ça avait été une réaction instinctive.
Tuer n'était pas supposé être aussi facile.
Mais était-ce Tsunami qui pensait cela, ou sa conscience, l'écho de sa vie passée, les souvenirs-rêves d'un monde protégé où elle n'avait jamais été exposée à aucune réelle violence ? Dans ce monde-ci, on était si vite désensibilisé au sang et à la mort. Les enfants étaient formés à tuer, mais surtout à vivre avec sans devenir des psychopathes. Il y avait une étrange dissonance entre la valeur que Tsunami savait qu'elle aurait du accorder à la vie, et celle qu'avait réellement la vie humaine dans le monde des shinobis.
Ils transportèrent la victime de Tsunami et les trois autres bandits tués par Hayama-sensei dans un sceau de stockages (Hayama-sensei leur montra comment créer le sceau adapté), et les blessés furent entassés sur un brancard de fortune. Le prochain village n'était pas loin, mais il les obligeait à faire un léger détour. Qu'importe : ils furent soulagés de s'en débarrasser. Quatre des bandits avaient des primes sur leur tête. Deux d'entre eux avaient été abattus par Hayama-sensei, le troisième assommé par Tessen, et le dernier était l'homme carbonisé par Tsunami. Elle marqua un temps d'hésitation quand le Jounin lui passa sa part. Cela semblait mal d'être récompensée pour son acte. Cet argent était souillé, d'une certaine façon. Mais elle s'efforça de durcir son cœur, ravala ses protestations, et prit sa prime en silence. C'était mal qu'une vie humaine ne vaille que quelques pièces, mais c'était comme ça que ça se passait dans ce monde. Pour y survivre, elle ne pouvait pas se boucher les yeux et les oreilles en pleurnichant que c'était injuste. On ne peut pas changer le monde si on refuse de s'y engager.
Pas qu'elle veuille changer le monde. Enfin, si, peut-être. Dans la mesure de ses capacités. Juste assez pour y être confortable, en sécurité. Plus tard, quand elle serait sûre de survivre au-delà de l'âge de seize ans, au-delà du massacre Uchiha. Pour l'instant, c'était le point focal de toute son existence, et ce depuis qu'elle était toute petite. Ça n'avait pas changé.
Avoir du sang sur les mains donnait juste un relief encore plus frappant à sa réalité, c'était tout.
Elle se montra silencieuse sur le chemin du retour, ruminant ses pensées. Ses deux coéquipiers lui lançaient des regards un peu inquiets, mais aucun ne brisa le silence. Tessen aussi avait tué l'un des bandits, et Hayama-sensei avança plusieurs minutes à ses côtés, chuchotant à mi-voix. Tsunami se demandait s'il lui ressortait le même discours appris par cœur, ou s'il improvisait à chaque fois. Elle se demandait si Tessen était réconforté par les mots de leur sensei, ou s'ils lui semblaient aussi vides de sens qu'à elle.
A Konoha, elle se plongea dans l'entraînement avec plus de férocité que jamais.
Ses camarades et son sensei ne lui demandèrent pas pourquoi, ce qui était plutôt bien parce que Tsunami aurait été bien en peine de leur expliquer son état d'esprit. Elle aurait été bien en peine de l'expliquer à quiconque. Tuer, ça l'avait… secouée. Mais elle n'en avait discuté avec personne, et du coup elle devait tourner et retourner ça dans sa tête pour essayer de savoir pourquoi ça la dérangeait, et surtout comment vivre avec.
Elle n'en parla pas à Iruka ou Yūgao. Iruka était encore innocent. Yūgao… Elle n'aurait pas été réceptive. Tsunami savait que Yūgao avait déjà tué, mais quand c'était arrivé, son amie n'avait pas cherché à partager ça avec eux, et elle comprenait sa décision. Ce n'était pas quelque chose de facile à dire. Tsunami n'en parla pas non plus à sa mère ou à Izumi. D'une certaine façon, toutes les deux lui semblaient écartées de la violence d'une vie de shinobi. Ce qui était ironique, considérant qu'Izumi allait devenir Genin dans quelques années… Mais surtout que Mama était une Chuunin en service actif : elle quittait régulièrement le village, elle patrouillait, et elle avait survécu à la Troisième Guerre Ninja. Elle avait sans doute déjà tué des dizaines de fois.
Elle n'en parla pas à Shisui. Elle ne savait pas vraiment pourquoi. Peut-être lui qu'elle lui en voulait d'être si joyeux et si bien ajusté alors qu'il avait le sang de centaines de personnes sur les mains (il était Shisui le prodige, Shisui le tueur), alors qu'elle traînait derrière elle tout un tas de questions intérieures angoissantes suite à un seul meurtre.
Ironiquement, elle le mentionna à Itachi, celui de ses amis dont elle était la moins proche. Il lui avait fait la remarque qu'elle s'entraînait beaucoup plus ces temps-ci, et elle lui répondit sans réfléchir qu'elle avait eu son premier combat, versé son premier sang. Itachi se contenta de hocher la tête avec gravité. Peut-être pensait-il qu'elle avait eu peur de l'ennemi, peur de la situation, peur de perdre, et que sa nouvelle obsession pour l'entraînement était née de ce traumatisme. Peut-être qu'il pensait qu'elle voulait devenir plus forte parce qu'elle s'était sentie faible. Mais il aurait eu tort. Ce n'était pas ça qui angoissait Tsunami. En fait, à aucun moment elle n'avait eu peur pour sa vie. C'était son geste qui l'effrayait.
Elle aurait pu l'assommer, le désarmer, l'immobiliser, mais elle l'avait tué. Pas parce que c'était la meilleure option, la plus sûre ou la plus rapide. Elle n'y avait même pas pensé consciemment. Elle l'avait tué parce qu'elle pouvait, qu'elle avait frappé et n'avait pas réfléchi aux conséquences. Ou peut-être que les conséquences n'avaient pas semblé réelles. Tsunami était familière avec la mort, depuis la perte de son père, mais n'avait jamais pris une vie auparavant. D'une façon abstraite, peut-être qu'elle ne s'en était pas crue capable. Mais elle en avait été capable, si facilement capable, et ça l'avait secouée.
Mais peut-être qu'Itachi l'avait compris, réalisa-t-elle avec un choc déplaisant. Lui non plus ne s'était jamais senti faible face à un adversaire. Lui aussi tuait aussi simplement qu'on respire. Peut-être que lui aussi était dérangé par cette facilité. Et peut-être allait-il s'habituer au meurtre jusqu'à y être indifférent… Tsunami réprima un frisson. Imaginer des similitudes entre sa psyché et celle du futur assassin du clan ne la rassurait pas vraiment.
Une semaine passa. Tsunami commença à se détendre.
Evidemment, ce fut le moment que choisi le destin pour lui faire tomber autre chose sur la figure.
Tsunami ne voyait pas souvent sa mère hors du district Uchiha. Elles se croisaient parfois dans la rue, et se saluait de la main mais chacune avait ses propres missions à accomplir. Aussi, lorsque Hazuki l'attendit à la sortie du bâtiment administratif, elle devina immédiatement que quelque chose clochait. Le sentiment ne fit que s'accentuer quand sa mère lui proposa d'aller à l'un des terrains d'entraînements les plus isolés. C'était l'endroit parfait pour parler sans être espionné. Lorsque sa mère s'assit au bord de la rivière et l'enjoignit de faire de même, Tsunami était déjà en train de passer en revue toutes les catastrophes possibles. Ce n'était pas un souci avec Izumi, sa mère ne l'aurait pas fait mariner comme ça… Une dispute avec Akihito et Yuko, qui les avaient mises à la porte ? Une mission d'infiltration qui allait l'obliger à quitter le village plusieurs années ?
– Tsuna-chan, commença sa mère après avoir inspiré profondément. Tu sais que j'aimais beaucoup ton Papa. On a eu un mariage très heureux. On a eu des magnifiques enfants. Mais… Il est parti depuis plusieurs années à présent.
Oh oh. Tsunami ouvra de grands yeux, devinant avec horreur où cette conversation allait les mener, et lâcha d'un ton choqué :
– Tu vas te remarier ?!
– Non, la rassura sa mère avec un faible sourire. Mais j'ai rencontré quelqu'un. Ça fait presque un an maintenant. Nous sommes restés discrets. Je ne l'ai dit à personne. Mais je pense que ça ne peut pas durer plus longtemps.
Elle inspira profondément. Tsunami avait rarement vu sa mère aussi tendue.
– Tsuna-chan, je suis enceinte. Tu vas bientôt avoir un petit frère ou une petite sœur.
Tsunami la fixa d'un air ahuri, ayant la vague impression qu'on lui avait flanqué une grande baffe. Avec une chaise. Ce n'était pas arrivé dans le canon. Izumi avait été enfant unique…
– Oh, croassa-t-elle faiblement.
Sa mère eut l'air un peu amusée par son choc, mais elle ne se détendit pas pour autant. Lorsqu'elle reprit la parole, sa voix se fit plus basse, plus sérieuse.
– Son clan ne lui permettrait pas de m'épouser. A vrai dire, s'ils découvraient la vérité, ils le puniraient. Il ne peut pas reconnaître ce bébé. Il préférerait que je m'en débarrasse, mais j'ai décidé de le garder. Alors… Nous nous sommes séparés.
Bon sang, ça faisait vraiment beaucoup de drama. Une romance, une grossesse, une rupture, tout ça d'un coup ! Tsunami en avait presque la tête qui tournait. Et tout ça s'était produit sous son nez, sans qu'elle le remarque ?! Sans que sa mère ne le lui dise ?!
– Mes parents vont être furieux, continua Mama en scrutant attentivement le visage de Tsunami. Ils étaient déjà mécontents de mon premier mariage, mais si j'ai un enfant sans père… On me le reprochera toute ma vie. On le lui reprochera toute sa vie, à ce bébé.
Chez les ninjas, il était assez courant que les kunoichi aient des enfants sans s'être mariées. La vie étaient courte : on prenait ce qu'on pouvait avoir. Mais dans les clans… Surtout les clans assez rigides… La filiation était importante. Avoir des demi-Uchiha était acceptable, même si le père n'avait pas été approuvé par le clan, parce que le père était connu : il y avait eu un mariage, les règles avaient été suivies. Mais un troisième enfant demi-Uchiha, sans père, avec une mère rebelle… Non, ça n'allait pas bien se passer. Tsunami hocha la tête, la gorge serrée.
– On va devoir partir, devina-t-elle.
– On va devoir partir, répéta sa mère avec douceur.
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L'ironie était que Tsunami avait prévu de quitter le clan Uchiha. Elle en avait fait son projet de vie depuis des années. Mais elle pensait partir selon ses propres termes, indépendante, la tête haute. Elle ne pensait pas que ça se ferait comme ça. Oh, il n'y eut pas d'humiliation publique. Ils ne furent pas mis à la porte du jour au lendemain. Mais ça avait un goût de défaite, de honte, et les gens les suivaient du regard en chuchotant.
Tout commença quand Hazuki eut une discussion avec ses parents qui s'acheva en hurlements. Ensuite, Akihito leur donna trois jours pour plier bagages. Les amis d'Izumi se mirent à l'éviter, leurs parents leur ayant ordonné de se tenir à l'écart de la famille disgraciée. Itachi, surtout, devint invisible. La rumeur s'était vite répandue. Ils n'avaient aucun soutien. Comment auraient-ils pu en avoir ? Izumi avait été assez bien acceptée, mais elle n'avait été qu'une enfant, insignifiante et facilement ignorée. Tsunami en revanche avait toujours été la demi-Uchiha insolente, l'enfant à problèmes. Quant à sa mère… Hazuki était la fille rebelle qui avait déjà déshonoré ses parents une fois en s'enfuyant avec un roturier étranger, et qui en remettait une couche en s'étant faite engrossée par le premier venu. On leur avait donné une deuxième chance et elles l'avaient ruinée. C'était de leur faute. Les gens murmuraient qu'elles n'étaient pas dignes du clan. Tsunami aurait voulu leur cracher au visage. C'était le clan qui n'était pas digne d'elles !
Shisui brava la désapprobation du village pour aider Tsunami à transporter ses affaires, mais il fut le seul. Ses épaules étaient tendues et son visage était inhabituellement sérieux. Tsunami sentit son cœur se serrer. Shisui était son ami, oui, mais elle n'avait jamais oublié qu'il l'avait avant tout approchée parce qu'elle était une mission. A présent, Yuko Uchiha n'avait plus aucune raison de vouloir que Shisui soit une influence positive sur elle, puisque Tsunami était manifestement un cas désespéré. Prodige ou pas, Shisui était un membre du clan. Il devait obéir aux Uchiha, et les Uchiha ne voulaient plus rien à faire avec la famille d'Hazuki. A présent, ils ne pourraient plus s'entraîner ensemble, passer du temps ensemble, ou même être vus ensemble.
Mais Shisui était un ami loyal. Dans les sacs qu'il l'avait aidée à porter, Tsunami trouva tout un tas de petits cadeaux. Des produits ménagers, des kunais neufs qu'elle ne se souvenait pas avoir acheté, deux enveloppes contenant de l'argent, un paquet de dango scellé… Et un papier indiquant qu'aucun Uchiha n'utilisait jamais le terrain d'entraînement situé au-dessus de la falaise sculptée du visage des Hokages.
Tsunami glissa le papier dans sa poche avec un sourire. Il serait plus difficile de se voir, et ça devrait être un secret, comme si son existence était quelque chose de honteux (ça lui laissait un goût amer dans la bouche : Tsunami avait beau le nier, elle était quelqu'un de fier et elle le savait). Mais Shisui n'était pas prêt à l'abandonner.
Hazuki acheta un appartement dans un quartier ninja administré par le clan Nara. C'était loin d'être miteux. Elle avait eu de quoi acheter un logement assez spacieux. Après tout, elle n'était pas sans ressources : elle avait sa pension de veuve, l'argent qu'elle avait mis de côté durant ses missions, mais aussi un petit emprunt au clan Nara (est-ce que c'était un pied de nez des Nara aux Uchiha ? Une affirmation d'autorité du Commandant des Jounins vis-à-vis de la police ? En tous les cas, Tsunami avait assez conscience des subtilités de la politique pour savoir que ce n'était pas un geste anodin). Il y avait trois chambres, une pièce à vivre avec un coin cuisine, et une salle de bain dont il fallut changer l'arrivée d'eau chaude. Tsunami y sacrifia sans remord la prime qu'elle avait obtenu avec son premier meurtre. Au moins l'argent serait bien dépensé.
Le jour de l'ultimatum d'Akihito, Tsunami avait informé son équipe qu'elle aurait besoin de trois jours pour « raisons familiales ». Elle aurait bien aimé croire que ça suffirait, mais apparemment Hayama-sensei finit par apprendre ce que ça voulait dire. En fait, il semblait à Tsunami que quasiment tout le monde savait. Au cours des semaines, la rumeur s'était propagée. Il était rare qu'un clan rejette un de ses membres. Le fait que Mama se soit enfuie avec Papa avait du faire un scandale, mais ça avait été la guerre, les gens avaient d'autres choses à penser. Et puis, une jeune fille qui s'enfuyait pour se marier, c'était un classique romantique. Là… C'était différent. Les Uchiha jetaient à la porte une femme enceinte et ses deux filles, c'était beaucoup plus juteux. D'autant qu'Hazuki était connue. Elle n'était pas célèbre, mais elle était l'une des rares Uchiha qui ne faisait pas partie de la police, qui bossait avec le reste des Chuunins, qui faisait partie des leurs. Beaucoup de gens étaient offensés en en son nom. C'était gentil de leur part, vraiment, mais Tsunami aurait réellement préféré que ça reste privé. Elle détestait ça, les gens qui chuchotaient dans son dos, les regards qui pesaient sur sa nuque, le fait que sa vie était étalée devant eux comme un sujet de potins. Il y avait des gens qui éprouvaient de la pitié, d'autres de l'indignation, mais il y en avait aussi qui disaient que sa mère s'était mise toute seule ans le pétrin, et qui semblaient sous-entendre qu'elle n'était pas un bon exemple pour ses filles.
Tsunami en était furieuse. Et elle ne pouvait même pas mettre un pain à ces gens-là, parce que si elle provoquait une bagarre… Vu l'hostilité des gens, elle allait se faire arrêter à coup sûr. Par la police. Qui était composée d'Uchiha et qui allait être aussi peu accommodante que possible. Tsunami était à présent la seule personne de la maison à ramener un salaire, elle ne pouvait pas se permettre d'être arrêtée. Alors elle ravalait sa rage, grinçait des dents, et espérait que ça passe vite.
Elle n'avait jamais prêté attention à la police avant. Ils étaient juste là. C'était les mêmes individus qu'elle croisait dans la rue. Ils l'ignoraient au district Uchiha, et ils l'ignoraient dans le village. Mais à présent, c'était différent. Ils la toisaient comme une étrangère. Tant qu'elle avait fait partie du clan, ils l'avaient snobé mais ils avaient indubitablement été de son côté, dans une vague idée de nous vs eux. Mais à présent, Tsunami ne faisait plus partie du nous. Elle était passée de l'autre côté de la barrière. Ils lui adressaient des regards hautains. Quand ils devaient aller quelque part et se frayer un chemin dans la foule, elle était poussée de côté sans ménagement.
Une toute petite part d'elle-même se sentait trahie et triste. Ils s'étaient plus ou moins ignorés durant deux ans, mais ils avaient vécu ensemble. Ils étaient familiers. Il y avait eu des regards désapprobateurs, mais jamais ce mépris. D'un coup, à leurs yeux, elle n'était plus une voisine, elle était une traîtresse.
Il n'y avait pas de provocation ou d'agression, mais cette hostilité sous-jacente usait ses nerfs. D'une certaine façon, elle avait toujours accepté l'idée que tous les ninjas de Konoha étaient ses alliés. Là, les Uchiha (ceux qui auraient dû être ses plus proches alliés, justement !) indiquaient clairement qu'ils ne l'étaient pas, et c'était… perturbant.
Et dire qu'elle se pensait être le mouton noir du clan Uchiha. Ah. Ce n'était rien du tout à côté de ça.
Etonnamment, sa famille n'avait pas perdu son nom. Hazuki continuait à se présenter comme Hazuki Uchiha. Ses filles faisaient de même. Elles avaient été reconnues comme des Uchiha par le clan : en être chassées ne leur faisait pas perdre leur filiation. Cela dit, leur futur petit frère (ou petite sœur) ne pourrait pas porter le nom Uchiha sans l'aval des Anciens du clan… Autrement dit, quand les poules auraient des dents.
Alors voilà. Tsunami se sentait en colère, triste, trahie, furieuse. Mais elle se sentait aussi coupable. C'était de sa faute. C'était elle qui avait perturbé le canon. Si elle n'était jamais venue au monde… Izumi aurait grandi au sein du clan sans se rebeller contre ses grands-parents. Hazuki aurait sans doute été une kunoichi active durant la période d'urgence qui avait suivi l'attaque du Kyūbi, mais ensuite, elle se serait rangée, au lieu de soutenir sa fille rebelle. Elle aurait vécu une vie plus paisible. Elle n'aurait jamais rencontré cet inconnu, issu d'un autre clan, dont elle était tombée amoureuse. Ou peut-être qu'elle l'aurait rencontré, et n'aurait juste… pas eu la liberté de se lancer dans une idylle. Elle ne serait pas tombée enceinte et n'aurait jamais été chassée de chez elle. Hazuki et Izumi auraient eu une vie paisible, heureuse, au sein du clan Uchiha.
Et elles seraient mortes avec lui, souffla la conscience de Tsunami. A présent, oui, c'est moche et c'est humiliant, mais ça passera. Elles survivront à cette honte et, plus important, elles survivront au massacre.
Tsunami était en colère, triste, trahie, furieuse, coupable. Mais dans un petit coin de son esprit, surtout, elle était soulagée. Partir n'aurait pas été un problème pour elle, mais faire partir le reste de sa famille aurait été plus compliqué. Là, au moins, elle était sûre qu'ils seraient tous en sécurité. Et s'il fallait encaisser pour cela quelques chuchotements dans son dos, quelques regards méprisants, quelques remarques hostiles… Eh bien. Elle pouvait gérer. C'était un moindre prix à payer.
Au moins elle pouvait compter sur ses amis. Iruka et Yūgao évitaient le sujet, gênés, mais ils étaient de son côté. Yūgao se battit six fois avec d'autres Genins, tous Uchiha, après avoir entendu des commentaires méprisants de leur part. Quant à Iruka, il passa religieusement un mois à boucher les canalisations des Uchiha, à placer des bombes puantes sur les terrains d'entraînement de la police, et à écrire des graffitis injurieux sur les murs du district. Il y était tous les jours. Nettoyer les murs était en train de devenir une mission de rang D rentable, tellement c'était fréquent. Fugaku devait être au bord de l'anévrisme.
Puis Yūgao et son équipe partirent à Suna pour les examens Chuunin. Mine de rien, Tsunami demanda quand est-ce que leur équipe à eux allait y passer. Hayama-sensei eut l'air pris au dépourvu.
– Vous n'êtes Genins que depuis trois mois !
– Presque quatre, pointa Tsunami. Et j'ai une famille à nourrir, maintenant. Avoir un quart de paie des missions de rang D, c'est trop juste.
Hayama-sensei eut l'air gêné, comme s'il ne s'attendait pas à ce qu'elle mette le sujet sur le tapis. Tessen et Kumadori regardaient ailleurs. Quoi, pensaient-ils que s'ils ignoraient poliment sa disgrâce, ça allait s'en aller ? Oh que non. Les gens ne laissaient pas Tsunami l'oublier, alors elle n'aller pas s'en cacher. Porte ta honte comme une armure, et personne ne pourra l'utiliser contre toi, selon les sages paroles de Tyrion Lannister. Bon, personne ne s'en sortait bien dans la saga du Trône de Fer, mais ça restait un bon conseil à suivre.
– Je vous donnerai plus de missions de rang C, décida Hayama-sensei.
– Hum, lâcha Tsunami pas convaincue. Et où sont les prochains examens Chuunin ?
– Dans sept mois ? A Kiri ou Kumo, à voir.
– C'est moins pire qu'Iwa, fit remarquer Tessen. Ils nous détestent, à Iwa.
– Oui mais il y a des rumeurs de purge des kekkei genkai à Kiri, pointa Kumadori. Tsunami n'aura jamais le droit d'y aller.
Obito avait planté ses griffes dans le cerveau de Yagura, le Mizukage… Outch. La jeune Uchiha grimaça. Eh oui, demi-Uchiha en disgrâce ou pas, elle avait toujours le nom du clan et le potentiel d'activer le Sharingan… Et donc aller dans un pays qui haïssait les utilisateurs de kekkei genkai était très vivement déconseillé. Ils la tueraient juste par précaution. Elle se ferait d'ailleurs doublement assassiner : par les ninjas de Kiri qui détestaient ses yeux magiques, et par Obito qui ne tenait pas à ce qu'un possible utilisateur du Sharingan s'aventure sur son territoire.
Elle n'avait pas réalisé qu'on était déjà à la période des purges. Ce n'en était que le début, sans doute. Haku, Suigetsu, Kimimaro, tous les survivants de ces purges montrés dans le canon… Ils avaient à peine quelques années de plus que Naruto, et ils vivaient tous dans un climat de peur jusqu'au début de leur adolescence. Les purges allaient sans doute durer dix ans. Les habitants de Kiri n'avaient pas fini d'en baver.
Hayama-sensei se frotta la nuque, l'air honnêtement hésitant. Tsunami attendit. Ils étaient doués, et leur sensei le savait. Peut-être pas assez pour passer Chuunin, mais assez pour survivre à un examen. Ils avaient juste besoin d'un peu plus d'expérience en combat, et en sept mois, ça pouvait être facilement réglé…
– L'examen de l'année prochaine a lieu à Kumo ou Konoha, finit-il par dire. On verra à ce moment-là.
Ils n'étaient pas encore en très mauvais termes avec Kumo, mais Tsunami se souvenait vaguement que quelque chose allait arriver qui allait les mettre en froid. Elle grimaça. Vu comment c'était parti, elle allait devoir attendre deux ans avant d'être promue !
Cependant, Hayama-sensei tint sa promesse. Ils cessèrent de faire des missions de rang D, et multiplièrent les rangs C. Ils effectuèrent même quelques petits rangs B. Leur équipe n'avait pas le rang de Chuunin, mais ils en avaient tous plus ou moins le niveau. Bon, peut-être pas séparément (Kumadori était toujours mauvais en taijutsu, et Tsunami ne lançait que des genjutsu basiques qu'un débutant pouvait dissiper)… Mais ensemble, ils pouvaient faire face à des adversaires bien plus costauds qu'eux. Les ennemis sur lesquels ils tombaient étaient parfois des Chuunins. Et pour l'instant, malgré quelques catastrophes évitées d'extrême justesse… Ils n'avaient encore jamais raté une seule mission.
Le temps passa. Petit à petit, les murmures se tarirent sur le passage de Tsunami.
L'équipe 11 gagna en expérience. Il y eut d'autres missions de rang C : escorte, courrier, patrouille, attaque de bandits. Kumadori eut l'occasion d'utiliser son ninjutsu médical sur ses camarades. A un moment, il prit sa première vie. Puis Tessen et Tsunami tuèrent à nouveau. Cette fois, cependant, Tsunami était plus consciente de sa force, plus prudente, plus attentive. Elle ne se laisserait plus emporter. Elle ne tuerait plus jamais quelqu'un par accident. Si elle prenait une vie, c'était par choix.
Certaines missions tournèrent mal. Au moins deux rangs C se transformèrent en rang B quand leurs ennemis eurent du renfort. Hayama-sensei était absolument redoutable, mais il ne pouvait pas tout le temps les protéger, surtout face à une vague d'adversaires dix fois plus nombreux qu'eux. Les Genins connurent la peur d'un vrai combat où il fallait lutter pour leur vie. A une occasion, Tsunami fut séparée de son équipe et acculée par deux adversaires. Poussée par la terreur, elle activa son Sharingan. Son Dôjutsu lui donnait un avantage qui changea complètement la donne, et elle tua ses deux ennemis en quelques minutes.
Elle aurait pu les laisser vivre, mais ils avaient vu ses yeux. Elle ne pouvait pas se permettre qu'ils aillent raconter ça à n'importe qui.
Elle n'avait toujours pas débloqué le troisième tomoe de ses Sharingan, mais elle n'était pas inquiète. Ça viendrait. Elle avait le Mangekyō, alors franchement, elle pouvait difficilement se plaindre d'un manque de puissance de ses yeux magiques ! Non, elle allait simplement devoir attendre. Peut-être utiliser son Sharingan dans d'autres combats, tant qu'elle savait qu'il n'y aurait pas de témoin. Il y avait quelque chose de glaçant à décider de ça, à savoir que la prochaine fois qu'elle activerait son kekkei genkai elle déciderait aussi de tuer son adversaire : mais elle était une ninja. Sans s'en rendre compte, elle avait fait la paix avec cette partie d'elle. Parfois Tsunami avait du mal à croire que son premier meurtre, qui l'avait tant secoué, avait eu lieu moins de six mois plus tôt. Avec tout ce qui était arrivé… C'était tout simplement passé au second plan.
Les semaines passèrent. A la fin de l'été, elle revit Shisui.
Ils ne pouvaient pas exactement convenir d'un rendez-vous, mais elle passait souvent au terrain d'entraînement qu'il lui avait indiqué, et elle savait qu'il faisait de même. Inévitablement, ils se croisèrent. Ils ne parlèrent pas de ce qui s'était passé. Ils s'entraînèrent juste comme avant. Tsunami s'améliorait et elle arriva à le prendre par surprise une ou deux fois. A moins que ce soit juste le fait qu'ils ne soient plus aussi familiers qu'avant avec les progrès l'un de l'autre… Jadis, ils discutaient quotidiennement, et ils se voyaient plusieurs fois par semaine pour s'entraîner. A présent, ça faisait plus de deux mois qu'ils ne s'étaient pas vus. Deux mois sans échanger un seul mot au sujet de leurs progrès, leurs Jutsus, leurs missions. Mais aussi deux mois sans parler de leurs vies, de leurs familles, de leurs aventures, de leurs passions.
Après l'entraînement, ils s'assirent et se racontèrent ce qu'ils avaient manqués. C'était un peu gênant, parfois. Le père de Shisui s'était éteint dans son sommeil. Sa mère était effondrée de chagrin et commençait à dépérir. Itachi ne s'était fait aucun nouvel ami, mais il espionnait parfois l'Académie pour y voir Izumi (ce que Tsunami trouvait glauque mais garda pour elle). Fugaku voulait que Shisui rejoigne la police, mais il préférait rester un ninja de Konoha. L'Hokage avait remarqué ses talents de traqueur et pensait à lui confier une unité de poursuite. A côté de ça, les nouvelles de Tsunami semblaient un peu fades… Izumi s'était faite une amie dans sa classe, une fille nommée Hana Inuzuka. Elle avait de bonnes notes. Hazuki avait un peu mal au dos, à cause de son ventre de plus en plus rond et lourds. Elle en était à cinq mois et demi de grossesse. Leurs nouveaux voisins étaient gentils, ou du moins polis et discrets, ce qui était déjà mieux que chez les Uchiha. La police lui envoyait toujours des regards méprisants. Toute la famille faisait attention à ne pas faire de vagues.
Au bout d'un moment, ils se retrouvèrent assis en silence, ayant épuisé les sujets de conversation. Le soleil se couchait. Depuis la falaise, ils avaient l'une des meilleures vues de tout le village.
– Pas mal, hein ? murmura Shisui en regardant le spectacle.
Tsunami ouvrit la bouche, puis la referma. Shisui lui manquait. Elle avait sentit le poids de son absence depuis le jour de son départ du district Uchiha. Mais maintenant qu'il était en face d'elle, les mots se bloquaient dans sa gorge. C'était ridicule, non ? Les Uchiha l'avaient contaminée. Elle était en train de devenir émotionnellement constipée.
Shisui était son ami. C'était étrange et irrationnel, parce qu'elle savait qu'il était condamné. C'était un peu comme d'avoir un ami avec un cancer en phase terminale, sauf que Shisui ne mourrait pas à petit feu : il avait juste une date de péremption dont seule Tsunami connaissait les détails et qu'elle ne pouvait partager avec personne. Elle n'aurait pas dû s'attacher à lui… Mais c'était trop tard. Même quitter le clan Uchiha ne lui avait pas permis de se sauver elle-même. Dans quelques années, Shisui allait mourir. Elle allait en souffrir. Il lui avait manqué durant ces deux mois de distance, mais un jour, bientôt, ils seraient séparés bien plus longtemps.
Tu m'as manqué, aurait-elle voulu dire. Et tu me manqueras tellement, quand tu seras parti. Je sais que je devrais couper les ponts, mais il est déjà trop tard.
Elle ne dit rien. Elle regarda le soleil se coucher, éclaboussant le ciel d'orange et de rouge. Pendant que Shisui regardait les nuages qui prenaient des tons pastel, elle activa discrètement son Sharingan pour graver l'instant dans sa mémoire. Elle aurait voulu pouvoir le faire durer éternellement.
Il ne lui restait qu'un peu plus de quatre ans avant le massacre.
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... So. That happened.
La réaction de ma Bêta en lisant ce chap' était GOLD. En mode "whaaaaaaaat ?!". J'étais pliée x) Oui, Hazuki est enceinte ! Et dans les souvenirs-rêves de Tsunami (autrement dit, dans le canon), Izumi est fille unique. Ce bébé n'est pas supposé exister. On s'éloigne encore du canon ! xD
Je vous avoue que quand j'ai commencé à écrire ce chap', j'avais pas prévu que ça arrive. Mais paf, je me disais "allez, de quoi Hazuki pourrais parler" et BAM ELLE ME SORT QU'ELLE EST ENCEINTE. Mes persos agissent parfois complètement indépendamment de ma volonté. Et le pire ? C'est que c'est pas du tout OOC pour Hazuki ! Elle est isolée, elle a besoin de réconfort, elle s'entend avec ses collègue, elle étouffe chez les Uchiha... C'est une romantique, elle a déjà été mariée, elle n'est pas vraiment timide (elle est douce et polie, mais loin d'être coincée : je vous rappelle qu'elle s'est enfuie de son clan !). Et Kaiji est mort. Est-ce si surprenant qu'elle ait commencé une autre relation ? Est-ce si surprenant qu'elle n'ai pas vraiment pensé à la contraception ? Et surtout... Elle qui est une mère si dévouée, si attachée à ses enfants... Est-ce si surprenant qu'elle ait aimé ce bébé alors qu'il n'était encore qu'une idée, un concept ?
Alors voilà. Hazuki va avoir un bébé.
Et, effet secondaire, sa famille s'éloigne des Uchiha. Tsunami est un peu sous le choc parce que tous ses plans pour éloigner sa mère et sa sœur du clan viennent de devenir inutiles xD
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Sinon, remarque de ma bêta : Tsunami est nettement moins self-aware qu'Elisa. Déjà, elle se dit qu'elle n'est pas traumatisée suivant son premier meurtre, alors qu'elle rumine ça sans cesse, elle se sent mal et tout. Ahem. Yep, elle est traumatisée. Mais elle s'attendait à ce que ça soit un traumatisme fait d'horreur de soi-même et de déni, et du coup elle ne reconnait pas cet autre type de traumatisme, moins violent. Et elle est aussi plus émotionnellement constipée qu'Elisa ne l'a jamais été x) Elle a du mal à articuler ses émotions, elle n'ose pas proclamer son amitié, elle n'est pas aussi attentive aux vies et aux sentiments de ses pairs...
So yep. Bienvenu dans le monde des ninjas x)
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A mercredi prochain !
