Merci à tous pour vos reviews. Contente que ça vous plaise même si je suis un peu trop sadique mais la torture arrive à la fin. Et certains d'entre vous avaient peut être deviné.
J'espère que ça vous plaira. Bonne lecture
Henry ravala sa salive quand Alice se détacha de lui et garda sa main dans la sienne
- Au fait ! Tu ne m'as pas vraiment parlé de l'histoire qui t'a conduit à être comme moi ? On a beaucoup discuté, on est beaucoup sortis depuis et je t'ai briefé sur ce qu'il m'était arrivé à moi, mais je ne connais pas la tienne.
Alice se mordilla la lèvre et hocha la tête
- Oui ! tu as raison ! Tu mérites de le savoir. Je veux dire, à ce niveau-là, clairement on ne peut pas avoir d'autres secrets pour l'autre, n'est-ce pas ?
Henry approuva totalement. Ce pour quoi, une fois que le suspect fut embarqué, le couple décida de quitter après avoir été remercié par Gates et d'aller dîner, pour qu'ils puissent discuter.
Jo les regarda partir tristement. Hanson la serra contre lui.
- Tu veux venir dîner à la maison avec Karen ? Comme je te l'ai déjà dit une fois, je mettrais les garçons dehors s'il faut.
Jo pouffa
- C'est gentil de ta part Mike, mais je pense que là j'ai tellement besoin de me reposer que je vais rentrer et prendre un bon bain chaud avec des bulles.
Hanson n'était pas très sûr de la laisser toute seule. Il ne savait pas si la jeune femme buvait oui non en cachette depuis qu'Henry était en couple avec Alice, mais il semblait qu'elle avait quand même un certain contrôle sur elle-même.
- J'irais rendre visite à April demain pour lui annoncer qu'elle peut retourner chez elle et qu'elle pourra avoir l'esprit tranquille.
Hanson savait bien que sa partenaire s'était pas mal attachée à April. Il sourit et accepta le fait qu'elle voulait simplement se reposer et avoir un peu de temps à elle. Ce qui était parfaitement compréhensible. Elle était celle qui avait énormément travaillé pour avoir le fin mot de l'histoire.
Il lui tapota l'épaule
- Alors bonne soirée à toi ! On se revoit plus tard !
Avant qu'il ne parte, Jo l'interpella
- Au fait Mike !
Il se retourna et la regarda interrogativement
- C'était décembre dernier !
Mike ne la suivait pas
- De quoi tu parles ?
Elle sentit le rouge à ses joues
- Mes… Ce que je ressens pour Henry… Ça a commencé à vraiment se manifester pour que j'en prenne conscience en début décembre de l'année dernière. Juste après l'affaire de Dwight et Emily.
Hanson se disait qu'il avait vraiment dû être aveugle pour ne pas s'en apercevoir à ce moment.
Il y avait eu un rapprochement évident et cela faisait du sens. Il leva simplement son pouce. Jo s'était confiée et c'était chose rare pour elle.
Une fois qu'il eut le dos tourné, elle partit à son bureau et se laissa tomber comme une masse. Henry lui manquait, leur complicité ainsi que leurs taquineries.
- Je donnerais tout pour retrouver tout ça. Quelle erreur j'ai faite en te laissant me passer sous le nez comme ça !
Henry et Alice s'étaient isolés près du même spot où Henry avait découvert le secret de la jeune femme.
Comme c'était la fin de journée, que la brise de l'automne commençait à souffler, il n'y avait plus grand monde dans les rues.
- Donc alors ! Alice Logan, dis-moi un peu, quelle est ton histoire qui t'a conduite à être immortelle à ton tour ?
Alice poussa un profond soupir. Il était évident que contrairement à lui, elle n'avait pas grand monde avec qui partager ce secret.
- Eh bien c'est tout bête, mais c'est arrivé en 1945.
Ce qui était d'autant plus ironique que c'était l'année de naissance d'Abe et l'année où il avait rencontré Abigail. Henry se disait que c'était là une belle coïncidence.
- J'avoue que je n'ai pas été très maligne sur le coup. Je suis comme toi, j'ai un background de médecine et je voulais à tout prix aider mon peuple. Tu sais à quoi correspond 1945.
Henry acquiesça
- La Seconde Guerre mondiale ! Tu es morte à ce moment ?
Alice acquiesça
- Vu que tu m'as dit que tu y étais aussi, ça aurait été drôle de se croiser à cette époque, tu ne crois pas ?
Mais si tel avait été le cas, Henry n'aurait jamais trouvé Abe ni Abigail et n'aurait jamais eu la vie qu'il avait vécue avec eux. Il se retint de dire le fond de sa pensée, mais il était certain que les choses auraient été différentes si jamais il avait vécu depuis tout ce temps avec une femme, immortelle comme lui.
- J'ai transgressé les règles. Les femmes n'avaient pas le droit d'être soldat mais je me suis infiltrée sur-le-champ de bataille. Avec nos armures, notre accoutrement et autre, personne ne faisait la différence entre un homme et une femme. Je me suis fait tuer par un lâcher de bombe. Je ne me souviens presque de rien de ce moment, mais je n'ai jamais compris pourquoi j'avais été épargnée d'une certaine façon. Je n'ai rien fait d'exceptionnel. Enfin contrairement à toi qui as sauvé un homme.
Il était vrai qu'Henry s'était toujours demandé si le fait de sauver quelqu'un pouvait jouer un rôle dans l'immortalité, puisque c'était exactement de la même façon que ceci était arrivé pour Adam. Bien qu'il ait échoué.
Henry n'avait pas mentionné qu'un troisième immortel existait. Il se disait qu'Adam ne méritait pas de savoir qu'ils étaient bien plus nombreux qu'on ne pouvait le croire, dans le monde.
Henry lui prit la main et lui frotta doucement la paume
- Je pense que le fait d'avoir osé participer à la guerre, en tant que femme est ce qui t'a donné cette condition. Comme tu l'as dit, les femmes n'étaient pas autorisées à combattre et pourtant tu as fait ce pas. Mais pour quelle raison ?
Alice regarda longuement Henry
- Mon fils devait se battre sur-le-champ de bataille, mais il avait une déficience… Il insistait, mais j'ai pris sa place. Personne ne l'a jamais su.
Henry fut peiné d'entendre une telle histoire.
- Quel âge avait-il lorsque tu es devenue immortelle ?
- Il n'avait que 20 ans ! Mais tu sais, ils ne demandaient l'avis de personne, tant que le garçon était assez grand pour servir son pays.
Henry se souvenait très bien qu'Abe était très jeune lorsqu'il était parti à la guerre également. Mais à cette époque, cela était encore pire.
- Je suis désolé d'apprendre que ton fils avait une déficience. Qu'avait-il exactement ?
- Ce n'était pas très gros ! C'était de la trisomie 21, mais il était tout à fait conscient et il était très sportif, mais j'ai refusé qu'il aille se faire tuer directement sur-le-champ de bataille. Il avait encore tant à apprendre.
Henry pouvait parfaitement le comprendre. Il avait toujours craint pour la vie d'Abe. Il refusait que ce dernier parte avant lui et pourtant, cela allait être le cas et il le savait.
Il avala sa salive
- Quel âge avait-il quand il est mort ?
- 90 ! Il a bien vécu ! Je suis contente ! Je savais à quoi m'attendre, j'étais préparée depuis longtemps. C'est le cours de la vie et le prix à payer lorsqu'on est immortelle, malheureusement.
Henry fronça des sourcils
- Attends une seconde, s'il est mort à 90 ans, cela veut dire que ?
Alice hocha tristement la tête
- Que ça s'est passé cette année ! Il y a quelques mois précisément, mais comme je te le dis, je m'y attendais. Et je suis fière de tout ce qu'il a pu accomplir toute sa vie malgré son handicap et surtout qu'il ait pu vivre aussi longtemps avec une telle pathlogie.
Henry l'attira contre lui pour la serrer dans ses bras. Elle avait l'air plutôt forte de savoir que son fils unique avait disparu et n'était plus là pour la soutenir.
- Et tu lui avais dit pour ton immortalité, je suppose ?
- Oui je lui ai dit ! Il l'a bien pris ! Et il paraît que je n'ai jamais fait mon âge.
- Très honnêtement tu es morte beaucoup plus vieille que moi, mais effectivement tu n'as pas du tout d'avoir eu la 50aine, c'est difficile à croire.
Alice sourit
- J'ai menti de dix ans sur mon dossier, mais bon, personne ne me pose de question.
Elle mima les guillemets pour appuyer sur le « dix ans ». Henry ne pouvait que la comprendre. Combien de fois avait-il menti pour des dossiers ou des papiers concernant son âge ?
Ils restèrent enlacés à regarder le East River, pensant sans doute à ce que l'avenir leur réserverait.
Alice commença à l'embrasser dans le cou et termina sur ses lèvres quand il se retourna.
Au début, il se laissa faire et presque emporter par le baiser, mais quand il ouvrit les yeux et que d'un seul coup, l'image d'Alice prenait peu à peu la forme de Jo, il se leva d'un bond et se recula, en secouant la tête.
Alice le regarda d'un air interrogatif
- Est-ce que ça va ?
Il regarda tout autour de lui et se demandait ce qui avait bien pu se passer. Depuis qu'il sortait avec Alice, il était parvenu à chasser Jo de ses pensées, mais depuis quelques jours, elle revenait le hanter. Était-ce son subconscient qui tentait de lui dire une chose qu'il ignorait ou dont il ne voulait pas prendre pleinement conscience, pour le moment ?
Elle se leva et entoura sa taille avec ses bras, mais il réagit à peine.
- Je pense qu'on est tous fatigués avec cette affaire. Tu veux rentrer avec moi ? On pourra se caler devant la télé et parler de nos vieux souvenirs à tous les deux.
Henry regarda l'heure et se disait qu'il avait encore un peu de temps. Il était un peu perturbé avec sa dernière vision, mais il se disait qu'il pourrait très bien passer une soirée avec la femme avec qui il sortait.
- Alors, va pour la soirée entre vieux !
Alice rigola et lui prit la main pour le conduire jusqu'à sa voiture. Henry passa cette soirée avec la tête remplie de pensées…
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- T'as une sale tête – attesta Abe, quand Henry rentra après avoir passé du temps avec Alice
L'immortel lui fit un regard sarcastique
- Tu sais très bien que je le prendrais toujours comme un compliment.
Abe regarda l'heure
- Tu rentres tard ! On a passé une petite soirée pimentée entre immortels ?
Henry pouvait sentir le sarcasme dans la voix d'Abe et il ne pouvait pas réellement le blâmer.
- C'est vrai que j'étais avec Alice, mais il ne s'est rien passé ! On a simplement discuté et elle s'est endormie dans mes bras. J'ai attendu que sa respiration soit profonde, pour m'en aller.
Henry se laissa tomber dans le canapé et se frotta le visage, avant de poser ses coudes sur ses genoux.
Abe qui n'avait pas vraiment discuté depuis qu'il sortait avec Alice, surtout que cette dernière l'ignorait pas mal à chaque fois qu'Henry la ramenait à la boutique, décida de s'asseoir et d'essayer de comprendre ce qui pouvait tourmenter son vieux père... Encore !
- Eh bien, j'ai entendu dire que le coupable avait été arrêté ! L'affaire est close ! Et apparemment tu as décidé de continuer ta relation avec ton autre immortelle dans tous les cas – le vieil homme se retint de lever les yeux au ciel – donc pourquoi cette tête de six pieds de long ?
Henry releva lentement les yeux vers Abe et sa bouche se tordit
- Je suis content que l'affaire ait connu un dénouement. Mais cela fait quelques jours que je suis un peu ailleurs.
Abe répondit d'un ton sec
- Ça fait bien deux semaines que tu as la tête ailleurs ! Cette Alice t'a complètement drogué ! Je t'avoue que même avec ta dominatrice, tu n'agissais pas à ce point comme un imbécile. Là, tu as quand même réussi à énerver tout le monde ou presque.
Henry commençait à s'en rendre compte
- J'en suis conscient maintenant ! Je n'arrive pas vraiment à expliquer mon comportement. Il est vrai que dès que j'ai vu Alice et à la minute où j'ai su qu'elle partageait ce que moi j'ai, je me suis laissé aller et je suis passé par la case « simplicité » sans me poser davantage de questions… Mais généralement au bout de deux semaines de relation, tu finis par savoir si oui ou non tu…
Abe acheva la phrase pour lui
- Si tu es fait pour rester avec cette personne ou au moins développer des sentiments s'ils n'étaient pas déjà présents ?
Henry acquiesça. Abe ne put cacher son petit sourire satisfait. À l'entendre, son vieux père reviendrait peut-être au 21e siècle.
- Je parie qu'une petite hispanique n'est pas du tout la raison pour laquelle d'un coup tu commences à te remettre en question.
Son long silence en dit long à Abe. Avant même que son fils ne puisse continuer de lui faire une leçon de morale, il ajouta.
- Je t'avoue qu'avec Alice on avait tenté de…
Il n'acheva pas sa phrase, son fils le comprit et se retint de prendre une mine dégoûtée.
- Je n'osais pas poser la question parce que je ne tenais vraiment pas à le savoir, mais si tu savais comment je suis soulagé que ça ne soit pas arrivé.
Henry haussa un sourcil
- Merci Abe ! Ma dernière relation sexuelle remonte à un certain temps, par moment j'ai moi aussi des besoins !
Abe haussa des épaules
- Oui, mais Henry, tu n'as pas pu parce que ton cœur ne pense qu'à Jo…
- Justement ! À chaque fois qu'on essayait, tout ce que je voyais devant moi, c'était Jo et j'ai eu l'impression de…
- De la trahir – acheva Abe
Henry se sentait complètement bête. Il n'avait pas fait du mal qu'à Jo, mais à tout le monde autour de lui. Alice avait été gentille, c'est vrai qu'elle avait la même condition que lui, mais est-ce que cela suffirait à son bonheur s'il n'y avait pas d'amour derrière ?
Abe leva les bras au ciel
- Je te l'avais dit depuis le début que tu ne faisais que simplement ce qui t'arrangerait parce que c'est aussi une manière pour toi d'éviter de dire la vérité à la petite. Mais tu ne pourras pas la fuir éternellement. Et avec un tel comportement, continue comme ça et tu vas voir si tu arrives encore à la retenir.
Henry regarda dans le vide.
- Je suppose qu'il faut que j'aie une discussion avec Alice ! J'ai apprécié mon temps avec elle, mais tu as raison… Notre condition commune ne devrait pas mettre un frein à mes véritables sentiments…mais la peur de perdre quelqu'un d'autre à nouveau… Juste que pour une fois, j'aurais voulu vivre une relation qui ne se terminerait pas.
Abe roula des yeux dans ses orbites
- Ce n'est pas parce que vous êtes immortels que ça aurait duré. Et puis de toute façon, tu ne l'aimes pas Henry. Tu l'apprécies. Cette attirance que tu crois n'était purement que physique ! Comme avec Molly.
Abe avait raison et de plus il ne le connaissait que trop bien. Chaque femme qu'il avait croisée ou ramenée pour des coups d'un soir n'étaient que toutes blondes et il n'y avait jamais eu plus. Alice était la première avec qui il avait entamé une vraie relation, sans même aller au bout des choses.
Son fils s'approcha de lui et lui frotta doucement le cou
- Allez ! Une bonne nuit de sommeil devrait t'aider à y voir plus clair ! Cette affaire vous a tous épuisés ! Tu mérites de te reposer !
Henry sourit et échangea une étreinte chaleureuse avec son fils, avant de tomber rapidement de fatigue, une fois qu'il fut sur son lit.
Le lendemain, Jo se rendit donc à la cellule de surveillance où April avait été détenue pendant tout ce temps. D'après les gardes, elle avait été plutôt calme et ne se sentait pas du tout observée. Elle était toujours à parler toute seule et faire énormément les cent pas dans sa cellule, mais il n'y avait pas eu d'incident majeur.
Quand elle vit Jo, un large sourire s'incrusta sur ses lèvres
- Jo ! Je suis tellement contente de vous voir.
Comme souvent, elle fit part de son affection à la jeune fille, en la serrant fort autour de la taille.
Jo s'était habituée à ces petites marques et lui rendit son étreinte.
- Vous m'avez l'air en forme aujourd'hui, April ! Je suis contente de vous voir aussi.
La patiente rougit jusqu'à la pointe de ses oreilles
- J'ai pris mes médicaments alors oui, on peut dire que je suis en forme.
Jo la trouva moins pâle que les deux dernières semaines. La cellule aurait-elle fait plus de bien que Bellevue ?
Elle cligna des yeux
- Bon, eh bien puisque tout est terminé, je vais pouvoir vous ramener à la maison.
April tapa dans ses mains
- Cool ! Ça m'avait manqué ! Hâte d'y retourner
Elle commença à préparer ses affaires et s'arrêta
- Mais attendez, qu'est-ce qui est terminé ? Je pensais que c'était moi la responsable ?
Jo s'approcha d'elle et lui frotta doucement les épaules
- Pas du tout ! le Dr Logan a trouvé tout ce dont nous avions besoin pour terminer notre enquête. Il est apparu que le Dr Felix qui vous suivait vous a certainement mis des choses dans la tête, ce qui vous a conduit à nous dessiner ce que vous pensiez que vous aviez fait. Mais ce n'était pas vous, mais bel et bien lui.
April se frotta le menton
- Curieux !
Jo la regarda interrogativement
- Comment ça curieux ?
April secoua la tête et sourit
- Rien du tout ! Je n'imaginais pas qu'il aurait pu me faire ça, tout simplement.
Jo pensa à la manière dont Henry l'avait traitée ces dernières semaines. En tentant de canaliser ses émotions, elle répondit.
- Parfois, ce sont les personnes auxquelles on s'attend le moins, qui nous font le plus souffrir.
April la regarda longuement. Elle lui prit les mains et sourit.
- Ne vous inquiétez pas Jo ! Tout ira bien entre vous et Henry.
Jo tomba des nues ! April n'avait jamais même croisé le regard d'Henry, vu qu'elle refusait de faire face à n'importe quel homme, excepté son docteur, qui du coup en avait profité pour la poignarder dans le dos.
- Attendez une seconde, comment connaissez-vous Henry ? Je ne l'ai jamais mentionné et il ne vous a jamais rencontré officiellement !
Le sourire d'April ne la quitta pas. Jo pouvait dire à quel point il était sincère.
- Parfois, ma folie me permet de sentir et voir des choses. Et je sens que votre cœur saigne en ce moment parce que vous l'aimez si fort et il vous heurte, pourtant il sait très bien ce que vous ressentez, il s'en doute depuis longtemps…
Jo ne s'attendait pas vraiment à avoir une leçon de voyance. Mais elle se surprit à rougir à chaque parole.
- Et si cela peut vous rassurer, il ressent vraiment la même chose et je pense que vous le savez aussi. Il faut toujours un peu de piment pour que l'un ou l'autre se réveille généralement. Mais ne vous en faites pas, tout ira bien entre vous. Je ne devrais pas vous le dire, mais je pense que vous et Henry, vous êtes des âmes sœurs donc quoi que vous fassiez, vous vous retrouverez toujours.
Jo ne s'était jamais vraiment posé la question quant à savoir si les âmes sœurs étaient des choses réelles ou pas. Elle se sut répondre et se racla simplement la gorge.
- April ! il faut qu'on y aille, nous avons un peu de route.
April la poussa gentiment avec son épaule
- Vous savez que j'ai raison !
Après une vingtaine de minutes, les deux femmes étaient de retour à Bellevue.
Jo s'était enregistrée auprès de l'accueil et ramena April dans sa chambre. À peine arrivée, la jeune femme se jeta sur son lit et se blottit contre l'oreiller.
- Oh ça m'avait manqué tout ça. Hâte de retrouver les amis !
Jo se disait qu'un jour dès qu'elle en aurait l'occasion, elle trouverait un petit studio à April et ferait en sorte que quelqu'un la visite régulièrement. Elle ne doutait pas du bon travail de Bellevue, mais lorsqu'elle était sous médicament, les choses semblaient mieux aller pour April et elle pouvait être pleine de vie et faire des choses comme tout le monde. Bien sûr, la personne qui visiterait serait également un docteur de l'établissement. Alice aurait très bien pu le faire, mais pour des raisons égoïstes, Jo préféra ne pas penser à elle.
- Je fais un petit tour dans la salle de bain et je range mes affaires !
- Oh ! prenez votre temps, je me charge de ça – rassura Jo !
April disparut dans la salle de bain et Jo commença à défaire le sac de la patiente et prit soin de ranger tout à la bonne place.
Puis quand elle eut terminé et qu'elle fut presque à la fin du sac, elle attrapa le bloc-notes qui servait à April pour faire ses croquis et soudainement, quelque chose l'interpella.
Elle s'installa sur le rebord du lit et regarda de plus près le dessin. April ressortit et rejoint Jo sur le lit. La détective releva les yeux vers elle d'un air grave.
- Qu'est-ce qui se passe ? – demanda April
Pour toute réponse, Jo lui mit le dessin sous le nez. April se pinça les lèvres et détourna rapidement la tête.
- April ! Qu'est-ce qui s'est passé ? Vous avez dessiné un croquis très détaillé d'une femme qui n'est autre que vous-même, avec un homme qui ressemble de très près à Aiden… Vous faisant des attouchements… Assez évidents.
April se frotta les doigts contre l'autre. Jo s'agenouilla devant elle et lui prit les mains.
- Pourquoi vous ne nous avez rien dit ? Vous pensez que c'est ce qui a poussé Dr Felix à le tuer ?
April ne répondit pas. Jo voulait obtenir des réponses.
- S'il vous plaît ! Parlez-moi ! Comment Aiden en est arrivé à vous toucher ?
April prit une profonde inspiration et raconta alors son histoire
- Je voulais tellement le rencontrer qu'il a accepté de passer un week-end avec moi, pour me montrer son domaine et ce qu'il faisait de ses journées. On m'avait donné mes médicaments alors j'étais assez consciente et je n'ai pas fait de crise… Et plus tard à la fin du week-end, il m'a fait des attouchements… Je… Je ne m'en souvenais plus parce que tout était assez flou.
Jo ne comprenait pas comment elle ne pouvait s'en souvenir, sachant qu'elle était complètement elle-même lorsqu'elle avait pris ses médicaments. Après, le choc du moment avait dû mettre ce mauvais souvenir de côté. Mais quelque chose ne tournait pas rond.
- Pourtant, vous l'avez dessiné pendant que vous étiez dans cette cellule. Comment cela vous est revenu ?
April la regarda longuement et se leva, en fouillant dans sa petite table de chevet.
- J'espère que vous ne serez pas en colère contre moi !
Elle lui tendit un papier. Il s'agissait d'une ordonnance sur laquelle était prescrite la dose de médicaments à donner à April.
Jo regarda alors la boîte qui était posée sur la table de chevet. Il s'agissait du double. Elle écarquilla grand les yeux. L'ordonnance était signée de la main du Dr Felix.
Jo entendit April fouiller dans son sac avant de ressortir une autre boîte de médicaments, avec la bonne dose.
- Qui vous a donné cette boîte-là ?
Elle pointa la bonne dose
- Comme le Dr Logan ne pouvait pas passer, quelqu'un d'autre de l'institut est venu et a regardé l'ordonnance et m'a dit une fois que j'avais eu les médicaments que ma dose était doublée, ce qui était complètement fou et pouvait expliquer mes incohérences. Elle m'a donné les bons médicaments…
Jo sentait le mal de crâne arriver. Tout ceci ne faisait plus aucun sens.
- April ! Qui est la dernière personne qui était chargée de récupérer vos médicaments ? Avant que vous ayez la bonne dose ?
April haussa des épaules
- Je ne suis pas sûre ! Dr Felix devait les récupérer.
Jo secoua la tête
- S'il a donné l'ordonnance, ce n'est pas lui qui était censé vous les apporter.
Jo se leva d'un bond et attrapa son téléphone et ses affaires, en prenant l'ordonnance et la boîte de médicaments à double dose.
- April, il faut que vous restiez là ! Je dois aller parler au Dr Felix, en prison. J'ai peut-être une idée de qui est derrière ça, mais je veux m'en assurer avec lui.
April l'interpella quand elle franchit la porte
- Est-ce que je vais avoir des problèmes ?
Jo lui sourit sincèrement
- Pas le moins du monde ! Vous m'avez été d'une aide précieuse. Si quoi que ce soit vous revient, demandez à l'accueil de m'appeler, je serais sur place le plus rapidement possible.
April hocha la tête et Jo sortit en trombe de l'hôpital, direction la prison.
Sur la route, elle déposa son téléphone sur le support et composa le numéro d'Hanson.
Cette matinée-là, presque personne n'était au poste et Hanson était tout simplement chez lui à préparer un brunch pour sa famille.
- Oui Jo, qu'est ce qui se passe ?
- Désolée de te déranger ! Mais il y a eu du changement ! Pour la faire courte, j'ai ramené April chez elle et j'ai découvert grâce à ses dessins qu'Aiden lui avait fait des attouchements.
Mike manqua de faire tomber son téléphone dans la pâte à pancakes
- Quoi ?
- Je sais, je sais ! Mais peu importe ! J'ai également découvert que le Dr Felix avait écrit une ordonnance avec une dose de médicaments à respecter pour April, mais le problème était que depuis je ne sais combien de temps, la pauvre avait une dose double et ce n'est que depuis qu'elle a séjourné en cellule, que la dose est revenue normale et elle a pu me montrer le tout.
Mike commençait à marcher de long en large, sous le regard éberlué de sa famille
- Mais attends une minute, ça voudrait dire que ce dessin qu'elle nous a fait, mettant en scène elle-même en train de tuer Aiden est…
- Est faux, ça il n'y aucun doute… Elle n'était pas assez sobre dans tous les cas, la dose était trop forte. Ce qui signifie...
- Que le Dr Felix est peut être innocent !
Jo fut ravie de voir qu'Hanson suivait parfaitement bien son raisonnement. Il y eut un long silence et il osa.
- Dis-moi est-ce que tu penses à…
Jo sentit ses doigts se crisper sur le volant
- Je ne veux pas tirer de conclusions hâtives… Mais cette histoire ne sent pas bon. Je suis en route pour la prison, il faut que je parle à Felix.
En bon collègue qu'il était, Hanson lui demanda
- Est-ce que tu veux que je te rejoigne ? Tu as besoin que je fasse quelque chose en particulier ?
Jo ne voulait vraiment pas foncer tête baissée, mais elle avait un mauvais pressentiment. Il était rare que son instinct de flic la trahisse.
- Je m'occupe de tout, mais si tu pouvais prévenir Gates de ce que j'ai découvert ! Je te rappelle dès que j'ai du nouveau.
Jo fut rapidement à la prison et demanda à voir directement le docteur dans sa cellule et l'autorisation d'y rentrer. Les gardes n'étaient pas très sûrs mais elle les rassura en leur disant qu'il ne lui ferait aucun mal, elle en était persuadée.
Il fut surpris de voir la détective rentrer.
- Détective Martinez ! Que me vaut cet honneur ?
Jo s'avança avec un air très sérieux et lui tendit sa propre ordonnance
- Est-ce que cette ordonnance a été faite par vous ?
Il la regarda et confirma
- Oui ! Elle est bien de moi.
Jo poussa un long soupir et s'assit face à lui, en prenant la chaise du bureau.
- April a reçu le double de la dose que vous lui avez prescrite. Je vous en prie, dites-moi qui était la personne chargée d'aller récupérer ses médicaments.
Elle savait qu'ils étaient généralement tenus au secret professionnel, mais pour le coup, si cela permettait de l'innocenter, il devait en faire part.
- Écoutez, vous aurez peut-être la chance de sortir de là et de ne pas perdre votre droit d'exercer. Peu importe qui vous protégez, ça ne vaut pas la peine.
Elle eut à peine le temps de terminer, que le Docteur balança direct le nom
- C'est Alice !
