Merci de vos reviews et particulièrement à la petite nouvelle sur l'histoire. Ton commentaire m'a beaucoup touchée et j'espère sincèrement que le reste du récit continuera de te plaire ;).

Bonne lecture tout le monde, vous allez m'aimer de nouveau haha


Jo ferma rapidement les yeux. Son intuition avait vu juste. Sacré Henry. Il s'était fait avoir comme un bleu et tout le monde avec.

- Le Dr Logan était responsable de lui donner les médicaments ?

- Exactement ! Je lui ai confié mon ordonnance en toute confiance ! Je n'ai jamais pensé à regarder la dose puisque ce sont les mêmes boîtes et j'étais persuadé qu'elle avait fait le travail avant de découvrir que ce n'était pas le cas. J'ai voulu la dénoncer et elle s'est vengée…

- En vous accusant du meurtre d'Aiden.

Il acquiesça

- Savez-vous ce qui s'est passé exactement le soir où Aiden a été tué ?

- Non seulement je sais tout, mais j'ai tout vu.

Jo prit son dictaphone et l'activa.

- Je vous écoute !

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Jo avait foncé à la boutique pour prévenir Henry. Le petit charme d'Alice avait fonctionné sur tout le monde, même si elle devait reconnaître que sur elle, cela n'avait pas été trop le cas.

Elle rentra comme un bourrin, sans prendre la peine de frapper et fut soulagée de voir qu'Henry était seul avec Abe.

Les deux occupants sursautèrent en entendant la jeune fille.

- Salut Jo – accueillit Abe avec un grand sourire – tu m'as l'air bien énervé, que se passe-t-il ?

Elle gesticula et se dirigea vers Henry

- Henry ! Je sais que je suis sûrement la dernière personne que tu veux voir pour le moment, mais il y a du nouveau dans l'affaire et il faut que tu m'écoutes.

Abe se racla la gorge et leur fit de l'air. Pour une fois qu'il savait que cela ne le concernait pas.

Henry fronça des sourcils

- Mais je pensais qu'on avait déjà tout résolu ?

Jo se pinça les lèvres et sortit son dictaphone

- J'ai retrouvé quelque chose chez April, qui a changé toute la donne ! Et tout ce qu'il y a là dedans, c'est ce qui s'est réellement passé. Je te préviens, ça ne risque pas de te plaire, mais tout se relie ensemble et crois-moi, je viens de passer les dernières minutes à me demander si oui non je devais te le faire écouter.

Elle appuya sur le dictaphone et au fur à mesure que Felix parlait, le visage d'Henry blêmit. Il n'arrivait pas à le croire. Comment avait-il pu tomber dans le piège d'Alice et se laisser embobiner de la sorte ? Comment avait-elle réussi à avoir ce pouvoir d'hypnotisation sur lui, sans jamais qu'il ne se doute qu'elle aurait finalement pu être derrière tout ça ?

Il avait été stupide, tout simplement parce qu'elle était comme lui. Il aurait dû se douter qu'il y avait anguille sous roche. Était-il le seul immortel avec une raison saine ?

Il dut s'asseoir pour écouter toute la confession. Jo voyait bien à quel point cela l'affectait et le mettait en rogne, mais tout ce qu'elle voulait n'était que le bien d'Henry et elle ne voulait certainement pas qu'un de ces quatre, elle le retrouve avec le même sort fatal qu'Aiden avait subi.

Elle se baissa devant lui et posa ses mains sur les siennes.

- Je suis désolée Henry ! – elle prit une profonde inspiration – je sais qu'elle te plaisait énormément. Mais je crois qu'elle aura réussi à tous nous berner. Je sais que je ne l'ai jamais apprécié, mais c'est que…

Elle n'osa pas le regarder droit dans les yeux et se reprit avant de s'égarer

- Enfin, peu importe ! Même moi elle a réussi à m'impressionner lorsqu'elle avait trouvé toutes les preuves qu'on pensait être les bonnes. Mais maintenant, il va falloir qu'on l'arrête. Si tu sais où elle habite...

Elle se disait qu'Henry ne voudrait pas coopérer ou qu'il ne voudrait rien entendre, mais il se leva et lui rendit le dictaphone.

- J'ai été stupide ! Alors, je vais réparer mon erreur ! Appelle le lieutenant et Hanson pour qu'ils nous rejoignent directement sur place.

Les deux partenaires se rendirent jusqu'au domicile d'Alice. Henry avisa Jo de rester dans la voiture, il s'occuperait de tout.

Il avança jusqu'à la maison de la jeune femme et rentra dedans avec une certaine facilité. Jo fit un petit sourire en coin. Il avait bien appris. Même s'il n'avait pas eu grand-chose à faire, la porte n'était pas fermée à clé.

En arrivant, il vit Alice dans le salon, qui était en train de préparer une valise et avait laissé un mot sur la table. Elle ne l'avait pas encore entendu rentrer, mais semblait bien pressée.

Henry dit d'une voix posée

- Tu vas quelque part ?

Alice sursauta et se retourna, en prenant un air larmoyant.

- Henry ! Oh ! Ça tombe très bien que tu sois là.

Elle avança vers lui, mais Henry ne bougea pas d'un pouce. Elle posa ses mains sur son torse et commença à le charmer.

- Je me suis dit qu'on pouvait prendre quelques vacances ! Cette affaire était tellement difficile, je pense qu'on le mérite. Je pensais partir en Grèce et toi et moi, on pourrait y rester aussi longtemps qu'on le voudrait et revenir quand ça nous chante ou bien construire une vie là-bas. Toi et moi, nous sommes liés Henry et on mérite de vivre notre vie éternelle ensemble.

Henry se demandait comment il avait pu croire tous ces mots, qui sonnaient si faux.

Il tenta de répondre sans se trahir

- Ça me semble être une idée !

Alice fut ravie de l'entendre dire

- Alors on peut partir maintenant ! prenons la fuite et vivons ce futur qui nous attend.

Cette fois, Henry ne se laissa pas abattre

- Sauf qu'il n'y a aucun futur pour nous et je crois que tu le sais.

Alice le regarda, en faisant semblant de ne pas comprendre

- De quoi est-ce que tu parles ?

Henry commença à tourner en rond

- Je dois avouer que tu as été très forte ! Tu as réussi à me tromper. Et à tromper tout le monde. Tu as même fait en sorte que je m'intéresse à toi pour que je te suive dans toutes tes théories.

Alice pouffa

- Je ne comprends pas !

- Je crois que si ! Donc puisque tu as besoin qu'on te rafraîchisse la mémoire, je ne vais pas me gêner !

Il lui tourna autour tel un vautour à la recherche de sa prochaine proie

- Pour commencer, tu es la responsable d'avoir pris la mauvaise dose pour April. Je ne sais pas comment tu as fait, sachant qu'un pharmacien ne t'aurait jamais donné ceci avec l'ordonnance, mais je suppose que tu as attendu qu'il ait le dos tourné pour prendre ce dont tu avais besoin. Avec ton background de médecine, tu connais tous les médicaments et il ne t'a fallu que quelques secondes pour trouver la rangée.

Alice sentit ses épaules se contracter. Henry continua.

- Tu as bourré April de la mauvaise dose pendant je ne sais combien de semaines alors la pauvre se mettait à délirer plus qu'autre chose. Le soir du meurtre d'Aiden Widmiller, tu étais avec le Dr Felix et April au théâtre. Tu es celle qui a attendu qu'il soit sorti pour le tuer. Je dirais que c'est une question de vengeance, car il a fait des attouchements à April, mais je pense aussi que tu as eu une histoire dans le passé avec sa famille et tu avais envie de te venger et je ne suis pas sûr que tu te soucies vraiment d'April dans le fond. Le fait que tu sois venue au poste pour l'innocenter était planifié. Tout de suite après avoir tué Aiden, tu as demandé au Dr Felix de te tirer dessus avec la même arme qui venait de servir pour tuer Aiden. Remplaçant tes empreintes par les siennes. Tu lui as demandé de partir au poste avec April et de la convaincre d'avouer, le temps que tu reviennes et que tu l'innocentes. Ensuite, tu avais promis une énorme somme d'argent à ton collègue, et tu lui as donné, pour qu'il accepte de porter le chapeau à ta place.

Alice croisa les bras

- C'est une belle histoire !

Henry fit un sourire ironique

- Et je n'ai pas terminé ! Tu savais très bien que tu étais entourée de détectives et d'un docteur qui résout les affaires assez rapidement s'il fait preuve de logique. Alors tu t'es rapproché de moi pour que j'aie l'air assez ailleurs pour ne pas me méfier. Je ne sais pas exactement ce que tu as raconté à Felix le jour où tu as tué Aiden, mais quoi qu'il en soit, il a été également assez bête pour se faire avoir. Ensuite, comme prévu, tu as falsifié un document attestant que ton collègue était le propriétaire de l'arme. Je dois reconnaître le génie derrière, il paraissait si authentique. Mais après avoir vécu toutes ces années sur Terre, tu as forcément du talent pour les choses comme ça. Je sais de quoi je parle. Tu avais caché l'arme chez toi pendant tout ce temps et tu l'as ressorti juste au bon moment. Le plan était que tu attendes 15 jours, que tout le monde continue de rechercher sans succès. Que tu nous ressortes tout ce que tu avais falsifié, y compris la base de données de Bellevue et qu'on se fasse tous attraper. Tu es également responsable d'avoir prévenu la presse dans les premiers jours.

Henry se frotta le menton

- Je pense que le jour où nous l'avons arrêté, possible que le docteur Felix ait tenté de nous dire qu'il n'y était pour rien et que ce n'était qu'un leurre. Sachant ce qui l'attendait, il n'aurait pas tenté de fuir, mais il l'a vu. Maintenant que j'y repense, j'ai bien vu à quel point tu as paniqué au moment où nous avons entendu la porte arrière. Est-ce que j'ai tout bien résumé ?

Alice le regarda longuement, en faisant claquer sa langue dans sa bouche. Elle rigola nerveusement.

- Tu as beaucoup d'imagination pour un homme de ton âge ! Dire que je pensais que tu venais ici pour me dire que tu ne voulais pas de futur avec moi, parce qu'une certaine Jo Martinez fait partie de ta vie.

Il y avait au moins une part de vérité dans ce qu'elle venait de dire

- Je pense que tu l'avais compris depuis le début.

Alice leva les yeux au ciel

- Évidemment ! Et elle est bien trop maligne. Elle aurait pu facilement me découvrir. Mais son cœur brisé l'a empêché de chercher trop loin.

Henry se sentait vraiment mal. Il n'avait rien vu de tout ce que Jo avait subi et tout ça parce qu'il avait été un imbécile de croire qu'une autre personne immortelle aurait du bon.

Il soupira

- Je t'ai tout dit sur moi, j'ai partagé presque toute ma vie et tout ça, n'était que pour gagner mon affection.

Il s'arrêta un instant et se demanda comment elle avait pu en arriver là. Il ravala sa salive. Et si elle travaillait avec ou par Adam ?

- Attends une seconde ! Est-ce que tu savais déjà qui j'étais ou ce que j'étais ? Tu as toujours prévu de mettre la main sur moi pour me poignarder derrière le dos par la suite. Est-ce que tu travailles pour quelqu'un qui t'a demandé de t'en prendre à moi ?

Alice le trouva ridicule

- J'ignorais que d'autres immortels pouvaient exister – elle réalisa ce qu'elle venait de dire – attends, tu viens de demander si je travaillais pour quelqu'un ? Il y a un autre immortel ?

Henry ne lui répondit pas. Il ne pouvait pas lui donner ce plaisir. Il vit son visage changer du tout au tout.

- Je le trouverais et peut-être qu'à nous deux on pourra trouver d'autres solutions.

Henry préféra se taire et lui dire qu'il en doutait. Le pire c'est qu'Adam n'avait jamais été aussi près d'elle, mais elle n'aurait pas l'occasion de le savoir.

Alice se retourna

- Bon eh bien, c'est dommage pour nous deux ! Tu as raison, passes ta vie avec une mortelle, un moment ou un autre ça finira par te faire souffrir une nouvelle fois. Je t'ai bien apprécié, mais malheureusement, il va falloir que je me carapate et tu es sur ma voie… Tes collègues vont certainement découvrir la vérité, mais bon, tant pis.

Elle sortit l'arme qui avait servi à tuer Aiden. Henry ne voulait vraiment pas savoir comment elle était parvenue à la récupérer, parmi les pièces à conviction, mais une nouvelle fois, elle était maligne. Henry activa son oreillette, avec l'espoir qu'elle ne dévoilerait rien sur l'immortalité de qui que ce soit.

- Alice, tu n'as pas besoin de l'arme ! Dépose-la.

- Pour quoi faire ? Ça ira pour toi de toute façon. Si je te laisse franchir cette porte, je vais avoir des ennuis. Donc je préfère éviter ça et me tirer avant que tes amis de la NYPD ne m'arrêtent. Il est vrai qu'April était la cible parfaite, ainsi que le Dr Felix. Ils m'ont tous deux bien aidé. Je n'avais pas pensé au fait que quelqu'un d'autre serait venu lui donner des médicaments. Mon erreur ! Ça aurait dû me frapper avant. Il aura fallu du temps, mais il semble que ton intelligence te rattrape.

Henry fit un petit sourire

- Je n'ai aucun mérite. Tu avais bien réussi tout coup. Jo est celle qui a tout découvert.

Alice répondit à son sourire

- J'aurais dû m'en douter ! Elle ne m'aurait jamais laissé t'entraîner plus loin. J'espère que vous serez heureux... Ou pas !

Son doigt appuya sur la gâchette et Henry ne remua pas. De toute façon, il savait où il finirait dans tous les cas. Mais Alice n'eut le temps de ne rien faire que Jo débarqua comme une folle, juste derrière Henry.

- NYPD ! Lâche ton arme !

Alice resta en position, prête à tirer, mais Hanson débarqua par-derrière et d'autres sirènes de police se firent entendre.

- C'est fini Alice ! – murmura Henry – rends-toi !

La jeune femme poussa un long soupir et laissa tomber son arme. Hanson donna un coup de pied dedans et Jo se chargea de mettre les menottes aux poignets d'Alice.

- Alice Logan ! Vous êtes en état d'arrestation pour le meurtre d'Aiden Widmiller et pour avoir berné une personne atteinte de démence et pour avoir dupé non seulement votre collègue, mais aussi tout le monde de la NYPD.

Alice fit un sourire narquois

- Je parie que vous aviez hâte de me dire ces mots, n'est-ce pas détective ?

Jo ne fit que la regarder de travers et la confia à Hanson pour qu'il l'embarque. Cette dernière passa devant Henry et lui dit.

- Peut-être à un autre moment, à un autre endroit !

- Ne compte pas trop dessus – répondit l'immortel, d'une voix sèche.

Hanson et Alice sortirent, laissant Jo et Henry seuls, dans un silence à couper au couteau.

Jo le regarda et lui passa devant, sans dire un mot. Henry la suivit et lui attrapa le bras quand elle descendit le perron. Elle fut particulièrement surprise.

- Est-ce que… est-ce que tu pourrais m'amener voir April ? J'aimerais beaucoup lui parler. C'est… C'est aussi grâce à sa prise de conscience si on a pu arrêter Alice. S'il te plaît !

Jo se disait qu'après tout ce qu'il lui avait fait, il ne méritait même pas qu'elle lui adresse la parole. Et elle pourrait décider de le laisser mariner, mais cette façon qu'il avait de la garder, sa main qui tenait fermement son bras, signifiant qu'il ne comptait pas la laisser échapper. Elle releva doucement les yeux vers lui et vit cette peine dans ses pupilles et à quel point il se sentait nul d'avoir agi comme un crétin ! Il fit un pas vers elle et sentit une boule dans sa gorge.

- Jo ! Je sais à quel point tu m'en veux et je m'en veux à moi-même, pour avoir pensé avec autre chose que ma tête pour le coup.

Il parvint à arracher un sourire aux lèvres de son amie. Au moins, il était honnête.

- Mais je tenais à te dire à quel point je suis désolé… Dorénavant, je réfléchirais beaucoup plus dès qu'une femme commencera à rôder pour nous aider dans nos affaires.

Elle savait que les excuses de l'immortel étaient sincères. Elle repensa à ce qu'April lui avait dit et ses joues prirent une couleur bien rosée. Elle fit rapidement descendre la température et lui sourit timidement.

- Bon ! J'avoue que tu t'es conduit comme le dernier des idiots et je ne pensais vraiment pas ça de toi… Mais un jour ou l'autre, une femme ou un homme nous perturbe tous – son regard resta accroché au sien en disant les derniers mots. Henry passa sa langue sur ses lèvres et se demandait encore ce qu'il avait pu trouver à Alice, mis à part leur condition commune. – mais OK, je vais t'amener voir April. Je pense qu'elle pourra t'accepter, maintenant qu'on sait tout ce qui est arrivé et que sa dose de médicaments a été réglée.

Ils reprirent la voiture de la détective et se rendirent jusqu'à Bellevue. Quand ils furent sur place, l'accueil ne prêta même pas attention à Jo, tellement elle était souvent venue.

Elle n'eut pas vraiment besoin de signer son nom sur le registre pour le coup.

Elle rentra doucement dans la chambre d'April après avoir frappé. Cette dernière était assise à son bureau, en train de dessiner, comme souvent.

- Jo ! Vous êtes vite revenue !

Jo acquiesça

- Je suis venue vous dire que cette fois-ci, tout est vraiment terminé. Le Dr Logan était le vrai coupable et elle fera quelques années en prison, sans jamais tenter de vous faire croire que vous aviez commis un meurtre.

April semblait heureuse du dénouement.

- Et le Dr Felix ?

- Il sera libéré dès demain et reprendra ses fonctions la semaine prochaine. Je pense qu'il a hâte de retravailler avec vous.

April rougit

- Et moi donc !

Jo était heureuse, elle avait certainement permis à deux personnes de se retrouver, malgré leur différence. April regarda la porte et sourit.

- Vous allez le faire rentrer ou pas ?

Jo ne posa même pas de questions et fit signe à Henry de la rejoindre. April se leva et ne put s'empêcher de glousser en voyant le morceau à côté de la détective.

- Je suis contente de faire votre connaissance enfin, Dr Morgan.

Henry regarda Jo qui haussa des épaules

- Ne me regarde pas comme ça. Elle savait déjà qui tu étais, sans même que je ne te mentionne.

Henry savait que parfois, les personnes atteintes de démence sentaient certaines choses et avaient peut-être un certain aperçu du futur. Il trouva cela curieux, mais il fut ravi de voir que la jeune femme ne lui demandait pas de sortir.

- Je suis ravie de vous voir également, April ! Jo ne terrait pas d'éloges à votre sujet. Vous étiez un très bon témoin et votre aide a été précieuse dans cette affaire.

April rougit fortement, tout en regardant ses pieds.

- Je suis contente alors !

Elle s'assit sur le lit et regarda le couple. Elle sentait quelque chose qui se dégageait d'eux.

- Je sais que ma mère m'avait dit que dans la famille, il y a cette pathologie de démence. Ceci remonte à mon très très très très très arrière grand-père, qui avait été arrêté pour tentative de meurtre.

- James Hadfield – répondit simplement Henry

April sembla surprise que quelqu'un connaisse même le nom

- Vous en avez entendu parler ?

Une nouvelle fois, la question fut quelque peu déconcertante pour Henry, qui ne pouvait tout bonnement pas dire qu'il avait vécu à l'époque et qu'il avait suivi toute l'affaire.

- Oui ! Je, je suis un peu historien à mes heures et en entendant votre cas, je savais qu'il y avait une très forte ressemblance avec cette affaire. Et tout comme lui, vous avez été innocenté à cause de votre pathologie, mais vous n'étiez coupable de rien de toute façon.

Peu de personnes connaissaient son arbre généalogique et April fut réellement flattée. Elle regarda Jo d'un air sous-entendu. La jeune femme détourna rapidement la tête et demanda à April.

- Et est-ce que vous allez rester dans cet établissement ? Pas que je ne leur fais pas confiance, mais je pense que vous êtes capable de garder la tête froide quand vous avez pris vos médicaments et quand les effets se dissipent, il vous suffirait d'avoir quelqu'un qui veillerait dans le cas de crises.

April aimait bien rester dans cet établissement, mais il était vrai qu'avoir une réelle indépendance lui manquait.

- Eh bien, Dr Felix m'avait parlé d'un sous-sol qu'il a transformé en appartement, dans sa maison. Il m'avait proposé d'y vivre si j'étais intéressée. Bien sûr, avec tous mes médicaments et le fait que je n'étais pas toujours nette, j'ai pensé que ce n'était pas une très bonne idée, mais maintenant, j'aimerais ça voir autre chose.

Henry trouvait que Jo avait un cœur énorme de proposer un autre toit à April.

- Je suis contente alors ! Si vous en avez l'occasion, faites-le. Au moins, vous aurez un petit cocon pour vous.

April hocha la tête et lui fit comprendre qu'elle y penserait. April confia à Henry.

- Moi en tout cas, j'espère que vous continuez de faire du bon travail. Tous les deux ! Continuez de protéger notre ville du crime.

- On fera de notre mieux – répondit le couple d'une seule et même voix

Ils passèrent une bonne partie de l'après-midi à discuter et même déjeuner avec April. Elle était très heureuse d'avoir de nouveaux amis et Jo lui promit de lui rendre visite le plus souvent possible.

Avant de partir, Henry fit une petite halte aux toilettes et April en profita pour donner un dessin à Jo.

- Tenez ! C'est pour vous !

Jo prit le dessin et rougit jusqu'à la pointe de ses oreilles. April avait sans aucune erreur possible, dessiné un croquis parfait d'elle et Henry, enlacés devant la tour Eiffel. Le dessin montrait Henry qui embrassait la détective sur la joue et cette dernière qui riait aux éclats.

Jo eut chaud d'un seul coup et plia rapidement le dessin pour le ranger dans sa poche.

- Hum… Merci… C'est vraiment… Bien fait.

- Je suis persuadée que vous et Henry allez réaliser tous vos rêves, en commençant par celui-ci.

Jo devait avouer qu'elle était impressionnée et ne savait pas trop si oui non, il fallait prendre en compte les paroles de la jeune femme, mais elle allait le garder dans un coin de sa tête. Henry ressortit de la salle de bain et regarda les deux femmes et le teint de Jo qui avait maintenant une couleur méconnaissable.

- Est-ce que tout va bien ?

April lui tapota l'épaule

- Elles iront très bien, je pense ! Je ne vous retiens pas, c'est bientôt l'heure du dîner pour moi. On se reverra très vite.

Jo bégaya deux trois mots incompréhensibles et fit une étreinte à April. Henry les regarda avec des yeux tendres avant que la détective ne ramène l'immortel à la boutique.

En restant garé de l'autre côté de la rue, les deux jeunes gens sentirent cette tension sexuelle qui était de retour. Jo pouvait difficilement cacher sa joie de retrouver son Henry. Elle lui en voulait encore pour l'avoir fait autant souffrir, mais apparemment, si elle écoutait April, leur futur s'annonçait plus que bien. La grimace qu'elle fit en y repensant, comme si tout cela décidait de son avenir, mit la puce à l'oreille d'Henry.

- Tu repenses encore à quel point j'ai été bête ?

Jo cligna rapidement des yeux

- Oh pas du tout ! Je pensais à tout sauf à ça. Écoute, je vais être honnête, je t'en ai voulu, mais on peut avancer au-delà de tout ceci. J'ai apprécié le fait que tu m'aies écouté même si tu sortais avec elle. J'ai vu qu'elle t'avait plu.

Henry se mordilla la lèvre et lui avoua

- Jo ! Ça n'était qu'une attirance physique et rien de plus. Comme je te l'ai dit, je n'ai vraiment pas pensé avec ma tête pour le coup. Mais, je commençais à me dire que si je n'arrivais pas à éprouver de sentiments pour elle, ce n'était pas la peine de continuer, dans tous les cas. Même si elle n'avait pas été une psychopathe en puissance.

Henry se retint de lever les yeux au ciel. Il avait vraiment le hic pour les attirer.

Jo posa délicatement sa main sur son genou et compatit.

- Désolée d'apprendre ça ! Mais bon, ça t'apprendra à mieux choisir tes copines.

Il la regarda si intensément, qu'elle crut qu'elle allait défaillir. Elle secoua la tête.

- Bon eh bien ! Contente que cette affaire soit terminée. Elle a été longue, mais au moins, nous avons eu le fin mot de l'histoire.

Henry avait bien envie de lui proposer de venir dîner, mais avec les dernières semaines, il préférait lui laisser au moins un peu d'air. Il vit Abe qui fermait la boutique et les remarqua. Il put parfaitement voir son petit sourire en coin.

- Je vais te laisser te reposer alors. Et encore une fois merci d'avoir agi quand Alice a failli me tirer dessus et de m'avoir raconté toute l'histoire.

Jo lui donna un coup de coude

- C'est à ça que servent les partenaires ! Bonne soirée, Henry !

- Merci, toi aussi !

Ce fut des semaines assez éprouvantes pour tout le monde et pour Henry qui désormais savait qu'à l'avenir, il allait devoir se méfier de chaque personne lui disant être immortelle. Il semblait que chacun avait sa part d'histoire et finissait éventuellement par tourner complètement psychopathe. Henry n'espérait qu'une chose… Que cela ne lui arrive jamais.