Merci de vos reviews. Très contente que ça vous plaise.

Références à l'épisode 2: Look before you leap.


Quand Jo et Henry arrivèrent au 11, ils retrouvèrent Hanson et Gates qui discutaient.

Ni l'un ni l'autre ne prit en compte le fait qu'ils arrivaient de nouveau ensemble. Chose qui n'était plus arrivé depuis l'histoire avec Alice.

- Alors ? Il paraît qu'on a un reste de corps ? – demanda Jo

Hanson acquiesça

- Je n'ai toujours pas osé aller voir ce qu'il en retournait. Mais il paraît que ce sont des restes qui ne sont pas entièrement développés...

Henry ferma à demi les yeux et Jo sentit déjà la nausée arriver. Gates se sentit déjà désolée de cette affaire qui allait sans doute les tourmenter si cela était bien ce à quoi ils pensaient.

- Je vais descendre voir ce qu'il en est – souligna Henry

- Je te suis ! – répondit Jo

Gates et Hanson se joignirent également au groupe. Chacun voulait s'assurer du corps qui était présent.

Quand ils arrivèrent, Lucas était planté devant, et semblait nerveux. Même de dos, Henry pouvait le confirmer.

Le corps était encore recouvert et Henry questionna son assistant

- Tu n'as pas encore découvert ?

Lucas acquiesça lentement

- Je l'ai fait… J'ai même remis les os dans le bon ordre…

Tout le monde remarqua le peu de place que les os prenaient sur la table, même si cachés par un drap. Quand même bien ils n'étaient que des os, ceux adultes étaient censés être au bout de toute la table d'examination. Si ceux-là prenaient le trois quarts, c'était qu'ils étaient chanceux.

Hanson se sentit également nauséeux

- Dites-moi qu'il manque des morceaux

Lucas secoua négativement la tête

- J'ai vérifié ! Trois fois !

Henry enfila rapidement sa blouse et ses gants et regarda tout le monde autour de lui, qui semblait retenir son souffle.

Et en découvrant lentement le drap, ce qu'ils craignaient tous fut confirmé.

- Oh non – murmura Jo

Gates détourna les yeux et sentit presque des larmes dedans. Hanson fut incapable de regarder les restes.

- Ce sont les restes d'un…

- D'un enfant – confirma Henry qui sentait que cette affaire allait les remuer plus que jamais.

Examiner le corps d'un enfant était déjà délicat en soi, mais des restes, ils étaient sans doute aussi fragiles que le corps d'un enfant à cet âge. Et il fallait les manipuler délicatement.

Gates suggéra

- Je… Je vais monter, voir s'il y a eu des enfants disparus ces derniers temps…

Avant qu'elle ne monte, Henry l'arrêta

- Attendez… Cet enfant n'est pas – il se força à sortir les mots de sa bouche – mort, récemment…

Chacun lui lança un regard, attendant son explication

- À en juger par la bonne conservation des os, je dirais qu'il est resté près de quelque chose avec du fertilisant, un arbre ou de la terre sans doute… Je craignais qu'il soit délicat à examiner, mais les os sont assez solides pour que je puisse travailler dessus… - il poussa un soupir – cet enfant est mort il y a environ entre 12 à 15 ans et pour trouver la cause, je vais devoir travailler très ardemment dessus.

Il y a des jours comme ça, où chacun souhaitait qu'on les prévienne qu'une longue journée comme celle-ci les attendait. Hanson décida d'accompagner Gates.

- On va lancer les recherches sur les enfants disparus dans cette période-là et jamais retrouvés. Ça nous aidera sans doute.

Henry avait eu le temps de bien observer les restes et lui confirma ce qu'il devait chercher

- Il faut que vous recherchiez pour environ un enfant d'une dizaine d'années. À en juger par la déformation de son épaule gauche, il a déjà eu la clavicule cassée, qui a été opérée, mais qui l'aura sans doute rendu moins habile de ce côté-là.

Il regarda l'intérieur de la bouche

- Il portait un appareil dentaire depuis peu.

Henry parvint à extraire le métal qui était resté collé sur les dents de la petite victime et le passa à Lucas qui le mit dans un contenant pour pièce à conviction.

En voyant tout ceci, Jo se sentit affreusement mal et Gates également. Ce genre de choses touchaient énormément les femmes, mais Hanson pouvait en dire autant. Il n'imaginait pas si cela avait été un de ses garçons, allongé sur la table et en morceaux.

Il fut incapable d'en supporter plus longtemps

- Écoutez Doc, je vais remonter et je vais lancer les recherches ! Je reviendrais avec les résultats et on comparera tout ça.

Il s'échappa rapidement avant de tourner de l'œil. Personne ne pouvait le blâmer. Même Henry ne pouvait imaginer Abe à l'âge de l'enfant… Il avait déjà eu énormément de mal à s'y faire avec Abigail.

Gates remonta également, laissant Lucas, Jo et Henry seuls.

Jo passa de l'autre côté du corps, en tentant de garder la tête haute.

- Est-ce qu'on sait si c'est une fille ou un garçon ?

- Un petit garçon – répondirent en chœur Henry et Lucas, mais pas d'une voix très joyeuse.

Jo n'imaginait pas l'angoisse et la peur dans laquelle ses parents avaient dû vivre pendant tout ce temps. Ne jamais avoir de nouvelles, ne jamais le revoir revenir, rien du tout.

- Quelle horreur pour les parents de ce petit – finit-elle par dire

- Je suis d'accord avec toi – répondit Henry, d'une voix rouée – de toute sa carrière, il n'avait jamais eu même en 200 ans, à faire l'autopsie d'un enfant. Il savait déjà que cette affaire allait complètement changer leur point de vue sur la vie et la mort en parallèle, y compris le sien, qui était vraiment pourtant un expert dans son domaine.

Jo regarda le petit corps, ou du moins ce qu'il en restait

- Est-ce que tu as une idée de comment il est mort ?

Henry secoua la tête

- Pour l'instant, rien du tout ! Je ne vois pas de blessure particulière, sauf sa clavicule. Son corps est entier et intact, donc je n'arrive pas à établir ce qui a pu se passer, mais je trouverais.

Jo lui caressa délicatement le bras

- Je vais aider Mike dans ses recherches ! Si quelque chose en particulier te frappe, n'hésite pas à nous solliciter.

- Je le ferais ! Ça ne va pas être de la tarte de travailler sur celui-là.

- Je sais bien !

Jo remonta où elle trouva Mike déjà partiellement frustré. Elle s'installa à côté de lui et lui frotta le dos.

- J'imagine que tu penses à Matt et Donnie avec toute cette histoire ?

- Tu n'as pas idée ! Je ne sais même pas comment je réagirais si j'étais les parents. Imagine, ils vont virer fous quand ils vont apprendre ce qui est advenu de leur enfant.

- C'est aussi ce à quoi je pensais ! C'est pour ça qu'on va devoir leur annoncer avec le plus de délicatesse possible. Qu'est-ce que tu as ?

- Jusqu'à présent, j'ai trouvé pas moins de 90 résultats pour des enfants disparus jusqu'à ces 15 dernières années. J'ai minimisé le champ de recherche à ceux âgés d'une dizaine d'années et portant des appareils dentaires et je me retrouve avec une cinquantaine.

Jo se mordilla l'intérieur de la joue

- Et si on essaie seulement à New York ?

- J'y ai pensé, mais on ne peut pas encore savoir si la victime était New Yorkaise ou pas. J'ai dû prendre tout Manhattan. Et j'essaie de rejoindre les deux bouts en voyant qui a été retrouvé et qui ne l'a pas été.

Jo regarda l'écran avec des tas de photos d'enfants. Une véritable abomination que c'était là. Souvent, les cas de disparition se terminaient mal et étaient reliés à des kidnappings dont l'enfant connaissait l'agresseur une fois sur deux.

- Combien n'ont pas été retrouvés ?

- Une vingtaine !

Jo soupira

- C'est déjà un peu moins de la moitié déjà. Ça nous laisse une chance.

- Oui, mais va savoir qui parmi tous ces gamins.

Jo se permit de prendre la souris et cliqua sur le sexe M. Sauf que la plupart des résultats n'étaient que des garçons et ils ne gagnèrent que trois places.

- Bon bah 17, c'est déjà mieux que les 90 que tu m'as dit qui avait été trouvé.

Henry remonta les rejoindre peu de temps après. Les deux détectives le regardèrent d'un même œil.

- Tu as trouvé quelque chose ? – demanda Jo

- J'ai sans doute repéré une tâche de naissance sur la joue droite de notre victime ! S'il y a une photo avec un enfant possédant une telle tâche.

Hanson fronça des sourcils

- Attendez, vous avez réussi à repérer une tâche de naissance sur un… Un squelette ?

Jo ne parut pas plus surprise que ça. Henry avait tellement l'habitude d'en voir de toutes les couleurs.

Henry hocha lentement la tête

- Même s'il s'agit d'un squelette, il y a des taches qui ne disparaissent pas. Et à la teinture différente sur le côté droit, je me dis que c'était une tâche assez voyante et c'est ce qui nous permettra d'identifier le petit.

Henry prit une chaise et s'installa à côté de Jo, qui se retrouvait entre les deux hommes et n'avait pas l'air de faire un cas de la proximité des genoux d'Henry contre les siens. Hanson remarqua bien leur manège, mais préféra les ignorer. Bien que la situation ne fût pas à rire, il se disait que si un jour il retrouvait Jo allongée sur son bureau et Henry entre ses jambes, il ne serait même pas surpris et les laisserait sans doute finir leur affaire.

Hanson fit descendre les résultats et Henry tenta de garder l'œil ouvert, mais l'écran était bien trop rapide pour lui. Jo était plus douée côté technologique et était également attentive, mais elle fut rapidement frustrée à son tour.

- Mike ! Tu ne voudrais pas ralentir s'il te plaît ? On va finir par se brûler la rétine avec ton défilement là.

Henry approuva

- Je n'osais pas demander de peur de passer encore pour un loser, mais tu m'as enlevé les mots de la bouche

Jo lui donna un coup de coude amical

- Des fois, il faut voir ce qui y est.

Hanson bredouilla personne ne sut quoi et descendit plus lentement en utilisant les flèches du clavier cette fois-ci.

Ce fut à la fin de la première page qu'Henry et Jo le repèrent en même temps et pointèrent leur doigt sur l'écran

- Là ! – crièrent-ils en même temps

Hanson en sursauta

- Hey ! Calmez-vous un peu tous les deux ! Vous n'avez pas besoin de vous exciter de la sorte.

Hanson cliqua sur la photo du petit garçon pour qu'elle s'affiche en gros, ainsi que les informations qui allaient avec.

Henry hocha la tête, non sans sentir une boule dans la gorge

- Ça semble correspondre à la tâche que j'ai trouvée sur le squelette…

Jo lut les détails qu'ils venaient de trouver, à haute voix

- Jeff Patterson, New Yorkais, il vivait à Brooklyn. Âgé de dix ans au moment de la disparition qui était le

Ils se regardèrent tous les trois… Quelles étaient les chances que la date du jour soit également la date de disparition ?

- Le 20 octobre 2000… Il a disparu aujourd'hui même.

Henry n'était pas du genre à croire aux coïncidences, mais pour le coup, cela en était une belle.

- Alors on vient de retrouver les restes d'un petit garçon qui a disparu à cette même date ? Vous croyez que c'est le hasard ou bien quelqu'un a fait en sorte que cela se passe aujourd'hui ? – demanda Hanson.

Jo ne sut répondre, mais Henry tenta

- Déjà, il va falloir s'assurer qu'il s'agisse bien du petit garçon que nous recherchons. J'avoue que je n'en doute pas trop à cause de la tâche qui est assez évidente. Mais il n'y a qu'un moyen de savoir si c'est lui !

Hanson n'était pas très sûr, mais Jo pensait avoir deviné

- Un test parental pour le relier à l'ADN du squelette ?

Henry approuva !

- Ça va être le seul moyen de savoir si oui ou non il s'agit bien de Jeff. Lucas est déjà en train de relever l'ADN du petit.

Jo nota l'adresse du petit sur son calepin.

- Il va falloir rendre visite à monsieur et madame Patterson dans ce cas.

Elle était déjà debout. Henry ne tarda pas à faire de même et ils regardèrent Mike qui était planté devant l'écran.

- Tu viens avec nous ? – demanda Jo

- Allez-y ! Je reste là si j'ai du nouveau.

Ils firent un signe de tête et se mirent en route chez les Patterson, le cœur assez lourd de ce qu'ils allaient demander et apprendre aux parents surtout.

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- Au fait, on ne sait pas où les restes ont été trouvés, n'est-ce pas ? – demanda Henry, une fois qu'ils furent à Brooklyn et qu'ils marchaient vers le brownstone de la famille Patterson.

Jo secoua la tête

- Aucune idée ! Hanson ne m'en a pas parlé, mais je ne crois pas qu'on lui ait fait passer l'information. Pourquoi ?

- Parce que d'après ce que j'ai vu, il semble qu'il ait été dans la terre pendant un petit moment, mais à New York, ce n'est pas ça qui manque. Il aurait pu être trouvé n'importe où.

- On posera la question de retour au 11 ou sinon si ses parents ont quelque chose peut-être.

Une fois, les marches du brownstone montées, les deux partenaires se regardèrent, comme incapables de savoir comment s'introduire et quoi dire exactement à des parents dont l'espoir de revoir leur fils vivant s'était probablement envolé depuis longtemps.

- Quand il faut y aller – murmura Jo

Elle appuya longuement sur la sonnette et ils attendirent quelques minutes, avant qu'une femme dont les traits étaient tirés et qui la rendaient plus âgée qu'elle ne dût l'être, leur ouvrit.

- Oui ?

Rien qu'à voir son visage, Jo et Henry devinèrent que toute cette histoire autour de la disparition de son fils l'avait grandement fatigué et il y avait de quoi.

Jo montra son badge

- Détective Jo Martinez, NYPD ! Voici mon légiste, Henry Morgan. Nous aurions quelques questions à vous poser, c'est au sujet de votre fils, Jeff.

La femme sentit une boule dans sa gorge et leur fit signe de rentrer. Elle les invita à prendre place dans le salon. En y rentrant, Jo et Henry avaient l'impression d'être dans une de ces séries où le héros se faisait un tableau avec des tonnes d'indices et de photos dans l'espoir de résoudre un crime… C'était exactement ce que Ellen Patterson avait fait avec les photos de son fils, des coupures de journaux, des extraits d'enfants retrouvés et des tas d'autres choses qui auraient pu l'aider à retrouver sa progéniture.

Quand Ellen repassa devant eux, elle se posa devant le tableau et Henry demanda alors

- Vous n'avez jamais abandonné les recherches vis-à-vis de votre fils, n'est-ce pas ?

Ellen sourit tristement

- Jeff est notre fils unique ! Mon mari a laissé tomber au bout d'un an, mais moi j'ai continué de me battre et je continuerais jusqu'à avoir le fin mot de l'histoire.

Jo et Henry n'aimaient pas être porteurs de mauvaises nouvelles, mais c'était le risque du métier. Ils prirent place dans le canapé, face à la victime.

- Vous aviez dit que vous aviez du nouveau concernant l'affaire. Est-ce qu'elle a été rouverte ?

Jo répondit calmement

- Effectivement, l'affaire est rouverte.

Ellen semblait soulagée et commença à s'extasier

- De quoi avez-vous besoin pour que je vous aide ? J'ai toutes les informations nécessaires… Ce qu'il aimait, les endroits où il aurait pu être, toute une liste.

Jo l'arrêta d'une main avant qu'elle n'aille trop loin et qu'elle ne se fasse de faux espoirs pour rien du tout. Surtout s'il s'agissait bien de leur fils, il n'y aurait plus rien à faire.

Henry se sentait en détresse vis-à-vis de cette femme. Il se leva et tendit un tube. Elle le regarda d'un air interrogatif.

- Qu'est ce que c'est ?

- Comme ma partenaire l'a dit, nous avons effectivement une enquête en cours… Car nous… - il prit une profonde inspiration, Jo se leva pour le rejoindre. Il semblait qu'à deux, tout était plus simple – nous avons retrouvé des restes du corps d'un enfant de 10 ans… J'ai pu déterminé que les os étaient datés entre 12 et 15 ans…

Jo continua

- Et nous avons lancé une liste des enfants disparus à cette période… Henry a remarqué un détail important sur la joue du squelette.

Ellen commença à sentir des larmes dans les yeux

- Jeff avait une tâche de naissance sur la joue droite, n'est-ce pas ? – demanda Henry

Ellen acquiesça. Henry regarda Jo en oblique. Il était quasi certain qu'il s'agissait bien du petit. Cependant, il fallait tout de même passer par les formalités.

- Je ne veux pas vous affoler, mais nous devons quand même procéder à une analyse parentale pour les relier à l'ADN que nous allons retrouver et être certains qu'il s'agisse bien de votre fils.

Jo vit les épaules de la pauvre femme, descendre. Tout son espoir venait de s'effondrer. La détective compatit et s'installa à côté d'elle pour lui frotter le dos.

Elle essuya ses larmes

- Je pensais que peut-être, il était quelque part dans le pays, dans la ville, tout grandi et qu'il reviendrait à la maison.

Jo la regarda interrogativement, ainsi qu'Henry

- Votre fils s'est enfui le jour de sa disparition ?

Ellen haussa des épaules

- Pour être honnête, je n'en sais rien du tout. Nous n'avons que très peu d'indices, voire pas du tout, sur ce qui a pu se passer et Jeff n'était pas le genre à prendre la fuite. Nous sommes des parents très aimants…

Henry regarda autour d'eux

- Votre mari n'est pas là ?

- Non ! Il est au travail ! Je dois avouer que depuis toute cette histoire, il y a de l'eau dans le gaz dans notre mariage. Il n'arrête pas de me dire que je devrais lâcher l'affaire, ça fait 15 ans et que rien ne le ramènera, mais je sais bien qu'il souffre autant que moi… Mais il ne veut juste pas l'admettre. Je m'accrochais à tout ce que j'avais. Cet enfant était ma chair et le seul et unique que j'ai pu avoir.

À l'entente de ces mots, Jo et Henry sentirent que quelque chose se brisa en eux. Comme si l'on parlait de leur propre enfant. Pour Henry, il pouvait parfaitement le comprendre, vu la peur dans laquelle Abe l'avait plongé quelques semaines auparavant. Jo n'était pas encore à ce stade, mais en relevant les yeux vers Henry, ils purent pratiquement lire en l'autre comme dans un livre. Ils semblaient penser à la même chose, qui était que quoiqu'il arrive, ils ne laisseraient pas tomber cette affaire et travailleraient dessus le plus fort possible pour tenter d'y voir plus clair.

Henry fit signe à Ellen de prendre une mèche de ses cheveux pour le test ADN. Jo se leva et lui dit.

- Nous aurons également besoin de celui de votre mari pour que le match se fasse. Pouvez-vous nous dire où il travaille ?

- Il est moniteur d'auto-école et aujourd'hui, je sais qu'il devait faire la route jusqu'au New Jersey. Mais la boîte est située sur Park Avenue.

Jo nota tout ceci et la remercia. Ellen était si désemparée que ni même Jo ni Henry ne surent quoi dire de plus.

Avant de partir, en bonne détective qu'elle était, Jo demanda

- Si jamais le match est positif, on vous contactera… Mais est-ce que je pourrais avoir cette liste des endroits qu'il fréquentait ? Peut-être que cela nous aidera dans notre enquête, parce qu'on ne sait pas encore où les restes ont été trouvés.

Ellen parut surprise et fronça des sourcils

- Vous ne savez pas ?

Ils secouèrent la tête

- Ils ont été déposés ce matin à l'OCME, du 11 – expliqua Henry – personne ne nous a dit d'où ils venaient, mais la liste devrait sûrement nous aider à le savoir. Nous demanderons également au CSU s'ils ont des informations.

Ellen fouilla quelques minutes dans ses affaires et leur tendit une petite liste manuscrite où elle avait écrit tous les endroits que son fils aurait été susceptible de fréquenter avant de disparaître.

Henry avait rapidement lu les coupures de journaux et osa

- Vous avez écrit à un probable ravisseur qui aurait pu le kidnapper, en disant que n'importe quel prix qu'il faudrait pour récupérer votre enfant, vous étiez prêts à le payer ?

Ellen acquiesça

- Oui ! Mais nous n'avons jamais reçu d'informations ni de demande. Rien du tout. Normalement, dans le cas d'un kidnapping pour rançon, ils contactent la famille assez rapidement. D'où le fait que j'ai comparé avec d'autres affaires. Mais certains aiment aussi garder le silence, mais j'ai tout tenté pour trouver une explication logique.

Henry se mordilla la lèvre inférieure. Vivre dans un tel désarroi avait dû être un véritable cauchemar pour cette mère. Elle poussa un long soupir.

- J'imagine que si le match s'avère positif et qu'il s'agit bien de Jeff… D'un côté, je devrais peut-être me sentir soulagée, au moins je serais ce qui est advenu de lui...

Jo ne comptait pas rester assise sur ses lauriers à attendre la fin de l'enquête pour la première fois, elle fut celle qui promit à la victime de tout arranger

- Madame Patterson. Je peux vous assurer qu'en tant que détective, que ce soit les restes de votre fils ou pas, je ferais tout ce qui est en mon pouvoir pour résoudre cette affaire. On découvrira ce qui s'est passé et vous aurez toutes les réponses que vous cherchez depuis 15 ans.

Henry aimait beaucoup la prise d'initiative de la jeune femme. Il se rappelait encore l'année dernière lorsqu'il avait voulu aider la mère de Vicky Hawkquest, qui avait été poussée d'un pont.

29 Septembre 2014

Jo et Henry étaient partis à la résidence universitaire où Vicki faisait ses études. En y arrivant, ses parents étaient là en train de rassembler ses dernières affaires et tout aussi meurtris et peinés qu'Ellen au moment présent.

Après avoir parlé quelques minutes avec eux et posé quelques questions, la mère de la victime s'était approchée d'Henry et lui avait montré une photo de sa fille en murmurant à quel point elle était belle et qu'elle donnerait n'importe quoi pour la serrer de nouveau dans ses bras !

Henry après s'être perdu dans ses pensées quelques secondes, avait soufflé dans le cou de cette mère endeuillée

- Ne vous inquiétez pas ! Je trouverais qui a fait ça.

À ce moment-là, Jo l'avait regardé de travers. Ce n'était que leur troisième affaire ensemble et elle avait bien remarqué qu'il avait toujours tendance à mettre les pieds dans le plat, mais pour le coup, il poussait vraiment trop loin. Il ne devait pas encore être au courant que dans la police, on ne faisait pas ce qu'on voulait quand on le voulait.

Jo ne fit aucun commentaire, mais dès qu'ils sortirent, elle le disputa.

- Est-ce que vous avez vraiment promis à la mère la victime que vous alliez résoudre l'affaire ?

Ils se vouvoyaient encore à cet instant. Ce n'était qu'après l'affaire de Gloria Carlyle que Jo avait commencé à le tutoyer quand elle avait décidé qu'il était son partenaire quoiqu'il pût en dire.

Ils traversaient le campus ensoleillé et encore chaud à cette période de l'année

- Je suis content de savoir que vous vous référez enfin à elle comme une victime.

Jo haussa la voix

- Henry ! Je ne suis pas supposée m'occuper de cette affaire ! Et après qu'est-ce qui va se passer quand ces parents vont appeler ma boss et vont dire « hey, ils ont promis de trouver qui a fait ça » ?

Henry avait toujours son petit répondant, assez énervant au début, la jeune détective s'était retenue plusieurs fois de ne pas lui tirer une balle dans son beau derrière.

- Eh bien, je suppose que vous avez plutôt intérêt à résoudre l'affaire.

Jo soupira. Elle finirait par l'envoyer dans sa propre morgue s'il continuait de la provoquer ainsi.

- Okay ! Très bien, stop !

Elle se mit devant lui pour l'obliger à s'arrêter de marcher et le regarda droit dans les yeux, en lui faisant une leçon de morale

- Même si nous faisons notre maximum, il arrive que dans certaines affaires, on ne parvienne pas à savoir ce qui s'est réellement passé. Une seule affaire peut prendre parfois jusqu'à des années.

Henry ne l'avait pas lâché des yeux pendant toute sa petite leçon et faisait un petit sourire sardonique, qui mériterait qu'il se prenne une bonne claque dans la figure.

Il lui répondit d'un ton assez misogyne

- Eh bien, j'ai tout mon temps.

Et il la dépassa pour rejoindre la voiture. Jo resta de marbre, et ferma rapidement les yeux, en se disant qu'il allait vraiment terminer à la morgue et qu'elle allait être responsable de le disséquer.

« Quel imbécile celui-là » - marmonna-t-elle pour elle-même.

Qui aurait cru qu'en l'espace de quelques mois, elle aurait pu tomber amoureuse de cet imbécile. Elle aurait certainement été la première à en rire si on le lui avait dit.

Henry regarda Ellen et se rapprocha de sa partenaire

- Et j'assisterais le détective Martinez dans cette affaire. Nous serons deux à travailler ardemment dessus et croyez-nous, nous trouverons des réponses.

Ellen leur sourit sincèrement. Elle avait tellement attendu que quelqu'un lui dise ces mots.

- Merci beaucoup ! J'attendrais votre appel.

Jo et Henry quittèrent le brownstone pour aller rendre visite à monsieur Sébastian Patterson, sur Park Avenue.

En rentrant dans la voiture, Henry la taquina

- Je rêve où tu as fait la promesse à la mère de la victime qu'on allait résoudre l'affaire ?

Jo lui fit les gros yeux

- Il me semble que tu avais failli me tuer l'année dernière quand je l'ai fait.

Jo souffla

- Bon ! ça va ! Je te signale qu'on venait de se rencontrer et que je n'étais pas encore habituée à tes petites magouilles. Donc j'ignorais qu'on aurait pu en être capable. Mais maintenant, je sais qu'avec toi, on résout toutes les affaires donc on y arrivera aussi pour celle-là. Et cette mère mérite pleinement de savoir ce qui s'est passé avec son enfant.

Henry lui sourit tendrement et lui donna une petite tape sur le genou

- Je t'embête ! Je suis content qu'on soit sur la même longueur d'onde et qu'on ne laisse pas cette histoire en suspens, même si on doit remonter des années en arrière.

Jo lui rendit son sourire et démarra pour qu'ils se rendent jusqu'à Park Avenue, où ils n'eurent pas trop de difficulté à trouver l'établissement de l'auto-école, elle était quasiment la seule aux alentours.

Jo se présenta rapidement à l'accueil et expliqua qu'ils attendaient Sébastian Patterson. La secrétaire leur dit qu'ils pouvaient patienter, car le monsieur serait là sous peu. Il déposait une élève chez elle avant.

La secrétaire ne cessait de faire les yeux doux à Henry. Jo s'en rendait bien compte, mais pour une fois, Henry n'y faisait pas du tout attention. De plus, lui et Jo n'avaient que très peu d'espace personnel entre eux et parlaient si bas, que leur front se touchait presque, ce qui déstabilisa presque la secrétaire, qui décida qu'elle n'aurait aucune chance et retourna à ses moutons.

Monsieur Patterson ne tarda pas avant de se présenter dans la salle et il regarda les deux nouveaux venus

- Je ne vous ai jamais vu avant ! Vous êtes là pour des cours ?

Jo regarda Henry avant de faire un petit sourire

- Lui en aurait besoin, mais moi ça ira !

Henry la regarda en secouant la tête. Elle rentrait dans le jeu d'Abe avec un tel commentaire.

Il vit que Sébastian s'apprêtait à lui proposer un forfait, mais Jo mit fin à toute rigolade

- NYPD, détective Jo Martinez et le mec qui ne sait pas conduire est mon légiste, Henry Morgan. Nous venons de rendre visite à votre femme Ellen, car nous avons un petit service à vous demander, au sujet de votre fils.

Le visage de Sébastian s'assombrit. Il prit les deux partenaires dans la salle qui était généralement pour les pratiques du Code de la route.

Il les fit asseoir à une table et il prit une chaise pour se mettre en face d'eux.

- Alors qu'est-ce qui se passe ? Vous avez sûrement vu que ma femme n'a jamais lâché l'affaire et j'avoue que cela joue un peu sur notre couple.

- C'est ce qu'elle nous a expliqué – répondit Henry –, mais nous venons juste faire une analyse

- Pourquoi ?

Jo lui expliqua rapidement la situation et Sébastian resta neutre. Il semblait à Henry que plus rien n'affectait ce père, tellement la souffrance l'avait bloqué et fermé à tout sentiment. Mais il voyait bien la détresse dans ses yeux et peut être même un peu d'espoir.

- Je vois – répondit-il simplement – eh bien d'accord, je vous donne une mèche de cheveux

Henry lui tendit le tube et Sébastian le posa dedans. Il regarda les deux partenaires.

- Vous pensez réellement que c'est Jeff ?

- Je ne veux pas le confirmer de suite – répondit Henry –, mais je suis presque formel… Nous vous contacterons dès que nous aurons tous les ADN ensemble.

Sébastian hocha la tête. Jo lui demanda.

- Vous n'auriez pas une petite idée de ce qui aurait pu se passer ce jour-là ? Votre femme nous a donné une liste des endroits que Jeff aurait pu fréquenter, mais peut-être avez-vous d'autres idées ?

Sébastian se frotta les sinus

- Mon fils était assez aventureux. Si vous dites que les restes ont été trouvés dans de la terre, c'est sans doute l'un des endroits que ma femme a mentionnés… Mais je ne vois rien d'autre.

Henry regarda la liste que Jo avait déposée sur la table et fut interpellé par l'un de noms qui se trouvaient dessus. Il en ferait part à son amie une fois qu'ils seraient dehors.

- Merci de votre coopération monsieur Patterson ! Nous vous appellerons dès que nous aurons du nouveau – assura Jo

Il fit un signe de tête et ils le quittèrent. Avant de reprendre la route, Henry fit part de son idée à sa partenaire.

- Les collines de Cumorah.

Jo fronça des sourcils

- Pardon ?

- C'est l'une des places qu'Ellen a mentionnées ! Il y a eu un glissement de terrain là-bas en 2003.

Jo se gratta le menton

- Tu crois que c'est là que les restes ont pu être retrouvés ?

- Je ne dis pas que c'est le cas, mais les glissements de terrain ont tendance à pousser toute la terre et la remuer, sur une large partie. Il est possible qu'il ait été dans le coin et que les os aient été ramenés vers Manhattan, parce que les collines sont quand même situées dans l'ouest de l'état de New York.

Jo se disait qu'il aurait fallu qu'elle apprenne plus de choses en Histoire que les deux Guerres mondiales

- Je ne connaissais pas son existence, donc pour dire. Mais ta théorie peut tenir la route. On posera la question au CSU.


Author's note: I apologize toward my English readers. I probably completely misspelled Vicky's name in the flash-back. I looked for her name everywhere, including in the episode's description but there's none of it, obviously, poor girl. So I wrote it as I always heard it but it's probably wrong ^^"