Me revoilà ! Je poste de bon matin x)
Ah ah, j'en vois parmi vous qui ont vu le titre du chapitre et qui se sont dis "ah, je sais quel va être le sujet principal !" Baaaah... Tout faux xD Oui, on va évoquer l'affaire Hyuga du canon... Mais ce n'est pas exactement l'affaire Hyuga qui va le plus préoccuper Tsunami. Ca va être une autre affaire... Et un autre Hyuga... Vous verrez !
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Et voici les réponses aux reviews !
Hello Yuedra ! Mon dieu, quelle longue review 0_0 Bon, allons y... En effet, trois personnes suspectent Tsunami d'avoir les yeux magiques. ET TU AS TOUT BON ! Mwahahaha. Jackpot. Tu gagnes un cookie. En effet Shisui a eu la puce à l'oreille à cause de ses questions (et de son niveau), Hayama a plutôt eu un doute en regardant l'examen Chuunin et en voyant qu'elle réussissait à briser un genjutsu imbrisable, et Hazuki est une Uchiha (et sa mère). Sinon oui cet examen a bien déchiré x) Tsunami adoooore les explosions ! Et oui, le Doton ça aurait été malin. Mais bon, le Doton est faible face au Raiton, et Tsunami ne connait pas de Jutsu de cet élément. Dommage ! Et pour le rencard... En fait le plus drôle c'est la réaction des gens autour. Genre Tessen trouve ça absolument tordant, Ran les shippe à mort, tous les passants sont fascinés. C'est bête que Tsunami ne soit pas plus observatrice, elle aurait pu voir à quel point c'était rigolo d'un point de vue extérieur xD Mais ouais, elle fait ami-ami avec un ninja de Kumo, comme ça, coup de bol. Cette fille, sérieusement, elle échappe à mon contrôle. Sinon, yep, le Sandaime a bien résumé les capacités de chacun. Et Yasu Uchiha (qui est un OC) est en effet muet =) Pour ce qui est de la blague stupide de Tsunami... Ah ah ah. Pas mal de ninja ont rigolé, en effet. Hazuki se cachait le visage dans les mains d'un air mortifié et Izumi avait des flammes dans les yeux, en mode "VAS Y TSUNAMI TU ES LA MEILLEURE", dont sérieusement sa sœur aurait pu faire une blague de cul qu'elle n'aurait pas bronché xDDD Sinon, ouiiii il existe bien une "Tsunami" dans le canon ! D'ailleurs, au début de cette fic, Kaiji dit que c'ets un prénom très courant au Pays des Vagues (dont venait sa mère). Petit clin d'oeil à la fille de Tazuna, qui a un nom très cool, et que j'ai donc volé pour ma SI x)
J'ai bien rit Lord Feynor x) Les top modèles Uchiha xD En vrai j'ai imaginé Tsunami avec des traits évoquant ceux de Madara (enfin, Madara jeune et innocent) xD Le visage plus arrondi que pointu, la crinière de cheveux noirs, les sourcils, les mimiques, le caractère enflammé... Voilà. Pour Fugaku j'imagine qu'en effet il peut être lu comme étant juste quelqu'un de digne et distant, mais voilà, pour ça il faut avoir des sentiments positifs à projeter sur les bribes d'informations que donne Kishimoto. Moi je voit plus Fugaku comme quelqu'un de fier et excessivement arrogant, piètre politicien, qui est frustré de perdre du terrain politiquement et réagi de la seule façon qu'il maîtrise : avec du dédain, de l'agressivité, et des démonstrations de force. Tu peux le voir différemment mais sache que cette fic ne sera pas tendre avec Fugaku. Après l'épilogue je prévoit également un bonus, de son POV, qui va probablement te hérisser... La suite en MP =)
Yo liamireldib-b ! Sur le sujet des notes explosives, Tsunami et Elisa se seraient absolument entendues. Mais c'est probablement le seul point xD Ah, tu es curieuse au sujet de Yasu ? C'est un OC que j'ai créé sur un coup de tête et il s'est complexifié tout seul xD Je l'ai créé sur le modèle de Orochimaru avant sa folie (donc Orochimaru Genin, quoi) : calme, posé, pragmatique, respectueux, androgyne, avec un côté froid qui peut le faire agir de façon admirable (avec son esprit de sacrifice) ou de façon horrible (il n'aurait pas hésité à tuer un ninja de Konoha au cours de la seconde épreuve). Et oui, il est muet xD Bah quoi ? Les ninjas avec des handicaps, ça existe. ENFIN BREF. Pour ce qui est des Uchiha et de leur aigreur : bah déjà, ils sont élevés au berceau avec des idées élitistes, ça aide pas. Certains sortent du moule en se socialisant hors du clan (Itachi, Shisui, Hazuki...) mais la plupart trouvent ça plus confortable d'être entourés de gens qui ne les poussent pas à changer. Ils restent donc entre eux, isolés, et leur frustration s'accroissent mutuellement. Comme ces petits vieux isolés chez eux qui découvrent Intenet et se font des chaînes de mails qui se racontent des théories du complot pour s'indigner entre eux, et qui se font toute une mayonnaise, et qui ensuite racontent ça à leurs petits-enfants avec fierté, et les petits-enfants sont en mode... "Mon dieu mais Papi est devenu complètement déconnecté du monde réel." Ahem. Bref. Sinon... TOBIRAMA SENJU. Sans mentir, c'est mon perso préféré x) Je sais, je sais, on en sait très peu sur lui. Mais j'adore son esthétique ! Son dévouement ! Son acharnement à l'entraînement ! Son cerveau de génie ! Son air irrité dès que son frère fait l'idiot ! Also, je pense qu'il ne haïssait pas autant les Uchiha que le fandom se plait à le croire. Il était probablement très méfiant vis à vis de Madara (il s'attendait peut-être à un coup de kunai dans le dos) mais pas envers le clan, une fois le village fondé. Leur donner la charge de la force de police, c'était quand même une incroyable preuve de confiance. Un truc qui me paraît même EXCESSIF quand on sait à quel point il était perfectionniste et parano ! Also, j'adore lire des fics sur lui. Si tu en connais, je suis preneuse !
Ah ah, contente que ça t'ai plu Guest sans nom ! On repasse à l'intrigue sérieuse avec ce chapitre. Enjoy !
Ooooh Archae, ça fait des années ouais xDDDD Je te fais accidentellement shipper des personnages, c'est génial xD Et franchement, généralement je ne le vois pas venir non plus. Ni pour Elisa et Rosier, ni pour Tsunami et Majime ! Les persos font ce qu'ils veulent...
Ah ah, contente que ça t'ai plu Gladoo89 x) Sérieusement, le surnom de "psycho Chuunin" lui va à ravir. Et ce rencard était complètement inattendu pour les deux ! Et honnêtement, oui, Majime était davantage à la recherche d'infos que réellement investis romantiquement... Enfin bref. Oui, au boulot c'est un peu la pagaille. Je suis absolument certaine que si l'une des employées s'en va (y compris la moins formée, qui n'est "que" secrétaire), tout s'écroule. Oh, pas immédiatement. Mettons, en six mois. Mais voilà, argh, y a de la pression. Je suis là-bas depuis novembre, donc... Huit mois à peu près. Autant, au début, ça allait, autant maintenant j'ai la pression. J'espère que ce n'est qu'une mauvaise passe...
Yo Zarakaiy ! Merci, merci x) Le tome a pour l'instant moins de dix pages, donc bon, on a le temps quoi xD En tous les cas contente que ça te plaise ! Même s'il y a peu de chance pour que Tsunami finisse avec Majime x)
Merci P'tit Kissy ! Je crois que je connais ton pseudo... En tous les cas il m'est familier. Tu as peut-être déjà reviewé une de mes fics x) En tous les cas, merci, et j'espère que ce chapitre te plaira autant !
Hello Amie des batraciens ! C'est gluant les grenouilles, et puis ça saute sans prévenir, ça me fait flipper x) Je préfère les loutres ! C'est mignon, adorable, ça fait des couinements ridicules et ça mange du poisson =) Enfin bref, 26 ans c'est vieux, du moins pour mon moi-passé qui se considérait au sommet de sa sagesse à 14 ans xDDDD Tu as quel âge ?
Coucou S ! Contente que ça te plaise x) Il va encore y avoir pas mal de combats dans les chapitres suivants mais on reprend aussi l'intrigue plus sérieuse, donc ça sera un enchaînement plus lent ! En tous les cas merci, et... J'essaie de ralentir le rythme au boulot !
Hello LunaMidnight15 ! Je suis française aussi donc pas de souci x) En tous les cas, merci, je suis contente que tu ais aimé ! Tsunami est beaucoup plus dure et brutale qu'Elisa, donc (par exemple) elle ne se serait pas faite avoir par le journal. Elle aurait été trop paranoïaque ! Et oui, en effet, Hayama-sensei soupçonne Tsunami d'avoir le Sharingan (tout comme sa mère Hazuki, et Shisui à qui Tsunami avait posé ses premières questions sur le Dôjutsu Uchiha). Bref ! Merci d'avoir lu et commenté ! Et ce n'est pas la peine de poster une review en anglais, ma mangue maternelle est le français x)
Yo IsyCatEner ! Yep, le combat puis rencart, la méthode classique de drague des ninjas xDDD Je veux dire, quand tu regarde Naruto et Sasuke... /PAN/ Ok, ok j'ai rien dit xD Bref ! Courage avec tes cartons ! Et tes chats x) Ne te faits pas crever un œil non plus x) Et si j'ai besoin de discuter de la suite de Tsunami, eh bien... Je sais où te trouver alors xD
Salut Shinlya ! Ah ah la radinerie et les catastrophes de l'administration xD C'est le genre de brefouille qui pourrait arriver à mon taff, ça... Les notaires ou les communes, y a des désorganisés partout ! Enfin bref x) Oui, les gens deviennent marteau en ce moment, c'est dingue. J'espère que ça va leur passer. Sans doute pas, on annonce une seconde vague de Corona... L'angoisse va remonter ! Mais passons. Ouais, Hideyoshi est sacrément arrogant. Majime aussi a un sacré égo, hein, mais il est plus gracieux xD Et oui, je garde l'idée de côté pour qu'il revoit Tsunami. Mais bon, c'est loin ! Ah, et la petite Ran t'intrigue ? C'est un personnage du canon tu sais x) Regarde sur Narutopedia x) Elle est mignonne non ?
Coucou Aomine ! Yep, Majime va visiter la friendzone x) Tsunami aurait pu penser à lui écrire et tout... Mas après ce qui va se passer dans ce chapitre, ça va vite disparaître de son esprit. Dommage ! Avoue, ils auraient fait un très beau couple xD
Hello Elesdei ! Wow, tu commentes tout d'un coup xD En tous les cas contente que ça t'ai plu ! Yep, tuer Meimu était radical. Mais Meimu essayait de tuer Tsunami, et Kumadori avait l'air mort, donc pour moi la réaction de Tsunami est assez justifiée. N'oublie pas que c'est une ninja entraînée à tuer... Sinon ouais, Tsunami sait que le Mangekyo rends aveugle. C'est pour ça qu'elle l'utilise si peu (quasiment jamais en fait). Et en effet, Hayama se doute qu'elle a le Sharingan justement grâce à ce combat x)
Yo Rozenn Selwyn ! Pour les personnes qui soupçonnent Tsunami d'avoir le Sharingan... Tu en a deux de juste sur trois x) Pas mal ! Sinon yep Tsunami a un côté psycho, façon Madara, grand rire déments sur fond d'explosions. Je trouve ça tordant x) Bref ! Oulà, Tsunami qui va s'installer à Kumo ? Ton imagination t'emmène un peu trop loin ! Majime est mignon mais pas à ce point /PAN/ Ahem. Mais bref, contente que le perso de "C" t'ai plu. Et surtout ses interactions avec Tsunami x)
Salut Ulrich Gutierrez ! Oui, Tsunami est une poseuse de bombe en herbe. Bah quoi ? Il faut bien que le côté pyromane des Uchiha ressorte quelque part xDDDD Contente que ça t'ai plu, surtout la partie avec Majime ! C'est sorti un peu de nulle part, mais ça a eu du succès, apparemment x)
Coucou Millon ! Oh, ça me fait plaisir que tu te sois lancé là-dedans sans même avoir lu le manga ou vu l'anime xD Félicitations ! En tous les cas je suis ravie que ça te plaise, elle a du punch ma petite Tsunami. C'est sans doute le perso le plus Serpentard que j'ai écris, ah ah ah x) Pour ce qui est de la romance... Tsunami en aura, je pense. Mais sa vie, son ambition, tout est tellement focalisée sur l'idée de survivre que... Je crois que ça ne lui traversera pas l'esprit avant qu'elle ait passé le cap des 17 ans (et donc survécu au massacre du canon, qui arrive durant sa seizième année). Et encore !
Hello Ary Schweizer x) En effet ta review s'est coupée la première fois (j'ai eu le mail de notification, mais pas le review !). Merci pour le double envoi du coup ! Ooooh tu veux que je te recommande des fics ? Bah, déjà "Dreaming Of Sunshine", ensuite "Of Bonds And Hugs Like Chokeholds", "Vapors" (trois excellentes SI sur AO3)... Ensuite "Doing The Work" (une OC civile qui change tout en interagissant) de façon minime avec le canon), ensuite "Flip The Coin" (une EXCELLENTE FIC, sans OC, où en fait les rôles de Naruto et Sasuke en tant que déserteur amer et forces de la nature idéaliste sont inversés), "Your Fault" de Sarah1281 qui m'a fait mourir de rire... Bref, je vais m'arrêter là. Ah ah, contente que l'examen Chuunin t'ai plu ! En effet, leur seconde épreuve était vachement plus cruelle que celle qu'ils ont dans le canon. Mais j'imagine que pour l'examen du canon (avec plein d'héritiers de clans) il y ont été mollo xD Enfin bref ! Ah ah ah, tout le monde avait vu venir le combat avec Hideyoshi je pense x) Mais Majime était une surprise. Même pour moi ! Leur dialogue durant le combat m'est venu un peu par hasard, et ensuite ça a continué, et avant que je m'en rende compte ils mangeaient des ramens xDDDD Mes perso échappent totalement à mon contrôle des fois ! En tous les cas, ça ne va pas tant changer le canon tant que ça, du moins pour Kumo. C'ets juste que, à un niveau personnel, Majime aura UN bon souvenir associé à Konoha... Et je me garde ça en réserve si jamais je veux creuser son personnage par la suite x)
Yo Redheadead X° En effet il y aura un tome 2, j'ai craqué x) Il commence au début du canon. Et on a le POV de plusieurs personnages qui alternent, un peu comme dans les chapitres de Game Of Thrones. Et là je suis en train de l'écrire, je poste de temps en temps de smini-extrait de quinze lignes à ma Bêta, et elle ricane avec délectation. Bref, je m'amuse x) Sinon, la scène des notes explosives te rappelle peut-être Shikako Nara (qui est une experte en kaboom et mon modèle absolu) ? Je ne sais plus si elle utilise des empreintes explosives mais ça serait bien son style xD Bref ! Hideyoshi a raté l'examen, oui. C'était genre 70% de sa faute... Et 30% préjugés anti-Uchiha (sale attitude = mauvais classement automatique). Alors que Yasu, poli et neutre, a gagné sa promotion xD Et non, Yasu ne va pas beaucoup avoir d'importance, c'est juste un OC créé pour mettre un peu plus d'Uchiha dans le décor, en créer un qui ne soit pas ouvertement méprisant, et le coup du mutisme s'est rajouté un peu par hasard (j'ai réalise que je ne lui avait jamais fait prononcer un mot, alors boum, j'ai tablé dessus xD). Voilà voilà x)
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Woah, cette quantité de review, apparemment l'examen Chuunin a eu du succès ! Et j'en suis ravie x) Alors, pensez-vous que tous les Chuunins nouvellement promus aient mérité leur monté en grade ?
Sinon, autre question. Où sont les Senju, d'après-vous ? On ne les voit pas apparaitre dans le canon. Seule Tsunade est mentionnée. Persnne ne parle de tragédie comme pour les uchiha, mais ils sont juste... Absents. Est-ce qu'il y en a, mais ne sont juste pas mentionnés ? Est-ce qu'ils ont cessé d'utiliser leur nom de famille ? Est-ce que leur clan a disparu (en trois générations) ?
Envoyez moi vos headcanons ! =)
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Allez, je ne vous fait pas attende plus longtemps. Voici donc le chapitre ! Avec, euuuuh... Une affaire... Et un Hyuga. Bon, techniquement, deux Hyuga et deux affaires, mais l'une plus importante que l'autre. Vous verrez x)
Enjoy !
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L'affaire Hyuga
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L'équipe de Kumo rentra chez elle le lendemain, comme promis. Tsunami se demandait si elle les reverrait. Si Majime tiendrait sa promesse et resterait son ami. C'était quelque chose de difficile dans le monde des ninjas. Tsunami pensait à Shisui, parfois, et un sourire sans joie passait sur son visage. Même au sein du même village, la distance était parfois insurmontable, alors qu'est-ce que ça serait pour deux personnes appartenant à deux pays différents ?
Bah. On verrait avec le temps.
Une nouvelle routine s'installa, petit à petit. L'équipe 11 existait toujours mais à présent, Tsunami pouvait choisir d'effectuer des missions en solo ou de se joindre à d'autres partenaires. Sa présence au sein de l'équipe n'était plus obligatoire : elle n'était plus élève d'Hayama-sensei. Cela ne l'empêchait pas de continuer se joindre à leurs entraînements, pourtant. Chuunin ou non, ils restaient ses amis. Elle continuait aussi à s'entraîner avec Iruka et Natsu Hyuga, quand ils se joignaient à eux. A une ou deux reprises, Izumi se glissa même dans leur petit groupe, ravie de « faire partie des grands ». Le fait qu'il s'agisse de la petite sœur de Tsunami empêchait les autres Genins de la chasser. Et puis, même si elle n'était encore qu'une élève de l'Académie, elle savait se débrouiller. Son taijutsu était décent et elle commençait même à marcher sur les murs et les arbres. Oh, ils ne pouvaient pas s'entraîner sérieusement avec elle, mais ils jouaient le jeu. Même Natsu Hyuga, qui était pourtant quelqu'un d'assez froid. Apparemment elle avait une faiblesse pour les yeux de chiot battu. Qui aurait cru qu'un cœur d'artichaut se cachait sous cette carapace ?
Mais être Chuunin signifiait surtout, pour Tsunami, qu'à présent ses amis Genins n'étaient plus ceux avec qui elle passait le plus de temps. Elle continuait à les voir, oui, mais ce qui jadis était presque quotidien devenait à présent occasionnel. Désormais, Tsunami avait des tas de missions beaucoup plus variées… Et des partenaires variés. Les Chuunins pouvaient travailler seuls mais ils étaient généralement en équipes de deux ou trois. Tsunami eut donc droit à quelques missions avec Genma, d'autres avec Kurenai, une poignée avec Asuma Sarutobi, d'autres encore avec Anko, d'autres avec Kotetsu et Izumo, d'autres encore avec Ebisu, et même, à une occasion mémorable, une mission de courrier avec Gai qui la laissa sur les rotules.
La difficulté des missions variait. Pour l'instant, elle enchaînait les petits jobs faciles, des rangs C ou des rangs B de courte durée. La plupart des Chuunin nouvellement promus essayaient de s'embarquer dans de grandes aventures pour tester leurs limites, mais Tsunami n'avait rien à se prouver. Elle savait où était ses limites. Elle avait eu la promotion qu'elle voulait, et ça lui avait demandé beaucoup d'entraînement solo. A présent, avant de s'embarquer dans des missions plus difficiles, elle voulait passer un peu de temps avec sa famille : était-ce trop demander ?
En tous les cas, alors que Tokuma Hyuga se retrouvait en mission longue durée trois jours après sa promotion, et que Yasu Uchiha quittait le village pour une mission de rang A à peine deux jours plus tard, Tsunami ne fit pas de vagues, et personne ne lui fit remarquer son apparent manque d'ambition. Elle eut droit à des missions de surveillance de la porte du village (la corvée équivalente, pour les Genins, à courir après les chats perdus). Elle effectua plusieurs missions de messager dans la région. Une mission de traque. Une patrouille d'une semaine dans la zone bordant la frontière avec Suna. Quelques jours de travail administratif, d'abord dans la tour de l'Hokage, puis au département de cryptologie de la Section Intelligence. Elle fut également envoyée à la Section Sensorielle, qui était moins un département administratif (comme la Section Intelligence) qu'un quartier général où tous les sensors de Konoha étaient recensés. Chaque Chuunin devait y passer afin que ses compétences y soient testées. La plupart n'avaient que des compétences basiques de détection du chakra : ils pouvaient sentir s'il y avait quelqu'un dans la même maison qu'eux, par exemple, mais pas détecter un ennemi qui cherchait à les semer dans une forêt. S'il y avait des traqueurs prometteurs dans les rangs des nouveaux Chuunin, la Section Sensorielle pouvait les repérer et les former. C'est ce qui se passa pour Tsunami : après avoir passé toute une batterie de tests (traquer un objet, traquer une personne, trouver une cible, etc.), on lui annonça qu'elle faisait désormais partie du registre.
– Vraiment ? s'étonna-t-elle. La traque n'a jamais été un de mes points forts.
– Parce que tu ne t'y es jamais exercée, aboya Tsume Inuzuka (la capitaine de la Section Sensorielle, et une femme absolument terrifiante). Tu as une portée tout à fait respectable de détection du chakra, et ton degré de précision dans la distinction des signatures individuelles est très développé.
– Mon degré de… ?
– La manière dont tu reconnais les gens à leur chakra, fillette. Tu ne te laisse pas duper par un Henge ou un genjutsu. On va peaufiner tes compétences de traqueuse pour que tu ne nous colles pas trop la honte, et ça devrait être bon. On n'a qu'une poignée d'Uchiha traqueurs, c'est dommage…
– Techniquement je ne suis pas vraiment une Uchiha, pointa Tsunami. Je porte le nom parce que mes grands-parents m'ont reconnue, mais ce n'est pas comme si j'avais le droit d'entrer au sein de leur district. Et je n'ai pas de Sharingan.
Ça ne faisait jamais de mal de le rappeler aux gens. D'autant plus que les Uchiha avaient tendance à ne fréquenter et ne travailler qu'avec d'autres Uchiha : les rares qui ne travaillaient pas dans la police restaient à l'écart… Ils n'étaient pas très nombreux, d'ailleurs. Tsunami avait beau se creuser la tête, aucun nom ne lui venait en tête mis à part ceux de Shisui et Itachi. Enfin bref. Si jamais on l'assignait à une équipe remplie d'Uchiha, qui étaient obligés de lui faire la gueule pour suivre la politique du clan, eh ben l'ambiance allait être aussi glaciale qu'un hiver sibérien.
– Mmmh, marmonna Tsume d'un ton pensif en barrant quelque chose sur son dossier. J'allais t'assigner Shisui comme professeur pour la traque, mais j'imagine que ça tombe à l'eau.
Tsunami savait déjà que Shisui était un traqueur, mais elle ignorait qu'il appartenait aussi à la Section Sensorielle. Elle hésita une seconde, partagée entre l'espoir et l'appréhension. D'un côté, elle avait envie de le revoir, de le retrouver, de rattraper le temps perdu. De l'autre… Et si bosser ensemble ne faisait pas disparaître la distance qui les séparait ? Ça serait pire, sans doute.
Au final, Tsume lui assigna un tuteur venant du clan Hyuga. Tsunami passa donc les jours suivants à apprendre à reconnaître des traces humaines, détecter des signes de passage, traquer par l'ouïe, déceler les traces olfactives, et analyser les indices donnés par la nature. Il y avait aussi des éléments physiologiques dans la traque : rien ne servait de courir après un fuyard si on pouvait l'attendre à l'arrivée. Le tuteur de Tsunami lui expliqua donc brièvement comment analyser la trajectoire d'une cible pour anticiper son point d'arrivée, ou comment se mettre dans la peau d'un individu traqué.
Soudain, Tsunami réalisa qu'un mois entier avait passé depuis sa promotion au rang de Chuunin.
On était à présent à la mi-décembre. C'était un hiver clément, sans neige, sans gel. Oh, il faisait froid, mais pas au point d'obliger les ninjas à porter des manches longues. Faire circuler du chakra dans ses membres était un excellent moyen de se tenir chaud. Tsunami se baladait toujours avec les orteils à l'air et les épaules découvertes, et ne s'en portait pas plus mal. C'était assez intuitif, en fait : une bonne partie des élèves de l'Académie en étaient capables. Izumi, par exemple, était souvent entourée de camarades de son âge portant pulls et écharpes, mais ne voyait pas l'intérêt de porter un manteau par-dessus son habituel t-shirt mauve sans manches.
C'était bizarre de songer qu'Izumi avait neuf ans. A son âge, Tsunami avait été au niveau d'une Genin. Elle avait déjà été capable de marcher sur l'eau, de faire des bonds augmentés de chakra, de comprendre des concepts théoriques de manipulation du chakra très avancés, de parler d'anecdotes historiques remontant à l'époque des fondateurs. Elle avait vu son père mourir. Elle avait éveillé son Sharingan et le Mangekyō Sharingan. En comparaison, Izumi semblait si naïve. Elle avait été trop petite pour pleinement appréhender ce que signifiait la guerre, sa fin, et la paix. Même si elle savait marcher sur les murs et effectuer un Henge passable, elle n'avait pas encore le niveau d'une Genin. Elle était la meilleure élève de sa classe, mais se comparait à ses camarades, à des enfants ayant grandi dans une période de paix, et elle en était contente… Alors que Tsunami s'était toujours comparés aux génies de l'envergure d'Itachi et s'était toujours sentie inférieure. Ça l'avait poussé en avant. Ça, bien sûr, et son intellect d'adulte qui s'ennuyait à mourir avec les jeux des enfants. Izumi n'avait pas la même motivation. Elle était heureuse d'avancer à son rythme. Elle était une enfant douée, pas davantage. Tsunami ressentait parfois un peu de dérision devant ce décalage entre elles… Mais parfois, honteusement, elle ressentait de la jalousie. Elle avait eu une enfance heureuse, pour autant qu'on puisse en avoir une à Konoha, mais… Izumi était plus heureuse qu'elle. Son enfance à elle durerait plus longtemps.
Cela ne voulait pas dire qu'Izumi était totalement ignorante de la dureté du monde. Elle avait connu l'humiliation d'être rejetée par les Uchiha, la douleur après que ses amis lui aient tournés le dos, le chagrin quand Itachi l'avait abandonnée du jour au lendemain. Elle était sans doute plus mature qu'elle ne l'avait été dans le canon. Izumi était toujours une petite fille qui aimait les couleurs vives, qui jouait à se vernir les ongles, et qui pleurait quand on racontait une histoire triste : mais elle se désintéressait ostensiblement des idées de romance qui passionnaient les filles de sa classe. Elle posait des questions. Elle ne suivait pas bêtement la foule, surtout quand il s'agissait d'ostraciser quelqu'un (elle avait été dans cette position quand les Uchiha les avait abandonné, et Izumi était quelqu'un de trop doux pour infliger ce genre de cruauté indifférente à quiconque). Elle travaillait dur à l'Académie, et pas seulement pour faire plaisir à sa mère ou à ses professeurs : Izumi pensait à son avenir, se demandait déjà quel genre de kunoichi elle allait devenir.
Parfois elle pensait à entrer dans la police. Parfois elle se voyait spécialiste du taijutsu, ou parfois spécialiste en ninjutsu, ou en genjutsu. Elle s'imaginait traqueuse, combattante, espionne, commandante, médic. Quand elle en parlait, Tsunami se sentait parfois inadéquate. Elle ne s'était jamais projetée ainsi dans le futur. Elle avait toujours été focalisée sur le présent. Devenir plus forte, être promue, et… Et ensuite ? Quand Hayama-sensei lui avait demandé son rêve, elle avait sorti un objectif à cour terme, celui de devenir Tokubetsu avant l'âge de seize ans… Mais elle avait dit ça parce qu'elle pensait au massacre des Uchiha qui aurait lieu cette année-là, et au fait qu'elle voulait être assez forte pour avoir une chance de survivre. Rien d'autre.
La vie devrait être davantage que de la simple survie.
Tsunami commençait seulement à penser à son avenir, et à se demander où il la mènerait. Où est-ce qu'elle voulait qu'il la mène ? Ce n'était pas une question à laquelle il était facile de répondre. Est-ce qu'elle voulait se marier un jour ? Avoir des enfants ? Avoir des élèves ? Commander ? Rester à son niveau actuel ? Peut-être qu'il serait temps d'y réfléchir, non ?
Mais en attendant qu'elle se décide, la vie continuait. Durant la dernière semaine de décembre, un envoyé de Kumo fut invité à Konoha pour signer un traité de paix officiel. Il était temps : cela faisait quand même cinq ans que la guerre était terminée. Mais il avait fallu une certaine période d'ajustement, le temps que la rancœur s'apaise. Peut-être que l'examen Chuunin avait été une sorte de signal entre leurs deux pays, le signe que la coopération était possible. En tous les cas, Kumo avait envoyé un Jounin haut-gradé pour signer le traité. Comme tous les Chuunin, Tsunami reçu l'ordre de garder un œil sur lui mais de ne surtout pas le vexer. Personne ne voulait d'une nouvelle guerre, non ?
En rétrospective, Tsunami aurait dû savoir que quelque chose clochait dans cette histoire.
Au début, le Jounin se tint parfaitement bien. Il assista aux rendez-vous avec l'Hokage, ils firent des progrès sur la rédaction du traité. Il laissa entendre qu'il resterait peut-être une semaine complète, pour être présent lors de la fête du Nouvel An, afin de célébrer le renouveau entre leurs deux villages. Trois jours passèrent. Les ninjas de Konoha commencèrent à se détendre. Et puis, le soir du quatrième jour, tard dans la nuit, il y eu une alerte dans tout le village. Personne ne sut vraiment ce qui s'était passé, mais le lendemain, tous les Jounins chuchotaient entre eux d'un air furieux et angoissé.
La seule chose claire qui ressortait de l'affaire était que le commandant envoyé par Kumo avait été tué dans la nuit.
C'était mauvais. Des accusations furent lancées des deux côtés. La fête du Nouvel An n'attira que peu de visiteurs, tant les ninjas étaient tendus. Tout le monde craignait une nouvelle guerre. Certains clamaient que le commandant de Kumo avait attaqué un ninja de Konoha, ou un enfant de Konoha, ce n'était pas clair : il avait été tué par le chef de clan des Hyuga lorsque celui-ci l'avait surpris en plein méfait. D'autres protestaient que c'étaient un coup monté. Kumo réclamait la tête du chef de clan Hyuga pour le meurtre. Konoha faillit entrer en guerre. En tant que simple Chuunin, Tsunami ne fut pas tenue au courant des détails, mais les rumeurs se propageaient si vite qu'il n'était pas difficile de suivre l'affaire. Au final, le conflit fut évité de justesse quand le frère jumeau d'Hiashi fut exécuté à sa place et que Kumo rétracta ses menaces.
Natsu Hyuga ne vint pas à l'entraînement ce jour-là. Tout le clan Hyuga se fit silencieux, comme choqué par la situation extrême à laquelle ils avaient été poussés.
Quand on lui annonça la chose, Hazuki pleura. Tsunami préféra s'éclipser, mal à l'aise devant sa mère qui faisait le deuil de son ancien ami. Plusieurs personnes réagirent avec stupeur ou incrédulité. Tsume Inuzuka fracassa son bureau en maudissant Kumo. Hayama-sensei alla se recueillir devant la Stèle des Héros (même si le nom d'Hizashi n'y avait pas été gravé). Et puis les jours passèrent, et les gens oublièrent. Ils étaient bien obligés.
Tsunami ne le réalisa que plus tard, mais la mort de Hizashi Hyuga, frère du chef de clan… Il s'agissait d'un évènement canon. Elle aurait dû s'en souvenir. C'était mentionné dans la backstory de plusieurs personnages mais, jusque là, elle l'avait oublié : la tentative d'enlèvement d'Hinata. L'héritière Hyuga devait avoir trois ans… Misère. Tsunami n'avait pas réalisé qu'elle était aussi jeune quand ça arrivait. Pas étonnant qu'elle soit traumatisée par la suite : être enlevée et terrifiée dans ce qui aurait dû être l'endroit le plus sûr au monde, ça aurait ébranlé même un adulte… Et là, ça devait être un de ses premiers souvenirs.
L'histoire aurait dû s'arrêter là pour Tsunami. Elle ne connaissait pas Hizashi Hyuga. Elle ne le connaissait que comme un traumatisme qui avait façonné le caractère pourri de Neji Hyuga, l'un des personnages secondaires du canon. Elle n'avait aucune raison d'en entendre parler à nouveau. Personne n'avait très envie de revenir sur cette histoire de toute façon : l'idée qu'on soit passé si près de la guerre donnait des sueurs froides à de nombreux ninjas, et le fait qu'un shinobi loyal ait été exécuté pour apaiser un ennemi restait en travers de la gorge de pas mal de combattants. Non, personne n'avait envie d'en parler. Tsunami aurait eu vite fait d'oublier.
Mais au bout de deux jours, trois jours, quatre jours, une semaine entière, sa mère n'avait toujours pas oublié.
Hazuki avait toujours essayé de cacher sa souffrance aux yeux de ses filles. Mais elles vivaient ensembles dans le même appartement, elles se connaissaient sur le bout des doigts : c'était impossible de ne pas le remarquer. Izumi ne disait rien, mais elle aussi devait le voir. Tsunami avait l'impression de ne voir que ça. Sa mère avait ressortit de leur placard les peluches et les jouets offerts par Hizashi Hyuga lorsqu'elle était enceinte. Elle n'avait plus versé une larme après avoir fini de pleurer en apprenant la nouvelle, mais plusieurs fois sa voix vacilla et se brisa alors qu'elle était en train de raconter une histoire à Hikari. Elle avait les traits tirés, les yeux rouges. Elle se mit à aller se recueillir devant la Stèle des Héros. Elle avait fait ça quelques temps, après la mort de Kaiji : Tsunami l'avait à peine remarqué, alors plongée dans sa propre dépression, mais soudain elle s'en rappelait. Pour surmonter le deuil de son époux, Hazuki s'était plongée dans le travail, mais désormais elle n'avait plus cette option. Alors ce n'était pas étonnant qu'elle essaie de retrouver les mêmes gestes, à présent qu'elle faisait le deuil de son… De son quoi exactement, Tsunami n'en était pas sûre, en fait. Mais elle commençait à avoir des soupçons.
– Tu étais proche d'Hizashi Hyuga ? demanda Tsunami à sa mère un matin en faisant le petit-déjeuner.
Izumi n'était pas encore levée. Hikari somnolait sur sa chaise haute. Ses cheveux châtain commençaient à être assez longs pour effleurer la table quand il était penché comme ça. Ils étaient longs, lisses, sagement brossés vers l'arrière. Comme les cheveux de Neji. Hazuki termina de mettre la table, et répondit d'un ton égal :
– Oui.
– Très proches ? insista Tsunami d'un ton égal.
Sa mère leva sur elle un regard désapprobateur, mais elle était si épuisée que son expression semblait plutôt résignée. Tsunami haussa les épaules, feignant l'indifférence, pour masquer son angoisse et sa gêne. Elle lâcha d'un ton léger qui dérapa dans les aigus :
– Je veux juste savoir si Hikari-chan va avoir une double dose de mirettes magiques.
Hazuki lança un bref regard inquiet à son fils, mais il avait l'air davantage intéressé par l'idée de finir sa nuit que de suivre la conversation. Il n'avait que douze mois, après tout. Elle poussa un profond soupir, puis s'assit à table et enfouit son visage dans ses mains. Ce geste si inhabituel de faiblesse, venant de sa mère, donna soudain l'impression à Tsunami d'avoir commis une transgression, d'avoir violé un tabou, et elle détourna hâtivement le regard pour se concentrer sur sa casserole.
Au bout d'un long moment, la voix d'Hazuki lui parvint, très basse.
– Le Byakugan est récessif. Je savais qu'il allait naître avec des yeux noirs.
Tsunami expira profondément. Elle aurait voulu ressentir de la surprise, de l'effroi, du triomphe, n'importe quoi. Mais elle se sentait juste résignée. Fatiguée. Il n'y aurait pas de fin heureuse dans cette histoire. Elle le savait depuis le début.
– Et ensuite ? murmura-t-elle sans lever les yeux de sa tâche. Quel Dôjutsu risque de s'activer ?
On pouvait avoir le Byakugan sans avoir les yeux pâles des Hyuga : c'était ce qui se passait avec Himawari, la fille de Naruto et Hinata dans le canon. Et on pouvait avoir le Sharingan même en n'étant qu'à moitié Uchiha, Tsunami en savait quelque chose. Mais elle ne savait pas comment ces deux données allaient se conjuguer. Est-ce que Hikari allait avoir l'un ou l'autre ? Ou les deux ? Ou rien du tout ?
Parce que, et c'était ça dont Hazuki et Tsunai étaient toutes les deux terriblement conscientes, si Hikari éveillait le Byakugan… Il serait impossible de cacher son ascendance. Les Hyuga allaient le prendre, le garder, le marquer, et peut-être le tuer. Le fils d'un membre de la Bunke était destiné à être membre de la Bunke. Et cela voulait dire que, s'il activait le Byakugan… Le fils d'Hizashi serait destiné à être l'esclave des Hyuga.
(Les Hyuga étaient des tordus, songea Tsunami avec un élan de colère. Les Uchiha, eux, n'auraient jamais fait une chose pareille. Oui, ils étaient arrogants et méprisants, mais ils n'étaient pas des enflures. Ils étaient honorables. Ils s'aimaient. Alors que les Hyuga… Comment pouvaient-ils imposer ce genre de chose à un autre être humain ? A des membres de leur propre famille ?!)
Hazuki le savait sans doute déjà depuis longtemps. Mais ça avait dû lui sembler lointain et abstrait. Les membres de la Bunke ne devaient pas vraiment raconter leurs histoires sordides aux étrangers. Peut-être avait-elle su quelle tragédie avait cours au sein du clan Hyuga, mais jamais aucun membre de la Bunke n'en était mort… Ou du moins, jamais le clan Hyuga n'avait permis que le village sache qu'un membre de la Bunke en était mort. Mais là, c'était différent. La mort d'Hizashi avait empêché la guerre, c'était connu, c'était impossible à cacher. Et d'un seul coup ce meurtre ça donnait un relief terrifiant au concept de branche inférieure du clan Hyuga.
Tsunami alla poser la nourriture à table, et sa mère leva la tête pour croiser son regard, l'air exténué. Elle était si pâle. Elle semblait aussi fragile qu'après la naissance de Hikari. Comme si c'était un terrible aveu de faiblesse, Hazuki baissa les yeux et murmura :
– Je ne sais pas. Je ne sais vraiment pas. Je pensais qu'Hizashi serait là, si j'avais besoin d'aide, mais maintenant…
Tsunami songea à son petit frère, son Hikari-chan, marqué et torturé et exécuté, et elle sentit son sang bouillir. Elle massacrerait tous les Hyuga jusqu'au dernier avant de laisser ça arriver. Elle respira à fond, puis passa derrière la chaise de sa mère et l'enlaça, appuyant sa tête sur son épaule.
– Tout ira bien, murmura-t-elle. Je ne laisserai rien lui arriver.
Hazuki ne dit rien. Elle et sa fille savaient toutes les deux qu'on ne peut pas tenir ce genre de promesse dans le monde des ninjas.
oOoOoOo
La vie d'Hazuki Uchiha n'avait pas été facile. Tsunami essayait de se mettre à sa place, et elle avait envie de rire, parce que sinon elle en aurait pleuré. Hazuki avait été rejetée par sa famille non pas une, mais deux fois. Elle s'était mariée à Kaiji en pleine guerre, alors qu'ils étaient deux Chuunin sans le sou, sans soutien, sans personne. Kaiji avait dû continuer à travailler pour soutenir son foyer, et Hazuki avait donc élevé d'abord Tsunami puis Izumi, toute seule, sans aucune aide, sans même pouvoir demander conseil à quiconque. Quand Hikari était né, elle avait aussi été toute seule : avoir l'aide de ses amis Chuunin n'était pas comme d'avoir une mère vers qui se tourner, ou un père qui puisse la rassurer. La vie d'Hazuki avait été affreusement solitaire… La plus grosse ironie était que les deux hommes qu'elle avait aimés, Kaiji et Hizashi, avaient tous les deux survécus aux dangers de la guerre avant d'être tués alors qu'ils se pensaient en sécurité, alors qu'elle les pensait en sécurité. Tous les deux avaient été tués au sein même du village. Tsunami avait toujours associé Konoha à un lieu sûr, confortable, où elle ne se sentait pas en danger, ou aucun de ses proches n'était en danger. Qu'est-ce que ça devait être, de ne même pas avoir ce mince réconfort ?
Hikari était encore trop petit pour penser à ces choses-là, mais Tsunami se jura qu'elle ne le laisserait pas grandir dans un village où il ne pourrait pas se sentir en sécurité. Aucun Hyuga ne mettrait la main sur lui. Elle s'en faisait la promesse. Et si jamais ça arrivait… Bon courage pour sceller quoi que ce soit sur son petit frère. Tsunami allait devenir la plus grande experte du pays en Fūinjutsu si c'était ça qu'il fallait pour tenir les Hyuga à distance d'Hikari.
(Et si ça échouait, et bien, il lui restait le plan I, comme Itachi : tous les massacrer.)
Elle se replongea donc dans le Fūinjutsu. Il y avait tant de choses à apprendre. Les Sceaux, ce n'était pas juste les notes explosives. C'était le stockage d'armes, le stockage de chakra, le stockage d'eau, le stockage de ration, le stockage de matière, le stockage d'énergie. Tsunami savait qu'elle était loin d'égaler Jiraya, Minato ou les autres experts, mais elle pouvait déjà voir le potentiel du Fūinjutsu, comprendre à quel point c'était vaste, et c'était déjà un gros avantage par rapport à ceux qui ne voyaient là qu'un outil. Le Fūinjutsu était davantage comparable à la technologie. Il y avait des centaines de Sceaux différents, avec des milliers de composantes, des variations de puissance, de taille, de solidité. Mais le Fūinjutsu allait aussi au-delà ! On pouvait créer des Sceaux immobilisant quelqu'un avec des liens invisibles, ou faisant fluctuer le chakra d'une personne (ce qui pouvait la libérer d'un genjutsu ou l'assommer, selon la puissance du Sceau), ou encore accélérant son rythme de guérison. Il y avait des Sceaux capables de dresser des barrières physiques. Il y avait des Sceaux capables de s'intégrer à des Jutsu, pour les renforcer ou les modifier. Il y avait des Sceaux capables de créer des Jutsu ! Mieux que ça, capables de créer des Jutsu qui seraient en temps normal bien au-dessus des capacités d'un ninja lambda ! Par exemple, il était tout à fait possible de dessiner un Sceau qui, une fois relâché, allait s'étendre sur toute une plaine et faire surgir de terre des piliers de rocs et des arches de pierres, transformant un terrain plat en un fantastique champ de bataille plein de cachettes. Un Doton pouvait faire la même chose, mais ça aurait nécessité beaucoup de chakra. Un Sceau, en revanche, nécessitait simplement du temps, de la patience, de la connaissance, et une bonne calligraphie…
Ahem. Mais bref. Pour l'instant, Tsunami attaquait un problème à la fois.
Elle avait toujours son projet de « sceau de réserve de chakra » qui avançait doucement. Elle s'en servit comme d'un prétexte pour étudier tous les sceaux affectant la santé ou le corps humain. Idéalement elle aurait voulu une copie du Sceau de l'Oiseau en Cage, mais les Hyuga ne laissaient pas traîner ça n'importe où. Bah, elle pouvait déjà se faire une idée de son fonctionnement en imaginant comment ça marchait, et en étudiant les sceaux basés sur le même principe. Il y avait des sceaux qui tuaient la personne sur laquelle ils étaient posés. Il y avait des sceaux qui pouvaient s'activer et sceller des objets (ou des organes) dès qu'on cessait de les alimenter en chakra. Etudier tout ça… Ce serait déjà une bonne base.
A la fin du mois de janvier, Tsunami commença à tourner en rond. Oh, ses recherches l'occupaient. Mais elle était habituée à un certain niveau de difficulté, à un certain niveau d'activité, et… Cela faisait à présent deux mois entiers qu'elle se contentait de missions courtes, où elle avait rarement affronté plus dangereux que des bandits. Elle avait assez traîné. C'était bien beau de profiter de sa promotion pour passer du temps avec sa famille, mais il ne fallait pas se reposer sur ses lauriers non plus.
Elle se porta donc volontaire pour des missions plus avancées et plus risquées. Plutôt le genre de chose où se lanceraient Gai et Anko, pas Kotetsu et Izumo. Il y avait quelque chose de libérateur dans le fait d'utiliser son plein potentiel. Même si c'était un potentiel de violence et de combat. Tsunami avait fait la paix avec ça depuis longtemps. Elle était presque surprise d'y repenser. Tuer ne serait jamais anodin, mais c'était juste un job. Ce n'était pas traumatisant. A vrai dire, ça ne l'avait jamais vraiment été.
Elle effectua une mission de sabotage de rang A avec Tekuno, l'arbitre de l'examen Chuunin. Comme elle, c'était un fan d'explosifs, mais il utilisait des notes de papier plutôt que de placer les sceaux directement sur ce qu'il voulait faire détonner. C'était quelqu'un de sympathique, joyeux et agréable, assez semblable à Tessen mais sans son côté abrasif. Leur mission consistait à détruire un bunker d'Iwa, situé à la frontière de Taki. A eux deux, ils déclenchèrent une explosion absolument massive, et trucidèrent les trois ninjas survivants avant qu'ils ne puissent s'enfuir. Ce fut assez sanglant : les ninjas d'Iwa se battaient de façon vicieuse, et ils faisaient des trucs tout à fait sournois avec leur Doton. L'un d'eux utilisait deux couteaux-papillons qui tournoyaient follement dans ses mains, et semblait déterminer à crever les yeux de Tsunami. Elle finit par le transpercer d'un Raiton mais, après cette mission-là, elle retira le blason Uchiha de tous ses vêtements qui en étaient encore brodés. Faire face à un mec aussi focalisé sur ses yeux n'avait pas été une expérience agréable.
– On aurait du mal à croire que tu n'es Chuunin que depuis trois mois, commenta Tekuno alors qu'ils allaient remettre leurs rapports. Tu t'en es bien tirée. Tu as pensé à demander une promotion ?
– Si tôt ? s'étonna Tsunami. Et puis, pour être Tokubetsu Jounin, il faut une spécialité. C'est le principe de la chose. Les Tokubetsu Jounin ont le niveau Jounin dans leur spécialité.
Tekuno fronça le nez, ayant l'air de prendre ça comme un reproche envers son rang.
– La plupart des Tokubetsu pourraient battre un Jounin avec leur spécialité. La mienne est le sabotage : si j'ai le temps de choisir mon terrain et de le préparer, je doute que même Kakashi Hatake puisse s'en tirer.
Kakashi était déjà quasiment une légende. Ce gars survivait à tout. Tsunami ne l'avait cependant pas vu depuis un bail : il devait se morfondre dans l'ANBU… Elle secoua la tête, puis lâcha :
– Mais je n'ai pas de spécialité.
– Mais si ! contra Tekuno. Tu pourrais te perfectionner dans l'utilisation des pièges, et devenir experte en sabotage. Ou tu pourrais continuer dans la voie de tes notes explosives et te spécialiser en Fūinjutsu. Tu es aussi membre de la Section Sensorielle, non ? C'est eux qui nomment le plus de Tokubetsu : quasiment tous leurs spécialistes en traque obtiennent une promotion.
– Hum, fit pensivement Tsunami.
L'idée de passer Tokubetsu Jounin était tentante. Plus de missions, plus d'argent, plus de reconnaissance… Plus de sécurité, finalement. Devenir forte, c'était aussi un moyen de s'assurer que ceux qu'elle aimait seraient intouchables.
Il ne lui restait qu'un peu plus de trois ans avant le massacre du clan Uchiha.
Être à l'écart du clan, être exclue du clan, s'opposer ouvertement au clan, cela devrait normalement suffire à protéger sa famille. Aucun Uchiha ne chercherait à les impliquer dans le coup d'état parce qu'aucun Uchiha ne leur ferait confiance. Mais… Hazuki, Tsunami et Izumi portaient le nom Uchiha. Peut-être que Danzō les soupçonnerait de colluder avec le clan. Peut-être qu'il considèrerait le risque trop grand. Peut-être qu'il ne ferait tout simplement pas la distinction. Ou peut-être qu'il n'y penserait pas, et qu'Itachi ne ferait pas la distinction. Jadis Tsunami pensait que s'éloigner du clan suffirait, qu'être innocente suffirait, mais elle avait grandit depuis : elle savait qu'on n'est jamais totalement en sécurité nulle part, peu importe à quel point on s'efforce de suivre les règles et de se tenir à distance des problèmes. Hizashi avait été un shinobi loyal, un Hyuga obéissant, mais ça ne l'avait pas sauvé. Sa mort avait été utile, et ça avait suffit à le faire condamner. Il s'était laissé faire. Il l'avait accepté, d'après les souvenirs-rêves de Tsunami. Mais ça ne changeait rien au fait : il était mort parce que son clan et son village avaient détourné les yeux. Tsunami ne commettrait pas la même erreur. Si quiconque essayait de se débarrasser d'elle ou de sa famille parce que c'était utile… Elle les tuerait.
Elle n'était pas physiquement capable de tuer Itachi. Pas encore. Mais si elle s'entraînait, si elle se spécialisait, si elle montait en grade et en puissance… Elle en serait capable. Et il y réfléchirait à deux fois avant de s'approcher des siens.
(Et s'il était assez stupide pour essayer… Eh bien. Personne n'avait vu le Sharingan de Tsunami et survécu pour en parler, après tout.)
Chacun avait sa propre manière de progresser. Tsunami se plongea dans son étude du Fūinjutsu et dans des missions complexes. Yūgao sortit de l'hôpital et reprit son entraînement au kenjutsu avec férocité. Iruka se mit à s'entraîner avec Tessen pour se perfectionner en bukijutsu. A la mi-février, Kumadori décrocha un contrat d'apprentissage à mi-temps auprès d'un médic de l'hôpital, pour accélérer sa formation. Son but était de devenir médic accrédité d'ici un an ou deux, puis de demander un contrat d'apprentissage dans la Section Intelligence (ce qui était son ambition d'origine). Il serait plus facilement admis que s'il n'était qu'un simple Genin ou même un simple Chuunin. Les médics étaient toujours en demande là-bas, que ce soit pour soigner les ANBU, rafistoler les prisonniers, ou autopsier des cadavres. Tsunami lui souhaitait bien du plaisir : l'idée de tripatouiller des macchabées ne lui semblait pas vraiment une carrière alléchante.
Chacun progressait. Tsunami effectua une mission de repérage et destruction d'une ancienne cachette d'Orochimaru, accompagnée par Anko et deux autres Chuunin. Elle accomplit avec Genma une mission d'assassinat d'un chef de gang terrorisant un village local. Elle fut sollicité pour surveiller une classe de l'Académie, en remplacement d'un Chuunin malade, et apprit à cette occasion que tous les Chuunins en passaient par là : être confronté à une bande de gamins braillards et irrespectueux était apparemment une sorte de bizutage obligatoire. Elle s'en remit en prenant une mission d'escorte avec Kotetsu, Izumo, et Raidō Namiashi (ils tombèrent sur une bande de nukenin et Tsunami rentra avec une cheville foulée et une belle cicatrice le long de la cuisse, mais victorieuse). Elle fit aussi des missions courtes ou ne l'éloignant pas du village, comme par exemple la remise en état de terrains d'entraînements ravagés par les exercices des ANBU… Mais ça ne l'occupait pas tant que ça.
Les ninjas n'étaient pas forcément ambitieux ou même tournés vers l'avenir, mais ils étaient conditionnés à vouloir progresser. C'était gravé dans leur être. Il aurait été incompréhensible qu'ils aient des capacités et ne veuillent pas les exploiter. C'était dans leur culture, tout comme le langage japonais, la désensibilisation à la violence, la loyauté envers Konoha. Tsunami savait qu'il y avait une très grande pression exercée sur les enfants à un âge où ils étaient très impressionnables, parce qu'elle avait des souvenirs-rêves d'un monde où on naissait libre de choisir son avenir, et libre de décider de ce qu'on faisait de son potentiel. Mais même elle, qui savait qu'ils étaient conditionnés à vouloir être ninja autant qu'à être loyaux… Même elle n'était pas immune à cette propagande. Tsunami voulait progresser, tester ses limites, s'améliorer : peut-être que ce désir venait d'elle, peut-être que c'était juste ce qui était attendu d'elle et qu'elle ne savait pas comment vivre autrement, mais… Elle se sentait bien dans sa peau quand elle avait conscience qu'elle progressait.
Un mois passa, puis un autre, puis encore un autre. Izumi acheva son année scolaire, profita de ses vacances pour apprendre à marcher sur l'eau avec sa grande sœur, puis fit sa rentrée en avril. Hikari avait à présent quatorze mois : il marchait, jouait, et commençait à parler. Il savait dire « Mama », « Umi » et « Nami », qui désignaient respectivement Hazuki, Izumi, et Tsunami. Hazuki hésitait à le confier à une garderie quelques heures par semaine pour qu'il rencontre d'autres enfants et apprenne à passer du temps sans sa mère, mais elle ne s'était toujours pas décidée.
Entre deux missions, Tsunami essayait de retrouver ses amis pour s'entraîner avec eux, ou avec ses collègues Chuunin : Anko, Kurenai, Genma, Kotetsu, Izumo. Mais elle bossait aussi sur son idée de spécialisation. Elle était retournée voir la Section Sensorielle pour s'entraîner davantage à la traque. Tsunami avait aussi demandé des conseils à Hayama-sensei, Tessen, et Tekuno au sujet des pièges. La jeune Uchiha était une unité de sabotage à elle toute seule à présent. Mais ce n'était pas sur ça qu'elle voulait baser sa promotion : c'était sur les sceaux. Déjà parce que devenir une experte en Fūinjutsu l'attirait depuis des années, et puis parce que… Les sceaux étaient un art tellement complexe que même leur utilisation au niveau Chuunin laissait bon nombre de Chuunin sur les fesses. C'était une connaissance rare, après tout. Alors… Tsunami approfondissait ses connaissances du Fūinjutsu. Elle apprit à dresser des barrières de chakra, des kekkai. Elle apprit à sceller des objets immenses, qu'un simple rouleau de scellement normal ne pourrait contenir. Elle apprit à enfermer un Jutsu dans un sceau, prêt à se déclencher dès qu'il serait libéré. La jeune fille apprit à créer des sceaux d'entrave, qui ligotaient un adversaire comme les menottes les plus efficaces au monde. Elle apprit à réduire les sceaux, les compressant pour qu'ils prennent moins de place et soient moins lisibles sans pour autant perdre en efficacité, et elle apprit à les distendre pour les examiner comme sous un microscope.
Au départ, il s'agissait juste d'apprendre les bases. Quelques bricoles, rien de trop dur. Mais Tsunami absorbait toutes les connaissances sans problème grâce à son Sharingan qui rendait la mémorisation instantanée… Et du coup, elle progressait à toute allure. Les « bases » qu'elle étudiait devenaient de plus en plus complexes. La réduction des sceaux était le genre de chose qui rendait chèvre certains Jounin, et Tsunami l'apprit en moins de trois semaines. Oh, elle était encore loin d'avoir le niveau qu'elle voulait. Elle aurait été incapable de recréer le Sceau de l'Oiseau en Cage, de fabriquer une Marque Maudite comme Orochimaru, ou de sceller un Bijuu.
Mais elle était arrivée très loin, déjà. Et, en mai, Tsunami réalisa avec surprise qu'elle était capable de créer son sceau réservoir de chakra.
La base était un simple sceau de stockage. Toute la complexité de la chose venait des petits réglages de l'absorption et de la production de chakra. En gros : l'ouverture du sceau et sa capacité à aspirer ou recracher du chakra à petites doses. Le problème des sceaux était souvent qu'ils scellaient tout ce qu'ils touchaient, et que donc se dessiner sur le corps un sceau absorbant du chakra était le meilleur moyen de se faire complètement vampiriser. Faire un sceau qui n'absorbait que le chakra d'un point précis, tout en plaçant d'autres sceaux autour pour éviter que le chakra produit par le corps ne soit aspiré par ce point de vide… C'était assez délicat. Mais Tsunami y parvint. Au final, son sceau prenait la forme d'un losange d'environ cinq centimètres de haut sur quatre de large, dont l'intérieur était divisé en segments, qui se rejoignaient comme les pétales d'une fleur repliée sur elle-même. Quand on alimentait le sceau en chakra, ces segments s'ouvraient, passant à l'extérieur du losange pour se déployer en de larges bandes d'encre, comme les rayons d'un petit soleil. Plus l'alimentation en chakra était grande, plus les « branches » du sceau se déployaient pour absorber le chakra. C'était la même chose quand le sceau était ouvert pour libérer le chakra : les segments se déployaient, propageant l'énergie relâchée dans le corps de l'utilisateur comme un second réseau de circulation du chakra. Tsunami supposait que si elle emmagasinait assez de chakra dans le sceau et qu'elle l'ouvrait ensuite, les branches du sceau pourraient alors parcourir tout son corps, s'enroulant autour de ses membres et remontant sur son visage pour lui donner la même apparence que Tsunade ou Sakura quand elles relâchaient l'énergie contenue dans leur petit sceau frontal, le Sceau Byakugō. Le principe était après tout le même… Sauf que Tsunade et Sakura utilisait le ninjutsu médical pour stocker le chakra là où Tsunami utiliserait du Fūinjutsu pur et dur.
Tsunami se dessina son sceau sur la nuque. Elle avait deux raisons à ce choix. La première était que la nuque était le siège de la Troisième Porte Céleste, aussi appelé la Porte de la Vie, ou Seimon. Placer le sceau sur ce tenketsu stratégique était une sorte de raccourci : Tsunami n'aurait qu'à ouvrir légèrement le Sceau pour immédiatement y déverser une grande quantité d'énergie. La seconde raison était plus pragmatique : sa nuque était l'endroit qu'elle protégeait sans doute le mieux, et le sceau serait constamment caché par ses cheveux. Elle ne les avait pas coupés depuis presque un an, et ils lui balayaient à présent le haut du dos, tombant sur sa nuque comme une crinière de lion.
En l'honneur de cet emplacement, et de la difficulté qu'elle avait eu à tatouer sa propre nuque… Tsunami décida de nommer son invention le Sceau Seimon. Littéralement « Sceau de la Porte de la Vie ». C'était approprié.
Après avoir testé ce sceau et s'être assuré qu'il marchait, elle fut tentée de le partager avec sa famille. Plus précisément, elle eut une bonne minute de fol espoir en pensant à ce qu'un sceau de réservoir de chakra pourrait faire pour sa mère, qui souffrait d'anémie chronique de chakra. Ce serait comme une transfusion permanente !
Puis elle s'assit et commença à faire les calculs pour savoir quelle quantité de chakra devrait être absorbée puis restituée pour remettre Hazuki sur pied… et elle déchanta très vite. Au repos, quand elle l'ouvrait d'une fraction pour qu'il absorbe un peu de son chakra, le sceau Seimon engloutissait entre 2% et 10% de ses réserves. Pour Tsunami qui avait pas mal d'endurance, ce n'était pas très important, mais pour Hazuki qui fonctionnait avec moins d'un dixième du chakra d'un Chuunin normal… Ce serait catastrophique. Peut-être qu'elle serait juste constamment épuisée, comme durant les mois qui avaient suivis la naissance d'Hikari : mais il y avait aussi une forte probabilité pour que son système de production de chakra ne puisse tout simplement pas supporter ce drain. Après tout, c'était à cause de son système de chakra endommagé qu'elle ne pouvait plus avoir d'enfants, et non pas à cause de déchirures ou de dégâts physiques. Hazuki ne pouvait pas supporter une autre grossesse, sous peine d'en mourir. Est-ce que drainer son chakra par le biais d'un sceau était très différent de laisser un embryon drainer son chakra de façon naturelle ?
Et puis… Outre les risques (qui étaient quand même importants), il y avait la question du résultat. Si Hazuki avait le sceau Seimon, et qu'elle arrivait à le charger en chakra sans être réduit à l'état de quasi-zombi… Elle serait constamment épuisée pendant presque quatre mois juste pour constituer des réserves suffisantes pour retrouver sa pleine forme pendant moins d'une semaine. Pas de capacités augmentées, non, juste sa forme normale de Chuunin. Une forme normale de Chuunin active. Capables de faire des missions, et sans aucune excuse pour ne plus en faire. A vrai dire, si Hazuki retrouvait ses capacités, son sens du devoir l'obligerait à le signaler, et à accepter des missions hors du village. Des missions brèves, évidemment, mais dont elle aurait perdu l'habitude… Et pour lesquelles elle n'aurait évidemment pas pu s'entraîner, puisque toute son énergie serait consacrée à remplir le sceau afin d'être efficace du début à la fin de la mission.
C'était… C'était dangereux. Tout l'être de Tsunami se révoltait à l'idée de laisser sa mère marcher sur le fil du rasoir comme ça. Egoïstement, elle ne voulait pas que Mama retourne dans le service actif et qu'elle se mette en danger. Hazuki ne serait plus jamais une Chuunin normale. Le Sceau Seimon pourrait la rendre capable de mission, certes, mais sans aucune possibilité de s'entraîner avant ou après, et avec un corps affaibli… Non, non, non, c'était trop risqué. Rien que d'y penser et Tsunami se sentait au bord de la panique.
Elle décida de garder le Sceau Seimon secret. Elle n'en parlerait à personne. Pas à ses amis, pas à Jiraya, pas à Izumi. Et surtout, surtout pas à Mama.
Le choix de retourner ou non dans le service actif était un choix qui n'appartenait qu'à Hazuki. C'était sa vie, son corps, son avenir. Mais le choix de partager l'invention qui pourrait rendre ça possible ? Ce choix n'appartenait qu'à Tsunami. Le Sceau Seimon était à elle. Et Tsunami s'en foutait si ça faisait d'elle une hypocrite manipulatrice : elle ne donnerait pas à sa mère un sceau qui lui permettrait d'être exploitée par Konoha à nouveau. Sa mère était en sécurité, actuellement. Et c'était très bien comme ça.
Bref. Tsunami décida donc de ne parler du sceau à personne. C'était sans doute pour le mieux. L'idée que le Sceau Seimon soit popularisé…Ça ne l'enthousiasmait pas du tout. Il n'y avait pas besoin d'être un expert en Fūinjutsu pour utiliser son idée, après tout, juste pour le dessiner. Ensuite, n'importe qui pouvait ouvrir le sceau tracé sur son corps, le charger en chakra, et le rouvrir plus tard. C'était aussi simple d'utilisation qu'un sceau de stockage. Et… Entre les mauvaises mains, ça pouvait être redoutable. Danzō avait sans doute l'intelligence nécessaire pour comprendre le fonctionnement du truc : s'il le copiait sur tous ses ANBU de la Racine, eh bien Konoha allait se retrouver avec une armée de soldats non seulement lobotomisés mais aussi increvables, et ça, ça allait vite être la cata.
Pour passer Tokubetsu Jounin avec une spécialisation en Fūinjutsu, elle devrait donc se baser sur un autre concept. Il lui fallait une autre invention. Elle se pencha donc sur ce qu'elle avait appris, se demanda ce qu'elle pouvait faire d'utile ou d'impressionnant… Et se retrouva avec une demi-douzaine de projets.
Certains étaient carrément glauques. Par exemple, un sceau explosif miniature qui se déposait à l'intérieur d'un globe oculaire, et qui se déclenchait quand l'œil était alimenté par un chakra étranger… C'est-à-dire s'il était arraché et greffé à quelqu'un d'autre. Ou bien un sceau qui faisait exploser tout le corps d'une personne, et qui s'activait soit par la mort du porteur… Soit volontairement, en une sorte de suicide par bombe.
D'autres étaient nettement plus acceptables. Elle pensa par exemple à Rock Lee, le futur élève de Gai, et commença à dessiner un projet de sceau qui relierait les tenketsu d'une personne, depuis son estomac (siège de la production du chakra) jusqu'à sa gorge, afin de lui permettre de malaxer du chakra jusqu'à sa bouche et ainsi d'effecteur tous les Jutsu nécessitant de cracher de l'eau, des flammes, du vent, des éclairs, ou des pierres. Bon, le Jutsu devrait être modifié pour correspondre à l'affinité élémentaire du porteur, mais elle se gardait ça en réserve. Elle avait aussi un projet de sceau d'entrave qui, au lieu d'être placé sur la victime puis activé par l'utilisateur, s'activait tout seul si on marchait dessus. Un peu comme un piège à loups, en fait.
D'autres encore promettaient d'être assez techniques. Ainsi, elle voulait créer un sceau qui dresserait une barrière kekkai tout seul, comme un mur : sauf que les kekkai étaient généralement des formes géométriques, comme des cubes, avec plusieurs côtés qui se soutenaient mutuellement. C'était en trois dimensions, pas deux. Il fallait au minimum trois bases. Réduire ça à deux points qui se connecteraient en une ligne de kekkai, c'était déjà viser l'impossible. Alors réduire ça à un seul sceau ? Tsunami avait ajouté ça à sa liste de projets, mais elle savait qu'elle n'y parviendrait certainement pas tout de suite. Ou même jamais…
Bref. Elle avait du pain sur la planche. Avant même qu'elle le réalise, on se retrouva en juin. Hikari, qui avait à présent dix-huit mois et commençait à être assez articulé pour un bébé, fut inscrit à une garderie pour se sociabiliser avec d'autres enfants (et laisser souffler sa pauvre mère). Izumi fêta ses dix ans à la fin du mois.
Et puis, à peine deux jours plus tard, Tsunami connut son premier gros échec en mission.
oOoOoOo
Elle ne se pensait pas arrogante. Elle n'était jamais sûre d'elle à 100% hors du village. Elle surveillait ses arrières. Elle ne prenait jamais pour acquise la défaite d'un adversaire. Elle ne pouvait pas se donner à fond parce que ça aurait révélé son Sharingan, mais devait quand même donner son maximum, et c'était un équilibre délicat qui l'obligeait à être constamment sur ses gardes.
Tsunami ne se pensait pas arrogante, mais voilà, elle n'avait jamais échoué auparavant. Elle avait toujours réussi tout ce qu'elle avait entrepris. Ses missions, ses entraînements, son examen Chuunin, son Sharingan, ses projets de Fūinjutsu. Jamais elle ne s'était heurtée à un mur, jamais elle n'avait brutalement mordu la poussière et réalisé qu'elle était battue. Elle avait déjà été surclassée lors d'un combat, par Gai ou Genma ou Kurenai, mais ça avait toujours été amical. Jamais elle n'avait été écrasée dans un affrontement sérieux où elle aurait eu peur pour sa vie. Depuis Kyūbi, elle n'avait jamais ressenti cette peur viscérale et désespérée, cet instinct de proie terrifiée qui activait automatiquement le Sharingan. Et… Depuis le Kyūbi, elle n'avait jamais perdu personne. Elle s'était éloignée de certains amis (Shisui, Itachi…), mais ils étaient encore en vie. Elle avait vu des proches encaisser le deuil (Yūgao, sa mère…) mais n'avait pas partagé leur chagrin. Tsunami avait été protégée. Elle avait été en sécurité. Elle avait toujours tout réussi. Et… Peut-être que ça l'avait rendu arrogante. Peut-être qu'elle avait oublié qu'il suffisait d'un instant d'inattention, d'un manque de chance, d'un petit imprévu. Tsunami était devenue trop confiante.
Elle avait oublié le danger.
La mission n'était pourtant pas compliquée. Il s'agissait de détruire une vieille base de Konoha sur la côte afin d'éviter que le bunker ne soit utilisé comme avant-poste par des ninjas de Kiri. Ils devaient aussi en profiter pour quadriller l'endroit et faire du repérage. Il y avait eu des traces d'activité dans la zone, alors leur équipe était composée à égalité de traqueurs pour repérer le danger, et de saboteurs pour démolir la cible. Ils étaient tous jeunes, et peut-être que Tsunami aurait du s'en alarmer… Mais elle était juste contente de faire partie d'une équipe d'adolescents de son âge.
Il y avait Hiroki Hyuga, le prodige qui avait été dans la même classe que Tsunami et dont Hideyoshi Uchiha avait été le rival. Elle ne l'avait pas vu depuis qu'il était devenu Genin. Il était toujours aussi guindé et dédaigneux : pas étonnant que lui et Hideyoshi, aussi fiers l'un que l'autre, se soient constamment disputés. Mais malgré son arrogance, Hiroki savait être professionnel. Il était Chuunin (il avait apparemment reçu sa promotion sur le terrain plutôt que lors d'un examen) et c'était lui le capitaine pour cette mission. Pour l'épauler dans sa tâche de repérage d'ennemis, il y avait une Genin du clan Inuzuka : une fille d'une quinzaine d'année aux cheveux attachés en deux couettes et au rire sonore, qui se présenta comme Harumi Inuzuka, et dont le compagnon était un jeune Shiba Inu au pelage roux et à l'air grincheux nommé Youta. Et finalement, pour assister Tsunami dans la destruction de la base, il y avait un Genin de treize ans aux cheveux blonds ébouriffés, apparemment très doué pour le Doton et les effondrements de terrain, nommé Seto. Ils se mirent en route à l'aube, progressant rapidement. Hiroki était rigide et Seto plutôt réservé, mais Harumi avait assez d'humour et de sociabilité pour trois. Elle taquinait les deux garçons avec toute la désinvolture amusée d'une grande sœur. Le plus étonnant était qu'Hiroki semblait tolérer sa familiarité avec la résignation née d'une longue habitude. Ils devaient se connaître…
–Hiroki et moi étions dans la même équipe de Genin ! l'informa joyeusement Harumi. Et on connaît tous les deux Seto parce que son équipe a fait quelques missions avec la nôtre. C'est la première fois qu'on est envoyé ensemble en mission sans Jounin, cela dit.
– C'est vrai que deux Chuunins et deux Genins c'est un peu léger, réfléchit Tsunami. Surtout qu'on n'est pas une équipe de combat…
– La présence d'ennemis n'est pas confirmée, lâcha Hiroki sans se retourner. Mais dans l'hypothèse où nous serions obligés à un affrontement, nos renseignements laissent à penser que nous ne feront pas face à plus d'un ou deux ninjas. Kiri n'envoie que rarement des équipes en mission de reconnaissance.
– Kiri envoie rarement des équipes tout court, pointa Seto. Ils ne sont pas très fans du travail de groupe.
– C'est un peu la marque de fabrique de Konoha ça, plaisanta Harumi. Se tenir la main, tresser des couronnes de fleur, et ensuite arracher la tête du gars d'en face grâce au pouvoir de l'amitié !
– Et celui des couronnes de fleurs ? s'amusa Tsunami.
– Ah ah, tu rigoles, mais j'ai tué un gars avec des géraniums une fois !
En coupant à travers les régions boisées et en gardant un rythme soutenu de ninja (la vitesse d'un cheval au galop, durant dix heures par jour), ils ne mirent qu'une journée à atteindre la zone frontalière. Bavarder leur permis de passer le temps. Harumi parla de ses deux petits frères, de ses parents, de son sensei qui était apparemment un Aburame. Seto leur raconta une ou deux anecdotes amusantes sur les missions qu'il avait accomplies. Même Hiroki se détendit un peu et parla de sa promotion au rang de Chuunin, qui avait eu lieu un an plus tôt après une mission catastrophique où il avait du prendre le commandement d'un avant-poste.
Tsunami faillit lui demander s'il connaissait Natsu Hyuga, ou même Neji, puis elle se retint. Hiroki portait son bandeau ninja autour du cou, exposant fièrement son front nu. Il était membre de la Sôke, la branche principale du clan. Bien sûr, ça ne faisait pas automatiquement de lui un ennemi. Il était même plutôt sympa, sous ses dehors frigides et cassants. Mais… Il restait un membre de la caste dominante de son clan : celle que Natsu devait servir, celle pour qui Hizashi était mort, celle qui ferait planer l'ombre de la peur sur toute l'enfance de Neji.
Peut-être qu'Hiroki désapprouvait les coutumes de son clan. Mais il était plus probable qu'il vive avec depuis si longtemps qu'il n'y pensait même plus. Les gens en position de force pensait si rarement à changer l'ordre social. Hiroki semblait être quelqu'un de droit et juste, mais il était aussi très inflexible, axé sur le devoir et la mission plus que sur un quelconque idéalisme. Les gens comme ça tendaient à être des traditionalistes.
Du coup Tsunami garda pour elle toutes ses remarques et ses questions sur le clan Hyuga, et se cantonna à des sujets inoffensifs. Harumi était bavarde et exubérante, braillarde, autoritaire même. Elle évoquait vaguement Anko… Sauf qu'elle ne rechignait absolument pas à parler d'elle, de sa famille ou de ses passions. Il n'y avait qu'à l'entendre s'extasier sur l'élevage de chiots que gérait sa mère pour savoir qu'elle aimait véritablement ce job : elle n'en parlait pas pour se vanter, mais parce qu'elle voulait partager ce qui lui plaisait. A l'inverse, Seto était plus réservé, ne parlant pas de sa famille ou de ses loisirs. Apparemment, il était orphelin. Il mentionna vaguement un sensei appartenant au clan Inuzuka mais ne s'attarda pas dessus. Pas un seul mot sur ses coéquipiers Genins, non plus.
Tsunami préférait suivre l'exemple d'Harumi, et parla joyeusement de son équipe, de Kumadori qui allait devenir médic (une profession très difficile) ou de Tessen qui pouvait battre n'importe quel Uchiha avec ses techniques de shurikens (un sacré exploit), ou encore Hayama-sensei et sa maîtrise du kenjutsu. Elle passa dix minutes à parler de ses notes explosives avec adoration, puis de Fūinjutsu en général, ce à quoi Seto rétorqua que les explosions manquaient de subtilité (contrairement à un gigantesque glissement de terrain ?! Pfff, hypocrite !). Harumi proposa d'un ton facétieux de transformer la destruction de leur cible en concours. Personnellement Tsunami trouvait que c'était une excellente idée. Hiroki essaya d'être la voix de la raison, mais il devait sentir que c'était une bataille perdue d'avance. Deux experts en sabotage et une cible à bousiller ? Rien que d'en parler Tsunami avait envie de rigoler comme un méchant de série B. Ça allait être fun.
Plus ils approchaient de leur destination, et plus la végétation se clairsemait, laissant la place à la terre nue et à des rochets grisâtres. Le décor plombait l'ambiance : même si Harumi continuait à plaisanter, on sentait que le cœur n'y était plus. Le silence était oppressant. Il commençait à faire froid et humide. Lorsqu'ils parvinrent à la zone frontalière où se trouvait leur cible, ils marquèrent tous un temps d'arrêt. C'était une côte désolée, brumeuse, parsemés de rochers aux arrêtes pointues et d'arbustes desséchés. Le soir commençait à tomber, ajoutant au côté lugubre de la chose. On entendait le flux et le reflux des vagues qui se brisaient sur les cailloux, mais pas un pépiement d'oiseau, pas un souffle de vent.
– Sinistre, murmura Tsunami.
– Restez groupés, ordonna sèchement Hiroki.
Il n'avait même pas à le leur dire. Instinctivement, les quatre adolescents s'étaient rapprochés, peu désireux de se perdre de vue. Hiroki consulta brièvement une carte, puis prit la tête du groupe et les mena vers le Nord. Il activait son Byakugan de façon régulière pour vérifier les alentours. Harumi avait cessé de plaisanter, et reniflait discrètement les alentours. Tsunami tendit ses sens, essayant de détecter une présence ennemie, mais… Elle ne sentait rien. Pas comme si c'était désert, non, plutôt comme si c'était… Flou ?
– Ce n'est pas une brume normale, lâcha Harumi à voix basse. Les odeurs ne circulent pas bien. Hiroki ?
– C'est sans doute un Jutsu de Dissimulation dans la Brume murmura le Hyuga sans ralentir. Nous devons supposer que l'ennemi est sur les lieux. Vu la faible densité du brouillard, ils ne se préparent pas à l'attaque. Soit ils ne nous ont pas repérés, soit ils sont en train de fuir et la brume sert à cacher leur retraite.
Une brume infusée de chakra, voilà qui allait bien brouiller ses sens. Tsunami hésita. Ce fut Seto qui demanda ce qu'ils pensaient tous, hésitant.
– On continue ? On ne sait pas combien ils sont…
Mais Hiroki n'avait pas changé de cap, ni même ralenti. Tsunami savait quelle allait être sa réponse avant même qu'il n'ouvre la bouche.
– On continue, lâcha-t-il d'un ton ferme. Qu'ils aient trouvé la base ou non, nous devons quand même la détruire.
La base en question était bien cachée au milieu des rochers. L'entrée était presque invisible, un simple trou entre deux gros cailloux. C'était un tunnel étroit et qui descendait abruptement, presque comme un puits, jusqu'à une vaste salle ronde sans la moindre ouverture. Tsunami y descendit pour y poser ses explosifs, retenant un frisson claustrophobe. L'endroit était entièrement vide, mais il y avait des traces récentes dans la poussière. Elle plaça ses notes le plus vite possible puis, dès qu'elle en ressortit, lâcha sombrement :
– Ils ont utilisé la base il n'y a pas longtemps.
Hiroki hocha la tête avec raideur :
– La brume s'est densifiée. Ils devaient être en train de partir d'ici mais ils nous ont repérés. Je ne vois plus rien. On a quelques minutes à peine avant de devoir déguerpir.
Ce n'était pas du tout rassurant. Tsunami plaça un autre paquet de notes explosives à l'entrée du bunker pour lancer l'explosion en chaîne qui ferait détonner celles à l'intérieur de la base, puis en plaça également à l'extérieur, là où elle supposait que se trouvait les points faibles du plafond. Seto, quant à lui, s'éloigna un peu pour préparer son Doton.
– Cinq personnes ! claqua soudain la voix tendue d'Hiroki. Ils foncent droit sur nous ! Seto, Tsunami, maintenant !
– Comment est-ce qu'ils ont fait pour arriver si vite ? pesta Harumi d'une voix qui était montée dans les aigus.
– Encore une minute ! cria Seto dont le visage était crispé de concentration. Doton : Glissement de Terrain !
Le sol trembla. Tsunami déclencha ses notes explosives. Il y eu une grosse explosion, comme si un obus était tombé au sol, puis tout le terrain commença à s'effondrer sur lui-même avec un grondement de fin du monde. C'était un véritable tremblement de terre : Tsunami dut s'ancrer au sol avec du chakra pour ne pas être projetée au sol. La fumée des explosifs et la poussière soulevée par le séisme emplissaient l'atmosphère, les faisant tousser et masquant la visibilité. Si l'ennemi ne savait pas qu'ils étaient ici, à présent ils étaient fixés : personne à des kilomètres ne pouvait manquer ce boucan et ce nuage noir.
Hiroki poussa soudain un cri d'alarme. Tsunami leva les yeux juste à temps pour voir un éclat d'acier, et Seto s'écroula.
Pendant une brève seconde, le temps sembla s'étirer à l'infini. Les yeux de Seto, grands ouverts et choqués. La gerbe de sang jaillissant de son cou. La lumière scintillant sur le sabre de l'ennemi qui était apparu derrière lui. La poussière en suspension dans l'air. La façon dont la signature de chakra de Seto s'effaça comme la flamme d'une bougie qu'on souffle.
Puis le temps reprit son cours, Harumi poussa un cri de rage, Tsunami sentit les quatre autres chakras ennemis (si bien masqués dans la brume qu'ils en étaient quasiment invisibles) se rapprocher à toute allure pour les prendre à revers, et Hiroki fusa vers l'homme au sabre comme une flèche. Le jeune Hyuga n'était pas un prodige pour rien : l'échange de coups qui en découla fut presque trop rapide pour être suivi. Brusquement le plat de la main d'Hiroki heurta le sabre de l'ennemi et la lame vola en éclat avec un tintement musical. Il y eut comme un instant de surprise de la part des deux adversaires… Puis Hiroki asséna un coup fatal au moment où l'épéiste plantait sa lame brisée dans le flanc du Hyuga.
Ils s'écroulèrent en même temps.
– Hiroki ! s'horrifia Tsunami en se précipitant vers lui.
Harumi arriva avant elle avec une bordée de jurons paniqués :
– Bordel de … ! Hiroki, bon sang, qu'est-ce qui t'a pris ?!
C'était une question stupide. Tsunami savait exactement ce qui lui avait pris. Si elle avait été plus prompte à réagir, peut-être aurait-elle fait pareil. Elle fixa le corps de Seto, ayant encore du mal à appréhender qu'il était mort, puis son attention retourna à Hiroki qui se remettait debout en grimaçant. Harumi passa un bras du Hyuga sur ses épaules pour le soutenir.
– Vite, crachota Hiroki avec un peu de sang. Ils arrivent…
Harumi hésita, son regard se posant sur le corps de Seto. Elle ne pouvait pas sentir l'ennemi dans cette brume, se rappela Tsunami en s'arrachant à son choc. Mais elle, elle pouvait les sentir et ils étaient tous près. Elle avait l'impression que son esprit avançait au ralenti, figé dans une gangue d'horreur et de déni. Seto était mort, Hiroki était blessé, tout était en train de dégringoler en catastrophe… Au prix de ce qui lui sembla être un véritable effort physique, elle se secoua :
– Vas-y, ordonna-t-elle en s'agenouillant. Je vais sceller son corps et vous rejoindre.
Harumi hocha la tête puis bondit, disparaissant dans la brume, son chien sur ses talons. Tsunami sortit un de ses rouleaux de scellements de sa poche. Elle n'avait pas pensé à emmener le modèle spécialement contenu pour contenir un corps (stupide, songea-t-elle avec dérision : comment avait-elle pu devenir si arrogante qu'elle n'envisageait même pas l'éventualité de rentrer avec une équipe incomplète ?), mais un rouleau normal ferait l'affaire. Elle scella le corps en moins d'une seconde, puis s'élança dans la même direction que ses coéquipiers.
Les quatre chakras ennemis avaient changé leur trajectoire pour les intercepter. Ils allaient atteindre Hiroki et Harumi avant elle, et Tsunami sentit un frisson d'horreur parcourir sa colonne vertébrale à cette idée. Elle accéléra. Elle avait peur, elle était en colère contre elle-même, elle était horrifiée, elle était choquée, mais surtout elle était soudain emplie d'une détermination furieuse qui brûlait en elle comme un brasier. Comment osaient-ils ?! Comment osaient-ils lever la main sur son équipe ?! Ils étaient à elle. C'était à elle de les protéger, c'était à elle de les défendre, et une partie primitive de son cerveau mugissait d'indignation à l'idée qu'on ait osé verser le sang des siens.
Elle n'était plus la même petite fille terrifiée qui avait regardée son père mourir : elle était forte, à présent, et cette force bouillonnait dans ses veines, comme si l'idée même d'être impuissante était un outrage. Plus jamais elle ne serait petite et faible et terrifiée comme ça, plus jamais elle ne verrait quelqu'un mourir, plus jamais, plus jamais !
Etait-ce ça la fibre protectrice des Uchiha ? Pas étonnant que Madara ou Obito soient devenus cinglés. C'était comme d'avoir du feu dans la gorge, un ouragan dans la poitrine : le cœur de Tsunami battait comme un tambour de guerre, elle avait la mâchoire crispée à s'en faire grincer les dents, et elle avait l'impression de voler plus que de bondir tant sa colère la poussait en avant… ! Un des chakras ennemis se détacha de la formation de leurs poursuivants pour venir à sa rencontre, et elle retint un grondement d'excitation et d'outrage mêlé. Excitation à l'idée d'en découdre, outrage à l'idée qu'ils essaient de la séparer des siens : son Sharingan s'activa sans même qu'elle n'y accorde plus qu'une pensée distraite.
Elle dégaina un kunai une seconde avant l'impact, puis l'ennemi et elle se heurtèrent dans un choc d'acier.
C'était une kunoichi aux cheveux bleus, peut-être âgée d'une vingtaine d'année, au sourire de requin. Il n'y eut pas de provocation, pas de paroles échangées, pas de plaisanteries, pas de menaces. Le sabre remonta d'un mouvement vif comme l'éclair avec la ferme intention de décapiter Tsunami, et sans le Sharingan elle n'aurait jamais été assez vive pour l'éviter. Le jeune Uchiha se dégagea d'une torsion du buste, enchaîna avec une attaque de taijutsu que son ennemie contra, et elles échangèrent une tornade de coups comme deux fauves déchaînés. Pas de bavardages, pas de pertes de temps : chacune voulait seulement éventrer l'autre. Le sabre de la kunoichi de Kiri lui donnait plus d'allonge, et Tsunami feula de rage en étant forcée de reculer. Elles se battaient toues les deux pour tuer, et cette femme était forte, plus forte qu'une Chuunin, plus forte que Tsunami, et elle en était furieuse. Elle n'allait pas se laisser battre, elle refusait. Son équipe avait besoin d'elle ! Tsunami passa brusquement au style copié de Ran de Kumo, tout en mouvements vifs et en esquives sinueuses, et se coula sous la garde de l'adversaire juste assez longtemps pour effleurer un genou du bout des doigts. Elle n'attendit même pas d'avoir reculé pour activer sa note explosive.
Le genou de la kunoichi explosa, la projetant dans les airs avec un cri étouffé de douleur.
Sa jambe fut pulvérisée. A sa décharge, la kunoichi essaya d'atterrir sur sa jambe valide avec un juron, levant son sabre à temps pour parer la prochaine attaque de Tsunami… Mais personne ne se fait arracher la jambe sans un certain choc. La prochaine attaque de Tsunami passa sous sa garde et lui trancha la gorge. La kunoichi aux cheveux bleus s'écroula dans un gargouillement de sang.
Tsunami n'attendit pas qu'elle ait cessé de bouger pour reprendre sa course folle vers ses deux coéquipiers. Le sang battait à ses oreilles comme un tambour : il lui semblait que le monde s'était réduit à ces quelques signatures de chakra, masquées par la brume, qu'elle poursuivait avec l'énergie du désespoir.
Sur le chemin, elle vit des branches brisées, quelques gouttes de sang. Ils les avaient rattrapés, mais Harumi avait dû continuer à courir en soutenant Hiroki. Peut-être les avait-elle repoussés avec un ou deux Jutsu. Ils n'avaient pas été abattus dès le premier contact… Mais leurs ennemis étaient forts. S'ils étaient comme la kunoichi aux cheveux bleus, ils étaient sans doute tous des Tokubetsu, peut-être même des Jounins. Cette kunoichi avait été plus forte qu'elle, et Tsunami sentit son cœur lui remonter dans la gorge en pensant à ce que ça signifiait… Ce n'était pas une Genin et un Chuunin blessés qui allaient les repousser. La jeune Uchiha accéléra encore, puisant dans des réserves qu'elle ignorait posséder, furieuse et terrifiée au point de ne plus savoir distinguer les deux émotions. La signature de chakra d'Hiroki était si faible qu'elle en était presque inexistante, ils avaient été rattrapés, ils étaient coincés, bordel, elle n'arrivait pas à savoir ce qui se passait…
Elle fit irruption dans la clairière au moment où Harumi s'écroulait. Youta gisait deux mètres plus loin, petit tas de fourrure immobile dans une mare de sang. L'un des shinobi ennemi, un grand barbu, tenait contre lui son bras ensanglanté en grimaçant. Un autre faisait face à Hiroki, qui ne semblait tenir debout que par un effort de volonté. Le dernier avait encore son sabre brandi : c'était lui qui avait abattu Harumi. Tsunami ne prit pas le temps de réfléchir. D'un coup, elle vit rouge.
– Raiton : Pourfendeur !
Si le Raiton, Décharge était un Jutsu de rang C qu'on pouvait surcharger jusqu'à frôler le rang A, le Pourfendeur était sa version améliorée. C'était un mélange entre le Chidori et la Décharge (ou plutôt, Kakashi avait du s'inspirer du Pourfendeur pour créer le Chidori). Un éclair gigantesque fusa de la main de Tsunami, fit exploser l'épée que l'ennemi avait tenté d'abattre pour parer l'attaque, et le frappa au niveau de l'épaule, lui arrachant un hurlement de douleur et un énorme morceau de chair. Couvert de sang, il recula en titubant, et Tsunami atterrit entre lui et Harumi.
Elle n'avait pas besoin de se retourner pour savoir que la jeune Inuzuka était morte. Elle inspira profondément, essayant de refouler la rage et le sentiment d'horreur impuissante qui bouillonnaient en elle. Comment ça avait pu dégénérer aussi vite ? Une heure plus tôt, ils échangeaient des blagues en approchant de la côte. Seto leur avait raconté ses missions en riant, et à présent il était mort, le visage figé dans une expression de surprise. Harumi leur avait parlé de ses frères et de ses parents avec amour, s'imaginant sans doute rentrer à la maison pour les retrouver bientôt, et à présent elle gisait face contre terre dans une mare de sang. Ils étaient son équipe, et ils étaient… Ils étaient…
Hiroki était blessé, peut-être mortellement. Ils faisaient face à trois ennemis, deux d'entre eux blessés mais encore capables de se battre. Elle changea ses appuis. Son cœur battait à tout rompre, et elle réprima une soudaine envie de pleurer. La situation était sans issue, mais elle ne pensa même pas à fuir. Cela ne lui traversa même pas l'esprit, tant l'idée était inconcevable. Elle devait protéger les siens, elle devait ramener Hiroki à la maison. Pitié, laissez-moi en sauver un, songea-t-elle désespérément. Il était le dernier d'entre eux, elle devait au moins être capable d'en sauver un.
– Tu peux courir ? demanda-t-elle à Hiroki sans se retourner.
Le Hyuga ne répondit pas. Ce fut son adversaire qui le fit : un homme de haute taille aux cheveux bleus-gris coiffés en brosse et aux traits durs, et avec un choc glacé Tsunami reconnu un autre personnage du canon. C'était le ninja de Kiri qui possèderait un Byakugan. Ao, Aoi, quelque chose comme ça. Pour l'instant il avait encore ses deux yeux, mais il avait en face de lui un Hyuga blessé, et Tsunami se demanda avec effroi si c'était comme ça qu'Hiroki mourrait dans l'histoire canon, si c'était son œil qu'Ao volait. Si elle avait perdu d'avance, si le destin était écrit, si Hiroki était condamné.
– Il ne peut pas, lâcha Ao d'une voix froide. Cessez de vous battre, ce sera moins difficile. Vous avez perdu.
Elle savait ça, mais Tsunami refusait de l'accepter. Elle ne pouvait pas. Elle n'en était pas capable. S'il-vous-plaît, aurait-elle voulu prier, mais il n'y avait aucune divinité pour entendre ses supplications. Elle ne pouvait compter que sur elle-même.
– Tsunami, murmura Hiroki. Tu ne peux pas le laisser prendre mes yeux.
Avec un vague sentiment d'hystérie, Tsunami se demanda comment il espérait qu'elle fasse ça. Elle ne voulait pas penser à ce que cette demande voulait dire. Si Hiroki lui demandait ça… Si Hiroki pensait que ça risquait d'arriver…
C'est à moi de les protéger, songea-t-elle désespérément. Je ne peux pas échouer. Ils comptent sur moi.
Mais qui comptait sur elle ? Seto était mort. Harumi était mort. Son chien Youta était mort. Hiroki semblait avoir accepté sa mort imminente. Il ne restait plus qu'elle. Ils avaient perdu : et c'était presque plus terrifiant que l'idée de mourir.
Puis Ao plissa les yeux, puis se rua sur Hiroki. Ses deux compagnons blessés hésitèrent, mais ils se jetèrent sur Tsunami quand elle tenta d'intervenir. Ils étaient tous les deux handicapés par leurs blessures respectives, mais ils étaient forts et elle ne parvint pas à s'en débarrasser : pas à temps.
Hiroki se battit comme un diable. Il ne mourut pas facilement. Il se battait comme un animal acculé. Les coups pleuvaient. A un moment, il se mit délibérément sur le chemin d'un coup de kunai qui lui balafra le visage et lui creva un œil, arrachant un rictus furieux à Ao. Même dans la défaite, même écrasé et battu, Hiroki refusait de laisser son adversaire avoir ce qu'il voulait. Mais il mourut quand même. Tsunami n'avait pas réalisé qu'elle avait gardé son Sharingan activé : ce fut seulement quand elle vit Hiroki tomber, ce fut seulement quand elle vit Ao se pencher immédiatement pour lui trancher la gorge avant qu'il ne se crève le deuxième œil, qu'elle réalisa que cette image allait rester graver dans son esprit avec la même netteté horrifiante que l'attaque du Kyūbi.
Tsunami fut plaquée au sol par ses deux ennemis et, pendant une seconde, elle se laissa submerger par une vague de désespoir.
Seto, Harumi, Hiroki…
Son équipe était morte. Ils étaient tous morts les uns après les autres, sous ses yeux. Pendant une seconde vertigineuse elle eut l'impression de voir l'image de son Papa, brisé et mourant, se superposant à la leur : c'était le même sentiment d'horreur et d'impuissance, mais décuplé, parce que… parce que…
Ils n'avaient pas été proches, pas comme Iruka ou Yūgao ou même Tessen et Kumadori, mais ils avaient été son équipe. Ils avaient été les siens. Tsunami était supposée les protéger. Ils avaient été ses camarades, ses amis le temps d'une mission, et elle les avait perdus. Ils étaient morts. Elle avait échoué à les sauver, elle avait été trop lente, trop faible, trop arrogante. C'était comme une grande vague d'horreur et de désespoir, ce sentiment de défaite, d'impuissance, de chagrin qu'elle ne pouvait mettre en mots.
Elle voulait se rouler en bouler et oublier. Elle se sentit si petite, si impuissante, si terrifiée, rageant contre le monde qui était si injuste, et écrasée par son indifférence. Elle avait perdu. Ils étaient morts, ils étaient morts sous ses yeux, il ne restait plus qu'elle et elle avait envie de pleurer, de hurler, de disparaître, elle avait si peur et elle se sentit si impuissante…
Puis Tsunami vit Ao qui commençait à extraire l'œil restant du crâne d'Hiroki, et elle découvrit qu'il y avait encore du feu en elle.
Elle poussa un rugissement de rage en se débattant de plus belle : un de ses coups de pieds percuta l'épaule blessée de son ennemi et elle entendit l'os craquer, mais ce n'était pas assez, Tsunami voulait leur faire plus de mal que ça, elle voulait les réduire en lambeaux, elle voulait les détruire. Le rugissement enfla et se transforma en un flot d'injures enragées. C'était une fureur désespérée qui avait le goût de cendres, quelque chose de dément et de terriblement vain, et quelque part elle le savait : pourquoi hurler et se battre, puisqu'elle n'avait plus rien à protéger ? Ses camarades étaient morts, et toute la haine du monde ne suffirait pas à les ramener. Ils étaient morts. Exactement comme son père. Le sentiment de perte était comme une main géante qui lui serrait la gorge pour la faire suffoquer.
Mais la rage, la haine, la colère, c'était mieux que ce gouffre de désespoir qui menaçait de s'ouvrir sous ses pieds, et Tsunami s'y cramponna. Ils avaient tué Seto. Ils avaient tué Harumi. Et maintenant, Hiroki… ! Non, elle allait les faire payer. La vengeance ne ramenait pas les morts, mais ce n'était pas le but. Le but était de leur faire mal, de leur infliger ne serait-ce qu'une fraction de la souffrance qu'ils lui avaient causée, pas parce que c'était juste mais parce que cette fureur était tout ce qui lui restait. Tant qu'elle avait encore de la colère en elle, tant qu'elle avait encore la rage de vaincre et de détruire, elle était encore en vie.
– Tuez-la, lâcha Ao sans lever les yeux de sa tâche.
Ses deux adversaires essayèrent de la garder plaquée au sol, brandissant un kunai pour lui trancher la gorge. Tsunami rugit, la haine brûlant comme un incendie dans sa poitrine. Sa vue se brouillaient de larmes impuissantes. Pardon, aurait-elle voulu dire, mais ils n'auraient eu que faire de ses excuses. La seule chose qu'elle pouvait faire était de les venger.
Elle appela dans son esprit le design d'un sceau si familier qu'elle aurait pu le tracer dans son sommeil. Partant de ses mains plaquées au sol, des lignes de chakra fusèrent comme des lignes d'encre pour emplir la clairière. En une fraction de seconde, le sol était devenu une unique note explosive, gigantesque et mortelle. Elle rouvrit les yeux à temps pour voir l'incompréhension puis l'horreur se peindre sur le visage d'Ao…
Dans les yeux de Tsunami, les trois tomoe se rejoignirent pour former un étrange symbole à quatre branches évoquant un ouragan tournant sur lui-même.
– Susanoo, murmura-t-elle.
Et tout explosa.
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... Soooo that happened.
Ma bêta hurlait en finissant le chapitre, donc je suis assez fière de cette fin x) Tsunami se prend le revers de son arrogance. Avec une pointe de PTSD au sujet de la mort de Kaiji, parce que même si elle prétend que tout va bien, c'est le tout premier souvenir de son Sharingan, brûlé au fer rouge dans sa mémoire...
Bref. J'espère que ça vous a plu x) Et... On sait qui est le père d'Hikari, maintenant x)
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