Hello me revoilà ! Un peu tard, mais notez qu'on est toujours mercredi !
J'ai eu une semaine chargée x) Déjà, les cours (raaaah j'y comprend rien,) puis je suis allée en week-end prolongée chez mes parents (bah oui, j'ai pris mon lundi, et mardi était férié)… Et bam je me suis retrouvée embarquée pour aller rencontrer la famille de ma mère, qui habite dans le Jura (soit à l'AUTRE BOUT de la France !). C'était fun, je les ait bien aimé, mais bon, du coup j'étais sans ordi durant quatre jours, donc je viens de faire les réponses aux reviews et de corriger le chapitre à l'instant !
Enfin bref.
Je suis en train d'écrire le tome 2 et je suis fière, j'ai complètement détruit les équipes originales du canon. La Team Kakashi, la Team Kurenai, la Team Asuma, même la Team Gai sont complètement changées. J'ai ajouté des perso de l'anime ou des nouvelles, et BAM ! J'avais plein de nouveaux personnage pour créer de nouvelles combinaisons !
Bref, j'ai hâte de publier ce tome 2 x)
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Mais passons ! Voilà ce que vous attendez tous… Non, pas le chapitre. Les réponses aux reviews !
Yo, Isy ! Non mais tu as tout oublié en fait xDDD Mais ouais, Tsunami va coller aux basques de Jiraya et personne ne va être content xDDD Ah ah, contente de faire la connaissance de tes chats xD Les miens sont Crime et Délit, mais ça tu le sais déjà je pense... XD Bref ! Le Sceau du Phénix en Cage n'aurait pas valu une promotion Jounin, je pense. Peut-être Tokubetsu Jounin ? EN tous les cas ça aurait vraiment fait comprendre au Sandaime à quel point elle était avancée. C'est vrai que c'est un sceau assez complexe... Mais il reste plus simple (et moins insidieux) que le sceau qu'utilisent les Hyuga sur la Bunke...
Salut Sam est classe ! Un point en plus pour e Phénix en Cage donc x) Sinon, yep, en effet Tsunami répugne à renouer avec Shisui. Probablement parce que savoir qu'elle a essayé de le sauver, et échoué quand même, serait pire que de savoir qu'il est mort sans intervention de sa part. Elle a un attachement particulier à lui... 'fin bref. Aaah, mais qui te dis qu'elle ne va pas lui offrir le Sceau du Phénix en Cage, un jour ? Pas là, maintenant, mais... Plus tard ?
Hello Guest anglais sans nom ! Non, Tsunami ne compte pas tuer tous les Hyuga x) Elle vise plutôt la Sôke (soit 10% du clan) mais même là encore, je doute qu'elle aille vraiment jusqu'au massacre. C'est l'extrême jusqu'auquel elle serait prête si elle était dos au mur, mais Tsunami n'est pas Itachi, elle a plus de ressources pour chercher des solutions alternatives...
Coucou Amie des batraciens ! Ah, Jiraya, un des persos les plus dur à écrire qui soit. C'est facile de le considérer comme un mentor bienveillant... Mais il a aussi de sérieux problèmes avec les responsabilités. Il est responsable, bien plus que le Sandaime, de l'isolement de Naruto en grandissant (il était son parrain, c'était son devoir à lui de l'élever !). Il a aussi tendance à voir les problèmes immédiats et pas ceux à longs termes (comme par exemple, consacrer une année entière à élever des orphelins d'Ame alors qu'une guerre mondiale fait rage, que Tsunade perd son fiancé, etc.). Bref, il n'a pas le sens des priorités et... Pour Tsunami, qui a des priorités très nettes, c'est un trait rédhibitoire xD
Merci Zarakaiy x) Yep, un nouvel objectif se dessine... Tsunami commence doucement mais sûrement à passer de "fabricante d'explosifs" à vrai "Maitre des Sceaux" ! Mais bon, elle en a encore pour quelques années d'apprentissage. Et oui, Jiraya va faire une apparition =)
Bienvenue dans l'aventure Drety ! Ooooh tu as lu Elisabeth Bishop, c'est cool =) Tsunami est cependant très différente d'Elisa, comme tu l'as vu xD Et son côté "control-freak" est beaucoup plus développé, parce qu'elle a beaucoup moins le contrôle de sa vie (ou du moins, beaucoup moins l'impression de contrôle) qu'Elisa ! Pour ce qui est d'Izumi, de ce qu'on sait elle est très douée en taijutsu et genjutsu. Dans le canon, elle entrait dans la police. Mais bon, dans cette fic, elle n'est pas "canalisée" par les Uchiha et donc elle a beaucoup plus de possibilités pour sa future carrière...
Salut Shinlya ! Yep, Tsunami s'en sort comme un protagoniste de manga shonen : beaucoup de trauma, mais pas assez de blessures physiques pour arrêter l'aventure xD Sinon en effet le Phénix en Cage est retors, avec le délai d'activation et tout. Mais voilà, le temps que le délai passe (et que l'oeil soit vidé du chakra de son propriétaire légitime), on pourrait s'en servir. L'oeil volé serait utilisé. Mettons que Danzo vole l'oeil de Shisui sans savoir qu'il y a une bombe dedans, il pourrait le garder un mois, deux mois, peut-être même s'en servir brièvement une fois, avant que le chakra de Shisui ne s'épuise et que le sceau ne fasse boum. Et c'est autant de temps où le voleur court toujours... Et c'est ça qui est inacceptable pour Tsunami. Et ta question sur "que se passe-t-il si le propriétaire légitime des yeux les récupère", bah le compte à rebours retombe à zéro, puisque l'oeil se re-remplit du chakra de son propriétaire légitime et donc se vide de chakra étranger (qui déclenche l'explosion).
Lord Feunoyr tu es pire que moi x) Explosion et poison ? Tu n'aimes pas les voleurs de keikkei genkai ! Cela dit, si Tsunami avait cette idée, elle approuverait. Dommage que les poisons ne soient pas son truc...
Hello Claroushka ! L'idée que l'Hokage envoie Tsunami chercher son porno m'a bien fait rigoler donc il fallait que je l'écrive xDDDD 'fin bref ! Izumi et Hikari sont mignons, hein ? Ils ont été relativement protégés de la dureté du monde réel, c'est pour ça que Tsunami se sent si férocement protectrice à leur égard x) Sinon, pour bouger le destin de quelques personnages... Bah oui, en fait x) Tu verras, mais il y en a pas mal qui vont complètement changer !
Il faut choisir, Ulrich Gutierrez x) Est-ce que Tsunami est fataliste ou parno ou réaliste ? Ca ne peut pas être les trois ! xD Pour ce qui est de Jiraya, ah ah, tu verras ! Tsunami n'est pas du genre prude effarouchée qui va rentrer dans son jeu (et puis, elle a quatorze ans à peine... Glauque). Donc à voir !
Ah ah contente que ça te plaise liamireldib-b ! Yep, j'ai tué Ao. Eh, je suis sûr qu'au fond ce n'était pas quelqu'un de méchant... Mais voilà, il était dans le camp adverse. Et Tsunami n'était pas d'humeur clémente. Enfin bref ! OOOOOH ton headcanon sur les civils Senju qui n'ont pas le droit de porter le nom est assez proche de l'idée que j'avais. J'ignorais que c'était une vraie tradition japonaise par contre ! Je tiens ça d'une fic lue sur AO3. Et oui, effectivement les Senju n'étaient pas top. Hashirama était idéaliste mais trop détaché des gens en général, et Tobirama avait beau être un génie il avait lui aussi du mal à anticiper la connerie humaine et les réactions émotionnelles. Bref je crois que je vais faire du Senju-bashing dans le tome 2. On verras comment ça se présente x)
Yo Eliie Evans ! Yep, le décompte des années avant le massacre a commencé il y a quelques chapitres, mais là, plus ça se rapproche et plus le décompte réapparait souvent, comme un avertissement. Sinon, oui, en effet Elisa et Tsunami sont très différentes ! Elisa a utilisé ses souvenirs de sa vie passée pour se dire "voilà comment on peu faire mieux", elle en a fait un outil au service de son idéalisme, au service de tout le monde, et c'est sans doute pour ça que tu as l'impression qu'elle a "continué sa vie" : elle a voulu partager cet univers dont elle se souvenait. Tsunami, à l'inverse, garde ses souvenirs bien cachés, elle n'en parle pas, elle ne partage pas de grands rêves. Elle est dans un monde bien différent, bien plus dangereux, et ses souvenirs à elle ne sont pas un outil à partager mais une arme à double trancher, à garder bien cachée pour s'en servir en dernier recours...
Tout à fait Ary Schweizer, si un œil est volé puis étudié en labo, bah le Sceau du Phénix en Cage ne sert à rien. Pire, il risque d'être découvert dans l'œil, et retiré. Donc bon, voilà, niveau efficacité, Tsunami est moyennement satisfaite. Le plus grand atout du Sceau du Phénix en Cage c'est le fait qu'il soit secret. Dès qu'il sera connu... Son utilité passera à la trappe. Enfin bref ! Ouiiiii Tsunami se souvient de Neji ! Ironiquement, quand j'ai commencé à écrire cette fic, je ne comptat pas du tout faire entrer Neji dans le cercle des gens dont Tsunami se soucie, mais... Elle n'en fait qu'à sa tête !
Salut Gladoo89 ! Ah ah ah, imaginer Tsunami en écrivain m'a fait sourire. Mais oui, ça pourrait être une bonne idée... J'y penserai xD En attendant, ce qui la passionne, c'est les sceaux ! Ah, tu trouve le Sceau du Phénix en Cage parano, mais utile... Beaucoup de gens tendent plutôt à le trouver fataliste de la part de Tsunami x) 'fin bref. Yep, Tsunami est badass, il faut juste qu'elle le réalise ! C'est un moooonstre de puissance, mais comme elle n'a pas été aussi précoce qu'Itachi ou Kakashi elle ne réalise pas qu'elle est un génie xD
Coucou Yuedra ! Ah ah ah, les fameux bonus... J'ai hâte de les poster moi aussi xD KAKASHI ET ANKO ?! Nooope ! Anko va bien avoir une relation mais PAS avec Kakashi xDDD Sinon, je ne penses pas que pour l'instant Kakashi soit assez fan des bouquins de Jiraya pour essayer de soutirer des infos à Tsunami x) Et puis, il ne la connait pas assez pour ça ! Sinon, ouais, Ao aurait dû rencontrer Shisui dans le canon, et là... BAh ça n'arrivera jamais xDD DOMMAGE ! Sinon oui, Danzō sait que Tsunami existe et il la surveille, mais un peu comme il surveille tous les petits prodiges du village. Danzō a aussi un gros défaut c'est son obsession pour le Sharingan : Tsunami va TOUJOURS passer au second plan tant qu'il y aura des Uchiha purs avec un Sharingan activé x) Bref ! Sinon j'adore comme tu dis, sans aucun problème "ouais, je suis tout à fait du côté de Tsunami si elle veut fait exploser les Hyuga", genre, cette froideur ! Y a plein de gens qui ont bronché en voyant Tsunami envisager de faire exploser la Sôke, mais toi, tu es 100% pour. J'approuve. Tu ne serais pas une Serpentard par hasard ? XD Bref. Et out ce que tu as dit sur les Uchiha, le sceau du phénix en cage et son utilité... Aaaaaargh, all the spoilers. JE NE PEUX RIEN DIRE. TU VERRAS COMMENT CA SE PASSE. Mais oui, Tsunamis se rend bien compte que si le sceau est utilisé sur l'un de ses yeux, c'est que quelqu'un lui a arraché les globes oculaires. Mais ça fait partie de son attitude "si je crève je veux emporter le bâtard avec moi", un peu. Elle a une fibre impitoyable. Et oui, elle va bien devenir Jonin ! Pas tout de suite, mais bientôt x) Et en effet, elle sera Jonin-sensei... Un jour. J'ai déjà décidé de complètement casser les équipes du canon (je suis en train d'écrire le tome 2 et il n'y a pas UNE SEULE équipe semblable xD), donc quand Tsunami aura des élèves, elle ne va pas "remplacer" un des Jounin-sensei du canon. Elle aura sa propre équipe, avec... que des persos canon ou semi-canon, parce que j'essaie de limiter les OC. Mais je suis CERTAINE que son équipe va te plaire, mwahahaha. Bref, nope, Jiraya ne va pas apprendre le Rasengan à Tsunami, ne soit pas si optimiste ! Jiraya ne l'enseigne à Naruto que parce qu'il est le fils du Yondaime, alors que Tsunami... Bah ils ne vont pas s'entendre, tu verras x) Bref ! Bon courage dans ta relecture du manga (re-voyure de l'anime ?), c'est du boulot x) Et en effet la génération de Naruto est très faible comparée à celle de leurs aînés qui ont grandis en temps de guerre... Mais au final, n'est-ce pas le but ? Qu'ils n'aient pas à devenir des machines de guerre dès l'enfance ? Ils ont eu le temps de grandir...
Merci Steph ! Tsunami a encore du pain sur la planche, avec le Fūinjutsu, les Hyuga... Danzō qui rôde dans l'ombre... Ca promet. Mwahahaha, je laisse toujours les lecteurs impatients, on dirait xD En tous les cas j'espère que ce chapitre va te plaire !
Hello NessieLochNessMonster ! Ah ah ah tu commente, genre, trois chap' d'un coup x) Bref contente que ça t'ai plu ! Le combat contre Majime mwahahaha je me suis éclatée x) et oui, les ninjas sont des commères et j'adore exploiter ça xDDD Et en effet il fallait que Tsunami se prenne un peu d'échec dans les dents, parce que jusque là elle a quand même surfé sur la vague du succès ! Bref. Et le sceau du Phénix en Cage est une vraie saloperie, je compte faire exploser la tête d'au moins un gars avec xDDDD Sinon ta question m'a bien fait rigoler, et OUI Tsunami aura sa propre équipe de piou-piou un jour xD Mais... Dans longtemps !
Salut Guest anglais qui n'a pas laissé son nom ? En effet Itachi et Izumi étaient amoureux dans le manga. Dans cette fic, c'est un peu différent. Ils étaient amoureux, oui, mais il y a déjà un sentiment de trahison de part et d'autre (Izumi a mal vécu le rejet du clan, et Itachi essaie de prendre ses distances). Cela dit, le potentiel est toujours là... Et les Uchiha n'oublient jamais leur premier amour.
Yo Millon ! Yep, Tsunami s'est pris un gros revers. Mais elle survivra =) Pour ce qui est de son Sharingan, yep, elle a ENFIN atteint le niveau ultime avec trois tomoe (et le Mangekyo) ! Pour l'instant elle n'a pas découvert d'autre pouvoir que Yatagarasu et Susanoo. Mais c'est parce qu'elle ne s'entraîne pas avec son Mangekyo. Plus tard, ça viendra peut-être... Sinon, JIRAYA MWAHAHAHAH. Tu ne le connais pas ? Dans le canon, c'est à la fois un personnage badass (Maître des Sceaux, un des Trois Ninja Légendaires élèves de l'Hokage, etc.) mais surtout le comic-relief (pervers notoire, écrit du porno, se prend régulièrement des pains de la part de filles offensées). Donc voilà. Tu verras x)
En effet Leen Hogwarts, Ao était dans Boruto (il vit longtemps !) ais là, couic, tu peux lui dire adieu xD Sinon aaaaargh tu brûles, avec ton idée sur "qu'est-ce qui se paserait si Danzo prenait un Sharingan piégé avec le sceau du Phénix", tu brûles ! Et en effet Tsunami a été inspiré par les Hyuga x) Mais contrairement à eux, elle veut un sceau explosif, pas un sceau d'esclavage. Ca change tout !
Coucou Aomine ! Oui on dérive pas mal du canon déjà, surtout pour Kiri (un personnage important est mort, mais c'est pas la fin des bouleversements !). Sinon en effet Jiraya est plus intelligent qu'il n'y parait mais deviner que Tsunami a le Sharingan n'est pas à la portée du premier venu. Et puis, il y a une aversion mutuelle qui va un peu biaiser leur jugement...
Bienvenue à bord Ariadn ! Quelle longue review, ça fait plaisir x) Aaaah je t'ai converti(e ?) à DOS ! C'est génial ! Cette fic est une vraie référence. Et elle m'a inspiré Elisabeth Bishop... Qui m'a ensuite inspiré Tsunami Uchiha xD Effectivement, cela dit, c'est deux univers et donc deux fics (et deux héroïnes !) très différentes ! Mais oui, Tsunami qui critique le Sandaime, ça a des allures d'Elisa critiquant Dudu xD Sinon, pour ta remarque sur Shisui : tu as mis dans le mille. Tsunami a du mal à la catégoriser en "personnage réel auquel elle est attaché" et en "personnage du canon déshumanisé", elle alterne entre les deux. Shisui était proche d'elle, c'était un ami d'enfance, mais Tsunami cherche aussi désespérément à se distancer de lui pour ne pas souffrir de son inévitable suicide. Et du coup, ça donne un sacré ascenseur émotionnel x) Sinon, MWAHAHAHA CE PRENOM EST COOL. Et tu m'a fait éclater de rire : Tsunami, tiramisu, la confusion ! Mais j'approuve ! Dans Donjons et Dragons, mon personnage s'appelle Mlle Fringale... Les noms liés à la bouffe, c'est les meilleurs ! Enfin bref, merci de cette super review, et... Lance toi dans Naruto, si tu t'ennuie xDDDD Si la France est reconfinée, tu peux marathonner les 700 épisodes sur Netflix..
Pas de souci Redheadead si u es en retard, je suis en retard aussi sur les review cette semaine xDDD 'fin bref. Ah les ninjas ont un rapport un peu compliqué à l'échec. Être la seule survivante implique qu'elle a échoué à sauvé ses camarades, mais aussi qu'elle ne s'est pas donné à fond, qu'elle n'est pas allé jusqu'au bout (la mort) pour les défendre. Dans un village aussi fanatique de l'esprit d'équipe (et de l'idée de sacrifice...), c'est mal vu. Mais bon, voilà. Tsunami est "sauvée" par le fait qu'elle n'était pas capitaine de cette équipe, et donc que les difficultés rencontrées au cours de cette mission ne sont "pas de sa faute". Cela dit, il y a quand même un caractère d'infamie qu'elle supporte... Jusqu'à ce que les gens passent à autre chose. Et d'ailleurs, Tsunami aussi passe à autre chose : Jiraya ! Mwahaha, ça promet, comme tu dis !
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Wow ce chapitre a eu du succès. Vous étiez impatients de voir Jiraya x) Alors je ne vous fait pas attendre plus longtemps…. Le voilà !
Enjoy !
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Le Maître des Sceaux
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Tsunami ne partit pas seule. Apparemment le Conseil avait eu vent de l'affaire et décidé d'envoyer tous ceux qui pourraient possiblement devenir des experts en Fūinjutsu. Au final, ils étaient trois. Genma menait l'équipe, puis venait Tsunami, et enfin un jeune homme nommé Kinoto. Chacun avait sa propre spécialité. Tsunami touchait un peu à tout, mais Genma Shiranui était apparemment familier avec le Hiraishin du Yondaime Hokage. Il était supposé apprendre auprès de Jiraya comment compléter cette technique. Ramener le Hiraishin auprès de Konoha serait un énorme avantage… Quant à Kinoto, il était apparemment plutôt familier avec les Sceaux de contrôle. C'était un jeune homme d'une vingtaine d'année aux traits droits et au regard perçant évoquant un oiseau de proie, entièrement habillé de noir. Il ne parlait pas beaucoup, et mentionna simplement avoir apprit le Fūinjutsu auprès de Danzō Shimura. Tsunami décida aussitôt de garder ses distances. A tous les coups ce gars était membre de la Racine.
Ils allaient partir trois mois, peut-être quatre s'il leur fallait du temps pour trouver Jiraya. Au mieux, Tsunami rentrerait au village au début du mois de septembre. En tous les cas, elle allait passer l'anniversaire de ses quatorze ans hors du village. C'était la première fois que ça arrivait. Izumi était terriblement déçue.
– Ce n'est pas grave, la réconforta sa sœur en lui ébouriffant les cheveux. On mangera du gâteau à mon retour, d'accord ? Et tu pourras me montrer tout ce que tu auras appris durant mon absence !
Mais malgré cette promesse, Tsunami se mit en route avec une légèrement réticente. Trouver Jiraya promettait d'être difficile. Il informait plus ou moins le Sandaime de ses voyages, mais les infos que Konoha recevaient étaient souvent dépassées. Le temps que l'Hokage reçoive un message du Sannin aux crapauds l'informant qu'il était au Sud, le vieux pervers avait déjà reprit sa route depuis trois jour !
Cela dit, ça serait un bon exercice de traque. Tsunami n'avait fait que quelques missions de recherches de ce genre pour la Section Sensorielle. Généralement il s'agissait de traquer un nukenin, d'intercepter un messager, ou de retrouver un enfant disparu dans les bois : la zone de recherche était assez réduite et la clef était la rapidité du déploiement de leur équipe. C'était généralement réglé en une journée, peut-être trois au maximum. Là, il allait falloir quadriller une zone très large et s'armer de patience. Ce serait une mission d'endurance plus que de vitesse. Et encore, ça aurait pu être pire ! Jiraya était un homme de deux mètres de haut avec une crinière hirsute de cheveux blancs, un haori rouge vif, des tatouages faciaux, et une certaine tendance à attirer le mécontentement des femmes. Il ne cherchait pas spécialement à se cacher. Pister un individu lambda essayant de se faire discret, ça aurait été nettement plus compliqué.
Tsunami décida donc de voir ça comme un entraînement et se mit à coller Genma comme de la glue. Il était sympathique, elle le connaissait assez bien, et en plus ils avaient pas mal de sujets de conversations. Par exemple, Genma était sur le point d'être promu Tokubetsu Jounin, mais sa promotion avait été retardée pour lui permettre de mener cette mission. Il était assez évident que s'il revenait avec le Hiraishin, sa promotion allait le faire grimper d'un cran de plus dans la hiérarchie, au poste de Jounin. Genma n'était pas exactement ambitieux, mais il en avait marre d'être Chuunin, et l'idée de gagner d'un coup en grade comme ça, c'était tentant. Surtout pour avoir le Hiraishin, l'héritage du Yondaime. Sa voix avait un accent mélancolique quand il parlait de Minato Namikaze. Il ne le couvrait pas d'éloges exagérées, mais il semblait l'avoir profondément admiré et respecté.
Ils avaient été trois personnes dans la garde de l'Hokage après la guerre (ce qui était un peu inutile, vu que le Yondaime était parfaitement capable de se protéger seul : mais bon, il fallait bien que quelqu'un remplisse ce poste, non ?). Raidō Namiashi avait été le premier, ce qui surpris beaucoup Tsunami parce qu'elle l'ignorait. Apparemment Raidō était l'un des meilleurs épéistes de sa génération et avait assez de chakra pour être un monstre du taijutsu, qui ne se fatiguait jamais. Le deuxième avait été un tout jeune Chuunin, un dénommé Iwashi Tatami, qui descendait du clan Uzumaki par sa grand-mère et qui avait des réserves de chakra énormes. A côté de ces deux tanks, Genma n'avait pas beaucoup de puissance… Mais il avait un excellent contrôle de son chakra et c'était sans doute ça qui avait poussé le Yondaime à le choisir. Alors que Raidō et Iwashi avaient la force brute et la résistance, Genma avait la précision et la subtilité. Sans compter qu'il n'était pas non plus une chiffe molle : son niveau de force était tout à fait respectable. C'était simplement que sa spécialité était l'assassinat, pas les grosses batailles bien spectaculaires. C'était cette précision dans son style qui avait fait de lui le plus doué avec la Formation Hiraishin, la version du Hiraishin que le Yondaime avait enseigné à ses gardes (ils pouvaient se téléporter mais uniquement s'ils utilisaient la technique tous les trois ensemble). Et c'était pour ça qu'à présent, il avait été désigné pour essayer d'apprendre le Hiraishin pur auprès de Jiraya.
Du moins, si c'était possible. Jiraya ne savait pas utiliser cette technique : il n'avait que des notes du Yondaime et des explications théoriques. Le Sandaime espérait que ces quelques éléments, combinés à la pratique de Genma, suffiraient à recréer le Hiraishin de l'Eclair Jaune. C'était logique, mais… Tsunami hésita, puis posa la question qui lui brûlait les lèvres :
– Pourquoi maintenant ?
Le Yondaime était mort depuis quatre ans et demi. Et Tsunami était à peu près sûre que, dans le canon, Genma n'avait pas effectué ce voyage. Alors qu'est-ce qui avait changé ? Le Chuunin haussa les épaules, feignant l'indifférence et continuant à mâchonner son senbon.
–Je traînais les kunais de Minato dans mon équipement depuis des années sans jamais m'en servir. Un jour, ça a semblé être du gâchis. J'avais parlé de ça à Sandaime-sama il y a quelques mois… J'imagine que ma promotion imminente et ta mission auprès de Jiraya-sama lui ont fait penser à ça.
Mais Genma aurait pu continuer à vivre dans le passé, comme Kakashi, au lieu de réaliser que transporter des kunais Hiraishin comme des bibelots était du gâchis. Il avait eu un choc, il était sorti de sa léthargie. Une sorte de crise de la quarantaine, en quelque sorte. Sauf que chez les ninjas, ça tenait plutôt de la crise de la vingtaine, vu leurs courtes durées de vie… D'ailleurs, Genma devait avoir vingt-et-un an, non ? Il était pile dans la bonne tranche d'âge.
Avait-il eu cette révélation dans l'histoire canon ? Pas d'après les souvenirs-rêves de Tsunami. Ou bien, si c'était arrivé, il avait complètement échoué à maîtriser le Hiraishin. Mais elle en doutait. Genma n'était pas du genre à rater quelque chose. Et puis, une technique aussi géniale… Quelqu'un l'aurait forcément mentionné. Non, Genma n'avait pas effectué ce voyage dans le canon. Mais Tsunami avait du mal à savoir ce qui, dans leur univers, avait causé ce changement. Le fait qu'elle ait donné au Sandaime une opportunité d'envoyer plusieurs élèves d'un coup à Jiraya, en faisant une mission officielle ? Peut-être. Peut-être pas. Tsunami était l'élément perturbateur de cet univers, sa déviation du canon : mais tous les changements ne pouvaient pas être directement tracés jusqu'à elle. Peut-être que c'était Kakashi qui avait fait une remarque au Sandaime à ce sujet, à cause d'une conversation avec Gai où le Fūinjutsu aurait été mentionné, parce que Gai avait du vider son stock de notes explosives lors de sa dernière mission avec Anko, qui elle-même était devenue une grande fan d'explosion grâce à Tsunami. La connexion pouvait être aussi ténue que ça ! C'était les merveilles de l'effet papillon…
– Et toi ? enchaîna Genma avant que le silence ne puisse devenir gênant. Pourquoi cette envie de promotion ? Jounin, en plus ! C'est pas rien.
– Ce n'est pas nouveau, protesta Tsunami. Je voulais passer Tokubetsu Jounin avant mes seize ans, et puis Hayama-sensei m'a fait remarquer que je pouvais faire mieux. Apparemment je suis une sorte de tank de première ligne.
Genma renifla avec amusement, pensant sans doute à toutes les missions qu'ils avaient faites ensemble.
– Je ne vais pas le contredire. Et le Fūinjutsu ?
Tsunami haussa les épaules :
– Au départ, je me suis spécialisé dans le sabotage avec les notes explosives. Mais ce que j'aimais dans les notes explosives ce n'était pas juste le…
– Kaboom ? suggéra Genma avec amusement.
– Voilà. J'aime les concevoir, les modifier, tout ça. Je faisais aussi pas mal de rouleaux de stockages. Alors j'ai continué à étudier le Fūinjutsu, et … Y a pas mal de livres à la bibliothèque, mais c'est presque entièrement théorique. Peu de ninjas laissent des manuels précis sur comment créer des Sceaux super-complexes. Du coup, j'ai pris la théorie et j'ai bidouillé. Vu que c'est très compliqué, le bidouillage a suffit à me placer à un niveau d'experte en la matière. J'ai inventé deux ou trois Sceaux et Sandaime-sama considère que c'est assez prometteur pour m'envoyer étudier auprès de Jiraya.
– Jiraya-sama, rectifia Genma.
Tsunami lui lança un regard mauvais :
– J'ai vu ses livres, y a pas moyen que ce pervers mérite un honorifique de ma part.
Genma dissimula un gloussement dans une toux factice, et il n'insista pas. Difficile d'argumenter contre ça, en effet…
Trouver Jiraya ne fut pas difficile à proprement parler, mais trouver la piste d'une personne dans une région entière était un peu comme chercher une aiguille dans une botte de foin, si on ne savait pas comment s'y prendre. Tsunami savait pister une cible en remarquant les brindilles brisées ou les marques sur la mousse humide, mais interroger des civils et obtenir des infos cohérentes… C'était une autre paire de manches. Sans surprise, ce fut Genma qui s'y colla. Tsunami et Kinoto, les deux handicapés sociaux, l'observèrent à distance. Kinoto avait l'air d'attendre que ça passe, aussi inexpressif que d'habitude, mais Tsunami essayait d'absorber l'exemple que donnait Genma. Comment il s'adressait aux gens, quel type de vocabulaire il utilisait pour ne pas les affoler, comment il modifiait sa posture pour la rendre non-agressive. La quasi-totalité des gens avec qui Tsunami interagissait au village étaient ninjas, et elle n'avait jamais réalisé que parler à des civils (plus précisément, des civils qui n'étaient pas habitués aux ninjas) nécessitait presque de parler un autre langage.
Par exemple… Avec eux, pour adopter une attitude amicale, il ne suffisait pas de relâcher ses muscles, et de laisser ses mains en évidence. Pour un ninja, c'était très clair, mais pas pour un civil. Il fallait sur-jouer son langage corporel, ouvrir de grands yeux, battre des cils, alterner regarder dans les yeux et regarder autour de soi sans mouvements brusques, ne pas se tenir droit si on était grand, sourire d'un air hésitant, ne pas avoir le visage fermé. A vrai dire, ça tenait de la représentation théâtrale plus qu'autre chose. D'un seul coup, Tsunami était contente d'avoir assisté aux classes de kunoichi.
Il fallait aussi trier les infos et déchiffrer le langage. Pour un civil, un type menaçant n'était pas forcément ce qu'un ninja appellerait un gars dangereux, mais ils ne semblaient pas faire la différence. Leur sens des distances était distordu : une ville à une journée de distance n'était qu'à quelques heures de courses pour un shinobi. Et les hommes ne remarquaient généralement ni les enfants ni les femmes, à moins qu'elles ne portent des vêtements courts… Et ça impliquait apparemment Tsunami, maintenant qu'elle commençait à avoir de légères formes. Elle ne savait pas si elle devait être flattée ou vexée. Elle portait un short pour bouger aisément, pas pour exhiber ses jambes et ses hanches ! Et puis jusqu'ici, sa poitrine naissante s'était surtout avérée une source de dépenses supplémentaires (les brassières ninja étaient les meilleurs soutien-gorges du monde, mais elles coûtaient autant qu'un vêtement technique ignifugé, autant dire beaucoup) plutôt qu'une source de fierté féminine…
Au moins elle n'avait pas l'inconvénient des règles. Dès le premier signe de sang, les jeunes kunoichi allaient à l'hôpital se faire injecter un implant mis au point par Tsunade et Orochimaru une dizaine d'année plus tôt, qui ralentissait la menstruation au point d'en modifier le fonctionnement. Plus de douleurs, de crampes, ou de fluctuations d'hormones ! Les pertes de sang étaient bien moindres, et limitées à deux fois par an. La période d'ovulation était en fait artificiellement trèèès prolongée. Au lieu d'être féconde trois jours par mois comme une femme normale, les kunoichi pouvaient être fécondes environ deux mois entiers par an, donc soixante jours. Et… Le monde ninja n'était pas super-porté sur la contraception. Il existait une injection qui stoppait l'ovulation, mais elle était chère et difficile à obtenir. Eh oui ! Les kunoichi étaient encouragées à faire des bébés à la pelle, après tout.
Bref. Genma interrogea des civils. Tsunami apprit comment le faire, et elle réalisa qu'elle n'allait pas pouvoir jouer la carte « petite fille innocente » très longtemps. A quatorze ans, elle devait se rabattre sur le masque de « jeune ingénue naïve » si elle voulait faire croire à des civils qu'elle était inoffensive. Beurk. Mais passons. Après quelques jours de recherches, ils finirent enfin par trouver des traces de Jiraya… Et à partir de là, il fut beaucoup plus facile de remonter sa piste.
Il suffisait de suivre les hurlements indignés du côté des sources chaudes.
Bon, c'était un peu exagéré. Mais une fois qu'on avait trouvé un endroit où les gens avaient remarqué un homme massif avec une crinière de cheveux blancs et un haori rouge vif, il n'était pas dur de trouver d'autres personnes l'ayant vu passer. Trouver la première piste était le plus dur. La suivre, ensuite… C'était largement à leur portée.
Ils ne mirent que trois jours à traverser la région, suivant les rumeurs et les témoignages, jusqu'à ce qu'ils retrouvent le Sannin dans un petit village près de la frontière avec le pays de l'Herbe. Ce n'était pas illogique pour un maître-espion. Les petits pays ne s'étaient jamais complètement remis de la Troisième Guerre Ninja : ils étaient gravement appauvris, constamment sur la défensive, et terrifiés à l'idée d'une nouvelle invasion. On les trouvait très souvent en train de se battre les uns contre les autres pour une parcelle de terrain, une caravane attaquée, ou encore une escroquerie du Daimyo. Le pays des Cascades était relativement tranquille parce qu'ils avaient un Jinchuuriki (même si, selon les souvenirs-rêves de Tsunami, la petite Fuu ne devait pas avoir plus de six ou sept ans actuellement) et que cette preuve de force leur avait assuré une certaine stabilité économique. Mais même eux frôlaient la pauvreté. Tsunami savait vaguement, grâce aux rumeurs circulant parmi les Chuunin de sa connaissance (notamment Anko qui semblait tout savoir), que le pays de l'Herbe ne devait sa survie qu'à la présence de leur prison (la célèbre Prison de Sang), qui avait un intérêt international. Sinon, les grandes nations auraient tout rasé, au lieu de simplement détruire leurs ressources et massacrer leurs ninjas…
Mais passons. Ils trouvèrent Jiraya dans un village près de la frontière, perché sur un toit. La jeune Uchiha ne put s'empêcher de le dévisager avec curiosité. Il était vraiment très grand, approchant des deux mètres, avec une carrure massive et une crinière blanche et hirsute très impressionnant. Pour un ninja approchant de la cinquantaine (ce qui était quand même vieux, pour leur profession !), il se déplaçait toujours avec l'aisance et l'agilité d'un combattant au sommet de sa forme. En revanche… Niveau professionnalisme, il y avait du boulot. Jiraya était occupé à glousser en regardant les femmes dans la rue, prenant de temps en temps des notes dans un carnet. Il ne leur jeta qu'un coup d'œil distrait lorsque leur petit groupe approcha.
– Allez voir ailleurs, je suis en pleine recherche littéraire.
Genma ne se dégonfla pas, et lui tendit le mince rouleau bordé de jaune qui indiquait une mission de rang B délivrée par l'Hokage en personne.
– Mission pour vous, Jiraya-sama.
Le Sannin plissa les yeux. Il attrapa brusquement le rouleau et l'ouvrit, parcourant du regard leur trio d'un air moqueur :
– Et vous devez être trois pour l'apporter ? Le niveau baisse. Il y une jolie fille, c'est déjà ça. Un coincé apparemment muet… Et toi, tu as l'air vaguement familier.
– Vous avez couché avec ma mère une fois, l'informa Genma comme s'il discutait de la météo.
Jiraya devint blanc comme un linge. Tsunami faillit s'étrangler avec sa salive. Mais Genma ne fit que renifler d'un air amusé en voyant l'expression d'épouvante qui était passée sur le visage du Sannin :
– C'était bien après ma naissance. Du calme, je ne suis pas ici pour chercher vengeance ou quoi que ce soit. Elle vous a trouvé décent, rien d'exceptionnel.
Jiraya semblait partager entre le soulagement et la vexation. Tsunami, elle, commençait à comprendre d'où Izumo et Kotetsu tenaient leur façon de prendre les gens au dépourvu avec des commentaires inattendus. Genma venait de flanquer la trouille de sa vie à un Sannin légendaire en six mots.
– Rien d'exceptionnel, marmonna Jiraya en baissant les yeux sur la missive. Non mais je t'en ficherai du rien d'exceptionnel…
Plus il lisait la lettre de l'Hokage et plus son visage s'assombrissait. Il finit par ranger le rouleau dans sa poche, l'air mécontent, et dévisagea les trois shinobi un à un. Son regard s'attarda particulièrement sur Tsunami.
– Je n'ai jamais entendu parler d'un Uchiha se spécialisant en Fūinjutsu. Fugaku a donné son accord à ça ?
Tsunami haussa très haut les sourcils. Elle n'était pas habituée à ce que les gens ne sachent pas qui elle était, ou plutôt qui elle n'était pas. Au sein du village, même les gens avec qui elle n'interagissait pas reconnaissaient ses vêtements noirs et rouges, et l'associaient avec la bande de tarés déjantés qu'étaient Anko, Gai, Izumo, Kotetsu et compagnie. Et puis, l'emblème Uchiha n'était visible nulle part sur son uniforme.
– Je ne suis pas membre du clan, rétorqua-t-elle. Je porte le nom Uchiha parce qu'ils ont reconnu mon ascendance à l'époque où ils espéraient profiter de la dépression de ma mère pour me convaincre de devenir femme au foyer, histoire que je ponde une poignée de mouflets moins consanguins que la moyenne avec un Uchiha pur sang, mais ça n'a pas duré. Je ne sais même pas si Fugaku Uchiha sait que j'existe. Et s'il a une opinion à partager au sujet de mes projets d'avenir, il peut se la ranger là où je pense.
Jiraya laissa échapper un éclat de rire sonore, pris au dépourvu :
– Eh bien, tu ne mâches pas tes mots, fillette ! Qui t'as appris les Sceaux ?
– Personne. J'ai appris dans les livres et ensuite j'ai improvisé.
Jiraya haussa les sourcils et la scruta un instant, pensif. Puis il se tourna vers les deux autres individus présents, s'adressant à toute l'équipe.
– Je ne prendrai pas d'apprenti. Je n'en ai ni l'envie ni le temps, et franchement aucun d'entre vous n'a le potentiel nécessaire.
Tsunami se hérissa, un peu vexée, parce que franchement ce gars avait pris Naruto comme apprenti et Naruto avait autant de potentiel de Fūinjutsu qu'un lémurien ivre-mort. Mais le Sannin n'en avait pas fini :
– Parce que l'Hokage me l'ordonne, je ne vais pas vous assommer et continuer ma route, mais ne vous attendez pas à ce que je vous prenne sous mon aile. Je vais vous remettre à chacun mes notes concernant vos domaines de spécialisation respectifs, et pendant trois mois je vous autorise à me suivre. Peut-être que je vous donnerai un coup de main si vos difficultés me font trop pitié, mais pas davantage. Si vous me ralentissez, si vous me faites perdre mon temps, je vous renvoie illico-presto à Konoha. C'est clair ?
Ils acquiescèrent tous les trois, Kinoto l'air placide, Genma l'air amusé, et Tsunami l'air mécontent. Jiraya les toisa, puis poussa un profond soupir et rangea son carnet de notes perverses.
– Autant s'y mettre dès maintenant. Vous avez ruiné l'ambiance de mon observation.
– Et on en est vraiment navrés, fit Genma d'un air absolument pas sincère.
Tsunami retint un reniflement amusé puis, quand le Sannin tourna vers elle un regard soupçonneux, se hâta d'afficher un air faussement repentant. Jiraya ne sembla pas dupe, mais il leur fit quand même signe de le suivre jusqu'à la chambre d'hôtel où il logeait pour l'instant. Une fois là, il sortit de ses bagages une quantité absolument massive de bouquins et de notes, qu'il leur distribua. Genma n'hérita que de quelques feuilles recouvertes de gribouillis et de schémas, et Kinoto d'un épais rouleau recouvert d'une fine calligraphie très serrée, mais Tsunami se retrouva les bras chargés d'une demi-douzaine de rouleaux et de cahiers remplis de notes.
– Amusez-vous bien ! lança le Sannin d'un air guilleret avant de disparaître en Shunshin.
Tsunami attendit d'avoir senti son chakra s'éloigner pour lâcher avec dédain :
– Abruti va.
Genma émit un rire bref, puis s'assit en tailleur à côté du mur et tapota la place à côté de lui d'un air encourageant.
– Allez, ce n'est pas si terrible. Au moins on est tous dans le même bateau.
Il n'avait pas tort. Jiraya était un peu décevant en personne mais… Elle allait étudier le Fūinjutsu, un truc qu'elle adorait. Elle allait être promue Jounin à quinze ans, si tout se passait bien. Et surtout, elle n'allait pas se morfondre toute seule durant cette mission. Elle adressa un sourire reconnaissant à Genma en s'asseyant à côté de lui… Puis ouvrit le premier livre avec détermination. Autant s'y attaquer tout de suite !
oOoOoOo
Traîner derrière Jiraya en apprenant le Fūinjutsu était toute une expérience.
Déjà leur professeur n'intervenait qu'un minimum dans leur apprentissage. Il avait davantage la fonction d'un bibliothécaire grincheux, leur pointant les bons ouvrages de référence à contrecœur. Ils le croisaient le matin et le soir, et parfois il disparaissait huit jours d'affilée pour faire ses trucs d'espions (ou mater des femmes à poil). Leur petite troupe s'était mise à travailler à l'extérieur du village, dans un campement provisoire, tout simplement pour garder un œil sur Genma. Il avait lu tout ce dont il avait besoin dès les deux premiers jours, et s'exerçait à présent à le mettre en pratique. Il avait un peu modifié le design du kunai du Yondaime, en avait planté un dans un arbre, et essayait de s'en servir comme balise pour s'y téléporter. Jusqu'à présent, il n'avait pas eu beaucoup de succès… Il était tombé sur les fesses sans bouger d'un pouce, s'était projeté dans la direction opposée avec assez de force pour se déboîter l'épaule, et la seule fois où il s'était téléporté, il était arrivé à deux cent mètres de son objectif.
Au moins c'était distrayant.
Kinoto ne parlait pas beaucoup. Il étudiait le Juinjutsu, ce que Tsunami considérait personnellement comme la version ninja des Sortilèges Impardonnables. C'était la création de sceaux ou de techniques pour placer quelqu'un sous le contrôle d'un tiers. D'un simple signe de la main, on pouvait le torturer, le maîtriser, le manipuler mentalement. Oh, c'était utile à savoir, certes. La Marque Maudite d'Orochimaru devait tenir de ça, tout comme le Sceau de l'Oiseau en Cage. Tsunami prit soin de lire les notes qui passaient entre les mains de Kinoto, les mémorisant même si elle ne comprenait pas tout. Mais quand même, elle trouvait ça dégoûtant. Et Danzō avait envoyé un mec de la Racine apprendre ça ? Franchement, ce n'était pas rassurant.
Tsunami ne faisait pas que surveiller les acrobaties de Genma ou relire les notes de Kinoto. Elle avait son propre travail. Jiraya lui avait donné pas mal de lecture sur les sceaux d'entrave. En plus, lire n'avait rien de fatiguant, alors elle pu se permettre de charger son Sceau Seimon tous les jours. Elle aurait d'excellentes réserves d'ici la fin de cette mission. D'excellentes réserves, et une excellente connaissance du Fūinjutsu ! Elle mémorisa une demi-douzaine de nouveaux dessins, capables de ligoter quelqu'un, de l'assommer, de l'endormir, de le paralyser. Elle devait cacher son Sharingan pour ses lectures, mais… Bon sang ce que c'était utile ! Pour appliquer un sceau d'un simple contact, il fallait parfaitement le maîtriser. Le Sharingan ne permettait pas de s'approprier un sceau comme on pourrait s'approprier un Jutsu, rien qu'en le voyant, mais il permettait de mémoriser parfaitement son dessin… Et c'était quand même la moitié du travail qui était fait, peut-être même les trois quarts si on avait (comme Tsunami) d'excellentes bases en Fūinjutsu. La compréhension du sceau en lui-même se faisait tellement plus rapidement, après ça !
En deux semaines, Tsunami mémorisa et maîtrisa avec délectation tout un panel de sceaux d'entraves. Puis, comme elle s'ennuyait un peu, elle se demanda s'il n'existait pas une meilleure manière de les tracer qu'en injectant son chakra sur une surface. Parce que ça ne coûtait pas grand-chose en énergie pour un petit sceau, de la taille de sa main ou même de son bras : mais pour un grand sceau, comme celui qu'elle avait utilisé pour faire exploser la clairière après la mort d'Hiroki Hyuga… Elle en avait senti le coût. Et il avait été lourd.
Si elle voulait utiliser de grosses techniques de façon fréquente, pour se retrouver dans la même ligue qu'Itachi ou Shisui ou Kakashi, elle avait vraiment intérêt à trouver une alternative.
Elle mêla son sang (l'hémoglobine étant naturellement chargé en chakra) à une fiole d'encre, glissa la fiole dans une de ses mitaines, et s'entraîna à utiliser l'encre en combinaison à son chakra quand elle dessinait un sceau. Techniquement, manipuler un liquide de cette façon, c'était un Jutsu Suiton de rang D. C'était bon pour touiller son thé sans petite cuillère et pas grand-chose d'autre. Mais… Avec de l'encre chargé en chakra… Les résultats étaient exceptionnels. Au lieu de n'utiliser que son chakra pour marquer le sol, elle l'utilisait comme un fil pour guider l'encre. Ainsi elle dépensait beaucoup moins d'énergie et c'était l'encre (chargée de chakra à l'avance) qui marquait le sol. C'était fou comme dix centilitres d'encre chargée de chakra pouvaient faire une différence. Quand on savait qu'une seule goutte était nécessaire pour tracer une note explosive de bonne taille, eh bien… Elle pouvait recouvrir une clairière par un immense dessin de Fūinjutsu en un instant, presque sans aucun effort. Bon, c'était un peu plus long que sa méthode de base avec un dessin à base de chakra pur, mais ça en valait la peine !
Elle se promettait une graaande carrière dans les explosifs.
Après les sceaux d'entrave, Tsunami demanda à Jiraya des sceaux de stockage. Elle savait déjà comment stoker son propre chakra (son Sceau Seimon en était la preuve, même si elle ne l'avait montré à personne !) mais c'était sceller d'autres chakra qui l'intéressait. Emprisonner un ennemi dans une dimension de poche comparable à l'Estomac du Crapaud que maîtrisait Jiraya… Sceller les flammes de l'Amaterasu… Bloquer la Marque Maudite d'Orochimaru, comme le ferait Kakashi pour Sasuke… Ou sceller Zetsu, l'abominable homme-plante-ombre qui voulait ramener Kaguya la déesse-arbre dans l'univers et exterminer l'humanité par la même occasion… Ou peut-être sceller un Bijuu, si jamais elle se retrouvait dans le genre de situation catastrophique où c'était nécessaire. Bah quoi ? Elle visait large.
Jiraya lui donna les documents nécessaires. Tsunami remarqua cependant très vite qu'il s'agissait toujours de sceller physiquement un objet dans un autre. Pas d'élément mental, pas de mélange de chakra… Pas de sceaux utiles à la création de Jinchuuriki, en gros. Elle retint un sourire sans joie. C'était sûr que Jiraya n'allait pas mettre ce genre de choses entre les mains d'un novice. A moins que ce soit parce qu'elle portait le nom Uchiha, et que le clan était toujours soupçonné d'avoir lâché le Kyūbi sur le village ? C'était peut-être parano, mais… C'était la première chose qu'il avait remarqué. Pas sa mission, pas son jeune âge, pas son rang : son nom de famille, et à quel point c'était inhabituel qu'un membre du clan Uchiha s'intéresse au Fūinjutsu.
Mieux valait ne pas le prendre personnellement. Tsunami se concentra sur les sceaux de stockage. A la base, elle pensait se créer une « prison dimensionnelle de poche » un peu comme l'Estomac du Crapaud, pour y enfermer un ennemi ou un Jutsu. Puis, en parallèle, elle eut une autre idée et se lança dans un autre projet. Les rouleaux de stockage c'était bien, mais ils n'existaient que dans deux « états » : ouverts (avec tout leur contenu à l'extérieur) ou fermés (avec tout le contenu à l'intérieur). Si on scellait trente-cinq bouquins dans un sceau, on ne pouvait pas en retirer celui qu'on voulait sans déranger les autres. Alors que… En théorie… Ça devrait être possible. Sceller un objet consistait à bâtir une poche dimensionnelle autour de cet objet, qui en soutenait les murs : si on retirait l'objet, les murs s'effondraient. Créer des murs qui ne s'effondraient pas était possible mais ça rendait le sceau impossible à ouvrir. Alors, dans ce cas, pourquoi ne pas créer une porte ? Créer un sceau qui serait un peu comme… Le sac à main de Mary Poppins ?
Tsunami s'imaginait bazarder tout son équipement dans un petit sceau encré à l'intérieur d'une poche, puis partir en mission, et nonchalamment sortir de sa veste une tente, un canapé, un plat de ramens fumants. L'idée lui arracha un sourire rêveur. Yep, il fallait totalement qu'elle se penche là-dessus…
Le mois d'août passa doucement. Tsunami fêta ses quatorze ans. Pour l'occasion, Genma l'emmena dans une boutique de dango et ils mangèrent des sucreries jusqu'à s'en rendre malades.
– Tu es mon Chuunin préféré, l'informa Tsunami avec satisfaction en dévorant une énième brochette de dango.
– Ventre à pattes, se moqua Genma.
– Pas du tout ! protesta Tsunami. C'est juste que le chemin le plus direct jusqu'au cœur de quelqu'un passe par son estomac.
Genma prit un air faussement surpris :
– Je pensais que c'était juste valable pour les hommes, ça. Tu sais, nourrir ses désirs de bases pour… nourrir d'autres désirs de base.
Tsunami marqua un temps d'arrêt.
– Ne me dis pas que ta technique de drague consiste à nourrir les gens.
– Ça marche avec Raidō, lâcha Genma sans la moindre gêne.
– Raidō ?! Tu sors avec Raidō ?!
– Disons que j'y travaille. Et toi, personne en vue ?
Tsunami cligna des yeux, surprise. Elle n'y avait jamais vraiment pensé. Elle trouvait certaines personnes esthétiquement plaisantes, comme Majime de Kumo ou encore Shisui… Mais de là à penser à la romance ? Et puis, elle trouvait aussi certaines filles agréables à regarder. Harumi Inuzuka, par exemple, durant leur mission qui s'était si mal terminée. Et puis Anko. Et puis Yūgao. Et puis… Hum. Plutôt des filles que des mecs, en fait.
– Pas vraiment, fit-elle d'un ton songeur. Je n'y ai jamais fait très attention. Mais bon, je n'ai que quatorze ans.
Au final, elle passa une assez bonne soirée, à échanger des potins avec Genma comme deux commères. Genma n'était pas son ami comme Iruka, Yūgao, Tessen ou Kumadori, mais ils s'entendaient bien et ils avaient le même sens de l'humour. Sur le chemin du retour, ils se lancèrent même le défi stupide de détrousser les pickpockets assez idiots pour tenter de leur faire les poches, et passèrent la moitié de la nuit à courser des voleurs pour essayer d'avoir le meilleur score. C'était dans ce genre de moment qu'on réalisait que Genma et Gai avaient été dans la même équipe de Genins ! Il prenait tous les défis ridiculement au sérieux…
Bref. Le temps passa. A la fin d'août, un mois et demi après le début de leur apprentissage, Jiraya leur ordonna à tous de lui faire la démonstration de leurs progrès. Genma arrivait à se téléporter, mais il lui fallait un gros effort de concentration, il se cassait fréquemment la figure, et n'arrivait jamais à moins de cent mètres de son kunai balisé. Cela dit, le Sannin considéra ça comme un progrès acceptable. A tous les coups il avait juste un petit faible pour ce souvenir de Minato Namikaze, son ancien élève.
Kinoto se contenta de réciter tout un tas de textes soporifiques, et d'offrir de tracer un sceau de contrôle sur quelqu'un. Jiraya lui répondit froidement que ce n'était pas assez créatif et lui ordonna de retourner à Konoha. Tsunami devait avouer qu'elle était un peu soulagée.
A vrai dire Jiraya aurait sans doute voulu aussi renvoyer Tsunami Konoha. Elle était jolie et il ne se privait pas de la regarder de bas en haut quand il la croisait, de lui faire un clin d'œil appuyé quand elle étendait ses jambes devant elle en lisant, ou de loucher sur sa poitrine quand il en avait l'occasion. Mais c'était toute l'étendue de leur relation. La jeune fille avait décidé de ne pas réagir à ses provocations. Ce n'était pas comme s'il essayait de la peloter. Il voulait juste voir si elle pétait un fusible comme n'importe quelle coincée issue d'un clan traditionaliste. Alors elle l'ignorait, le traitait à peu près comme un distributeur automatique de bouquins, et recevait ses quelques remarques grivoises avec la plus totale indifférence… Et Jiraya la trouvait chiante. Oh, pas au point que ça l'énerve. Mais Tsunami lui tapait sur le système, elle pouvait le voir. Sa présence l'empêchait de paresser à sa guise et le fait qu'elle soit aussi peu intéressée par son personnage (pourtant très haut en couleur) le perturbait. Il aurait sans doute largement préféré qu'elle rentre à Konoha.
Mais Tsunami n'allait pas se laisser faire. Elle en avait marre qu'on ne la prenne pas au sérieux. Elle lui fit la démonstration de sa technique de manipulation d'encre en combinaison avec le Piège à Loups, et le coinça dans la clairière pendant trois heures. Durant ces trois heures, elle fit la démonstration de tous les sceaux d'entraves qu'elle avait appris, puis lui expliqua la théorie de son sceau-suicide, puis lui présenta le début de son projet Mary Poppins. Puis, histoire de conclure sa démonstration et d'évacuer sa frustration, elle colla sur le front du Sannin un sceau d'entrave qui assommait sa victime, et le laissa ronfler au milieu des bois tandis qu'elle rentrait dormir confortablement à l'auberge. Genma trouva toute l'expérience absolument hilarante. Tsunami, elle, était surtout sombrement satisfaite d'avoir rabattu le caquet de ce vieux snob. Peu importait qu'il la renvoie au village, après ça !
Jiraya ne la renvoya pas à Konoha.
Au contraire, Jiraya se montra fasciné. D'un coup, elle passa du statut de « personnage d'arrière-plan fade et ennuyeux » à « cerveau à disséquer pour en deviner le fonctionnement ». C'était comme si on avait basculé un interrupteur. Ses longues jambes ou son début de poitrine n'avaient plus d'importance. Le Sannin posait sur elle un regard neuf, scrutateur, attentif. Il se mit à l'interroger sur les subtilités théoriques du Fūinjutsu : qu'est-ce qu'était l'espace ? Qu'est-ce qu'était une dimension ? Comment se liaient les dimensions ? Quel était le lien avec l'espace-temps ? Tsunami réalisa avec une certaine surprise que ça relevait pratiquement de la physique quantique et qu'elle connaissait les réponses à tout ça, ce qui était absolument génial, mais surtout qui signifiait qu'elle avait commencé à avoir un niveau ahurissant. Il ne s'agissait plus d'apprendre les bases. Genma, qui apprenait le Hiraishin, avait du mal à suivre la conversation. Apparemment Jiraya avait été persuadé qu'elle faisait semblant de lire les textes qu'il lui donnait, parce que c'était avancé même pour un Jounin. Il ne pensait pas qu'elle comprenait tout !
– Je ne te prendrais pas comme apprentie, lui dit-il quand même d'un ton d'avertissement.
– Ça me va, lâcha Tsunami. Ma vie est à Konoha, de toute façon, pas à vous suivre de source chaude en source chaude ou de palissade percée en palissade percée.
– Gamine insolente, maugréa Jiraya. Tu ignores les bonnes choses de la vie. Bon, maintenant qu'on est débarrassé de la taupe de Danzō, il est temps de bouger. Je veux aller tâter le terrain au pays du Riz, alors faites vos bagages !
Et c'est ce qu'ils firent. Tsunami était à peu près sûre que le pays du Riz était le futur pays d'Oto, le village caché d'Orochimaru… Mais pour l'instant, le Sannin était encore membre de l'Akatsuki (il ne la quittait qu'après le massacre des Uchiha, plus précisément après avoir été battu par Itachi après que celui-ci ait rejoint l'Akatsuki) alors elle n'était pas trop inquiète. Du moins, elle ne maugréa pas trop.
Elle était contente que Genma vienne avec elle, cela dit. C'était mieux d'avoir un ami avec soi, pour rire, plaisanter, parler en toute honnêteté. Elle ne savait pas trop quoi faire du soudain intérêt de Jiraya. Elle préférait l'époque où il l'ignorait autant que possible. Là, il insistait pour discuter, pour parler avec elle des bouquins qu'elle étudiait, pour participer à son apprentissage. Autant dire qu'il ne lui était plus possible d'utiliser le Sharingan en cachette. Bah, ça n'avait jamais été indispensable, de toute façon. C'était un gros raccourci, mais il y avait davantage au Fūinjutsu que la mémorisation du tracé des sceaux.
Mais voilà, Jiraya semblait soudain avoir remarqué qu'elle avait un cerveau, sans s'être mis à l'apprécier pour autant. Enfin, parfois il semblait l'apprécier et parfois… Il avait juste l'air exaspéré par elle. Le fait qu'elle refuse de tomber dans son jeu puéril du pervers qui était supposé effaroucher les filles, peut-être ? Ou juste le fait qu'elle ne corresponde pas du tout à ce qui était attendu d'une Uchiha ? Difficile à dire. Il y avait des gens avec lesquels on pouvait s'entendre immédiatement, et d'autres avec lesquels on avait peu d'atomes crochus. Jiraya faisait partie de la deuxième catégorie. Oh, il était intelligent et leurs conversations pouvaient être instructives, évidemment. Mais le Sannin était aussi pervers, bruyant, impoli, sans aucun respect de l'espace personnel des gens, et volontairement insultant. Il sur-jouait sa stupidité jusqu'à ce qu'on ait envie de lui fracasser le crâne, puis laissait parfois entrapercevoir un côté froid et manipulateur, jaugeant silencieusement les réactions de son entourage d'une façon qui évoquait un peu Orochimaru. Il ressentait de la pitié pour Genma et son attachement au Hiraishin, et de la curiosité envers Tsunami et son talent, mais il n'était pas leur ami, et le fait qu'il essaie de prétendre autrement avec ses plaisanteries grivoises et une feinte familiarité… Tsunami n'aimait pas ça. Elle savait bien que les ninjas n'étaient pas honnêtes, mais rien n'était plus glauque à ses yeux qu'un gars lui tapant dans le dos d'un air jovial en racontant une blague alors qu'il la toisait avec froideur comme s'il attendait le moindre signe de trahison de sa part.
Si son nom n'avait pas été Uchiha, peut-être que Jiraya aurait été plus gentil, ou plus sincère. Mais là, il était circonspect. Il était attentif et scrutateur, il était prudent, comme si c'était elle le danger, et… Elle n'était pas vexée, pas vraiment, parce qu'elle savait pourquoi il agissait ainsi, mais… Mais si, voilà, elle était vexée. En tous les cas, construire une relation sincère sur ce genre de base était impossible.
Tsunami calqua donc son attitude sur celle de Genma, avec des petites piques moqueuses et une désinvolture affichée. Apparemment cela donna le ton. Jiraya en sembla presque soulagé. Ils se mirent donc à se lancer des remarques sarcastiques, sans frôler l'insulte mais sans jamais dire de trucs gentils qui auraient été vides de toute sincérité.
D'un autre côté, quand la conversation de Jiraya tournait autour de ses productions littéraires, trouver des trucs gentils à dire était un peu difficile. Même Genma avait l'air blasé. Tsunami avait surtout envie de se crever les tympans.
– Et là je pense que mon héroïne, Yuhui, va soudain s'évanouir, et Masaru n'aura pas d'autre choix que de se précipiter dans le lac pour soutenir son corps gracile… Pas mal comme truc pour briser la glace, hein ? J'en frémis d'avance, mon éditeur va adorer…
– Parce qu'il est probablement bête comme un tube de dentifrice, marmonna Tsunami.
– Tu oses critiquer le sens littéraire d'un professionnel, fillette ?! s'indigna le Sannin.
– Jiraya-sensei, le scénario des Icha Icha est plus pauvre en sens littéraire que la recette de soupe au miso.
(Tsunami ne pensait pas que Jiraya méritait un honorifique quelconque mais, puisqu'il était son professeur, elle avait commencé à l'appeler sensei. Et puis elle avait continué, ne serait-ce que parce que son visage avait fait une drôle de grimace quand il avait entendu ce titre sortir de sa bouche pour la première fois. Il n'avait pas tenté de l'en empêcher.)
– Sale gamine inculte ! protesta le Sannin en postillonnant partout. Tu n'as pas écouté mes idées pour la grande romance de Yuhui-chan ? C'est à tomber par terre !
– Vous ne parlez que de ça depuis trois heures ! explosa Tsunami en brandissant une liasse de billets. Je suis prête à vous payer pour votre silence !
– C'est pas ton argent, protesta tout de suite Jiraya. Je t'ai vu le piquer à ce pickpocket sur la place du marché il y a dix minutes.
– Mais ça pourrais être le vôtre, pour cinq minutes de silence !
Bref. Une drôle d'entente s'installa entre eux. Quand trois personnes effectuaient ensemble une mission de longue durée, que ça soit chargé en stress ou non, il y avait toujours une certaine familiarité qui s'installait. On se détendait. On évoquait parfois sa famille. On commençait à connaître les plats préférés des autres membres du groupe et à savoir qui ronflait la nuit.
A deux occasions, ils affrontèrent un ennemi, et se glissèrent tout naturellement en formation pour couvrir les arrières des uns et des autres. La première fois, c'était trois nukenins qui n'avaient pas plus de niveau que des Genins, et que Genma et Tsunami assommèrent et ligotèrent pendant que Jiraya ricanait comme un idiot en arrière-plan. La deuxième fois, ce fut une équipe de Taki, cinq Chuunins, qui semblèrent absolument horrifiés de tomber sur eux. Probablement parce qu'ils n'avaient normalement rien à faire sur le territoire du pays du Feu. En tous les cas, ce fut promptement et brutalement réglé. Jiraya, Genma et Tsunami privilégiaient tous les trois le taijutsu : les ninjas de Taki n'eurent aucune chance.
C'était… un truc auquel elle pourrait s'habituer.
Cela dit, elle ne fut pas fâchée de voir arriver la fin de la mission…
oOoOoOo
Les trois mois étaient passés plus rapidement que prévu. Soudain, août laissa place à septembre, et septembre à octobre. A présent, Genma pouvait utiliser le Hiraishin tout seul… Mais il n'avait pas la rapidité et la précision qu'avait eue le Yondaime. Il était capable de se déplacer d'un point du continent à un autre, mais de façon assez approximative. Il ne pouvai certainement pas de se téléporter à la vitesse de l'éclair au milieu d'un champ de bataille chaotique ! Genma n'en semblait pas vraiment déçu, cela dit. Peut-être même soulagé. Comme si maîtriser parfaitement la technique spéciale du Yondaime aurait abîmé sa mémoire.
Tsunami, elle, était assez satisfaite des progrès qu'elle avait fait. Oh, elle était loin d'être une Maître des Sceaux. Elle ne savait pas sceller un Bijuu ou recréer la Marque Maudite d'Orochimaru, loin de là ! Mais elle avait bien développé son expertise. A présent, elle pouvait sceller tout et n'importe quoi. Elle avait bien avancé sur son projet Mary Poppins, et avait aussi décidé d'améliorer le sceau de stockage standard de Konoha (qui transportait à peu près autant qu'un sac à dos) pour tripler ses capacités. Sa réactivité avec le Fūinjutsu s'était aussi améliorée. Utiliser les sceaux en combat était toujours risqué, parce que ça prenait du temps à faire, mais… Elle pouvait instantanément créer des notes explosives, alors pourquoi ne pas projeter des dessins de sceaux avec son chakra ?
Dans le canon, le personnage de Sai avait tout un tas de Jutsu basés sur la manipulation de l'encre. Elle s'en était donc inspirée. Des sceaux de stockage remplis d'encre se trouvaient à présent cachés sous ses mitaines et sur les semelles de ses chaussures. Elle pouvait projeter un filet d'encre au sol jusqu'à un ennemi, pour le marquer de son ancre et de son chakra et activer instantanément un sceau d'entrave ou une note explosive.
De loin, ça ressemblait à l'utilisation de l'ombre des Nara (sauf qu'elle utilisait un flot d'encre au lieu de son ombre). Elle espérait très fort que personne n'allait en faire la remarque…
Mais bref. Tsunami avait progressé, et… Elle s'était habituée à ses deux compagnons. Oh, il y avait toujours une légère tension entre elle et Jiraya. Et Genma avait beau être son ami, il ne serait jamais proche d'elle comme Tessen, Kumadori, Hayama-sensei, ou même Gai et Anko. Elle n'avait pas avec eux le lien chaleureux qu'elle entretenait avec Iruka, Yūgao, ou même Natsu Hyuga. Et elle n'éprouvait pas pour eux l'affection qu'elle avait pour sa mère, Izumi ou Hikari. Mais ils étaient son équipe et elle s'était habituée à eux. Ils plaisantaient, ils riaient, ils discutaient avec animation. Oh, aucun des deux ne s'ouvrait véritablement à elle, et Tsunami se sentait parfois très seule. Elle était d'un naturel… Eh bien, franc, faute d'un meilleur terme. Quand elle avait mal ou était révoltée par quelque chose, elle le clamait haut et fort. Mais à l'inverse, Jiraya et Genma tenaient leur douleur serrée contre eux. Ils affichaient une personnalité joyeuse, mais… Ils taisaient les choses vraiment importantes. Par exemple… Genma parlait avec désinvolture de Raidō, Kotetsu et Izumo, comme pour ne pas avoir à admettre qu'ils lui manquaient. Il refusait aussi d'évoquer le Yondaime, ou ses sentiments personnels au sujet du Hiraishin. Jiraya, quant à lui, parlait sans gêne de pornographie et de meurtre, mais évoquer son passé (la guerre, Orochimaru, Minato, même Kakashi) le faisait changer de sujet avec hâte.
Et après, on disait que c'était les Uchiha qui étaient coincés ? Ah. La bonne blague.
Mais peut-être que ce n'était pas le fait d'être coincés, musa Tsunami. Peut-être que ça tenait davantage au fait d'être brisés. Genma et Jiraya avaient vécu bien plus longtemps qu'elle. Ils avaient tous les deux traversé une guerre, deux dans le cas du Sannin. Ils avaient vu plus d'horreurs qu'elle, durant plus longtemps. Peut-être qu'un jour, elle aussi, elle fuirait la douleur au lieu de lui faire face. Peut-être que c'était quelque chose qui attendait tous les ninjas atteignant un certain âge, ou un certain degré de souffrance. C'était une pensée déprimante.
Tsunami essayait de ne pas y penser. Elle discutait, elle apprenait, elle étudiait, elle mémorisait. Elle suivait sagement Jiraya durant ses pérégrinations et l'attendait parfois plusieurs jours durant quand il partait faire un repérage en solo. Tsunami s'entraînait de temps en temps contre Genma pour ne pas rouiller, mais elle passait l'essentiel de son temps plongée dans le Fūinjutsu. A Konoha, elle n'avait jamais pu s'absorber comme ça dans ses études : il y avait toujours eu des gens à voir, des choses à faire, des amis avec qui plaisanter. Ici, c'était différent. Elle se sentait plus seule, oui, mais elle était aussi à 100% concentrée sur sa tâche.
Quand vint le moment de rentrer à Konoha, Tsunami fut donc partagée entre la déception et le soulagement. Konoha lui manquait, ses amis lui manquaient, sa famille lui manquait… Mais elle s'était habituée à ses deux compagnons. Elle allait continuer à voir Genma assez régulièrement, mais ça lui ferait bizarre de ne plus voir Jiraya, après avoir passé trois mois à le côtoyer quasiment non-stop.
– Ah, mais tu ne repartiras pas les mains vides ! lui annonça joyeusement le pervers. Voilà de quoi continuer tes progrès…
Il lui mit dans les bras une demi-douzaine de rouleaux absolument massifs, ce qui la fit vaciller un peu (Genma commença à ricaner d'un air narquois).
– … Quelques documents sensibles à transmettre au Conseil…
Une pile de dossiers s'ajouta à sa charge.
– … Et, hum, des documents top-secrets pour l'Hokage uniquement.
Il posa avec délicatesse ce qui ressemblait suspicieusement à un livre emballé dans du papier-cadeau orange vif. Tsunami loucha dessus, vaguement horrifiée. Oh, bon sang, elle allait vraiment ramener de la pornographie au Sandaime ? Quelle horreur.
– Et si tu termines ton sceau de stockage qui ne s'effondre pas quand on l'ouvre, préviens-moi ! ajouta le Sannin d'un air jovial. D'ailleurs, il faut absolument que tu lui trouves un nom. La Poche de l'Infinie ?
C'était un nom très cool mais Tsunami refusait absolument de l'admettre. Pas question que Jiraya nomme son sceau à elle ! La jeune fille se contenta de hausser les épaules, affectant la nonchalance, tout en scellant sa pile de documents dans trois rouleaux de stockages différents (un pour l'Hokage, un pour le Conseil, un pour elle).
– Bof, je trouverai sans doute un meilleur nom que ça.
Au moins, voir Jiraya s'indigner une dernière fois devant son manque de respect était très satisfaisant.
Tsunami et Genma se mirent en route vers Konoha en milieu de journée. Ils se trouvaient toujours à la frontière avec le pays du Riz, et ils étaient donc un peu plus près de Konoha que lorsqu'ils avaient trouvé le Sannin. Ils pouvaient surtout avancer à la vitesse de leur choix, au lieu d'être obligés de chercher des indices ou de progresser de village en village afin d'interroger les gens. En deux jours à peine, ils avaient atteint Konoha… Et Tsunami ne put s'empêcher de sourire jusqu'aux oreilles en voyant les portes du village se dresser devant elle.
Quand elle était petite… Quand ses souvenirs-rêves constituaient encore l'essentiel de sa conscience… Quand sa réincarnation était encore toute récente… Elle pensait ne pas se sentir chez elle ici. Il y avait trop de danger, trop de lavage de cerveau, trop de violence. Elle savait, de manière objective, qu'une dictature militaire c'était mal. Mais voilà, les années avaient passées. Tsunami avait passé quatorze ans de sa vie à Konoha. Quatorze années réelles, tangibles. A côté de ça, ses souvenirs-rêves (même s'ils couvraient une vie deux fois plus longue) semblaient si distants. Oui, elle savait que Konoha était une dictature militaire. Elle savait que ce monde était cruel, violent, dangereux. Elle savait que les enfants étaient endoctrinés dès la naissance pour servir et mourir. Elle savait qu'elle-même ne vivrait sans doute pas très vieille, et connaîtrait une fin brutale aux mains de l'ennemi. Mais… C'était son monde. C'était son village. Tsunami était consciente de ses défauts, elle était consciente d'avoir été endoctrinée comme tous les autres ninjas, mais… Malgré cela… Elle avait choisi d'être une kunoichi. Elle avait choisi de prendre sa vie en main, même si cela passait par la carrière d'une ninja. Elle avait choisi de protéger ceux qu'elle aimait, et en faisant cela elle avait choisi de servir Konoha. C'était sa maison, son foyer.
C'était chez elle.
Genma et elle se rendirent ensemble au bureau de l'Hokage faire leur rapport. Etant donné la nature confidentielle du Hiraishin, le Sandaime fit sortir tout le monde pour les écouter. Il se montra un peu déçu que Genma ne puisse égaler le Yondaime, mais déclara que pouvoir se téléporter était quand même pas mal. Même si ça ne pouvait pas être utilisé en combat, c'était utile à avoir. Et qui sait ? Peut-être que Genma pourrait former un élève qui, lui, serait capable d'utiliser le Hiraishin comme Minato Namikaze.
Cette idée ne semblait pas exactement rassurer Genma, cela dit.
Le rapport de Tsunami fut plus bref. Elle avait été envoyée auprès de Jiraya pour se former de façon générale, pas pour apprendre une technique en particulier. Elle évoqua ses différents projets, énuméra les sceaux qu'elle avait appris. Ce ne fut pas très long. Le Sandaime n'avait pas besoin d'explications détaillées. Mais elle profita cependant de ce moment pour transmettre à l'Hokage les documents que Jiraya lui avaient remis… Y compris le paquet orange. Cela donna lieu à un échange de regards lourds de sous-entendus, et à un silence assez mortifié.
Il n'y avait rien de plus embarrassant que de remettre du porno à votre supérieur hiérarchique en sachant qu'il sait, que vous savez qu'il sait, et qu'il sait que vous savez qu'il sait.
Heureusement pour Tsunami et sa dignité, l'Hokage ne fit pas traîner l'entretien beaucoup plus longtemps. Il informa Genma qu'il gagnerait sa promotion de Tokubetsu Jounin ce mois-ci, après avoir passé une série d'épreuves pour que l'administration connaisse parfaitement ses compétences. Tsunami, quant à elle, serait désormais enregistrée comme l'une des spécialistes en Fūinjutsu de Konoha, et cela serait pris en compte quand elle demanderait une promotion. Ensuite, il leur donna congé.
Peut-être voulait-il lire son bouquin pervers sans tarder… Beurk. Tsunami préférait ne pas y penser. Genma y pensait, lui, parce qu'il se moqua joyeusement de son malaise en sortant. Tsunami lui donna une claque à l'arrière de la tête d'un air faussement offensé. Elle était presque aussi grande que lui à présent. C'était une réalisation étrange : Tsunami avait toujours été traitée en égale par tout un tas de gens plus grands qu'elle (Genma, Gai, Kotetsu, Izumo…) et c'était bizarre d'enfin les rattraper.
Mais bref. La mission était terminée. Elle rentra à la maison.
Izumi avait progressé. Elle était douée en taijutsu, presque autant que Tsunami l'avait été à cet âge. Elle était la meilleure élève de sa classe. A la voir lancer des shurikens, jongler avec des kunais ou enchaîner les katas, Tsunami avait moins de mal à imaginer sa petite sœur vivre une vie de ninja. Oh, elle ne serait jamais rassurée à 100%. Mais… Cette mission qui les avait éloignées… Cette prise de distance avant de se retrouver et de se regarder d'un œil neuf… Peut-être que c'était ce qu'il lui fallait. Elle serait quand même inquiète quand Izumi serait nommée Genin, mais elle avait accepté que c'était inévitable. Elle avait accepté que sa petite sœur n'était plus un bébé, et qu'elle allait devenir une kunoichi.
Hikari était un peu plus calme, presque plus mature. Il criait et piaillait moins. En revanche, il posait toujours sur les gens et les choses un regard brillant d'intelligence, et faisait des phrases presque parfaitement articulées. Il était moins dépendant de sa mère, aussi. Hazuki le faisait passer plus de temps à la garderie, afin d'avoir du temps pour elle. Mais même quand il rentrait à la maison, il savait s'occuper tout seul, en dessinant ou en se racontant des histoires avec ses jouets. Cela dit, il était loin d'être un gamin solitaire. Il adorait qu'on s'occupe de lui. Il absorbait comme une éponge la moindre information, la moindre bribe d'attention. Son visage s'illuminait quand l'une de ses sœurs le prenait dans ses bras et lui racontait ses aventures de la journée : c'était adorable.
Sa mère était plus détendue, en ce moment. Elle était aussi plus énergique, plus sereine. Elle s'était remise à travailler. Oh, elle était toujours interdite de service actif : son système de circulation du chakra avait été trop endommagé après la naissance de Hikari. Mais ça ne l'empêchait pas de faire du travail administratif. Elle révéla à Tsunami que, peu après son départ avec Genma, elle avait revu son ancien supérieur hiérarchique Inoji Yamanaka, et que celui-ci lui avait proposé un travail de secrétaire. Il fallait avoir le niveau d'accréditation d'un Chuunin pour trier, classer et attribuer les missions… Mais aucun Chuunin ne se portait volontaire pour faire la paperasse au lieu d'être déployé en mission, ce qui était à la fois plus exaltant et beaucoup mieux payé. Hazuki avait donc obtenu le job. La rémunération n'était pas terrible, mais ça s'additionnait aux revenus de Tsunami et aux aides versés par l'administration aux kunoichis à la retraite. Et puis… Ça lui permettait de se sentir utile, de faire quelque chose de constructif de ses journées, et de revoir ses anciens collègues.
Cela dit, ça fit quand même à choc pour Tsunami quand elle entra dans le quartier général le lendemain pour prendre une mission, et se trouva nez à nez avec sa mère.
– C'est juste bizarre que tu sois mon patron, rigola-t-elle en prenant sa mission.
– Je suis toujours ton patron, sourit sa mère avec amusement. D'ailleurs, ça me fait penser : n'oublie pas d'aller faire les courses en rentrant, ma chérie.
Tsunami poussa un grognement théâtral. Les quelques Chuunins qui assistaient à la scène se mirent à rire. Yep, recevoir ses ordres de sa mère allait nécessiter quelques semaines d'acclimatation. Jusque là, il y avait eu une séparation très nette entre sa famille et son boulot. A présent… Les lignes étaient un peu plus floues. Et ça ne s'améliorerait sans doute pas quand Izumi entrerait dans le service actif !
Tsunami se demandait comment faisaient les Uchiha, qui mêlaient si étroitement travail et famille. Ils étaient tous membres de la police. Comment un père gérait-il le fait que son fils soit promu à un grade supérieur au sien ? Comment deux cousins qui ne s'entendaient pas pouvaient s'adapter en étant obligés de rester dans la même unité ? Comment une sœur pouvait-elle accepter de quitter le service actif pour se marier et avoir des enfants, alors que le reste de sa fratrie continuait à travailler, à fréquenter ses amis, à parler à table de gens et d'activités dont elle avait été écartée ? Les relations personnelles devaient être tendues. Ou plutôt, les relations professionnelles devaient l'être, parce que justement elles n'étaient pas vraiment professionnelles. Tout devait être intensément personnel pour eux. Leurs relations entre eux… Leurs relations avec les autres ninjas du village…
Ah. Les Uchiha et le village. Honnêtement, c'était un truc qui n'avait pas vraiment manqué à Tsunami.
Quand on vivait à Konoha au quotidien, on ne le remarquait même plus. C'était étrange de se dire que cinq ou six ans plus tôt, la police et les citoyens ordinaires vivaient parfaitement en harmonie. A présent, il y avait une tension constante entre eux. Quand il y avait un problème, les ninjas tendaient à le régler entre eux et non pas à faire appel à la police. Une blague de gamins, une altercation, un chaton perdu ? Les gens allaient donner un coup de main, prétendant que ce n'était pas la peine d'appeler les Uchiha, que ça n'allait rien arranger. Parce qu'à présent, la police, ce n'était plus les amis et les voisins qui venaient régler les problèmes. Ils étaient mal vus. Ils étaient agressifs et faisaient une montagne d'un rien quand on les appelait, ils compliquaient inutilement la bureaucratie, ils arrêtaient les gens et les faisaient attendre des heures en cellule même pour une broutille, ils avaient le pouvoir de mettre des amendes et des avertissements dans les dossiers (bloquant parfois des demandes de promotion !)… Bref, la police n'était pas bienveillante. Personne ne faisait volontairement appel à elle. On marmonnait dans leur dos. On se taisait quand ils passaient, et on leur lançait des regards méfiants.
Mais la police, ce n'était pas juste des gens qui faisaient leur boulot. Pour les Uchiha comme pour Konoha, c'était bien plus qu'un uniforme : c'était le clan. Cela voulait dire que même en civil, les Uchiha étaient regardés avec suspicions. Cela voulait dire qu'à l'Académie, les enfants du clan jouaient entre eux, parce que les autres gamins disaient qu'ils n'étaient pas drôles, que leurs parents étaient méchants, ou qu'ils ne faisaient qu'attirer des ennuis aux autres. Cela voulait dire que les commerçants du clan Uchiha étaient regardés avec suspicion par les civils, comme s'ils s'attendaient à ce qu'ils sortent un badge et commencent une inspection surprise… Et c'était terriblement mauvais pour les affaires. Il n'y avait plus de prix d'amis, de réductions, ou juste d'accord amiables. Les prix montaient, et à partir de là, il était facile de crier à la discrimination. C'était de la discrimination ! Les gens n'aimaient pas les Uchiha et leur faisaient savoir. Il y avait des milliers d'habitants de Konoha qui leur faisait savoir, par des petits gestes, des petits rien, des prix un tout petit peu plus hauts, un ton sec, un refus de tendre la main : mais voilà, des milliers d'habitants faisant chacun quelques petits gestes, ça faisait beaucoup. Les Uchiha étaient environ trois cent, dont la moitié faisait partie du service actif. Les autres n'étaient que des enfants, des civils, des femmes au foyer, des ninjas à la retraite. Ils se sentaient dénigrés, blessés, et ça les rendait furieux. Ils étaient donc plus abrasifs… Les villageois étaient plus agressifs en retour… Et ça continuait.
Combien restait-il de temps avant le massacre ? Deux ans, deux ans et demi ? Tsunami avait l'impression que c'était imminent. Les Uchiha devaient déjà penser à un coup d'Etat. Ils étaient trop fiers pour accepter éternellement d'être traités en paria dans leur propre village.
Le temps passa.
Tsunami reprit son entraînement avec Hayama-sensei. Elle commençait à gagner confiance en ses talents au kenjutsu. En tous les cas, elle n'avait plus peur d'être écrasée par Yūgao. Elle s'entraînait de plus en plus souvent avec elle, mais aussi avec Hayate Gekko. Ils étaient les trois plus avancés en kenjutsu parmi les Chuunin.. Hayate Gekko fut d'ailleurs promu Tokubetsu Jounin, expert en kenjutsu, à la fin du mois de novembre. Hayate n'avait que deux ans de plus qu'elle (et un an de plus que Yūgao) soit seize ans à peine. Il n'était pas un prodige, mais pour être Tokubetsu à cet âge, il était doué. C'était un choc. Tsunami avait beau être la moins forte de leur trio, elle arrivait à les suivre, et… Elle n'avait pas réalisé qu'ils étaient si avancés. Ça rendait le fait qu'elle arrive à suivre leur rythme encore plus remarquable. Merci le Sharingan. Et surtout, merci Hayama-sensei. Il ne suffisait pas de copier les mouvements pour devenir une experte au sabre, il fallait se les approprier. Et pour ça, rien ne valait la tutelle d'un professeur.
Hayama-sensei n'était pas son seul tuteur. Elle apprenait toujours le ninjutsu médical avec l'aide de Kumadori. Ce genre de ninjutsu ne pouvait pas être bêtement copié avec le Sharingan : il ne s'agissait pas de connaître la technique, mais surtout de savoir comment l'appliquer. Cela nécessitait de bien connaître le corps humain et, pour ça, Tsunami n'était pas prête. Savoir où frapper pour tuer était très différent de savoir quel nerf passait où, quelle veine alimentait quoi. Même avec le Sharingan qui lui permettait de mémoriser des pages entières de livres d'anatomie, elle devait continuer à travailler. Tout ça pour apprendre le Jutsu médical le plus basique qui soit ! Franchement, elle avait un respect tout neuf pour les médic-nin. La quantité de travail qu'on leur demandait pour avoir le minimum de compétence était astronomique.
Tsunami préférait de loin taper sur des trucs. C'était plus libérateur.
Elle continua à effectuer des missions avec Gai, Genma, Anko, ou tout un panel d'autres ninjas. Elle revoyait souvent les mêmes, cela dit. Le haut du panier, lui confia un jour sa mère avec un rire dans la voix. Et… Elle avait sans doute raison. Tsunami était envoyée en mission avec les plus forts des Chuunin, ou même carrément avec des Jounin, parce qu'elle-même était forte. Elle avait de grosses réserves de chakra, et pas seulement pour une kunoichi (les femmes ayant généralement des réserves plus petites mais plus denses). Non, elle avait de grosses réserves tout court. Sa puissance était bien supérieure à la moyenne. Sans être du niveau de Naruto, ou même d'un tank comme Raidō Namiashi ou Gai (qui étaient inépuisables), elle avait plus de chakra que Genma, qu'Anko, qu'Ibiki Morino, ou que Shikaku Nara (le Commandant Jounin !). C'était assez enivrant, quant on y pensait.
Mais bon, la force brute ne faisait pas tout. Il fallait aussi de l'expérience. De la délicatesse, du contrôle, de la précision. Et surtout, de l'expérience. Connaître toute la théorie du monde ne valait rien face à la pratique. C'était pour cette raison que Tsunami enchaînait les missions le plus diverses. Traque, capture, reconnaissance, destruction, sabotage, escorte, espionnage. Elle continuait à passer du temps avec sa famille, et essayait de prendre au moins deux jours entiers de repos entre chaque mission (voire davantage, si c'était une longue mission ou qu'elle avait été blessée)… Mais elle voulait progresser.
Et elle progressait. Décembre passa, puis janvier. Hikari avait à présent trois ans. Et, au début de février, l'Hokage annonça que si elle le désirait, elle pourrait passer les épreuves de l'examen Jounin dans six mois, peu avant ses quinze ans. La seule condition était qu'elle intègre une nouvelle unité de réponse (en gros, une unité de combat au déploiement rapide) qu'il venait de mettre en place.
Seul petit détail… Cette unité était menée par Shisui Uchiha.
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(Et en arrivant à ce point-là, ma Bêta a poussé un grand hurlement de joie xD)
Et voilà ! J'espère que ça vous a plu =) EDIT : Pour info, Kinoto est un personnage du canon (vous pouvez trouver sa fiche sur le wikia) : c'est bien un membre de la Racine. Dans le canon, il place un sceau de contrôle mental sur Tenzo/Yamato, et a également fait partie d'un squad ayant tenté d'assassiner le Sandaime sur les ordres de Danzo. Bref, il est assez fort, et je l'imagine moins "robotique" que Sai par exemple, et donc plus adapté à une mission d'information comme celle-ci. Cela dit, il reste un ninja élevé par la Racine, donc pas super-sociable... Et vaguement creepy.
Bref ! A la semaine prochaine pour savoir si Tsunami accepte de renouer avec Shisui et de faire face à son angoisse de le perdre... Ou si elle fuit. A votre avie, que va-t-elle choisir ? xD
A mercredi !
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