Je commence cette nouvelle affaire par un chapitre relativement court par rapport à d'habitude mais c'est fait exprès :p.
Bonne lecture
Le mois de novembre était là. Et naturellement les températures descendaient de plus en plus. Le négatif commençait à arriver certains matins et les gens reprenaient leurs manteaux d'hiver.
Et comme très attendu, tout juste après Halloween, les magasins et les rues commençaient à sortir leurs décorations de Noël. Encore une autre année qui était passée très vite. 2016 n'avait jamais été aussi proche. Et si un jour on avait dit à Henry qu'il irait jusque-là, il n'en aurait pas cru un mot. Et pourtant il était là, en ce matin presque hivernal, à regarder à travers la vitre de la boutique, la population qui marchait d'un pas pressé et qui resserrait son manteau autour de lui. Il buvait un thé à la camomille, qui avait vraiment le don de l'apaiser et réchauffer chaque petite parcelle de son corps.
En voyant des familles marcher pour emmener leurs enfants à l'école, Henry songea à ce qu'ils allaient faire pour les fêtes. Il avait pensé à inviter Jo et peut être Lucas, mais il n'était pas sûr que les deux n'iraient pas passer les fêtes dans leur famille. Surtout que depuis que les choses semblaient aller mieux dans celle de Jo. Henry n'avait jamais trop posé la question à Lucas.
Thanksgiving n'était pas loin, éventuellement il pourrait tenter de demander aux deux s'ils étaient intéressés. Il savait qu'Hanson resterait avec sa femme et ses enfants de toute façon et il le comprenait.
Il entendit les pas d'Abe débouler les escaliers. Il se retint de soupirer. Abraham n'avait jamais fait dans la discrétion. Et pourtant, le jour où Jo n'était pas partie à Paris et était venue lui dire, il ne l'avait jamais entendu rentrer et ce n'était pas comme si la porte de la boutique était bruyante.
Il fit un petit sourire quand il sentit son ombre derrière lui
- Alors, tu vas te décider ?
Henry fronça des sourcils et se retourna pour voir un petit rictus en coin, sur les lèvres de son fils
- Me décider pour quoi ?
- Pour sortir avec Jo ! Les dernières affaires vous ont pas mal rapprochés et tu ne pourras pas dire le contraire.
Henry le regarda de travers
- Tu vas arrêter de te prendre pour une diseuse de bonne aventure ?
Abe haussa les épaules
- Je suis sûr que si tu allais en voir une, elle te dirait que tu es un idiot et que tu ferais mieux d'agir avant de perdre la gamine. Moi je dis ça, je dis rien.
Henry dépassa son fils pour aller déposer sa tasse dans la cuisine. Abe adorait embêter son père. Il allait continuer jusqu'à ce que le couple se décide enfin à se remuer.
- Si tu crois que c'est si facile que ça – bougonna Henry, en revenant
- Personne n'a dit que ça l'était ! Mais toi et Jo, vous vous dévorez constamment du regard. Vous allez finir par mettre le feu à chaque endroit où vous allez, donc franchement, Pops, tu ne risques rien à lui demander.
Henry fit tourner sa langue dans sa bouche. Il exposa alors son idée.
- Je ne sais pas ce qu'on fait cette année pour Noël, mais Thanksgiving n'est pas loin. Je pensais à demander à Jo ce qu'elle faisait pour l'inviter avec nous et éventuellement Lucas.
Abe haussa un sourcil
- Tu veux vraiment inviter Lucas ? Alors que tu aurais l'occasion de passer la soirée seul avec Jo ?
Henry haussa un sourcil
- Comment ça seul ? Il me semble qu'on a toujours fêté Thanksgiving ensemble, non ?
Abe le regarda longuement et se mordilla fortement la lèvre. Henry sentit que quelque chose n'allait pas.
- Euh… Je ne savais pas trop comment te le dire, mais… À vrai dire, j'ai des plans pour Thanksgiving.
Henry resta de marbre
- Oh ! – ce fut tout ce qu'il put dire, pour cacher sa déception
Abe haussa les épaules
- Je suis juif, n'oublie pas. Mais je sais qu'on a toujours fêté ceci entre nous deux, pour rendre hommage à Abigail mais euh récemment, je… - il bégaya, incapable de trouver ses mots. Henry fit un petit sourire.
- Il y a une femme là-dessous, n'est-ce pas ?
Abe acquiesça lentement
- Comme tu le sais, l'année dernière j'ai repris contact avec Fawn et elle… C'est elle qui m'a proposé. Pour Noël, elle sera avec ses petits-enfants et toute sa famille, mais pour Thanksgiving, elle sera seule, c'est sa propre volonté. Elle et Lyle le fêtaient ensemble alors elle... Elle m'a…
- Elle t'a demandé de lui tenir compagnie – Henry acheva pour elle
Abe hocha la tête, comme un enfant pris en faute. Henry sut qu'il ne pouvait en vouloir à son fils. Il avait bien le droit de faire ce qu'il voulait et de profiter de cette vie qui lui restait. Il s'approcha de lui et lui donna une rapide étreinte.
- Eh bien, je suis content que tu aies trouvé quelqu'un avec qui ça pourrait marcher. Vas-y, je me débrouillerais ici.
Abe le regarda
- Tu es sûr ? Je ne veux pas que tu me fasses une crise existentielle et au beau milieu de la soirée, tu m'appelles parce que tu as envie de faire trempette ?
Henry se rappela lors justement de l'affaire Vicky Hulquist, il s'était fait renverser par un camion, parce qu'il était un idiot et de ce fait il avait interrompu Abe en plein milieu de son rendez-vous alors qu'il préparait sa banane flambée… Henry était presque certain que c'était une métaphore pour le sexe et s'était presque senti mal de l'avoir dérangé.
L'immortel se disait que la vengeance d'Abe avait dû être son timing lorsque Jo tentait de lui dire la raison pour laquelle elle n'était pas partie à Paris.
Henry leva les bras en signe de soumission
- Je te le promets, pas de mission suicidaire le soir de Thanksgiving !
- Tant mieux ! Mais si tu veux, je peux demander à Fawn si tu peux venir, je…
Henry gesticula
- Absolument pas Abraham ! Et que je fasse quoi ? Que je tienne la chandelle ? Non merci.
Abe fronça des sourcils
- Pour ta gouverne, c'est exactement ce que je fais en permanence entre toi et Jo et je m'en plains pas…
Henry ne trouva rien à y répondre parce qu'il savait que c'était la vérité. Mais tout le monde jouait la bougie entre eux, donc il ne voyait pas réellement la différence.
- Quoi qu'il en soit – reprit Henry, pour changer de sujet – tu peux aller avec Fawn. Mais tu es là pour Noël j'espère ? Je sais que tu es juif, mais bon quand même.
Abe lui répondit sarcastiquement
- Je n'ai jamais fêté Hanoukka non plus donc oui je serais là. Mais profites de demander à Jo si elle est libre pour Thanksgiving et je ne veux pas être méchant, mais garde Lucas pour Noël si besoin, parce que pour une fois que tu peux avoir l'occasion d'être seul avec Jo…
Henry soupira
- Ça ne fait pas très gentleman de laisser un ami seul.
Abe n'insista pas
- Fais comme tu veux, mais moi je dis ça pour le bien du gamin. Il adore vous voir ensemble, mais à mon avis, il va vite se sentir peu confortable entre vous deux.
Henry allait répondre, mais comme très souvent, ce fut le téléphone de la boutique qui les interrompit. Abe fit un sourire carnassier.
- Quand on parle du loup !
Henry attrapa le combiné
- Bonjour détective !
Jo ne prenait plus attention au fait qu'il savait déjà que c'était elle. C'était souvent l'heure habituelle à laquelle elle l'appelait.
- Hey salut ! Je suis déjà sur une scène de crime parce que quand on m'a appelé j'étais déjà en chemin pour le poste. À l'Ambassador Theatre, sur Times Square.
Henry haussa un sourcil
- Un théâtre ?
- Oui… Tu verras par toi-même… C'est spécial…
La jeune femme était aux prises avec des hommes peu habillés qui lui faisaient des petits sourires. Elle tentait le tout pour ne pas rester dans leurs pattes.
- Mais faites-moi de l'air !
Henry se demandait bien ce qui se passait. Il se pinça les lèvres, pour s'empêcher de rire.
- Bref ! Dépêche-toi d'arriver, on aurait bien besoin de ton expertise.
- Je suis en route !
Il raccrocha et regarda Abe qui le fixait sans cligner des yeux
- Qu'est-ce qui se passe ? Je t'ai entendu mentionner l'Ambassador Theatre.
- C'est exact. Il y a eu un meurtre là-bas.
- Oh ! Eh bien, j'espère que ce n'est pas pour la pièce qu'ils font en ce moment…
Henry qui n'était pas au courant des nouveautés, pourtant il adorait le théâtre, mais évidemment pas le moderne, demanda
- Et qu'est ce qu'ils font ?
- Les Gladiateurs – ce fut la réponse qu'il eut par Hanson, lorsqu'il arriva à la scène de crime où une troupe de personnes habillée comme dans la Rome Antique, donc à moitié déshabillée, était regroupée et se faisait interdire l'accès au corps qui était banalisé par les banderoles jaunes.
Henry fut surpris que quelqu'un ait même eu l'idée de faire une comédie musicale dessus. Il n'y avait vraiment rien de marrant là dans, mais bon, n'importe quoi pouvait être tourné en comédie à leur époque. Enfin, pour une fois, il pouvait dire que c'était une ère qu'il n'avait pas connue… Certainement qu'Adam avait eu plus de chance que lui sur ce coup-ci.
Jo les rejoignit, en passant sous les banderoles et fuyant des yeux cet homme bodybuildé qui n'arrêtait pas de la fixer avec des regards pervers, depuis qu'elle était rentrée dans le théâtre.
En la voyant, le cœur d'Henry se mit à battre tel un tambour.
- Ah ! te voilà ! Contente de te voir ! Ces imbéciles n'arrêtent pas de me mater depuis tout à l'heure.
Henry se retourna pour voir une dizaine d'hommes, qui portaient un ceinturon et étaient torses nus, faisant des yeux de merlan frit à la jeune femme. Il secoua la tête. Ils n'étaient pas capables de se tenir devant la gent féminine.
Elle conduit Henry jusqu'au corps. Il s'agissait d'une jeune femme, habillée comme à l'époque des Romains, une simple toge nouée autour de son corps. Jo lui lut les informations qu'on venait de lui transmettre.
- Tammy Lightwood. 28 ans, elle était étudiante en théâtre à Julliard depuis cinq ans. Elle avait déjà une licence et elle était sur le point d'avoir son master. Elle a été recrutée dans la troupe du spectacle des gladiateurs il y a six mois. Son rôle n'était que secondaire, elle y jouait une servante que tout le monde désirait, mais elle n'était pas le centre de l'attention de la pièce. Le producteur du show, qui discute là-bas avec nos collègues l'a trouvé ce matin en ouvrant le théâtre et il a du mal à ne pas vomir en essayant de nous raconter ce qui s'était passé et comment elle a pu se retrouver là.
Henry se pencha devant le corps de la jeune femme, qui avait une énorme tache rouge au beau milieu de sa robe blanche.
- J'estime la mort aux environs de 2h du matin.
Il remonta légèrement la robe et Hanson se permit un commentaire
- Mais enfin doc, on ne remonte pas les vêtements d'une femme comme ça.
Sa blague apparemment ne fit rire que lui, au regard que Jo et Henry lui lancèrent.
- Je vais vous offrir un sens de l'humour, pour Noël.
Jo l'ignora et demanda donc à Henry qui était également bien trop sérieux pour prendre en compte les remarques d'Hanson.
- Alors ? Qu'est-ce que tu en penses ?
- Comme je le disais, morte hier soir vers 2h… Et elle a été poignardée… Avec une épée.
Jo et Hanson le regardèrent d'un air dubitatif
- C'est une blague ? – demanda Hanson.
Henry se leva et se frotta les mains l'une contre l'autre
- Est-ce que j'ai l'air de plaisanter à votre avis ?
Hanson avait du mal à savoir si oui ou non c'était une question légitime. Jo regarda son collègue d'un air sarcastique.
- Tu sais bien qu'il ne plaisante pas ! En plus, l'année dernière le chauffeur de taxi, tu ne te souviens pas ?
Hanson ne fit qu'un signe de tête et Henry aurait tout de même préféré oublier ce moment. Il secoua la tête quand Jo lui demanda.
- Bon alors, tu vas nous expliquer ?
- Bien sûr ! À cause de l'ouverture de la blessure, ce n'est évidemment pas un couteau ni un poignard, ni rien de tout ça.
Il regarda tout autour d'eux et marcha un peu dans le théâtre sous le regard éberlué du producteur qui était complètement à l'ouest.
Jo le suivit et Hanson resta sur place. Il tourna un peu dans les coulisses et regarda les boîtes de décor. Jusqu'à présent, il s'agissait de fausses épées et autres en plastique.
Puis en se retournant et trouvant un panier à linge avec les costumes, il trouva la véritable arme du crime.
- Jo ! Passe-moi tes gants s'il te plaît.
Elle s'exécuta et il retira une épée de la taille d'un bras et parfaitement clean. La personne qui avait tué Tammy avait dû faire tout le nettoyage nécessaire avant de glisser l'épée parmi les costumes, en toute innocence.
- Voilà notre arme du crime.
Jo resta bouche bée
- Mais c'est une épée...
- …Romaine ! Un gladius ou plus connu sous le nom de glaive, dans la modernité. Ce fut les épées qui étaient utilisées lors des vrais combats de gladiateurs.
Jo la fixa et essaya de comprendre
- Mais comment elle a pu se retrouver là ?
- C'est une très bonne question que je pense qu'il faudra poser à monsieur le producteur de Broadway.
Jo et Henry le regardèrent et il sut qu'il avait des ennuis.
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- Pourquoi est-ce que j'aurais tué Tammy ? – demanda le producteur, quand ils l'avaient embarqué dans la salle d'interview
Jo et Hanson se chargeaient de l'interrogation, mais Henry était à la morgue en train de faire son autopsie, avec l'aide de Lucas.
Le producteur avait été le premier suspect, mais niait toute accusation depuis qu'il était arrivé.
- On ne sait pas – reprit Hanson – peut-être avez-vous une raison particulière ?
L'homme le regarda comme s'il avait perdu l'esprit
- J'ai aucune raison de me débarrasser de mes acteurs, franchement c'est n'importe quoi. En plus, ce n'est pas comme si Tammy tenait un grand rôle, juste une servante désirée, rien de plus.
Jo souffla
- Monsieur Hollow ! Aidez-nous un peu ! Pourquoi possédez-vous une véritable épée dans ce cas là ? Est-ce que cela faisait partie du décor pour votre comédie ?
- Bien sûr que non ! Tous les costumes ont été faits sur mesure ! Je vous avoue que je n'ai jamais vu cette épée de ma vie. Je ne savais même pas qu'il en existait encore des vraies, je pensais même que c'était une légende.
Jo et Hanson allaient répondre quand comme d'habitude, ce fut Henry qui cette fois ne prit pas la peine de débarquer dans la salle arrière et cogner sur la vitre, mais directement dans la salle d'interrogation, en tenant l'épée
- Elle a été dérobée – cria-t-il tout excité
Hanson faillit tomber de sa chaise et Jo le regarda d'un air indifférent. Le petit producteur fut surpris de son intervention, mais un petit sourire se dessina sur ses lèvres.
Jo se leva pour parler à son collègue, étant le parfait show pour les deux autres.
- Ce mec va finir par me faire faire dans mon pantalon – grogna Hanson
Jo murmura à Henry
- Bon alors quoi ? Qu'est-ce qui a été dérobé ?
- L'épée ! Elle vient d'un musée, dont d'après ce que Lucas, un report de cambriolage a été fait il y a quelques mois, mais personne n'a jamais réussi à remettre la main sur le voleur, ni sur l'épée.
Hanson se gratta la tête et leva la main.
- Est-ce qu'on sait c'est quel musée ?
- Aucune idée ! Lucas est en train de faire des recherches et de contacter les musées de la ville, en espérant qu'ils soient honnêtes avec nous.
Jo se retourna alors vers monsieur Hollow, en croisant des bras
- Eh bien, il semblerait qu'effectivement vous ne soyez pas responsable, mais il est évident que quelqu'un dans votre troupe l'est. Et il va falloir découvrir qui et au plus vite.
Henry se mordilla la lèvre
- Ça ne risque pas d'être facile ! Évidemment, il n'y a aucune empreinte sur l'épée, trop bien nettoyée. Certaines personnes savent ce qu'elles font. Je n'ai rien de plus concernant Tammy, la cause de la mort est bien, poignardée à l'abdomen. Maintenant, trouver qui a pu tuer cette pauvre jeune fille, c'est un peu chercher une aiguille dans une botte de foin vu le nombre de personnes dans la troupe.
- Et que chacun a été confirmé être là juste depuis ce matin – acheva Jo
Ils semblèrent réfléchir à une solution et Hanson jura voir une lumière au-dessus de la tête du producteur. Deux personnes étaient mal et il était bien content de ne pas être l'un d'eux.
- Bon ! Vous êtes libre ! Vous n'avez rien fait de mal, pour le moment – lui affirma Hanson.
Hollow sortit en trottant comme un petit garçon. Jo et Henry le suivirent et le raccompagnèrent jusqu'à l'ascenseur et avant qu'il y rentre, il se retourna et les regarda tour à tour.
- J'ai pensé à quelque chose ! Qui pourrait vraiment vous aider dans votre enquête.
Jo et Henry se regardèrent et n'étaient pas sûrs qu'ils sentaient ce qui allait être dit
- Dites toujours – répondit Jo sur le ton le plus méfiant qu'elle trouva
L'homme tout content leur fit part de sa pensée
- Avec le décès de Tammy, cela fait qu'il me manque deux personnes à la troupe… Ça fait quelque temps que je cherche désespérément à remplacer le partenaire de Tammy qui est en convalescence depuis qu'il a eu un accident, mais je n'arrive à rien. Je me disais comme…
Jo et Henry sentaient l'idée stupide arriver à plein nez et ils n'étaient pas sûrs d'approuver.
- Comme vous enquêtez maintenant sur un meurtre, peut-être que si vous vous émergez directement parmi nous, vous arriverez à trouver qui est le responsable ? Qu'est-ce que vous en dites ?
- C'est-à-dire travailler sous couverture ? - s'assura Jo
Hollow secoua vivement la tête
- Ce n'est qu'une suggestion, mais je serais tellement ravi d'avoir deux personnes supplémentaires et de plus qui pourraient m'aider à protéger la troupe d'un autre drame… Le temps qu'ils finissent leur affaire ?
Henry se pinça les lèvres à voir la tête de Jo. Elle voulut protester, mais il chercha plus d'infos.
- Mais votre troupe nous a déjà vus – dis le légiste
- Non pas tout le monde ! Ceux qui vous ont déjà vu, je vais leur demander de se taire et de ne rien dire sur le fait que vous êtes flics ! S'ils parlent, ils vont être virés, tout simplement.
Hollow venait de dire ça avec un ton si simple, qu'on pouvait penser qu'il en avait grandement l'habitude.
Jo et Henry se disaient qu'il avait au moins des arguments. Mais bon, c'était toujours mieux que de tuer quelqu'un pour trois fois rien.
Jo se mordilla la lèvre
- Euh, on va y réfléchir… On vous recontactera.
Hollow hocha la tête
- Ne tardez pas trop ! Porter des costumes moulants et peu habillés est le rêve de tout le monde.
Il haussa un sourcil entendu et la porte de l'ascenseur se referma sur le couple, les laissant pantois.
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- Donc si je comprends bien ! On vous veut tous les deux dans une comédie musicale, pour que vous puissiez résoudre votre affaire ?
Ce fut les mots que Gates prononça, quand Jo et Henry étaient revenus sur leurs pas pour leur faire part de l'idée d'Hollow.
- En gros, c'est ça – répondit Jo, le visage rouge… Il fallait dire que l'idée de voir Henry à demi nu, ne lui déplaisait guère.
Gates passa son regard de l'un à l'autre, en espérant qu'elle pouvait deviner ce à quoi ils pensaient. Mais cette façon de regarder leurs pieds lui en disait long. Peut-être qu'elle devrait les laisser faire… Juste pour la science.
Elle soupira et fit le tour de son bureau pour s'appuyer dessus
- Et vous deux, qu'est-ce que vous en pensez ?
La question les prit au dépourvu et ils se regardèrent comme s'il fallait qu'ils réfléchissent à une réponse ensemble.
Jo balbutia un semblant de phrase
- Euh eh bien, on n'a pas encore... Vraiment
Henry acheva
- Réfléchis à la question… Ni l'un ni l'autre n'avons vraiment l'expérience nécessaire pour ce genre de mission.
Jo hocha la tête. Gates haussa un sourcil et ils se sentirent tellement mis à nu, qu'ils ravalèrent rapidement leur fierté.
Gates fit un petit sourire mesquin
- Eh bien si vous n'arrivez pas à vous décider… Je vais le faire pour vous ! Vous devriez le faire. En fait, vous allez le faire ! Ce n'est même pas une option. Si c'est là le seul moyen qu'on a de retrouver qui a fait ça et que vous – en pointant Henry – vous êtes certain que cela vient de quelqu'un de la troupe, alors il faut tenter de savoir qui a la meilleure tête de coupable, tout en cherchant quels étaient leurs rapports avec la défunte.
Jo et Henry restèrent sans voix et se demandaient comment ils allaient se sortir de ce pas. Mais évidemment, il semblait qu'ils n'avaient même pas le choix.
- Alors ? – s'impatienta Gates
- Oui oui ! – dirent-ils en même temps, mais à deux doigts de s'étrangler.
Gates fut bien ravie de sa petite manœuvre
- Parfait ! Allez ouste ! Hâte de voir vos costumes mes loulous.
Elle leur tourna le dos, mais ne lâcha pas son sourire pour autant. Jo et Henry se regardèrent, en quittant la pièce. Comment arrivaient-ils toujours à se retrouver dans de telles situations ?
Author's note: Alors je vous préviens cette affaire va être euphorique et va être plus light par rapport à tout ce que vous avez pu lire jusqu'à présent, parce qu'il faut bien un peu de détente dans ce monde de brutes. Je pense que vous allez bien rigoler tout le long, tout du moins je l'espère. Moi j'ai vraiment pris beaucoup de plaisir à l'écrire alors j'espère que ça vous divertira de même.
PS: et je ne poste pas autant parce que je ne reçois pas bcp de feedback aussi (alors certes ça m'importe un peu parce que vu le nombre de lectures, ça se lit pas tout seul.. Mais je ne peux pas vraiment savoir ce que vous pensez si une fois de temps en temps on me laisse pas un feedback donc oui, possible que ça me motive moins...
