Me revoilà !
Bon sang, le monde est fou en ce moment, où c'est moi ? Et par en ce moment je veux dire là, aujourd'hui, mercredi 4, parce que c'était cinglé du début à la fin. Entre les clients qui sont enragés ou alors complètement à l'ouest (genre, l'un d'eux nous confie son dossier, et trois jours avant la signature, nous dit qu'il a un autre notaire… Sauf que selon le règlement inter-cours des notaires, c'est donc c'est autre notaire qui doit rédiger l'acte ! Des heures de boulot pour rien !)… Les pannes informatiques, le logiciel iNot qui plante… Les catastrophes qui s'abattent sur mes collègues… J'en ai une qui a une pancréatite hier, qui est opérée ce soir, et l'autre qui vient de perdre un membre de sa famille ce midi. Cette journée essayait de nous broyer comme un rouleau compresseur.
Enfin bref. Argh. La semaine prochaine je suis en vacances.
Du coup, petit annonce ! La semaine prochaine, ou plutôt mercredi prochain, je ne pourrais sans doute pas publier de chapitre.
J'essaierai de me connecter depuis mon téléphone pour répondre aux MP si besoins, et ceux qui sont sur le Disocrd ou sur fb savent que je reste là, mais voilà. Y aura pas de chapitre la semaine prochaine, mais ça ne veut pas dire que j'ai déserté ! xD
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Bref.
Passons à présent aux réponses aux reviews !
Première à commenter Isy ! Ah ah ouais, je vois Hiashi comme une enflure x) Mais oui, tu es pardonnée d'avoir loupé le chap' précédent ! ET bien sûr, tu sera Bêta du tome 2, si tu l'accepte x) Tu n'en as pas encore marre de mes SI à la noix ? xD 'fin bref. J'aurais ben besoin d'un chaton (ou même trois =p) pour me consoler avec cette histoire de boulot et de patronne... Tu peux me faire une location ? xD Je rigole ! Je te laisse tes chatons. Le mien serait jaloux xD A la prochaine !
Yo Sleepy Cocombre ! Ouiiii va lire Polydipsie, c'est cinglé et délirant xD Sinon en effet, Tsunami agi avec réticence et ça lui brise le coeur... Mais elle est quand même prête à sacrifier Shisui. Ses regrets ont-ils une importance, comparé à la finalité de son action ? Au final, le résultat est le même : elle laisse mourir un ami...
Bienvenue à bord SeereSakura ! Tu es plus HP que Naruto mais tu préfère Tsunami ? Uh uh uh, tu ne serais pas une Serpentard par hasard ? x) Bref ! Contente que ça te plaise ! Et oui le massacre se rapproche, et le piège se referme. Tsunami va devoir prendre de plus en plus de décisions difficiles...
Bien vu Lord Feunoyr, c'est assez perspicace de ta part ! En effet Tsunami veut que le sacrifice de Shisui soit le DERNIER, que plus jamais une chose pareille n'ait à se reproduire, et donc que Danzo soit mort. Alors que les Hyuga, en sacrifiant Hizashi, n'ont fait que reculer pour mieux sauter. Après tout, ils avaient d'autres membres de la Bunke à sacrifier, ils ne se sentaient pas réellement en danger... Il y a une facette beaucoup plus féroce et désespérée dans l'action de Tsunami. Enfin bref ! T'inquiète, Sasuke et Naruto seront rivaux. Mais je veux qu'ils se développent de façon plus indépendante. Honnêtement, chacun mérite mieux que ce que l'autre lui offre dans le canon. Sasuke mérite une équipe plus stable et des gens plus intuitifs (pour l'ancrer à Konoha), et Naruto mérite une équipe plus ouverte avec des coéquipiers moins abrasifs (pour qu'il s'ouvre davantage aux gens). Cela dit, vu les identités de leurs sensei respectifs, leurs chemins vont très vite se croiser... Et ne jamais se séparer xD
Yo Gladoo89 ! Yep, Tsunami est une pure Serpentard en ce sens x) Elle n'entreprend pas d'action futiles qui lui feraient perdre du temps. Si se faire des amis étaientc ontre-productif, elle n'y aurait pas accordé une seule pensée. Cela dit, ce n'est pas parce que se faire des amis est utile qu'elle n'a pas développé des liens sincères avec eux ! Tsunami est une Uchiha, elle s'attache intensément à ses proches...
Bienvenue dans l'aventure Vindixta ! Ah ah, contente que ça te plaise =) En effet, Tsunami a vraiment le coeur d'une Uchiha x) Elle est intense, violente, égoïste et passionnée, et elle ne le nie pas ! Vraiment, elle aurait eu sa place au sein du clan. Dommage qu'elle s'en soit détournée si jeune...
Ah ah, hello Ary Schweizer ! Shisui et Neji, yep, tu es gâté xDDD Yep, plus la date du massacre s'approche et plus Tsunami s'angoisse et regrette le chemin qu'elle a pris, mais elle ne s'en détournera pas pour autant. C'est une facette importante de sa personnalité : cette détermination implacable. Pour ce qui est de sa nomination au rang de Jounin : le manga n'est pas très clair sur ce qui est demandé. On sait que Kakashi passe un examen (dans le canon), mais Neji passe directement de Genin à Jounin après son examen Chuunin, et il est sous-entendu qu'on peut gagner cette promotion sur le terrain, donc... ?! Aucune idée. J'invente. J'avoue que j'avais surtout un gros manque d'inspi pour faire un examen Jounin logique, et que ça aurait juste cassé le rythme de la narration x)
Hello Steph ! Donc pour toi, l'affaire Hyuga est similaire au choix de Tsunami parce que dans les deux cas, c'est une décision faire rationnellement pour éliminer un danger qu'on ne pouvait pas affronter de front (Kumo pour les Hyuga, Danzo pour Tsunami). Hum, ça se tient. Je vois ton point de vue, en tous les cas x) Et oui, il y a bien une grosse similitude dans les deux situations x) Mais oui, tu comprend pourquoi Tsunami s'en rend malade... Ce n'est pas un choix facile à faire ! Enfin bref. J'espère que ce chapitre va te surprendre, du coup, vu que tu anticipe que ça parte en sucette ! x)
Mon dieu Yuedra cette review immense x) Tu as raison sur un point, même si Tsunami en voudra à Itachi (et lui en veut déjà, d'une certaine façon) pour le massacre, elle ne parvient pas à le haïr. Pour elle, il restera toujours le gamin qui avait un béguin ridicule pour sa petite sœur x) Bref ! Oui, pour moi le massacre était sans doute un moment de transe pour Itachi dans le canon : après des MOIS de tension accumulée, d'un coup tout redevenait simple, logique, libérateur. Il suffisait de faire ce qu'il savait faire le mieux : tuer. J'ai écrit un bonus sur Itachi que tu vas beaucoup aimer je pense, et où je creuse ça en détailx) BREF ! Sinon ouais, Tsunami et Itachi ont une base assez "féline" dans leur taijutsu, mais Tsunami est deux fois plus sauvage qu'Itachi, et a tendance à rentrer dans le lard de l'adversaire là où Itachi danserait hors de sa portée. Même si elle est agile est gracieuse, au taijutsu Tsunami a toujours été violente xD Et puis... La fameuse technique avec les corbeaux ! Spoilers : oui, elle est adaptable à d'autres animaux. Mais Tsunami ne va pas vraiment exploiter ça : les corbeaux lui vont très bien, c'ets un rappel de Shisui. Quant à la raison pour laquelle Shisui partage cette technique... C'est un peu un miroir des regrets de Tsunami. Lui aussi sait que leur temps est compté. Il veut que, même si le clan fait son coup et que leur mémoire (et sa mémoire à lui, Shisui, qui se refuse à choisir) soit salie à jamais, qu'au moins Tsunami se souvienne de lui comme d'un ami, quelqu'un de confiance. Il veut qu'une part de lui-même reste avec Tsunami. Même chose vis à vise d'Itachi, d'ailleurs : il veut rester à leur côté et les protéger, et il sait que ça sera bientôt impossible. BREF ! Ouais j'ai pensé au col de Yamato en décrivant les vêtements de Tsunami x) Mais pas de fanart, désolé ! Je sais faire que des bonhommes-bâtons moi aussi x) Hum, quoi d'autre... Yugao finira bien avec Hayate (spoilers ?), Anko a toujours été fan de poisons (élève d'Orochimaru, quoi xD), Amaya est bien une OC et elle est une lointaine cousine de Choji Akimichi, et Kumadori a tout compris à la vie xDDD En effet, Neji a inconsciemment absorbé la mentalité des enfants de clans, qui n'envisagent même pas de sortir du moule conçu pour eux. Sauf que comme Tsunami n'a jamais intégré cette mentalité, bah elle fait vaciller cette idées intériorisée en à peine deux remarques désinvoltes x) Sur un gamin très attaché à son clan et ses traditions, ça ne ferait rien. Mais comme Neji déteste les Hyuga... Y a du potentiel x) BREF ! Concernant Shisui et le sceau du phénix en cage... En effet, l'atmosphère du village ne rassure pas les Uchiha quant à la sécurité de leurs yeux. Konoha aime le Sharingan mais n'aime pas les Uchiha, ça fait un peu froid dans le dos, mais c'ets vrai. Et pour Danzo... Mwahaha. Sérieusement. Tu pense que ce gars est du genre à former un héritier ? Ou à laisser vivre quiconque qui a une prédispotion pour prendre sa place ? Nope, si Danzo meurt, toute la Racine s'écroule. Mais imagine le BORDEL MONSTRE que ça serai. La force principale de contre-espionnage de Konoha ? Disparue. Les assassinats discrets d'espions ? Disparus. La surveillance d'Orochimaru, l'exportation de sa science ? Hop, envolée. Les meurtres anonymes de futures menaces à Konoha ? Envolés. Oui, Danzo est un personnage épouvantable, mais il était aussi une force incroyable pour Konoha : la mort silencieuse de leurs ennemis avant même qu'ils ne deviennent dangereux. Et sans ça... Dans un an, deux, quatre, cinq... Au début du canon... Dans quel état sera le monde ? AH AH AH. Voilà. A méditer xD
Salut Geme1 ! Oui, Itachi est dans une mauvaise position. Sérieusement, depuis le DEBUT il était condamné à une histoire tragique. Son talent, sa famille, sa position d'héritier... Mais aussi sa personnalité solennelle et contemplative. Il a tendance à intérioriser les choses, et c'est une très mauvaise idée quand on subit autant de pression. Bref ! Contente que l'histoire te plaise toujours x) J'espère que tu vas trouver ce chapitre intéressant ! Il y aura une surprise ! =)
Coucou liamireldib-b! Eh oui, les bonnes choses ne peuvent pas durer... La Team Shisui va disparaître. Sinon, pour ce qui est de la différence de situation entre les Hyuga et Tsunami : tu es la première à voir juste, chapeau ! En effet, c'est une affaire d'échelle (et de circonstances). Ah ah, contente que le côté calculateur de Tsunami te plaise x) Franchement parfois c'ets un PLAISIR d'écrire ce qu'elle pense, elle peut être tellement froide et rationelle tout en étant passionnément impliquée dans quelque chose... En comparaison, Elisa était molle et fragile x) Tsunami, elle, elle a du punch !xD
Yo Shinlya ! Je ne peux pas te faire changer d'avis, vraiment ? xD Dommage ! Tobirama reste mon Hokage préféré, cela dit x) Sinon... Comment ça, t'es déçue que ça ne soit pas le massacre ? xD Non mais je rêve, t'es une sanguinaire en fait ! Sinon ouais, la tête qu'aurait fait Tsunami si Shisui l'avait mis au pied du mur au sujet de son Dôjutsu aurait été drôle à voir. Mais il faut savoir que Shisui n'est pas à 100% sûr que Tsunami ai le Sharingan ! Il est sûr aux trois quarts, mais il y a toujours un gros doute, parce que... Il ne l'ajamais vu, ni même entendu parler de son utilisation. Et j'aime beaucoup la façon dont tu résumes la différence de situation entre Tsunami et les Hyuga... Elle profite de sa mort pour atteindre son but là où les Huyga provoquent la mort d'un des leurs pour leurs profits. Bien vu.
Tout à fait Eliie Evans, tu as saisi la différence qu'il y a (du moins pour moi) entre la situation des Hyuga et celle de Tsunami. Action active ou passive, certes, mais surtout : la situation, l'échelle, la capacité que chacun a d'influencer ou non les évènements. Je n'avais pas pensé à définir ça avec des principes de philo mais effectivement, Tsunami est utilitariste plutôt que kantienne... A l'inverse d'Elisa, pour qui la fin ne justifie pas les moyens (au contraire, les moyens sont ce qui légitimement ou non la fin recherchée). Tsunami vit dans un monde plus violent et n'a donc pas le luxe de s'embarrasser de grands principes...
Yo Zarakaiy ! Mwahaha, le tome 2 avance à une allure d'escargot. Je n'arrête pas de changer d'idée. Je pense que les quatre ou cinq premiers chapitres vont juste être du "posage de décor" et que l'action va devoir attendre, tellement j'ai de trucs à dire. Bon, le posage de décor inclu quand même une course-poursuite et plusieurs dialogue hilarants, donc on ne va pas s'ennuyer, mais bon. JE VEUX ECRIRE DE L'ACTION !
Salut Sam est classe =) Ce flash-back avec le sceau d'Itachi ne me dit vraiment rien du tout... Et pourtant j'ai regardé TOUT shippuden... Ca vient peut-être d'un film ? Je ne sais pas. Bref ! En tous les cas, non, ne compte pas sur Itachi pour épargner les innocents. Même s'il a une bonne raison de le faire ! Il n'a pas l'autonome pour y songer. Tuer le clan, c'est tuer le clan. Oui, c'est triste de tuer les enfants aussi, mais c'est un fait incontournable : Itachi ne penserait pas davantage à chercher des failles dans un ordre qu'à chercher des failles dans le fonctionnement de la gravité. Il manque trop gravement d'initiative... Et c'est pour ça qu'il est le pantin parfait pur Danzo.
Coucou Redheadead ! Une review juste à temps pour la réponse x) Contente que tu trouve ça cool que Tsunami apprenne le Jutsu des corbeaux de Shisui ! Je l'ai toujours trouvé badass, ce truc x) Enfin bref ! Ouais, Shisui est très attaché au village, au point de volontairement épargner Danzo même si celui-ci lui voler ses yeux et décide de massacrer son clan, juste parce que Danzo est utile à Konoha. D'où le danger qu'il DISE à Danzo que le Sceau du Phénix en cage existe... Mais passons. Bah il va falloir te préparer psychologiquement à la suite parce que ça arrive, le cours du destin s'accèlère, dans quelques chapitres on y est ! xD Accroche toi !
Je meurs Leen Hogwarts, tu as un faible pour les perso qui crèvent dans le canon ? Tu parles d'un côté masochiste ! xD Mais oui, en effet, c'était quasi-sûr que Tsunami donnerai le sceau du phénix en cage à Shisui. Après tout, c'est lui qui lui en a donné la motivation, du moins à 50%. L'autre moitié de sa motivation, soyons honnête, ça vient de son traumatisme avec la mort d'Hiroki Hyuga x)
Ah, pas bête Aomine59 ! Contrairement aux autres Hokage qui sont vus comme des demi-dieux à cause de leurs exploits ou de leurs morts tragiques, le Sandaime est très humain. Mais dans ce cas là, pourquoi pas Tsunade ? Elle est très humaine et réaliste, elle aussi. Mais bon, le côté "papy bienveillant" du Sandaime doit aussi jouer x)
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Wow, vous avez été super nombreux j'ai l'impression ! Contente que le chap' vous ait plu ! Et je pense que la question sur la différence entre Tsunami et les Hyuga vous a plu, aussi, parce que vous étiez tous très investis dans les réponses…
D'ailleurs, voici la mienne, de réponse !
Pour moi la différence est une différence d'échelle. Certains d'entre vous ont soulevé la moralité de la chose (les Hyuga trouvent ça normal de buter Hizashi, alors que Tsunami en est malade de laisser Shisui mourir). D'autres ont mentionné l'autonomie de la décision (le fait que les Hyuga décident de tuer Hizashi, que c'est eux qui choisissent ce plan, alors qu'à l'inverse Tsunami se met en retrait, elle SAIT que sa mort est inévitable, elle fait juste en sorte qu'au moins ça ne soit pas inutile). D'autres encore ont (et, très justement d'ailleurs : bravo) noté que la finalité n'était pas la même : les Hyuga ont sauvé la face en évitant une guerre mais ont laissé Konoha en position de faiblesse, alors que Tsunami se sert de ce sacrifice pour détruire définitivement une menace. Et d'autres ont soulevé la liberté des différents acteurs : Tsunami offre juste un choix à Shisui, alors que les Hyuga auraient forcé Hizashi à mourir même s'il avait refusé. Tout est vrai !
Mais pour moi la différence fondamentale est une question d'échelle. Les Hyuga sont un clan puissant. Leur querelle avec Kumo impliquait tout le village de Konoha. Quelle que soit la voie qu'ils choisissaient, ils y auraient entraîné le village : Konoha ne pouvait pas s'en laver les mains. Donc si les Hyuga avaient décidé "fuck it, ce sera la guerre, on ne vous laissera pas nous cracher dessus comme ça", bah Konoha aurait dû suivre. Les Hyuga étaient soutenu. Ils avaient un choix.
A l'inverse, Tsunami est SEULE. Elle n'a pas le choix, elle accepte une décision qui est déjà prise. Sa décision à elle, c'est de tirer avantage d'une tragédie qui lui est imposée. Parce que... Dans cette hypothèse, elle est le clan Hyuga, et Konoha est Kumo, mais les Uchiha ne sont pas Konoha. Personne ne va la suivre, personne ne va la défendre. En gros, si Tsunami choisi de dire "fuck it, ce sera la guerre", elle se fait tuer, point final. Aucun clan, aucun village ne se soulèvera pour la défendre. Elle sera assassinée en silence par Danzo, et sa disparition sera discrètement classée comme "confidentiel" pour empêcher ses proches de creuser l'affaire.
Tout est une affaire d'échelle. Le clan Hyuga a sacrifié Hizashi pour désascalader une situation qui aurait pu mener à une guerre internationale, tant ils étaient puissant et que l'offense qui leur était faite pouvait avoir de terrible répercussions. Tsunami sait qu'elle n'a pas une position comparable. Elle est insignifiante face au flot du destin et si elle ne surfe pas sur la vague, elle sera broyée par le courant. Elle ne décide pas de sacrifier Shisui. Shisui est déjà condamné. Elle décide que ce sacrifice ne sera pas vain, elle décide de s'en faire une arme. C'est différent. Mais effectivement, en décidant ainsi, elle accepte aussi que ce sacrifice aura lieu, inévitablement.
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Enfin bref !
Wow, cette note de début de chapitre est très longue dis donc x) Je pense qu'il est temps de passer au plat principal… A savoir, le chapitre ! Pour rappel, il s'agit de la dernière mission de la Team Shisui. Et vous allez tous être surpris par qui apparait dans ce chapitre…
Enjoy !
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Une nouvelle responsabilité
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Bien sûr, le Sandaime ne leur dit pas que ça serait leur dernière mission, mais c'était implicite. C'était une mission de durée moyenne, allant de trois à cinq semaines. Vu que leur équipe devait être dissoute dans un mois environ, Tsunami doutait que l'Hokage leur assigne une autre mission après celle-là.
Bref. La Team Shisui fut envoyé en mission à la frontière avec le pays de l'Herbe. La Troisième Guerre Ninja était terminée depuis des années, mais les petits pays ne s'en étaient jamais vraiment remis, et le pays de l'Herbe oscillait à la limite de la guerre civile. Deux factions étaient actuellement à couteaux tirés, chacune conduisant des raids hors de leurs frontières afin d'obtenir un avantage sur l'autre en ramenant une prime, une arme, ou juste des informations utiles.
Dès le début, il devint évident que la mission allait durer un certain temps. Les incursions hors du pays de l'Herbe étaient constantes. A peine avaient-ils botté les fesses d'une équipe qu'une autre revenait à la charge. Si leurs ennemis tournaient les talons, ou pouvaient être vaincus sans trop de problèmes, la Team Shisui les laissait généralement vivre. Mais il était aussi assez fréquent qu'ils ne laissent pas de survivants. Tuer faisait partie du job. Ils étaient doués pour ça. Atsuo le timide pouvait broyer dix personnes d'un coup dans une crevasse, le doux Tokuma faisait exploser la cage thoracique d'un ennemi d'un seul coup du plat de la main, Shisui réduisait des hommes adultes en loques hurlantes de terreur d'un seul genjutsu (quand il ne les mettait pas en pièces à coup de tantô), et Tsunami pulvérisait des équipes entières avec des Jutsu destructeurs. Ils étaient une équipe dissuasive parce que leurs adversaires avaient réellement des sueurs froides à l'idée de leur faire face, pas parce qu'ils étaient impressionnants sur le papier.
Ils dégommèrent une équipe, puis une autre, puis encore une autre. Cela leur prit deux semaines. La quatrième équipe, ils la chassèrent jusqu'à l'intérieur du pays de l'Herbe. Par la suite, ils y restèrent, se cachant à la limite entre leurs deux pays pour appréhender les intrus plus rapidement. C'était plus simple d'un point de vue logistique, tout simplement parce que du côté du pays du Feu la zone était déserte, et que du côté du pays de l'Herbe il y avait quelques villages où ils pouvaient se fournir en armes et en nourriture. L'endroit était assez pauvre, et ça donnait mauvaise conscience à Tsunami de les détrousser comme ça, mais… Leur mission devait prendre le pas sur leurs sentiments.
La cinquième équipe à laquelle ils firent face leur donna plus de fil à retordre, tout simplement parce qu'elle comptait deux Jounins, et que l'un de leurs subalterne jeta un seul regard à Tokuma et cria :
– Byakugan !
Et tout le reste de son équipe fonça sur le Hyuga d'un air avide.
Ce fut une mêlée confuse. Suite à l'affaire Hyuga avec Kumo, où ils avaient obtenu la tête d'Hizashi Hyuga, quasiment tout le monde savait que le Byakugan des Hyuga (ou du moins, des membres de sa Bunke) disparaissait après leur mort. Mais les ninjas de Kusa avaient apparemment décidé que pour obtenir le fameux Dôjutsu malgré cela, il leur suffisait de capturer Tokuma vivant. L'un d'eux parvint à l'assommer, et s'enfuit immédiatement en direction de son village tandis que le reste de son équipe se sacrifiait pour tenter de retenir Shisu, Atsuo et Tsunami.
Tenter étant le mot-clef. Ce bâtard venait d'enlever leur partenaire. Cette fois, il n'était plus question de se retenir. La plaine fut soudain envahie par le rugissement du sol qui s'ouvre, le fracas de la foudre qui s'abat, et le chuintement létal de l'acier s'abattant sur la chair. Ils les massacrèrent, au mépris de leurs propres blessures… Puis ils se jetèrent à la poursuite du kidnappeur. Pas question d'abandonner un camarade. Pas question d'abandonner Tokuma, leur ami, aux mains de voleurs de kekkei genkai !
(Parfois Tsunami pensait avoir oublié Hiroki Hyuga, oublié sa mort, oublié son échec, oublié cette terrible sensation d'impuissance qui lui avait déchiré la poitrine en deux lorsqu'elle avait vu Ao se pencher sur son cadavre : mais soudain, elle se retrouva comme plongée dans le même cauchemar, en pire, dix fois pire, parce que cette fois c'était Tokuma, c'était son ami, elle ne pouvait pas le laisser se faire… !)
Aucun d'entre eux n'eut besoin de parler. Aucun d'entre eux ne mentionna que leur mission était de surveiller la frontière et qu'ils s'en éloignaient. Ils n'eurent même pas besoin de réfléchir. Ils prirent en chasse l'ennemi sans la moindre hésitation. Plus tard, quand elle y réfléchirait, Tsunami ne pourrait s'empêcher de se sentir fière d'eux. C'était ça, Konoha : cette volonté de ne jamais abandonner les siens, quel qu'en soit le prix.
L'ennemi était rapide. Ils durent s'enfoncer plus loin qu'ils ne l'auraient voulu sur le territoire de Kusa. Mais ils rattrapèrent le fuyard et Shisui, son Sharingan tournoyant furieusement, le poignarda en plein cœur. Tsunami réveilla Tokuma. Puis ils prirent la mesure de la situation (ils étaient loin en territoire ennemi, ils étaient blessés, ils étaient fatigués), et il fallut passer au plan B : se faire discret.
Tsunami n'avait quasiment jamais exécuté de mission d'infiltration, pas plus que Shisui, alors ce fut Atsuo qui prit les commandes. Ils se métamorphosèrent tous par Henge afin de prendre l'apparence de ninja de Kusa aux physiques passe-partout, et se planquèrent dans le plus proche village peuplé de civils. Il fallait s'occuper de leurs blessures. Tsunami ne connaissait que la Paume Mystique, et elle était fatiguée… S'ils voulaient repartir vite en direction de la frontière, il leur fallait un guérisseur compétent. Shisui et Atsuo interrogèrent quelques personnes, et finirent par revenir avec un certain soulagement : il y avait bien une guérisseuse qui vivait en bordure du village, à l'écart, et qui soignait les ninjas de passage.
– Je savais qu'il devait y avoir quelqu'un, déclara Atsuo tandis qu'ils se dirigeaient vers la maison en question. On n'est qu'à quelques kilomètres de Kusa, il doit y avoir pas mal de passage de ninjas dans le coin. Et à où il y a des ninjas, il y a des blessés.
Sous-entendu : c'était une zone fréquentée. Il fallait qu'ils en repartent aussi vite que possible. Elle hocha la tête et accéléra le pas.
La guérisseuse se trouvait devant chez elle, à étendre du linge. Lorsqu'elle vit les quatre ninjas arriver, elle se raidit, et baissa les yeux. Tout son langage corporel irradiait la peur et la résignation, et Tsunami se demanda soudain si cette aide qu'elle donnait aux ninjas de Kusa était volontaire. Elle n'était pas très vieille, sans doute plus jeune qu'Hazuki, mais ses traits tirés lui donnaient l'air prématurément vieillie. Elle avait les yeux violets, ce qui était sans doute son trait le plus frappant, et ses cheveux coupés au carré étaient d'un rouge flamboyant, mais le reste de son apparence était… terne. Vêtements bruns et gris, teint pâle, cernes profondes, comme si elle était en train de s'effacer peu à peu. Son chakra était intense et chaleureux, mais affaibli, comme si elle se remettait d'une grave blessure sans parvenir à guérir totalement.
– On a besoin d'un guérisseur, lâcha Shisui d'une voix bourrue qui allait bien avec son apparence d'un colosse aux cheveux bruns. C'est toi ?
– En effet, acquiesça la femme dans un murmure en s'inclinant légèrement. Je suis Ayaka. Suivez-moi.
L'intérieur de la maison était plus pauvre que le reste du village. Le sol était en terre battue, les murs en pierre nue. Il n'y avait qu'une seule pièce. Un paravent isolait un lit, au matelas percé et aux couvertures effilochées. Juste à côté, un enfant aux cheveux encore plus rouges que sa mère était assis, jouant avec une peluche de lapin : il, non, elle leva la tête à leur entrée, et se mit immédiatement debout d'un air alarmé en voyant des ninjas.
– Tu peux aller jouer dehors, Karin ? demanda Ayaka à voix basse.
La fillette acquiesça et quitta la maison, longea le mur et ne quittant pas un instant les ninjas des yeux, l'air effrayée. Tsunami resta immobile, figée par la surprise, jusqu'à ce qu'elle ait disparu à l'extérieur. Karin. Ces cheveux rouges… Est-ce que c'était une coïncidence ?
Shisui attendit que la porte se soit refermée, puis il laissa tomber son Henge. Les autres aussi. Il était difficile d'être soigné efficacement sous déguisement, après tout. Ayaka resta immobile, mais son visage devint d'une pâleur cadavérique.
– Nous ne vous voulons pas de mal, s'empressa de dire Tsunami (seule fille du groupe, elle était considérée comme la moins menaçante). Nous avons juste besoin de quelques soins et nous repartirons sans causer d'ennuis.
Le regard d'Ayaka passa de l'un à l'autre. Ils étaient blessés, oui, mais pas hors de combat. Ils étaient tout à fait capables de la tuer si elle essayait de profiter de leur état pour fuir ou pour les attaquer, et elle le savait.
– Je n'ai pas vraiment le choix, n'est-ce pas ? fit-elle avec résignation en retroussant sa manche.
Son bras était couvert de marques de morsures. Le visage de Tokuma devint indéchiffrable, mais ni Shisui ni Atsuo ne dissimulèrent leur expression révoltée. Lorsqu'Ayaka leur ordonna de mordre, ils eurent l'air horrifiés… Mais, un à un, ils s'exécutèrent. Même Tsunami.
Mordre Ayaka était… C'était comme d'aspirer une pilule du soldat, qui regonflait son chakra à bloc, tout en subissant la Paume Mythique de l'intérieur. Le corps de Tsunami se régénérait instantanément en métabolisant le chakra de la guérisseuse. La sensation était très agréable, mais ça n'empêcha pas la jeune fille de lâcher prise et de se reculer vivement dès qu'elle eut terminé. Honnêtement, ça lui donnait des frissons : c'était du vampirisme, c'était glauque, c'était comme une violation.
– J'ignorais que les Uzumaki pouvaient faire ça, lâcha-t-elle d'un ton dégagé pour dissimuler son malaise.
Shisui, Atsuo et Tokuma eurent l'air incrédule. Ayaka se figea comme un lapin dans les phares d'une voiture.
– Vous connaissez mon clan…
– Je suis une adepte du Fūinjutsu, déclara Tsunami en la scrutant. Et… Konoha a une longue histoire avec les Uzumaki. Notre Shodaime a épousé une princesse de ce clan. Durant mon enfance, il y avait une kunoichi Uzumaki qui vivait près de chez moi. Kushina-san. Je n'ai jamais oublié cette couleur de cheveux.
– Tsunami, fit Shisui d'un ton d'avertissement.
Mais Ayaka s'était redressée, l'air sous le choc.
– … Kushina-chan. Je me souviens d'elle. Nous étions dans la même classe à l'Académie, à Uzushio, avant qu'elle ne parte… Elle est allée à Konoha ?!
Il y eut un court silence.
– Alors c'est vrai ? lâcha Atsuo en ignorant leur capitaine. Vous êtes une Uzumaki ? Je pensais qu'ils avaient tous…
Il s'empourpra et se tut brusquement, sans doute conscient qu'il n'y avait aucune façon de dire « tous été massacrés » avec tact. Ayaka baissa les yeux. Ses mains se crispèrent sur le tissu de sa jupe.
– Quand Uzushio a été attaquée, beaucoup d'entre nous ont tenté de fuir. Les enfants de l'Académie ont été évacués en premier. J'en faisais partie, avec Banri… Mon mari…
Elle leur raconta, tout doucement puis d'une voix de plus en plus forte et de plus en plus hachée, sa fuite d'Uzushio. Elle avait alors neuf ans, le même âge qu'avait eu Tsunami lors de l'attaque du Kyūbi. C'était jeune, pour voir son univers s'effondrer. Elle et un petit groupe d'élèves de l'Académie, escortés par deux Genins, avaient réussi à passer au travers des lignes ennemies qui encerclaient leur île pour abattre tous les survivants. Ils étaient partis au hasard, ignorant comment rejoindre Konoha, qui était leur unique alliée. A un moment, leur groupe avait été séparé. Ayaka s'était retrouvée seule avec Banri, l'un des deux Genins du groupes, qui avait alors douze ans. La guerre faisait rage, ils étaient complètement perdus, alors ils s'étaient cachés dans un petit hameau pour attendre que les choses se calment. Ils avaient attendus des années. Au bout d'un moment, ils étaient tombés amoureux, ils s'étaient mariés, ils avaient fait leur vie dans ce village en tant qu'honnêtes fermiers. Ils avaient eu une fille, Karin.
Et puis… Un jour, quand Karin avait trois ans, Banri avait été suivi par des ninjas de Kusa, qui avaient découvert ses origines. Ils avaient forcé Ayaka à venir s'installer ici avec sa fille, et à soigner leurs blessés. Ils venaient régulièrement la chercher pour l'emmener sur un champ de bataille, ou dans un hôpital, où les patients la mordaient et vampirisaient son chakra jusqu'à ce qu'elle en soit vidée. Elle avait abandonné tout espoir de fuir. Quant à Banri… Ils l'avaient emmené à Kusa, quand ils l'avaient capturé, et elle ne l'avait plus jamais revu. Ayaka avait perdu tout espoir de le retrouver. Il était sans doute mort depuis des années.
Ayaka était une femme douce, triste, résignée, mais qui avait en elle quelque chose de solide et de fort. Elle souriait tristement, et baissait les yeux d'un air soumis quand on lui parlait. Mais en racontant son histoire, en parlant de Banri Uzumaki et de ses souvenirs d'Uzushi, Ayaka se redressait imperceptiblement, son regard brûlant d'une flamme qu'aucune humiliation ne pouvait éteindre. Elle était impuissante face aux abus de ses hôtes de Kusa. Mais elle était une survivante. Elle avait survécu à la destruction d'Uzushio alors qu'elle n'avait que neuf ans, et elle survivait chaque jour à ce que le sort lui infligeait. Elle s'épuisait, et elle le savait.
Mais elle ne perdait pas espoir. Elle avait apprit à lire à sa fille avec les quelques livres sauvés du désastre, des bouquins de l'Académie d'Uzushio, qui parlaient de monstres venant des océans et de héros qui chevauchaient des ouragans. Tous les jours, Ayaka pratiquait les katas harmonieux qui avaient été enseigné à tous les Genins du village pour les préparer au taijutsu, et les enseignait à sa fille. Ayaka parlait de Karin avec un amour et une fierté évidente. Apparemment, Karin était une puissante sensor, et pouvait détecter le chakra avec une précision extraordinaire. Elle tenait ce don de son père. De sa mère, elle avait hérité le don de pouvoir soigner les gens qui aspiraient son chakra en la mordant. Quand elle évoqua cela, la voix d'Ayaka vacilla : elle savait ce que ça signifiait. Un jour, les ninjas de Kusa ne viendraient plus uniquement pour elle. Ils viendraient pour sa fille.
Lorsqu'elle se tut, le silence régna plusieurs secondes dans la petite maison. Tsunami et Atsuo se tournèrent d'un même mouvement vers Shisui. Leur capitaine eut l'air déchiré. Tokuma ne fit pas un geste, mais il déclara platement :
– Les Uzumaki sont des alliés de Konoha de longue date.
Shisui hésita, puis se tourna vers Ayaka, le visage plein de remords.
– On ne peut pas vous emmener. On doit repartir vite, et si on vous portait, on serait ralenti. Peut-être même qu'on serait poursuivi.
– Je sais, fit Ayaka d'une voix qui tremblait à peine. Kusa ne me laissera jamais partir. Mais ma fille… Ils ne poursuivraient pas ma fille.
Il y eut un instant de stupeur. Ayaka se tourna vers Tsunami. Peut-être parce que c'était elle qui lui avait parlé la première, ou peut-être parce qu'elle était une fille, mieux à même de comprendre le désespoir que pouvait éprouver une mère.
– Karin est une Uzumaki. Elle n'a que sept ans, elle est innocente. Elle pourra devenir une kunoichi de Konoha, ou une médic, ou… N'importe quoi, tant que ce n'est pas cette vie. Cette vie la tuera, je le sais. Ne laissez pas ça arriver. Sauvez ma fille, je vous en supplie. Je vous en supplie.
Et Ayaka Uzumaki tomba à genoux, puis se protesterna au sol, le front pressé contre la terre battue. Tsunami poussa un glapissement horrifié, et s'accroupit immédiatement pour la redresser.
– Ne faites pas ça ! Je promets !
– Quoi ?! s'écria Shisui.
Mais Ayaka avait relevé la tête, plantant son regard violet dans celui de la jeune fille, et Tsunami sentit le reste de ses protestations s'étouffer dans sa gorge. Oui, elle avait promis. Peut-être avait-elle eu l'intention de la faire dès l'instant où elle avait reconnu Karin. Ce n'était pas prémédité. C'était juste que… Elle était passée devant Naruto sans rien faire, il n'y avait pas si longtemps que ça. Elle avait décidé de protéger sa vie tranquille plutôt que d'alléger son malheur, et ça avait été une décision égoïste… Et elle s'en voulait.
Ce n'était pas la seule chose pour laquelle elle s'en voulait. Les Uchiha allaient mourir. Le Sandaime allait mourir. Jiraya allait mourir. Itachi allait mourir. Tous un tas de gens allaient mourir, ou souffrir, sans qu'elle ne puisse rien faire, sans qu'elle ait eu le courage de rien faire. Mais là… Elle pouvait agir. C'était si insignifiant, ça ne lui coûterait rien. Et ça pouvait changer tellement de choses…
Dans un autre univers, Karin aurait sans doute passé toute son enfance dans cette maisonnette froide non loin de Kusa, et regardé avec impuissance sa mère s'affaiblir à chaque fois qu'elle était convoquée au village. Dans un autre univers, Ayaka n'avait sans doute jamais trouvé le moyen d'offrir mieux à sa fille : lorsqu'elle serait morte d'épuisement, les ninjas de Kusa seraient allé chercher sa fille et l'auraient soumise au même supplice qu'elle. Dans un autre univers, seul Orochimaru aurait offert à la petite Karin une opportunité d'échapper de cet enfer. Mais ce n'était pas cet univers. Dans cet univers, un papillon avait battu des ailes, et Tsunami avait rejoint la Team Shisui, ce qui avait encouragé Tokuma à la rejoindre également, ce qui avait mené des ninjas de Kusa à tenter de le kidnapper, ce qui avait mené leur équipe ici. Et à présent…
– Je promets, répéta-t-elle d'un ton plus ferme. Moi, Tsunami, je promets que je ramènerai votre fille à Konoha, que je veillerai sur elle, et que je lui offrirais une vie meilleure. C'est promis.
Ayaka prit sa main dans les siennes, les yeux brillants, de gratitude.
– Merci, chuchota-t-elle.
Après, tandis qu'Ayaka allait chercher sa fille dehors, Shisui lança un regard scrutateur à Tsunami, et celle-ci redressa le menton sans fléchir. Elle avait pris sa décision. Elle pouvait comprendre pourquoi Shisui était inquiet, pourquoi il désapprouvait, parce que kidnapper la fille d'un otage de Kusa pouvait avoir tout un tas de conséquences horribles. Mais ça en valait la peine. Elle le défia du regard de dire quoi que ce soit, et il finit par détourner la tête.
Ils sortirent de la maison. Ayaka était agenouillée devant sa fille, lui parlant d'une voix douce, les yeux brillants de larmes. La petite fille tenait contre elle sa peluche de lapin, l'air inquiète.
– Mais tu nous rejoindras, alors ? disait-elle d'une petite voix incertaine.
Tsunami fit mine d'observer la nature. Elle aurait voulu se boucher les oreilles. Ayaka déglutit, et son sourire trembla :
– Non, Karin-chan. Et tu ne vas pas revenir, non plus. Tu ne seras pas toute seule, tu auras Tsunami-san avec toi. Mais tu vas devoir être courageuse. C'est une grande aventure qui t'attend. Il va falloir être forte.
– Mais, et toi ? bredouilla Karin.
Elle était trop petite pour complètement appréhender ce que ça signifiait. Mais ce qu'elle en comprenait était sans doute assez pour lui faire peur. Sa mère était tout ce qu'elle avait au monde. Partir, la laisser derrière, peut-être pour toujours… L'énormité de ce qui lui arrivait la dépassait. Ayaka la sera dans ses bras, et chuchota :
– Je ne peux pas venir avec toi. Mais tant que tu te souviendras de moi, tant que tu te souviendras d'Uzushio, alors je ne serais pas vraiment partie. Tu te souviendras, Karin ?
Dans un autre univers, Karin n'aurait jamais eu cette conversation avec sa mère. Dans un autre univers, Karin aurait gardé au fond de son cœur des souvenirs d'enfance doux-amers de berceuses, de légendes et de katas méconnus dans le reste du monde, mais ces images se seraient petit à petit effacées à cause du temps, et de la lutte qu'elle aurait été obligée de mener pour sa survie. Vivre dans le passé lui aurait parut futile, et stupide. Mais dans cet univers, Karin resserra son étreinte sur sa mère et hocha frénétiquement la tête, les paupières serrées de toutes ses forces, des larmes brûlantes débordant sur ses joues.
– Tu es Karin Uzumaki, murmura sa mère. Tu es une petite-fille d'Uzushio et tes parents viennent du clan Uzumaki. Tu es aussi brave que les héros qui chevauchaient des tourbillons, et aussi belle que les princesses des légendes. Tu es une enfant des Uzumaki et tu nous rendras fier. Promets-moi, Karin.
– Je promets, hoqueta sa fille d'une voix qui s'étrangla.
Sa mère sourit faiblement contre son épaule, puis s'écarta un peu, et l'embrassa sur le front. Puis elle jeta un bref regard à Tsunami. La jeune fille s'approcha, lentement. Elle se sentait comme une intruse, comme une voleuse. Mais une fillette effrayée avait besoin d'être rassurée, alors elle s'agenouilla à côté d'Ayaka, et se présenta :
– Bonjour. Je suis Tsunami, de Konoha. C'est un grand honneur de t'escorter.
– Bonjour, Tsunami-san, murmura Karin d'une voix qui tremblait. Je suis Karin. Et lui, c'est Usagi-san.
Elle brandit sa peluche de lapin. Son nom se traduisait littéralement par Monsieur Lapin, et Tsunami retint un sourire attendri. Hikari avait un doudou assez similaire, sauf que le sien s'appelait Monsieur Chat et était une peluche de tigre.
– Vous êtes très courageux tous les deux, fit-elle gravement. Je vais te porter sur mon dos, d'accord ? Il faudra bien te tenir, et serrer très fort Usagi-san contre toi pour qu'il n'ait pas peur. Tu peux faire ça ?
Karin hocha la tête. Tsunami se retourna, toujours accroupie, puis aida Karin à grimper sur dos et à coincer sa peluche de lapin de façon à ce qu'elle ne tombe pas. Le reste de la Team Shisui l'attendait à quelques mètres. Elle se redressa, vérifiant que Karin était bien accrochée, puis fit face à Ayaka. La mère de Karin avait les mains pressées contre sa poitrine, comme pour se retenir physiquement de tendre les bras vers sa fille, et ses yeux brillaient de larmes. Lorsqu'elle sourit, elle sembla si fragile qu'un souffle de vent aurait suffit à la briser comme du verre.
– Sois forte, Karin-chan. Va de l'avant.
Tsunami sentit Karin hocher la tête, et elle se détourna, rejoignant son équipe. Ils ne dirent pas un mot. Atsuo et Tokuma avaient l'air grave, et Shisui avait le visage de marbre, complètement indéchiffrable. En silence, ils se tournèrent dans la direction de Konoha, et se mirent à courir avec toute la vitesse surnaturelle des shinobi. Tsunami sentit Karin se raidir de surprise, mais son étreinte ne faiblit pas, et elle n'émit pas un son.
Ils foncèrent vers Konoha en silence, bondissant de branches en branches, franchissant des rivières d'un simple saut, évitant des patrouilles, traversant les plaines, profitant de la fin de la journée et de l'obscurité naissance pour se fondre dans les ombres. C'était ironique qu'ils se soient enfoncés si loin sur les terres de Kusa ce matin pour empêcher un kidnapping, et qu'ils fassent à présent le chemin inverse cet après-midi avec une personne supplémentaire, qu'on pourrait sans doute qualifier de kidnappée. Mais personne n'en fit la remarque.
Ils continuèrent à courir. Tsunami pouvait sentir les larmes de Karin qui tombaient, chaudes et silencieuses dans sa nuque.
Ils ne ralentirent qu'à la frontière. Là, leur équipe s'arrêta pour faire le point, manger, et permettre à Karin de grignoter quelque chose et de faire une pause-pipi. Puis… Il fallut se remettre en route. Leur mission n'était pas finie, après tout. Et, en un peu plus de quinze heures d'absence, qui sait si une équipe de Kusa leur avait filé entre les doigts ! Shisui, Atsuo et Tokuma décidèrent donc de rester pour poursuivre la mission. Tsunami rentrerait à Konoha pour déposer Karin… Et expliquer la situation à l'Hokage. Honnêtement, elle ne savait pas comment elle allait faire. C'était quand même… Assez inattendu.
Bon sang, son rapport allait être lamentable. Elle revenait avec une semaine d'avance. Elle allait devoir rapporter une tentative de kidnapping qu'ils avaient évité en abandonnant leur mission, laissant la frontière sans défense durant toute une journée. Une journée qu'ils avaient passé en territoire ennemi, et où ils avaient révélé leur présence à une guérisseuse qui était tenue otage, et qui risquait donc fort de parler. Et en plus, elle ramenait un enfant volée ! Bon sang, ce n'était pas un tableau bien brillant. Elle allait se faire passer un putain de savon, elle pouvait le voir d'ici.
Mais… Tant pis. Elle avait fait son choix. Elle l'assumerait. Elle carra les épaules, ignorant ses muscles douloureux (porter une enfant de vingt-cinq kilos durant des heures, c'était dur), et accepta de se remettre en route. A présent, il faisait nuit noire. Karin somnolait sur son dos, épuisée par toutes ses émotions. Tsunami n'avait pas dormi depuis bientôt vingt-quatre heures, mais l'endurance des ninjas leur permettait de tenir jusqu'à cinquante heures. Cela dit, pas besoin d'aller jusque là. Konoha était à plusieurs jours de voyage… Tsunami pourrait se permettre de faire halte chaque nuit dans des hameaux, pour ménager Karin, qui n'avait sans doute pas la résistance nécessaire pour dormir à la belle étoile en février. Si elle partait maintenant, elle pourrait rejoindre le premier hameau demain, vers midi, et pourrait dormir tout son saoul.
– Sois prudente, lui dit Atsuo d'un air soucieux.
– On te rejoindra vite, l'assura Tokuma.
Shisui la regarda longuement, puis sourit avec une certaine amertume :
– Ce n'était pas comme ça que j'imaginais notre dernière mission. Mais… Vas-y. On te couvre, Tsunami.
Ce n'était pas grand-chose, mais ça lui fit chaud au cœur. Lorsqu'elle se mit en route avec Karin sur le dos, Tsunami avait mal aux bras, mal au dos, mal aux jambes… Mais elle avait le sourire aux lèvres.
oOoOoOo
Tsunami mit quatre jours à rejoindre Konoha. Elle aurait pu faire le trajet plus vite, mais elle s'arrangea pour s'arrêter chaque nuit dans une ville ou un hameau où elle pourrait louer une chambre d'hôtel, afin d'éviter que Karin n'ait à subir le froid. La fillette ne se montra guère bavarde, au début. Tsunami essayait de combler le silence, offrant d'abord des paroles de réconfort maladroites, puis parlant de Konoha. Qui était l'Hokage, à quoi il ressemblait, ce qu'il allait sans doute dire… A quoi ressemblait le village, la forêt, les gens… Elle évoqua sa famille, sa mère si patiente, sa petite sœur déterminée, son petit frère si intelligent. Puis elle parla de ses amis, évitant soigneusement de mentionner la Team Shisui laissée en arrière : elle mentionna Anko, Gai, Iruka, Tessen, Kumadori, Genma… Mais Karin n'était pas vraiment intéressée. Comment aurait-elle pu l'être ? Elle venait de quitter sa mère pour toujours.
Les deux premières nuits, la fillette pleura jusqu'à épuisement. Le troisième jour, ce fut la colère : des cris, des reproches, des hurlements comme quoi elle voulait sa Maman, de gros sanglots furieux qui secouaient tous son corps, jusqu'à devenir des hoquets de désespoir. Cette nuit-là, elle dormit comme une bûche, complètement vidée. Le quatrième jour, elle était épuisée, reniflant sporadiquement (le col de la veste Jounin de Tsunami devait être plein de morve) et les yeux rougis, mais à cours de larmes. Ce fut dans cet état qu'elles arrivèrent à Konoha.
Les Chuunin de garde à la porte du village étaient Kotetsu et Izumo. Cela marchait en la faveur de Tsunami : ils la connaissaient, et ils acceptèrent immédiatement de la laisser rentrer avec une gamine inconnue pour qu'elle aille faire son rapport. Tsunami devait admettre qu'elle avait un peu le trac. En sautant de toits en toits en direction du bâtiment ventru qui abritait le leader du village, elle sentait son estomac se nouer… Elle était rarement allée voir l'Hokage directement après une mission. C'était le job de Shisui, leur capitaine. Tsunami faisait des rapports écrits, ou passait par Shisui. Et quand elle réalisait des missions avec des Chuunin ou des Jounins, c'était auprès du quartier général qu'elle rendait compte de ses différents succès. L'Hokage n'était dérangé que pour les urgences… Ou pour une poignée de ninjas importants, dont Tsunami ne faisait certainement pas partie.
Cela dit, lorsqu'elle entra dans la tour de l'Hokage et informa poliment la secrétaire qu'il y avait eu une imprévu, que la Team Shisui était séparée, et qu'elle demandait l'asile à Konoha pour une dénommée Karin Uzumaki, la secrétaire lui dégagea un rendez-vous dans les cinq minutes. Tsunami passa ce bref laps de temps à étirer ses bras endoloris, parlant de tout et de rien pour essayer de mettre Karin à l'aise. C'était voué à l'échec : depuis leur entrée au village, la fillette était muette, tendue, effrayée par tous ces inconnus. Même dans la pseudo-salle d'attente du bureau de l'Hokage, elle resta collée à Tsunami comme de la glue.
Lorsque Tsunami et Karin furent invitées à entrer, cela dit, la jeune fille fut soudain très contente que sa protégée ne se soit pas éloignée. Elle fut même tentée de la cacher derrière elle. Car l'Hokage était là, flanqué par ses deux conseillers Homura-sama et Koharu-sama… Mais, à leurs côtés, se trouvait aussi un homme au visage à moitié couvert de bandages qu'elle reconnut avec un choc horrifié. Danzō. Elle ne l'avait jamais vu, et ses souvenirs-rêves dataient de plus de quinze ans, mais elle le reconnu immédiatement. C'était lui et sa paranoïa qui représentaient le plus grand danger pour sa famille. C'était l'ennemi. Oh, bon sang, que faisait-il là ?!
Elle refoula son angoisse, et se rappela de ne rien faire de suspicieux. Elle s'inclina donc respectueusement devant les conseillers, mais fixa uniquement l'Hokage lorsqu'elle déclara :
– Tsunami de la Team Shisui au rapport, Hokage-sama.
Le Sandaime alluma sa pipe. Son regard s'attarda un instant sur Karin, qui était cramponnée à un pan du t-shirt de Tsunami, puis se reporta sur la Jounin.
– Je t'écoute.
Elle résuma très brièvement leurs premières semaines de missions, ne détaillant pas les combats ou leurs patrouilles, et mentionnant simplement leurs différents combats et comment cela les avait mené sur le territoire du pays de l'Herbe. Elle commença à s'étendre, laborieusement, à partir du kidnapping de Tokuma, et ce fut le seul moment où Danzō parla.
– Vous avez abandonné votre mission ?
Le cœur de Tsunami fit une embardée, mais elle s'efforça de répondre calmement :
– Nous avons privilégié la vie de notre coéquipier.
– C'est un abandon de poste, pointa Koharu en plissant les yeux.
– Nous avons privilégié la vie de notre coéquipier, répéta Tsunami d'un ton légèrement plus froid.
– Ce n'est pas le sujet, les interrompit l'Hokage. Continue, Tsunami. Que s'est-il passé ensuite ? J'imagine que vous avez récupéré Tokuma Hyuga.
Elle continua. Comment ils avaient récupéré Tokuma, comment ils s'étaient mis à la recherche d'un guérisseur… Comment la guérisseuse s'était révélée être une Uzumaki, une amie d'enfance de Kushina… Là, les quatre vieux shinobi se redressèrent d'un coup, soudain beaucoup plus attentifs. Tsunami enchaîna, parlant des mauvais traitements que subissait Ayaka (en édulcorant un peu, pour ne pas traumatiser Karin qui écoutait tout), et de son impossibilité de fuir. Elle arriva à la requête de la guérisseuse, et insista bien sur le fait qu'elle avait accepté cette requête de sa propre volonté, sans que cela puisse être reproché à une initiative de son capitaine. Finalement, elle conclut en résumant le retour de la Team Shisui à la frontière, et son retour à elle à Konoha. Puis elle se tut, attendant le verdict.
Le Sandaime aspira une bouffée de sa pipe, puis déclara posément :
– J'aimerais m'entretenir seul avec Karin-chan, à présent.
Karin frémit, resserrant sa prise sur le t-shirt de la Jounin. Tsunami ne bougea pas d'un pouce.
– J'ai promis à sa mère de veiller sur elle, Hokage-sama.
Quelque chose qui ressemblait à de l'approbation passa dans le regard du Sandaime. A l'inverse, les membres du Conseil eurent l'air mécontent.
– Ce ne sera pas long, Tsunami, l'assura l'Hokage. Je veux simplement entendre sa version des faits.
S'opposer au Sandaime ne lui attirerait que des ennuis, mais… Tsunami hésita un instant. Elle prit soin de ne pas regarder Danzō, de ne pas trahir sa méfiance. Au lieu de cela, elle s'agenouilla face à Karin, la fixant d'un air grave.
– Est-ce que tu es d'accord, Karin-chan ?
La fillette jeta un regard oblique vers l'Hokage. Elle avait l'air effrayée, mais aussi résignée. Elle avait l'habitude que les ninjas finissent par obtenir ce qu'ils voulaient. Tsunami retint une bouffée de colère envers les ninjas de Kusa, et continua du même ton égal :
– Je serais juste derrière la porte. Tu pourras sentir mon chakra. Dès que tu auras terminé, je reviendrai te chercher. Qu'est-ce que tu veux manger ce midi ?
Karin hésita, puis marmonna d'une voix presque inaudible :
– Des ramens.
Oh, c'était bien une Uzumaki. Du coin de l'œil, Tsunami vit le Sandaime, Homura et même Koharu dissimuler un sourire. Sans aucun doute, ça devait leur faire penser à Kushina… C'était peut-être un bonus. Tsunami hocha gravement la tête :
– On mangera des ramens, alors.
Elle se releva lentement. Karin semblait moins effrayée, à présent, et n'esquissa pas un geste pour la retenir. Tsunami s'inclina donc devant les leaders du village, puis se détourna et quitta la pièce. Elle referma la porte derrière elle… Puis s'adossa au mur, fidèle à sa promesse, et ne bougea pas d'un pouce.
L'entretien du Conseil avec Karin ne fut pas long, mais Tsunami eut tout le temps de se ronger les ongles. Oh, pourquoi fallait-il qu'elle soit rentrée le jour où Danzō taillait la bavette avec le Sandaime ?! A tous les coups il allait proposer de faire disparaître Karin dans la Racine. C'était absolument hors de question ! Et Homura et Koharu, qu'est-ce qu'ils allaient dire ? Les deux conseillers étaient difficiles à cerner. Ils avaient loyalement servi le village et supporté le Yondaime (contrairement à Danzō) mais ils allaient aussi soutenir Danzō quand celui-ci proposerait l'extermination des Uchiha, d'après ses souvenirs-rêves. Et l'Hokage… Est-ce qu'il allait se laisser attendrir par la fillette ? Est-ce qu'elle allait lui évoquer Naruto, Kushina, peut-être même Mito l'épouse du Shodaime ? Ou bien est-ce qu'il allait être frileux, considérer que c'était un trop grand risque de garder une étrangère à Konoha ? Ou bien… Est-ce qu'il allait décider que c'était un trop grand risque de confier une Uzumaki à une Uchiha ? Tsunami retint un juron. Ce foutu nom de famille avait encore bien trop le potentiel de lui pourrir la vie…
Finalement la porte s'ouvrit, et Tsunami bondit presque au garde-à-vous. Le Sandaime, car c'était lui qui avait ouvert la porte, lui adressa un regard amusé. Il avait la main sur l'épaule de Karin, qui était toujours cramponnée à son lapin mais qui semblait moins tendue que lorsque Tsunami l'avait laissée en compagnie du Conseil.
– Karin-chan a exprimé le souhait de rester avec toi, déclara l'Hokage avec un mince sourire. Considérant ta promesse, c'est la moindre des choses… Tsunami Uchiha.
La jeune fille se raidit :
– Hokage-sama ?
– A son retour, la Team Shisui sera officiellement dissoute, lui annonça le Sandaime sans ambages. En attendant qu'une nouvelle affectation te sois donnée, tu es responsable de Karin-chan. Dans un mois, il y aura un rendez-vous d'évaluation pour juger de ta capacité à t'occuper d'elle, et de son désir de rester. Votre situation sera réévaluée à ce moment-là.
– Oui, Hokage-sama.
Le Sandaime hocha la tête, puis musa :
– Oh, et… Peut-être devrais-tu également envoyer un message à ta famille, pour les prévenir que tu as accidentellement adopté un enfant.
Tsunami devint cramoisie. Oui, son rapport devait rendre assez évident le fait qu'elle n'avait pas vraiment réfléchit au-delà du fait de ramener Karin à Konoha. Elle n'avait absolument pas pensé à la suite. Oh, elle avait vaguement dans l'idée que Karin serait sa responsabilité : elle n'avait jamais eu l'intention de l'abandonner une fois arrivée au village. Mais… Bon sang, elle n'avait même pas pensé à ce qu'elle allait dire à sa mère. Ou bien à où Karin allait pouvoir dormir. Il faudrait qu'elle achète un futon avant ce soir, pour l'étendre dans sa chambre, parce qu'une gamine déracinée n'avait sans doute pas envie de dormir sur le canapé…
– Euh oui, toussota-t-elle avec embarras. Je vais faire ça. Désolée. Merci. Euuuuh… Je peux y aller ?
Magnanime (et probablement intérieurement mort de rire), l'Hokage lui donna congé. Tsunami ne perdit pas de temps, et embarqua immédiatement Karin avec elle. Direction : Ichiraku. Il était midi, ce qui voulait dire que Naruto était à l'Académie et n'y serai pas… Heureusement. Car comment diable expliquer à Karin la présence d'un Uzumaki blond qui ignorait qui était les Uzumaki et dont il était interdit de parler du chakra démoniaque ?!
Enfin bref. Sur le chemin, Tsunami demanda innocemment à Karin comme s'était passé l'entretien. Apparemment, Danzō avait bien suggéré d'envoyer Karin à l'orphelinat, ou de la confier à des « ninjas expérimentés », mais le Sandaime avait refusé. C'était déjà ça. Tsunami était rassurée. Et Karin parlait, à présent : après les quatre jours de voyage passés à pleurer, crier ou déprimer, elle semblait être sortie de sa coquille. A moins que ce soit grâce à l'Hokage : la menace de la séparer de Tsunami (qui était l'unique personne qu'elle connaissait ici) devait lui avoir fait peur. En tous les cas, elle avait quitté son apathie. Elle était toujours timide, et méfiante, mais elle semblait s'être détendue. La fillette accepta de parler à Tsunami de sa vie au village, de ses plats préférés, de tout un tas de banalités. Et en échange, Tsunami lui parla de Konoha, désignant tel ou tel lieu, ou telle ou telle personne.
Sur le chemin d'Ichiraku, Tsunami s'arrêta au moins trois fois pour présenter Karin à des gens qu'elle connaissait. Le premier était Genma (à qui elle demanda discrètement de prévenir sa mère). La deuxième était Natsu Hyuga. Quant au troisième, c'était Hayama-sensei, et le regard qu'il lui lança en partant laissa clairement entendre qu'ils allaient avoir une looongue conversation à ce sujet un peu plus tard…
A Ichiraku, Tsunami mangeait généralement un seul bol, voire deux si elle avait faim. Karin en dévora quatre, véritable gouffre sans fond. Et pourtant, Tsunami savait qu'elle avait été convenablement nourrie les quatre jours précédents, alors ce n'était pas parce qu'elle était affamée ! Bon sang, l'amour des ramens était véritablement un trait Uzumaki. Il allait falloir lui parler de Naruto, ne serait-ce que parce qu'elle risquait de le croiser ici quand elle reviendrait…
Tsunami appréhendait un peu le fait de ramener Karin à la maison. Ou plutôt, elle n'avait aucune idée de comment organiser son intégration dans le village, dans sa vie, et ça l'angoissait. Mais… Au final, elle s'était inquiétée pour rien. Plus la journée passait, et plus Karin semblait se détendre. Comme si elle commençait à réaliser qu'elle allait rester ici, que c'était sa vie à présent. Tsunami la présenta à tous les gens qu'elle connaissait. Elle n'eut même pas besoin de rentrer à la maison pour la présenter à sa famille : Hazuki quitta son travail plus tôt et vint à sa rencontre.
Parfois Tsunami oubliait que sa maman était incroyablement douée avec les enfants. Non seulement elle en avait élevé trois, mais elle avait aussi fait fondre la carapace de Neji Hyuga. Ce n'était pas rien. Elle était douce, chaleureuse, pleine de compassion, sans jamais être infantilisante ou trop envahissante. Hazuki se présenta à Karin, puis les entraîna toutes les deux faire des courses alimentaires (qui servirent surtout de prétexte pour acheter des affaires pour Karin). Elle la mit à l'aise. Elle la fit rire. Elle lui montra le trajet jusqu'à leur appartement en lui indiquant les repères pour retrouver sa route, puis lui fit faire le tour de l'appartement en lui indiquant tout naturellement où étaient ses affaires, où est-ce qu'elle allait dormir, etc. Tsunami la regardait faire, vaguement incrédule de s'être fait souffler la vedette comme ça, mais aussi très reconnaissante. Elle n'aurait pas su accueillir Karin comme ça, avec cette spontanéité, cette façon de donner l'impression qu'elle était attendue, qu'elle était la bienvenue, qu'on était content de la voir. Tsunami n'avait jamais été particulièrement douée pour les relations sociales. Elle pouvait être drôle, elle pouvait être dramatique, mais… Rassurer les enfants ? Ce n'était pas son domaine de compétence.
C'était celui de sa mère, par contre. C'était indubitable. Et elle semblait vraiment sincèrement heureuse d'avoir Karin à la maison. Elle avait accueilli Neji avec la même joie, quand on y réfléchissait. Est-ce qu'elle avait voulu avoir une grande famille, jadis, avant que Kaiji puis Hizashi ne meurent ? Peut-être. Elle avait eu de nombreux frères et sœurs, avant de quitter le clan Uchiha. Mais Tsunami n'avait jamais posé la question. Elle se sentait un peu coupable, à présent. C'était troublant de voir sa mère adopter avec autant d'affection une gamine qu'elle avait ramené par hasard, comme si Karin comblait un vide dont Tsunami n'avait même pas réalisé l'existence.
Izumi rentra plus tard, amenant avec elle Hikari et Neji. Ils avaient sans doute déjà été prévenus, car ils ne marquèrent aucune surprise en voyant Karin. Les présentations furent faites. Hazuki invita Neji à rester pour dîner, mais il refusa poliment. Ils mangèrent. Le futon de Karin fut installé dans la chambre de Tsunami. Et, juste comme ça, la petite Uzumaki s'incrusta dans leur vie.
Bien sûr, cela se fit de façon progressive. Il fallut parler de tout un tas de choses. Le fait qu'Izumi soit Genin et affectée à une équipe, et soit donc souvent occupée à désherber des jardins ou étudier d'épais bouquins d'anatomie. Le fait qu'Hazuki soit Chuunin à la retraite, et qu'elle ait un travail administratif qui lui permettait de finir tôt. Le fait que Tsunami soit Jounin et qu'elle repartirait sans doute prochainement en mission. Le fait que Hikari, contrairement à sa mère et à ses sœurs, n'ait pas de nom de famille. Le fait que Neji ait sa propre famille, le clan Hyuga, mais qu'il passe quasiment tout son temps chez les demi-Uchiha. Le fait qu'ils soient des demi-Uchiha, justement, et ce que ça impliquait dans leurs rapports avec le clan. L'importance des Uchiha à Konoha, et le rôle de la police. Le fait que Karin serait sans doute encouragée, bientôt, à s'inscrire à l'Académie afin de devenir une kunoichi. Ce qu'elle savait déjà du chakra, et quels katas sa mère lui avait enseigné. Ce qu'elle savait de l'histoire du monde ninja. Ce qu'elle savait de Kusa, d'Uzushio, et surtout de Konoha. Après tout, c'était son village, désormais.
Il fallut aussi lui dire qu'il y avait un garçon nommé Naruto Uzumaki qui avait un an de moins qu'elle, mais que son lien avec le clan Uzumaki était lié avec un secret de rang S et qu'il ignorait tout des Uzumaki et d'Uzushio. Tsunami insista bien que Karin n'était absolument pas découragée de le fréquenter… Mais qu'il fallait qu'elle sache que Naruto Uzumaki était le protégé de l'Hokage, et que le fréquenter (et lui parler de son clan) aurait des ramifications politiques. Elle aurait bien aimé que Naruto se fasse une amie, se découvre un peu de famille… Mais Karin avait passé toute sa vie à craindre et à se méfier de l'autorité. A en juger par son expression quand Tsunami lui expliqua tout ça, elle n'allait certainement pas tenter le diable en s'approchant de Naruto.
Crotte.
C'était bizarre de ne pas avoir d'autre mission que de s'occuper de Karin, mais ce n'était pas désagréable. Elle ne demandait pas beaucoup d'attention. C'était une fillette intelligente et discrète. Dans le canon, elle avait eu un caractère de chien, mais… Sa vie avait été très différente, et elle avait été beaucoup plus vieille. Là, elle était encore une enfant. Elle n'était pas muette, et n'hésitait pas à parler si elle avait quelque chose à dire, mais elle se contentait souvent d'observer les choses et les gens d'un air scrutateur. Elle trottinait à la suite de Tsunami sans se plaindre, et la jeune fille vaquait à ses activités habituelles. Elle s'entraînait avec Gai (au moins, ça avait le mérite d'être impressionnant !). Elle travailla son Fūinjutsu, et parla longuement des sceaux et de leur histoire à Karin, qui l'écoutait avec fascination et rajoutait parfois des détails qu'elle tenait de sa mère. Et puis, comme toute Jounin coincée au village, Tsunami avait des tâches à accomplir. Elle effectuait des tâches administratives. Elle classait des archives. Elle supervisait les entraînements de Chuunin. Elle gardait la porte du village en prenant un air menaçant. Et, toujours, Karin la suivait. Souvent, elle avait un bouquin dans les bras, et se plongeait sans sa lecture quand Tsunami était absorbée par ses propres tâches. Sa façon de se cacher derrière son livre évoquait vaguement Kakashi… Brrrr. Au moins, elle s'en tenait à la lecture de contes ou de romans d'aventure, ou à la rigueur des bouquins d'histoire et de théorie du chakra qui venaient des vieilles affaires de Tsunami et Izumi. Rien d'inapproprié !
Voilà, ce n'était pas difficile de s'occuper de Karin. Elle était intelligente, gentille, et indépendante. Ce n'était pas difficile de lui parler de choses intéressantes, de rire avec elle, de lui parler de ses projets, de l'écouter parler de ses idées. Oui, elle était un peu timide, mais… Tsunami commençait à aimer sa compagnie. Ses bouderies, sa curiosité, son humour, son sourire. Karin n'était pas quelqu'un de compliqué. Parfois, elle était mélancolique, mais… Karin était une enfant, et à cet âge, on surmonte vite le chagrin. Et elle avait mille choses pour la distraire de sa tristesse, après tout.
Karin aimait qu'on s'occupe d'elle. Elle aimait apprendre. Elle aimait écouter et observer les choses nouvelles. Elle aimait lire. Elle aimait aussi les jeux de stratégie. Au début, elle et Neji s'évitaient soigneusement, chacun craignant de marcher sur les plates-bandes de l'autre (et craignant surtout d'offenser ainsi Hazuki) : mais le quatrième jour, Tsunami les trouva plongés dans un intense jeu de shōgi, et à partir de là ils furent nettement plus détendus l'un en présence de l'autre. Ils avaient trouvé un équilibre. Karin semblait aussi avoir trouvé un équilibre semblable avec Hikari. Il avait trois ans et demi de moins que Karin, et évidemment elle le considérait comme un bébé (elle avait l'attitude un peu supérieure de tous les aînés) : mais il était assez proche d'elle en âge pour qu'ils jouent ensemble. Elle lui enviait ses figurines de bois et sa myriade de peluches, et quand il lui offrait de partager, elle ne disait jamais non. Ils s'inventaient des histoires abracadabrantes de samouraïs renégats et de ninjas héroïques.
C'était le genre de truc que Neji aurait normalement jugé trop immature pour lui, qui avait sept ans, bientôt huit. Mais puisque c'était quelque chose que Karin et Hikari partageait, il refusa d'être exclu, et plus d'une fois il se joignit aux aventures d'Usagi-san le lapin-samouraï et de Neko-san le tigre shinobi. Tsunami approuvait de tout cœur. C'était bon pour Neji de profiter de son enfance.
Karin s'entendait bien avec Izumi, aussi. Ou plutôt, Izumi était ravie d'avoir une « petite sœur » devant laquelle se vanter de ses progrès, ou avec qui parler jupes et vernis à ongles : et Karin, bien qu'un peu prise au dépourvu par cette soudaine camaraderie, se prêtait au jeu avec hésitation… Et sans doute un certain ravissement enfantin. Il y avait eu un éclat émerveillé dans son regard la première fois qu'Izumi lui avait peint les ongles en mauve, ou la première fois qu'elle lui avait dit qu'elle avait de beaux cheveux. C'était assez logique. Karin avait vécu toute sa vie dans la quasi-misère, face à l'hostilité de tous ses voisins. Avoir toute cette affection d'un coup, ça devait lui sembler merveilleux.
Curieusement, Karin était moins proche d'Hazuki. Son accueil chaleureux l'avait rassurée, à son arrivée, mais ensuite… Karin avait pris ses distances. Hazuki n'avait pas insisté. Avec un temps de retard, Tsunami réalisa que Karin ne voulait pas qu'Hazuki remplace sa véritable mère. Elle ne reverrait jamais Ayaka Uzumaki et elle devait le savoir, mais accepter qu'une autre prenne sa place… Ça devait ressembler à une trahison. Alors Karin se montrait polie, mais prudente, sans jamais se détendre comme elle le faisait avec Tsunami, Izumi, Hikari, ou même Neji. Peu importe. Ça viendrait avec le temps.
Au bout de deux semaines, Karin était donc bien intégrée dans leur famille. Et, au bout de deux semaines, la Team Shisui revint.
Ils étaient… en plus piteux état qu'ils ne l'étaient habituellement. Rien de dramatique, mais ils avaient de gros hématomes un peu partout, et Tokuma avait un bras cassé. Tsunami ne put s'empêcher de se sentir coupable. Avec un membre en moins, l'équipe avait perdu un quart de sa force. Finir la mission n'avait pas dû être facile. Certes, les ninjas de Kusa étaient moins forts que ceux d'Iwa et de Kiri, mais voilà, ils étaient nombreux. La mission avait du être longue et fatigante. Le fait de savoir que c'était la dernière n'avait sans doute pas amélioré leur moral.
Ils allèrent faire leur rapport à l'Hokage directement, et Tsunami alla donc les attendre devant le bâtiment. Lorsque la Team Shisui émergea de la tour de l'Hokage, Tsunami se mit debout d'un bond, vibrant d'énergie nerveuse.
– Vous allez bien ? Qu'est-ce qu'il a dit ? L'équipe est dissoute ?
Son agitation arracha un gloussement amusé à Shisui, et il secoua la tête :
– Pourquoi tu t'affoles ? On savait que ça allait venir. Oui, l'équipe est dissoute. Mais on pourra continuer à se voir. On reste tous membres de la Section Sensorielle.
C'était vrai. Tsunami se détendit un peu. Puis elle demanda, incertaine :
– Et pour la mission ?
Shisui s'assombrit. Ce fut Tokuma qui lâcha avec une grimace :
– Abandon de poste pendant la dernière mission de l'équipe, ça fait tâche. Aucun ninja de Kusa n'a passé la frontière durant notre absence, heureusement, mais… C'est le principe de la chose. Shisui a classifié ça comme une décision autonome justifiée par un sauvetage, et ça sauve la face, mais… C'est un sacré faux-pas. On est tous affecté à du boulot administratif pour un mois, y compris toi.
Niveau sanction, c'était léger, mais ça rendait clair pour tous les autres ninjas qu'ils avaient merdé et qu'on les avait mis au coin. Tsunami grimaça. Vu qu'elle était déjà privée de missions depuis deux semaines, elle aurait en fait une punition plus longue que les autres… Mais s'en plaindre aurait été ingrat. Ils ne s'en tiraient pas si mal.
– Pour célébrer dignement la fin de l'équipe, on va boire un verre ? offrit-t-elle.
Après tout, c'était la fin d'une époque… Mais aussi le début d'un nouveau chapitre de leur vie. Tsunami ne regrettait pas le temps passé ensemble. Elle avait toujours su qu'ils seraient séparés un jour. Au moins, là, ce n'était qu'une séparation temporaire, administrative.
On était au début du mois de mai. Il restait moins d'un an avant la mort de Shisui.
oOoOoOo
La date exacte du massacre était difficile à estimer. Tsunami était à peu près sûre que ça allait être entre la fin de cette année et le milieu de la suivante. En tous les cas, une chose était certaine, ça approchait. Il fallait le prendre en compte. Tsunami le voyait venir dans l'attitude des Uchiha, aussi. Ils étaient tendus, attentifs, sur leurs gardes. Ils se préparaient. Shisui avait été intégré à la police, où il effectuait sa punition administrative, et il avait l'air misérable, presque malade. Il n'avait certainement pas choisi ce poste. Les Uchiha étaient en train d'essayer de l'intégrer à leur coup d'Etat, et utilisaient leur autorité sur lui pour l'éloigner de ses amis non-Uchiha. C'était un coup bas. Les rares fois où Shisui parvenait à se libérer pour s'entraîner avec Tsunami, Tokuma ou Atsuo, il ne parvenait pas à dissimuler son angoisse. Il était moins souriant, plus tendu, souvent perdu dans ses pensées, silencieux. Son ancienne équipe savait qu'il se passait quelque chose, mais Tokuma et Atsuo ignoraient quoi exactement. Tsunami avait l'impression que le secret pesait comme une pierre sur son ventre.
Les jours passèrent. Un mois après son retour à Konoha, Tsunami et Karin se rendirent à une évaluation psychologique. Karin y alla d'abord toute seule pour être interrogée sans pression extérieure puis, au bout d'une demi-heure, Tsunami fut autorisée à entrer dans le bureau. Apparemment, ça s'était bien passé. La Chuunin en charge du dossier (une jeune femme blonde portant de grosses lunettes rondes, nommé Mitsuha Yamanaka) leur indiqua que la période d'essai de Karin s'était déroulée sans encombre, elle pouvait désormais demander à devenir citoyenne de Konoha et s'inscrire à l'Académie. Elle avait aussi la possibilité de demander à vivre seule (en demandant une subvention pour louer un appartement), de rejoindre l'orphelinat pour être adoptée, ou de continuer à vivre avec Tsunami… Auquel cas, Tsunami devrait créer un lien administratif entre elle, qu'il s'agisse d'une adoption, d'un parrainage, ou d'un mentorat.
L'adoption était hors de question : même si le sujet n'avait jamais été évoqué à voix haute, Karin refuserait de considérer l'idée qu'on remplace Ayaka Uzumaki. Le parrainage était un lien plus souple. L'adulte s'engageait à s'occuper des besoins financiers de l'enfant mais lui laissait son indépendance. Quant au mentorat, c'était un parrainage doublé d'un apprentissage. Le mentor s'engageait à s'occuper de l'enfant mais aussi à lui transmettre son savoir. Tsunami plissa le nez, puis se tourna vers Karin :
– Qu'est-ce que tu préfères ?
La fillette hésita un instant. Depuis quelques jours, elle avait enfin délaissé sa veste ramenée de Kusa, et elle portait des vêtements neufs : un haut bordeaux aux manches mi-longues, et un bermuda bleu-gris. Elle ne ressemblait plus tellement à la gamine effacée que Tsunami avait ramenée de Kusa.
– J'aimerais bien apprendre le Fūinjutsu, finit-elle par dire.
Ce n'était pas la première fois qu'elle manifestait de l'intérêt pour les sceaux. Tsunami hocha la tête et se tourna vers Mitsuha Yamanaka :
– Un mentorat, donc. Et elle peut continuer à vivre avec moi.
Mais l'appartement commençait à être un peu petit. Tsunami devrait sans doute déménager… Elle avait quinze ans et demi, à présent. C'était l'âge auquel les jeunes ninjas commençaient à quitter le domicile familial. Tsunami décida de commencer à éplucher les annonces immobilières dès le lendemain.
Les papiers furent remplis. Karin Uzumaki déposa une demanda officielle de citoyenneté. Tsunami, en tant que mentor, fut chargée de l'inscrire à l'Académie dans les deux mois suivants, et de préparer un cursus d'apprentissage.
– Est-ce que ça veut dire que je dois t'appeler sensei, maintenant ? s'interrogea Karin quand elles quittèrent Mitsuha Yamanaka.
Prise au dépourvu, Tsunami grimaça :
– Euh. Comme tu veux. C'est bizarre, quand même. Tous les sensei sont vieux. Mais, euh, fais comme tu veux !
Si elle espérait faire oublier cette histoire de suffixe à la fillette, elle en fut pour ses frais. Karin esquissa un sourire malicieux, et claironna :
– D'accord, Tsunami-sensei !
– Sale gamine, marmonna la jeune fille avec affection.
Tsunami évoqua avec sa mère l'idée de déménager. Bien sûr, elle continuerait à soutenir financièrement sa famille, mais l'appartement commençait à être trop petit. Hazuki se montra réticente, mais elle devait admettre que sa fille avait raison. Leur modeste appartement de trois chambres était trop petit pour accueillit convenablement cinq personnes. Ils avaient à peine la place pour mettre les lits ! Si Tsunami et Karin déménageaient, Hikari (qui dormait encore sur un futon à côté du lit de sa mère) pourrait avoir leur chambre. L'idée lui plairait. A quatre ans et demi, Hikari n'était plus un bébé. Oh, il était gentil et adorable, mais comme tous les petits garçons il se pensait déjà grand. Trop grand pour continuer à squatter la chambre de sa maman, en tous les cas.
Les jours passèrent et la punition administrative de Tsunami prit fin. Il était temps pour elle de décider de ce qu'elle voulait faire de sa carrière. Elle avait pas mal de choix, après tout. Elle pouvait demander plus de patrouilles extérieures. Elle pouvait solliciter une affectation à un département particulier. Elle pouvait envisager d'entrer dans l'ANBU. Elle pouvait aussi rester postée dans le village. Les Jounin ne manquaient pas de tâches à Konoha. Mais Tsunami y avait réfléchi, et… Elle savait qu'elle ne pouvait pas uniquement prendre en compte son désir d'avancer, de progresser, ou juste de sortir du village pour se dégourdir les jambes. Il y avait d'autres paramètres à prendre en compte, comme le fait qu'elle avait une apprentie. Oh, Karin pouvait rester avec sa famille si elle avait une mission longue, mais Tsunami se sentait quand même responsable. Et puis, il y avait son désir personnel de garder un œil sur sa fratrie. Izumi s'en sortait bien dans son équipe de Genins, et Hikari n'était même pas encore à l'Académie, mais Tsunami ne pouvait s'empêcher de se sentir paranoïaque. Le massacre n'était plus si loin…
Le massacre, d'ailleurs. Encore un truc à prendre en compte. Itachi était plus taciturne que jamais et Shisui était tendu comme un arc. Elle voulait garder un œil sur eux, aussi. Mais surtout… Elle ne pouvait pas se permettre d'être loin au moment où ça arriverait. Elle ne pouvait pas non plus se permettre d'être faible. Si jamais la distance mise entre elle et le clan ne suffisait pas à la protéger… Elle devait être capable de se défendre et de défendre les siens. Pas seulement avec son talent au combat, mais aussi politiquement. Le massacre n'était pas uniquement le fait d'Itachi : c'était le résultat d'un plan de Danzō, un membre du Conseil et le chef des ANBU. Il fallait se mettre hors de sa portée. Il fallait se faire des connexions. Tsunami avait des relations parmi pas mal de Jounins et de Chuunins qui étaient en bons termes avec le Sandaime, mais ça n'était pas suffisant. Il fallait qu'elle s'accroche à un pôle de pouvoir que Danzō ne pourrait pas assassiner sans répercussion.
Alors, quand il fut temps pour elle de décider ce qu'elle voulait faire par la suite, elle déposa une requête pour être affectée à la Section Commandement.
La Section Commandement n'acceptait que les Jounins, et occasionnellement des Tokubetsu Jounin. Ses membres étaient chargés de l'organisation militaire du village : ça allait de l'organisation des patrouilles à la création de stratégies de guerre en passant par le combat en première ligne. Quasiment tous les départements étaient connectés à la Section Commandement. C'était eux qui menaient les bataillons lorsqu'on était en guerre. C'était eux qui évaluaient les Jounin-sensei. C'était eux qui géraient la Section Diplomatique, en charge des traités et alliances. C'était eux qui récupéraient les données collectées par la Section Intelligence et qui s'en servaient pour mener des offensives en territoire ennemi. C'était eux qui dirigeaient les Opérations de Guerre, quand on était en conflit ouvert. C'était eux qui (en théorie) supervisaient la police, l'ANBU, la Division Genin, et tous les ninjas du village non-affectés à un département en particulier. Leurs tâches étaient nombreuses et variées. C'était aussi un département très étendu : un bon quart des Jounin du village étaient affiliés à la Section Commandement, d'une manière ou d'une autre. C'était un pôle de pouvoir important, autant que la police ou l'ANBU, mais bien moins proactif que ces deux factions dirigées respectivement par Fugaku Uchiha et Danzō Shimura. Sans doute parce que le dirigeant de la Section Commandement était le Commandant Jounin…. Autrement dit : Shikaku Nara. Le chef du clan Nara, l'un des meilleurs stratèges du village, et un vétéran de guerre. Il était plus discret et silencieux que Fugaku ou Danzō… Mais grâce à ses souvenirs-rêves, Tsunami savait qu'il était intelligent et compétent. Plus que ça : il avait aussi des nerfs d'acier et il protégeait les siens.
Si elle voulait se lier à un pôle de pouvoir capable de résister à Danzō Shimaru, alors le Commandant Jounin était sa seule option viable.
L'admission dans la Section Commandement était difficile, cela dit, et ça l'angoissait un peu. Beaucoup de Jounins étaient affiliés à la Section Commandement, oui, mais c'était une affiliation indirecte, qui passait par un commandant, un département, ou une affectation temporaire (comme le rôle de Jounin-sensei). Là, Tsunami demandait à entrer dans le club officiel des badass. Elle demandait à être formée au commandement des ninjas de Konoha. Ce n'était pas rien.
Elle n'eut pas attendre longtemps pour recevoir une réponse, sous la forme d'une convocation à un entretien avec Shikaku Nara lui-même. Normalement, une demande d'affectation recevait soit un « oui », soit un « non », soit un « même pas dans tes rêves ». C'était rare qu'on ait à passer un entretien d'embauche. Elle se sentait envahie d'une nervosité désagréable, qui n'avait rien à voir avec la tension précédant un combat. Elle n'avait rencontré Shikaku Nara qu'une fois auparavant, quand elle avait été nommée Jounin et qu'il lui avait expliqué ses nouvelles responsabilités. C'était il y avait un peu moins d'un an. Bon sang, elle était Jounin depuis moins d'un an ! Et s'il la recalait à cause de ça ?
Mais Shikaku ne semblait pas excessivement sévère. Il se tenait généralement assez droit (du moins, pour un Nara) mais il avait toujours l'air désinvolte, détendu. Il n'était pas très charismatique, et il était plutôt du genre à sortir boire avec ses amis le soir plutôt qu'à se montrer rigide et imposant. Cela dit, quand il observa Tsunami en silence lors de son interview, ses yeux étincelaient d'une intelligence glaciale, et la jeune fille se demanda soudain si son comportement n'était pas un masque cachant sa terrible efficacité. Kakashi avait le même genre d'armure, après tout.
– Tsunami Uchiha, lâcha-t-il d'une voix traînante. Je me souviens de toi. Tu as été nommée Jounin il y a moins d'un an… Que penses-tu apporter à la Section Commandement ?
Exactement ce qu'elle craignait. Tsunami carra les épaules, et refusa de se décourager.
– Je suis l'une des ninjas les plus avancées du village en Fūinjutsu. Je suis aussi une excellente combattante…
– La Section Commandement ne base pas son recrutement sur la force brute, la coupa Shikaku. Que peux-tu apporter de plus que ça ?
Pendant un instant elle resta décontenancée, puis elle comprit. Elle s'était arrêtée sur le fait que la Section Commandement recrutait ses membres parmi les Jounins. Mais ils ne se basaient pas sur la force pour choisir les candidats. Ils les recrutaient en fonction de leur intelligence, de leur capacité pour la stratégie ! Elle changea immédiatement d'angle d'attaque, essayant de calculer froidement ses meilleurs avantages :
– Je suis intelligente et observatrice. Je suis une combattante de première ligne mais je sais avant tout collaborer avec une équipe, mettre au point une stratégie exploitant les points forts de chacun tout en couvrant leurs faiblesses. Je cherche toujours à sauver le maximum de vies, au lieu d'utiliser des stratégies destructrices. Je prévoie sur le long terme. Et… Je ne suis pas membre du clan Uchiha, mais j'en porte le nom. En mission diplomatique, ça peut avoir son importance.
Shikaku haussa un sourcil :
– Je ne pensais pas que tu serais consciente de ce dernier point. Je ne te pensais guère attachée à ton nom de famille.
– Je ne le suis pas, contra Tsunami. Mais je sais que les noms ont du pouvoir, et… Tout le boulot de la Section Commandement est de savoir quand utiliser ce pouvoir, non ?
Le Commandant Jounin hocha la tête. Puis il se leva, traversa la pièce, et revint avec le plateau de shōgi qui avait été posé sur l'une des étagères. Les pièces étaient déjà alignées aux deux extrémités du plateau, prêtes à jouer. Tsunami devina ce qui l'attendait et retint une grimace. Elle savait se débrouiller au shōgi… Mais face à un Nara, elle n'avait aucune chance.
– Tu sais jouer ? demanda Shikaku.
– Je me débrouille, répondit prudemment la jeune fille. Je préfère le go.
Shikaku émit un son contemplatif, et avança un pion. Résignée, Tsunami fixa le plateau. Elle allait perdre, elle le savait. Alors… Sa mission n'était pas de gagner. C'était juste de faire de son mieux pour impressionner son adversaire. Le faire transpirer pour sa victoire, si elle le pouvait. D'un air déterminé, elle avança un pion également.
– Pourquoi le go ? demanda Shikaku deux tours plus tard.
Tsunami cligna des yeux, prise au dépourvu par ce changement de sujet. La vérité était qu'un plateau de go coûtait moins cher qu'un plateau de shōgi, alors c'était un jeu que sa famille avait depuis plus longtemps et avec lequel elle était plus familière. Mais il y avait aussi d'autres facteurs…
– Le but du shōgi est de vaincre l'adversaire, pointa-t-elle. C'est une lutte de conquête. Le but du go est d'étendre son territoire, de prospérer, pas de détruire la personne d'en face.
Le shōgi ressemblait pas mal aux échecs, en cela. C'était le jeu de stratégie japonais par excellence. Chaque pièce avait un certain set de mouvements possibles, elles pouvaient évoluer en arrivant à l'autre extrémité du plateau, etc. Le go était un jeu chinois, par contre, et ça se voyait. Il était axé sur le développement et moins sur la conquête. Le but était de placer des pierres (noires pour un joueur, blanches pour l'autre) afin d'encercler des territoires. Les pierres ennemies qui étaient complètement encerclées pouvaient être capturées, mais c'était toute la confrontation qu'il y avait dans le jeu. Lorsque le plateau était entièrement recouvert, c'était celui qui avait le plus grand territoire qui gagnait.
Tsunami préférait le go au shōgi parce qu'il était plus familier, mais aussi parce qu'elle l'avait toujours trouvé plus relaxant. Elle avait droit à assez d'affrontements dans sa vie professionnelle, elle trouvait assez inutile d'en faire un loisir. Le go avait un côté plus méditatif. Cela dit, go ou shōgi, ça restait des jeux de plateau, et ça n'avait jamais été son truc. Elle préférait lire, bouger, s'entraîner. Si vraiment il fallait faire un jeu tranquille, elle préférait les jeux de cartes. On jouait avec le hasard autant qu'avec son adversaire, c'était plus fun !
– Tu n'aimes pas la confrontation ? enchaîna Shikaku trois tours plus tard.
Il avait capturé un pion de Tsunami, mais laissait vulnérable une de ses lances. Tsunami scruta son jeu, essayant d'y voir un piège, puis se décida et captura la pièce. Shikaku bougea son fou, et Tsunami réalisa que dans quatre mouvements il capturerait le cavalier qu'elle avait utilisé. Il y avait bien eu un piège, elle ne l'avait juste pas vu… Elle retint un grognement. Puis elle se concentra sur la question de Shikaku :
– Ça dépend. J'aime régler définitivement mes problèmes et la confrontation est souvent la façon la plus directe d'y arriver. Mais je ne pense pas que ça doit être la réponse à tout. Dans le monde des ninjas, l'affrontement est toujours le moyen privilégié pour parvenir à un but. J'aime me rappeler que ce n'est pas l'unique voie possible.
A nouveau, Shikaku émit un bruit songeur, mais ne releva pas les yeux du plateau. Le jeu progressa. Tsunami était partagée entre être la plus prudente possible, et jouer les téméraires pour tester l'intelligence de Shikaku. Au final, après avoir vu trop tard deux autres pièges, elle décida d'envoyer la prudence au diable. Ça ne la sauverait pas. Elle préservait ses pièces au maximum mais elle se mit à prendre davantage de risques, essayant de compenser l'intelligence supérieur du Nara en se montrant imprévisible.
– Historiquement, quel Hokage admires-tu le plus ? demanda brusquement Shikaku.
Là, c'était vraiment une question qui sortait de nulle part, et Tsunami le regarda d'un air interloqué. Amusé, Shikaku haussa les épaules et se justifia :
– Je pose cette question à tout le monde. La réponse en révèle généralement beaucoup sur les valeurs d'un individu.
Tsunami fronça le nez. C'était une bonne question, en effet. Chaque Hokage avait incarné quelque chose de différent. Le Shodaime avait été l'idéalisme, la naissance, le changement, la puissance. Le Nidaime avait été le soutien élevé au rang de leader, le sens du devoir, la stratégie, l'organisation. Le Sandaime avait été la raison, la force, la constance, le savoir, la bienveillance. Le Yondaime avait représenté l'espoir, le succès, la victoire, la jeunesse, le sacrifice. Tsunami s'identifiait plus avec le Yondaime, d'une certaine façon, parce que se comparer à des légendes était un poids écrasant qu'elle ne connaissait que trop bien, mais l'Hokage qu'elle admirait le plus, c'était…
– Tobirama Senju, finit-elle par dire. Il a endossé le rôle d'Hokage parce que c'était son devoir. Après avoir perdu son frère, en plus. Ça demande beaucoup de force mentale. Et même avant, c'est lui qui a créé l'organisation du village, son système d'évacuation des eaux, ses lois, ses défenses. Il a la réputation d'avoir été quelqu'un de froid, mais il a aussi été l'un des meilleurs Hokage qu'on ait connu, et le village lui doit beaucoup.
Shikaku avança un général d'or. Bon sang, elle était coincée. Tsunami savait qu'elle allait perdre depuis le début, mais c'était décourageant de se voir écrasée si facilement. Elle avait causé des pertes à son adversaire, mais elle était si parfaitement encerclée que sa défaite était inévitable. Tant pis : elle décida que quitte à se faire descendre, elle allait entraîner avec elle le maximum d'ennemis, et elle prit l'un des cavaliers adverses.
– Une dernière question, lâcha Shikaku. Pourquoi veux-tu faire partie de la Section Commandement ?
Parce que je veux me tenir loin de Danzō et de Fugaku, aurait voulu dire Tsunami. Mais ce n'était pas la réponse qu'il attendait. Ce n'était pas non plus la totalité de sa réponse. Si Tsunami avait voulu se tenir loin du complot, elle aurait pu demander un autre placement, comme un job administratif, un poste à la Section Intelligence, une rotation de plusieurs mois à l'hôpital. Elle avait demandé à rejoindre la Section Commandement parce que c'était stratégique, mais aussi parce qu'elle le voulait. Elle fronça les sourcils, cherchant ses mots.
– Parce que je veux faire plus, finit-elle par dire lentement. Je suis forte, et j'en suis fière, mais je veux que ça soit utile… Non, je veux que cette utilité aille au-delà de ma capacité à trucider des gens. Je veux être quelqu'un de capable, pas seulement de dangereux. Je veux… Ça peut sembler naïf, mais je veux aider. Je veux faire une différence.
Shikaku hocha la tête. La dernière tentative de Tsunami pour piéger son général d'argent échoua. Il prit son roi, et le posa à côté du plateau de jeu. La jeune fille sentit ses épaules s'affaisser. Oui, vraiment, elle n'avait eu aucune chance dans ce match. Mais Shikaku ne montra aucune déception devant cette défaite, et se contenta de s'appuyer contre le dossier de sa chaise, l'air satisfait.
– Je n'ai pas d'autre question, déclara-t-il avec une lueur d'amusement dans le regard. Bienvenue dans la Section Commandement, Tsunami.
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Boum ! Et voilà !
Remarquez comme Shikaku appelle Tsunami « Tsunami Uchiha » quand il la teste, et simplement « Tsunami » quand il l'accepte. Il est perceptif, lui. Il a tout de suite senti que son nom de famille la mettait mal à l'aise…
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Enfin bref ! Question du jour, du coup x) Pensez-vous que le talent des Uzumaki avec le Fūinjutsu soit inné, ou acquis ? En gros, est-ce que Karin devrait avoir un don naturel pour ça (un peu comme les Uchiha avec le Katon ou les shurikens) ou est-ce que c'est vraiment culturel, est-ce qu'il est possible qu'elle ait juste un talent normal (comme les Nara avec leur jutsu des ombres, ils n'y sont tous pas exceptionnellement doués, mais ils en sont tous capables) ?
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Voilà voilà. Bon, j'espère que ça vous a plu. Et je vous dit… A dans deux semaines ! Moi, je vais profiter de mes vacances bien méritées x)
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