Une référence à l'épisode 4: The art of murder


Claudia partit rapidement, peut-être un peu trop au goût de Jo et Henry. Ils se regardèrent et ne savaient pas si oui ou non ils devaient la suivre. Qui sait ce qu'elle avait derrière la tête. Elle apparaissait tellement comme la suspecte numéro 1… Mais s'ils se mettaient à la suivre, ils pourraient avoir des ennuis. Peut-être devaient-ils être patients jusqu'à samedi. Luke pourrait sans doute leur en dire plus, surtout s'il connaissait Claudia.

Ils prirent une douche rapide dans les vestiaires et se retrouvèrent à la voiture de la jeune femme.

Ils virent que Claudia était toujours sur le parking, appuyée contre le capot de sa voiture, au téléphone. Elle était de dos, alors ils ne parvenaient pas à voir ce qu'elle disait. Henry était capable de lire sur les lèvres.

- Qui elle appelle à ton avis ?

Henry plaisanta

- Son dealer

Jo le regarda en fronçant des sourcils

- Je plaisante !

- Je ne savais pas trop si oui ou non c'était le cas. Comme tu es toujours sérieux. Mais pour de vrai, tu penses qu'elle se drogue ?

Henry haussa des épaules

- Comme beaucoup de sportifs. Mais c'est vrai qu'elle est toujours sur les nerfs. Je ne serais pas surprise qu'elle prenne quelque chose pour la faire tenir toute la journée sur la scène.

Jo la regarda et mourrait tellement d'envie de fouiller dans sa voiture pour prendre plein de petites choses illégales.

Elle soupira de frustration

- Ça m'énerve qu'on ne puisse pas agir comme on le voudrait, si on ne veut pas se faire repérer. Mais j'ose espérer que samedi, Luke nous donnera le plus d'informations possible.

- Je l'espère aussi ! Je ne sais même pas si le pauvre est au courant que sa partenaire a été tuée.

Jo suggéra

- Sans doute… Si jamais il est derrière tout ça.

Elle sentit le regard d'Henry sur elle

- Je ne dis pas que c'est le cas, mais on ne sait jamais ! On verra bien.

- Je me faisais de toute façon la même réflexion ce matin.

Claudia termina son appel et se retourna. Jo et Henry firent comme s'ils ne l'avaient pas vu, mais cette dernière vint à leur rencontre.

Par réflexe, Jo se colla contre Henry, si jamais la jeune femme tentait quelque chose.

Elle les regarda de la tête aux pieds, ne cachant pas ce qu'elle pensait d'avoir des rivaux.

Elle fit un petit sourire

- Derek vous a vraiment dans ses bonnes mœurs. C'était aussi le cas de Tammy. J'espère qu'après demain vous allez vous joindre à nous pour la soirée, c'est un peu une sorte d'initiation pour les nouveaux. Et vu votre talent, vous ne serez que le bienvenu.

Son sourire arrogant ne la lâcha pas et elle retourna à sa voiture. Henry attendit qu'elle soit sortie du parking pour chuchoter à Jo.

- Je rêve ou elle vient de nous menacer ?

Jo secoua la tête

- Tu ne rêves pas ! Ça y ressemblait bien. Celle-ci, il faudra vraiment qu'on lui mette le grappin dessus. Légal, pas légal. Demain, on retourne au 11 après le boulot et on cherche des infos sur cette nana. Ça ne va pas durer comme ça.

- Je te suis complètement !

Jo le déposa à la boutique et une fois devant, ils se regardèrent, repensant encore à cette danse encore plus intime qu'ils avaient partagé. Plus intime que tout ce qu'ils faisaient depuis deux-trois jours.

Cela donnait encore plus envie à Henry d'être avec elle, mais à chaque fois, cette pensée sombre du fait qu'il ne lui avait pas dit la vérité le traversait. Et il ne savait pas si elle était vraiment d'humeur à l'entendre ces temps-ci, pas avec tout ce qui était arrivé.

La jeune femme regarda son volant et son téléphone, posé dans le creux entre le levier de vitesse et le tableau de bord.

- Euh… Je voulais dire que Lucas m'a envoyé un texto… Personne dans leur liste n'a travaillé dans un musée. Non seulement on a fait tout ça pour rien, mais j'espère que personne ne va me retomber dessus pour avoir pris des preuves sans autorisation.

Henry compatit

- Je pense que si tu avais dû avoir des problèmes, le lieutenant Gates t'en aurait déjà touché un mot. Mais elle n'a rien dit donc je suppose que ce n'est pas très grave.

Jo s'abstint de tout commentaire. Mais évidemment, ce n'était pas le mec qui transgressait toutes les règles, qui allait la stopper.

- Donc… Comment on va retrouver tout ceci maintenant ?

- On demandera à Luke – répondit Henry –, mais comme on a prévu de chercher des informations sur Claudia. Peut-être que cette sale peste n'a pas mis toutes ses expériences.

Jo n'avait pas l'habitude d'entendre Henry insulter les gens et elle eut un petit rictus à l'entendre dire. Cela avait quelque chose d'excitant.

- Je pensais aussi la même chose. Tu m'accompagnes au 11 demain pour qu'on fasse nos recherches ?

Il acquiesça

- Avec grand plaisir ! Il n'y a que la NYPD qui peut avoir toutes les infos dont on a besoin sur une personne.

- Je vais demander à Hanson d'appeler le musée et demander si le nom de Claudia leur dit quelque chose, si cela peut nous faire gagner du temps et nous empêcher un détour en fait. Il faut d'abord s'en assurer avec eux en premier lieu.

Henry réfléchit quelques secondes

- Et si jamais c'est le cas ? Est-ce qu'on laisse exploser notre couverture ou bien on attend encore ?

Jo se mordilla la lèvre

- Je t'avoue que je n'ai pas pensé au « si » … Il faudrait que ce soit Hanson et le reste qui viennent directement au théâtre, sous nos directives et qu'ils l'arrêtent pour l'interroger.

Elle gesticula

- Ugh ! En fait je ne sais pas du tout ce qu'on peut faire. Est-ce que ça nous donnera vraiment la preuve qu'elle est responsable de la mort de Tammy si jamais elle a bien travaillé dans ce musée ? Ça ne veut rien dire. On manque de beaucoup de choses...

Henry suggéra

- Le seul moyen c'est de la faire parler. Comme tu dis, Hanson peut venir l'arrêter et l'embarquer, juste pour l'interroger. Je demanderais à Lucas de nous mettre en espèce de truc visioconférence que vous appelez ça, pour savoir si oui ou non elle ment. On ne pourra pas se présenter au poste, pas quand elle y est. Mais ça, si vraiment on trouve son nom dans le musée.

Jo acquiesça

- Sinon il restera samedi soir si on n'obtient rien du tout d'ici là. On a plutôt intérêt à se méfier parce qu'à mon avis, elle ne va pas nous lâcher la grappe.

Ils trouvaient leurs plans un peu minces ces temps-ci, mais c'était ce qu'il fallait pour tenter d'y aller en douceur et attraper le tueur. En attendant, ils devaient reconnaître qu'ils n'étaient pas forcément tranquilles à faire équipe avec un meurtrier, sans savoir qui il était et que ce dernier agisse normalement comme si de rien n'était.

Henry regarda sa montre

- Bon ! Je sais qu'on est sortis plus tôt aujourd'hui, mais je pense que je vais y aller maintenant ! Je te fais déjà utiliser toute ton essence donc je vais arrêter d'abuser.

Jo pouffa

- Ça m'est complètement égal. Et puis c'est le genre de frais qui rentrent pour la NYPD. Ils me remboursent ça à la fin du mois et d'autant plus lorsque j'utilise mon véhicule pour une mission style sous couverture, donc ne t'inquiète pas pour ça, ça ne me dérange pas.

Elle repensa au fait que depuis le mois dernier, Henry n'avait pas retouché à un volant

- Ce qui me fait penser ! On devrait réessayer de se revoir pour que tu conduises encore un peu. On n'a pas encore eu l'occasion depuis la dernière fois.

Henry n'y pensait même plus. Abe refusait qu'il touche à sa voiture et de ce fait, il se contentait de marcher ou de prendre les transports, ou de prendre Jo… Il fronça des sourcils. Ce n'était pas exactement la bonne manière de le dire.

Il se racla la gorge. Toutes ces pensées impures allaient mal finir un de ces quatre.

- Eh bien, c'est quand tu veux ! Dès qu'on a du temps libre. Je dois t'avouer que je préfère conduire avec toi, qu'avec Abe. De toute façon, il ne veut pas que je touche sa voiture, comme ça on est quittes.

Jo sourit tendrement. Ils étaient tous les deux incorrigibles et pourtant elle adorait tellement passer des moments avec eux.

- On pourra essayer le lendemain de Thanksgiving si ça te dit ? Si tu es toujours partant pour venir, tu pourrais rester à la maison pour la nuit et j'irais t'apprendre quelque part dans le quartier.

Henry haussa un sourcil

- À Harlem ?

- Oui ! Ne t'inquiète pas ! Comme je te l'ai dit, tout le monde connaît ma mère et mon père. Et puis le lendemain de fête, crois-moi, toute la population dort jusqu'à 14h au moins, donc tu n'as pas de soucis à te faire. On sera tranquille.

Henry rougit. Par le simple fait que la jeune femme venait de lui proposer de dormir chez elle, du moins dans la maison dans laquelle elle avait grandi. C'était une grande première. Et aussi un grand pas en avant pour elle.

Il ne fit qu'un signe de tête. Jo avait elle aussi du mal à cacher le rouge à ses joues. De plus, elle entendait déjà les hurlements joyeux de sa mère à l'idée qu'Henry passe la nuit chez eux. La maison n'était pas très grande. Elle avait un style brownstone comme tous les appartements de New York, mais à la différence, que ce n'était pas un building, mais bien une maison. Les trois enfants avaient eu chacun leur chambre, enfin les filles avaient toujours partagé la leur.

- Si tu entends pas mal de bruit dans le courant de la soirée, genre des pétards, des gens qui crient ou autre. Ne t'inquiète pas non plus, c'est juste normal. C'est Harlem.

Henry s'en doutait. La réputation du quartier ne changerait jamais. Et pendant les temps de fête, cela ne devait pas forcément être mieux.

- Ça me fait aussi penser que j'ai carrément oublié d'en parler à Lucas.

Henry posa délicatement sa main sur sa cuisse, ce qui envoya des tonnes de signaux à son cerveau et pas forcément les meilleurs qu'ils soient. Elle tenta de garder une respiration normale face à cette douce caresse chaude sur sa cuisse, couverte par son jean… Mais il était difficile pour elle de contrôler ne serait-ce que les battements de son cœur.

- On pourra lui en parler demain éventuellement, juste avant de partir pour le théâtre.

Jo se laissait complètement distraire et ne fit qu'un signe de tête.

- Tu as raison ! On lui demandera demain.

Henry retira lentement sa main sur la cuisse de la jeune femme même si l'un comme l'autre aurait grandement souhaité que ce moment à demi érotique ne se termine jamais.

Henry ouvrit la portière

- Alors, repose-toi bien ce soir et à demain. Je n'arrive pas à croire que je vais dire ça, mais j'ai hâte d'être en week-end.

- Et moi donc - soupira Jo - Bonne nuit Henry !

- Bonne nuit Jo !


Malheureusement, le lendemain, les choses ne se passèrent pas exactement comme ils l'avaient prévu. En effet, Jo avait donc avisé Hanson d'appeler le musée pour avoir des informations sur Claudia.

Entre midi et deux, et loin de la troupe, le détective l'avait appelé disant que le musée ne pouvait lui donner ce qu'ils demandaient, car il s'agissait d'informations confidentielles. Évidemment, tout ceci était à prévoir donc Hanson avait fait la demande d'un mandat, mais le juge lui avait dit qu'il était bien trop occupé et que le mandat ne serait pas délivré avant la fin du week-end et qu'en plus, il n'était pas sûr de l'obtenir, pour le coup, les preuves n'étaient pas assez concrètes. Il avait soupiré et avait abandonné l'idée.

Il s'était concerté avec Gates pour savoir si elle ne pouvait pas faire jouer son pouvoir de lieutenant. Elle avait tenté, mais elle avait eu le droit au même discours et avait dit qu'il valait mieux que Jo et Henry soient sûrs de ce qu'ils avançaient avant de se lancer tête baissée dans quoi que ce soit.

Bien sûr, ni l'un ni l'autre n'en avait la certitude alors ils ne pouvaient pas affirmer ce qu'ils pensaient.

Tout le monde avait l'impression de régresser et en attendant, un tueur continuait de courir dans la nature.

Jo avait promis qu'ils repasseraient après leur entraînement, pour venir leur donner un coup de main. Pendant son appel, elle avait entendu Lucas bégayer deux trois mots et Hanson qui le disputait parce qu'apparemment il s'agissait d'une mauvaise idée et il finit par dire qu'il fallait attendre l'autorisation de Jo et Henry pour voir ce qu'ils en pensaient, avant de tenter quoi que ce soit. À l'entendre, Jo sut tout de suite qu'il s'agissait de quelque chose de pas très légal, mais il fallait bien travailler.

Donc à la fin de la journée et un bel entraînement où Jo et Henry se sentaient vraiment plus à l'aise, ils purent retourner au 11 où Hanson et Lucas y étaient encore et les avaient attendus toute la journée pour faire ce qu'ils appelaient une mission illégale.

- Bon qu'est-ce qui se passe ? – demanda Jo – quelle était cette idée qui requiert qu'on soit là et qui n'a pas l'air très légale en passant ?

Ils étaient tous plantés dans la morgue. Il n'y avait plus grand monde qui restait et même à l'étage. Hanson pointa un doigt accusateur sur Lucas.

- Pas besoin de me regarder comme ça. C'est lui le génie derrière une telle idée.

Lucas fit un sourire ironique

- Ne me lancez pas tant de fleurs, j'en ai pas autant besoin.

Henry et Jo se retinrent de lever les yeux au ciel

- Bon, explique-nous ton plan – se lamenta le légiste

Lucas tourna l'écran d'ordinateur vers eux. Hanson avait l'air tellement au bout de sa peine. Il avait probablement supporté les jérémiades de son collègue toute la journée, pour qu'il cède à sa demande.

- Sans vouloir me vanter, je suis quand même assez doué en informatique et j'ai pensé, puisque personne ne veut nous donner des informations sur cette Claudia et que la base de la NYPD n'a pas plus que ce que vous avez trouvé.

Jo et Henry froncèrent des sourcils et regardèrent Hanson

- Tu as omis ce détail, Mike – gronda Jo

Hanson se fit tout petit sur sa chaise

- Désolé ! Je ne pensais pas que ça avait une importance vu qu'on n'avait aucun résultat de toute manière. Bref, écoutez-le. Je pense que vous déteignez vraiment beaucoup trop sur lui, Doc.

Henry ne releva pas la remarque, mais devait reconnaître que cela ne lui déplaisait pas. Son influence commençait à avoir du bon sur un peu tout le monde, même si personne ne prenait jamais le temps de lui en faire part, chacun avait sa propre fierté.

- Bon Lucas, vas-y – demanda Jo, avant qu'ils n'y passent la soirée

- Donc voilà, je sais que ce n'est pas bien et je sais que cela va énerver Jo au plus haut point.

Les trois hommes la regardèrent avec un air de petit garçon pris en faute. Elle soupira. Les hommes.

- Je ne vais pas m'énerver ! Mais si tu traînes encore, il y a des chances.

Lucas prit une profonde inspiration

- Je me disais que je pourrais éventuellement craquer le système du musée et rentrer dans la banque d'employés, pour voir si je retrouve Claudia… J'utilise un VPN pour cacher mon adresse IP et je cherche ce dont on a besoin et voilà.

Henry n'avait rien compris de ce que le jeune homme venait de dire, mais Jo resta de marbre. Hanson savait que lorsqu'elle restait stoïque comme ceci, cela voulait dire qu'elle s'apprêtait à crier.

Mais elle prit une profonde inspiration et tenta de répondre calmement

- Tu n'es pas sérieux ?

La tête du jeune homme lui fit comprendre que si. Elle se leva d'un coup et haussa un sourcil.

- Mais ? Tu veux vraiment qu'on ait encore plus d'ennuis ou comment ça se passe ?

- Non, mais il faut avouer que personne n'a envie d'attendre jusqu'à lundi pour avoir un mandat qui risque de nous passer sous le nez ?

Hanson hocha la tête

- Il marque un point, Jo !

Jo regarda Henry qui était un peu trop silencieux

- T'en penses quoi ?

Henry n'était pas très sûr qu'on s'adressait à lui

- Moi ?

- Non le pape – Jo roula des yeux – bah oui toi ! Tu sais que c'est illégal de craquer un système informatique pour obtenir des informations. Si le FBI nous prend.

- Ils ne le feront pas – assura Lucas – j'ai tout prévu !

Hanson se retint de dire que le piratage pourrait le conduire derrière les barreaux parce qu'à l'entendre, il n'en était pas à son premier essai. Heureusement, il était l'un des leurs.

Henry n'avait tellement pas d'opinion lorsque cela concernait la technologie

- Pour être honnête, je… Je ne sais pas. Je suis nul quand il s'agit de technologie, mais si c'est là le seul moyen d'avoir notre réponse…

Lucas jubila

- Yesss !

Jo n'en crut pas ses oreilles. Elle était entourée d'une vraie bande de gamins. Elle leva les bras.

- Okay ! Okay ! Très bien ! Fais ce que tu as à faire Lucas, mais je te préviens, si jamais le FBI se présente ici, je ne te connais pas, je n'ai rien vu et rien entendu, est-ce que c'est clair ?

Lucas hocha vivement la tête, en retournant l'écran vers lui pour mener ses recherches.

Lorsqu'il s'agissait de transgresser les règles du 11, Jo faisait toujours comme si elle n'avait rien entendu. Henry se rappelait très bien de la manière dont elle avait fait peur à Lucas, quand il avait avoué être parti faire une biopsie du foie de Gloria Carlyle en faisant croire que le Dr Vaughn avait oublié son alliance dans le corps de la défunte. Alors qu'Henry s'était fait retirer l'affaire.

Jo s'installa de nouveau à côté d'Henry, le temps que Lucas fasse ses recherches. Il y avait quand même un petit côté d'être entouré de ces imbéciles. Elle adorait ces gars et elle ne changerait ça pour rien au monde.

Hanson ne cessait de les regarder et il était bien content que personne ne fût capable de lire ses pensées, car s'ils savaient à quoi il pensait à cet instant.

Plus les jours passaient, plus il voyait celle qu'il avait considérée longtemps comme sa petite sœur se rapprocher du mec le plus bizarre au monde et pourtant, lui aussi appréciait Henry et il savait qu'il n'y avait personne d'autre que lui qui pourrait rendre Jo heureuse et cela se voyait clairement sur son visage. En une année, Jo avait murie, évoluée et avait grandement repris goût à la vie. Jamais, il ne pourrait être autant reconnaissant à Henry d'avoir fait autant pour elle. Alors si tous les deux se mettaient en couple, il avait plutôt intérêt à aimer cette femme jusqu'au bout et ne pas la laisser échapper ou lui faire du mal, il n'était pas sûr d'être toujours clément envers le doc si jamais quelque chose tournait mal. Mais il avait espoir que tout irait bien pour ces deux idiots. Même Karen qui n'avait encore jamais rencontré Henry était persuadée que d'ici la fin de l'année (c'est-à-dire le mois de juin suivant), ils se mettraient en couple.

Ce fut les exclamations de Lucas qui tirèrent tout le monde de chaque pensée qu'ils avaient pu avoir.

- Laisse-moi deviner, tu as trouvé quelque chose ? – demanda Henry

- Yes ! Vous aviez tous vu juste. Claudia a effectivement travaillé dans le musée. Elle a quitté il y a six mois.

- Juste après le braquage – dirent Jo et Henry d'une seule et même voix

- Et juste après l'arrivée de Tammy, dans la troupe – ajouta Hanson

Ce qui était bizarre c'est que Claudia était là depuis longtemps. Jo dit tout haut ce qu'Henry pensait tout bas.

- Mais elle faisait déjà partie de la troupe, à moins qu'on ait raté quelque chose. Ils ne sont qu'à New York que depuis peu… Comment elle a pu travailler ici et être dans une troupe de spectacles en même temps ?

- Peut-être qu'elle est aussi arrivée il y a six mois ? – suggéra Lucas

Henry secoua la tête

- Non non ! On a vérifié avec les CV. Elle y était depuis le début.

Cela était tout de même assez curieux. Claudia avait-elle éventuellement une sœur jumelle qui aurait pu se faire passer pour elle ou vice versa ?

Hanson suggéra alors

- Peut-être qu'elle travaillait seulement à temps partiel ou des jours spécifiques et se rendant compte qu'elle ne pouvait pas constamment faire la route d'un bout à l'autre, elle a arrêté. Ou elle travaillait peut-être à distance, même si dans un musée ça me semble un peu gros.

Ils entendaient Lucas qui continuait de taper et cliquer un peu partout sur la fiche employée.

- Je pense que j'ai la réponse à cette question. Je viens de regarder ses horaires et aussi regarder ce qu'elle faisait pour le musée. Effectivement, elle travaillait à distance. Elle faisait le graphisme et elle gérait les réseaux sociaux du musée. Elle venait les week-ends pour travailler directement sur place, mais sinon elle le faisait toujours tout depuis chez elle, c'était stipulé dans son contrat à cause de son temps plein avec le spectacle. Elle a quitté il y a six mois puisqu'elle n'était plus capable de gérer le travail du musée qui à cette période de l'année était vraiment rempli et être actrice pour le show… C'est le motif qui est écrit dedans, mais ça ressemble plutôt à un départ précipité tout ça.

Ils ne savaient pas exactement à quel moment l'épée avait été volée. Henry demanda.

- À quelle date l'épée a été volée ? On le sait ou pas ?

Hanson fouilla rapidement dans son téléphone. Il avait noté ceci lorsqu'il était parti interroger le personnel, avec Lucas, quelques jours auparavant.

- Ça s'est passé le 12 mai.

- Et à quel moment Claudia a quitté ? – demanda Jo à Lucas

- Le 15 !

Jo et Henry se regardèrent. Il semblait qu'ils la tenaient. Il était évident qu'elle était derrière le vol de l'épée. Maintenant, restait à lui faire cracher le morceau et prouver si oui non elle était derrière le meurtre de Tammy.

Hanson regarda l'écran dans le vide et murmura

- Mais on ne peut pas s'en servir pour l'arrêter.

Jo le savait et ne fut pas surprise mais en revanche les deux autres tombèrent des nues

- Quoi ? – crièrent-ils en même temps

- Mais, on a toutes les informations recherchées – beugla Lucas

- Effectivement, mais…

Jo acheva

- On a obtenu tout ça illégalement ! Si jamais on l'arrête et qu'on lui dit de quelle manière on a eu tout ceci, elle va nous coller un procès aux fesses et le juge va être en sa faveur parce que nous n'étions pas dans nos droits. Nous, on le sait, mais maintenant c'est à nous d'aller la chercher et de lui faire cracher le morceau. On ne peut pas l'arrêter tout de suite.

Lucas fit une moue et s'appuya contre le dossier de la chaise en croisant des bras

- Ça, c'est vraiment nul !

C'était la triste loi du système judiciaire. Henry appuya ses coudes sur ses genoux.

- Mais Jo et moi devons toujours interroger Luke demain. On va voir s'il a des informations. Et demain soir, on va boire un verre avec la troupe…on va tenter de se rapprocher de Claudia pour lui soutirer plus que ce qu'elle ne veut avouer.

Le week-end allait être pas mal occupé, mais si cela finissait par ouvrir une brèche quelque part, alors il fallait tout prendre.

De plus, ils ignoraient comment cette sortie au bar allait tourner. Ils craignaient un peu. Claudia semblait avoir de nombreux plans en tête. Personne ne pouvait savoir ce de quoi elle était capable et malheureusement avec les entraînements, Henry n'avait pas le temps de se faire une idée.

- Au fait Lucas – demanda Jo, tant qu'elle y pensait – qu'est-ce que tu fais pour Thanksgiving ? Mike je te ne te demande pas, je sais que tu es avec ta famille

Il lui fit un signe de tête pour lui faire comprendre qu'il n'était pas offensé. Le jeune homme releva des yeux plein d'espoir, de son écran.

- Pourquoi ?

- Henry est tout seul, Abe ne sera pas là et ma mère m'a invitée pour le repas. J'ai demandé à Henry de venir s'il voulait et on a pensé à toi également. Donc, tu fais quelque chose ou pas ?

Lucas était grandement surpris de la demande. Il ne s'y attendait pas. Voilà, ils étaient tous en train de devenir une petite famille. Il sourit. Il appréciait le geste.

- C'est gentil Jo ! Mais effectivement, ma famille fait quelque chose et je suis invité. Et ça serait grave si jamais je ne me présentais pas. Ma mère pourrait me déshériter donc bon.

Ils rigolèrent. C'était bien Lucas pour dire de telles choses. Jo se sentit un peu bizarre à l'idée qu'Henry resterait avec eux et en plus, passerait sans doute la nuit chez elle, dans la maison où elle avait grandi.

Ils se levèrent tous en même temps et marchèrent jusqu'au parking.

- Vous n'allez pas chômer alors tous les deux demain ? – demanda Hanson, à ses collègues

- Non ! On n'a déjà l'impression de ne pas servir à grand-chose en ce moment – répondit Jo.

Henry avait également ce sentiment. Lucas se mit entre eux et les rassura.

- Mais non ! Au contraire, vous êtes carrément sur le lieu du crime alors il est normal que cela prenne un peu de temps, mais ce que vous faites là-bas finira par porter ses fruits. Et la preuve, c'est vous deux qui avez eu l'idée pour le musée et tout.

Jo le regarda d'un air sarcastique

- C'est vrai ! Mais l'histoire de piratage et tout le reste, c'était toi et on ne peut pas s'en servir de toute manière.

- Ça ne change rien au fait qu'on sait qu'elle a sans doute quelque chose à voir dans toute l'histoire et il ne faudra juste une petite erreur de sa part pour que ça se retourne contre elle.

Ils restèrent silencieux un petit moment avant qu'Hanson ne finisse pas taper dans ses mains.

- Lucas, tu veux que je te ramène ?

Tout le monde fut surpris du ton soudainement familier d'Hanson envers le jeune assistant, dont le sourire ne pouvait être plus évident

- Est-ce que vous venez sérieusement de me tutoyer ?

Il haussa des épaules

- Tout le monde le fait donc je vais m'y mettre aussi ! Tu viens ou pas ?

Lucas regarda Jo et Henry qui l'encouragèrent d'un signe de tête

- Okay ! Merci mon pote !

Hanson se disait qu'il allait sans doute regretter le fait de tutoyer le jeune homme, mais bon, il l'aimait bien quand même. Ils firent un signe de tête à Jo et Henry, qui restèrent interloqués.

- Quelle semaine – finit par soupirer Jo – et elle n'est pas encore finie. On a encore tellement de choses à faire demain.

- C'est vrai ! Mais vois le côté positif de la chose. On va sans doute avoir plus d'informations sur ce meurtre par rapport à ces derniers jours.

Jo lui donna raison

- Bon alors, je te ramène et demain, je te passe un coup de fil pour qu'on aille rendre visite à Luke. On n'est pas encore prêts de s'asseoir.