Merci merci de vos reviews, très ravie que ça vous plaise :). J'espère que ce chapitre vous plaira tout autant ;), surtout une bonne partie du début avant l'enquête. Erm, je n'en dis pas plus et je vous laisse découvrir. Bonne lecture

Légère référence à Diamonds are forever (1x13)


Jo avait prévenu sa mère qu'Henry passerait le weekend avec eux. Évidemment, cette dernière n'avait pas pu se contenir et hurler dans les oreilles de sa fille, en disant qu'elle espérait que cela aboutirait à quelque chose.

Cela avait fait soupiré la jeune fille qui en avait un peu assez que sa mère se prenne pour une diseuse de bonnes aventures. Enfin, un peu comme tout le monde.

Une fois garé devant la maison familiale où elle avait passé 20 ans de sa vie, Jo resta perplexe. Elle était très proche de sa mère mais elle devait reconnaitre qu'au mieux, elle préférait ne pas revenir dans le quartier. Parfois elle se demandait comment sa mère faisait pour rester dans un tel voisinage mais elle se rappelait que personne ne l'approchait et qu'ils n'étaient pas non plus dans le coin le plus craignos du quartier. Pas depuis que tout le monde savait que Jo était flic, que Victor était en prison et avait été leader d'un groupe et qu'Isabel ne laissait rien passer. Au moins, ils avaient la paix.

Henry jeta un coup d'œil à sa partenaire, en la voyant appuyée contre la voiture, presqu'hésitante.

- Est-ce que ça va ? – lui demanda-t-il

Jo cligna des yeux et regarda le légiste, en esquissant un sourire

- Oui ! Désolée ! Juste que, je ne reviens pas souvent par ici. Parfois j'aurais souhaité que ma mère déménage mais je suppose qu'elle a bien trop de fierté.

Henry pouffa

- Et je dirais que vu ce que tu m'as raconté et vu la dernière fois quand je l'ai vue, effectivement, elle n'aurait aucune raison de partir si personne ne lui cherche des noises.

Jo fit un signe de tête. Ils avancèrent et montèrent les marches du browstone. Jo se pinça fortement les lèvres

- Je te préviens ! Ma mère considère à nous marier une fois que tu auras franchi cette porte, donc fais abstraction de ces moments de folie… Elle peut être terrible quand elle veut.

Henry éclata de rire et lui frotta doucement le bras

- Ne t'en fais pas ! Je ne me laisserais pas distraire.

Jo avait prévenu Henry que sa sœur, son mari et ses enfants seraient là. Luis serait également de la partie, juste pour le diner, il devait retourner dans son établissement de cure par la suite.

Elle appuya doucement sur la poignée et cria en franchissant le vestibule

- Maman ! Je suis à la maison !

Elle entendit un grand bruit et elle grimaça. Elle allait encore se faire sauter dessus. Henry eut à peine le temps de prendre connaissance du hall que deux petites têtes brunes arrivèrent comme des fusées depuis une pièce qui devait être le salon et foncèrent vers Jo.

- Tatie Jo ! –crièrent-ils

La jeune femme dut laisser tomber ses sacs et se mettre accroupie avant de perdre l'équilibre et que deux enfants se ressemblant comme deux gouttes d'eau lui sautent dans les bras.

À la vue de tant d'amour, Henry regarda la scène tendrement.

- Salut mes chéris ! Il faudrait arrêter de grandir. Qu'est-ce que maman vous donne comme ça ?

Elle leur chatouilla chacun le ventre et Henry crut qu'il allait défaillir. Les deux petits riaient aux éclats.

La petite fille tendit ses bras quand Jo se releva

- Tu me potes ?

Son frère envahit son espace personnel et tendit ses bras également

- Non pote moi !

C'était le petit rituel dès que Jo voyait ses neveux. L'un comme l'autre voulait à tout prix être porté par leur tante. Elle leva les yeux au ciel et se rebaissa

- J'ai deux bras les enfants, allez, chacun s'accroche et personne ne tombe.

Ils s'exécutèrent et Jo se retourna vers Henry qui aurait eu sérieusement besoin d'un bavoir.

- Henry ! Je te présente Ana et Sacha. Les enfants de ma sœur. Comme je te le disais, ils ont 4 ans. Dites bonjour !

Les deux petits regardèrent Henry d'un air intimidé. Henry n'était pas surpris. Les enfants étaient toujours comme ça au premier abord.

- Jour' – répondirent-ils d'une toute petite voix

- Bonjour les enfants ! – répondit calmement et d'une voix paternelle qui semblait directement les mettre en confiance.

Henry voyait bien la ressemblance de famille. Ana et Sacha avaient tout de petits hispaniques. On ne pouvait pas s'y tromper. Ils avaient des cheveux un peu ondulés, il supposa que Clara devait les avoir ainsi ou bien son mari. Et juste quand il se fit la réflexion, une voix féminine raisonna depuis la cuisine, en les rejoignant dans le hall.

- Les enfants ! Je vous ai déjà dit de laisser respirer tatie Jo ! Vous abusez !

Jo déposa ses neveux quand sa sœur s'approcha et elles se firent un grand sourire.

- Hey ma petite sœur préférée ! Ça fait un bail ma chérie

- Salut Cla ! Oui ça fait longtemps ! Ça fait plaisir de te voir ! Tes petits monstres n'arrêtent pas de pousser

Clara semblait désespérée

- Eh oui ! Malheureusement. J'ai l'impression que c'était hier qu'ils venaient au monde.

Elles se firent une très longue étreinte. Henry les regarda en souriant. Il y avait une bonne complicité entre les deux sœurs et il pouvait le sentir. Il s'était trompé, Clara avait les cheveux droits et ils semblaient naturels. Les petites boucles provenaient sans nul doute du mari.

Jo se détacha de sa sœur et regarda Henry. En la voyant bien de face, Henry se rendit compte de la ressemblance entre les deux. Elles avaient toutes les deux la même taille mais les traits tellement similaires qu'il était impossible de dire qu'elles n'étaient pas de la même famille.

- Clara ! Je te présente Henry Morgan, mon légiste, on travaille ensemble depuis un an. Henry, voici ma grande sœur Clara.

Clara fit un énorme sourire. Apparemment, sa petite sœur lui avait beaucoup parlé de lui.

Ils se serrèrent la main

- Enchantée de vous rencontrer ! Bon sang, ma sœur a tellement bon goût.

Jo leva les yeux au ciel non sans rougir. Henry fit un petit sourire en coin.

- Laissez-moi deviner. Vous en connaissez plus sur moi que sur sa vie ?

Clara acquiesça. Jo leva les bras au ciel

- Oh ça va hein ! Henry, fais attention à tes chevilles !

Clara frotta le dos de sa sœur

- Je te charrie ! Ça fait bien longtemps, je n'en ai pas toujours l'occasion. En tout cas, bienvenue chez nous Henry, j'espère que vous allez passer un très bon weekend en compagnie de la folle famille Martinez.

Henry hocha poliment la tête

- J'en suis persuadé.

Clara regarda sa sœur d'un air sous-entendu. Elles n'avaient pas besoin de mots pour se comprendre. Jo préférait l'ignorer. Elle était sans doute de pair avec leur mère.

Les deux petits prirent chacun la main d'Henry et sans même qu'il ne puisse agir, l'entrainèrent dans le salon.

Clara retint un fou rire en voyant le visage de Jo tourner au rouge pivoine et s'imaginant sans doute leur future famille.

Elle donna un coup de coude à Jo

- Hey ! On dirait que ton Henry sait s'y prendre avec les enfants ! D'habitude il leur faut au moins quelques heures avant de se familiariser. Il a donc déjà leur bénédiction.

Jo soupira

- Ne commence pas !

Clara ne lâcha pas son sourire évident. Jo préféra changer de sujet

- Bon où est maman ? Je ne l'ai pas encore vu sauter sur Henry et m'étouffer au plus haut point.

- Elle revient dans un instant, elle est partie chercher la dinde à la boucherie.

Jo ne fit qu'un signe de tête. Elle n'avait pas encore amené Henry dans la chambre qu'elle avait partagé avec sa sœur pour qu'il dépose ses affaires. Il y avait un lit deux places et un lit une place qui avait été le sien. Clara avait décidé de changer de lit quand le sien devenait beaucoup trop serré à son gout. Celui de Jo avait un lit-tiroir et il était adapté à une taille adulte alors elle n'avait jamais fait la demande pour le changer. Henry prendrait le lit de sa sœur et elle reprendrait le sien, pour éviter toute confusion. Même si la pensée de partager la même chambre que lui, la fit grandement rougir.

Elle remarqua aussi que le mari de sa sœur n'était nulle part

- Et où est Julio ?

- Il travaille aujourd'hui ! Il nous rejoindra pour le dîner mais sera là tout le weekend également. Il a pris le shift d'un collègue aujourd'hui, exceptionnellement mais il a dit qu'il quitterait plus tôt pour nous rejoindre. Et Luis devrait arriver en même temps que lui puisque Julio s'est proposé pour aller le chercher. S'il n'oublie pas.

Cela réchauffa le cœur de Jo. Elle était bien contente de voir que les choses allaient désormais dans le bon sens dans sa famille. Les filles rejoignirent Henry au salon, qui était déjà attaqué par les deux petites têtes brunes qui tentaient de lui faire construire des lego.

En voyant les figures féminines, il leur dit

- Vos enfants sont très énergiques, Clara ! Et très développés pour leur âge.

Clara remarqua le côté observateur d'Henry. Elle sourit

- Oui ils le sont ! Je les ai aussi un peu recadrés. Ils se tiennent mieux qu'avant. Je n'ai pas le sang de ma mère qui coule dans mes veines pour rien.

Cela amusa vraiment Henry. Jo devait être la seule qui avait un tempérament plus calme mais il ne fallait vraiment pas la chercher.

Henry pensa que le fait que Clara était professeur devait aider à garder des enfants dans un chemin droit.

Jo regarda Henry

- Au fait ! Je vais te faire une visite guidée ! Ce n'est pas très poli de ma part. Amène ton sac, tu vas le déposer dans notre chambre.

Henry se leva après avoir donné une petite caresse sur la tête des enfants ce qui fit rater un battement de cœur à Jo.

Clara regarda sa sœur quitter le living room, et ne put s'empêcher de sourire bêtement. Elle aurait une surprise de taille à l'étage.

Quand le couple traversa le couloir, Isabel rentrait au même moment et Jo jura voir le visage de génitrice s'illuminer comme un sapin de Noël, en voyant Henry.

- Oh ! Vous êtes déjà là tous les deux ! Je suis tellement contente de vous revoir.

Comme Jo l'avait prédit, Isabel laissa tomber ses sacs et se jeta dans les bras d'Henry qui manqua de perdre l'équilibre devant tant d'amour. Jo crut qu'elle allait étrangler sa mère.

- Siempre tan hermoso (toujours aussi beau)

Jo soupira mais ce commentaire amusa particulièrement Henry. Jo dut détacher sa mère des bras d'Henry avant qu'elle ne finisse par l'asphyxier.

- Bon, maman ! C'est bon là ! Tu vas finir par le faire fuir. Il faut apprendre à te contrôler.

Elle accepta mais regarda sa fille et lui pinça les joues, ce qui eut le don de l'agacer. Elle n'avait plus cinq ans. Sa mère semblait oublier qu'elle était une grande adulte qui n'avait pas besoin de protection de qui plus est.

- Si tu savais comme j'étais contente quand tu m'as dit qu'Henry viendrait passer le weekend de Thanksgiving avec nous.

Jo pouvait difficilement dire qu'elle ne s'en était pas aperçue. Sa mère ne ferait jamais dans la discrétion.

- Oui bon ! Je n'allais pas le laisser tout seul quand même ! Bref ! J'allais monter pour lui montrer un peu le reste de la maison et notre chambre

Isabel réprima un sourire.

- Oh ! Eh bien, je vais mettre la dinde à cuire et je vous laisse faire votre tour.

Jo secoua la tête et fit signe à Henry de la suivre. Isabel les regarda disparaitre dans les escaliers et Clara la rejoignit, en croisant ses bras

- Tu comptes lui dire quand ?

- Attends un peu qu'elle arrive en haut ! Elle va hurler et moi je vais bien rigoler.

Clara trouvait sa mère incroyable. Un peu mesquine sur les bords mais elle oubliait parfois que sa jeune fille était flic et que par moment, il ne valait mieux pas la froisser.

Mais elle ne put s'empêcher de rire

- Franchement, je suis fière que tu sois ma mère.

Isabel ne put s'empêcher de faire un petit sourire en coin. Elle ferait toujours tout pour encourager ses enfants à aller de l'avant, dans leur vie et leur carrière.

Jo faisait la visite guidée à Henry. Le rez de chaussée n'avait que les pièces principales comme la cuisine et le salon. L'étage avait une salle de bain, de taille moyenne, une baignoire avec un rideau et tout le nécessaire de toilette. Elle précisa qu'il y en avait également une toute petite en bas, qui avait été rajoutée par la suite car avec trois enfants et deux adultes, cela devenait un peu compliqué de partager la même, surtout quand les deux filles commençaient leur puberté. Jo n'avait jamais été trop ce genre de fille mais Clara avait passé des heures à se faire jolie pendant son adolescence, au plus grand dam de Luis et d'Isabel.

L'étage était plutôt dans un style rustique. Il n'était pas très grand et les pièces étaient assez rapprochées les unes des autres, sans pour autant perturber les activités de chacun.

Elle montra la chambre que sa mère occupait. Bien rangé, bien plié et dans un style purement hispanique. Jo se sentait mal d'être aussi bordélique quand elle voyait à quel point sa mère était un peu maniaque de ce côté-ci. Combien de fois elle s'était fait disputé dans son enfance pour ranger ses affaires et ses vêtements qui trainaient partout dans la chambre. Il n'y avait que trois chambres, celle de Luis et celle des filles.

- Notre chambre est juste en face de celle de ma mère ! On rentre, tu déposes tes affaires et je te montre la chambre de Luis et après tu pourras te déplacer dans cette maison comme si tu y avais toujours vécu.

Henry se sentit toute chose de savoir que la jeune femme l'invitait dans l'antre qui avait bercé son enfance.

- En tout cas, jusqu'à présent j'aime beaucoup le style de la maison. Il reflète bien vos racines espagnoles à tous.

Jo se sentit un peu rougir

- Oui ! Ma mère est très carrée là-dessus. Je suppose que ça ne s'entend plus trop mais avec son accent, j'imagine que tu as été capable de dire qu'elle était originaire de Mexico ?

Henry acquiesça. Il l'avait de suite entendue. Surtout lorsqu'elle se mettait à parler espagnol. Il n'y avait eu aucun doute possible.

- Donc même si ce n'est pas la meilleure ville ou le meilleur pays, ma mère tient beaucoup à son héritage hispanique et elle nous le transmet au mieux. Je respecte ça. Je ne pratique pas beaucoup l'espagnol mais comme tu le sais, je suis bilingue, si je veux, je peux le parler. Mais je suis fière de faire partie de cette communauté.

Henry la regarda toujours avec cette tendresse qu'on ne parvenait pas à lui enlever.

- Tu as bien raison ! En plus, je trouve que tes traits hispaniques, c'est ce qui fait ton charme.

Le commentaire ne put être retenue par Jo

- Tout comme toi et ton accent qui fait absolument tout ce charme Britannique…

Ils se regardèrent longuement se rendant compte du compliment assez évident qu'ils venaient de se faire.

Ils se sourirent. Peut-être que sa mère avait raison. Peut-être que ce weekend allait apporter un nouveau tournant dans leur relation, plutôt ambiguë, c'était le cas de le dire.

Jo poussa la porte de sa chambre et resta bouche bée face à ce qu'elle voyait. Henry restait planté derrière elle et remarqua bien que quelque chose n'allait pas.

- Qu'est ce qui se passe ?

- Il n'y a qu'un lit ! – dit-elle simplement.

Henry ne comprit pas

- Et ce n'était pas le cas ?

Jo secoua la tête

- Pas du tout ! Ça c'est le lit de Clara. Le lit dans lequel tu es supposé dormir et moi, j'avais mon lit d'ado qui était à côté de la fenêtre.

Elle pointa la fenêtre en question qui avait le coin vraiment bien dégagé. Le lit de Clara avait été poussé plus vers le milieu. Jo rentra dans la chambre et indiqua à Henry de déposer son sac sur la petite banquette vers l'autre fenêtre. Elle réfléchit un instant et ravala sa salive.

- Je vais la tuer ! – marmonna-t-elle entre ses dents – MAMAN !

Henry en sursauta. Il n'avait pas l'habitude d'entendre Jo hurler de la sorte.

Isabel qui était dans la cuisine avec Clara, échangea un regard complice avec cette dernière.

Clara la prévint

- Si tu n'étais pas notre mère, je crois que Jo t'aurait déjà tiré une balle, rien qu'à l'intonation avec laquelle elle vient de t'appeler.

Isabel essuya ses mains et ne lâcha pas son petit sourire

- Je suis certaine qu'elle finira par me remercier plus tard.

Isabel rejoignit sa fille à l'étage, en prenant un air parfaitement innocent

- Oui ma chérie ?

Jo pointa la chambre

- C'est quoi ça ?

Henry se faisait tout petit, assis sur la banquette, essayant de ne pas rire

- Un lit apparemment – sa mère était littéralement en train de se foutre d'elle et elle sentait qu'elle allait péter une durite, d'une minute à l'autre.

- Merci de l'éclaircissement ! Mais ce n'est pas ce que je veux dire ! Où est mon lit ? Ça c'est le lit de Clara. Le mien était à droite et la taille n'est pas un problème, il était adapté pour moi. Alors où est-il ?

Jo sut que sa mère avait tout organisé pour faire en sorte qu'elle soit dans le même lit qu'Henry.

Elle allait lui payer ça un jour.

- Eh bien, je te signale que ce weekend, la maison est pleine. Ta sœur reste là avec les enfants et Julio donc ils vont prendre la chambre de Luis mais je n'ai pas de matelas supplémentaire. Ana et Sacha ont beaucoup trop grandi pour utiliser le matelas de transition que je leur prêtais quand ils passaient des weekends ici. Alors, comme ton lit a un lit tiroir… Je l'ai déplacé dans la chambre de Luis pour qu'ils dorment avec leurs parents. Sachant qu'Henry est là et toi aussi, il fallait bien trouver un compromis.

Jo croisa ses bras.

- Et naturellement le compromis a été de faire en sorte qu'Henry et moi, on soit dans le même lit ?

Isabel haussa des épaules

- Il y a des choix difficiles à faire ma fille.

- Tu parles ouais ! Je te jure, si je n'étais pas ta fille, mon arme n'aurait pas servie que de déco.

Isabel ne pouvait lâcher son petit sourire en coin. Henry se leva pour tenter d'aider sa collègue.

- Euh Jo, si tu ça peut te faire sentir mieux et moins t'embarrasser… Je... Je peux dormir dans le canapé. Ça ne me dérange pas.

Isabel se disait que cet homme était bien trop gentleman et sa fille si têtue, qu'elle pourrait accepter. Elle ne pourrait pas dire, qu'elle ne les aidait pas.

Jo en oubliait presque que ce n'était pas très poli de réagir comme elle le faisait. Même si plus personne n'était capable de distinguer la couleur de son visage avec le haut de sa mère, elle parvint à articuler deux trois mots.

- Euh non… Henry, ce canapé n'est pas assez confortable pour dormir dedans. Une sieste ok mais en plus, tu es trop grand, tes pieds vont dépasser, tu vas devoir te replier et te réveiller avec un tour de rein, donc non, laisse tomber. Tu es l'invité. Et puis le lit de Clara est assez grand… On va faire ce compromis.

Henry n'insista pas. Il fallait dire que l'idée de dormir avec la détective ne la dérangeait pas plus que ça.

Jo en voyant le petit sourire satisfait sur les lèvres de sa mère, en profita donc

- De toute façon, on a déjà partagé un lit donc une de plus ou de moins.

Elle attendit la réaction de sa mère qui ne tarda pas et elle ouvrit grand la bouche

- Quoi ?

Jo repoussa sa mère dehors

- Allez, vas faire ta dinde. Je vais aider Henry à s'installer !

Elle ferma la porte dans le visage de sa mère qui resta blême. Elle pensait que sa fille lui avait tout dit mais apparemment elle avait omis deux trois détails.

En se retournant, Jo laissa échapper un soupir. Sa mère était une vraie calamité.

Henry la rejoignit sur le bord du lit et lui demanda

- Tu comptes lui dire que c'était pour une affaire ? Qu'on avait des masques à gaz et qu'il ne pouvait rien se passer ?

Jo secoua la tête

- Absolument pas ! Elle croit que je lui dis tout à notre sujet donc je vais la laisser à ses illusions. Éventuellement, je lui dirais à la fin du weekend.

Henry leva le doigt en attention. Ceci était un peu diabolique de la part de la jeune détective. Malin mais diabolique. Et pourtant, il adorait ça.

Après avoir aidé Henry à ranger un peu ses affaires sur l'étagère qu'elle avait jadis partagé avec Clara, ils retrouvèrent tout le monde dans le salon. Isabel était encore sous le choc de ce que sa fille lui avait dit et cette dernière était bien contente d'avoir enfin réussi à lui emboucher un coin. Peut-être les laisserait-elle un peu en paix pour le court séjour d'Henry chez eux. Mais rien n'était sûr. Une fois qu'elle aurait digéré, elle recommencerait son cinéma encore une fois.

En voyant Jo arrivée dans le salon, Clara se leva, en laissant le loisir à Henry de s'installer pour discuter avec Isabel et regarder les enfants qui continuaient de jouer aux lego.

Elle attrapa Jo par le bras et l'entraina dans le hall, là où on entendait beaucoup moins les conversations.

- OMG Jo ! Maman m'a dit que toi et Henry aviez déjà partagé le même lit. Si tu avais vu sa tête. Tu es une petite cachotière.

Jo la regarda d'un air sarcastique

- J'ai dit ça pour la faire taire et me venger un peu de ce qu'elle m'a fait, sans me prévenir. On a déjà partagé un lit mais dans le cadre d'une affaire. C'était l'idée d'Henry et on portait des masques à gaz, pour mesurer le taux dans l'appartement, qui avait tué une de nos victimes. Avec notre accoutrement, crois-moi, que rien n'aurait pu arriver et on n'a pas spécialement trainé sur la scène de crime… Même si je reconnais que ce moment a été assez spécial mais sinon, c'est tout. En dehors de ça, Henry et moi, on n'a pas dormi à proprement parler dans le même lit.

Elle ne préféra pas faire référence à cette fois où elle s'était endormie dans ses bras, dans le bureau de Gates, pendant l'affaire du petit Jeff ou l'année précédente, dans son canapé à regarder les photos de Sean.

Clara semblait un peu déçue également. Avec la façon dont Jo parlait constamment d'Henry depuis un an, elle aurait pensé qu'ils étaient à un tout autre niveau. Mais elle avait bien remarqué l'attirance entre eux, ni l'un ni l'autre ne pouvait vraiment le cacher.

Sa grande sœur haussa des épaules

- Bon dommage ! Mais bon, ce petit partage de lit, aura sans doute l'occasion de vous rapprocher.

Clara lui fit un clin d'œil. Jo secoua la tête et fronça des sourcils

- Attends une seconde ! Cla, ne me dis pas que tu étais de mèche avec maman ?

Clara mordilla sa lèvre inférieure. Jo soupira

- T'es sérieuse là ? Tu vas pas t'y mettre non plus.

Clara leva les bras au ciel

- En même temps, pour ma défense j'ai deux enfants et Julio et moi on ne veut pas qu'ils dorment avec nous parce qu'ils prennent une sale habitude après. Ils peuvent venir plus tard dans la nuit mais ces histoires de parents qui dorment avec leurs enfants pendant toutes les vacances ou tout le weekend, je t'assure que tu ne peux pas les faire retourner dans leur lit par la suite donc, excuse-moi petite sœur mais j'avais besoin de ton lit sinon, personne n'allait pouvoir dormir.

Jo savait qu'élever des jumeaux n'était pas toujours une mince affaire pour Clara mais elle avait toujours été admirative de voir avec quel courage, elle était parvenue à les dresser et ne pas se laisser influencer par d'autres enfants à la garderie ou autre. Il était vrai qu'à côté de beaucoup de leur âge, Ana et Sacha étaient non seulement plus développés mais beaucoup plus obéissants et calmes. Et Isabel ne leur faisait pas de cadeaux non plus. De la même façon qu'elle avait élevé ses enfants. Et elle avait répété plusieurs fois à Clara mais surtout à son gendre, qu'il avait plutôt intérêt à faire attention à ce que Sacha ne prenne pas une mauvaise pente et mette n'importe qui enceinte ou refuse d'aller à l'école et d'avoir un meilleur avenir, il en était de même pour Ana. Julio aimait plaisanter avec le fait qu'il disait qu'ils n'étaient encore que des bébés et qu'ils avaient le temps de grandir mais Isabel lui avait rappelé que le temps passait très vite et qu'ils allaient sans doute quitter la maison avant qu'il ne le sache. Cela avait toujours un effet silence complet.

Jo capitula

- Okay ! De toute façon, on n'a pas tellement le choix. Et puis, bon, ce n'est jamais qu'un lit. Henry et moi avons été mariés dans le passé, alors ce n'est pas dormir avec quelqu'un qui va nous faire peur.

Clara fronça des sourcils

- Henry a été marié ?

Jo acquiesça

- Oui ! Je ne sais pas exactement ce qui est advenue de son ex. Ils sont séparés depuis longtemps d'après ce que je sais mais je t'avoue, que je ne lui force pas trop la main pour qu'il m'en parle. C'est son choix. Tout comme moi, je ne parle pas vraiment de Sean avec lui. Il en sait suffisamment, plus que vous en savez d'ailleurs mais c'est tout.

Clara pencha sa tête sur le côté. Cela était sans doute une mimique chez les sœurs Martinez. Elle savait à quel point perdre Sean avait été terrible pour Jo, qui s'était toujours blâmé pour la mort de ce dernier, avec la manière dont les choses s'étaient terminées entre eux. Clara connaissait une partie de l'histoire que Jo avait déjà raconté à Henry l'an passé mais pas autant que lui.

Clara serra rapidement sa sœur dans ses bras.

- Je sais à quel point c'était difficile pour toi mais rien qu'à voir Henry, c'est clairement un bon gars. Et franchement tu as l'air bien plus épanouie que la dernière fois que je t'ai vue.

Jo sourit. Elle ne pouvait pas dire qu'avoir Henry dans sa vie, ne lui avait pas fait du bien.

Clara regarda longuement sa sœur. Elle l'adorait. Elle était devenue une femme forte et ne s'était jamais laissée intimidée par les horreurs que Victor avait pu commettre.

- Ma petite sœur chérie qui est devenue aussi grande que moi. Franchement tu sais si tu as un coup de mou, tu pourras toujours compter sur moi et si Henry n'est pas à la hauteur, je lui botterais le train arrière moi-même.

Jo rigola et donna une tape à sa sœur

- Maman est déjà sur lui. Le pauvre, il ne faut pas le traumatiser. Allons les rejoindre.

Luis ne tarda pas à arriver avec Julio, le mari de Clara. Leur entrée fut particulièrement appréciée et remarquée. Ana et Sacha coururent sur leur père pour lui faire un câlin mais ne tardèrent pas à retourner regarder leurs dessins animés. Julio était évidemment, comme son nom l'indiquait, un homme avec des allures assez hispaniques. Il avait des cheveux particulièrement bouclés, ce qui expliquait ceux de ses enfants. Il avait un teint plutôt mâte à côté de la famille Martinez et des yeux vert clair. Maintenant Henry comprenait d'où les jumeaux tenaient ces gênes. Ils en feraient sans doute tourner des têtes plus tard.

Luis fut ravi de revoir sa petite sœur et Henry, ils se saluèrent par une bonne poignée de main et il serra Jo dans ses bras.

Julio se présenta à Henry et Clara expliqua qu'ils s'étaient rencontré dans un cours de géographie à l'université et qu'ils ne s'étaient jamais lâché depuis.

Henry apprit qu'ils étaient mariés depuis environ six ans mais qu'ils étaient ensemble depuis au moins douze ans.

Après avoir bien discuté, pris un apéritif, ils prirent place autour de la table, bien garnie, bien présentée. La bonne odeur de pommes de terre et de dinde était particulièrement alléchante. Jo adorait la cuisine de sa mère. Elle n'avait pas hérité de grand-chose de son côté, à son plus grand regret. Elle se souvenait lors des grands dîners de famille, qu'elle restait assise au bar de la cuisine, à regarder sa mère pendant des heures. Elle mettait toujours beaucoup d'amour dans ses repas et ce malgré la cassure qu'il y avait eu, toute ces années.

La discussion commença tout d'abord sur le rétablissement de Luis.

- Alors Luis, dis-nous – commença Isabel – comment ça se passe au centre ?

Il mâcha sa bouchée machinalement en prenant une gorgée de vin, mais avec modération

- Ça se passe très bien ! Apparemment, mon cas est très encourageant et ils disent que d'ici l'été prochain, je devrais être apte à pouvoir retrouver une vie normale.

Jo sourit. Son frère avait juste eu besoin d'un petit redressement. Mais elle suspectait que le fait qu'il savait qu'il était temps qu'il ait un vrai rôle de père, avait changé son point de vue.

Elle y fit d'ailleurs allusion

- Et comment va Tony ? Je suppose que depuis la dernière fois, vous êtes en contact ?

Il acquiesça. Tout le monde autour de la table était désormais au courant de l'histoire concernant Tony et tout ce qui s'était passé entre temps.

- Il vient me rendre visite assez souvent. Il est content qu'on ait pu se retrouver et il pense toujours à dire qu'il faut qu'il te remercie pour ça, Jo.

Jo haussa des épaules

- Je n'ai pas fait grand-chose. C'est un peu le hasard qui nous amené vers lui.

Luis la trouvait trop modeste et Henry était aussi de cet avis

- Tu as fait plus que moi en tant que grand frère je n'ai jamais fait. En tout cas, on s'entend bien lui et moi, et je remarque quand même qu'il est bien mon fils à sa façon de se tenir et d'avoir certaines mimiques que moi j'avais à son âge. C'est un bon garçon et il le restera sans doute. Il a vraiment eu une très bonne famille ces 20 dernières années.

Chacun fut ravi d'entendre ceci. Un peu de bonheur et de positivisme dans ce monde de brutes ne faisait pas de mal.

Jo et Henry eurent donc l'occasion de parler un peu plus des dernières affaires et du fait que la dernière avait été assez folklo mais sans préciser la nature de celle-ci.

Julio demanda alors aux deux jeunes gens

- Donc tous les deux ça fait un an que vous travaillez ensemble et que vous êtes partenaires ?

Jo et Henry acquiescèrent et Henry se permit

- C'était un lundi comme on en connait et Jo a débarquée dans ma morgue à la recherche d'une cause de décés et depuis, apparemment nos chemins n'ont jamais pu se séparer.

Jo baissa les yeux, incapable de cacher sa gêne. Tout le monde les trouvait adorables. Julio n'était pas encore au courant que les deux n'étaient que partenaires de travail et mit les pieds dans le plat

- Clara et moi on s'est connu à l'université comme je vous l'ai dit mais se rencontrer sur son lieu de travail et vivre une histoire, c'est assez banal mais je trouve ça vraiment cool. En plus légiste et détective, je trouve que vous vous complétez parfaitement bien.

Jo regarda sa mère qui préféra s'occuper de son plat. Il faudrait qu'elle arrête de les caser sans leur consentement. Henry était à demi en train de s'étrangler avec sa cuisse de dinde que Luis qui était d'un côté, dut lui tapoter le dos.

- Euh… Ça aurait pu être vrai et je ne sais pas que ce que maman t'as dit mais Henry et moi, on n'est pas en couple.

Isabel haussa un sourcil

- Mais vous avez déjà partagé un lit ?

Tous les regards se tournèrent vers eux. Ils n'avaient jamais été le centre d'attention de tout le monde que depuis leur mission sous couverture. Ils se regardèrent essayant de chercher de l'aide dans les yeux de l'autre mais ce fut Clara qui eut la bonté de s'en charger

- Bon arrêtez de les embêter ! On est là pour manger, alors mangeons

Isabel se tapa dans les mains

- Tu as raison ma fille ! Et joyeuse Thanksgiving tout le monde.

Henry se racla la gorge

- Avant qu'on continue notre repas, je voudrais porter un toast.

Ils levèrent tous leurs verres et leurs mains se rejoignirent au milieu de la table.

- Je voudrais remercier Jo de m'avoir invité à passer ce weekend en compagnie de votre petite famille et merci à vous Isabel pour ce repas déjà délicieux. Je suis content de connaitre un peu plus du côté de la famille de Jo.

Il fit un clin d'œil à la jeune femme qui se laissa complètement fondre, tellement elle était énamourée.

Ils trinquèrent tous avec joie et purent continuer ce petit repas consistant dans la bonne humeur.


Author's note: vous pouvez pas à savoir à quel point j'ai trippé d'écrire toute la partie chez les Martinez ;), vous vous en rendrez bien compte