Yo !

Me revoilà pour un nouveau bonus ! Félicitations à tous ceux qui ont devinés qu'on aurait le POV des enfants du trio Ino-Shika-Cho ! xD

Eh oui, parler des parents aurait pu être bien... Mais on aurait surtout parlé de politique. Parlé de Tsunami, puisque c'est elle qui interagit avec eux (elle a ix ans de moins qu'eux, elle n'est pas de leur génération, mais elle est dans le même cercle, à présent !). Avec les enfants, j'ai plus de recul. Beaucoup plus de recul ! Tellement de recul, et des POV tellement innocents parfois ! Ma Bêta a adoré x) Reste à voir si ça vous plaira à vous aussi x)

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Quoi de neuf ?

Je voudrais bien vous parler du boulot (pression, dossiers, blablabla) mais tristement j'ai atteint les limites de ce que je peux vous dire, au niveau du secret professionnel. La dernière tuile qui est tombée sur l'étude, ou plus précisément sur la patronne, est un GROS TRUC. Une sanction administrative. Dont je ne peux pas parler. Ca va peut-être faire fermer la boutique. Je n'ai même pas le cœur à blâmer la patronne, même si elle aurait du le voir venir. Elle était tellement écroulée en réalisant ce qui arrivait. Elle a convoquée tous les employées (c'est à dire moi, ma collègue clerc, ma collègue secrétaire, et ma collègue comptable) pour nous le dire, et à la fin elle a littéralement û sortir de la pièce parce qu'elle était au bord de fondre en larmes.

Bref. Moi, personnellement, je suis protégée de ce désastre : ma responsabilité n'est pas mise en jeu, mon emploi est relativement assuré. Mais l'étude, dans son ensemble, va en prendre un sacré coup. Dossiers en moins, rendez-vous repoussés, clients furieux, je vois tout ça d'ici.

Sans compter que les ennemis du boss (deux notaires concurrents qu'elle déteste) ont déjà appris la nouvelle, et qu'ils vont peut-être profiter de ce... bouleversement... pour s'approprier l'étude. Et ok, peut-être que ça ne sera pas si grave. Mais bon, je n'ai jamais rien entendu de bien sur ces deux notaires-là, alors quitte à choisir je préfère garder ma boss désorganisée et ses coups de gueule !

Passons.

Pour parler de trucs encore plus déprimants : que préparez-vous pour les fêtes ? xD Ma famille était supposée faire une graaande réunion, et puis finalement a un cousin qui a perdu ses beaux-parents, un autre dont la femme est malade, bref, je sens que ça va tomber à l'eau. Et pour le Nouvel An, j'ai toujours pas de projet. Je réfléchis à éventuellement inviter quelques amis de la Salle Sur Demande (et si vous lisez ça, membres de la SSD : oui je penses à vous !) mais entre le confinement, la distance, et le fait que je vis dans un trou paumé, ça ne sera pas facile... Enfin bref. On verra bien x)

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Et passons aux réponses aux reviews !

Salut B-8 ! J'essaie de répondre au max de review à chaque fois, ne t'en fais pas =) Contente de t'avoir fait plaisir en tous les cas ! Pour ce qui est du bonus, tu as vu juste : en effet les médics combattants ne courent pas les rues. La plupart choisissent une voie ou l'autre, mais pas les deux. Par exemple dans le canon Ino sait soigner mais est davantage une kunoichi qu'une médic. Même chose, dans cette fic, pour Tsunami : elle connaît le Jutsu de la Paume Mystique mais elle est avant tout un bulldozer xD A l'inverse de ce spectre, on a Hakui dans le canon (un perso très secondaire, dont j'ai fait la coéquipière d'Izumi dans cette fic). Bref, trouver le parfait équilibre entre les deux, pour metre à profit ses compétences de médic dans le combat... C'est super-rare. Tsunade, Sakura, Kabuto, éventuellement Shizune. Mais il y a tellement de potentiel pour faire un super-assassin ! Surtout si on rajoute les genjutsu et les poisons dans le mix, mwahahaha. Bref, la petite Izumi promet d'être badass. Sinon oui pour les Hyuga les mariages arrangés sont systématiques. Dans le canon je pense qu'Hinata a été la SEULE à se marier par amour, parce que Hiashi pouvait difficilement dire "non" à NARUTO LE SAUVEUR DU MONDE, ah ah ah x) Et pour les contrats d'Invocation, on n'a pas fini de les voir ! Tsunami a dit "quand vous serait Chuunins", mais il y aura au moins un des gamins qui en aura un dès qu'il passera Genins. Et ce n'est pas Karin x)

Coucou Sam est classe ! Ah ah, comparés à sa fratrie plus... flamboyante (Hikari est adorable mais c'est une boule d'énergie et un grand farceur : Sasuke est sombre et mystérieux mais il a certain charisme : et Tsunami est... Bah, Tsunami quoi), Izumi se fond plus dans le décor. Le fait qu'elle n'ai pas vraiment de passion pour la carrière de ninja, ça n'aide pas. Mais il ne faut pas la sous-estimer pour autant ! Izumi est une Uchiha. Passionnée, intense, douée, déterminée. J'ai bien aimé écrire son POV du coup x) Et comme tu l'as remarqué, c'était l'occasion de donner son POV sur l'ambition de Tsunami ! Bah oui, sa grande soeur parait tellement ambitieuse, quand on ne sait pas qu'elle est poussée en avant par la peur du massacre x) Mais maintenant le massacre et passée... Mais l'habitude d'être ambitieuse, l'impulsion en avant... C'ets resté. Tsunami s'est construit autour de ça, c'est une part fondamentale d'elle-même. Alors même après le massacre, elle reste ambitieuse...

Cette virulence Naptis ! C'est très cool les chouettes. C'est le rapace le plus silencieux en vol, le plus agile et maniable dans les airs, et un des plus aisément apprivoisé. Une vraie machne à tuée envolopée dans un nuage de plumes toutes douces. Tout à fait l'Invocation qu'il fallait à Izumi xD Et perso, je crois que les faucons vont bien à Sasuke, alors... Je les lui laisse ! Sinon, nope, Hanzo n'a rien à voir avec les Uchiha. Tu n'as pas lu ma note de fin ? Le contrat des salamandres a mauvaise réputation parce que les salamandres contractent avec n'importe qui et ne considèrent pas du tout que les Uchiha on un droit d'exclusivité parce qu'ils ont un exemplaire du contrat. Et donc... On a des Salamandres à Ame, ou ailleurs... x)

Hello Mokanimeka ! Tu aimes les chouettes ? C'est vrai que c'est assez cool comme animal. Et ça va bien à Izui ! Tu l'as vu, le canon change petit à petit. Ah là là, le tome 2 ne ressemble plus que vaguement à l'intrigue canon du manga... Tout est différent, à présent ! Bref, pour le Trio Ina-Shika-Cho... Perdu, ça ne sont pas les parents qui vont faire la narration x) Mais je te laisse découvrir par toi-même le chapitre...

Yo Klonoa ! Yep, les patrons sont bizarres. Mais bon, j'ai eu mon augmentation... Je ne râle pas. Et pourtant, j'aurais bien le droit ! xD M'enfin, passons. Parlons plutôt d'Izumi ! Ouiiii, elle a utilisé le traumatisme de l'attaque d'Itachi pour devenir plus forte et plus déterminée, et ça lui va bien =) Pour ce qui est du trio Ino-Shika-Cho, tu as mis dans le mille ! En effet, ce sont les mômes... Et Shikamaru va en effet avoir découvert quelques magouilles de Tsunami... Et va en tirer les conséquences.

Coucou Sleepy Cocombre ! Izumi est quelqu'un d'assez discret. Mais du coup, je crois que tous les introvertis vont beaucoup s'identifier à elle. Tous les gens qui se sentent un peu dépassé, qui font de leur mieux mais qui se sentent dans l'ombre des gens/histoires/évènements plus impressionants... Et après tout, c'est bien normal. Tsunami est ma SI, mais je cris qu'en termes de personnalité dans le monde réel, je suis plus proche d'Izumi... Elle est la plus normale de la bande !

Courage liamireldib-b ! Cette période est complètement folle. Mais ça passera... Enfin j'espère. Mais bref. Pauvre Neji, il va être déçu de ne pas être dans l'équipe de Karin. Mais je pense qu'il le voit venir x) J'en parlerai plus dans un autre bonus... Enfin, tu verras x) Pour ce qui est de la petite Kinako, d'une certaine façon Tsunami est soulagée de ne pas avoir à l'élever. Elle a déjà partiellement élevé Hikari, et même avec l'aide de sa mère et de tous ses amis, elle se sentait dépassé. Tsunami préfère les gosses quand ils sont assez âgés pour avoir des discussions intelligentes, merci bien ! Pour Izumi, je suis contente que son omake t'ai plu, je me suis bien amusée à l'écire. Et oui, les chouettes effraies "démoniaques", c'est du vrai folklore ! Ca vient du fait que les chouettes effraies ont un cri aigu, long, le genre de truc qui semblerait sortir de la gorge d'une goule dans un film d'horreur. C'est absolument terrifiant quand tu l'entend alors que tu traverse une forêt la nuit. On dirait un cri d'enfant-zombie. BREF. En revanche les chouettes hulottes sont apparemment un symbole de chance, d'après wikipedia. Bon, on s'en fout, en fait xD

Yo Leen Hogwarts ! Ah ah, honnêtement je ne sais pas si le Itachi/Izumi a des chances d'arriver mais on y croit ! Non franchement, mais personnages font tellement ce qu'ils veulent que je ne fais aucune promesse x) Bref ! Oui, si quelqu'un avait les corbeaux, ça pourrait permettre de pister Itachi. Mais ce n'est pas garantie. regarde, Anko a des serpents et personne ne s'en est servi (ou probablement : n'a réussi à s'en servir) pour pister Orochimaru ! Sinon, mwahahaha, tu as faux pour le trio Ino-Shika-Cho !

Salut Kuro No Kage ! Contente que ça t'ai plu x) Effectivement le POV des enfants comme des adultes (l'un innocent, avec beaucoup de recul, mais l'autre plus focalisé sur les détails au lieu d'avoir l'ensemble global) pourrait être intéressant. Mais il a bien fallu choisir x) Bref, j'espère que les bonus suivant te donneront ta dose de dopamine !

Hey Yuedra ! Merci, merci x) En tous les cas bravo, tu devines les plot-twists façon Sherlock Holmes, c'est impressionnant ! Bref ! Dango Uchiha, ça serai lourd à porter xDDD D'un autre côté, effectivement plein de persos ont des noms pourris, alors un de plus, un de moins... Mais bon, à côté de "Lumière", "Fontaine" et "Raz-de-marée", le gamin qui s'appelle "Pâtisserie", il risque de faire un complexe xDDD Sinon la première personne qui va dire à Tsunami qu'elle ferait un bon Hokage, bah du coup c'est Hiruzen, mais la seconde va être quelqu'un de complètement différent x) Et non, pas Iruka ! Bref. Sinon oui, Tsunami est lesbienne. That happened. I have no fucking idea how. Mais bon, on s'en fiche x) Effectivement ça pourra avoir un impact au niveau du scénario, mais relativement mineur je pense... Tsunami n'est pas très attachée au concept du mariage alors elle ne va pas légaliser le mariage gay par exemple. En revanche le sujet de l'adoption peut être mis sur le tapis... Bah, je verrais où ça me mène. Tsunami reste encore assez jeune pour ça, mine de rien ! Mais passons. IZUMIIIIII ! Elle est devenue forte, oui =D Effectivement c'est triste que sa motivation soit Itachi (et oui, c'est pas super-féministe de ma part, je sais) mais d'une certaine façon je crois que c'était inéluctable. C'est THE truc bouleversant de sa vie, probablement plus encore que la mort de sa mère (puisqu'elle n'a pas assisté au meurtre d'Hazuki). Mais bref, NON je ne sais pas qui elle va épouser, mais si je devais miser sur quelqu'un ça serait un perso secondaire du canon. Un "figurant" peu important. Ou peut-être Atsuo tiens ! Ca serait hilarant, vu que je headcanon Atsuo comme à moitié Senju, et qu'en plus dans la fic il est mentionné que sa grand-mère vient du clan Hyuga. LE BORDEL POLITIQUE TOTAL S'IL EPOUSE L'HERITIERE UCHIHA. Ahem ! Mais ce n'est que conjecture x) Et puis, l'heureux élu devra passer le "test Tsunami", et là bon courage ! Bref, sinon pour ce qui est de Neji, oui, je crois que je vais aller dans cette direction là. Ou alors Neji et Tsunami dézinguent la Sôke et crament le district Hyuga pour repartir sur des bases saines. C'est kif-kif x) En tous les cas, si Neji a une Invocation (et tu as noté qu'il était intéressé par les pies ? =) )... Il va la cacher avec soin, du moins au début x) Mwahahaha ! Et sinon, nope Shikaku n'a pas deviné l'origine de Kinako. Il ne peut pas tout savoir, et honnêtement, la science c'est pas son truc ! x)

Mwahaha PyromaniacRabbit, le jeu de mots était facile xD Je suis étonnée que personne d'autre ne l'ai fait, d'ailleurs...

Salut Redheadead ! Oui, Izumi est très différente de sa soeur et de son frère. Moins déterminée, moins fixée dans la vie. Elle est... pas perdue, mais quelque chose qui y ressemble. Elle a du mal à se trouver. La trahison d'Itachi lui a donné un coup de fouet, mais ça ne suffit pas à remplir sa vie. Izumi n'est pas une guerrière, au fond. Elle veut en être une, mais c'est un moyen d'arriver à son but, pas un but en soit. Et son but... Il est tellement flou, elle a du mal à le définir. Elle veut être heureuse, mais comment définir ce qui mène au bonheur ? D'un autre côté, ce n'est pas plus mal qu'Izumi ait du mal à choisir sa voie. Les autres se sont tous décidés très tôt (trop tôt même) et du coup, ils son piégés dans l'avenir qu'ils se sont choisis. Izumi est plus polyvalente. ENFIN BREF ! Contente que ça t'ai plu =) Et j'aime beaucoup le contrat des chouettes donc ça me fait plaisir que tu approuves ! Elle a failli avoir celui des pies, puis je me suis rendues compte que ça correspondrait mieux à un autre personnage x) Tu verras bientôt lequel !

Tu ris Gladoo89 mais tu n'es pas la première à faire ce jeu de mots xDDDDD C'est trop facile ! Mais oui, très chouette xD

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Bref ! Je ne vous fait pas attendre davantage... Voici donc le bonus suivant =)

Enjoy !

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Ino – Shika – Chō

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Ino Yamanaka était la meilleure kunoichi de sa classe. A l'âge de dix ans, elle possédait tout ce qu'elle pouvait désirer, en tant qu'élève de l'Académie et héritière de son clan. Des parents aimants, une famille soudée, des bons professeurs, d'excellentes notes, tout plein d'admirateurs… Dans sa classe se trouvait aussi un très beau garçon très cool et très doué au combat, et c'était vraiment dommage que Sasuke-kun soit aussi fermé. Oh, bien sûr, ça ajoutait à son côté mystérieux, et il y avait quelque chose de grisant à s'imaginer être la personne capable de percer sa carapace. Ino soupirait rêveusement en le regardant s'entraîner. C'était presque une compétition entre les filles de la classe de savoir qui avait le plus gros béguin pour Sasuke-kun, mais Ino était une professionnelle, elle avait du recul.

Enfin, elle avait surtout du recul parce qu'elle avait rencontré Tsunami Uchiha, mais bon, ça comptait.

Cela datait presque deux ans après la disparition des Uchiha. D'autres gens appelaient ça le massacre, ou la tragédie, ou la chute, mais c'était des mots durs et cruels et Ino préférait parler de disparition, comme s'ils étaient tout simplement partis, parce que c'était plus confortable et que toute bonne kunoichi se devait de savoir manier la douceur aussi bien que l'acier. Toute les kunoichi qu'Ino connaissait avaient ce côté doux : à moins d'être en colère, comme quand la mère de Shikamaru hurlait sur son fils, les kunoichi devaient ressembler à des civiles, être jolies et inspirer confiance. Être féminines. Quand Ino rencontra Tsunami Uchiha pour la première fois, attablée dans son salon en train de discuter avec son Papa, elle marqua un temps d'arrêt parce que la jeune femme (non, une jeune fille encore, elle ne pouvait pas avoir plus de dix-huit ans) n'avait rien de doux. Ses vêtements étaient sobres, à l'exception de ce haori noir et rouge flamboyant qui évoquait davantage une provocation qu'une coquetterie. Ses cheveux de jais cascadaient dans son dos comme une crinière indomptable. Elle était indubitablement féminine, mais belle plutôt que jolie, avec un visage aristocratique aux traits durs, et son sourire avait quelque chose de carnassier.

Ino ne se souvenait plus vraiment de ce qui avait été discuté. Uchiha-san l'avait à peine regardée avant de partir. Mais par la suite, son Papa lui avait parlé d'Uchiha-san… Et du clan Uchiha, de ce que ça voulait dire. Ino n'était pas encore amoureuse de Sasuke-kun à l'époque mais elle commençait à aimer l'idée, et donc elle avait été très déçue quand son Papa lui avait dit que Sasuke Uchiha appartenait à la catégorie des Garçons-à-Ne-Pas-Toucher. Quiconque l'épouserait devrait renoncer à son clan pour devenir Uchiha, et ce ne serait pas pour devenir un parfait petit couple heureux qui élèverait tout plein d'enfants, non : devenir Uchiha c'était se soumettre à l'autorité de Tsunami Uchiha, qui avait l'air de régner sur son clan miniature d'une main de fer et d'être extrêmement surprotectrice à leur égard. Papa avertit Ino de ne pas se faire un ennemi d'elle. Il la respectait, Ino l'entendait dans sa voix, mais il y avait aussi quelque chose d'autre, comme de l'admiration mêlée de défiance. Tsunami Uchiha avait fait quelque chose qui avait secoué son Papa, et ce n'était sans doute pas quelque chose de mal (sinon Papa l'aurait mise en prison) mais c'était très certainement quelque chose de dangereux.

(Papa gérait beaucoup de choses dangereuses. Il y avait des missions dont il ne parlait pas. Des gens qu'il rencontrait à la maison et dont Ino ne devait pas demander les noms, dont elle devait oublier l'existence dès leur départ. Des jours où il était noté dans son calendrier « réunion administrative » mais où il revenait à la maison pâle et incapable de faire semblant de s'intéresser aux anecdotes que lui racontait joyeusement Ino, tellement il était secoué. Ino savait que son Papa avait de lourdes responsabilités, en tant que chef de la Section Intelligence. Il gérait des dangers qui étaient bien différents de ceux que les autres ninjas risquaient en mission. Un jour, Ino gérerait ces dangers, elle aussi : mais pour l'instant elle ne pouvait pas aider son Papa. Elle ne pouvait qu'acquiescer à ses demandes, et lui laisser le champ libre.)

Tsunami Uchiha était quelqu'un que son Papa respectait. Elle était jeune mais elle avait déjà beaucoup de pouvoir. Et Ino ne parlait pas du bête pouvoir physique, comme la capacité à flanquer la plus grosse baffe ou à cracher la plus grosse boule de feu, non ! Bon, évidemment, ça comptait. Mais à entendre parler les autres enfants de l'Académie, surtout les garçons, c'était à ça que se résumait le pouvoir, et Ino avait envie de lever les yeux au ciel à chaque fois qu'elle entendait ce genre de bêtise.

Oui, Tsunami Uchiha était apparemment une kunoichi redoutable. Une experte en ninjutsu, capable de déchaîner une destruction massive. Mais ce n'était pas ça, le pouvoir. Le pouvoir, c'était être amie avec les chefs de clans les plus importants du village. Le pouvoir, c'était parler à Inoichi Yamanaka d'une suggestion concernant l'ANBU et avoir immédiatement toute son attention. Le pouvoir, c'était connaître une demi-douzaine de Jounins affectés à des départements différents et faire en sorte qu'ils offrent tous leur soutien à un projet de mission peu rentable, simplement pour faire une faveur à une amie. Le vrai pouvoir, c'était dans le relationnel. Ino le savait depuis toujours, et c'était pour ça qu'elle se devait d'être jolie et autoritaire à la fois.

Tsunami Uchiha n'avait pas la douceur sucrée qu'Ino aurait cru nécessaire pour tisser sa toile dans les jeux de pouvoir de Konoha. Mais apparemment, ça ne l'avait pas empêché de se construire une base solide, avec un certain nombre d'alliés.

Elle n'était pas une femme à prendre à la légère.

Donc. Sasuke n'était pas juste un baquet de bonbons devant lequel soupirer en admirant la vitrine de la confiserie. Dans cette métaphore, c'était Ino le paquet de bonbons, et si Sasuke-kun jetait son dévolu sur elle, eh bien Ino devrait passer sous l'autorité de Tsunami Uchiha, et… La jeune Yamanaka n'avait rien contre Tsunami Uchiha, mais la kunoichi ne la mettait pas à l'aise. Elle était trop grande, trop menaçante. Menaçante, oui : Ino se sentait menacée. Pas trop, pas dans le sens où elle aurait eu peur : mais elle avait l'habitude d'être l'Alpha de son entourage, et elle avait soudain conscience que cette Tsunami pouvait la bouffer pour le petit-déjeuner.

Si le chef de clan de Sasuke-kun avait été un homme, Ino n'aurait sans doute pas vraiment hésité. Les hommes étaient bêtes. Mais une kunoichi, c'était autre chose. Il y a du pouvoir dans la féminité. Alors Ino soupira avec regret et reposa le paquet de bonbons sur l'étagère de la confiserie. Sasuke n'était pas en libre-service, il appartenait à quelqu'un de bien plus effrayant qu'elle, et Ino ne comptait pas s'y frotter. Il appartenait à un clan, presque éteint certes, mais toujours puissant. C'était la porte ouverte à tout un tas de politique de clans dont Ino ne connaissait pas tous les joueurs, et que Papa tenait à distance avec prudence. Alors Ino soupirait comme tous les autres filles, elle lui offrait des chocolats et gloussait parce qu'il était beau à regarder, et peut-être même qu'elle l'inviterait à un rendez-vous romantique si elle pouvait… Mais elle n'allait pas l'épouser. Oh que non. Ino Yamanaka était l'héritière de son clan et avait des responsabilités. Sasuke-kun était mignon mais il n'était pas un électron libre qu'elle aurait pu s'approprier. Il faisait partie de l'échiquier du jeu politique au même titre que Shikamaru ou Chōji ou Hinata : et Ino était bien trop fière pour devenir un pion dans le jeu de quelqu'un d'autre.

Et puis, Sasuke était l'un des deux seuls garçons d'un clan en voie de disparition, alors ça voulait dire que sa chef de clan pouvait poser son veto pour son mariage. Ou n'importe quelle relation. A vrai dire, il était même probable qu'il soit déjà fiancé ou qu'un mariage arrangé soit prévu pour plus tard… C'était comme ça que ça se faisait un peu partout. On pouvait choisir qui on épousait, d'accord : mais ce n'était pas entièrement personnel. Les politiques de clans entraient en jeu ! Le chef de clan pouvait dire non et son refus était alors absolu. Chez les Hyuga, tous les mariages étaient arrangés à l'avance, et c'était les plus extrêmes, mais personne ne trouvait ça bizarre. Ça se faisait partout. Ino savait que l'union de ses parents avait été arrangée (et qu'une fois qu'elle avait mis au monde une héritière, sa mère avait promptement reprise sa carrière d'espionne à Iwa). Même chose chez les Akimichi. Les parents de Shikamaru avaient eu un mariage d'amour, d'accord, mais il avait quand même fallu gagner l'approbation du chef de clan de l'époque. C'était la coutume. Il n'y avait que les Inuzuka qui ne pratiquaient pas le mariage arrangé pour les héritiers de clans.

Dommage, parce que Sasuke-kun était vraiment mignon. Et tellement fort ! Il battait tout le monde en taijutsu.

Mais bon. Ino avait plein d'autres enfants sur lesquels régner, et plein de garçons à admirer. Elle en faisait régulièrement un classement qu'elle partageait avec ses amies. Elle adorait les voir paniquer frénétiquement quand la première place (celle de Sasuke-kun) était menacée par quelqu'un d'autre. Le beau Neji Hyuga de la classe d'au-dessus s'en était approché une ou deux fois. Et il y avait même eu un jour où Naruto était arrivé second, et où tout le monde avait complètement flippé.

Mais Naruto, c'était un cas particulier. L'année dernière, Papa avait sermonné Ino après l'avoir vu se moquer de Naruto au parc. Papa avait dit que c'était un futur shinobi de Konoha, un camarade à protéger, qu'il allait mourir si ses camarades l'abandonnaient en mission un jour, et que ce genre de chose commençait comme ça, parce que tout le monde le rabaissait et l'ignorait sans raison, et est-ce qu'Ino voulait être responsable de la mort d'un camarade de Konoha parce quelle avait aimé se sentir supérieure en rabaissant un garçon qui ne lui avait rien fait ?! Ino avait fondu en larmes à la fin de l'engueulade. Etait-ce vraiment une engueulade ? Son père n'avait pas haussé le ton. Mais il y avait une tension dans sa voix, dans ses épaules, dans ses récriminations, comme s'il se retenait de dire autre chose. Peut-être que ces reproches, il les adressait à Ino parce qu'il le pouvait, mais qu'il aurait voulu le dire à d'autres gens. Papa avait souvent ce problème. Il voulait dire des choses à des gens mais il ne pouvait pas, parce qu'il avait des ordres de l'Hokage ou des secrets confidentiels à garder. Les seules personnes à laquelle il pouvait tout dire, c'était généralement Chōza-san et Shikaku-san, et… Ils n'étaient pas du genre à rabaisser un camarade juste parce que c'était rigolo, non ?

Alors au départ, Ino bouda, parce que ce n'était pas juste. Tout le monde se moquait de Naruto. Et ok, peut-être que c'était mal et qu'elle avait un peu honte, elle le comprenait maintenant, mais elle n'avait pas commencé. Ce n'était pas sa faute. Et puis Ino réalisa que non, ce n'était pas tout le monde qui se moquait de Naruto. Iruka-sensei prenait sa défense, quand c'était mérité. Et Shikamaru et Chōji le laissaient traîner avec eux. Et Kiba était son ami et faisait ses devoirs avec lui. Et ça faisait déjà quatre personnes qui avaient compris avant Ino que ce qu'elle faisait était mal, et elle s'en sentait humiliée. Ce n'était pas juste !

Et voilà. Bon. Ino ne savait pas devenir gentille, mais elle s'y connaissait en revanche et en rétribution, alors elle décida qu'elle allait prendre sa revanche sur la classe et leur donner honte à eux de s'en prendre à Naruto. C'était logique, non ? Alors… Elle s'y attaqua. Oh, elle ne devint pas amie avec lui, pas tout de suite, parce que Kami-sama qu'il était épuisant. Elle prit juste les commandes de sa vie avec autorité. D'abord pour corriger ses poses de taijutsu, puis le traîner avec elle dans des virées shopping, ou encore le sermonner parce qu'il avait osé dire que les fleurs étaient stupides.

Elle ne voulait pas vraiment devenir amie avec lui. Mais il se mettait en quatre pour plaire et Ino adorait les gens qui se mettaient en quatre pour lui plaire, alors sa résistance fondit comme neige au soleil. C'était facile d'apprécier Naruto, au fond. Il suivait religieusement ses conseils en classe. Il changeait sa garde-robe exactement comme elle le lui avait conseillé. Bon, il garda un sweat à capuche orange, parce qu'il était incorrigible, certes. Mais ce sweat avait des manches bleues, assorties à son pantalon ninja et ses sandales. C'était bien moins criard que sa combinaison.

Enfin bref. Trois ans après la disparition du clan Uchiha, Ino avait fermement repoussé Sasuke-kun de la liste de ses priorités, même si elle s'autorisait à rêvasser de temps en temps. Et du coup, entre son enthousiasme et son nouveau look, Naruto se retrouva un jour second de sa liste du Top Dix des Garçons de l'Académie, et toutes les amies d'Ino poussèrent de hauts cris.

Hinata en tomba de sa chaise. Elle était vraiment maladroite des fois.

Bref. Après, bien sûr, il fallut dire à Naruto que non, ew, ce n'était pas parce qu'il dans les premiers de sa liste qu'elle l'aimait comme ça, c'était juste un classement. Il y eut beaucoup de glapissements et de protestations indignées. Puis Hinata retomba de sa chaise et ça fit suffisamment diversion pour que les gens passent à autre chose. Ouf. Ino ne manqua pas de remarquer que Sasuke-kun était presque en train de sourire, l'air moqueur, et elle s'empressa donc de rabattre son attention sur lui. Ah. Il souriait moins, là !

Mais bon. Voilà. Quel dommage que Sasuke-kun fasse partie de la catégorie interdite ! Heureusement, il y avait beaucoup de poissons dans l'océan et beaucoup d'autres centres d'intérêts. Des garçons à taquiner, des filles à bousculer, des élèves d'autres classes à impressionner. Il y avait une classe spéciale pour les « surdoués » à l'Académie qui intriguait un peu Ino. La classe était apparue un an après la disparition des Uchiha, et était pleine d'enfants de quatre à douze ans, aux visages vides de toute expression, qui ne parlaient jamais, et qui n'avaient cours que trois ou quatre jours par semaine. Etrange, non ? Mais Papa avait dit que c'était une classe spéciale pour les enfants traumatisés et qu'Ino ne devrait pas enquêter sur eux, alors Ino avait obéi et lâché l'affaire. Elle avait plein d'autres gens à observer de toute façon ! La classe immédiatement au-dessus de la leur était considérée comme la meilleure, alors Ino gardait un œil sur eux. Elle était la seule à le faire, ce qui l'étonnait un peu. D'accord, les profs les gardaient entièrement séparés, mais est-ce que les autres n'étaient pas un peu curieux ? Shikamaru devait savoir que c'était important ! Et Sasuke-kun était trop doué en classe pour ne pas garder un œil sur la compétition !

… Mais Shikamaru était trop paresseux pour se donner la peine d'espionner. Et Sasuke-kun (Ino le découvrit par hasard et fut aussitôt jalouse) n'avait pas besoin d'espionner parce qu'il était déjà ami avec des élèves de cette classe-là. Deux des meilleurs, en plus ! Neji Hyuga, et une dénommée Karin.

Ino ne savait absolument pas comment ces trois-là s'étaient connus, mais ils rentraient ensemble à la résidence Uchiha tous les soirs. Hum. C'était mystérieux. Mais évidemment, elle aurait du s'attendre à ce que Sasuke-kun ne veuille pas traîner avec les losers de leur classe et aille se chercher des amis parmi les meilleurs.

Enfin bref. Ino avait tout ce qu'une élève de l'Académie pouvait désirer. Des parents aimants, une famille unie, un clan soudé, des amis, un beau garçon devant lequel battre des cils, des bonnes notes en classe… Et tout un tas de gens à observer. On ne s'ennuyait jamais quand on gardait les yeux ouverts à Konoha. Oui, vraiment, Ino avait tout ce qu'elle pouvait désirer !

oOoOoOo

Shikamaru Nara était un génie. C'était à la fois bien connu et complètement ignoré. La plupart de ses camarades pensaient qu'il était juste une feignasse. Ses professeurs savaient qu'il était intelligent, qu'il pouvait faire mieux en classe, mais sans réaliser à quel point. Même à la maison, sa mère ne cessait de se plaindre qu'il gâchait son potentiel. Tout le monde pensait qu'il pouvait faire mieux, sans réaliser qu'il était déjà à un niveau supérieur à celui de ses camarades ! Il n'y avait que son père qui acceptait en silence que Shikamaru somnole à longueur de temps, parce qu'il savait qu'il pouvait faire tout le cursus de l'Académie les yeux fermés. Cela dit, Shikamaru avait l'obligation de faire un véritable effort pour tout ce qui touchait aux techniques du clan : être un génie ne lui servirait à rien s'il était imprudent ou négligent avec les techniques ancestrales. Manipuler les ombres était dangereux. Quand tu regardes l'abysse, l'abysse te regarde en retour. Il y avait des Nara qui s'étaient perdus dans leurs Jutsu, des morceaux de leur conscience et de leurs esprits disparaissant petit à petit sans qu'ils ne le réalisent.

Shikamaru le savait, et il était prudent. C'était quelque chose que peu de gens remarquaient à son sujet : il était quelqu'un de prudent. Les risques qu'il prenait étaient toujours calculés. A quel point pouvait-il se permettre de sécher les cours cette semaine sans qu'Iruka-sensei ne se fâche, à quel point pouvait-il traîner au lit pour arriver juste assez en retard pour manquer le début de la leçon de calligraphie, à quel point pouvait-il poser des questions détournées à ses parents pour qu'ils lui donnent les réponses qu'il attendait…

Ah. C'était probablement cette partie-là la plus difficile. Shikamaru n'était pas particulièrement curieux, mais parfois un mystère attisait sa curiosité, et il cherchait des réponses. Ce n'était généralement pas dur de les trouver. Ino connaissait tous les potins. Et si c'était trop compliqué, eh bien Shikamaru se tournait vers ses parents. Mais parfois ses parents se montraient réticents à lui répondre, évitaient le sujet ou détournaient la conversation : et là, Shikamaru comprenait que les réponses qu'il cherchait étaient connectées à des secrets du village bien au-dessus de son niveau d'habilitation.

Parfois, l'idée de creuser ce mystère le fatiguait d'avance. Mais parfois, eh bien, sa curiosité était la plus forte.

Quand Shikamaru avait huit ans, une nouvelle classe avait été ouverte à l'Académie. Il aurait pu ne pas la remarquer, parce que les professeurs gardaient leurs distances et que ni leurs cours ni leurs récréations (ni même les horaires de leurs repas) ne coïncidaient. Honnêtement, il s'en fichait un peu. Il était trop occuper à ruminer le fait que Naruto sèche de moins en moins souvent les cours, et il cherchait à comprendre pourquoi son ami était soudain si motivé à travailler. Sûrement il y avait davantage que le fait qu'Iruka-sensei soit plus attentif à lui ?

Au final Shikamaru avait dû se résoudre à l'évidence : c'était bien grâce à Iruka-sensei que Naruto était devenu un élève, peut-être pas modèle, mais en tous les cas assidu. C'était fou. Et c'était triste, d'une certaine façon. Il avait juste fallu un peu d'attention, un peu d'affection, un peu de décence humaine, et Naruto s'était dévoué corps et âme à l'Académie comme s'il fallait qu'il prouve que oui, il valait la peine d'être traité avec humanité.

Bref. Les jours et les semaines passèrent. Sasuke était toujours aussi grave et silencieux, mais il semblait un peu moins sinistre. Kiba devint ami avec Naruto, pas juste pour sécher les cours mais aussi pour faire leurs devoirs à la maison. Ino décida pour une raison ou pour une autre d'affirmer sa domination et clama Naruto comme l'un de ses loyaux sujets, lui offrant des vêtements et des fournitures scolaires d'un air impérieux et feulant sur quiconque contestait son choix de fréquentation. Shikamaru observa brièvement ce drôle de changement, puis s'en désintéressa.

Un peu par hasard, sa curiosité revint sur cette étrange « classe spéciale » ouverte à l'Académie deux ans plus tôt.

Il y avait des élèves de tout âge. Ils étaient tous arrivés en même temps, et très nombreux : vingt, ou peut-être trente ? C'était difficile à dire, Shikamaru ne les avait jamais vus tous ensemble. Il était parfois passé devant leur salle de classe, mais il y régnait toujours un silence incroyable, comme si aucun enfant ne discutait, bavardait, ou riait avec un camarade. C'était glauque. Ceux qui dépassaient douze ans étaient diplômés automatiquement : Shikamaru, comme beaucoup d'autres, regardait qui sortait de l'Académie avec un bandeau ninja à la fin de chaque année scolaire, et il ne voyait jamais aucun membre de cette classe sortir en même temps que les récents diplômés… Ce qui signifiaient qu'ils ne passaient pas l'examen en même temps que les élèves normaux. Et quand il avait posé la question, on lui avait répondu que leurs compétences étaient évaluées autrement. Bizarre. Suivaient-ils une sorte de contrôle continu ? Ou bien… Avaient-ils déjà passé l'examen, mais étaient restés dans l'Académie parce qu'il était désormais interdit d'être diplômé trop jeune ?

Techniquement, il était interdit d'être diplômé avant douze ans, mais des exceptions étaient permises si tous les professeurs de l'Académie accordaient à un enfant (d'un âge minium de dix ans) de passer le test. C'était inutilement tordu et Shikamaru n'en voyait pas l'intérêt. Mais… Personne n'osait vraiment protester. Cette interdiction d'être diplômé avant douze ans avait été proclamée dans les mois qui avaient suivis le Massacre Uchiha, presque trois ans plus tôt. Apparemment, c'était le fait d'être devenu ninja à un si jeune âge qui avait poussé Itachi Uchiha à la folie. Du moins, c'était la version officielle. On n'en parlait pas chez les Nara, mais Shikamaru savait que personne dans sa famille ne pensait que c'était la vérité.

Shikamaru ne savait pas pourquoi Itachi avait massacré son clan. Il ne s'était pas vraiment posé la question. Les Uchiha étaient morts et Itachi était parti, pourquoi creuser davantage ? Ça ne changerait pas les choses.

– Est-ce qu'Itachi Uchiha était réellement fou ? avait-il demandé un jour à son père.

Shikaku avait soupesé sa réponse quelques instants, puis avait secoué la tête.

– Itachi Uchiha n'a jamais été fou. Mais il était… brisé, d'une façon. Endommagé. Son affectation… C'était trop dur pour quelqu'un comme lui. Il manquait de perspective et ne connaissait pas d'autre vie que la violence. La tragédie aurait pu être évitée, mais… Il est trop tard pour ça, de toute façon.

Shikamaru avait gardé ces mots en mémoire, dans un coin de son esprit. Et bien plus tard, à dix ans et se cherchant une distraction, son intérêt tomba sur la classe spéciale et ces mots lui revinrent en mémoire.

Shikamaru ne connaissait pas bien la classe spéciale. Aucun des élèves ne se mélangeait aux élèves normaux. Ils étaient tous silencieux et discrets, comme des fantômes. Ils venaient à l'Académie une journée ou deux par semaine, entrant dans le bâtiment en rang comme des soldats, disparaissant dans leur salle de classe dans un silence religieux, et partant sans faire le moindre bruit à la fin de la journée. C'était presque comme s'ils n'existaient pas. La seule raison pour laquelle les autres élèves connaissaient leur existence, c'était que parfois les sensei les faisait s'entraîner sur le terrai d'entraînement réservé à l'Académie, d'où on pouvait les voir, et… Les combats étaient brutaux. Aucun élève dans la classe de Shikamaru n'était aussi violent. Et le pire, c'était que les surdoués n'avaient pas de rage ou d'arrogance dans leur façon de combattre : ils se jetaient à la gorge l'un de l'autre avec un visage sans expression, s'écharpant sauvagement et sans la moindre émotion. C'était froid. C'était effrayant.

Les sensei ne les faisaient jamais combattre avec des armes. Et, de ce que Shikamaru avait pu observer de loin, ils essayaient de leur apprendre des méthodes de capture. Mais c'était comme si le sens de la mesure ne venait pas naturellement aux élèves de la classe spéciale. Ni dans leurs attaques, ni dans les risques qu'ils prenaient. A une époque… Plusieurs élèves avaient été placés dans différentes classes de l'Académie (mais ni celle de Shikamaru, ni celle d'en-dessous), avant d'en être retirés quelques jours plus tard, après tout un tas d'incidents impliquant une violence disproportionné dans les entraînements.

C'était un incident si mineur qu'on n'y prêtait pas attention. Mais Shikamaru se demanda pourquoi leur classe n'avait pas été choisie comme test d'insertion pour ces élèves-là (car il ne pouvait s'agir que d'un test d'insertion, après tout, pour voir si on pouvait sortir ces gamins bizarres et violents de leur classe spéciale pour les intégrer aux cours normaux). Etait-ce parce beaucoup d'héritiers de clans se trouvaient dans leur classe ? Que l'un d'eux se fasse égorger au cours d'un exercice était douteux, mais c'était le genre de chose qui ferait vite tourner au cauchemar les politiques claniques. A moins que ce soit parce qu'Iruka-sensei était un trop jeune prof, pas assez expérimenté ? Mais dans ce cas, pourquoi n'y avait-il pas eu de transfert dans la classe en-dessous de la leur non plus ?

Au final, Shikamaru réalisa qu'il n'y avait qu'un seul élément commun à leur classe et à celle de l'année inférieure. Chacune comptait un élève Uchiha. Et… Est-ce que ça voulait dire que, pour une raison ou une autre, ces gamins mal adaptés à la société étaient tenus à l'écart des Uchiha ?

… Qui les tenait à l'écart, dans ce cas ? Etait-ce les profs ? L'Hokage ? Tsunami Uchiha, leur chef de clan ? Aucun d'entre eux ? Tout le monde ? Pourquoi ?

Et Shikamaru repensa à la phrase qu'avait utilisée son père, il manquait de perspective et ne connaissait pas d'autre vie que la violence, et réfléchissait. Parfois une idée à besoin d'être examinée au microscope et retournée dans tous les sens pour qu'on puisse la développer. Mais parfois il suffit de la laisser grandir dans son coin, et de prétendre ne pas y prêter attention, comme si c'est un animal sauvage qu'on ne veut pas faire fuir. L'idée s'apprivoise toute seule. Les connexions entre les informations se développent.

Il continua à observer la classe spéciale. Pas leurs compétences, mais leur comportement. Certains semblaient toujours inexpressifs et vidés de toute émotion. Mais d'autres semblaient plus normaux. Ils souriaient avec naturel et discutaient ensemble au cours des récréations (Shikamaru les regardait par la fenêtre au lieu de faire la sieste). Mais ils restaient toujours si mesurés dans leur langage corporel et le volume de leur voix, comme s'ils ne savaient pas exister autrement qu'en étant le plus discrets possibles. Quand un professeur s'adressait à eux en haussant la voix, leur visage se vidait immédiatement de toute expression, et parfois même de toute couleur. Ils n'avaient pas toujours affaire aux mêmes sensei : souvent c'était les sensei de l'Académie, mais il y avait toujours un ou deux ninjas rôdant autour de leur classe. A deux reprises, Shikamaru vit le père d'Ino, et une fois il vit aussi Ibiki-san, et une autre, son propre père.

Un jour Shikamaru décida de sécher les cours toute une semaine. Le premier jour, il regarda les nuages avec Chōji. Le second, il erra dans le village avec Kiba. Le troisième, il recruta Naruto (les cours étaient assurés par Mizuki-sensei aujourd'hui, ce qui expliquait pourquoi le jeune Uzumaki avait accepté l'aventure : il ne séchait plus aucun cours d'Iruka-sensei, mais Mizuki était ennuyeux et irritant). A chaque fois, sous prétexte d'aller manger des ramens ou de flâner dans le village ou d'admirer la vue depuis la falaise, Shikamaru s'arrangea pour prendre en filature un membre de la classe spéciale. Il répéta l'expérience à plusieurs reprises, juste pour confirmer ses découvertes.

La classe spéciale n'avait pas cours trois jours par semaine parce qu'ils étaient surdoués. Ils avaient classe trois jours par semaine parce qu'ils étaient surveillés.

Ils étaient toujours accompagnés d'adultes. Ils ne pouvaient pas ne pas en être conscients, mais acceptaient cette surveillance constante avec une placidité invraisemblable. Un certain nombre des élèves spéciaux semblaient travailler dans le bureau d'assignation des missions, quelques uns étaient au bureau de cryptologie, et d'autres étaient chargés de s'occuper des faucons messagers. Des jobs inoffensifs, où il était facile de les cacher au regard du public tout en gardant un œil sur eux. Ils ne s'entraînaient quasiment pas, ou uniquement sous l'œil attentif de leurs surveillants. Les jours de cours, ils allaient à l'Académie. Et une fois tous les huit jours, avec une régularité d'horloge, ils se rendaient à la Section Intelligence. Ils y restaient une heure, et repartaient. Chacun avait un horaire fixe. Ils s'y rendaient seuls. Ils n'effectuaient pas de missions qui nécessiteraient un débriefing.

La Section Intelligence était aussi l'endroit où on établissait les profils psychologiques. Ou, plus simplement : la base d'opération des psychologues de Konoha.

Et dans un village ninja, il fallait être sacrément secoué pour avoir une séance hebdomadaire avec un psychologue.

Shikamaru avait, à ce point, assemblé beaucoup trop d'indices pour que les connexions ne se forment pas. Il y avait tellement de données. La classe spéciale. Le timing de son apparition. Le secret entourant ces élèves. Leur manque de naturel, d'émotion. La réhabilitation. Le fait qu'ils appartiennent tous à Konoha, qu'ils soient des leurs, et pourtant qu'ils soient comme ça. Le fait qu'ils soient tenus à l'écart des Uchiha. Le massacre. Itachi. Itachi Uchiha, qui avait été ANBU. Les ANBU, qui étaient une branche secrète de Konoha.

– L'ANBU a un nouveau chef, non ? demanda un soir Shikamaru au dîner.

Son père posa sur lui un regard perçant. Pendant une seconde, Shikamaru se demanda s'il allait lui dire quelque chose comme l'ANBU n'a pas d'autre chef que l'Hokage, ou c'est classifié. Mais son père inclina la tête.

– Ça fait trois ans.

Trois ans. Le massacre des Uchiha avait eu lieu trois ans plus tôt. Et un an après (un an, le temps de réorganiser le police, de mettre en place de nouveau protocoles, de mettre de l'ordre dans l'administration des ANBU) la classe spéciale était apparu.

Ce n'était pas son jeune âge qui avait fait craquer Itachi Uchiha. C'était son affectation à l'ANBU. La façon dont l'ANBU l'avait façonnée. Et parce qu'il avait craqué, l'administration avait réalisé qu'Itachi n'était pas le seul, qu'il y en avait d'autres, et les avait retirés du programme.

Ce qui laissait supposer que l'administration n'avait pas su qu'il y avait des enfants dans l'ANBU. Ce qui laissait supposer que le chef de l'ANBU avait agi dans le dos de l'Hokage. Et ça aurait pu paraître invraisemblable, d'imaginer que quelqu'un d'aussi haut gradé puisse commettre une telle trahison (et pendant des années, parce que le conditionnement prenait sans doute du temps). Pour Shikamaru, pour tous les enfants de sa génération, Konoha était supposé être sûre, leur hiérarchie était supposée être digne de confiance, mais…

(Trois ans plus tôt, peu après le Massacre, le père de Shikamaru lui avait gravement fait promettre que si jamais il avait le moindre doute sur un ninja de Konoha, même un supérieur hiérarchique, il devait lui en parler immédiatement. Sur le coup, ça n'avait pas semblé important, mais la première graine de doute avait été plantée dans l'esprit de Shikamaru. Même ses supérieurs pouvaient être capables de trahison.)

– Hum, fit pensivement Shikamaru. Et qu'est-ce qui est arrivé au précédent ? Est-ce qu'Itachi Uchiha l'a tué ?

Parce que ça aurait été logique. Si Itachi avait craqué, alors il aurait dû se retourner contre le responsable de son traitement. Mais ce n'était pas logique, en même temps, parce qu'aucun des élèves de la classe spéciale n'osait allait contre un ordre. Ils étaient tous si silencieux, si… lobotomisés…

– Non, dit lentement son père. Tsunami Uchiha l'a tué.

– Shikaku ! siffla sa mère d'un air alarmé.

– Et c'est complètement confidentiel, enchaîna son père en le fixant avec sévérité. Cette conversation est terminée. Tiens-toi à l'écart de cette classe, d'accord ?

Une part de Shikamaru était amusée que son père ait vu si clairement dans son jeu. Le reste était rendu muet par l'évidence.

Evidemment. Si Itachi était comme ces enfants de la classe spéciale, il n'aurait jamais pu lever son arme contre son supérieur. Il était conditionné pour ça. Il s'était attaqué à ceux qu'il pouvait tuer, à savoir le clan Uchiha (et Kami-sama, n'était-ce pas une pensée horrible ?). Son chef était hors d'atteinte, intouchable. Mais si Tsunami Uchiha avait tué ce chef en question, le responsable ANBU d'Itachi, alors… Alors… C'était qu'elle avait compris, elle aussi. Elle avait réalisé pourquoi Itachi avait craqué, elle avait réalisé qui était responsable.

Et si elle n'avait pas été emprisonnée pour ça, pour avoir assassiné un haut-gradé de Konoha… Alors c'était qu'elle avait non seulement tué le chef de l'ANBU mais qu'elle avait aussi mis en évidence sa trahison en même temps. Et elle l'avait fait immédiatement après le Massacre, apparemment. Pas assez de temps pour mener une enquête. Ce qui voulait dire qu'elle s'attendait à ce que cet homme (le responsable ANBU, un gars extrêmement haut placé et caché derrière la plus grande confidentialité) soit une menace. Elle s'y attendait et elle avait commencé à s'y préparer avant qu'Itachi ne craque.

Shikamaru Nara ne connaissait pas Tsunami Uchiha. Il ne l'avait jamais rencontrée. Mais, et c'était le fait à la fois le plus connu et le plus ignoré de tout Konoha, Shikamaru était un génie.

Alors il se fit une note mentale de ne pas la sous-estimer.

oOoOoOo

Chōji Akimichi n'était pas un dur. Honnêtement, dans un monde idéal il n'aurait pas été ninja. Il aurait ouvert un restaurant, peut-être… Enfin, bon, il n'était pas un fan de cuisine. Ou du travail en général. Ce qu'il aimait, c'était manger. Manger tout court, mais surtout manger avec ses amis. Rien de tel que le partage d'un bon repas pour être heureux.

Le père de Chōji était le chef du clan Akimichi, alors il ne tenait pas de restaurant : mais c'était la profession de quasiment tous les civils du clan. Chōji, comme tous les petits Akimichi, avait grandit derrière les fourneaux, trottinant derrière des cuisiniers affairés. Ses premiers exercices de dextérité n'avaient pas été des jeux de manipulation de kunai ou de shurikens, mais d'éplucher des fruits pour les desserts de sa mère. Il aimait ça. Se rendre utile, participer de manière si concrète à la confection d'un plat, savoir que ça allait être mangé, que ça allait être bon.

Chōji n'avait pas beaucoup d'amis. Il était rondouillard et, dans un monde où la condition physique était le fondement de la valeur qu'une personne avait en tant que ninja (et donc, plus ou moins, de la valeur en tant qu'individu), eh bien il était mal vu d'être grassouillet. Les enfants se moquaient. Les ninjas souriaient d'un air indulgent. Les Akimichi étaient forts, mais ce n'était pas pour autant qu'ils étaient protégés des préjugés stupides. Il y avait des enfants qui se moquaient des yeux bizarres des Hyuga, des filles qui criaient et frissonnaient d'un air dégoûté dès qu'un Aburame s'approchait, des garçons qui comparaient les Inuzuka à des bêtes de cirque. C'était juste comme ça qu'était le monde. Peu importe à quel point on était fort, ou gentil, ou qu'on essaye de ne pas faire de vague, il y avait toujours des gens qui étaient dérangés par la déviation de la norme. Et… Ça faisait mal. Ça faisait mal tout le temps. Chōji n'avait pas la peau épaisse. Les moqueries étaient toujours aussi tranchantes, même après des années. Il avait beau se répéter que les enfants étaient stupides, il avait beau être réconforté par son père, il avait beau être défendu par Shikamaru… Ça faisait mal. Alors Chōji essayait juste d'éviter la douleur, et embrassait pleinement les choses qui le rendaient heureux. Passer du temps avec ses amis. Manger. Cuisiner, un peu. Être entouré de gens qu'il aimait.

Son père ne tenait pas de restaurant mais beaucoup de membres du clan Akimichi en avaient, alors quand il n'était pas avec Shikamaru (parce que regarder les nuages ou sécher les cours avec Kiba et Naruto, c'était bien, mais ce n'était pas les activités préférées de Chōji), c'était là qu'il allait. Il donnait un coup de main en cuisine, parfois. Mais le plus souvent, il s'installait en terrasse avec un livre ou ses devoirs, et regardait les gens vivre leurs vies.

Il aimait regarder les passants. Observer leurs vêtements, deviner pourquoi ils portaient ce genre de robes ou pourquoi ils avaient choisi ce kimono. Regarder les groupes, noter qui riait avec qui, qui manquait du groupe habituel, qui avait ramené sa petite-amie, et si la petite-amie plaisantait ou si elle semblait s'ennuyer à mourir. Chōji n'aimait pas vraiment les livres, et Konoha n'avait pas de cinéma, mais il pensait que regarder la rue valait tous les divertissements du monde. Il y avait tellement de gens. Tellement de possibilités, tellement de rires, de conversations et d'émerveillement. Chōji n'avait pas besoin de se joindre à un groupe pour être content. Il était juste heureux d'être là, en périphérie. Voir les gens heureux ensemble lui donnait l'impression d'être assis à côté d'une cheminée, doucement réchauffé par les flammes sans s'y brûler.

Chōji était quelqu'un de timide. Il était assez solitaire, et n'avait pas vraiment d'amis mis à part Shikamaru. Mais il connaissait bien plus de monde qu'on ne l'aurait cru. Il était « le petit Akimichi ». Les gens étaient habitués à lui. Ils ne l'auraient pas inclus dans leurs groupes et leurs conversations, mais ils savaient qui il était, et ils lui souriaient d'un air amical en passant. Chōji aimait ça. Il aimait être inclus dans leurs vies sans y être vraiment lié. Il se contentait d'être… Là.

Il n'observait pas les gens pour enquêter. Il observait juste parce que ça le rendait heureux. Mais à force de garder les yeux braqués sur une scène, eh bien, on finit par remarquer des choses. Chōji n'en disait rien. Mais… Par exemple, quand il avait vu une kunoichi glousser avec un ninja du clan Hyuga, il avait su qu'elle allait rompre avec son petit-ami du clan Yamanaka deux jours avant qu'Ino leur raconte cette anecdote avec indignation. Pour autant, Chōji ne voyait pas l'intérêt de faire tant d'histoire. Il ne comprenait pas pourquoi Ino avait été furieuse quand il lui avait dit qu'il savait. Il ne faisait que regarder les gens, comme Shikamaru regardait les nuages. C'était juste… Paisible. Il ne voulait pas que ça se transforme en drame ou en outil.

Shikamaru aimait décortiquer les mystères parce qu'il aimait arriver à la fin d'un puzzle. Ino était à la fois moins curieuse et plus possessive : ce n'était pas tant les mystères qui l'attiraient que le savoir, moins la résolution du puzzle que sa possession. Mais Chōji était un contemplateur davantage qu'un fouineur. Ce qui l'intéressait, c'était juste d'admirer les pièces du puzzle, pas vraiment de l'assembler.

Alors Chōji connaissait beaucoup de monde. Des gens de tous les coins de Konoha venaient manger dans les restaurants Akimichi, et en plus la route était très proche d'un bon terrain d'entraînement et on y voyait souvent des ninjas y aller ou en revenir.

Chōji connaissait bien Hayama Shirakumo, le chef de la police. Il ne lui avait jamais parlé, mais il savait qu'il travaillait dur et qu'il prenait son travail à cœur. Chōji savait qu'Hayama-san aimait boire son thé très sucré. Qu'il était toujours proche de ses anciens élèves. Qu'il était très fier que l'un deux (Tessen Togeito) soit entré dans la police. Qu'il aurait voulu prendre une autre équipe de Genins, jadis, mais que maintenant qu'il était chef de la police et restait quasiment tout le temps dans le village, ce n'était plus possible. Que sa fille, Konami, venait d'avoir douze ans et de passer Genin.

Chōji connaissait tout un tas de potins concernant la police. Le fait que Natsu Hyuga allait se marier mais ne quitterait pas le service actif, ce qui semblait contrarier plusieurs Hyuga. Ou encore le fait que la station de police allait faire l'objet de travaux d'agrandissement. Ou bien le fait que la police se proposait de recruter davantage de femmes, en faisant des offres avantageuses aux kunoichi sortant juste de leur congé maternité. Un emploi sûr au sein du village qui ne les éloignerait pas de leurs enfants, c'était tentant. Chōji pensait surtout que les gens allaient y réfléchir à deux fois avant de commettre un crime, si le policier qui venait les arrêter était leur mère.

Chōji savait aussi que cette idée de recruter des kunoichi venait d'Anko Mitarashi. C'était la recrue la plus récente de la police : elle n'en était membre que depuis un mois. Beaucoup de gens plissaient les lèvres d'un air réprobateur en prononçant son nom, mais Chōji l'avait vue, et cette Anko n'avait pas l'air si méchante. Elle riait fort et elle était grossière, mais rien de plus choquant que ce que faisaient les Inuzuka ! Avant, Chōji ne l'avait jamais vue dans le coin, mais elle venait de plus en plus souvent au restaurant. Il lui arrivait d'être en compagnie de Kurenai-san ou parfois de Tsunami-san, avec son bébé accroché dans le dos. La petite Kinako-chan était adorable, avec ses yeux noirs pensifs et son fort caractère, et tous les employés du restaurant fondaient quand le bébé babillait joyeusement pour réclamer des sucreries.

Chōji n'avait pas d'opinion particulière sur les bébés. Mais Kinako avait été nommée d'après une friandise, les kinako dangô, alors évidemment, il approuvait.

Tsunami-san invitait parfois toute sa famille, et ils venaient en groupe : Tsunami, Izumi, Hikari, Sasuke, Karin, et Neji Hyuga. Chōji avait appris leurs noms en les écoutant s'interpeller joyeusement. Parfois ils invitaient des amis. Tsunami-san en avait plein : Tessen, Kumadori, Anko, Genma, Gai, Kotetsu et Izumo, Atsuo, Tokuma, Natsu, Iruka-sensei… Izumi avait juste ses deux coéquipières, Hana et Hakui. Les autres n'invitaient jamais personne : ils formaient leur propre petit groupe soudé, Hikari-Neji-Karin-Sasuke. Chōji se souvenait d'une époque où Sasuke était en périphérie de leur groupe, morose et silencieux… Mais la distance s'était estompée avec le temps. A présent, il laissait Karin envahir son espace vital ou Neji se pencher par-dessus son épaule ou même Hikari lui donner des coups de coudes joyeux, tout ça avec la désinvolture née d'une longue familiarité.

Sasuke n'était jamais aussi sociable avec les autres enfants dans leur classe de l'Académie. Chōji restait caché dans son coin, mais il ne pouvait s'empêcher d'être un peu fasciné. Il ne savait même pas que Sasuke était capable d'être sociable. Mais il suffisait de voir la façon dont il s'animait en débattant avec Neji ou dont il écoutait avidement Tsunami raconter sa dernière mission pour savoir que… Être isolé n'était pas la nature de Sasuke. C'était un choix qu'il faisait.

Chōji ne tentait pas de se rapprocher de lui, ni au restaurant ni en classe. Être un simple observateur lui convenait. Si Sasuke voulait garder ses distances lui aussi, alors c'était ses oignons. Chōji continuait son observation, paisible.

Il y avait tellement de gens, tellement d'histoires.

Chōji connaissait tous les chefs de clans, même les plus reclus. Il y avait Tsunami Uchiha, bien sûr, mais pas seulement. Chōji avait un jour vu Tsume Inuzuka et Shibi Aburame boire ensemble en riant fort, et il ne comptait plus le nombre de fois où son père Chōza avait traîné Inoichi Yamanaka et Shikaku Nara pour un dîner qui s'était éternisé. Il y avait même eu, plusieurs fois, le chef du clan Hyuga venu pour un déjeuner officiel avec d'autres ninjas de Konoha. Et puis il y avait tous les clans mineurs ou presque éteints, qui se plaisaient à raconter leurs exploits passés en mangeant, et Chōji ne pouvait s'empêcher de tendre l'oreille. Il n'y avait plus de Shimura depuis la mort d'un homme appelé Danzō-sama, mais cet homme avait laissé une nièce, et elle hésitait à reprendre son nom de jeune fille pour perpétuer le nom du clan. Chinatsu Sarutobi (la nièce du Sandaime) pestait parce que c'était son neveu Konohamaru qui était l'héritier, et qu'il était un sale gamin trop gâté. Il y avait seulement trois membres survivants dans le clan Kurama, qui se lamentaient parce que l'héritière du clan avait apparemment mal vécu la mort tragique de ses parents et était confinée chez elle. Genma Shiranui riait quand on lui demandait s'il comptait « faire renaître son clan ».

Et puis, parfois, il y avait des ninjas sans clans qui avaient des histoires tout aussi fascinantes. Des Jounins, des Genins, des Chunins. C'était un défilé qui n'en finissait jamais. Kurenai-san venait parfois déjeuner avec Asuma-san. Genma amenait souvent Kotetsu et Izumo. Kakashi Hatake était venu une fois, traîné par Gai, et Chōji avait été curieux de voir comment il mangeait avec un masque… Mais il n'avait pas pu voir son visage, tant Kakashi-san mangeait vite. Il y avait Aoba Yamashiro qui venait parfois avec sa famille : sa mère, sa tante Megumi, et ses deux cousins. Il y avait Tekuno Kanden qui avait été nommé Jounin-sensei récemment, et qui était absurdement fier de ses élèves. Il y avait Yūgao Uzuki qui avait un jour invité son ami Hayate à dîner, et chacun avait ramené des fleurs à l'autre, et depuis ils sortaient ensemble. Il y avait Ibiki Morino, le chef de la Section Torture et Interrogation, qui provoquait toujours un instant de flottement incertain quand il entrait, et qui mangeait dans le coin le plus obscur de la salle, avec une poignée de subalternes qui ne semblaient pas le moins du monde intimidé par son aura menaçante. Il y avait Mizuki-sensei, qui venait ici pour flirter avec une jolie kunoichi nommée Tsubaki.

Certains Jounin-sensei emmenaient leurs élèves manger ici, pour les encourager à se détendre et partager de bons moments ensemble. Chōji aimait les regarder. Chacun était différent. Certains Genins ne s'entendaient pas, se proclamaient rivaux ou adversaires, ou s'ignoraient dédaigneusement. D'autres encore tissaient des amitiés quasi-instantanées, après une mission ou un simple entraînement, et discutaient avec exubérance de leurs rêves pour l'avenir.

Dans certaines équipes, il y avait parfois un Genin issu de la classe spéciale de l'Académie. Chōji n'y prêtait pas une grande attention mais il savait que Shikamaru les observait, cherchait à percer un quelconque mystère. Chōji ne voyait pas vraiment de quel mystère il s'agissait. C'était une classe spéciale parce que les enfants y étaient spéciaux. Un peu fermés, un peu silencieux, ne sachant pas comment réagir quand leurs coéquipiers plaisantaient, et récitant avec rigidité le code ninja dès que leur sensei essayait de leur poser des questions personnelles… Mais au final, c'était des Genins comme les autres, non ? Ils mangeaient. Ils parlaient. Ils prenaient un dessert (le serveur insistait). Quand ils repartaient, ils avaient le ventre plein et ils étaient plus heureux qu'en arrivant. C'était le miracle des restaurants Akimichi : tout le monde y était content.

Alors Chōji observait, serein, paisible, grignotant des friandises tout en laissant le temps passer. Il aimait être là, spectateur discret de la marche de Konoha. Peut-être qu'un jour, lui aussi ferait partie de ces gens qui débordaient de vie, d'énergie et de confiance en soi. Peut-être que lui aussi aurait sa propre histoire à raconter avec enthousiasme autour d'un barbecue. Mais pour l'instant, il était heureux de simplement regarder.

Et le temps passait, doucement.

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Et voilà pour la troisième année suivant le massacre ! On progresse. Et à présent, quelques faits, drôles ou révélateurs, pour étoffer ce bonus…

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1) Mariage arrangés

Sans être excessivement courant, les mariages arrangés n'ont rien de choquant à Konoha, surtout au sein des clans qui sont obsédés par la transmission de leur kekkei genkai ou la pureté de leur sang. Quasiment tous les Uchiha avaient leur mariage arrangé : les parents prenaient en compte les préférences personnelles d'une personne, mais au final le mariage restait une affaire politique, de famille, pas une histoire d'amour. C'est pour cette raison qu'Hazuki Uchiha, la mère de Tsunami, a quitté son clan. Parce qu'être une Uchiha était incompatible avec un mariage d'amour avec l'homme dont le clan désapprouvait.

Tous les clans de Konoha pratiquent les mariages arrangés, mais les Hyuga remportent la palme : il n'y a aucun mariage purement romantique dans tout le clan, c'est toujours la Sôke qui décide (et qui, parfois, n'informe même pas les premiers concernés !).

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2) La réintégration de la Racine

Comme Shikamaru l'a justement deviné : il a fallu un an pour que Konoha récupère tous les membres de la Racine. Les adultes ont été réintégrés dans le service actif : parfois l'ANBU, parfois d'autres secteurs, moins destructeurs. Certains sont dans la Section T&I, d'autres sont dans la Division Genin. Les enfants et préadolescents ont été retirés de l'ANBU, par contre, tous sans exception. Ils sont… en cours de réhabilitation. Beaucoup d'entre eux ont été affectés aux travaux administratifs ou à faible responsabilité. Il y a plusieurs enfants de clans kidnappés qui ont été rendus à leurs familles (c'est le cas de Torune Aburame et de Fū Yamanaka par exemple). Mais ces enfants-là sont prudemment tenus à l'écart des héritiers du clan, que leurs parents essaient de préserver.

Tous les enfants de la Racine ont été rassemblés dans une classe spéciale à l'Académie, dans l'espoir de les faire évoluer dans un cadre normal. Mais ils ne sont pas sociabilisés avec d'autres enfants normaux de leur âge. Il a été jugé que ce serait trop traumatisant (pour les enfants ou les ANBU, c'est difficile à dire). Tous ces gamins de la Racine ont largement le niveau Genin, voir même Chuunin : les remettre à l'Académie est surtout une façon de les surveiller et de les forcer à évoluer dans le monde normal. A l'âge de douze ans, ils sont nommés Genins (officiellement cette fois) et ensuite inclus dans une équipe normale. Leur Jounin-sensei est évidemment briefé sur ce à quoi il peut s'attendre. S'ils ratent leur test et sont affectés à la Division Genin, on leur assigne un binôme semi-permanent. Le but est que ces gosses traumatisés s'attachent à leur équipe et forment de vraies connexions, comme un vrai ninja, au lieu d'être des robots sans émotions avec une tendance alarmante à ne pas accorder de valeur à leur propre vie.

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3) La police de Konoha

Trois ans après le massacre, la police a achevée sa réorganisation et son recrutement. Elle a embauché ses membres parmi les ninjas du service actif, des membres de la Division Genins, et d'anciens ANBU. Cela n'a pas affaibli Konoha de façon trop visible, puisque le village a récupéré les forces de la Racine pour combler les vides laissés par les ninjas réaffectés. Il n'y a pas de membres de la Racine dans la police, cela dit, car souvent ils n'ont aucune notion de force non létale.

L'organisation de la police est la suivante : il y a un commandant, plus simplement appelé « chef de la police », qui est Hayama Shirakumo. Il y a cinq capitaines qui sont Jounins, chacun ayant cinq lieutenants ayant au moins le grade de Chuunin, et chaque lieutenant commande une équipe de trois à cinq de personnes dont les niveaux varient. Au total, il y environ 150 membres de la police à plein temps.

C'est un peu moins qu'au temps des Uchiha… Mais contrairement aux Uchiha, la police a la complète coopération des autres services (T&I, la Section Intelligence, les ANBU, les Chuunin affectés aux patrouilles, etc.). Dans l'ensemble, ça s'équilibre.

Il y a aussi une demi-douzaine de personnes qui sont associées à la police sans en faire partie. Par exemple : Tsunami, qui a pour mission de botter les fesses des nouvelles recrues pour qu'ils aient un niveau acceptable, mais qui les fournit aussi en Fūinjutsu (sceaux d'entrave, par exemple). Il y a aussi des secrétaires qui ne s'occupent que de l'administratif, un membre de la Section Intelligence et un membre de la Section T&I qui ont le rôle de liaison, et un ou deux médics.

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Et voilà ! J'espère que ça vous a plu =) Un petit chapitre complètement détaché du trauma qui suit les Uchiha, avec le POV d'enfants encore relativement innocents.

Et ouais, j'en ai profité pour lâcher une tonne d'infos sur plein de personnages x) Surtout dans le POV de Choji xD

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Bref ! Je ne sais pas si je vous l'ai dit, mais... Pour ceux qui le veulent, je peux vous envoyer le tome 1 des aventures de Tsunami Uchiha (du prologue à l'épilogue, sans les bonus) en PDF. Vous n'avez qu'à me contacter par MP ou par les reviews et me donner votre adresse mail (attention le site ne supporte par les arobases et/ou les point-f-r ou point-c-o-m), et je vous l'enverrai.

A la fin de cette fic, après avoir posté le dixième et dernier Omake, je vous proposerai aussi au format PDF mon "wikia" des différents persos, avec leurs fiches, leurs images, etc.

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A dans deux semaines pour le prochain omake... Qui sera sur Itachi et sa vie depuis le massacre ! Ca promets xD

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