Merci de vos reviews ! J'espère que vous apprécierez grandement ce chapitre qui reste un peu fidèle à mon sadisme ;)

Références à l'épisode 13: Diamonds are forever, avec des rajouts de ma part.


- Vous allez encore faire des conneries ce soir ? – demanda Abe quand Henry repassa à la boutique, en fin d'après-midi avant de retourner au 11 pour qu'il parte avec Jo pour les Hampton.

Henry haussa des épaules. Cela était dans leurs habitudes que d'aller courir à droite et à gauche et faire des choses illégales.

Abe se frotta les sinus

- Y'a un jour dans votre vie ou vous restez tranquilles tous les deux ?

Henry fit un large sourire et répondit avec le ton le plus arrogant qu'il trouva

- Jamais !

Abe ne voyait pas pourquoi il posait la question. Cela était évident qu'ils n'écoutaient jamais personne et n'en faisaient qu'à leur tête. Abe se disait que depuis qu'elle connaissait Henry, Jo avait dû enfreindre un bon nombre incalculable de règles.

- Et vous allez faire quoi pendant tout ce temps ? Il fait froid et là bas, il n'y a franchement pas grand-chose à faire. Parce que, je doute que quelqu'un dorme à 20h dans cette maison. Même si la maîtresse de maison est morte, j'imagine que cela n'empêche pas les domestiques d'y rester.

Henry secoua la tête

- Je ne sais pas du tout ce qui se passe. Mais forcément, ils doivent continuer de s'occuper de la maison, jusqu'à ce qu'un verdict soit rendu concernant la répartition de l'argent d'Annie ou plutôt Mia comme on l'a trouvé. Quoiqu'il en soit, on ne peut pas non plus prendre de risques en y allant en tout début de soirée ainsi et risquer de se faire retirer l'affaire pour avoir pénétré dans une maison sans mandat et sans aucune preuve concrète de ce qu'on avance.

Abe acquiesça. Henry lui racontait suffisamment ce qui se passait au 11 pour qu'il en connaisse un peu plus sur les droits et les non-droits des policiers.

- À cette période de l'année, vous allez tellement vous emmerder dans le coin.

Henry savait qu'il n'y avait que très peu d'activités pour les occuper pendant plusieurs heures. De plus avec les températures, ils allaient sans doute avoir froid rapidement.

- Je ne vois que le casino pour qu'on reste au chaud… Et il y a aussi la plage Sand Castle… On pourra toujours s'y balader un peu, mais c'est sûr qu'on ne va pas y passer notre soirée. Dommage, cette affaire aurait dû avoir lieu cet été.

Abe se retint de dire que cela aurait été une belle excuse pour voir Jo en maillot de bain. Remarque, elle n'en aurait pas manqué une miette non plus. Il pouffa intérieurement. Il avait hâte de voir, qui finirait par séduire qui en premier, s'ils ne se jetaient pas l'un sur l'autre en même temps, ce qui était plausible.

- Bah puisque vous êtes deux bras cassés et que vous n'avez rien de mieux à faire, que vous serez seuls… Profite pour lui demander un rendez-vous, ça serait l'occasion.

Henry acquiesça. Il n'en aurait peut-être pas d'autres, tellement ils étaient interrompus. Il savait qu'il était temps qu'il fasse quelque chose. Cette tension entre eux ne pourrait plus durer. Et au moins, comme ça, il aurait sans doute plus de courage de lui révéler la vérité à propos de sa condition.

- Tu as raison ! Il est temps que je me bouge un peu. On aura plusieurs heures à tuer donc franchement, ça va être l'occasion.

Abe fit un large sourire. Ça y est, après 200 ans, son père se comportait enfin comme un vrai homme. Valait mieux tard que jamais.

Il resta encore de longues minutes avec son fils, pour profiter du thé et discuter un peu de leur vie amoureuse. Henry fut ravi d'apprendre que tout se passait bien entre Abe et Fawn et de voir qu'il avait autant la forme qu'un homme de 20 ans. Son opération deux mois auparavant, l'avait, semblait-il, rendu beaucoup plus fort et cela faisait énormément plaisir à l'immortel. Abe n'avait pas fini de dire son dernier mot et Henry avait le sentiment qu'il allait être là pendant encore longtemps et sans doute assister à ce futur qu'il se voyait construire avec Jo, si tout se passait comme il le souhaitait.

Vers 19h, Henry envoya un texto à Jo avec le téléphone d'Abe, disant qu'il se mettait en route et qu'il la retrouverait sur le parking du 11.

Quand le taxi le déposa, il vit Jo appuyée contre sa voiture, qui avait l'air blasé. Mike était à côté d'elle et apparemment, ils venaient de se disputer. Henry se demandait bien ce qui se passait.

Il avança vers ses deux amis et vit Jo qui faisait la tête à son partenaire. Mike rabroua Henry.

- Où est-ce que vous comptez aller ce soir tous les deux seuls sans aucun back-up ? Vous avez perdu l'esprit ?

Henry regarda Jo qui leva les yeux au ciel.

- Euh comment…

Mike haussa un sourcil

- Je suis flic Henry. Je sens quand mes deux collègues sont sur le point de faire quelque chose d'illégal. Rien qu'à voir vos échanges silencieux tout à l'heure, j'ai compris que quelque chose n'allait pas.

- Donc il m'a fait du chantage – trancha Jo – soit je lui disais, soit il racontait à Gates qu'on irait sans autorisation chercher des informations. Ce que tu peux être vraiment lourd parfois. Henry et moi, on n'est pas des enfants.

Hanson soupira

- Peut-être pas, mais Henry n'est pas non plus flic. Qui sait ce qui peut vous arriver là-bas tous les deux ? On n'a toujours pas mis la main sur le meurtrier et rien ne dit qu'il ne traîne pas devant la maison, en attendant justement que des flics viennent pour les faire taire. Et on ne sait pas non plus si les gardes ou autres sont complices donc nope… Cette fois, j'en ai assez de vous voir prendre des risques. Je vous accompagne.

Jo échangea un regard avec Henry qui en disait long. L'immortel se retint de soupirer. Et bah voilà comment finissait leur soirée à deux et lui demander un rendez-vous, venait littéralement de tomber à l'eau.

- Je ne veux pas que Gates nous retire l'affaire pour notre manque d'imprudence – affirma Jo après de longues minutes de silence, mais toujours en rogne contre son collègue – donc je le laisse venir avec nous, sinon il va nous faire une crise d'ado.

Hanson se disait qu'elle pouvait tout de même avoir plus de reconnaissance. Il se doutait bien qu'il tenait un peu la chandelle, mais après tout, ce n'était pas le moment de se faire des câlins et des bisous, sur une scène de crime. Henry finit par compatir.

- Eh bien, je suppose qu'un coup de main pour faire le guet ne serait pas de refus.

Jo aurait souhaité qu'il ne l'encourage pas. Tout comme Henry, cette dernière aurait aimé profiter de leur temps libre pour tenter de demander à Henry s'il était intéressé à sortir avec elle. Elle avait longuement réfléchi, peser le pour et le contre et elle savait qu'il fallait qu'elle arrête de se trouver des excuses. Elle avait des sentiments pour cet homme depuis un an et ce n'était pas avec n'importe qui qu'elle rêvait de se perdre à Paris. Et vu leur attraction mutuelle, elle savait parfaitement que tous deux voulaient tenter quelque chose alors c'était le moment ou jamais de saisir sa chance. Mais naturellement, il y avait toujours un imbécile pour se mettre entre eux.

Hanson frotta ses bras contre lui

- Bon ! On y va ou pas ? On va pas rester là à congeler ?

Jo rentra du côté conducteur et ordonna à Mike de passer derrière, sans même lui laisser le choix. Vu qu'il venait de ruiner ses chances pour être seule avec le doc, il préféra lui laisser de l'air et d'exécuter ce qu'elle venait de lui dire.

Avant de démarrer, le couple eut à nouveau un échange silencieux qui agaça fortement Hanson, qui en avait assez de les voir se faire des yeux de merlan frit. Il faudrait vraiment les enfermer dans une pièce… Mais cela entraînerait sans doute sa jeune collègue à se retrouver rapidement avec un polichinelle dans le tiroir.

L'allée ne dura pas très longtemps pour se rendre jusqu'aux Hamptons, pourtant la route était assez congestionnée vu que beaucoup de personnes ne vivaient pas forcément là où ils travaillaient.

Jo trouva une place juste devant la plage qu'Henry avait mentionnée. Elle était bien éclairée et il y avait des joggeurs courageux qui s'y baladaient, ainsi que des couples. Jo agrippa fortement son volant. Elle se serait bien vue faire une balade, en glissant sa petite main dans celle d'Henry, pour la réchauffer et trouver le courage de lui demander pour sortir avec elle.

Henry suggéra alors

- Comme on a beaucoup de temps devant nous, ça vous dirait qu'on se balade un peu sur la plage ? Et dès qu'on a trop froid, on rentre dans le casino, on mange un morceau et…

Hanson le coupa

- Et on se ruine avant de partir en mission ? Très bonne idée doc !

Henry pouffa et regarda sa partenaire pour avoir sa confirmation. Elle ne fit que hocher la tête et ils sortirent tous de la voiture.

Le vent de ce côté-ci soufflait si fort que Jo avait l'impression qu'elle allait s'envoler d'une minute à l'autre. De ce fait, le courant d'air leur fouettait le visage, à cause de la mer et il n'était pas du tout agréable. Jo resserra son manteau autour d'elle.

- À mon avis, on ne fera pas long feu sur cette plage. Ceux qui ne portent qu'une tenue de sport pour leur petit jogging ont vraiment beaucoup de courage.

Hanson regarda la plage d'un air désolant

- Parfois, quand j'ai du temps libre, en été Karen et moi on amène les gosses ici. Ils ont des sculptures de sable de mai à septembre. J'ai l'impression d'être dans un autre univers sans les voir.

Henry approuva

- C'est bien vrai ! Et elles sont très belles, mais malheureusement, ils doivent les enlever pour l'hiver, la neige et le mauvais temps finiraient par toutes les abîmer. Mais je reconnais que je suis toujours impressionné à savoir comment ils s'en sortent pour les refaire avant chaque début d'été.

Jo était entre les deux hommes et elle se disait qu'elle avait parfaitement sa place, la chaleur naturelle de leur corps lui permettait de ne pas frissonner, même si elle se tenait bien plus près d'Henry que de Mike, cela allait de soi.

- Bon, on ne va pas rester là sans rien faire. Allons marcher un peu parce que je ne sens plus mes doigts déjà. Ça ne devrait pas être humain d'avoir si froid alors que ce n'est même pas encore l'hiver – bougonna Jo en prenant une longueur d'avance sur les deux hommes.

Ils se firent un regard complice. Décidément, le sang chaud de Jo ne supportait vraiment pas le froid. Ce qui était compréhensible d'un côté.

Ils empruntèrent un petit sentier qui était utilisé par tout le monde ou presque pendant l'été, pour se rendre dans l'eau, sans avoir à supporter cette terrible épreuve qu'était de marcher dans le sable brûlant et risquer des énormes de cloques en fin de journée.

Jo avait pris de l'avance, mais fut très rapidement rejoint par Henry qui se mit si près de son bras qu'Hanson pouvait jurer, qu'il était sur le point de mettre sa main dans la poche de la jeune femme. Quant à lui, il restait un peu l'écart, il ne voulait pas risquer que Jo lui mette une balle dans les fesses juste parce qu'il avait cassé n'importe quel moment qu'ils s'apprêtaient à passer ensemble.

Cependant, il n'arrivait pas à ne pas les regarder. Leur façon de se tourner autour lui rappelait quelques souvenirs avec Karen qui était aussi butée que Jo, si ce n'était pas pire.

Sauf que contrairement à Karen et lui, Jo et Henry ne perdaient pas de temps et se rapprochaient dangereusement de jour en jour et il était clair que ni l'un ni l'autre ne cherchait à cacher ses sentiments désormais.

Il suffisait de voir leur démarche. Les épaules se frôlant constamment, les doigts qui étaient à la recherche de l'autre comme pour se sentir en sécurité. Ayant vu Jo sous toute sa fragilité après la mort de Sean, Hanson ne pensait pas la revoir plonger comme ça pour un homme et pourtant, Henry avait volé son cœur d'une façon qu'il n'aurait jamais pensé possible, surtout après le traumatisme qu'elle avait subi. Mais ils étaient tous les deux, deux âmes complètement brisées alors apparemment, le destin leur avait simplement donné un petit coup de pouce.

Il ne se rendit pas compte qu'ils arrivèrent rapidement près de la mer où le doux bruit des vagues s'écrasant sur le sable se faisait entendre. L'odeur saline leur chatouillait le nez également. Si le temps n'avait pas été aussi froid, une petite baignade nocturne aurait été la bienvenue.

Jo s'installa sur le sable, à quelques mètres de la mer, mais suffisamment loin pour ne pas se prendre une vague dans le cas, la marée devait monter.

Henry s'installa à ses côtés et Hanson prit place à côté du doc. Ils restèrent tous trois silencieux pendant de longues minutes, sans dire un mot. Ce qui n'était vraiment pas dans les habitudes d'Henry d'être si silencieux. Jo se rappelait encore lorsqu'il avait bougonné en disant « le silence n'est pas un don qui m'a été donné ». Elle se pinça les lèvres en y repensant. Elle avait presque failli le tuer ce soir-là, mais au final, on pouvait dire qu'il avait été son héros. Il l'avait ramené saine et sauve chez lui et ne l'avait pas du tout quitté pendant toute cette affaire. Son cœur manqua un raté à repenser à toute son inquiétude, notamment au moment où Hank Dunn avait été sur le point de la tuer et qu'elle avait remis toute sa vie entre ses mains. Le soulagement quand il avait accouru vers elle et qu'il avait vu qu'elle allait parfaitement bien à part une toute petite éraflure sur le front, il l'avait touché au plus profond de son âme. C'était la première fois depuis plusieurs mois qu'elle avait vu un homme la regarder de la manière dont Henry l'avait fait ce soir-là. Et il avait été incapable de la quitter même une fois qu'elle était descendue du brancard et que Mike ou plutôt un autre collègue devait raccompagner tout le monde, sachant que Mike ne pouvait pas conduire à cause de son bras.

Il l'avait aidé à descendre, car ses jambes avaient été encore tremblantes, il l'avait donc porté jusqu'à la voiture et ils étaient restés à l'arrière et au moment où ils étaient repassés devant la boutique, il n'avait presque pas voulu descendre, mais elle l'avait rassuré en lui disant que tout irait bien. Leurs regards ne s'étaient pas lâchés jusqu'à ce que la voiture tourne à une intersection. Et apparemment, il avait été capable de lire dans ses yeux, car le soir même il était revenu à sa porte, pour lui offrir du réconfort. Autant ce soir-là, elle était encore à sentir toute cette peine, autant son cœur s'était mis à battre à une telle vitesse lorsqu'elle avait été dans ses bras, qu'elle avait cru être au bord de la crise cardiaque.

Tous ces événements n'avaient fait que les rapprocher et aujourd'hui, ils étaient presque en couple. Enfin, si on leur laissait l'occasion de l'être.

Ne prenant plus en compte Mike à côté d'eux, Jo se blottit complètement contre Henry, avec une main sur son torse, exactement là où sa cicatrice était. Henry enroula un bras autour d'elle et une autre se posa sur son genou, dont les jambes étaient croisées en position de lotus. Et Mike restait là, comme la bougie qu'il était. Et pour une fois, il comprit ce que c'était qu'être la cinquième roue du carrosse.

C'est quand il sentit les doigts de la jeune femme en train de refroidir assez vite qu'Henry se leva et proposa à tout le monde d'en faire de même.

- Venez ! On va aller manger. On ne pourra pas rester dehors plus longtemps, le vent est de plus en plus fort et la température n'ira pas en s'améliorant.

Jo approuva et ils retournèrent tous trois au casino pour se réchauffer, manger un bon morceau et peut-être jouer une ou deux parties, sans abuser, le temps de retourner à la demeure d'Annie.

Comme il savait qu'il venait de gâcher leur soirée, Hanson décida de payer le repas à tout le monde. Jo et Henry lui en firent tout de même reconnaissants, et l'atmosphère se fit un peu plus détendue après avoir avalé un morceau.

Ce fut vers 23h30 qu'ils quittèrent le casino. Ils avaient un peu joué, mais sans plus. En outre, avec Henry qui avait un peu trop de technique, ils avaient bien senti que les organisateurs pensaient qu'ils étaient en train de tricher donc il valait mieux quitter avant qu'ils se fassent accuser de fraude, ce qui serait assez ironique pour leur cas.

Jo se gara carrément de l'autre côté de la demeure, là où il y avait suffisamment de bois et de noirceur pour ne pas qu'ils attirent l'attention sur eux.

Il y avait simplement un garde posté devant la maison et peut-être quelques flics, juste devant le portail. Il fallait être stratégique. Tout était éteint dans la maison donc les trois amis présumèrent que tout le monde était parti, soit dormait. Chacun comprenait que le fait que cette maison possède des biens précieux demandait à avoir du personnel pour surveiller. Après tout, il s'agissait aussi d'une scène de crime.

- Bon, par où est ce qu'on passe, les petits génies ? – demanda Hanson

Jo lui lança un regard sarcastique

- Il y a une entrée par l'arrière. Elle ramène dans le salon. Mais on ne peut pas s'assurer s'il y a d'autres agents de police ou pas.

Henry et Jo regardèrent Hanson qui se sentit particulièrement mis à nu.

- Pourquoi vous me regardez comme ça ?

Henry fit un sourire narquois.

- Étant donné que cette mission devait être celle de Jo et moi, peut être que vous ne verrez aucun inconvénient à aller jeter un œil.

- Et essaie de ne pas te casser la figure dans le noir, ce n'est vraiment pas le moment – ajouta Jo, avec exactement le même sourire qu'Henry.

Hanson secoua la tête. Il le méritait bien après tout.

- Ok ok ! On ne peut pas vraiment se mettre entre vous quand vous avez besoin d'être seuls.

Il sortit doucement de la voiture et passa entre tous les arbres, pour parvenir à rejoindre la maison, sans se faire repérer. Heureusement, il était habillé de noir donc rien ne reflétait avec la lumière de la lune.

Jo soupira

- Après le coup qu'il nous a fait, il n'a pas intérêt à foirer sinon je te jure que je n'hésiterais pas à me servir de mon arme.

Henry pouffa. Il se disait que c'était peut-être le moment, mais le téléphone de Jo sonna après quelques minutes, qu'ils aient perdu Mike de vue.

- Il y a un flic par-derrière – annonça-t-il. Il traîne près de la piscine, mais ce n'est pas assez pour ne pas qu'on se fasse repérer.

Henry ne se souvenait pas avoir vu d'autres entrées. Mais Jo non plus. Elle demanda à Mike de revenir, tandis qu'ils réfléchissaient à une solution.

Henry fronça des sourcils

- Attends une seconde ! Si la bibliothèque est en bas, il doit bien y avoir une entrée pour une cave ou quelque chose ?

Jo allait répondre quand Mike qui ouvrit la porte les fit sursauter

- Hey ! Ce n'est que moi. Soyez pas autant paranos.

- Dis-le-nous quand tu es sur le point de rentrer – railla Jo – tu n'aurais pas vu l'entrée d'une cave par hasard tant que tu étais là-bas ?

Hanson secoua la tête

- Non ! Pourquoi ?

Henry soupira

- Parce que c'est l'entrée qu'on devrait emprunter. La bibliothèque est en bas, donc forcément il y a quelque chose en dessous de la maison.

Hanson réfléchit et se rappela avoir vu quelque chose sous le kiosque devant la piscine

- Je ne veux pas jouer les oiseaux de mauvais augure, mais je pense que l'entrée se trouve sous le kiosque devant la piscine, qui est derrière. Il me semble avoir vu une trappe.

Jo haussa un sourcil

- Tu as vraiment une bonne vue quand tu veux.

Hanson haussa des épaules

- C'était un peu le seul endroit où je pouvais me cacher aussi.

Concrètement, ils ne pouvaient pas ni aller dans la cave ni passer par l'avant de la maison… Alors de quelle manière pouvaient-ils rentrer sans se faire repérer ?

Hanson regarda le couple et fit un petit regard sadique

- Ça ne vous dirait pas de jouer les adolescents en chaleur, qui ne savent pas où se mettre pour faire leur affaire et se peloter au bord du kiosque ? Ça détournerait l'attention du flic, et j'en profiterais pour l'assommer pour qu'on puisse rentrer en paix dans la cave ?

Il se fit tellement mal regarder qu'il se fondit directement sur la banquette arrière et ne rajouta rien de plus. Il croisa ses bras.

- Franchement, si vous avez une meilleure idée. Allez-y.

Il se disait qu'il faudrait qu'ils sachent ce qu'ils veulent. Il leur donnait l'occasion de se rouler une pelle et ils ne la saisissaient même pas.

Henry regarda l'espèce d'arbre qui était reliée à une fenêtre d'où il y avait un balcon. C'était un saule pleureur et il était suffisamment solide pour être escaladé, sans risquer de casser une branche ou la maison entière ou risquer de se tuer.

Il se détestait déjà à ce qu'il allait suggérer, mais ce fut sa partenaire qui le devança, car elle regardait dans la même direction.

- Ça dit à quelqu'un de faire de l'escalade ?

Hanson ne la suivait pas et elle pointa le saule pleureur. Il rigola nerveusement.

- Tu plaisantes là j'espère ?

Jo et Henry le regardèrent d'une seule et même expression. Non. Ils ne plaisantaient pas.

Il fronça des sourcils

- Sérieux doc ? Ne me dites pas que vous êtes totalement pour ?

- Pour dire vrai ? J'avais eu exactement la même idée.

Hanson s'enfonça un peu plus sur la banquette arrière

- Ouais ! Bah ça sera sans moi. Débrouillez-vous tous seuls… - il s'arrêta et les regarda, en voyant leur sourire en coin – vous n'êtes pas en train de faire ça pour vous débarrasser de moi ?

Henry passa sa langue sur ses lèvres

- Qu'est-ce qui se passe détective ? On a peur du vide ?

Jo en rajouta une couche

- Il en est terrifié !

Hanson savait qu'il était cerné.

- C'est ça ! Foutez-vous de moi ! Mais moi je ne bouge pas.

Jo haussa des épaules et sortit. Henry fit de même, sous le regard scandalisé d'Hanson.

- Tant pis ! Henry et moi on y va. Ce n'est pas sorcier et ça nous conduit dans la maison dans tous les cas. Tu n'as qu'à rester là et faire ce que tu devais faire à l'origine, le guet. Dis-nous, si tu vois de la lumière ou un des gardes rentrer dans la maison.

Il n'eut même pas le temps de protester que les deux coururent en direction de l'entrée de la maison et se cacher derrière le saule pleureur, qui était suffisamment large pour ne pas qu'ils se fassent repérer par ceux qui gardaient l'entrée.

Hanson porta les mains à sa tête

- Mais ils sont complètement suicidaires ces deux-là. Ils vont finir par me tuer avant l'heure.

Il faisait complètement sombre et Jo et Henry savaient qu'ils risquaient un peu gros à escalader tel qu'ils le faisaient, mais tout était bon à prendre pour une enquête.

Ils avaient retiré leurs chaussures et étaient en train de regretter le fait qu'ils étaient presque en hiver.

- Je te le dis Henry, je fais ça ce soir, mais c'est sans doute la dernière fois. Je vais finir par perdre mes doigts de pied.

Henry rigola. Il avait tellement l'habitude d'escalader partout que cela ne le dérangeait pas.

Arrivé presque à la hauteur du balcon, le pied de Jo glissa légèrement, mais Henry eut le réflexe de poser une main sur sa hanche pour la retenir et la caresse de ses doigts la fit frissonner même en dessous de son manteau.

Elle resta quelques minutes à se soutenir à la dernière branche, en sentant cette chaleur la parcourir et sentit son visage pareil à de la braise. Henry observait le corps de son amie, braqué contre le sien et la manière dont elle se détendait à son toucher. Il tenta d'enlever les pensées très impures qui étaient en train de prendre contrôle de son esprit à cet instant.

Après de nombreuses cabrioles, ils parvinrent à rentrer dans la maison où il y avait un calme complet. Il ne semblait pas que les domestiques étaient là et les deux jeunes gens devaient se déplacer à l'aveuglette, dans une maison qu'ils n'avaient vue qu'une fois.

Heureusement pour Jo, Henry avait un excellent sens de l'orientation.

Ils purent atteindre la bibliothèque sans le moindre problème et comme souvent, Jo crocheta la serrure avec une facilité déconcertante.

La bibliothèque étant située sous terre, personne n'était en mesure de voir s'il y avait de la lumière ou pas. Mais Jo et Henry ne prirent pas le risque. Cependant, la jeune femme était bien soulagée de pouvoir utiliser sa lampe torche. Elle confia son téléphone à Henry pour se servir de celle qui était intégrée avec le flash de son appareil photo.

Ils ne savaient pas trop ce qu'ils cherchaient exactement, mais ils le cherchaient. Ils avaient privilégié ces boîtes où il y avait tout un bric-à-brac qui était en fouillis.

Apparemment Annie, aimait garder des choses complètement inutiles.

Au détour d'une étagère, Henry aperçut à ce qui ressemblait à un album photo.

Il l'attrapa et regarda ce qu'il comportait. Il y avait des photos de la maison actuelle dans laquelle se trouvaient, des différents paysages de New York, puis il tomba sur des photos complètement différentes avec des paysages de neige et une famille qui semblait heureuse.

Au début, Henry pensait qu'il s'agissait simplement de l'enfance d'Annie, mais en regardant de plus près les photos, il se rendit compte qu'il s'agissait parfaitement de la pauvre femme. Elle était complètement différente de la manière dont ils l'avaient trouvée. La coupe de cheveux n'avait rien à voir. Sur la photo elle apparaissait blonde, or ; elle avait été trouvée rousse et cela ressemblait parfaitement à une couleur naturelle. Elle avait dû passer par une coloration définitive ou un changement de pigmentation dans les racines pour avoir cette chevelure flamboyante, qui ne faisait littéralement voir que du feu.

Sur la photo, il y avait un homme qui n'était pas du tout celui qu'il avait vu sur les photos du salon… Et deux enfants… Mais qu'est-ce que cela voulait dire ? Qu'on fuit une identité, d'accord, mais de là à fuir toute une famille ! Et de plus, il avait bien vu qu'elle n'avait pas eu d'enfants biologiques, alors tout ceci semblait assez curieux… À moins qu'il ait manqué quelque chose. Cela pouvait arriver.

Il attrapa la photo et se précipita vers sa partenaire qui continuait de fouiller dans les boîtes.

- Jo ! Regarde ce que j'ai trouvé.

Elle observa longuement la photo et mis longtemps avant de comprendre qu'il s'agissait d'Annie. Elle écarquilla grand les yeux.

- Wow ! Je ne l'aurais pas reconnu si ce n'était pas pour son regard. Tu crois qu'il s'est passé quoi ?

Henry haussa des épaules

- Je n'en ai aucune idée, mais on va rapidement le découvrir. Demain, on amène cette photo à l'Ambassade et on verra s'ils sont en mesure de nous donner des informations grâce à ça.

Jo acquiesça. Cette photo avait été prise au Canada et quoiqu'ils fassent, la base de données de la NYPD ne pouvait rien faire dans des cas comme ça. Seul le pays d'origine avait les informations requises pour retrouver des personnes via un portrait.

Jo reçut un texto avec plein de points d'exclamation, leur disant de sortir le plus rapidement possible, car les deux gardes de l'entrée venaient de rentrer, soit pour faire une pause toilette ou une pause-café, mais quoi qu'il en soit, ils seraient désormais dans la maison et si jamais ils tombaient nez à nez avec Jo et Henry, ils étaient mal.

Jo plia soigneusement la photo pour la ranger dans sa poche et ils observèrent la cuisine qui venait d'être allumée. Les deux hommes discutaient à l'entrée de celle-ci, à voir, leur ombres qui se répercutait sur une partie de la cheminée du salon.

Hanson les avisa de faire attention, car il y avait quand même toujours deux flics postés devant l'entrée. Il n'était pas question qu'ils redescendent par là où ils étaient arrivés. Une fois, c'était suffisant.

Heureusement, ils avaient retiré leurs chaussures avant de sortir de la voiture.

Les deux voix s'éloignèrent et apparemment ils partirent discuter avec le policier à l'arrière.

Jo et Henry piquèrent un sprint comme jamais et se recroquevillèrent derrière le grand 4x4 une fois qu'ils furent hors de la maison. Les deux flics avaient le dos tourné et ils se hâtèrent de rejoindre rapidement la voiture.

Ils rentrèrent complètement essoufflés et se regardèrent avant d'éclater de rire. Hanson ne comprenait vraiment pas leur délire.

- Je ne vois pas ce qu'il y a de marrant. On aurait tous pu se faire choper.

Jo le regarda d'un air évident

- Tu n'as rien fait Mike à part rester tes fesses dans la voiture.

Henry appuya sur le chauffage sans demander l'avis de personne. Jo le regarda et se sentit particulièrement excitée de le voir prendre autant d'initiatives.

- Désolé ! Mais là mes pieds vont finir par se détacher de mes jambes si je ne les réchauffe pas immédiatement.

Jo se mordilla la lèvre jusqu'au sang et ils se regardèrent intensément. Hanson les arrêta avant qu'ils n'aillent trop loin. Il en avait déjà assez vu.

- Bon la parade sexuelle, ça suffit. Vous avez obtenu quelque chose à traîner là-bas ?

Pour toute réponse Jo lui balança la photo. Elle démarra après quelques minutes.

- Oui ! Et à mon avis, notre chère Annie avait des énormes secrets dont personne n'était au courant.