Merci de vos reviews. J'espère que vous aimerez cette enquête et que vous ne m'en voudrez pas trop de poster des courts chapitres ;)


10h30

Jo serrait son téléphone dans sa poche, il fallait qu'elle soit discrète pour passer son appel, sans attirer l'attention des assaillants.

Ils étaient en train de parler entre eux, dans ce qui ressemblait sans nul doute à du portugais, car Jo n'arrivait pas à les comprendre, donc ce n'était pas de l'espagnol.

Henry s'inquiétait pour le juge qui était à l'agonie, derrière son bureau. L'immortel parvenait à le voir et savait qu'il respirait encore, mais il avait été touché, certainement au niveau du ventre et si personne ne faisait rien, son sort allait être fatal. Il chuchota à Jo.

- Le juge est blessé, on ne peut pas le laisser comme ça.

Jo regarda dans la même direction que son ami et se mordilla la lèvre jusqu'au sang.

- Je sais bien ! Mais si on bouge… Tu as vu comment ils sont armés ?

Il n'eut pas le temps de rajouter quoi que ce soit que l'assaillant qui les avait menacés en prenant l'arme de Jo cria à leur attention, les faisant sursauter. Il ressemblait de très près au criminel qui était en cour et Henry en déduit qu'il s'agissait probablement du fils.

- Écoutez-moi tous ! Si vous faites ce qu'on vous dit, personne ne sera blessé. – il regarda Jo – et vous petite demoiselle, n'essayez pas de jouer à la plus maligne avec moi.

La jeune femme osa alors

- Pourquoi est-ce que vous prenez cette salle d'audience en otage ? Quelles sont vos motivations ?

Il tourna le fusil entre ses doigts et Henry craignait qu'il ne tire sur sa collègue. Il était déjà prêt à se mettre devant la balle si quoi que ce soit devait aller de travers.

- Mon père a été mis en prison et je réclame sa libération. Ce satané juge a envoyé presque toute ma team derrière les barreaux, mais il n'est pas question que je laisse mon père que vous voyez là, croupir là dans. Alors il va nous autoriser la libération s'il ne veut pas finir en charpie.

Jo s'apprêtait à dire que le baron de la drogue méritait bien ce qui lui arrivait, mais elle se retint, elle n'avait pas besoin de se faire exploser la cervelle. Elle n'avait pas encore pu déclencher l'appel téléphonique pour que le 11 soit au courant de ce qui pouvait se passer. Henry commença à se lever et Jo le regarda en se demandant s'il avait perdu la tête.

Le fils de Cali pointa son fusil dans sa direction

- Où il compte aller comme ça le Sherlock Holmes ?

- Je suis désolé, mais le juge est blessé… Si vous avez besoin de lui, il serait peut-être mieux qu'il soit soigné… Je… Je suis docteur, je peux arrêter le saignement avant que ça ne soit fatal… Si vous avez besoin de lui, gardez-le vivant.

Le père et le fils s'échangèrent un regard. Jo ajouta.

- Si vous avez la mort d'un homme sur les bras, cela ne rajoutera que davantage d'années à la peine de votre père. Peut-être à perpétuité, y compris pour vous puisqu'il s'agit d'un juge.

L'homme les regarda droit dans les yeux et fit signe à un autre assaillant de surveiller Henry.

- Faites ce que vous avez à faire, mais retournez à votre place sinon mon gars s'occupe de vous exploser votre cerveau de scientifique, est-ce que c'est clair ?

Henry leva les deux bras en hochant la tête, sentant d'ores et déjà des perles de sueur coulant le long de son front

- Très clair !

Henry sentait le fusil de l'autre assaillant être pointé dans son dos, pendant tout le trajet jusqu'au bureau du juge où il s'agenouilla et prit connaissance des dégâts.

Jo regardait autour d'eux, à la recherche d'une possible sortie pour au moins protéger les civils qui étaient avec eux. Le troisième gars qui surveillait l'entrée s'approcha d'elle. Elle releva lentement les yeux vers lui.

- T'as un téléphone ?

Elle ne voulait pas leur laisser ce plaisir

- Pourquoi ?

- Je ne crois ma belle que tu sois en position de menacer malgré ton statut. Le boss veut appeler la presse pour expliquer ce qu'il veut et les conditions qui viennent avec si vous voulez tous sortir de là.

Jo ne voulait vraiment pas leur donner son téléphone, son seul outil pour qu'elle puisse être en contact avec le monde extérieur. Il n'y avait que comme ça qu'elle pourrait appeler Gates et lui expliquer la situation.

- Tu ferais mieux de t'exécuter !

Henry jeta un œil à sa collègue qui tentait de garder un air incorruptible sans cligner des yeux. Le courage de son instinct de détective tel qu'il le connaissait. Il regarda le juge et appuya sur sa blessure, en enroulant son écharpe tout autour pour éviter une hémorragie interne.

Il lui chuchota

- Votre honneur, avez-vous des anti douleurs quelque part ? C'est tout ce que je peux faire pour que vous supportiez la douleur… Il faudrait qu'on puisse appeler une ambulance pour vous soigner au plus vite, mais j'ignore s'ils nous laisseront ce loisir.

Le juge acquiesça en lui désignant le tiroir. Henry fouilla dedans et en ressortit des anti-inflammatoires. Il n'y avait rien de mieux et au moins cela l'aiderait à supporter la douleur.

Il prit la bouteille d'eau qui était sur le bureau et aida le juge à avaler les deux comprimés et l'aida à s'appuyer contre le bureau en lui demandant de garder une main sur la blessure.

- J'aurais dû me douter que mettre ce gars en prison… Allait finir par me retomber dessus.

Henry l'arrêta. Il fallait qu'il économise ses forces.

- Vous ne faites que votre boulot votre honneur. Tout comme le détective Martinez et moi faisons le nôtre. Vous n'avez rien à vous reprocher. Je suis certain que c'est quelque chose qu'ils planifiaient depuis longtemps.

Le juge allait répondre, mais l'assaillant qui avait conduit Henry jusqu'à lui, lui tapota le dos avec la tête du fusil.

- Fini la causette ! Vous l'avez soigné, maintenant retournez à votre place !

Henry n'eut pas vraiment le choix. Ce n'était pas le moment de jouer les héros. Il dit d'une voix calme à l'encontre du fils, qui était en train de composer un numéro, sur le téléphone de Jo.

- Le juge a besoin de soins. Il serait plus sage de faire venir une ambulance pour qu'il ait une chance de s'en sortir.

Le fils Cali tourna la tête vers Henry et Jo ravala sa salive, ayant peur pour lui. Il répondit en rigolant.

- Vous y croyez vraiment beaucoup trop. Si j'appelle une ambulance, vous allez certainement tous en profiter pour vous faire la malle. Hors de question. Il respire, la blessure est neutralisée alors il peut rester là le temps qu'on puisse obtenir gain de cause.

Henry refusait de s'asseoir, mais Jo tira sur sa manche. Elle ne fit que lui faire un signe de tête. Il la rejoignit sur le banc, mais n'aimait pas du tout la tournure que les événements pouvaient prendre.

Il n'entendait jamais du bon sur les prises d'otage. Il savait que dans la plupart des cas, les attaquants ne cherchaient pas grand-chose, seulement de l'argent ou possiblement un véhicule pour fuir et éventuellement après un certain temps, ils finissaient par libérer les otages. Mais la manière dont les choses se présentaient, il ne semblait pas que ces hommes lourdement armés, avaient prévu de les laisser aller où que ce soit, sauf si vraiment peut-être, ils étaient assez convaincus au moment où les négociations commenceraient.

Le fils et le père parlèrent ensemble et semblaient décider de qui ils devaient appeler.

- Pstt ! Pstt

Jo sursauta et se retourna pour voir les personnes avec qui ils étaient assis, qui étaient terrorisés et une petite dame venait de l'interpeller.

- Est-ce que vous êtes flic ?

- Oui ! Je suis détective à la NYPD.

La petite dame regarda leurs gourous.

- Est-ce que vous allez nous sortir de là ?

Jo échangea un regard avec Henry. Elle était la seule avec une autorité suffisante pour pouvoir les sauver, elle le savait, mais ce n'était pas si simple que ça. Jamais elle n'avait eu affaire à de tels cas.

- Je vais essayer ! Mais je suis désavantagée, ils m'ont pris mon arme… Et je ne veux risquer la vie de personne à jouer les Supergirl.

Le magistrat qui les avait accueillis était assis avec eux et demanda

- S'ils contactent la presse, tout le monde sera au courant de ce qui se passe ici… Votre équipe en entendra certainement parler, non ?

Jo acquiesça. Elle avait espoir qu'effectivement, si la presse relayait l'info, le 11 saurait immédiatement quoi faire.

Elle regarda Henry

- Comment va le juge ?

Henry secoua la tête

- J'ai réussi à stopper un peu le saignement pour éviter l'hémorragie, mais ça ne sera que temporaire. Cet homme a besoin de soins et si jamais d'ici le début de l'après-midi il n'a pas été amené à l'hôpital, je ne sais pas s'il pourra survivre à ses blessures.

Ni l'un ni l'autre ne voulait avoir la mort d'un juge sur la conscience sachant qu'ils pouvaient très bien faire quelque chose, mais que dans des cas comme ça, les preneurs d'otage ne voulaient rarement qu'entendre raison.

11h.

Les salles de presse venaient de recevoir des coups de téléphone et la voix du fils Cali leur parlant, se propageait désormais sur toutes les ondes.

- Alors, écoutez-moi tous ! Je m'appelle Billy Cali. Je suis le fils de Raoul Cali, qui a été mis sous les verrous il y a deux ans. Je détiens actuellement le juge Fortes en otage ainsi qu'une dizaine de personnes dans une salle d'audience du tribunal du New York County. Si vous ne voulez pas voir de massacre dans le tribunal entier, je demanderais aux flics et autre FBI de se plier à toutes les règles que je vais leur dicter. Je ne communiquerais qu'avec les journalistes qui se tiendront à l'extérieur du tribunal. Je vous informerais des prochains détails, dès que les journalistes seront sur place.

Il raccrocha, laissant plus ou moins toutes les salles de presse dans une confusion totale et chacun se hâta de prendre un camion, des caméras et tout le nécessaire pour se rendre immédiatement sur place.

Ce fut environ une quinzaine de minutes après l'appel qu'ils furent tous sur place.

La salle d'audience donnant directement sur le parking, un des complices qui regardait par la fenêtre, informa Billy.

- Les journalistes sont arrivés.

Jo détestait le fait que Billy utilisait son téléphone pour communiquer avec le monde extérieur, vu qu'elle n'avait pas encore eu l'occasion de prévenir le lieutenant de leur situation.

Billy fit un petit sourire en coin

- Parfait !

Un des journalistes le contacta directement. Il mit le haut-parleur. Jo et Henry le regardaient de travers. La jeune femme soupira.

- Je me sens tellement inutile là. Je n'ai pas mon arme et si on bouge, ils vont nous descendre.

Henry lui frotta doucement le genou

- Ne t'inquiète pas ! À mon avis, ils ne laisseront personne mourir à l'extérieur et ils donneront forcément ce que les Cali demandent.

- Billy Cali à l'appareil, j'écoute

- Monsieur Cali, je suis journaliste pour CNN, nous sommes actuellement devant le tribunal. Vous devez savoir que la sécurité a déjà fait évacuer toutes les personnes qui étaient à l'intérieur. Vous êtes à l'antenne et toutes les caméras sont braquées sur le tribunal. Dites-nous ce que vous voulez !

Billy fit un petit sourire en coin

- Pour commencer, j'aimerais avoir des excuses de la part de la NYPD pour avoir arrêté mon père. Il n'a pas fait de très bons choix, mais il ne mérite pas la prison. De plus, le jour où ils l'ont arrêté, il n'avait rien fait de mal, ils ont juste trouvé bon de lui passer les menottes parce qu'ils cherchaient à le coffrer depuis longtemps.

Le journaliste ne semblait pas savoir quoi dire face à ça alors il laissa Billy continuer.

- Ensuite, c'est le juge Fortes que je détiens. Celui qui l'a envoyé derrière les barreaux. Je vais m'assurer qu'il remette un papier signé comme quoi mon père peut sortir de prison et quelqu'un de la police devra venir le récupérer. Et pour terminer, j'aurais besoin de 30 000 dollars en cash et d'un véhicule comme ça, on pourra se tirer de là et n'essayez même pas de nous suivre, on pourrait descendre tout le monde.

Le journaliste échangea un regard avec ses confrères. Cela sentait vraiment mauvais. Il demanda alors.

- Est-ce qu'on peut savoir quelles sont les personnes présentes ?

Billy regarda Jo et Henry. Il demanda leur identité.

- C'est quoi vos noms tous les deux ? Vous êtes des personnes importantes et si je vous tue, ça ne plaira à personne alors autant qu'ils sachent où vous êtes.

- Détective Jo Martinez du 11

- Henry Morgan, légiste du 11.

Il fit un petit sourire mesquin et demanda

- Est-ce que vous avez entendu ?

Le journaliste ravala sa salive

- On a entendu… Nous allons, contacter les forces de l'ordre pour commencer les négociations.

- Merci bien !

Il raccrocha sans laisser le temps au journaliste de répondre et demanda à son complice de baisser les stores pour que personne ne voie ce qui se passe à l'intérieur.

Il s'installa à côté de son père et commença à discuter joyeusement avec ce dernier, tout en gardant le téléphone de la détective dans la main.

Henry n'était pas tranquille. Plus l'heure passait et plus l'état du juge allait se détériorer. Il espérait que tout se passerait rapidement et qu'ils n'allaient pas rester coincés pendant de très longues heures dans ce tribunal. Mais il n'en était pas certain. Il fallait toujours tenter de raisonner les malfrats avant d'en arriver à une certaine conclusion.

11h30, NYPD 11th

Les informations venaient d'être relayées sur toutes les chaînes et en voyant ceci défiler, Hanson en laissa tomber sa tasse de café qui se brisa.

- Oh c'est pas vrai !

Le lieutenant Gates bondit de son bureau et rejoignit Hanson.

- Jo et Henry sont dans ce tribunal et dans cette salle d'audience… C'est au juge Fortes qu'ils devaient remettre la déposition.

Personne ne savait encore que le juge était presque dans un état critique. Billy n'avait pas trouvé intéressant de le mentionner, tant qu'il n'obtenait pas ce qu'il voulait visiblement.

Le détective et le lieutenant se regardèrent d'un air affolé. Lucas venait de débarquer comme un fou, il avait vu les informations sur son téléphone.

- Mike ! Est-ce que Jo et Henry ne sont pas partis là-bas ?

Hanson acquiesça mollement. Lucas regarda le lieutenant qui tentait de garder son sang-froid.

- Je veux une équipe pour se rendre au County s'il vous plaît. Nous allons préparer un plan et nous vous rejoindrons juste après. Faites attention, ne tentez rien et laissez les négociations se faire… Tant que la vie de personne n'est menacée. Si jamais des coups de feu commencent, n'hésitez plus. La plupart des commissariats de la ville doivent déjà être sur le coup, mais il s'agit là de deux de nos éléments alors ne perdons pas de temps.

Il y eut un remue-ménage et deux trois équipes se dispatchèrent pour faire la route jusqu'au tribunal.

Hanson était prêt à sauter à la gorge du premier qui oserait toucher à un seul cheveu de ses collègues.

- Qu'est ce qu'on fait Sir ? On ne va pas rester les bras croisés. Jo et Henry sont en danger.

- Je sais détective ! On va les rejoindre, mais nous devons d'abord avoir un plan solide. On ignore ce qu'ils vont faire et qui dit qu'ils vont tenir leurs promesses et ne pas descendre tout le monde, une fois qu'ils auront obtenu ce qu'ils veulent.

Hanson devait lui donner raison. Par moment, les malfrats tournaient vraiment complètement fous.

- Jo ne nous a pas contactés… - songea-t-il

Gates proposa

- Sans doute qu'elle n'est pas dans la possibilité de le faire. S'ils sont dans une salle d'audience, entourés d'hommes armés, Jo ne préfère pas risquer la vie de qui que ce soit et elle a bien raison… Et je pense que son statut de flic n'est pas non plus passé inaperçu… Ils ont certainement pris son arme. On doit se compter chanceux, ils auraient très bien pu la tuer à la minute où ils sont rentrés.

Hanson se sentit devenir blême rien qu'à cette pensée. Il n'avait pas oublié à quel point il avait failli faire dans son pantalon quand Jo avait crashé sa voiture dans une barrière, intentionnellement, en mettant sa vie dans les mains d'Henry. Certainement, le pire moment de sa vie, mais son angoisse avait probablement été minime à côté de celle du doc qui s'était transformé en Speedy Gonzales, une fois sur la scène.

11h45 : Base d'entraînement du FBI : Quantico

- Joanna !

Le lieutenant Reece qui était sur la fin de son entraînement et s'apprêtait à recevoir son titre d'agent dans les jours à venir, sursauta alors qu'un de ses équipiers accourait vers elle, d'un air affolé.

- Qu'est-ce qui se passe ?

- Il faut à tout prix que tu voies ça !

Il l'amena dans la salle où la plupart des opérations se passaient et où ils faisaient des réunions pour parler des missions sous couverture ou autre et tous les écrans diffusaient ce qui se passait actuellement à New York. Les reporters qui étaient devant le tribunal expliquaient la situation.

- Nous vous rappelons que cela fait environ trente minutes que nous sommes sur place. Une prise d'otage a débuté ce matin vers 10h dans une des salles d'audience du New York County que vous voyez derrière moi. Le baron de la drogue Raoul Cali ainsi que son fils Billy réclament la libération de monsieur Cali ainsi que les excuses de la police et la confirmation du juge Fortes, qui est retenu à l'intérieur avec une dizaine de personnes … Nous venons d'apprendre à l'instant qu'une détective du poste 11 est tenue en otage ainsi que son partenaire.

En entendant le simple numéro du poste et le « la » de détective, Reece se sentit transpirer. Elle savait parfaitement qu'il n'y avait que très peu de détectives féminins au 11.

- Il s'agirait du détective Jo Martinez, ainsi que son partenaire, le légiste Henry Morgan.

Tous les regards se tournèrent vers Reece qui était maintenant blême.

- C'était de ça que je voulais te parler – lui chuchota son collègue, il lui frotta doucement l'épaule - je suis désolé… J'ose espérer que tout va bien aller pour eux.

Reece était fixée à ce qui se passait sur les écrans et n'arrivait pas à croire comment Jo et Henry avaient pu se retrouver coincés dans une prise d'otage.

Elle s'excusa auprès de ses collègues et appela directement le 11.

Gates était déjà presque à bout de nerfs et manqua de jurer après le téléphone

- Lieutenant Gates, je n'ai pas vraiment le temps.

- Victoria ! C'est Joanna !

En entendant sa voix, Gates se laissa tomber sur sa chaise. Elle se frotta les sinus.

- Joanna ! J'imagine que je ne t'apprends rien… Tu viens de voir les infos ?

- Oui ! Mais qu'est-ce qui se passe ? Comment Jo et Henry se sont retrouvés là ?

Gates se sentait coupable de les avoir envoyés faire cette déposition, tout ça parce qu'ils n'avaient rien d'autre à faire. Elle aurait peut-être dû sentir le coup arriver.

Elle soupira.

- Je leur ai demandé de faire une déposition. Enfin, ils se sont désignés pour y aller. Tout est plutôt calme, mais je leur ai dit de ne pas traîner. J'allais appeler Jo quand j'ai vu le flash info…je n'aurais peut-être pas dû.

Joanna tenta de la rassurer

- Hey ! Tu ne pouvais pas savoir ce qui allait se passer. Maintenant quels sont les plans ? Et les motivations des assaillants ?

Victoria lui expliqua rapidement ce qu'elle comptait faire et comment ils allaient s'organiser avec Hanson et une autre équipe.

Joanna s'en voulait un peu d'être si loin pour le coup.

- Est-ce que tu crois que l'aide du FBI sera requise ?

- Je ne sais pas du tout ! La NYPD a arrêté Raoul.

- Je sais ! C'était notre poste, mais Jo n'a rien à voir là dans. Elle était présente, mais elle n'est pas responsable de ceci.

Victoria acquiesça comme si sa collègue pouvait la voir

- Je suis au courant ! J'ai demandé toute l'aide possible et on n'a plus qu'à attendre, voir ce que le fils Cali va pouvoir demander de plus et voir comment le reste de nos collègues s'en sortent. Il veut des excuses publiques et il veut surtout obtenir le mot du juge.

Hanson se présenta à la porte de sa boss et avait un regard qui ne disait rien qui vaille. Elle mit son correspondant deux minutes en attente.

- Que se passe-t-il ?

- Nous venons d'apprendre que le juge Fortes est blessé et que Billy n'a pas l'intention d'envoyer de secours tant qu'il n'obtiendra pas ce qu'il veut.

Gates ferma rapidement les yeux. Il avait fallu que cette journée tranquille vire au cauchemar.

- On va aller sur place dans quelques minutes. Partez toujours devant, j'arrive.

Hanson acquiesça et Victoria reprit la ligne avec Joanna

- C'était le détective Hanson que j'ai entendu ?

- Oui… Apparemment, le juge est blessé et personne ne veut le laisser sortir pour qu'il ait des soins. Bref, il faut que je te laisse, je dois m'occuper de tout ça. Je te tiens rapidement au courant.

- Je vais suivre tout ça avec entrain… Merci, Victoria, bon courage.

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Dans le même temps, Abe était en train de déjeuner avec Fawn, chez elle. Il avait fermé temporairement la boutique entre midi et deux. Il voulait passer le plus de temps possible avec sa petite amie.

Ils rigolaient et plaisantaient sur le bon vieux temps quand le flash spécial les interrompit et à ce moment-là, le visage d'Abe ne put se détacher de ce qui se passait, surtout lorsqu'il entendit les noms de Jo et Henry, comme étant une partie des otages.

Sa fourchette lui échappa et cela ne manqua pas à Fawn.

- Abe ! Est-ce qu'il s'agit de ton colocataire et de la jeune détective avec qui il travaille ?

Abe ne fit que hocher la tête comme si tout ce qu'il voyait et entendait n'était pas la réalité. Comment son père faisait pour se retrouver toujours dans de telles situations et y entraîner Jo dedans ? Bien qu'il ignorait toute l'histoire qui les y avait conduits, mais il semblait que la détective n'évitait jamais les ennuis depuis que l'immortel était dans sa vie.

- Comment ils ont pu se retrouver là-bas tous les deux ? Et qui sait ce qui leur est arrivé ?

Fawn glissa sa main jusqu'à la sienne

- Abe ! S'il faut que tu ailles sur place pour rejoindre l'équipe qui travaille avec Henry et Jo, vas-y. Tu seras certainement plus rassuré d'être directement là-bas que t'attendre devant la télé, à savoir ce qui va se passer.

Abe n'était pas très sûr. Il voulait à tout prix profiter de chaque instant avec Fawn, mais en même temps, il s'agissait de son père et la femme qu'il aimait. Si jamais il arrivait quelque chose à l'un ou l'autre et qu'il ne pouvait pas être sur place, il s'en voudrait certainement toute sa vie.

Il se leva en poussant un long soupir

- Crois-moi que je n'ai pas du tout envie de couper court à notre déjeuner, Fawn… Mais je m'inquiète. Être pris en otage n'est jamais une bonne situation et j'imagine que Jo étant la seule flic sur place, doit avoir énormément de pression quant à la protection du reste des civils qui est avec eux.

Fawn pencha la tête sur le côté et lui fit une longue étreinte.

- Il ne faut pas hésiter. Si tu as besoin d'y être, vas-y. On aura tout le temps de se revoir. Mais je vais également suivre avec attention. Ton colocataire est très gentil et personne ne mérite de se retrouver dans une telle position. Essaie également de me donner des nouvelles dès que tu en as l'occasion.

Abe hocha la tête et fit une bise rapide sur la joue de sa petite amie. Il sauta dans sa voiture et espérait sincèrement que rien n'irait de travers en cette journée qui avait pourtant bien commencé. Henry attirait vraiment la poisse par moment.