Merci de vos reviews. J'espère que vos nerfs sont solides, lol.
Encore une petite référence à Diamonds are forever (1x13)
12h30
L'état du juge continuait de se détériorer. L'écharpe qu'Henry avait mise autour de son ventre pour la blessure ne faisait désormais plus aucun effet. Elle était entièrement recouverte de sang et il transpirait à grosses sueurs.
- On ne peut vraiment plus le laisser ainsi– railla Henry, en chuchotant à sa collègue.
Jo lui attrapa la main pour la serrer
- Henry ! Je sais ! Mais ils ne veulent rien entendre.
Elle regarda Billy qui tournait et retournait en rond, en attendant l'appel de n'importe qui.
Elle se leva et immédiatement, toutes les armes se braquèrent sur elle. Mais pour la première fois depuis le début de la prise d'otage, Raoul parla.
- Nan ! Les gars ! Laissez là venir vers nous. Baissez vos armes.
Billy la regarda comme si elle était un morceau de viande et Henry pensait à faire de lui, ce qu'il avait fait avec le juge.
Le reste des personnes présentes avec eux commençait à trembler de peur, certains ne tenaient pas en place et Henry voyait bien qu'ils mourraient d'envie de tenter le diable et courir en direction de la sortie, mais il leur faisait un signe de tête pour les dissuader. Quelqu'un tentait quoi que ce soit et ils y passaient tous.
- Qu'est ce que tu veux ? – demanda Billy d'une voix sèche, en direction de Jo
Raoul rigola bruyamment
- Elle veut sans doute aller pisser. Les femmes ont tellement une petite vessie.
Jo serra des poings et se disait que si elle n'était pas en position de faiblesse, elle leur aurait montré de quoi la petite vessie était capable
- Je ne veux pas aller pisser – répondit-elle sur le même ton – je veux juste vous dire que le juge est vraiment dans un sale état. Mon collègue a fait son possible, mais je vous en prie, il a besoin de soins. Si vous voulez obtenir quelque chose de lui, laissez-le aller à l'hôpital.
Billy se pencha pour voir que le juge était déjà à moitié à l'agonie et était sur le point de perdre connaissance. Henry, sans l'avis de personne, se leva pour rejoindre le juge.
- Hey hey ! Dites à votre copain de rester tranquille s'il ne veut pas se retrouver à la place du juge.
Jo se retourna pour voir qu'Henry avait déjà traversé la salle pour se mettre près de la victime. Il lança un regard noir à Billy.
- Peut-être que la vie d'autrui vous importe peu, mais en tant que médecin, je ne vais pas laisser quelqu'un mourir sous ma main.
Il l'avait déjà fait près de 60 ans auparavant et il n'était pas question que cela se reproduise de nouveau. Personne n'allait mourir alors qu'il avait l'occasion de les sauver.
Jo sentit son cœur faire une embardée. Henry était tellement dévoué à sauver le monde.
Billy jouait dangereusement avec son arme. Jo le regarda et croisa ses bras.
- Mon collègue a raison. Je vous ai déjà dit ce que vous risquiez et continuez ainsi et personne ne voudra entendre vos négociations et le prochain flic qui rentre ici, soit vous descend tous sans aucun remords, soit vous renvoie illico chez vous, pour être traité comme vous le devez… Et il paraît que la prison en Colombie est pire qu'ici.
Jo se rappela qu'ils parlaient portugais donc ils ne venaient sans doute pas de la Colombie, mais après, peut-être qu'ils parlaient simplement un espagnol différent de celui qu'elle connaissait ou ils employaient un langage bien à eux. Typique de la Colombie.
Juste au moment, Billy reçut un autre coup de téléphone. Il décrocha et entendit une voix qu'il ne connaissait pas, mais Jo frissonna.
- Vous êtes qui ?
- Je suis le lieutenant Gates du 11.
- Pourquoi vous m'appelez ? Oh ! Attendez, la petite hispanique qui essaie de me convaincre de libérer le juge est une des vôtres.
Gates agrippa son téléphone. Billy se déplaça vers la fenêtre pour voir plusieurs voitures de flics et la silhouette de Gates en train d'appeler entre deux camions de journalistes.
- Exactement ! C'est une des miennes, ainsi que le docteur Morgan. On va vous donner ce que vous voulez, mais vous devez nous promettre de ne faire de mal à personne en échange.
Billy rigola bruyamment
- Ça ma petite dame, je ne peux pas vraiment le promettre. Ça dépendra de comment ces imbéciles se comportent.
Gates regarda les journalistes et le reste de ses collègues, sans savoir que Billy prenait un malin plaisir à tous les regarder à travers la fenêtre.
- Il faut que vous relâchiez le juge pour qu'il soit soigné. Si vous le faites, on verra ce qu'on peut faire d'autre pour vous obtenir la libération de votre père. Mon commissariat est responsable de l'avoir arrêté et on peut sans doute trouver un chemin d'entente. Mais laissez au moins les ambulances venir le chercher.
Henry qui tentait de garder le juge éveillé et surtout empêcher sa température de monter venait de repérer une seconde porte, celle où les magistrats et le juge rentraient.
Avec un peu de chance, ils pourraient tous parvenir à atteindre cette porte, mais cela dépendait de ce que les malfrats avaient en tête pour la suite des événements.
Billy regarda le juge, ainsi qu'Henry, et Jo qui ne comptait pas non plus en démordre. Il céda.
- Bon très bien, très bien ! On va trouver un compromis. On laisse le vieux aller à l'hôpital, mais à partir de là il doit nous signer une déclaration de libération et mes conditions ont changées. Je veux 40 000 dollars maintenant et une grosse voiture cylindrée pour foutre le camp.
Gates regarda ses autres collègues et leur fit des signes de main.
- Mes collègues sont partis pour récupérer tout ceci. Je vous rappellerais quand nous serons devant la porte avec l'argent. La voiture vous attendra à l'extérieur.
- Bien ! Faites rentrer les paramédics et seulement les paramédics.
On frappa à la porte d'entrée et le costaud qui la gardait débarra la porte. Un brancard et deux ambulanciers marchèrent jusqu'au juge et avec l'aide d'Henry l'attachèrent solidement.
Les deux paramédics lancèrent un regard à Henry et firent un signe de tête. Ce dernier échangea un regard avec Jo qui détourna les yeux vers l'entrée et tout s'enchaîna très vite. Au moment où les paramédics empruntèrent la sortie, une dizaine de policiers rentra dans la salle en criant à tout le monde de mettre ses mains en l'air.
- Oh les salauds ! – cria Billy, qui avec l'aide de son père se mit à tirer sur la troupe face à eux.
Les deux autres complices entourèrent la dizaine de personnes et l'un d'eux, attrapa Jo par le bras
- Lâchez-moi ou je vous explose les deux bras.
Henry fit un pas, mais il pointa son fusil sur la tempe de Jo
- N'essaie même pas de jouer les héros pour ta belle. Avance et ouvre la porte devant toi.
Henry regarda les autres personnes assises, tandis que les tirs continuaient. Jo n'était pas non plus en position de les défendre, même si elle tentait.
Henry descendit l'estrade et ouvrit la porte qu'il avait repérée pour une éventuelle fuite. Les deux complices avancèrent avec la troupe et Jo.
- Rentrez là dans et fermez vos gueules !
Henry se fit pousser à l'intérieur également et très rapidement les Cali arrivèrent en continuant de tirer dans tous les sens et les rejoignirent dans cette arrière-salle. La porte fut de nouveau fermée lourdement et Billy se retourna avec des éclairs pleins les yeux, devant tout le monde.
- Votre équipe a vraiment cru pouvoir me duper ? – aboya-t-il dans la direction d'Henry et Jo
La jeune femme tenta d'expliquer
- Je ne pouvais pas savoir ce qu'ils comptaient faire.
Billy rechargea son arme.
- On a voulu être gentil, mais là je crois que ça va être le moment de sévir.
Le téléphone de Jo sonna. Billy décrocha, d'un air mécontent
- Vous aviez cru que c'était la fête à la maison, lieutenant ?
- L'assaut n'a pas été donné sous mon ordre. D'autres de mes collègues sont présents et ils se sont lancés eux-mêmes dans la chasse. Je ne suis pas responsable de ceci.
- C'est trop facile à dire maintenant ! Vous êtes tous les mêmes.
Il était désormais 13h15 et cela faisait plus de trois heures qu'ils étaient retenus en otage.
Billy était particulièrement nerveux et en colère, tandis que son père semblait beaucoup trop calme au goût d'Henry.
- Je vais changer les règles. Plus personne ne va rentrer dans ce bâtiment, jusqu'à ce qu'on ait ce qu'on veut. De plus, maintenant je réclame 50 000 et je veux deux voitures supplémentaires. Si dans deux heures, je n'ai pas ce que je veux ou si l'argent n'est pas sur mon compte, je vais commencer à descendre des otages et méfiez-vous que je ne commence pas par la petite Hispanique.
Henry était prêt à lui éclater la figure, mais Jo le retint
- Calme-toi ! Ça ne sert à rien. Ce ne sont que des mots et je suis sûre que Gates et co trouveront quelque chose.
Henry la regarda comme si elle avait perdu l'esprit
- Il vient de menacer de te tuer et tu prends ça à la légère ? Si tu savais ce que j'ai envie de lui faire.
Jo était touchée par sa compassion. Elle posa une main sur son torse pour le rassurer.
- Je sais ! Mais je suis flic. Des menaces de mort j'en reçois depuis des années. Je fais confiance à Gates et au 11. Et de notre côté, il faut réfléchir à un plan. On ne peut pas laisser tout se reposer sur les épaules de nos collègues. Regarde, j'ai la responsabilité de tout le monde ici.
Henry caressa doucement sa joue
- Tu n'as pas à faire ce choix… Je suis là pour t'aider.
Jo fit un sourire en coin
- Cela ne change rien au fait que tu restes un civil et c'est moi qui ai le devoir de te protéger.
Billy venait de raccrocher avec le lieutenant. Il se tourna vers ses victimes.
- Asseyez-vous tout le monde et que je n'en vois pas un bouger sinon je tire et cette fois-ci, personne ne pourra le sauver.
Ils s'exécutèrent sans insister. L'après-midi risquait d'être longue, surtout si Billy n'obtenait pas ce qu'il voulait dans les deux heures, comme demandé.
Henry demanda alors
- Qu'est-ce que cela vous apporte de nous tenir en otage et pour quelle raison vous voulez à tout prix vous échapper avec votre père ?
Billy haussa un sourcil
- Ça me regarde ! Mon père n'est pas aussi vilain.
Jo ajouta en marmonnant à demi
- Ça m'étonnerait ! Vu la tonne de drogue qu'on a trouvée chez lui au moment où il a été arrêté et vu qu'il joue au roi du silence depuis tout à l'heure, j'ai comme l'impression qu'il prépare un coup encore plus mauvais que ce qu'on fait là.
Il regarda Jo avec un air de pervers. Henry mourait d'envie de lui mettre son poing dans la figure pour lui faire ravaler toute cette fierté.
- Disons que je suis juste spectateur. J'ai simplement hâte de sortir d'ici.
- Et continuer de faire vos petites magouilles – répliqua la détective
Raoul ne fit que hausser les épaules. Jo était dégoutée de tout ce cartel. Elle en avait assez de courir derrière des drogués.
13h30 : extérieur du tribunal
Gates était désemparée et ne savait pas quoi faire. Hanson la regardait à la prise avec un autre lieutenant, qui venait de perdre quelques hommes en lançant un assaut sans que personne ne soit prêt.
Elle revint vers le détective.
- Alors ? Où est ce qu'on en est ?
- Je viens de faire la leçon de morale à cet imbécile de lieutenant, qu'il n'aurait pas fallu lancer des hommes tout de suite, mais plutôt d'attendre d'avoir la totale. Maintenant, nous avons réussi à énerver Billy et qui sait ce qu'il va faire. Ils ont été déplacés dans l'arrière-salle, d'après ce que le peu d'hommes qui est revenu nous a dit. Et là nous n'avons plus aucune possibilité d'avoir un contact visuel. Au moins avec les fenêtres, on pouvait avoir plus ou moins une idée de ce qui se passe. Et le réseau téléphonique est assez mauvais également.
Hanson n'aimait pas trop tout ça.
- Mais on ne va pas laisser Jo et Henry avec ces malades. Il faut les sortir de là !
- Je sais bien détective ! Je ne vais pas laisser deux de mes éléments se faire tuer froidement par une bande d'incapables comme les Cali. J'ai contacté le FBI. À ce niveau-là, nous avons besoin de leur aide. J'ai expliqué la situation et retransmis le message de ce que Billy demande. Maintenant à voir s'ils arrivent bien dans les deux heures et de quelle façon va-t-on s'y prendre pour réussir à libérer tout le monde, sans créer un bain de sang.
Abe venait de rejoindre la troupe. Il avait accouru à la minute où il avait vu les infos être diffusées, sous les encouragements de Fawn. La vie de ses amis était vraiment beaucoup trop précieuse pour qu'il reste à se morfondre en attendant des nouvelles.
Lucas était sur place et était assis dans l'une des voitures de la NYPD. La portière était ouverte et Abe accourut vers lui.
- Lucas ! Alors du nouveau ? Comment vont Jo et Henry ?
Abe craignait surtout pour la vie de son père. Si jamais il se faisait tuer, c'était tout le monde présent qui allait découvrir sa véritable nature.
Il n'avait jamais vu Lucas aussi angoissé. Lui qui cassait toujours des blagues à chaque occasion.
Il mordilla rapidement ses ongles
- J'ai vaguement entendu le lieutenant et Hanson parler. Mais tout ce que je sais, c'est que les assaillants les ont déplacés dans l'arrière-salle. Que Jo n'a pas son téléphone vu que le fils s'en sert pour appeler et j'ignore si elle a son arme, mais apparemment d'après le lieutenant, si tel avait été le cas, elle n'aurait sans doute pas hésité à s'en servir.
Abe se frotta le menton
- Connaissant Jo, elle préfère privilégier la sécurité plutôt que le danger. Donc elle doit avoir ses raisons de ne pas s'en servir.
Lucas lui donna raison, mais il n'arrivait pas à avoir l'esprit tranquille et Abe non plus. Henry lui avait parlé du fait que récemment il n'y avait pas spécialement de meurtres et seulement des accidents courants. Mais quelques jours avant les fêtes, rien de tel qu'un bon coup d'adrénaline pour mettre en appétit.
Abe leva les yeux à sa pensée. Si tout le monde pouvait aussi également éviter de se faire tuer. Ça serait l'idéal.
Il avait peur pour son père, mais il craignait d'autant plus pour Jo. La petite n'était pas immortelle et maintenant que les malfrats savaient qu'elle était flic, elle était sans doute la cible numéro un si jamais quelque chose tournait encore mal ou si quelqu'un tentait de jouer les hommes invincibles.
14h15
Jo et Henry étaient assis, collés l'un contre l'autre, cherchant non-stop une solution pour tenter de sortir tout le monde de là. Mais ils étaient coincés et la nervosité de Billy n'aidait pas. Et encore moins le calme de Raoul. Il y avait anguille sous roche quelque part.
À le voir jouer si délicatement avec le fusil, Henry suggéra à sa collègue
- Je ne sais pas pourquoi, j'ai l'impression que les petits complices de Raoul ont peut-être déposé une ou plusieurs bombes quelque part dans le tribunal. Ce qui expliquerait le calme du père… S'il sait qu'on ne sortira pas de là et qu'ils prendront la fuite dans tous les cas.
Jo le regarda. Ce n'était pas spécialement ce qu'elle avait besoin d'entendre. Mais elle se mentirait à elle-même, si elle disait qu'elle n'y avait pas pensé.
- Je t'avoue que ça m'a traversé l'esprit. Parce que c'est ce qui arrive souvent dans des situations de prise d'otage. Il y a toujours une bombe plantée quelque part.
Henry la regarda dans les yeux
- Comment on peut s'en assurer ? Parce que si jamais elle a été enclenchée et qu'elle est prévue d'exploser juste quand ils reçoivent tout ce dont on a besoin, je ne donne pas cher de notre peau.
Jo regarda leurs agresseurs. Dans le fond, s'ils n'étaient pas aussi armés, la jeune femme savait qu'ils auraient été rapidement maîtrisés. Mais tous se croyaient toujours plus forts avec possession d'une arme dans la main.
- Il faudrait faire un sous-entendu de ce niveau-là – suggéra la jeune femme –, mais pas sûre qu'ils veulent nous entendre.
Jo se retourna pour voir le reste des personnes derrière eux qui était terrorisé. La petite dame qui lui avait parlé plus tôt était l'une des plus nerveuses et n'arrêtait pas de gigoter dans tous les sens. Henry et Jo avaient plusieurs fois tenté de lui dire de se calmer, mais rien n'y faisait.
- Je n'ai jamais été dans une telle situation – avoua-t-elle à Henry
Henry rigola nerveusement
- Si ça peut te rassurer, moi non plus !
Jo se rappela l'an passé, quand elle avait été prisonnière de Dunn… Mais elle avait su garder son calme et appeler au poste directement pour avoir de l'aide et ce jour-là, son cœur n'avait jamais battu si fort au moment où elle avait décidé tout simplement qu'Henry était responsable de sa vie et il avait eu raison, ou plutôt son instinct avait eu raison de lui faire confiance.
- Enfin, sauf quand cet imbécile d'Hank m'a prise en otage dans sa voiture, mais seule contre lui, c'était plus facile à gérer… Et enfin, je t'avais toi pour m'encourager.
Henry la fixa longuement. Ce fut les pires minutes de sa vie et il ignorait si la jeune femme en avait eu conscience ou pas, certainement à la manière dont il avait été soulagé en la voyant sur le brancard. Il n'avait pas réussi du tout à la lâcher et d'où le fait qu'il était retourné la voir le soir même. Un moment très précieux, pour l'un comme pour l'autre.
Il agrippa la main de la jeune femme.
- J'aimerais beaucoup avoir la solution que j'ai eue lorsque tu étais dans la voiture avec Dunn.
Jo posa sa tête sur son épaule après lui avoir souri tristement. La petite dame qui était derrière eux finit par hurler.
- Il faut que j'aille aux toilettes ! J'en peux plus, ma vessie va exploser.
Tous les regards se retournèrent vers elle, Jo et Henry craignaient ce que les malfrats pouvaient faire. Avant qu'ils ne décident, la détective se leva.
- Laissez-moi l'accompagner !
Billy se rapprocha de Jo, Henry commença à remuer et sans que personne ne s'y attende, il lui envoya une gifle avec une telle force, qu'elle en retomba.
Henry ne réfléchit même plus
- Jo ! Non, mais vous êtes complètement malade !
Il se leva et envoya son poing dans la figure de Billy alors que les autres hommes de main entourèrent Henry et le retinrent, mais ce dernier se débattait comme un fauve. Jo frottait difficilement sa joue, encore un peu sonnée par la claque qu'elle venait de se prendre, tellement elle ne s'y attendait pas. Elle aurait un beau bleu le lendemain, si jamais elle sortait vivante de là.
Raoul mangeait des chips et regardait la scène d'un air pathétique, comme si c'était la chose la plus lamentable qu'il avait vue de vie.
Henry était incontrôlable et cracha sur Billy, au sens figuré du terme.
- Ne me remettez plus vos sales pattes sur elle ou je vous assure que vous allez vous souvenir de moi.
Billy se frottait aussi bien la joue que Jo maintenant et voulut tirer deux balles sur Henry, mais Raoul poussa un long soupir
- Bon ! Quand tu auras fini de jouer, peut être que tu pourras faire quelque chose d'utile ?
Il fit signe à ses complices d'obliger Henry à s'asseoir en appuyant sur ses épaules. Ce dernier lançait un regard noir à Billy et espérait sincèrement qu'il aurait la peine qu'il mérite, une fois que la NYPD aurait trouvé le plan parfait pour les sortir de là.
Il regarda Jo qui avait un peu de mal à bien reprendre complètement connaissance. Il la tira vers lui pour allonger sa tête sur ses genoux et examina l'égratignure.
- Ça risque d'être un peu bleu demain, mais ça va. Tu n'as rien.
Elle cligna rapidement des yeux
- Je ne m'y attendais vraiment pas à celle-là… Dis-toi que j'aurais eu un réflexe sinon.
- Je sais bien !
Il sentit une main sur son épaule et le magistrat qui les avait accueillis, lui donna une petite bouteille d'eau fraîche qu'il avait, pour qu'il la pose sur la joue de Jo. Il le remercia d'un signe de tête.
- Jo, passe-moi ton écharpe. Je vais déposer la bouteille dessus.
Il l'aida à s'asseoir et ils se firent face en position de lotus. Il enroula la bouteille dans l'écharpe et prit la main de Jo pour qu'elle la tienne, le temps qu'elle sente un certain soulagement.
Jo remarqua alors la rougeur de ses doigts. Elle les attrapa délicatement.
- Henry ! Tu t'es fait mal.
Il regarda sa main et la secoua rapidement
- Ce n'est rien ! Franchement, ça valait la peine.
Jo le regarda d'un air reconnaissant. Pour une fois, elle était bien contente de l'avoir vu agir, mais il aurait très bien pu se faire tuer. Elle lui fit une petite leçon de morale.
- Tu n'étais pas obligé de faire ça. Il a failli te tuer, juste parce que tu as voulu jouer les héros. Je t'ai déjà dit de ne pas te mettre en travers comme ça, pour moi.
Henry ne voulait rien entendre. Il continuerait de le faire, peu importe ce qu'elle voulait en penser.
- Tu sais parfaitement que je ne laisserais rien t'arriver. En plus, tu es désarmée alors, ne crois pas que qui que ce soit posera une main sur toi.
Elle lui sourit et enroula son bras avec le sien, en tenant son écharpe. Elle releva les yeux vers Billy et réitéra sa question. La petite dame n'avait plus osé bouger depuis que Jo s'était levée pour elle.
- Est-ce qu'elle peut aller aux toilettes au moins ? Parce que moi aussi, j'ai besoin d'y aller. Si ça vous fait peur parce que je suis flic, je vous signale que vous m'avez pris mon arme, et mon téléphone. Donc qu'est-ce que vous voulez que je tente ?
Billy et Raoul se regardèrent. Raoul haussa des épaules.
- La nana a raison ! On lui a tout confisqué. Elle ne fera rien. Dan, accompagne là.
Ledit Dan fit signe aux deux femmes de se lever. Jo remit son écharpe dans les mains d'Henry. Ce dernier la regarda d'un air inquiet, mais elle lui murmura du bout des lèvres que ça irait.
Il y avait une autre sortie dans cette même salle, qui menait dans un couloir, où les toilettes étaient situées à juste quelques mètres.
En rentrant dans les toilettes avec la petite dame, Jo remarqua que Dan tentait de les suivre
- Excusez-moi ! Vous voulez peut-être nous aider à baisser notre pantalon ?
Il ne sut que répondre, et Jo continua
- Dans ce cas, vous restez dehors et vous attendez ! Je vous l'ai dit, je ne peux rien tenter donc pas besoin d'être parano.
Elle prit la jeune femme par le bras et la fit passer devant elle et referma la porte des toilettes.
Jo se mit devant le lavabo, le temps que la jeune femme fasse son affaire. L'heure tournait et personne n'avait encore rappelé et jusqu'à présent, ils n'avaient aucun moyen de sortie.
Elle leva les yeux pour tenter de voir une ouverture dans le plafond, parce que si c'était là le seul moyen, alors il ne fallait pas hésiter.
Naturellement, il n'y avait pas de fenêtres non plus dans les toilettes. Elle regarda tout autour de la pièce. Elle avança de long en large et remarqua donc une petite lumière rouge.
Caché par les cabinets, il y avait une sortie de secours. Jo la poussa délicatement, espérant que celle-ci ne déclenche pas une alarme, mais ce ne fut pas le cas. La sortie semblait mener directement à l'extérieur par le vent frais qu'elle sortait. Il fallait monter des escaliers, la porte de sortie était juste au-dessus. Jo poussa un long soupir. Elle devait en parler à Henry, qu'ils trouvent un moyen d'évacuer tout le monde de cette façon.
La petite dame ressortit des toilettes et la regarda toujours avec cet air angoissé.
- Vous n'y allez pas ?
Jo secoua la tête
- Je n'ai pas envie ! J'ai dit ça juste pour pouvoir vous accompagner.
La petite dame lava ses mains et laissa couler l'eau pour ne pas que le gros bras dehors, les entende.
- Comment vous allez nous sortir de là ? Je commence à perdre patience, j'ai très peur. Ils vont certainement nous tuer !
Jo posa ses mains sur ses épaules
- Il faut vous calmer ! Je suis certaine que mon équipe fait tout ce qu'elle peut pour trouver un moyen de nous sortir de là. J'ai confiance en eux. Je vous assure qu'ils ne s'en sortiront pas comme ça. Et de plus, je vais parler à mon partenaire de notre évacuation, dans le cas l'heure tourne beaucoup trop vite.
Elle regarda alors la femme
- Personne d'entre vous n'a son téléphone ?
Elle secoua la tête
- Ils sont interdits en salle d'audience pour le personnel. Croyez-moi qu'on s'en serait déjà servi sinon. Ou on vous en aurait passé un.
Jo hocha la tête. Cela faisait du sens. Elle s'appuya contre les lavabos.
- J'ai repéré une sortie de secours ici même. Il y a certainement la même chose dans les toilettes des hommes, mais on n'aura pas le temps de tergiverser. À la moindre occasion, il faudra qu'on se dépêche. Je vais en parler à mon partenaire, pour voir comment on s'organise et on sortira tous de là, vivants. Je vous le promets.
La petite dame lui sourit, mais Jo voyait bien que cela n'effaçait en rien son angoisse et il y avait de quoi.
Jo ferma les robinets et ils retrouvèrent Dan qui les dévisagea
- Quoi ? – demanda la jeune détective
- Pourquoi les femmes, vous êtes aussi longues pour aller aux toilettes ?
Jo haussa des épaules et passa devant lui et remarqua que la petite femme n'avait pas bougé. Elle regarda le bout du couloir, d'un air incertain. Jo n'aimait pas trop ce comportement.
- T'avances ou pas ? – s'impatienta Dan
Jo tenta d'une voix douce
- Venez avec moi. Il faut qu'on y retourne. Vous savez qu'on n'a pas le choix.
Des larmes commencèrent à envahir les joues de la petite dame. Jo savait qu'elle était en train de paniquer, mais il fallait qu'elle puisse la faire revenir dans la salle avec eux. Elle voyait bien que le gros lourdaud s'impatientait.
- Elle se dépêche ou je lui éclate le cerveau.
- Je vous en prie, venez !
Jo lui tendait la main et lui faisait comprendre de ne pas faire de bêtises. La petite dame la regarda et elle éclata en sanglots.
- De toute façon, ils ne vont pas nous laisser la vie sauve, vous êtes naïve de croire le contraire. Je vaux mieux que ça.
Sans que personne ne s'y attende, elle bifurqua dans le sens inverse, vers le fond du couloir où il y avait une autre sortie. Jo hurla.
- Non ! Attendez !
Dan la rattrapa et se mit à la moitié du couloir et tira et Jo mit les mains à sa bouche, en haletant en voyant le corps de la pauvre dame heurter le bitume.
Des larmes coulèrent toutes seules sans qu'elle ne puisse les contrôler. Elle n'avait même pas pu la défendre parce qu'elle n'avait rien pour le faire, elle n'avait pas pu empêcher un civil de se faire tuer. Dan revint vers elle. Jo marmonna.
- Vous n'aviez pas à la tuer… Elle était effrayée… Elle voulait juste sortir de là. Un avertissement aurait été suffisant.
Dan leva les yeux au ciel
- Vous avez déjà tous suffisamment fait à votre tête comme ça. Avancez, si vous ne voulez pas être la prochaine.
Jo se retourna et avança lentement, en se retournant pour voir le corps inerte de la pauvre femme. Elle n'oublierait jamais cette vision. Son cœur se fit lourd. Elle détestait ce sentiment d'inutilité alors qu'elle était une détective expérimentée.
