Je poste exceptionnellement deux jours à la suite, je sais mais c'est parce que cette histoire a officiellement un an aujourd'hui (le temps file vraiment) donc bah un petit cadeau parce que le chapitre est relativement long et qu'il va réellement tester votre sang froid haha. Et encore j'ai été gentille de tout vous donner, j'aurais pu choisir de couper au mauvais moment mais allez comme la date est importante :p

Merci beaucoup d'être aussi fidèles et j'espère que vous continuerez de me lire (même si je pense que vous allez supporter cette histoire peut être encore un an, finalement elle battra sans doute la précédente lol)

Bébé référence à New York kids (1x07)


Henry avait entendu les coups de feu, comme tout le monde et il n'était pas du tout tranquille. Et quand il vit Jo revenir, mais le visage baigné de larmes, il ne put s'empêcher de courir vers elle et de la serrer dans ses bras, en caressant doucement ses joues. Jo le regarda profondément et explosa en sanglots dans ses bras. Henry entoura son petit corps et la protégea contre lui, en lui caressant les cheveux.

- Ôtez-vous de mon chemin – railla Dan, en les poussant avec le bout de son fusil.

Henry tira Jo à l'écart pour qu'ils retournent s'asseoir. Dan fit le rapport de ce qui venait de se passer à Billy et Raoul. Billy poussa un long soupir. Il regarda l'heure. Il était 15h.

- De toute façon, il ne reste que quinze minutes alors on finira par bien se débarrasser d'eux à la suite de l'autre si personne ne fait rien.

Henry regarda Jo qui avait du mal à se remettre de ses émotions. Le reste des personnes avec eux était blême.

Il passa ses deux mains sur ses joues

- Qu'est-ce qui s'est passé ?

- Il l'a tué. Il l'a tué devant mes yeux. Elle a paniqué et elle a voulu sortir par la porte au bout du couloir, mais elle n'a pas été assez rapide… Je n'ai rien pu faire. Henry, je viens de laisser un civil mourir devant moi, sans pouvoir agir. Je vais tellement m'en vouloir.

Henry la serra de nouveau contre elle

- Jo ! Ça va aller ! Tu n'es pas responsable. Tu ne peux rien faire dans un tel cas.

Il la fit relever la tête et ne cessait de caresser ses joues, ses cheveux et ses doigts glissèrent sur son front. Jo enlaça ses mains avec les siennes et il posa son front contre le sien.

Il lui murmura, juste de sorte qu'elle soit la seule à entendre.

- Je les ai entendu parler d'une bombe, effectivement.

Jo ravala sa salive, mais Henry la rassura

- Ce n'est pas une bombe explosive. Apparemment, ils ont posé une grosse bombe lacrymogène. Elle a la même texture qu'une bombe normale, mais ils vont s'en servir pour pouvoir fuir.

Jo fronça des sourcils

- Comment tu sais ça ?

Henry s'assura qu'ils ne les entendaient pas et répondit calmement

- Ils ont parlé leur propre langage. On a cru que c'était du portugais, mais c'est bien de l'espagnol, mais du patois de Colombie, mais…

- Mais tu le comprends – acheva Jo

Il acquiesça

- Donc j'ai entendu leurs plans. Ils vont nous laisser sortir, mais comptent échapper à la police grâce à cette bombe. Il y en a deux. Une à l'extérieur dans une poubelle et l'autre est… Quelque part dans cette salle.

Jo tomba des nues et se mit à regarder autour d'elle

- Et s'ils appuient sur la détente, on sera enfumés et une partie du couloir extérieur également, ils auront le temps de fuir, mais à mon avis, ils risquent d'en profiter pour tirer aléatoirement sur nous.

Jo n'en pensait pas moindre. Elle reprit ses esprits et se rapprocha davantage de lui, même s'il n'y avait plus du tout d'espace entre eux.

- J'ai repéré une sortie de secours dans les toilettes des femmes. Je pense que dès qu'on peut, il faut faire sortir tout le monde par là.

Henry regarda dans ses grands yeux marrons qui pétillaient lorsqu'elle avait quelque chose derrière la tête.

- Qu'est-ce que tu proposes ?

Jo regarda tous les malfaiteurs. Il fallait agir vite. Si personne n'appelait, ils allaient commencer à descendre tout le monde et cela pourrait être très rapide avec le nombre de fusils qu'ils avaient.

- D'après toi où est-ce qu'ils cachent la bombe ?

Henry regarda dans tous les recoins. Raoul n'avait pas bougé depuis le début. Il était assis sur un bureau. Jo avait suivi son regard et comprit très bien la manœuvre.

- Elle est dedans ?

- Très certainement !

Le magistrat se rapprocha d'eux et leur demanda

- Qu'est-ce que vous comptez faire ?

Jo se mordilla la lèvre

- Il faudrait qu'on gagne du temps pour commencer. Nous avons peut-être un moyen de nous sortir d'ici, mais on a bientôt atteint l'échéance que Billy avait définie.

Comme un appel au secours, le téléphone de la jeune femme sonna. Billy décrocha immédiatement, oubliant qu'il était sur haut-parleur.

- Lieutenant ! J'espère que vous avez ce que je demande, parce qu'il ne reste que dix minutes avant que vous retrouviez plus d'un seul corps.

Gates resta silencieuse et échangea un regard avec Hanson et les autres détectives présents sur place, qui avaient déjà revêtu leurs gilets pare-balles.

- Comment ça plus d'un seul corps ?

Billy mit la main devant sa bouche, en ricanant bruyamment

- Oups ! J'imagine que vous n'avez pas entendu les coups de feu tout à l'heure. Eh bien, une des otages a cru bon de nous tenir tête et un de mes hommes l'a descendu. Quand je dis qu'il ne faut pas se frotter à nous.

Gates et Hanson se regardèrent affolés. Ils ignoraient combien de femmes et d'hommes il y avait à l'intérieur et évidemment, la seule femme qu'ils connaissaient n'était autre que Jo.

Billy regarda Jo

- Oh, mais rassurez-vous lieutenant. Votre petite détective est encore là, mais je ne peux pas dire pour combien de temps parce qu'elle et son petit ami sont intenables et ne semblent pas trop aimer les règles.

Jo et Henry le regardèrent d'un œil noir. Son insolence allait finir par être payée et il allait vite apprendre à ses dépens de ne pas contrer des forces de l'ordre.

Gates poussa un soupir de soulagement et elle finit par expliquer la raison pour laquelle elle appelait.

- Billy ! Le FBI est en route avec les véhicules que vous avez demandés.

Il haussa un sourcil nerveux

- Comment ça ils ne sont en route que maintenant ? Vous voulez vraiment retrouver vos collègues sans vie ma parole ? Ça fait deux heures que j'ai fait la demande.

- Fermez là ! Vous n'êtes pas en bonne position pour faire des caprices.

Billy continua de rire

- Vous oubliez que c'est moi qui tiens le flingue et que mes hommes également. Une simple petite pression pour exploser la cervelle de tout le monde serait suffisante.

Gates resta droite, sans cligner des yeux.

- Peut-être, mais c'est moi le lieutenant. Il y a beaucoup de trafic sur Manhattan actuellement. Il y a eu un accident et le FBI est coincé. Je vous signale qu'ils sortent de Washington et qu'ils ont déjà dû griller plus de vitesses que prévu pour venir jusqu'ici. Ils seront là dans une heure. C'est ça ou vous n'aurez rien du tout.

Billy n'aimait pas du tout se faire marcher dessus. Il regarda son père qui fit un signe de tête.

- Va pour une heure alors ! Mais c'est la dernière fois que j'accepte un changement. Et l'argent ? Où est-il ? Et l'autorisation de Fortes ?

- Mon équipe se charge de faire le transfert ! Il devrait être sur votre compte d'ici une vingtaine de minutes. Et quant au juge, quelqu'un est parti récupérer votre autorisation, il a été stabilisé, mais il devrait pouvoir être en mesure de l'écrire. Elle arrivera en même temps que le reste.

- Parfait ! Dans ce cas, montez-le à 100 000. On n'est jamais trop prudents.

Il raccrocha sans laisser le temps à Gates de répliquer. Cette dernière manqua d'exploser son téléphone contre le mur.

- Je déteste le fait qu'il utilise le téléphone de Jo pour faire ses magouilles.

Hanson la regarda, prêt à partir tête baissée dans le tribunal.

- Est-ce que vous avez dit la vérité pour le FBI ?

Gates haussa un sourcil

- Vous m'avez bien regardé ? J'ai bluffé. Ils ne sont pas loin, mais il faut qu'on gagne du temps. Ils ne peuvent pas nous voir maintenant qu'ils sont en dessous de nous donc ils ignorent à quel moment le FBI sera sur place. Ça nous donne une heure pour pouvoir rentrer dans l'établissement et mettre la main sur eux sans qu'ils ne se doutent de rien.

Hanson comprit bien le plan. Et il était brillant.

De leur côté, les otages étaient bien soulagés de bénéficier d'une heure supplémentaire. Jo et Henry allaient pouvoir organiser un plan également.

Billy remarqua le sourire en coin de chacun. Il aboya.

- Ne croyez pas que vous allez vous en sortir si facilement. Ce n'est qu'une heure de gagner. Si personne ne vient, vous allez tous mourir, sans aucune exception.

Jo et Henry se concertèrent avec les autres otages.

- Il y aurait une bombe ? – demanda le magistrat

Henry acquiesça

- Deux pour être précis. Une dehors, dans le but de fuir la police directement. L'autre est sans doute dans le bureau où Raoul est assis.

Un autre otage demanda

- Mais comment ils vont pouvoir la déclencher ? Une lacrymo n'est pas comme une bombe automatique.

Jo expliqua

- Sauf si elle est construite avec les mêmes composants. Il n'y a juste pas d'explosif, mais un temps défini ou ils peuvent la contrôler via une télécommande, tout simplement. Avec tout ce que nos smartphones peuvent faire de nos jours, je ne serais pas surprise.

Ils se regardèrent tous dans le blanc des yeux.

- Comment on va faire pour la récupérer ? Pour y parvenir, il faudrait une personne de petite taille, mais pas dit qu'elle ne se fasse pas repérer.

- Et personne n'a vraiment de petite taille ici – répliqua le magistrat

Jo repensa à cette pauvre femme qui aurait eu la taille parfaite pour ça. Elle secoua rapidement la tête. Elle avait fait ce qu'elle pouvait pour tenter de la protéger et cela n'avait pas fonctionné. Il ne fallait sans doute pas qu'elle soit aussi dure envers elle-même.

- Il va falloir faire diversion – suggéra Henry

Jo le regarda d'un air indifférent. Il espérait qu'il n'en avait pas d'autres de la sorte, dans sa poche.

- Henry ! Ils sont beaucoup trop armés. Peu importe ce qu'on tente, si on les fatigue, ils vont tirer.

- Je suis d'accord avec la demoiselle.

Henry savait bien à quoi ils se risquaient, mais il fallait pourtant à tout prix un moyen de sortir de là… Et le seul moyen était de déclencher cette fameuse bombe, pour leur laisser le champ libre.

Jo regarda ses mains et ses jambes. Elle regarda les quatre hommes présents dans la salle. Il faudrait une chance inouïe pour tous les mettre KO, malgré sa force de flic.

Elle repéra son arme qui était déposée sur le bureau. Il y avait également un lustre, juste au-dessus de Raoul. Il ne suffisait que d'un coup pour le faire tomber et l'assommer. Mais cela n'allait pas assommer les autres et elle risquait d'y laisser la peau.

Elle soupira

- Il faudrait pouvoir mettre la main sur le téléphone qui est responsable de cette bombe.

Henry désigna Raoul

- Certainement celui qui est posé juste à côté de ton arme.

Il fallait pouvoir se déplacer jusque-là et cela ne semblait pas être une mince affaire. Le magistrat leur souffla.

- J'ai peut-être une idée.

Il se leva et Billy soupira

- Mais vous n'en avez pas assez de vous lever sans arrêt ? Vous commencez vraiment à jouer avec mes nerfs. Si ça ne tenait qu'à moi, vous seriez tous déjà morts.

- Oh, je n'en ai pas le moindre doute ! Cependant, même si vous nous tuez, j'ai quelques dossiers pour le juge, en attente. Donc, j'aimerais pouvoir les terminer avant que vous nous descendiez. Au moins, ça sera déjà ça de fait et ça va m'occuper.

Billy n'était pas très certain de le laisser faire

- Et ils sont où tes fichus dossiers ?

Le magistrat pointa le meuble de rangement juste derrière le bureau où Raoul avait les fesses posées.

Le père regarda le magistrat d'un œil noir

- J'imagine que vous voulez passer ?

- Oui, j'aimerais bien ! Et aussi j'aurais besoin d'un peu de place sur le bureau pour pouvoir faire le tri et prendre ce dont j'ai besoin, vu que vous n'allez pas me laisser le plaisir de m'y asseoir.

Raoul leva les yeux au ciel et se décala du bureau. Le magistrat lança un regard aux otages et se dirigea vers le meuble de rangement, en gardant un œil sur le téléphone. Un téléphone qui semblait hors de service à première vue. Donc il était sans nul doute celui qui servirait à déclencher la bombe lacrymogène.

Jo et Henry le regardaient attraper des dossiers qui avaient une petite pochette dans le but d'y glisser le téléphone discrètement. Mais il était nerveux et tout le monde le sentait. Surtout que les regards des quatre hommes étaient plantés sur lui.

- Il faut qu'on l'aide. Il ne va pas pouvoir prendre ce dont il a besoin si tout le monde le fixe de cette façon – affirma Jo.

- Je suis d'accord – répondit Henry –, mais qu'est-ce qu'on peut faire ?

Deux des otages commencèrent alors à se disputer violemment, ce qui fit sursauter tout le monde et détourna parfaitement l'attention des quatre hommes. Le magistrat n'avait jamais été aussi reconnaissant à ses collègues qu'à cet instant. Il attrapa rapidement le téléphone qu'il glissa dans le dossier et retourna à sa place. Billy cria.

- Oh ! Vous la mettez en sourdine ? On n'est pas dans une cour de récréation ! Merde ! Vos gueules ! Sinon, le prochain qui essaie de crier plus fort que moi, je vais prendre son sang pour repeindre le mur de ma salle de bain.

Le magistrat glissa le téléphone sous la pochette pour le donner à Henry, qui le glissa entre les jambes de Jo. Elle l'attrapa rapidement et posa sa tête sur l'épaule d'Henry, en se retournant pour être dans son sens et commença à tapoter sur le clavier, sous son écharpe.

Les deux hommes qui avaient feint la dispute s'arrêtèrent immédiatement et chacun regardait désormais Jo.

15H45

À l'extérieur, Abe et Lucas étaient figés quant au sort qui attendait tout le monde à l'intérieur, ainsi que celui de Jo et Henry. Près de six heures s'étaient écoulées depuis cette prise d'otage et jusqu'à présent, rien ne semblait vraiment avancer dans le sens que la NYPD voulait.

La lumière du jour commençait déjà à baisser et les températures ne se faisaient pas non plus chaudes et pourtant, chacun était là, décidé à ne pas bouger. La presse continuait de relayer en direct ce qui se passait. La prise d'otage faisait maintenant le tour de toutes les chaînes américaines et chacun était scotché à son poste de télé, de radio ou son ordinateur, pour savoir ce qui allait se passer et surtout ne pas espérer de mauvaises choses émanant de ces négociations.

Le FBI était sur place avec ce qui avait été demandé, mais bien sûr le but était de neutraliser les malfrats et non pas céder à leurs caprices.

Une bonne partie des détectives était désormais prête à rentrer dans le bâtiment et arrêter tout ce petit monde qui se prenait pour une célébrité.

Hanson demanda à Gates

- Est-ce qu'on y va tout de suite Sir ?

- Il faut commencer à vous disperser, mais discrètement. Ils n'ont pas idée qu'on va envoyer des équipes pour sauver les otages. Mais ne vous faites pas entendre sinon tout le monde est mort.

Hanson acquiesça

- Compris !

Chacun rentra le plus discrètement possible par l'entrée principale. À partir de là, les équipes se dispersèrent de tous les côtés et dans la plus grande discrétion.

16h

Le plan de tous les otages était parfaitement établi et Raoul était tellement idiot qu'il ne semblait pas avoir remarqué la disparition de son téléphone.

Évidemment, pour déclencher la bombe il y avait un code et Jo n'arrêtait pas de tous les essayer depuis près d'un quart d'heure. Elle commençait à perdre patience.

- J'y arrive pas. Je ne sais pas du tout ce que ça pourrait être.

Henry essaya de réfléchir pour elle et prit le téléphone de ses mains.

- Tu n'as pas essayé la date d'arrestation de Raoul ?

Jo haussa des épaules

- Bien sûr que non ! Je me disais que ça ne pouvait pas être si facile.

Henry le tapa et le déverrouillage se fit. Jo resta sans voix.

- Bon OK ! La prochaine fois, je te confierai tout quand il s'agira de technologie.

- Sans façon !

Ils restèrent de marbre et se mirent en position pour pouvoir fuir et empêcher la poudre lacrymogène de rentrer dans leurs yeux. Billy et co se regardèrent.

- Qu'est-ce qu'ils font ? – demanda Dan

- Ça doit être une sorte de rituel pour certainement tenter de sauver leur peau.

Jo regarda le décompte et elle fit un signe de tête à tout le monde et personne n'eut le temps de réagir que la bombe explosa, créant un bordel monstre dans la pièce et les cris des malfrats.

- Mais bordel qu'est-ce qui se passe ? – hurla Billy – papa, t'as appuyé sur le téléphone ?

- Mais bien sûr que non ! Je ne suis pas si idiot.

Tout le monde toussait et les otages rampaient en suivant aveuglément Jo et Henry qui avaient pris la tête. Devant la porte, Jo se leva et l'ouvrit, tandis que les quatre hommes étaient aux prises, à tenter d'y voir clair.

- Allez, dépêchez-vous !

Tout le monde se leva et ils quittèrent rapidement la salle. La fumée se dispersa jusque dans le couloir comme prévu.

Billy ragea

- C'était leur idée. Ils ont réussi à subtiliser ton téléphone.

Raoul répondit entre deux quintes de toux.

- Mais comment ? Comment ils auraient pu savoir qu'on avait une bombe ?

- J'en ai aucune idée, mais ils sont tous morts. Il faut les rattraper, ils sont sans doute partis par la porte arrière, allez chacun fait ce qu'il a faire.

Dans le capharnaüm qui régnait, personne n'arrivait à y voir clair, mais dès que deux des hommes sortirent de l'autre côté, la NYPD leur tomba lourdement dessus.

- Merde ! – cria Billy – il faut qu'on parte chacun d'un côté papa

- D'accord fils !

- Et abats-les, n'aie pas de pitié – cria Billy en attrapant également l'arme de Jo, en courant pour sortir

Jo avait conduit tout le monde dans les toilettes des femmes. La fumée les aveuglait et ils n'y voyaient pas grand-chose, mais leur libération était si proche, elle ne pouvait les abandonner.

- Allez, ne perdez pas de temps !

- Merci beaucoup détective !

Elle les pressa

- Pour après les remerciements ! On n'a pas le temps, sortez, dépêchez-vous !

Ils entendirent du bruit à la porte des toilettes. Jo et Henry étaient les derniers. La jeune femme ferma la porte et entraîna Henry avec elle dans l'un des cabinets les plus proches.

- Viens ! Si on passe par là, ils vont nous attraper et abattre tout le monde. Avec un peu de chance, la NYPD vient de récupérer ceux qui sont sortis. On doit trouver un autre moyen de sortie.

Elle monta sur le rebord des toilettes, Henry la regarda faire et décida de la lever pour lui faciliter la tâche, même s'il n'était pas très stable sur les toilettes, également.

Les seuls qui restaient étaient Billy et son père et Jo reconnaissait la voix de Raoul, qui cognait contre la porte pour tenter de la débloquer. Jo avait réussi à mettre le verrou qui était difficile d'accès même de l'extérieur, mais avec la force avec laquelle Raoul était en train de donner des coups de pieds dedans et de tirer, elle allait bientôt céder.

Jo parvint avec toute la force qu'elle trouva à ouvrir une trappe dans le plafond. Henry lui poussa le derrière pour qu'elle y grimpe et elle tendit sa main à son partenaire pour qu'il la rejoigne. Il eut un peu de mal à escalader sans se briser les bijoux de famille, surtout qu'il fallait avoir un certain équilibre entre les deux portes pour y arriver et juste au moment où Raoul rentrait. Jo et Henry étaient déjà dans le conduit en espérant rapidement trouver une autre sortie pour ne pas se retrouver coincés entre deux tarés.

Quant aux autres otages, la sortie par laquelle ils étaient passés les avait conduits à l'arrière du tribunal. Ils se précipitèrent tous à l'avant et évidemment une horde de journalistes et la NYPD les prit en charge. Gates se dirigea vers eux.

- Qu'est-ce qui s'est passé ? Où sont les détectives et le docteur Morgan ? Et les deux autres malfrats qui restent ?

Le magistrat qui les avait bien aidés tenta d'expliquer la situation

- Je pense qu'on était poursuivis. Le détective Martinez et le docteur Morgan nous ont fait passer avant et ils sont restés derrière. On ne sait pas ce qui se passe en ce moment.

Gates contacta Hanson qui était dans le bâtiment

- Détective ! Jo et Henry sont encore dedans ainsi que Billy et son père. Soyez sur vos gardes.

- Compris Sir !

Gates conduit tous les otages vers une ambulance. Ils étaient tous sous le choc et maintenant elle espérait que Jo et Henry pourraient sortir de ce traquenard.

16h45

À force d'avancer en rampant, ils avaient fini par trouver une sortie. Jo donna un coup de pied dans la trappe et vit que la voie semblait libre.

Henry lui chuchota

- Je vais passer le premier.

Elle le regarda par-dessus son épaule

- Et pour quelle raison, je te prie ?

- Pour te rattraper si jamais tu te réceptionnes mal.

Jo fit un regard évident

- Très malin ! Mais qui va te rattraper toi ?

- Ne t'inquiète pas pour moi !

Jo s'éleva un peu, en espérant que sous leur poids, tout le plafond n'allait pas s'écrouler, mais il n'en fut pas ainsi et Henry parvint à descendre sans trop de casse. La hauteur entre le plafond et le sol n'était pas trop importante. Il resta sous la trappe, après s'être assuré que ni Billy ni Raoul n'étaient dans le coin.

Elle descendit avec toute la grâce qu'une femme pouvait avoir lorsqu'elle était suspendue dans les airs et atterrit lourdement dans les bras d'Henry, qui perdit l'équilibre et bascula un peu en arrière, manquant de dévaler l'escalier qui n'était pas très loin d'eux.

Il la déposa et Jo fut impressionnée de voir avec quelle force il était parvenu à les garder tous les deux en équilibre.

Ils regardèrent tous les deux les escaliers. Ils voyaient parfaitement bien la lumière. Cela devait être une autre sortie de secours. Ils n'entendaient plus de bruit. Raoul et Billy devaient soit chercher du mauvais côté, soit la NYPD était parvenue à les maîtriser.

Mais ni l'un ni l'autre n'avait l'esprit tranquille. Justement, tout était beaucoup trop calme.

Jo prit une profonde inspiration.

- On va courir jusqu'à l'escalier le plus rapidement possible et le descendre et on ne se pose pas de questions, on sort, peu importe la porte, j'ai espoir qu'elle nous conduira à l'extérieur.

Henry acquiesça. Jo lui attrapa la main et ils commencèrent à courir et dévalèrent la première partie de l'escalier et ce fût à ce moment que ce fut le drame.

Ils se retrouvèrent nez à nez avec leur assaillant qui n'était autre que Billy. Et il avait l'air particulièrement en colère et prêt à les décapiter sur-le-champ, on ne pouvait pas s'y tromper.

Ils étaient coincés dans un coin de mur, avec encore une partie de marches à descendre et Billy qui se tenait face à eux, tel un psychopathe assoiffé de sang.

- J'aurais dû vous descendre dès le début tous les deux. Je savais bien que vous n'alliez que m'apporter des ennuis. J'ai entendu les flics arrêter mon père… Mais personne ne sait que vous êtes là. Personne ne vous trouvera et j'aurais le temps de me carapater.

Il s'avança vers eux, le fusil bien pointé. Jo remarqua sa propre arme qui était accrochée à sa ceinture.

Les deux jeunes gens reculaient, le visage terrifié. Jo ne pouvait rien faire et Henry non plus. Alors il regarda la distance entre le fusil et leurs deux corps, ainsi que Billy. Avec les tirs que Billy avait déjà faits au moment où ils avaient déclenché la bombe, Henry était certain qu'il ne restait qu'au mieux une munition dans le fusil et il n'avait pas eu le temps de prendre d'autres cartouches dans la précipitation. Il les avait laissés dans le bureau.

Alors le légiste ne réfléchit plus. Il n'y avait pas de quoi penser de toute manière. Comme l'avait dit l'autre à la station l'année passée, c'était lui ou elle, mais pas tous les deux et elle devait vivre. S'il calculait bien son coup, tout devrait se passer tel qu'il l'imaginait alors il attrapa Jo et la bloqua contre le mur, mettant tout son corps en bouclier, pour la protéger. La jeune femme se mit à hurler.

- Mais qu'est-ce que tu fais ? Henry pousse toi de là. C'est à moi de prendre des risques.

Il secoua la tête, en se préparant au coup

- Tu ne peux pas mourir Jo. Je ne laisserais pas ça arriver. Il va tirer, la balle va me traverser, mais elle ne devrait pas te toucher. Profites-en pour qu'il soit distrait de m'avoir tiré dessus pour attraper ton arme et en finir avec lui. Fais ce que tu as à faire.

Son corps l'empêchait de passer et elle refusait de le laisser se sacrifier, elle commençait à avoir des larmes dans les yeux.

- Tu es complètement malade, je ne vais pas te laisser faire ça. Henry, arrête de faire l'idiot, c'est mon rôle. Ne fais pas ça.

Elle commençait à taper sur son torse, mais Henry n'en démordrait pas. Il fallait qu'il la protège. Ses bras étaient appuyés sur le mur, bloquant Jo de tout mouvement. Elle reniflait et continuait de lui taper le torse pour le dégager, mais il avait une force qu'elle ne pouvait expliquer.

- Henry ! Pousse-toi !

- Non ! Ça va aller, ne t'inquiète pas. Fais ce que je te dis.

La voix de Billy cria

- J'espère que vous faites de beaux adieux tous les deux ! Parce que c'est la dernière fois que vous êtes aussi près.

Henry entendit le déclic et Jo continuait de tenter de le pousser pour prendre la balle à sa place, mais Henry ne la laisserait pas faire. Elle hurlait et pleurait à qui voulait l'entendre, mais rien ne semblait bouger le légiste de ce qu'il comptait faire. Prendre une balle n'était qu'un détail et son but n'était que de sauver la mise à la jeune femme.

- Henry ! – la voix de Jo était étouffée de sanglots et Henry la regardait avec des yeux brillants d'amour. Au moins, elle saurait son secret et il n'aurait que besoin de l'expliquer. Il aurait souhaité que tout ceci se passe autrement, mais lorsque la vie de Jo était menacée, il ne réfléchissait même pas trois secondes.

Il ferma les yeux et la serra contre lui, attendant que la chaleur de la balle lui traverse le corps.

Jo n'arrivait pas à croire à ce que cet imbécile serait capable de faire pour elle. Son cœur se mit à battre à tout rompre. Comment pourrait-elle le laisser mourir pour elle ? Pas quand elle était détective.

Elle tenta une nouvelle fois de le repousser, mais n'y parvint et elle sursauta quand elle entendit un tir. Elle resta figée et regarda Henry qui la regardait également, mais il n'avait aucune blessure, ni rien qui indiquait que Billy lui avait tiré dessus.

Il se retourna lentement, toujours en tenant Jo dans ses bras et la jeune femme décala légèrement sa tête, pour voir Mike, les mains sur la gâchette et mortifié. Des gouttes de sueur perlant tout le long de son front. Le corps de Billy était devant ses pieds et rien n'indiquait qu'il allait se relever.

Il poussa un soupir de soulagement.

- Mike ! – dit Jo d'une voix cassée

- Mon Dieu ! Vous deux ! Ne me refaites plus jamais ça !

Hanson avait bien cru qu'il allait y passer, tellement le stress était monté. Il les regarda.

- Bon ! C'est pas tout, mais vous sortez de là ou pas ? On ne va pas non plus passer l'éternité là dans. Je crois que vous avez assez subi aujourd'hui pour les cent prochaines années.

Henry n'osa vraiment pas faire part de son commentaire. Jo et Henry se regardèrent et ce dernier la serra fort contre lui, sous le regard d'Hanson qui gardait un œil sur Billy, dans le cas la balle ne l'avait pas vraiment descendu.

Le couple se détacha, encore sous le coup de l'adrénaline. Quand ils repassèrent près du corps de Billy, Jo reprit son arme ainsi que son téléphone, et le regarda d'un air dégoûté.

- Tu n'as eu que ce que tu mérites, sale pourriture.

Personne n'encourageait la mort d'un homme, mais pour le coup, Mike venait de leur éviter de nombreux problèmes. Que ce soit à Henry ou à Jo.

Hanson se mit entre les deux et passa un bras rassurant autour de leurs épaules.

- Vous nous avez fait une belle peur en tout cas.

Jo le regarda en esquissant un demi-sourire

- Merci de nous avoir tirés de là. On était vraiment proches pour le coup.

Henry approuva et demanda alors qu'ils descendaient les escaliers pour retrouver la fameuse sortie de secours.

- Comment vous avez fait pour nous trouver ?

- Le lieutenant nous a donné l'ordre de nous disperser un peu partout dans le tribunal. Quand j'ai vu que Raoul avait été arrêté j'ai su qu'il ne restait évidemment que le plus dangereux qui était Billy et dans le même temps, Gates m'a dit que tous les deux vous y étiez encore. Vous avez eu de la chance, je l'ai vu au détour d'un couloir et je l'ai suivi. J'ai attendu le bon moment pour le descendre.

Henry se sentait tout de même soulagé. Il se fichait pas mal de finir dans la rivière, mais il ignorait si réellement son plan aurait fonctionné et Jo aurait eu l'esprit et les réflexes d'attaquer Billy à mains nues.