Allez c'est la fin de la torture, j'espère que vous n'avez pas trop transpiré tout le long et surtout au chapitre précédent :-). Quoiqu'il en soit, quelque chose me dit que... Vous allez être nombreux à apprécier ce chapitre =)))), Il est nettement plus court que d'habitude mais je suis certaine que vous ne m'en voudrez pas.


Quand ils rejoignirent toute la troupe, ce fut une pluie d'applaudissements qui retentit. Les journalistes confirmèrent que tout le monde était sain et sauf et l'assaillant principal, mort. Ils durent malheureusement faire l'état de la seule victime de la prise d'otage, que Jo n'avait pas pu sauver, mais elle avait tenté.

Gates accourut vers eux. Elle n'avait jamais eu aussi peur de sa vie. Lucas et Abe également et ce fut un énorme « group hug » qui se fit. Pour la première fois, Gates eut du mal à cacher ses émotions.

- Oh mon Dieu ! Je suis tellement contente de vous voir vivants tous les deux. Vous m'avez fait tellement peur. Surtout quand il a commencé à parler d'une victime… Je suis désolée, je n'aurais pas dû vous envoyer faire cette déposition.

Jo pencha sa tête sur le côté et secoua rapidement sa main

- Sir ! Ne vous blâmez pas pour ça. Vous n'y êtes tout bonnement pour rien. Tout le monde a fait preuve de sang-froid et…

Elle regarda Henry. Ils se fixèrent longuement. Si longuement que tout le monde comprit immédiatement que leur relation venait de prendre un tournant avec cette prise d'otage…

- Dans des moments de faiblesse à cause du fait qu'on m'avait retiré mon arme…Henry m'a protégé et m'a sauvé… Et je suis reconnaissante de l'avoir comme partenaire.

Il la regarda profondément et le monde entier autour d'eux semblait disparaître. Il ne se contrôla pas et l'attira vers lui pour lui donner une longue étreinte. Elle y resta sans broncher et tout le monde les regarda d'un air tendre.

Abe leur tapota à tous les deux.

- Vous venez de nous faire tellement peur au gamin et moi. On ne tenait plus en place. Content que tout soit rentré dans l'ordre.

- Et nous donc Abe !

Gates les pressa

- Bon allez ! On rentre au poste. Vous avez certainement besoin de vous reposer et de manger un morceau après tout ça. De plus, certains agents du FBI vont nous attendre sur place pour vous interroger un peu sur vos 7 heures de captivité.

Jo reprit sa voiture. Henry l'accompagna et Lucas ne voulut pas les lâcher alors il rentra dans la voiture avec eux. Abe suivait derrière et toute la petite troupe était escortée par le lieutenant Gates qui emmenait tout le monde au 11.


Après avoir répondu à des questions sur ce qui s'était passé réellement et comment tout s'était terminé, Jo fut convoquée dans le bureau du lieutenant. Elle se demandait si elle allait se faire taper sur les doigts.

Henry était rentré à la boutique avec Abe, tout de suite après avoir répondu aux questions, pour se reposer un peu.

On avait informé Jo que Raoul ne sortirait jamais de prison et serait renvoyé en Colombie où il serait jugé comme un criminel de haute importance. Les complices ne reverraient pas non plus le jour et en apprenant l'arrestation de son fils, Raoul ne vit plus aucune raison de fuir la prison et de vivre de toute façon.

Jo tapa au bureau de Gates

- Entrez, Jo !

La jeune femme ouvrit la porte et tomba des nues

- Lieutenant Reece !

Reece fit un signe de tête et s'avança vers Jo avant de la serrer dans ses bras. La jeune femme ne sut comment réagir, si ce n'était de lui rendre la pareille. La surprise était grande.

- Mais qu'est-ce que vous faites là ?

Victoria et Joanna s'échangèrent un regard.

- Joanna m'a contacté quand elle a vu les informations vous concernant. Elle était morte d'inquiétude.

- Alors j'ai décidé de reprendre ma place. Quand mon commissariat est en danger, je ne veux plus jamais être aussi loin et ne pas être en mesure d'aider. J'ai vécu une journée d'angoisse.

Jo resta sceptique. Joanna était pourtant si motivée à faire cet entraînement. Elle regarda Gates. Cette dernière leva les bras au ciel.

- Je n'y suis pour rien dans cette décision. Et je m'y ferais, je savais très bien que je n'avais pas forcément le poste de façon permanente.

Jo ne comprit pas

- Mais lieutenant, je croyais que cela vous plaisait d'être au FBI… Vous alliez recevoir votre titre d'agent, n'est-ce pas ?

Reece acquiesça

- C'est exact. Il me restait deux jours avant d'être l'agent spécial Joanna Reece, mais… Jo, j'aime beaucoup trop cette équipe et les derniers événements font que je ne veux plus jamais être loin de vous. Victoria m'a aussi convaincue de reprendre ma place.

Jo fronça des sourcils. Il semblait que Gates avait déjà préparé ses affaires pour un départ.

- Mais pourquoi Sir ?

Gates la fixa longuement et soupira

- J'ai vraiment eu très peur de merder plus tôt quand vous étiez coincé avec Henry. J'ai vraiment cru que j'étais celle qui vous avait envoyé dans la gueule du loup.

Jo tenta de protester

- Mais non, Sir ce n'est pas…

Gates l'arrêta, en souriant

- Je sais ! Mais C'est Joanna votre lieutenant et c'est elle qui vous tiendra droit, quoiqu'il arrive.

Reece la trouvait trop modeste

- Tu as quand même fait tellement de bon travail ces trois derniers mois et c'est avec un courage exemplaire que tu as réussi à sortir tout le monde de cette prise d'otage, donc ne sois pas si dure envers toi-même.

Gates sourit poliment et regarda l'heure.

- Eh bien ! Je vous laisse discuter toutes les deux. Ça a été un plaisir de travailler pour le 11 et contente d'avoir fait votre connaissance Jo. Kate ne s'était pas trompée à votre sujet. Je repasserais sans doute à l'occasion.

Elle serra la main de Jo qui resta pantoise. Reece la tira de ses songes.

- Vous savez, pendant que Victoria était en train de regarder vos interrogations, de mon côté j'ai jeté un œil aux fichiers vidéo du tribunal. Et l'un d'eux m'a interpellé.

Elle reçut l'attention totale de la jeune femme qui n'avait même pas eu le souvenir d'avoir vu des caméras, mais elles étaient souvent très bien dissimulées.

Reece se plaça derrière le bureau et tourna l'écran d'ordinateur vers Jo. Lequel on pouvait parfaitement voir Henry se mettre devant elle au moment où Billy s'était mis au travers de leur route et avec aucune intention de bouger jusqu'à ce qu'Hanson intervienne.

Jo se mordilla l'intérieur de la joue. Évidemment. Pendant un an, elle avait réussi à cacher à Reece les excentricités d'Henry, mais cela finissait bien par éclater au grand jour.

- Qu'est-ce que je dois comprendre, lieutenant ?

Reece haussa des épaules

- Je ne sais pas Jo. À vous de me le dire.

Jo ne voulait pas dire ce qu'Henry avait tenté de faire. Lui qui était un civil et elle qui était flic, mais l'évidence était bien là. Reece n'était pas non plus stupide.

La jeune détective chercha ses mots, mais ne les trouva pas.

- Je… Je n'avais pas mon arme et… Henry a juste…

Elle s'embrouillait. Elle ne voulait pas qu'Henry ait des ennuis ou même elle. Elle s'en voulait de ne pas avoir été capable de bien protéger tout le monde, mais elle était reconnaissante à Henry d'avoir tenté de faire bouclier entre elle et la balle, pour la protéger… Même si ce n'était pas la première fois que cela se produisait.

Reece la regarda longuement, avant de sourire.

- Vous savez… Henry est un civil.

La jeune femme répliqua

- Je sais lieutenant, je n'avais pas l'intention de…

Elle la coupa.

- Laissez-moi finir ! Je dois dire que si un civil, qui serait mon partenaire, tenterait par tous les moyens de me protéger d'une mort certaine, tout en sachant que je suis flic et que j'ai le pouvoir de nous défendre tous les deux… Je me poserais des questions quant à savoir pour quelle raison il se serait jeté devant moi comme ça.

Jo resta de marbre et les paroles se mirent à raisonner dans son esprit. Reece continua sur sa lancée.

- Henry n'a aucune expérience en tant que flic. Il doit avoir des petites mimiques pour se défendre d'ici et là, mais rien à voir avec ce que vous et moi connaissons. De ce fait, je me demanderais ce qu'il ressent vraiment pour moi, pour en arriver à vouloir se sacrifier pour moi, qui fais partie des forces de l'ordre.

Cela prit quelques minutes, mais tout sembla cogiter dans la tête de Jo, telle une cocotte-minute. Elle échangea un sourire avec sa boss qui lui désigna la porte.

- Comme vous le savez, il est déjà rentré. Ne ratez pas cette occasion cette fois et dites-lui ce que vous avez sur le cœur.

Jo ne fit qu'un signe de tête. Elle prit ses affaires et quitta rapidement le 11, avec une détermination qu'elle n'avait pas eue depuis bien longtemps.

Il était passé 18h. La boutique était fermée depuis environ une trentaine de minutes, mais Abe ne l'avait pas encore fermée à clé, car il était parti chercher des ingrédients pour le dîner.

Henry était à l'avant de la boutique, à ranger les antiques et également ses précieuses photos. Comme souvent, il s'arrêta pour regarder le visage d'Abigail. Il sourit. Elle lui donnait la force nécessaire pour avancer dans sa vie et il espérait qu'elle n'était pas trop fâchée de le voir tourner autour de Jo, mais il en doutait fortement.

La sonnerie de la boutique retentit. Il savait que ce n'était pas Abe, il venait de partir, il n'avait pas pu revenir aussi vite. Sans se retourner, il dit.

- Désolé, mais nous sommes fermés.

La voix qu'il entendit le fit frissonner de toute part

- Je sais !

Henry se retourna lentement, pour voir Jo qui se tenait à une certaine distance de lui. Il n'arrivait pas à décrypter ce qu'il voyait sur son visage. Un mélange de soulagement, d'incompréhension, de colère peut-être ?

Il fit un pas et commença à gesticuler dans tous les sens

- Euh Jo… Si c'est pour ce qui s'est passé tout à l'heure au tribunal… Je sais que, je n'aurais pas dû jouer au plus malin comme ça, on aurait pu tous les deux y rester, mais je ne voulais pas le…

Il n'eut pas le temps de finir sa phrase que Jo s'était rapprochée de lui et l'avait attrapé par le cou avant de l'embrasser langoureusement. Il fut tellement pris de court qu'il eut à peine le temps de réagir.

Ses bras s'enroulèrent autour de la taille de la jeune femme par pur réflexe et il répondit avec ardeur à son baiser, laissant sa langue caresser la sienne, dans un ballet presque exotique.

Ils se cherchaient, se découvraient et naturellement, ce baiser n'avait rien à voir avec celui qu'ils avaient échangé dans un état second. Ils appréciaient chaque seconde de ce petit moment qui n'appartenait qu'à eux. Ce moment qu'ils avaient tant attendu.

Les mains de Jo se posèrent sur le torse d'Henry et elle accentua davantage le baiser.

Tout ceci semblait durer une éternité, mais ce fut avec le souffle court qu'ils se relâchèrent à contrecœur.

Ils restèrent front contre front, ne voulant pas mettre fin à leur étreinte. Jo lui murmura.

- Je sais que tu as été stupide de faire ça, mais Henry, tu n'hésites pas à te mettre en danger pour moi alors que tu n'as pas à le faire. Ce n'était pas la première fois que tu le faisais et je me rends compte que… Je ne t'ai jamais vraiment remercié de m'avoir sauvé et plus d'une fois. Merci, Henry, merci d'être celui que tu es et merci de m'avoir fait une petite place dans ton cœur.

Henry se sentit pris par l'émotion et glissa une main sur sa joue avant de l'embrasser de nouveau. Les bras de Jo s'enroulèrent autour du cou d'Henry et elle poussa un petit gémissement quand elle sentit l'ardeur et la passion du baiser. Il semblait que rien ne pouvait être aussi intense et réel que cet instant.

- Je n'hésiterais jamais à le faire Jo. Tu dois le savoir. Je me mettrais au travers de n'importe quelle balle ou arme pour toi.

Jo se rendit compte que c'était certainement la plus belle chose qu'on ne lui avait jamais dite depuis bien longtemps et elle se colla complètement contre lui. Ils n'avaient jamais beaucoup d'espace entre leurs corps en temps normal, mais là, c'était tout simplement comme s'ils ne faisaient qu'un.

Henry posa son menton sur sa tête

- Alors ! Est-ce que ça veut dire que toi et moi, on est… On se fait la cour ?

Jo rigola, non sans lever les yeux au ciel

- C'est exactement ça… Enfin si tu veux bien de moi comme petite amie… J'ai vraiment envie d'essayer Henry, j'ai envie de voir où ça va nous mener.

Il souffla sur ses lèvres. Elle se sentit déjà toute chose.

- Moi aussi j'ai envie d'essayer Jo. Depuis plusieurs mois maintenant, mais je n'avais pas le courage. Alors, faisons ce pas ensemble.

Jo sourit et ils s'embrassèrent de nouveau. Ils avaient vécu des heures similaires à l'enfer, mais ce mardi venait de se terminer bien mieux qu'il avait commencé et un tout nouveau couple était paré à sa nouvelle destinée.


Author's note: si quelqu'un a besoin de CPR, je peux fournir :p. Et pour dire que cette affaire, marque (déjà) la moitié de l'histoire.