Chapitre plus court mais vous comprendrez pourquoi quand vous arriverez à la fin :)))))


Reece se mit en route pour redescendre à la morgue et demander à ses détectives et à Henry ce qu'ils en pensaient.

Ils attendaient tous devant la grille, comme des enfants attendant leurs bonbons. Elle haussa un sourcil.

- Sérieusement, vous ne pouviez pas vous contenir ?

Jo fit un petit sourire en coin

- On se doutait bien que vous alliez nous rendre visite donc on s'est précipités. Alors, quel est le plan ?

Le lieutenant regarda Henry

- Vous en pensez quoi ?

- J'ai un peu de mal à le cerner. Je suis d'accord avec vous, certains coupables se présentent dans le seul but de nous tromper… Il dit la vérité en ce qui concerne toute l'histoire d'Ivy et Lionel, il n'y a aucun doute là-dessus et ça me semble tout à fait plausible. Mais, je ne sais pas trop quoi penser du reste.

La journée touchait déjà à sa fin, ce qui ferait presque des heures en moins pour la quarantaine.

- Je m'en veux de devoir vous laisser là pour trois jours consécutifs. Il y a beaucoup de personnes à visiter et à moi toute seule, je ne vais pas pouvoir en faire le tour.

Tout le monde aurait souhaité en faire plus, mais malheureusement il fallait bien suivre les ordres qui leur étaient donnés.

Henry suggéra

- Peut-être devriez-vous songer à Ivy en premier. Je sais bien que nous avons forcément toute une liste de suspects qui peut s'offrir à nous, surtout si du côté de la famille d'Ivy, l'union n'était pas approuvée, mais elle donnera sans doute plus d'informations.

Hanson gribouilla quelque chose

- Je propose que nous on en cherche plus sur Max quand même, parce que celui-là, a l'air d'avoir beaucoup de choses à reprocher sous ses petits airs. Il se peut qu'il ne nous ait pas tout dit.

Reece approuva l'idée

- Bien ! Dès demain, je vais aller visiter Ivy au café où elle travaille et lui poser le plus de questions. Peut-être qu'elle sait également quelque chose en ce qui concerne cette collection volée… Sauf si Lionel comptait garder ça secret vis-à-vis de leur fuite à Paris.

Jo sentit des papillons dans le creux de son estomac. Elle tenta de paraître subtile, mais elle savait qu'elle ne l'était pas du tout. Ce fut exactement son intention lorsqu'elle avait décidé de pratiquement sauter du taxi et se retrouver devant un Henry Morgan, qui n'avait pas idée de la bombe qu'elle allait lui lancer… Lui dire que tout ce qu'elle voulait était fuir à Paris avec lui, le temps d'une ou deux semaines, qu'ils oublient tous leurs soucis, faisait partie de sa liste de choses à faire, surtout maintenant qu'ils avaient entamé une relation.

- Je lui poserais des questions vis-à-vis de sa relation avec sa famille et ce qu'ils pensaient de son union avec Lionel, mais bon, en tant que femme noire, j'en ai vu des choses dans ma vie et je continue d'en voir, donc franchement je ne serais pas surprise de ce qu'elle me dirait.

Jo approuva. Sa peau n'était peut-être pas noire en soi, mais techniquement, elle était hispanique ce qui faisait d'elle quelqu'un de typé et elle s'était souvent pris des commentaires racistes dans son enfance également… Surtout à cause de ses grands yeux marrons. Henry avait raison, certaines mentalités n'évolueraient jamais… Ce qui était vraiment triste à voir.

Une équipe amena le nécessaire pour que tout le monde puisse passer une bonne nuit. Jo reçut un texto et le montra à Henry.

- Hey ! Abe a dit qu'il revient pour nous apporter des pyjamas pour ce soir. Un vrai petit papa gâteau qu'il est celui-là.

Elle fit un clin d'œil à Henry qui espérait qu'il n'avait pas l'air constipé après avoir lu le message. Parce que bien évidemment, le papa gâteau n'était autre que lui dans l'histoire. Et c'était une chose qu'il aurait forcément faite si la situation était inversée également.

Reece les regarda d'un air désolé

- Bon ! Je reprends les recherches demain, je vais interroger Ivy et voir si j'obtiens d'amples informations et j'espère qu'on aura le corps dans le délai qu'ils ont imparti. Et je repasserais au poste 14, parce que le lieutenant Carey m'avait assuré que la collection était au Metropolitain.

Henry espérait également parce que pour lui, il n'y avait rien de pire que de rester à la morgue tout en ayant les mains vides. Il était bien soulagé, même si cela était assez égoïste, de savoir qu'il n'était pas tout seul et qu'ils trouvaient le moyen de s'occuper quand même.

- Merci lieutenant ! Si quelque chose nous saute à l'œil également pendant qu'on campe ici, on vous tiendra au courant – affirma Henry.

Elle leur fit un signe de tête et les quitta en leur souhaitant une bonne soirée. Les quatre amis attrapèrent les sacs de couchage et donnèrent deux couvertures aux deux assistants, avant d'aller dans le bureau du légiste. La place était vraiment minime.

- Bon, il va falloir se serrer – avoua Henry – on va pousser le bureau et tout le matériel encombrant, mais on n'aura pas vraiment le choix.

Jo lui donna un coup de coude

- Moi ça ne me dérange pas d'être serrée

Elle haussa les deux sourcils d'un air entendu. Hanson et Lucas se regardèrent et évitèrent de paraître dégoûtés.

- Je vous aurais bien dit de prendre une chambre – commença Mike –, mais sérieusement, la seule disponible pour l'instant est le bureau du doc et on n'a clairement pas besoin de voir ça.

Lucas plaisanta

- En ce qui me concerne, ils peuvent faire ce qu'ils veulent devant moi, je m'en fiche carrément.

Il eut le droit à un regard glacial de la part des deux et préféra ne pas ajouter son reste.

Ils poussèrent le bureau d'Henry, ainsi que les choses, dans un coin rapproché de la bibliothèque et la place qui se libéra était juste, mais suffisante pour qu'ils puissent passer la nuit, sans se faire un tour de rein.

Surtout que Jo et Henry allaient dormir collés l'un à l'autre, alors Lucas et Mike avaient suffisamment de place pour ne pas se grimper dessus.

Ils déposèrent leur nécessaire dans le bureau et retournèrent dans la morgue où Hanson s'installa à un poste de travail pour effectuer quelques recherches sur leur ami Max. Henry et Jo attrapèrent les lettres pour certainement tenter d'y voir plus clair et lire entre les lignes. Lucas quant à lui se contenta de pianoter sur son cellulaire, tout en restant aux côtés d'Hanson.

Abe arriva pour leur donner des pyjamas. Henry ne savait pas comment il avait réussi à trouver le nécessaire, mais en voyant l'ancienneté des affaires, Hanson et Lucas se regardèrent.

- Mais dans quel siècle est-ce que vous vivez doc ? – demanda Hanson

L'immortel ne fit qu'esquisser un sourire crispé. Hanson n'avait pas idée des mots qu'il prononçait.

Abe lui lança également un regard et se retint de faire part d'un commentaire pour le moins ironique.

Il regarda Jo en lui tendant des vêtements

- Je suis désolé ma belle, mais avec deux hommes vivant ensemble, nous n'avons aucun vêtement de femme. Donc j'ai essayé de piocher dans un truc qui t'irait, mais j'imagine que tous les vêtements d'Henry seront trop larges pour toi, mais je suppose que ça fera l'affaire.

Il lui tendit une belle chemise d'un pyjama si fancy que Jo en rougit. Henry observa leur échange et tenta de ne pas sourire comme un pervers à la seule idée de voir Jo porter une de ses chemises.

- Il y a le pantalon qui vient avec, je l'ai pris au cas où, mais est-ce que tu voudrais le porter ? Il va te glisser le long des jambes !

Jo lança un regard en biais à Henry qui avait manqué de s'étouffer et Jo chuchota, mais suffisamment fort pour qu'Henry les entende

- Je suis certaine que cela ferait plaisir à certaines personnes.

Abe regarda son père qui avait viré de la même couleur qu'une pomme bien mûre. Il secoua la tête. Il était incorrigible. Ou plutôt ils étaient incorrigibles.

Jo attrapa les vêtements et fit un signe de tête au vieil homme

- Mais merci de t'être donné toute cette peine pour nous Abe. Tu n'avais pas à le faire, on aurait pu se débrouiller.

- Il le fallait bien ! – répondit-il d'un haussement d'épaules - vous n'alliez pas rester avec les vêtements de la NYPD nuit et jour pendant les 72 prochaines heures. J'espère que cette situation ne va pas s'étendre.

Hanson et Lucas se disputaient le pyjama pour savoir qui aurait le moins ancien et le moins laid selon leurs dires, ce qui avait quelque peu offusqué Henry, qui préféra rejoindre les deux personnes les plus importantes de sa vie.

Jo poussa un long soupir et se braqua quelque peu en sentant le corps d'Henry derrière son dos.

- On espère aussi Abe, mais ce sont les dures lois du métier après tout.

Abe le comprenait bien et parfois il regrettait de ne pas faire partie de cette équipe. Il avait hâte qu'Henry lui raconte comment s'était passée la cohabitation. Bien qu'il se doutait qu'avec la belle Hispanique dans le coin, il ne verrait certainement pas cette garde prolongée, passée. Peut-être l'apprécierait-il plus qu'il ne pût se l'imaginer.

Abe regarda l'heure

- Bon ! Je ne vais pas trop m'attarder. On m'a dit d'éviter de traîner même si je porte une combinaison, ridicule soit dit en passant.

Le commentaire fit sourire Jo et Henry. Cette combinaison était tellement utilisée dans la NYPD que cela ne les choquait pas. La première fois qu'ils s'étaient retrouvés dans cette situation, ils devaient reproduire une situation avec une voiture carbonisée d'où la victime n'était autre que le fils du célèbre compositeur de jazz : Pepper Evans.

Ils avaient reconstruit ce qui avait pu se passer avec l'aide de Lucas, qui s'était vraiment cru dans un film d'action et Jo qui avait eu l'impression de diriger une cour de récréation.

La tenue n'était pas des plus classes, mais Jo et Henry s'étaient surpris à se sentir attirés l'un vers l'autre en se voyant dedans. Comme quoi, il ne leur en fallait certainement pas beaucoup.

- Bon allez les jeunes, je vous laisse. Et ne faites rien que je ne ferais pas.

Henry lui fit un simple regard sarcastique et il ne demanda pas son reste avant de déguerpir.

Jo et Henry se retournèrent pour voir Hanson et Lucas, pire que des gamins. Elle cligna des yeux, n'y croyant tout bonnement pas.

- Mais qu'est-ce qui se passe ?

- Mike veut que ce soit moi qui prenne le pyjama le plus laid qu'on nous ait donné. Mais c'est moi le plus jeune, je devrais avoir ce qui est plus moderne.

Hanson lui lança un regard noir. Jo crut qu'elle allait se servir de son arme.

- Je te préviens, il est hors de question que je porte ce genre d'horreur.

Ce fut Henry qui intervint avant que cela ne dégénère et qu'en plus, qu'ils arrêtent un peu de dire du mal de ses goûts vestimentaires.

- Bon ! Arrêtez là ! Un peu de respect. Vous ignorez le prix que ces pyjamas valent. À votre place, j'éviterais de faire les malins.

Il haussa un sourcil réprobateur. Jo se retint de rire. Lorsqu'il s'agissait de ses précieuses choses, toutes aussi anciennes les unes que les autres, il ne valait mieux pas contrarier Henry.

- Oui bon enfin, avec tout ce que vous possédez d'ancien, ça ne m'étonne même pas – bougonna Hanson

- Et vous vous habillez chez Paul Stewart, alors c'est sûr que ces pyjamas valent une fortune… Mais on n'a pas tous des goûts de luxe, doc – ajouta Lucas.

Jo se frappa le front avec sa main. Une bande d'attardés. Elle avança vers eux et arracha le pyjama des mains de Lucas et le colla dans les mains d'Hanson qui ouvrit grand la bouche, prêt à répliquer, mais Jo le regarda tellement fermement qu'il sut que ce n'était pas le moment d'en dire davantage.

- Qu'est-ce qu'on s'en fiche de ce que vous portez ! Sérieusement, on va être quatre, coincés dans un petit bureau et vous allez être enroulés comme des sushis dans le sac de couchage donc fermez-la et soyez plutôt reconnaissants du fait qu'Abe ait fait le déplacement pour votre petit confort.

Henry resta impressionné. Sans nul doute, Jo saurait se faire entendre s'ils restaient suffisamment longtemps ensemble pour construire une famille et élever des enfants. La pensée le fit frémir de bonheur.

Lucas et Hanson n'insistèrent pas plus, mais tirèrent une moue d'enfant gâté. Jo continua de les regarder avec son air sévère.

- Puisque vous n'arrivez pas à vous mettre d'accord et que vous faites n'importe quoi, vous allez tous les deux me prendre une douche. Il commence à se faire tard. En attendant, Henry et moi on continue de jeter un œil à ces lettres et on dînera après.

Elle désigna la salle de bain en voyant qu'ils tentaient encore d'argumenter

- Maintenant !

Ils avancèrent l'un derrière l'autre en traînant les pieds et incapables d'agir en adulte apparemment. Jo secoua la tête.

- Qu'est-ce les hommes peuvent être des bébés

Henry se sentit offensé

- Hey !

Jo fit un petit sourire et se retourna pour glisser ses bras autour de son cou

- Il y a certaines exceptions ! Et je croyais que tu n'avais pas de pyjama ?

- J'ai dit que je n'en avais pas beaucoup, pas que je n'en possédais pas… Et vu leur qualité, tu comprends pourquoi la dernière fois, chez ta mère, j'ai préféré les vêtements de mes indécences.

Elle sourit et passa devant lui et attrapa la boîte qui contenait les lettres. Elle s'assit sur une des tables d'examen et Henry la rejoignit, en se mettant entre ses jambes, les mains sur ses genoux. Elle ne fut pas le moins du monde, dérangée par tant de proximité.

- En tout cas, on peut dire que via ces lettres, ces deux-là semblaient s'aimer très fort.

Henry approuva

- Mais elles ne nous aident pas vraiment à comprendre qui aurait pu en vouloir suffisamment fort à Lionel pour le descendre.

Jo avait réfléchi à la question

- Avec ce que Reece nous a dit et le meilleur ami de Lionel, on a au moins une piste.

Henry lui fit comprendre de développer le fond de sa pensée

- La personne qui a mis sa vie sans dessus, dessous et l'a fait éjecter de sa maison était soit quelqu'un de la police, soit quelqu'un qui s'est fait passer pour un flic au moment de l'arrestation et en a profité par la suite, soit il y a eu des magouilles quelque part pour en arriver là. Je ne sais pas trop quelle option pourrait être la plus plausible.

Elle regarda Henry droit dans les yeux. Ce dernier ne s'était pas vraiment penché sur la question. Tout ce qui l'intéressait était de tenter de trouver des empreintes sur le corps de Lionel, mais avec la décontamination, il n'était pas certain d'en récupérer, une fois que le corps leur reviendrait.

- J'imagine qu'il n'y a qu'Ivy qui pourra réellement nous répondre.

Jo se rappela qu'ils devaient également faire des recherches plus approfondies sur Max, pour voir si de son côté il ne cachait pas autre chose, mais au final, après avoir passé la journée, à regarder des écrans, elle ne sentait pas vraiment de le faire ce soir-là.

Elle passa en revue toutes les lettres et une finit par attirer son attention. Henry remarqua le changement sur son visage.

- Qu'est ce qu'il y a ?

- La lettre que j'ai en main… C'est la plus récente. Elle est en date d'il y a quatre mois.

En dépliant la lettre, une photo en tomba. Henry la ramassa et ce qu'il vit le surprit.

- Qu'est-ce que c'est comme photo ? – demanda Jo

Henry ne dit rien et la retourna simplement vers la jeune femme qui parut d'autant plus surprise que lui.

- Une échographie. Ivy est enceinte !

À voir le développement du bébé sur l'échographie, soit elle l'avait découvert tard, soit elle avait décidé d'en faire une surprise. Dans tous les cas, elle n'allait sans doute pas tarder à accoucher, si ce n'était pas déjà fait.

Jo essaya de comprendre

- Mais ! S'ils voulaient s'enfuir à Paris, mais qu'elle attendait un bébé, ça n'aurait pas été trop dangereux ?

Henry haussa des épaules

- Peut-être qu'ils avaient l'intention de partir d'ici la fin de l'année. Dans la lettre, il est dit qu'elle attendait le bon moment, mais qu'elle devrait avoir l'occasion de prendre la fuite avec lui avant d'accoucher… Mais je ne sais pas exactement à combien de mois elle en était à ce moment. Le bébé est déjà assez formé donc entre quatre et cinq… Quoi qu'il en soit...

Jo acheva la phrase

- Elle va accoucher ou c'est déjà fait !

Henry acquiesça. Reece seulement pourrait confirmer tout ceci d'ici le lendemain. Jo ne savait pas trop si cela permettrait de faire avancer leur enquête.

- Est-ce que ça change quelque chose dans le fond ?

Henry secoua la tête

- Je ne pense pas. Peut-être pour leur relation à eux et que du coup, la pauvre Ivy va se retrouver toute seule à élever un bébé…

Il regarda l'échographie de plus près

- Sa petite fille, toute seule…

Jo fit un large sourire

- Tu peux voir que c'est une fille ?

Henry répondit à son sourire

- Absolument ! D'après ce que je vois rien qu'avec l'image, elle avait l'air en santé donc j'espère que tout ceci ne lui aura pas causé trop de stress inutile ! Ce qui m'inquiète c'est le fait qu'elle va certainement rester clouée ici, sans pouvoir réaliser son rêve.

Jo se sentit un peu désolée pour elle également. Elle savait mieux que quiconque qu'il n'y avait rien de pire que de perdre l'amour de sa vie. Henry en savait quelque chose également, ce qui leur valut de relever les yeux vers l'autre, comme s'ils pensaient à la même chose.

Jo déposa la lettre et sentit son cœur lourd. Elle prit l'échographie des mains d'Henry et la regarda longuement.

Elle soupira

- Tu te rappelles l'année dernière, quand je t'ai demandé si toi et Abigail vous aviez déjà pensé à avoir des enfants ?

Henry acquiesça. Ils avaient essayé, mais pour une raison qu'il ignorait encore, cela n'avait pas fonctionné… Mais le problème devait certainement venir d'Abigail, car de son côté, il… Il secoua la tête. Il ne valait mieux pas raviver d'autres souvenirs douloureux.

- Eh bien… À voir tout ça, je viens de me rappeler la raison de notre grosse dispute avec Sean, la veille de sa mort.

Henry se rapprocha davantage d'elle, pas comme si la proximité n'était pas déjà moindre.

Il passa une mèche de ses cheveux derrière ses oreilles. Jo continuait de regarder la photo et sentit une boule dans sa gorge.

- Tu peux tout me confier, Jo. Tu sais parfaitement que je ne jugerai pas.

Elle hocha la tête, en esquissant un mince sourire

- Je sais !

La photo la plongea deux ans et demi auparavant

20 septembre 2013

Après une longue journée épuisante, Jo était rentrée et avait retrouvé Sean qui avait eu une journée pour le moins fatigante de son côté également.

Elle prenait un bon bain chaud après un dîner délicieux préparé par son mari. Parfois, elle se disait qu'elle avait vraiment trouvé la perle rare.

En descendant, elle le retrouva dans le salon en train de regarder la télé. Elle avait enfilé un petit pyjama comfy dans lequel Sean la trouvait toujours adorable. Il aimait sa femme au naturel et c'était la raison pour laquelle il l'avait épousé.

Elle le rejoignit et se blottit contre lui. Il glissa un bras derrière son dos et la caressa d'un air absent, tout en gardant ses yeux perdus sur l'écran de la télé.

Jo se rendit bien compte de son silence, et lui demanda, en gardant une main appuyée sur son torse

- Chéri ! Est-ce que ça va ? Tu es bien silencieux depuis qu'on est rentrés.

Il la regarda et lui fit un sourire que par moment, elle avait encore du mal à oublier.

- Ça va ! Mais avec l'affaire que j'ai eue aujourd'hui, j'ai pensé à beaucoup de choses.

Jo s'installa en position de lotus et l'obligea à la regarder

- De quoi traitait ton affaire ?

- D'une femme qui a assassiné son oncle… Je l'ai défendue. Mais les preuves démontraient que c'était en légitime défense. Il avait tenté de… De la violer... Mais également de violer sa jeune fille de 15 ans. Je pense qu'elle a juste fait ce que toute bonne mère aurait fait.

Jo frémit à entendre ce que son mari lui disait. Elle voyait des choses horribles dans son métier, mais pour lui, cela ne devait vraiment pas être évident. Car parfois, il défendait des cas qu'il savait perdus. Mais ce soir-là, il semblait que cela n'avait pas été le cas.

- Le juge l'a acquitté. Elle ne fera que trois mois de prison tout au mieux avec des travaux d'intérêt général. C'est toujours mieux que d'y passer dix ans ou toute la vie. Si tu avais vu les larmes de soulagement et de joie sur ses deux filles. C'est une mère monoparentale et il est évident qu'elle aime ses enfants plus que tout et de voir cette famille unie m'a vraiment fait chaud au cœur.

Jo essayait de comprendre où il voulait en venir… Mais elle avait déjà une petite idée.

- Je suis parvenu à convaincre le juge de laisser les enfants chez la sœur de leur mère, le temps qu'elle purge sa peine. Mais depuis que j'ai vu ça, je n'ai pas arrêté de penser au bonheur que…

Il regarda Jo dans les yeux et cette dernière sentait déjà qu'elle voulait prendre les jambes à son cou. Il lui prit les mains.

- Jo ! Et si on essayait de faire un bébé ? Juste l'idée et la joie de voir un petit être qui serait un bout de toi et moi, dans notre foyer, feraient de moi, quelqu'un de très heureux.

Le visage de Jo s'assombrit

- Sean…

Il tenta par tous les moyens de la convaincre

- Écoute, on fera plusieurs essais s'il faut, mais l'âge commence à nous rattraper et peut être qu'il serait temps de considérer.

Jo secoua la tête

- Sean ! On s'est déjà dit qu'on ne pouvait pas faire de bébé tout de suite. Nos deux carrières sont bien trop chargées. On a à peine le temps pour nous, où est ce qu'on trouverait le temps pour un enfant ?

Elle savait bien qu'elle le blessait en disait ceci. Ce sujet avait toujours été délicat.

- Tu sais, quand je t'en avais parlé au début de notre relation, je comprenais. On se fréquentait tout juste et tu étais toute jeune, tu savais que tu avais le temps alors je n'ai pas insisté. Puis ta sœur est tombée enceinte et mon désir de te voir donner la vie, n'a pas cessé de grandir depuis.

Il resserra l'étreinte de leurs mains et Jo était déjà en train de paniquer

- Tu sais que c'est toi la femme de ma vie Jo. Il n'y a qu'avec toi que je rêve de construire une famille et un jour de tenir un petit Martinez-Moore dans mes bras, et de le voir avec les grands yeux marron de sa maman.

Jo retira rapidement ses mains de celles de Sean et se leva d'un bond, en croisant ses bras

- Sean ! J'ai dit non ! On est beaucoup trop débordés. On ne peut pas. Pas tout de suite.

Jo savait que Sean avait toujours eu beaucoup de patience, mais ce jour-là, la fatigue avait certainement pris le dessus. Il se leva à son tour pour se placer face à elle.

- Tu m'as répété ça pendant des années. Tu as dit que lorsque tu approcherais les 30 ans, tu commencerais à le considérer parce que tu sais que ton horloge biologique tourne.

- Et je n'ai pas encore 30 ans.

- Mais dans deux ans… Tu sais, un bébé ne se fait pas d'un seul coup, on pourrait tenter et…

Jo le coupa, maintenant rouge de colère

- Pourquoi est-ce qu'on ne pourrait pas rester tous les deux ? Il y a des femmes qui ont des enfants après 40 ans. On n'a même pas le temps de se prendre un week-end ailleurs que dans un hôtel d'Atlantic City, on n'a jamais mis les pieds hors du pays parce qu'on travaille beaucoup trop et maintenant tu voudrais me parler de trouver le temps de faire un enfant ? Mais réfléchis deux minutes, l'un de nous deux devra finir par abandonner sa carrière si cela devait arriver et comme c'est de moi que viendrait cet enfant, c'est moi qui devrais tout sacrifier, encore une fois.

Sean ne la suivait pas

- Mais Jo, je ne force personne à quitter quoi que ce soit. Tu ne serais pas la première femme flic à avoir un enfant… Je suis sûr qu'on pourra trouver des compromis. Je demanderais moins d'heures également. Je suis prêt à tout pour élever un enfant dans de bonnes conditions. Tu n'as peut-être pas 30 ans, mais moi j'en ai déjà 35 Jo et je ne voudrais pas avoir plus de 50 ans, quand tu te décideras.

Elle le regarda d'un œil noir

- C'est complètement ridicule ce que tu me racontes. Sean, je ne suis tout simplement pas prête. Je ne suis pas ma sœur, je n'ai pas l'instinct d'être mère, pas tout de suite.

Il tenta de la rassurer

- C'est faux Jo. Je t'ai observé avec tes neveux, tu as tout ce qu'il faut… Tu serais une très bonne mère et…

Jo se mit à hurler

- Ça suffit maintenant ! Je ne veux pas d'enfants pour le moment ! Je ne suis pas prête à ça Sean. Je veux qu'on soit juste toi et moi, sans aucun fardeau, on en a déjà assez comme ça.

Sean se mit à hurler plus fort

- Tu es bien trop bornée Jo ! Arrête d'être si égoïste. Je sais bien qu'on n'a pas toujours eu l'occasion de faire ce qu'on voulait, mais on s'était mis d'accord pour élever une famille. Surtout après avoir vu ta sœur. Tes yeux ont brillé, Jo. Toi aussi, tu étais…

- Arrête ! Mes yeux ont brillé parce que ma sœur le mérite, mais ne me force en rien…Je ne veux pas d'enfant tout de suite. Je ne me sens pas ni mentalement ni physiquement prête, tu dois respecter ça.

Sean la regarda longuement et sentit des larmes dans ses yeux

- J'aurais pensé que maintenant que nos carrières sont bien lancées, que peut être tu serais assagie et que tu…

Elle tempêta

- Oh lâche-moi un peu ! Tu n'as toujours vécu que pour construire une famille parce que tes parents t'ont lâchement abandonné à ton sort quand tu avais 15 ans et que tu as dû apprendre à te débrouiller de toi-même pour en arriver là.

Sean se prit un coup de poignard en plein cœur et sa mauvaise foi prit le dessus. Lorsque Jo était en colère, elle ne contrôlait aucune de ses paroles et lui non plus.

- C'est sûr qu'à côté, avoir un père criminel, c'est tellement mieux.

Jo sentit l'effusion arriver.

- Tu es juste pathétique ! Va te faire foutre !

Elle sortit en claquant la porte, pour aller prendre l'air et elle avait dormi dans le canapé ce soir-là et le lendemain fut partie avant même qu'il ne soit réveillé… Et ce même lendemain, elle apprenait sa mort et pendant un an, une spirale infernale avait commencé.

Jo resta interdite, toujours en gardant cette photo dans les mains. Henry n'avait pas dit un mot pendant tout le temps qu'elle avait raconté son récit. Maintenant, il comprenait mieux pourquoi la jeune femme s'était sentie si coupable pendant tout ce temps.

Il sourit et lui releva le menton, en lui caressant doucement la joue

- Jo ! Ce sont des choses qui arrivent. Ce n'est pas toutes les femmes qui sont prêtes à devenir mamans… Tu étais encore jeune, tu savais que tu avais le temps et tu l'as encore. Ne sois pas en colère contre toi pour ça. Et puis malgré ça, je te l'ai déjà dit, Sean t'aimait et il savait que tu l'aimais aussi.

Jo sentit une larme s'écraser sur sa joue, qu'Henry essuya délicatement avec son pouce. Il lui vola un baiser écorché et Jo rejoignit ses mains aux siennes, avant de souffler.

- Mais c'est ça le truc… C'est que depuis j'ai énormément réfléchi… Je n'avais pas l'intention de… - elle regarda Henry et fut sur le point de dire qu'elle n'avait pas eu l'intention de retomber amoureuse si rapidement et d'imaginer un futur avec un autre que Sean, mais elle arrêta les mots avant qu'ils ne franchissent ses lèvres. Elle se racla la gorge - enfin, je ne me voyais pas me mettre en couple avec un autre homme. Je ne voulais pas de relation sérieuse, mais tu es arrivé dans ma vie et je…

Elle pinça ses lèvres ensemble et Henry sembla comprendre où elle voulait en venir.

- Henry ! Je sais qu'il est tôt dans notre relation. Il y a encore tellement de choses qu'on doit découvrir l'un sur l'autre, mais… Je me disais, si tout marche entre nous, un jour, peut-être qu'on pourrait construire une famille… Maintenant, je me sentirais prête en tous les cas.

Henry fut ravi d'entendre de tels dires. Avec Abigail, ils n'avaient pas vraiment eu le choix, Abe les avait quasiment choisis comme parents et ils avaient dû se marier très vite pour obtenir la garde du petit. Et évidemment, ils avaient été très heureux dès le début et n'avaient pas eu besoin de parler d'avoir une future famille. Elle s'était déjà construite dès leur première rencontre.

Il lui embrassa furtivement les lèvres

- Il n'y a plus qu'à espérer que notre relation aille dans notre sens alors

Elle fit un large sourire et le tira par le col du sweat et l'embrassa passionnément. Les mains d'Henry descendirent de ses joues pour se poser sur sa chute de rein. Il n'y avait personne dans la morgue. Les deux assistants étaient dans la salle de repos et comme Hanson et Lucas étaient en train de prendre leur douche, ils avaient le champ libre.

Jo gémit entre les deux baisers d'Henry et ses mains remontèrent sur ses joues, en appuyant davantage sur ce baiser. Ils sentirent leur corps, bouillir de désir. Ce qui était plutôt ironique, compte tenu de l'endroit où ils étaient.

Les mains d'Henry commençaient à remonter sur le tissu du sweat de la NYPD et il finit par complètement le retirer et la jeune femme se retrouva avec un simple top blanc et ne semblait pas sentir le froid sur sa peau, émanant d'endorphines.

Elle fit de même avec son sweat à lui et chaque pensée cohérente, semblait leur échapper. Le lieu et la situation dans laquelle ils étaient, également. Ils ne pensaient qu'à ce qu'ils avaient voulu faire depuis près d'un an et demi maintenant.

Sentant son corps trembler à moitié et non pas par la température de la pièce, elle appuya une main sur la table d'examen, tandis que l'autre tentait d'avoir un support pour continuer d'apprécier ce baiser qui ne voulait plus en finir.

Son corps était à moitié allongé sur la table et Henry était presque au-dessus d'elle, explorant ses lèvres, son cou, voulant profiter de chaque petite parcelle de sa peau.

Les mains de Jo finirent par remonter tout le long du dos d'Henry, avant de descendre vers le bas du tee-shirt, comme pour le lui retirer.


Author's note: je n'ai pas eu d'avis concernant ce que j'avais demandé au chapitre précédent donc c'est ma propre décision. Les chapitres prévus d'être en 4 morceaux seront réduit à 3 et je verrais à ce moment si ça ne saute pas tout court, dépendant du nombre de chapitres ici... S'ils sautent, il y a énormément de choses que moi même je vais devoir changer... S'il ne sautent pas, vous en aurez que trois... Sinon une moitié, donc un et demi (que je peaufinerais de sorte à fusionner la dernière partie avec la première pour n'en faire qu'une longue enquête, entre changer autre chose dedans). Pour l'instant je vais finir d'écrire initialement ce que j'avais prévu en fusionnant le chapitre 3 et 4 de l'arc, ensemble. Si jamais cet arc se retrouve à ne faire que la moitié en postant ici, éventuellement pour ceux que ça intéresse, je pourrais partager les trois autres morceaux soit par e-mail ou en faire un fichier dropbox et le déposer en ligne et ceux qui seraient intéressés pourront les télécharger pour voir ce qui aurait été fait. Je suis obligée de garder un morceau de cet arc car important pour le reste de l'histoire mais une autre partie n'est pas plus importante qu'une autre enquête, j'ai décidé de faire ça parce que j'étais en panne d'inspiration mais finalement ça ne change rien pour ici et qu'en plus depuis quelque temps, j'écris un peu dans le vide; donc je pourrais le supprimer. Bref, désolée de cette longue parenthèse mais vous êtes prévenus de ce qui risque de vous attendre dans un futur proche.