- Sérieusement ? Les gars, maintenant ?
Jo et Henry sursautèrent, avant de voir Hanson et Lucas qui revenaient de leur douche, les cheveux encore mouillés et portant les pyjamas qui leur avaient été donnés.
Ils venaient d'arriver et ils s'étaient plantés devant le show que Jo et Henry leur offraient. Lucas était enjoué, mais Hanson plutôt écœuré.
Les deux jeunes gens se relâchèrent et se rhabillèrent très rapidement, à tel point que Jo enfila le sweat à l'envers et ils firent face à leurs collègues avant le visage rouge, et un désir presque impossible à cacher, de la part d'Henry, qu'il fut obligé de se cacher derrière Jo, le temps que la température redescende.
Lucas le taquina
- Ne vous inquiétez pas doc, on est des hommes aussi. On sait ce qui se passe quand on se trémousse avec une nana.
Henry se serait bien passé de n'importe quel commentaire. Hanson les regarda de la tête aux pieds, en se demandant ce qu'ils faisaient là.
- Vous pouvez pas vous contrôler ? Je vous ai déjà dit qu'il n'y a aucune possibilité pour une chambre d'hôtel, on va tout de suite faire redescendre le taux d'hormones dans le plafond. Moi j'ai pas mon temps à perdre à regarder des pornos.
Il souffla et partit s'installer loin de la table où la petite session de préliminaires venait d'avoir lieu, n'étant pas très sûr d'avoir encore l'appétit pour le coup.
Lucas gloussa
- Moi je dis que vous avez bien raison d'en profiter. C'était le moment idéal.
Jo répondit d'une petite voix
- Vous avez fait vite.
- En fait non, mais j'imagine que pris par votre passion, aucun de vous deux n'a vu l'heure passée.
Il leur fit un clin d'œil et partit rejoindre Hanson qui n'arrêtait pas de grogner, tout en lisant des textos de Karen.
Le couple se regarda, encore sous le coup du désir. Jo se mordit l'intérieur de la joue.
- Euh, tu sais, je pense que je vais aller me doucher à mon tour, ça me fera sans doute du bien.
Henry hocha la tête comme un automate
- Je.. Je te suis…
Elle le regarda d'un air sous-entendu
- Je veux dire, je vais également prendre une douche. Je pense que ça nous fera du bien à tous les deux.
- À qui le dis-tu ? Et ça évitera à Mike de nous tuer pour de bon.
Ils s'éloignèrent très rapidement. Hanson les avait regardés quitter la morgue et soupira. Lucas était hilare.
- J'espère qu'ils ne sont pas partis ruiner la douche, sinon je vais demander une dérogation pour sortir de là – bougonna le détective – j'ignorais qu'être coincé avec un tout jeune couple pouvait nous donner lieu à voir ce genre de spectacle.
Il avait du mal à se rappeler ses premiers jours avec Karen, mais sans doute qu'ils avaient agi de même.
Lucas lui tapota l'épaule
- Je pense qu'il y a un peu un tout de leur côté. Vous savez qu'ils ont tous les deux, perdu des êtres chers et il y avait cette tension tout le long de l'année passée, j'imagine que par moment, ils ne peuvent juste plus attendre et ont besoin d'aller au-delà.
Hanson le savait bien et était d'ailleurs très heureux pour eux.
- Je sais ! Autant, il a fallu les freiner avant que ça n'aille trop loin, autant j'ai vu dans leur passion, quelque chose que je ne vois plus souvent dans les relations de nos jours. Enfin, Karen et moi, nous sommes toujours très amoureux, mais ce qu'il y a entre Jo et Henry, c'est vraiment beau à voir et je pense qu'ils iront loin tous les deux.
Lucas ne put qu'approuver. Il avait été un des premiers à les encourager à se mettre ensemble et n'avait fait qu'espérer tout ceci pendant un an. Maintenant que c'était enfin chose faite, il avait vraiment hâte de voir de quelle manière ils allaient gérer cette nouvelle histoire de cœur.
Après leur douche, Jo et Henry revinrent dans le bureau d'Henry, où Lucas et Hanson disputaient une partie de cartes, assis sur leur sac de couchage. Henry ne voulait pas savoir où ils avaient trouvé le jeu, mais sans doute qu'ils avaient demandé à des gars de la sécurité de venir leur apporter.
Pour sa part, il préférait largement les échecs et n'était vraiment pas friand de tout ce qui pouvait être cartes ou autre jeu de société dont il n'avait pas l'habitude. Enfin, tout ce qui ne faisait pas travailler sa logique n'était vraiment pas sa tasse de thé.
Jo n'arrêtait pas de remonter le pantalon de pyjama, peu importe le nombre de tours qu'elle avait faits avec le lacet. Elle était vraiment mince à côté d'Henry… Mais les vêtements d'homme étaient faits pour être amples. Elle se plaisait cependant à porter quelque chose qui appartenait à son petit ami. Il y avait son odeur et une petite touche d'antiquité qui faisaient tout le charme d'Henry.
Le couple s'installa à son tour sur les sacs de couchage, en regardant Hanson et Lucas qui se chamaillaient encore parce qu'apparemment Lucas était en train de tricher.
Henry s'installa derrière Jo et caressa son dos d'un air absent. Cette dernière souffla.
- Mike et Lucas sont vraiment comme deux enfants et toi et moi, on est là à les superviser, comme des parents.
Henry sourit et embrassa délicatement le cou de la jeune femme. Elle se laissa aller contre son torse, en se mordillant les lèvres.
- Il faut dire qu'on joue ce rôle avec Lucas, depuis un an.
Jo ne pouvait plus compter le nombre de fois qu'ils avaient confronté Lucas pour le réprimander sur une bêtise qu'il allait faire ou qu'il s'apprêtait à faire… Et il était vrai qu'ils avaient agi tous deux comme de parfaits parents. Par moment, elle était la maman sévère et Henry le papa cool qui acceptait tout et d'autres fois, c'était le contraire.
Elle se mit à rêvasser… Peut-être que oui... Elle devrait laisser cette peur de voir sa carrière être ruinée par l'arrivée d'un petit être. Avec Henry dans les parages, elle irait au-dessus de ça… Mais bien sûr, ils avaient besoin d'un peu plus dans cette relation avant de commencer à le considérer.
Henry remonta légèrement la chemise de Jo, juste assez pour laisser apparaître le tatouage qu'elle avait dans le bas du dos. Il l'effleura délicatement, provoquant des décharges électriques sur tout le corps de la jeune femme.
Sachant qu'Hanson et Lucas étaient bien trop occupés avec leur partie, Henry lui murmura dans le creux de l'oreille
- Tu ne m'as pas encore raconté comment tu t'es retrouvé à faire ce tatouage ?
Elle attrapa ses mains pour les enlacer avec les siennes, tout en restant dans ses bras.
- Comme je te le disais, quand j'ai eu 18 ans, j'ai eu un moment de folie et j'ai décidé de me faire un tatouage… Mais j'aurais pu le faire retirer si j'avais vraiment regretté, mais ce n'est pas le cas.
Henry ne pouvait s'empêcher de regarder ce signe de l'infini avec une grande attention. C'était assez ironique que ce soit elle qui porte ce genre de tatouage quand on savait qu'il était celui dont la vie n'aurait jamais de fin.
- Je ne sais pas pourquoi, je ne pourrais pas l'expliquer, mais j'ai toujours été fascinée par le signe de l'infini – expliqua Jo – quand j'étais petite, je le dessinais partout sur mes cahiers. J'ai eu différents bijoux vis-à-vis de ce signe.
Henry était bien curieux de savoir s'il y avait une raison derrière tout ça
- Est-ce qu'il signifie quelque chose en particulier pour toi ?
Jo resta un long moment sans rien dire. Henry se pencha légèrement pour voir s'il ne l'avait pas froissée avec sa question, mais il se rendit compte qu'elle ne faisait que réfléchir, certainement à comment répondre de manière à former une pensée cohérente.
- Pas spécialement. Enfin, je ne sais pas, une partie de moi s'est toujours imaginé que peut être un jour, on se retrouverait tous dans un endroit meilleur et qu'on pourrait vivre une vie éternelle – elle pouffa, tellement elle se sentait ridicule.
Henry se sentit particulièrement mal à l'aise… Comment pouvait-il lui faire comprendre que la vie éternelle n'avait forcément rien d'un paradis ou de meilleur lorsqu'on voyait tous les gens qu'on aimait disparaître l'un après l'autre.
- Donc, pour ça, j'ai voulu me faire un petit tatouage vis-à-vis de ce signe. C'est ridicule de penser que je vais vivre éternellement, je sais que ça ne sera pas le cas, mais avoir ce signe dans le dos m'apaise et me donne de l'espoir qu'un jour la vie que j'aurais laissé ici, je la continuerais ailleurs.
Henry ravala sa salive. Il oubliait que tout le monde pouvait tenir ce genre d'argument un jour. Il oubliait que personne n'était forcément comme lui ou alors très peu de personnes dans le monde avaient ce don/malédiction, s'ils ne tournaient pas complètement psychopathes au fil du temps. Ses doigts agrippèrent un peu plus la chaire de Jo… Il craignait ce qu'il adviendrait de lui une fois que toutes les personnes qu'il côtoyait présentement seraient un jour parties. Il détestait penser à tout ceci.
Il soupira et enlaça Jo fortement contre lui. La jeune femme avait bien senti le changement dans son corps au moment où ses doigts avaient agrippé sa chaire nue, sous la chemise.
Elle tourna la tête et le regarda avec ce petit air de cocker qui le faisait tant craquer depuis un an.
Ils se sourirent et la jeune femme passa sa main sur le menton d'Henry, avant d'embrasser furtivement ses lèvres et de se blottir complètement contre lui.
Henry posa son menton sur la tête de la jeune femme et se laissa envahir par toutes sortes de pensées, en regardant leurs deux collègues finir leur partie de cartes.
Après une nuit plutôt courte et assez difficile à cause de l'espace restreint, tout le monde était de nouveau au taquet le lendemain. Au moins, chacun avait pu se reposer.
Ils n'avaient pas eu d'autres nouvelles de l'institut, ce qui signifiait bien qu'ils n'avaient pas fini de dégager le corps de tout danger.
Ils étaient obligés de remettre d'autres vêtements de la NYPD et avaient pris soin de bien mettre les autres dans un panier à linge qui serait rapidement vidé pour être lavé par la suite.
Reece était descendue pour les aviser qu'elle irait rendre visite à Ivy et surtout qu'elle repasserait au poste 14 pour discuter avec le lieutenant Carey, par rapport à cette histoire que les œuvres étaient au musée, ce qui apparemment n'était pas le cas.
Les quatre amis, tenteraient de continuer de chercher plus amples informations en regardant les lettres, les dossiers de Max, Lionel ou autre qui pourraient éventuellement les amener sur une piste, mais ils ne misaient pas trop dessus. Sachant qu'ils étaient dans l'incapacité d'aller sur le terrain, ils savaient que ce qu'ils diraient ne pourrait pas forcément faire avancer l'enquête. Et Henry avait grandement besoin d'être en face des suspects pour se faire une idée et établir de meilleures théories.
Le lieutenant Reece était donc tout d'abord retourné au 14 avant de passer au café où Ivy travaillait, pour discuter avec Patrick.
Elle frappa doucement à la porte du bureau et comme la dernière fois, le lieutenant Carey lui fit un large sourire.
- Dis donc, je vais finir par prendre l'habitude de te voir souvent dans le coin, Joanna.
Il se leva pour l'accueillir et elle répondit à son sourire
- Disons que j'ai besoin de quelques-unes de tes lumières pour le coup. Notre affaire n'est pas terminée et mon équipe est toujours en quarantaine alors j'ai un peu le double du travail à faire.
Il l'invita à s'asseoir pour qu'ils puissent discuter
- Je t'en prie ! Prends place.
Elle s'exécuta et ne passa pas par quatre chemins.
- Écoute Patrick, hier quand je suis passée te voir, tu m'as assuré que les œuvres d'art que ce cher monsieur Goodman avait dérobé se trouvaient au Metropolitain ?
Carey hocha la tête vivement
- Oui ! Du moins, c'est ce que mon équipe avait rapporté à l'époque. Pourquoi cela ?
Reece se mordilla la lèvre. Elle souffla. Il n'était pas question qu'elle pose des questions toute seule.
- Attends une seconde s'il te plaît !
Elle sortit son téléphone et appela Jo en Facetime. La jeune femme sauta sur son téléphone quand elle vit l'interlocuteur.
- Lieutenant ! On a du nouveau ?
Reece sourit. Tout le monde ne voulait qu'un dénouement même si cela ne faisait que 24h que l'affaire avait été lancée.
- Non, pas encore, mais j'en ai assez de faire cavalier seul donc je vous mets en Facetime avec le lieutenant Carey.
Elle tourna la caméra dans le sens du lieutenant qui fit un sourire embarrassé en voyant la détective.
- Bonjour détective Martinez !
- Contente de vous voir lieutenant Carey ! Mais qu'est-ce qui se passe exactement ?
Carey n'était pas sûr de suivre donc Reece expliqua
- Je veux que vous expliquiez à Patrick les théories que vous avez établies en ce qui concerne le vol des œuvres d'art.
Jo fit signe à Henry qui se tournait littéralement les pouces. Il rejoignit sa petite amie, envahissant tout son espace personnel et la jeune femme décida tout simplement de s'asseoir sur ses genoux, tandis que Lucas et Hanson se tenaient derrière le couple, non sans se lancer des regards.
Carey jeta un œil à Reece. Elle murmura du bout des lèvres.
- Quoi ?
Il fit un signe et Reece retourna le téléphone pour voir Jo et Henry en train de discuter avec leurs deux collègues, pour savoir ce qu'il fallait raconter et que la position de la jeune femme ne pouvait pas tromper.
Elle fit rapidement comprendre à son collègue qu'ils étaient ensemble.
- Oh ! Je vois !
Jo reprit la conversation
- Lieutenant Carey, c'est le docteur Morgan qui va vous expliquer ce qu'il pense.
- Très bien ! Je vous écoute, docteur !
Jo se décala légèrement sur les genoux d'Henry, sachant qu'elle prenait toute la place et empêchait son petit ami de voir la caméra.
Il avait un bras autour de sa taille, cela étant.
- Bonjour lieutenant ! En fait, nous avions pensé que pendant l'arrestation de monsieur Goodman, possiblement quelqu'un aurait pu se faire passer pour un de vos agents ? Ou quelqu'un était de mèche avec la personne responsable d'avoir dérobé les œuvres d'art.
Carey n'était pas sûr de comprendre
- Attendez, de quoi est-ce que vous parlez ?
Reece pouffa
- Tu comprends pourquoi je ne pouvais pas tout te dire, de moi-même ? J'aurais rapidement perdu mon souffle.
Carey fronça des sourcils, un peu perdu par la situation. Ce fut Jo qui prit la relève.
- Lieutenant ! Le meilleur ami de l'homme qui est mort est venu nous raconter qu'en réalité les œuvres que tout le monde croyait qu'il avait volées, lui appartenait. Il avait l'intention de les revendre pour pouvoir se payer un voyage à Paris, pour lui et sa petite amie.
Henry continua. Lucas et Hanson se sentaient grandement à part, n'arrivant pas à croire avec quelle facilité, ils enchaînaient les phrases de l'autre ainsi.
- Cependant, il nous a confirmé qu'aucune de ces œuvres ne s'était retrouvée dans un musée, ni où que ce soit d'autre. Quelqu'un les a dérobées et a piégé Lionel et maintenant cette personne est probablement hors de New York.
- Mais étant donné qu'il s'agit de votre équipe qui a arrêté Lionel, on a pensé que qui que ce soit ayant mis la main sur lui, était soit un policier avide d'argent, soit quelqu'un qui se faisait passer pour un agent.
Carey resta de marbre, Henry lui demanda alors
- Vous n'avez pas quelqu'un qui a résigné depuis l'arrestation de Goodman ?
Il se frotta le menton, tout en gardant ses yeux sur Reece qui l'encourageait à dire ce qu'il savait.
- Eh bien, le détective Dunn faisait à ce moment parti de l'élite…
Henry perçut le changement dans le corps de Jo en entendant le nom de l'homme qui avait presque failli la tuer si ce n'était pas pour sa réaction à la sauver à cet instant.
Il lui caressa doucement les flancs pour la rassurer et lui faire comprendre qu'il ne laisserait personne d'autre l'attraper de la sorte.
- Ça ne pouvait pas être le seul – murmura Jo, qui se disait que cela ferait encore une belle coïncidence s'ils se devaient d'aller l'interroger en prison et elle n'en avait vraiment pas envie.
Henry lui frotta doucement la paume de la main
- Patrick ! N'hésite pas à nous confier ce que tu sais. Personne ne va te juger. Visiblement, toi aussi tu t'es fait avoir en croyant que les œuvres avaient été retournées au musée - avisa Reece
Il demanda alors
- Mais comment vous pouvez être certains que ce n'est pas le cas ?
Ce fut cette fois Hanson qui répondit
- J'ai appelé ce matin le Métropolitain et je leur ai fait répéter plusieurs fois qu'effectivement aucune œuvre d'art originale n'avait été déposée par la NYPD dans la dernière année. J'ai dû demander une copie de toutes les pièces avec les œuvres pour en être certain et ce gars-là – il pointa son doigt sur Henry – a confirmé que rien ne se trouvait dedans, donc de ce côté-ci, l'alibi du meilleur ami du gars est vérifié.
Carey n'aimait pas trop parler de ses agents, mais il savait que cela valait peut-être la vie d'un citoyen ou de quelqu'un de proche de la victime en tout cas.
- Eh bien, j'ai quelqu'un effectivement qui s'est retiré pas très longtemps après l'arrestation du détective Dunn.
Tout le monde se regarda et Reece l'observa de la tête aux pieds, lui faisant comprendre qu'il avait plutôt intérêt à coopérer.
- Qui était-ce ?
- Daren Robertson. Il était détective ici pendant quelques années.
Les quatre amis se regardèrent, tandis qu'Hanson griffonnait le nom de la personne, sur son calepin. Reece venait de faire de même.
- Donc c'était bel et bien quelqu'un de ton équipe ?
Carey acquiesça
- Mais je t'assure, Joanna, que je n'étais pas au courant de tout ça. Lorsqu'ils m'ont dit que tout était au Métropolitain, j'ai appelé et on m'a confirmé que oui.
Reece leva les yeux au ciel, au même titre que Jo. Évidemment, Robertson avait à ce moment un complice travaillant au musée et prêt à confirmer toute preuve que les œuvres avaient bel et bien été réceptionnées sur place.
Carey avait vu le regard de Reece et celui de Jo et il grimaça
- Je me suis fait avoir, n'est-ce pas ?
Chacun hocha lentement la tête.
- Désolée pour ça Patrick – compatit Reece –, mais tu n'as pas idée de qui est la personne qui t'a confirmé tout ça ?
Carey secoua la tête.
- Je n'ai pas pensé à demander. J'arrive pas à croire que je me suis fait avoir comme un débutant. C'est du n'importe quoi.
Jo coupa
- Ne vous inquiétez pas lieutenant, ça peut arriver au meilleur d'entre nous. Maintenant, nous de notre côté on s'occupera d'essayer de retrouver qui est cette personne qui travaillait au musée et qui a disparu du jour au lendemain. S'ils ne veulent pas, quelqu'un passera avec un mandat pour les obliger à parler.
Reece aimait beaucoup le plan. Elle avait hâte qu'ils puissent sortir de la quarantaine qu'ils courent eux-mêmes au musée pour déposer le mandat et interroger chaque employé si cela était nécessaire. Elle espérait maintenant que le musée n'était complice avec personne.
Elle se leva et dit
- Je vais devoir tenter de remettre la main sur ce Robertson s'il est toujours dans le pays.
- On va faire des recherches de ce côté-là aussi lieutenant – affirma Jo – nous n'avons que ça à faire donc ne vous fatiguez pas. On vous appelle si jamais il y a du nouveau et qu'on arrive à retrouver sa trace.
Bien que si jamais il eut pris la fuite hors pays, chacun se doutait qu'il avait sans doute créé de faux papiers d'identité. Mais personne ne pouvait se cacher éternellement, peu importe où ils allaient ou qui ils prétendaient être. Les empreintes digitales ne pouvaient pas être changées dans tous les cas.
Reece sourit. Quarantaine ou pas, elle avait toujours une équipe super efficace pour faire du bon travail, peu importe la situation dans laquelle ils étaient.
- Je vous rappelle plus tard tout le monde. Je m'en vais visiter Ivy.
Jo hocha la tête et coupa la conversation, et chacun se hâta déjà de commencer les recherches sur Robertson. Hanson et Lucas s'occupèrent du musée, chacun prenant un service différent, voire si quelqu'un était assez coopératif. Dans tous les cas, ils reviendraient lorsqu'ils le pourraient.
Henry resta aux côtés de Jo, en regardant les recherches qu'elle faisait sur le détective, voir sa dernière adresse, s'il avait une famille proche et quand toutes les coordonnées apparurent, les numéros de téléphone ou autre, ce fut Henry qui nota le tout et commença donc les appels. Rien ne disait que quelqu'un allait leur parler, surtout s'ils protégeaient ce gars, mais ils ne perdaient rien à essayer et c'était toujours mieux que d'attendre des nouvelles.
Reece rangea son téléphone dans sa poche et regarda le lieutenant Carey qui semblait complètement dépassé par la situation.
Elle s'esclaffa
- Il se passe des trucs fous dans notre métier, n'est-ce pas ?
- À qui le dis-tu ! J'ai réussi à me faire avoir par deux personnes. Même trois en comptant Dunn. Ce que je peux être idiot !
Reece tenta de compatir
- Ne te sens pas coupable de ça. Tu ne choisis pas ce qui passe par l'esprit des gens.
Il acquiesça et fit un large sourire
- En tout cas, tu as l'air d'avoir une équipe dévouée ! Ils n'ont même pas attendu la fin de la conversation pour commencer leurs recherches. J'espère que tout ce travail finira par aboutir.
Reece hocha lentement la tête
- Franchement, je n'en doute pas une seule seconde. Ils font du très bon travail et comme ils ne peuvent pas être sur le terrain pour le moment, ils trouveront forcément un moyen d'arriver au bout de tout ceci.
En tout cas, elle espérait qu'un suspect réel finirait par sortir du lot parmi tout ça.
Elle sera rapidement la main de Carey et promit de le tenir au courant du dénouement de l'affaire.
Elle reprit donc la route direction l'Upper East Side où elle allait pouvoir interroger Ivy. Maintenant qu'elle y pensait, elle n'était pas sûre que la jeune femme travaillait encore. D'après son dossier, c'était le cas, mais si elle était enceinte et sur le point d'accoucher, rien ne disait qu'elle était encore au café. Sauf si elle avait déjà accouché.
Enfin, elle se disait que de toute façon, elle ne perdait rien à y aller.
Une fois sur place, elle eut un petit sourire. Le café était tout cosy et était naturellement la place idéale pour les étudiants qui avaient besoin de calme pour venir étudier et faire leurs travaux universitaires.
En rentrant, elle essaya de repérer une femme afro-américaine. Derrière le comptoir, il n'y avait personne de la sorte. Dans le café non plus, à part les quelques personnes présentes, avec un ordinateur portable, ouvert devant leurs yeux, ou dégustant un bon petit déjeuner.
Elle s'avança donc naturellement vers le barista qui était en place.
- Bonjour ! Qu'est-ce que je peux vous servir aujourd'hui ?
Elle montra son badge
- Lieutenant Reece, NYPD. En fait, je cherche une jeune fille. Elle s'appelle Ivy et d'après mes dossiers, elle travaille normalement ici. Cependant, je sais qu'elle est enceinte donc peut être qu'elle est en congés maternité ?
Le barista le confirma
- Effectivement ! Elle va bientôt accoucher, je pense que dans quelques semaines son bébé sera là. Mais vous pouvez tout de même lui parler.
Reece savait qu'elle s'était un peu déplacée pour rien, mais au moins ça valait la peine de se renseigner.
- Est-ce que vous auriez une adresse ou quelque chose pour que je puisse lui pose mes questions ?
Il sourit et leva les yeux vers l'étage.
- Vous n'aurez pas à chercher bien loin. Ivy est propriétaire de ce café. Elle vit dans l'appartement en haut.
Ce fut une surprise à laquelle Reece ne s'y attendait pas, mais au moins cela l'arrangeait.
Elle remercia le barista et emprunta l'étage. Elle se retrouva devant une porte en bois et frappa doucement. Une voix à l'intérieur lui cria qu'elle arrivait. Reece se pinça les lèvres. Si la jeune femme était posée, se lever devait lui demander beaucoup d'efforts. Elle aurait peut-être dû demander si la porte était ouverte qu'elle puisse rentrer, mais rien ne disait que la jeune femme l'y aurait autorisé, si elle n'avait pas la preuve qu'elle faisait partie de la police.
Quand la porte s'ouvrit, Reece réalisa qu'Henry ne s'était pas trompé sur le type de personne qu'Ivy était. De plus, son ventre était vraiment énorme et arrondi, qu'elle se demandait si elle n'allait pas accoucher directement après cette visite. Elle espérait que non.
Elle montra son badge
- Ivy Ellignton ?
La jeune femme hocha la tête, en se frottant le ventre
- Oui c'est bien moi ! Je peux vous aider en quelque chose ?
- Je suis le lieutenant Reece de la NYPD. J'aurais quelques questions à vous poser sur Lionel Goodman.
En entendant son nom, Ivy sentit des larmes dans les yeux et une boule dans la gorge. Elle acquiesça.
- Entrez !
Reece s'installa face à la jeune femme qui se laissa presque tomber comme une masse. Son ventre pesait et on ne pouvait pas s'y tromper.
- Je sais que ce n'est peut-être pas le bon moment de vous parler de Lionel, mais… Mais j'ai besoin de votre témoignage pour nous éclairer dans notre enquête.
Ivy frotta doucement son ventre
- J'imagine que vous n'avez pas encore trouvé qui est derrière tout ça ?
Reece secoua la tête
- Mais nous avons plusieurs suspects en vue. Nous y travaillons.
La jeune femme resta de marbre. Elle tenta de contrôler son flot d'émotions.
- Vous savez… Ce n'était pas quelqu'un de mauvais. Je ne sais pas pourquoi il refusait que je l'aide. Je voulais qu'il vienne vivre avec moi, mais il m'a dit que pour l'instant ce n'était pas une bonne idée si la police le surveillait alors il restait à coucher dans la rue. Je sais que ma famille n'a jamais approuvé notre union, mais de là à ce que je le laisse dehors... Je savais que ça allait mal finir un jour.
Reece ne savait pas trop de quelle manière aborder le sujet. Elle commença donc par les lettres.
- Vous vous écriviez des lettres sur du parchemin très ancien. Pourquoi ?
Ivy haussa des épaules
- Lui et moi on avait une passion commune pour l'histoire ancienne. Et quand cette papeterie a mis ce parchemin en vente pour un temps limité, on a trouvé l'idée géniale pour garder contact. On ne pouvait pas trop se voir même si on essayait. Il m'avait promis de…
Reece acheva pour elle
- De vous amener à Paris.
Ivy haussa la tête.
- Je lui ai dit qu'il n'avait pas à se soucier de ça. Mais il m'a dit qu'il aurait l'argent nécessaire et qu'on partirait pour ne plus revenir. Il fallait juste être patient et faire ça dans les temps. Quand je lui ai annoncé que j'étais enceinte, c'est là qu'il a dit qu'on quitterait à la fin de l'année, avant la naissance du bébé.
Reece dut demander
- Et vu sa situation, vous saviez comment il comptait s'y prendre ?
Ivy la regarda longuement, ne sachant pas trop si elle devait se confier ou pas. Reece joua le bon flic, tel que Jo savait le faire et tel qu'elle le faisait à l'époque où elle n'était qu'une détective également.
- Ivy ! Vous n'avez rien fait de mal. Il est probable que vous soyez autant une victime que ce pauvre Lionel. Nous sommes au courant qu'il a été piégé au moment où il a été arrêté. Mon équipe se charge d'obtenir le plus d'informations possible sur ça.
Ivy fronça des sourcils
- Je me doutais bien que ce qu'on lui reprochait n'était pas vrai. Mais effectivement, il me parlait du fait qu'il allait vendre ses œuvres d'art pour récupérer l'argent et nous faciliter la tâche. Je sais que ce qu'il faisait était extra. Il avait vraiment du talent, mais ce genre de talent suscite la jalousie de certains et quelqu'un ne voulait pas le voir réussir visiblement.
Reece la regarda. Elle était fragile, mais restait une femme forte. C'était souvent le cas des femmes noires, sans vouloir se vanter bien évidemment.
- Est-ce que par hasard vous savez qui aurait pu le piéger ainsi ?
Ivy haussa des épaules
- Je ne sais pas ! Il ne me parlait pas vraiment de ses connaissances ou ses ennemis. Il aimait bien se débrouiller tout seul.
Reece ne voulait vraiment pas poser ce genre de questions, mais elle savait qu'elle n'avait pas le choix. Il fallait qu'elle le sache.
- Ivy ! Vous m'avez dit que votre famille n'a jamais approuvé votre relation avec Lionel. Est-ce qu'il serait possible que…
Ivy la coupa, se redressant un peu trop brutalement pour une femme enceinte
- Vous pensez que l'un d'eux aurait pu être derrière le meurtre de Lionel ?
Reece ne fit qu'un signe de tête évident. Ivy trouva ça assez ridicule, mais comprit parfaitement pourquoi on le lui demandait.
- Non ! Bien sûr que non. Je sais que mes relations avec eux sont quand même conflictuelles, mais jamais ils n'auraient fait ça. Vous êtes une femme noire aussi et vous devez savoir que nous avons des valeurs.
Reece approuva. Elle avait également grandi dans ce genre de famille alors elle pouvait très bien comprendre la position d'Ivy.
- Et avec les choses du passé, une bonne partie de ma famille avait été au service des races blanches. Alors ils se sont toujours promis de ne jamais être comme eux. C'est ainsi. Ils n'arrivent pas à évoluer et refusent mon union et mon enfant à venir, dans notre famille puisqu'elle aura des gênes blanches, mais jamais ils ne tueraient une personne de race blanche, et encore moins de la même race que nous.
Reece se doutait bien que malgré les conflits, ils n'auraient pas osé. Et il aurait été bien trop facile de les relier au meurtre. Enfin, pour l'instant, ils avaient d'autres suspects qu'il fallait retrouver.
Ivy grimaça en tenant son ventre. Elle soupira.
- Je dois accoucher dans quelques semaines et j'aurais tellement aimé que Lionel connaisse sa petite.
Reece regarda autour d'eux et lui demanda alors
- Le barista m'a dit que vous étiez propriétaire de cet endroit ?
Elle hocha la tête
- Oui ! En réalité, c'est un café dans lequel je venais quand j'étais petite avec mes parents. Ils étaient amis avec les propriétaires. Ils étaient si proches qu'ils ont cédé ceci à mes parents à leur mort. Ils m'ont en fait cadeau quand j'ai eu 18 ans… Par moment je sais qu'ils regrettent, car s'ils savaient avec qui je finirais – elle resta un moment silencieuse et Reece se sentit grandement désolée pour elle. Ivy releva les yeux et les cligna rapidement – enfin, j'ai mis tout mon cœur dans ce café, en le redécorant et j'ai fait retaper la pièce de l'étage pour en faire mon appartement. Bref, ça devait être temporaire et je comptais mettre tout ça en location ou en vente, une fois que je serais partie, mais bon maintenant, je n'ai plus trop le choix.
Perdre le père de son enfant à l'aube de la naissance n'était vraiment pas la meilleure nouvelle qu'une future maman puisse avoir. Reece pouvait voir beaucoup de détresse dans ses yeux. Il fallait qu'ils remettent la main sur cette collection. Ivy méritait son bonheur et si elle voulait refaire sa vie en France, rien ne l'en empêchait. Elle n'aurait plus de comptes à rendre à qui que ce soit.
Elle espérait que ses collègues auraient plus de chance dans leurs recherches. Avant de partir, elle demanda donc à Ivy. Peut-être qu'elle en saurait plus.
- Je reviens du poste 14, qui est responsable de l'arrestation de Lionel. Le lieutenant en charge m'a affirmé que quelqu'un avait résigné peu de temps après l'arrestation et apparemment avait un complice dans l'un des musées. Il s'appelle Daren Robertson.
À voir le visage d'Ivy, Reece comprit tout de suite que le nom lui était familier.
- Vous le connaissez !
Bien sûr, il ne s'agissait pas d'une question. Ivy commença à s'agiter.
- Je ne peux pas dire que je le connais personnellement. Mais Lionel me parlait de lui de temps à autre. Il lui rendait visite dans sa maison et apparemment ils étaient de bons amis. J'imagine que ça prend tout un autre sens maintenant.
Reece n'oublia pas de noter tout ceci.
- Il est un de nos suspects. Mon équipe qui est en quarantaine en ce moment est en train de faire toutes les recherches qui pourraient nous renvoyer à lui. En tout cas, s'il n'est pas le meurtrier d'une façon ou d'une autre, il doit être responsable pour le vol de la collection.
Ivy acquiesça. Elle n'était pas très sûre du bien que tout ceci apporterait à son deuil, mais tant que tous les coupables étaient mis sous les verrous, c'était tout ce qui lui importait.
Reece se rappela alors du poison qui avait été retrouvé dans le corps de la victime.
- Et en parlant de quarantaine. Si mon équipe est coincée dedans en ce moment, c'est parce que le poison, enfin plutôt le champignon de la fièvre du désert a été retrouvé dans le corps de Lionel. Vous ne savez pas de quelle manière cela aurait pu être possible par hasard ?
Ivy haussa des épaules
- Je n'en ai absolument aucune idée, lieutenant. J'imagine que ce n'est pas quelque chose de répandu à New York, avec un tel nom.
Reece ne pouvait que lui donner raison. Elle n'avait pas pensé à demander des détails vis-à-vis du champignon tellement elle avait été préoccupée par l'idée de mettre son équipe en sûreté au moment de la quarantaine. Mais il faudrait qu'elle s'attarde dessus.
Henry devait probablement en savoir un rayon, comme souvent.
- Bien ! Ivy, merci de m'avoir raconté tout ceci. On fera de notre mieux pour retrouver qui est derrière le meurtre de Lionel et croyez-moi que justice vous sera rendue, à vous et votre petite fille. Le crime ne reste jamais impuni et je dispose de la meilleure équipe de détective et un légiste avec un sixième sens, donc vous êtes entre de bonnes mains.
Ivy se sentit émotive et serra fortement la main de Reece qui se retint de grimacer. La poigne des femmes enceintes était tout ce qu'il y avait de puissant.
En retournant au 11, elle partit directement à la morgue où une certaine agitation y régnait.
Elle se posa devant les barrières et interpella Lucas qui était celui qui avait le moins de choses à faire.
- Qu'est-ce qui se passe ? Est-ce que la trace de Daren et son complice du musée auraient été trouvés ?
Lucas secoua la tête négativement
- Pas vraiment ! Mais ils ont réussi à appeler à droite et à gauche, notamment du côté de Daren. Beaucoup ont confirmé ne plus l'avoir vu depuis qu'il avait quitté la NYPD. Jo a cherché dans la base de données des avions, les a appelés, mais personne n'a eu qui que ce soit enregistré sous ce nom.
Reece ne fut pas plus surprise que ça
- Je suppose qu'il a pris une autre identité. Ce qui est parfaitement compréhensible s'il est parti avec 200 000 dollars d'un coup, d'un seul.
- Maintenant, c'est de savoir qui aurait pu lui donner autant de cash et garder cette collection quelque part ?
Reece n'avait pas plus de réponses que Lucas. Hanson, Henry et Jo rejoignirent le jeune homme, avec l'impression de revenir de guerre.
- Vous avez pu rendre visite à Ivy ? – demanda Jo
- Oui ! Et elle a déjà entendu parler de Robertson. Il aurait été l'ami de Lionel avant de le poignarder dans le dos. Cependant, on ne peut pas s'assurer qu'il soit celui qui l'ait tué.
Henry n'en était pas non plus convaincu
- À mon avis, celui-là, tout ce qu'il cherchait à faire était de prendre la fuite pour vivre une vie tranquille n'importe où dans le monde.
Hanson ajouta
- On a lancé une recherche d'empreintes biométriques.
Reece se demandait depuis combien de temps elle était partie
- Attendez une seconde ! Comment à vous quatre, vous avez pu obtenir ça ?
Chacun pointa Lucas qui se sentit gonflé de fierté et il dut expliquer ce qui s'était passé, en voyant le regard du lieutenant sur lui.
- En fait, j'ai simplement suggéré l'idée. Je connais quelqu'un qui travaille aux empreintes. Je lui ai demandé si c'était possible d'associer le nom de telle personne avec des empreintes qu'il aurait laissées par le passé. Il a cherché et a directement trouvé. Donc je lui ai expliqué la situation et la recherche est en cours. Il m'a dit que ça pourrait être long, parce qu'il y a beaucoup de facteurs à analyser, mais on devrait recevoir un match et peu importe où monsieur Robertson a pris la fuite, nous le retrouverons.
Reece était vraiment impressionnée. Son équipe ne faisait clairement pas la moitié des choses lorsqu'ils étaient coincés.
- Est-ce qu'Ivy vous a parlé de sa famille ? Personne n'aurait pu jouer un rôle ? – demanda Henry.
- Non ! Clairement pas ! Elle me l'a confirmé et je la crois. Il est vrai qu'avec les anciens conflits, les noirs n'ont aucun intérêt à tuer les blancs, ils ne veulent pas s'abaisser à ce niveau.
Ils n'étaient pas encore tout à fait sortis d'affaire, mais au moins ils avançaient et ils avaient un peu plus de pistes que la veille. Avec un peu de chance, ils pourraient peut-être boucler le tout avant que l'affaire ne soit terminée. Ils n'auraient sans doute pas besoin d'attendre le retour du corps. Reece en profita alors pour poser la question à Henry.
- Au fait ! Vous nous avez dit que le champignon était la fièvre du désert. Ivy a pointé quelque chose de très intéressant… Le fait qu'à New York, un tel nom ne devait pas courir les rues. Donc, à votre avis, de quelle façon il aurait pu se retrouver avec ça dans le corps ?
Henry n'avait pas de réponse concrète à donner. Il avait besoin du corps pour s'en assurer.
- Honnêtement, c'est certainement quelque chose qu'il a mangé... Quelqu'un a dû mettre le champignon dedans, le broyer et voilà. Une personne qui visiblement a travaillé dans les agricultures ou quelque chose de semblable, et certainement pas sur la côte Est, pour se retrouver en possession d'un tel champignon. Mais je ne pourrais que le confirmer, une fois qu'on l'aura récupéré.
Jo demanda
- Dans quelle région est-ce qu'on peut trouver ça ?
- En Californie dans les trois quarts des cas. Mais pour l'instant, sauf erreur de ma part, nous n'avons personne qui se rapproche d'un Californien parmi nos suspects.
Hanson suggéra
- Remarque ça peut-être un leurre. Il est facile de changer son accent et de prendre celui New Yorkais.
Henry en savait quelque chose, il s'était amusé et forcé à le faire à plusieurs reprises pour éviter de se faire avoir, notamment si une vieille connaissance du passé le reconnaissait, comme cela s'était déjà produit. Mais il détestait l'accent américain. Il manquait cruellement de punch et de son mélodieux dans leurs paroles et la façon de prononcer certains mots. Bien sûr, il n'en faisait pas les concessions et cela dépendait des personnes, mais certaines avaient vraiment un accent qu'il trouvait tout particulièrement épouvantable pour ses oreilles de Britannique.
- Enfin bon – reprit Reece – pour l'instant, nous devons retrouver ce détective et ce gars au musée. Une chance de ce côté ou pas ?
- J'ai appelé le musée pour demander des renseignements. Aucun ne veut parler au téléphone, même en essayant tous les services – soupira Hanson – il va falloir leur mettre un mandat sous le nez pour les forcer.
Reece se mordit les lèvres. Elle n'avait vraiment pas envie de refaire un aller-retour.
Mais il fallait bien travailler.
- De toute façon, j'imagine qu'on n'a pas d'autres choix. Je vais aller demander le mandat et j'irais faire un tour au musée, pour interroger le maximum de personnes. On verra bien ce qu'il en est. Je vais devoir faire ça en fin de matinée, j'ai malheureusement quelques rapports à remplir avant. On n'est pas à ça près pour le moment.
Elle voulut rebrousser chemin, mais avant Jo et Henry la retinrent
- Lieutenant ! – dirent-ils d'une seule et même voix - elle ne faisait même plus un cas avec leur façon de toujours parler en même temps
- Qu'est ce qu'il y a encore ?
- Est-ce qu'Ivy est/était bien enceinte ? – demanda Henry
- Et est-ce qu'elle a accouché si tel est le cas ? – ajouta Jo
Reece se disait qu'ils devaient tout de même se faire pas mal de soucis pour la jeune femme.
- Oui, elle est enceinte et elle accouche bientôt. Elle est assez mélancolique et j'ai l'intention de restituer ce qui lui revient de plein droit, donc j'espère sincèrement qu'on pourra remettre la main sur la collection, l'argent et tout le reste.
Chacun acquiesça et regarda le lieutenant les quitter, pour le moment. Ils se regardèrent et songèrent à ce qu'ils devaient faire pour faire passer le temps.
Ce fut Lucas qui coupa court à chaque réflexion
- On fait une partie de cartes ?
Ils se regardèrent et acceptèrent. De toute façon, ils savaient qu'ils n'avaient rien de mieux à faire, en attendant que Reece revienne de sa visite au musée plus tard dans la journée et que les résultats des empreintes leur reviennent, mais ça, ça ne serait sans doute pas avant plusieurs heures ou un ou deux jours tout au plus.
Author's note: Je sais qu'on est encore loin mais après cette histoire, je ne sais pas si je continuerais d'en écrire d'autres. Moi, j'avais prévu d'autres suites à celle-ci, un peu sur la continuation de l'idée de la série mais je doute fortement que je m'y mettrais parce que les feedbacks se font de plus en plus rares.
Alors, ok, j'écris pour mon plaisir et je sais que la série n'a pas de seconde saison et que ça fait chier de continuer à lire sur un truc annulé mais justement c'est le but. Je sais aussi que mes histoires sont longues donc j'apprendrais à l'avenir à m'en tenir à juste 10 chapitres sur Word, l'équivalent d'une saison complète sur Netflix et je vais modérer mes pages par chapitre, après tout 40 pages correspondent à 40 minutes d'épisode. Et je sais qu'on a tous une vie, moi la première, mon écriture passe en second plan malheureusement. Alors quand je poste et que je vois qu'un seul feedback, c'est assez décourageant. C'est peut être juste de la fanfiction mais je me considère comme auteur et c'est de ça dont on a besoin pour avancer, surtout que croyez-moi qu'écrire des enquêtes policières c'est un véritable challenge, vous n'imaginez pas les recherches que je fais et je ne suis en aucun cas Agatha Christie, parce que je reste encore assez vague dans mes détails. Et je sais que j'ai eu énormément de feedback entre temps, que le nombre de lectures est assez impressionnante mais bon, quand ça fait 10 chapitres que c'est les mêmes qui commentent alors que soit disant tout le monde avait hâte de voir le dénouement... Donc désormais, vous allez avoir de très longs chapitres, juste dans le but de réduire tout ça pour arriver plus rapidement à la fin. Désolée !
Soit j'écrirais pour moi comme ça je n'attendrais rien.. Soit j'écrirais la suite de celle-ci en anglais mais même là, les feedbacks sont non existants. Quoiqu'il en soit, je continue de poster des one-shots mais ils sont tous en anglais. Je verrais bien quand la dernière phrase de celle-ci sera écrite.
