Vraiment désolée de la grosse longueur mais vous avez été prévenu et je n'avais pas envie de perdre encore deux chapitres pour poster la fin de cette enquête.
Deux jours plus tard
L'OCME avait reçu un appel comme quoi toute menace était écartée et que le corps serait de retour chez eux dans la même journée, mais qu'avant de lever la quarantaine, une équipe de la sécurité sanitaire s'assurerait que la morgue était bien libre de tout danger et qu'aucune particule n'avait eu le temps de s'infiltrer depuis qu'ils avaient embarqué le corps.
Henry savait que les symptômes se déclaraient très vite alors à son sens, tout semblait en règle dans sa morgue, mais bien sûr, il valait mieux être prudent.
Prise dans sa tonne de paperasse et se retrouvant seule sur le terrain, Reece n'était finalement pas partie au musée pour interroger le personnel. De plus, pour une raison quelconque, le mandat n'avait pas pu être délivré dans les 24h donc il se trouvait qu'il fallait aller le récupérer le jour même où le corps serait de retour à la morgue.
Alors tel ne fut pas le soulagement quand le corps revint intact, sans plus aucun danger moindre et que la sécurité sanitaire confirma que tout était clean.
Les trois jours de cohabitation prenaient donc fin entre Hanson, Lucas, Jo et Henry. Personne ne s'était entretué et vu les jacassements incessants de Lucas, Henry trouvait que c'était une bonne chose. Bien sûr, Hanson n'avait pas cessé de grogner dès que lui et Jo se touchaient un peu trop, mais rien n'avait débordé et ils avaient quand même réussi à bien s'entendre pendant ces trois jours.
Ils auraient presque pris l'habitude de dormir dans le bureau d'Henry, quitte à être serrés comme dans une boîte de sardines. Cela n'avait jamais dérangé Jo et Henry.
À la minute où la quarantaine fut levée, Hanson se précipita vers l'ascenseur
- Bon ! Les gars ! Ce fut un plaisir, mais j'ai besoin d'air là. Je vais boire un café au Starbucks en bas. Quelqu'un veut venir avec moi ?
Il était quasi certain que ni Jo ni Henry ne le suivraient. Ils ne firent qu'un signe de tête négatif. Lucas retira rapidement sa blouse et fila à la vitesse à travers la morgue, sous le regard éberlué des deux autres.
- Désolé ! J'adore travailler ici, mais moi aussi j'ai besoin d'un peu d'air de temps en temps. On revient dans une heure.
Jo et Henry ne pouvaient pas les blâmer, il y avait de quoi devenir claustrophobe.
Henry enfila rapidement sa blouse et ses gants et se jeta presque immédiatement sur le corps.
Jo éclata de rire
- Non, mais alors toi. Il ne faut vraiment pas te tenir loin de tes cadavres pendant trop longtemps, tu vas finir par perdre la tête.
Henry la regarda d'un air sarcastique
- Je ne pense pas qu'on va apprendre plus que ce que j'ai déjà vu. Cependant, je serais bien curieux de savoir si le fait qu'il ait été exposé à la fièvre du désert a un rapport avec un probable voyage qu'il aurait pu faire sur la côte ouest.
Jo le regarda d'un air perplexe
- Mais Henry, le monsieur était à la rue. Son seul but était d'emmener sa copine à Paris – elle tenta de garder un air impassible, en se mordillant les lèvres – je ne sais pas où il aurait trouvé le temps d'aller en Californie ? Surtout que d'après ce que j'ai compris, les symptômes ne vont pas prendre des mois ou des années avant d'apparaître, je me trompe ?
Henry sourit et secoua la tête
- Je sais ! Mais ce n'est pas pour lui. Peut-être que quelqu'un qu'il convoitait y est parti.
Jo ne le suivait pas
- Je ne comprends pas !
Henry essaya de raisonner le plus clairement possible
- Ce que je veux dire, c'est comme je le disais au lieutenant, c'est sans doute dans quelque chose qu'il a bu ou mangé.
Jo n'était toujours pas convaincue
- Je sais, mais ça n'aide pas. Je veux dire, il aurait fallu qu'il soit sur place… - elle fronça des sourcils, semblant réaliser – à moins qu'un de ses « amis » lui ait rapporté un petit souvenir et aurait dilué le champignon dedans ?
Henry hocha la tête
- C'est ce qui m'ait passé par l'esprit. Je sais que c'est bête, mais certaines personnes savent ce qu'elles font.
Jo haussa des épaules
- Après tout, il s'agit d'un champignon, donc j'imagine que ça peut se cueillir et en faire ce qu'on veut.
Henry continua son raisonnement
- C'est tout à fait ça. Mais comme on l'aura compris, ça ne se trouve que dans le désert. Il aurait fallu quelqu'un qui soit parti faire un petit road trip dans le coin pour trouver tout ceci.
Jo perdit son regard dans le vide. Henry se rappelait de cette mimique le jour où il se demandait de quelle manière Dwight Deziak avait fait pour jouer le jeu devant Emily Sontag. Elle avait exactement la même expression à cet instant et il sut que quelque chose venait de la frapper.
- Tu sais quoi, maintenant qu'on est libéré de notre quarantaine, je me disais que je vais aller faire quelques recherches pour savoir si ce Max qui nous avait apparu suspect n'aurait pas fait un tour en Californie récemment. Dans le cas, je me pencherais du côté d'Ivy même si ça me paraît improbable.
Henry ne trouvait pas étrange du tout
- Au contraire, on sait qu'il faut tout considérer dans nos enquêtes. Ça peut être un crime passionnel, par le fait que ni l'un ni l'autre ne pouvaient vraiment être ensemble et elle aurait pu craquer et voilà.
Jo y avait pensé, mais d'après ce que Reece leur avait dit, Ivy était loin d'avoir le profil d'une tueuse, mais ils savaient parfaitement à quel point les apparences pouvaient être trompeuses.
Il fallait procéder par étape. D'abord, il y avait le mandat à aller récupérer. Reece leur laissait le loisir de le faire vu qu'ils n'avaient du tout eu l'occasion d'être sur le terrain depuis trois jours.
Ce mandat devrait servir à interroger le personnel du Métropolitan et au pire, si jamais personne ne voulait parler, cela leur donnait également l'autorisation de fouiller les archives et les dossiers des employés donc ils sauraient rapidement qui a fait quoi et qui a travaillé où et pendant combien de temps.
- Bon ! Je remonte faire mes recherches. Si tu pouvais me rejoindre rapidement, je te tiendrais au courant de ce que je trouve et on ira ensemble à la cour et au musée pour faire nos petites interrogations.
Henry acquiesça. Jo lui donna un rapide bécot sur les lèvres et il se mit à ce qu'il avait manqué de faire pendant ces derniers jours : une autopsie.
Il remonta plutôt rapidement, Jo était en train de faire des recherches sur son ordinateur. Hanson lui avait ramené un café entre temps, elle le sirotait en regardant la base de données et se disait que la technologie gagnerait à avoir un bon coup de pied aux fesses parfois. Ça ne devait pas être sorcier de savoir si oui ou non un citoyen avait pris l'avion, mais apparemment si. Elle leva les yeux au ciel, il semblait qu'elle était parfois aussi retardée qu'Henry sur ce côté-là et pourtant elle avait vécu la transition.
- Tu es déjà de retour ? – demanda-t-elle quand il s'installa à côté d'elle
Il fit un petit sourire qui manqua de la faire s'étrangler avec le café
- Tu me connais, je ne prends jamais mon temps.
Elle haussa un sourcil taquin, se mordillant l'intérieur de la joue. Henry se sentit attiré par ses lèvres, sentant l'effusion qui émanait de leur corps. Il se reprit avant que ça ne parte en cacahuète, juste devant le bureau du lieutenant. Il avait vraiment hâte d'avoir un vrai moment avec elle cependant.
- Bon – Jo se racla la gorge – j'imagine que si tu es là, tu as trouvé quelque chose dans le corps ?
Henry acquiesça
- Il a effectivement bu quelque chose qui m'est inconnu et je n'ai pas réussi à extraire pour savoir ce que c'était réellement, à part que de base ça semble déjà bousiller les boyaux donc bon, je me dis que le pauvre n'a vraiment pas eu de chance.
Jo le regarda d'un air sarcastique en prenant une gorgée de son café, industriel, ce qui n'était pas du tout au goût d'Henry et elle le savait. Il lui fit cependant un regard amusé.
- Je pense que le champignon a été mélangé à une boisson énergisante. Je ne vois que ça, considérant les composantes que j'ai trouvées.
Jo acquiesça
- Bien ! Donc il faudrait savoir avec qui il aurait traîné le soir où il est mort ?
- Ça serait une piste, évidemment. Mais de ton côté, c'est concluant ou pas ?
Elle poussa un long soupir en pointant son doigt sur l'écran qui continuait de rechercher
- Comme tu peux le voir, ce n'est pas une très grande réussite, mais bon, ça ne peut pas être parfait. J'imagine que si on trouve quelqu'un qui a fait un tour en Californie, on pourra le relier avec cette histoire de boisson énergisante et remonter au meurtrier.
- C'était aussi mon idée.
Un signal indiqua que les recherches étaient terminées. Jo arrêta de baver sur Henry et regarda ce qu'on lui proposait, mais personne dans ce qu'elle avait rentré n'avait fait de voyage suffisamment récent en Californie, pour être responsable.
Elle échangea un regard de détresse avec son petit ami, qui lui tapota doucement la cuisse.
- Alors, ne nous reste plus qu'à aller parler aux employés du musée.
- Espérons qu'on ait plus de chance. Mais est-ce que le fait que cette personne qui travaillait au musée, pour cacher la collection, peut également être celle qui a tué Lionel ?
Henry n'avait pas spécialement de réponse concrète à donner
- On ne peut rien écarter, naturellement. Mais si ce n'est pas lui, ils ont travaillé en duo, il n'y a pas d'autres solutions.
- Tu as raison ! Alors, allons-y, avant la tombée de la nuit et qu'on soit encore bloqué un jour supplémentaire.
Jo n'avait respecté aucune limite de vitesse et avait encore abusé de son pouvoir de flic, mais c'était l'une des rares fois depuis un an. Cette fois-ci, Henry n'en tenu pas rigueur, il savait qu'ils étaient pressés, ils avaient perdu assez de temps comme ça. Il faisait confiance à sa belle partenaire, elle était une excellente conductrice, elle savait ce qu'elle faisait.
Ils passèrent en coup de vent pour récupérer le mandat, devant le pauvre juge qui n'eut même pas le temps de les saluer, surtout depuis la prise d'otage. Il n'avait jamais eu l'occasion de complètement les remercier. Il était encore un peu convalescent, mais il avait refusé de prendre davantage de repos, jugeant que la justice n'attendait vraiment pas.
Pendant un moment, Jo aurait pensé qu'il démissionnerait de ses fonctions, mais il ne s'était pas laissé impressionné, même s'il avait failli y rester. C'était tant mieux. Il ne fallait pas laisser la peur nous envahir et se montrer plus fort qu'elle. Elle était bien placée pour le savoir.
Ils refirent la route jusqu'au Métropolitain et à peine ils posèrent les pieds que Jo leur mit le mandat sous le nez.
- Nous devons interroger tous les employés qui travaillent ici depuis au moins les cinq dernières années. Et si personne ne veut répondre à nos questions, ce mandat nous donne l'autorisation de faire ce qu'on veut.
Henry adorait lorsque Jo jouait les flics intimidants. Il se perdait à se demander si elle était aussi ardue lorsqu'elle était au l… Il secoua la tête. Il fallait vraiment arrêter d'avoir des pensées impures.
On les laissa passer et ils passèrent de bureau en bureau pour tenter d'en savoir plus sur cette collection qui ne s'était jamais retrouvée dans le musée, mais dont quelqu'un avait fait croire qu'elle y était. Bizarrement, personne n'avait l'air au courant ou bien ils jouaient très bien le jeu.
Après deux heures à tourner, à interroger et tenté d'en savoir plus, personne ne voulait répondre sur qui était responsable de déposer la collection au musée.
- Ça m'agace. Soit ils ne savent vraiment rien, soit ils se protègent tous autant qu'ils sont – avoua Jo, alors qu'ils descendaient au sous-sol où la prétendue collection avait été censée être.
Henry n'en pensait pas moindre, mais il était également possible que personne ne soit au courant, surtout si la personne qui avait travaillé là n'avait été que de passage.
En arrivant devant la porte, cette fois-ci les talents de Jo pour crocheter les serrures ne serviraient pas, étant donné qu'elle était scellée par un code digital.
- Bon. J'imagine que je ne peux pas te demander ce que tu penses de ça ?
Elle pointa le digicode, Henry grimaça
- J'aurais aimé avoir ce talent. Ils nous laissent fouiller, mais il ne faut pas trop leur en demander.
Jo regarda l'étage
- Et surtout qu'on a été pas mal directs, ils ne voudront jamais nous le donner. Ils doivent s'amuser avec les caméras à nous regarder nous casser la tête, mais tant pis, nous, on a un meurtre à élucider.
Henry se rapprocha du clavier et le regarda longuement. Jo tentait de trouver une solution qui serait moins drastique que de tirer dans la porte, qui n'était pas sûr de ne pas être blindée de qui plus est.
Elle jeta un œil à son petit ami et lui demanda doucement
- Qu'est-ce que tu fais ? Quelque chose t'interpelle ?
- Je me disais qu'en regardant attentivement, je pourrais apercevoir les marques de doigts pour me dire quel a été le dernier code tapé.
Jo se sentit toute chose devant tant d'initiative. Elle eut chaud d'un coup. Elle ne se gêna pas pour dire le fond de sa pensée.
- Henry Morgan, si on n'était pas dans les bas-fonds d'un musée avec des tonnes de caméras braquées sur nous, je t'assure que ce soir tu ne serais pas rentré chez toi.
Henry fit un petit sourire.
- Ravi de l'apprendre. Maintenant est-ce que tu peux m'éclairer, que je vois si j'arrive à en tirer quelque chose ?
- Volontiers.
Elle s'exécuta et comme toujours leur travail de groupe s'en trouva très efficace. Henry était parvenu après deux tentatives à rentrer le bon code. Jo était toujours impressionnée par le personnage, tellement qu'il continuait de lui provoquer des sueurs dans des endroits dont elle n'était pas sûre d'avoir connaissance.
En rentrant dans la salle, ils virent bien que cette dernière était vide, comme ce qui était prévu vu que la collection n'avait jamais été remise au musée. Jo songea que finalement peut être que chacun ignorait de quoi il s'agissait puisqu'ils n'en avaient jamais vu la couleur.
Henry avait insisté cependant pour tout de même visiter la pièce scellée.
- J'avoue que je suis un peu perdue sur le pourquoi tu voulais visiter cette pièce. On savait d'ores et déjà qu'on ne trouverait pas la collection ici.
Henry approuva
- Certes ! Mais je voulais me mettre à la place de la personne qui a travaillé ici, qui s'est certainement tenue là où on se tient, à visualiser la beauté des arts dans une pièce presque aussi grande que celle-ci.
Henry commença à marcher tout le long de la pièce. Jo fit de même, en essayant de raisonner de la même façon que lui. Elle y parvenait assez bien depuis un an et parfois voyait des choses avant lui, ce qui faisait d'eux l'équipe qu'ils étaient.
Il s'arrêta en plein milieu et Jo lui rentra dedans.
- Ouch ! Henry, il faut que t'arrêtes de faire ça.
Il se retourna pour lui faire face et lui fit une bise sur le front
- Désolé ! Un petit bisou guérit tout pour éviter le bleu.
Elle lui lança un regard quelque peu moqueur
- Bon, pourquoi tu t'arrêtes ? Qu'est-ce qui se passe ?
Il se baissa et attrapa un morceau de papier, vraiment invisible à l'œil nu, très fin et avec une texture particulière. C'était un papier déchiré, bien évidemment.
Mais il semblait qu'il était passé inaperçu vis-à-vis des services d'entretien.
Il le tendit à Jo, qui regarda son petit ami en se demandant si trois jours dans la morgue lui avait refroidi le cerveau.
- Henry ! Pourquoi tu me montres un morceau de papier ?
- Je sais que ça n'aurait pas d'importance si le papier en question n'avait pas cette texture.
Il enroula sa main sur celle de Jo et lui fit glisser ses doigts tout le long de la texture du petit bout de papier.
Elle essaya de ne pas prendre en compte l'érotisme de la situation et se concentra plutôt sur ce qu'Henry avait trouvé.
- C'est vrai que ce n'est pas une texture traditionnelle.
- C'est le cas de le dire. Ça ne te rappelle pas quelque chose ?
Jo essaya de faire le tri dans le peu d'informations qu'ils avaient depuis quelques jours. Quand Henry sentit son corps se braquer contre lui (parce qu'il s'était tenu derrière elle, pour faciliter ce petit moment que Jo avait pris pour de l'érotisme), il comprit qu'elle semblait avoir deviné.
- Dis donc, ça ne serait pas un papier de parchemin par le plus grand des hasards ?
Elle se retourna pour voir l'expression triomphale sur le visage de son petit ami.
- C'est exactement ça. Je dirais même qu'elle provient de la même papeterie que nous avons vu en début d'affaire et dans laquelle Lionel semble avoir acheté le papier.
Jo resta quelques minutes à penser avant de proposer
- Mais alors ? Tu penses que le propriétaire travaillait au musée ?
- Lui non ! Il a un fils, assez jeune.
Jo tomba des nues
- Il aurait pu être le complice ? Ou le meurtrier ?
- Je ne sais pas. Je n'écarte pas la possibilité qu'il soit les deux. Mais comme nous avons ce détective sous la main, qui est derrière la disparition mystérieuse de la collection, je suppose qu'ils ont très bien travaillé ensemble.
Jo regarda le mandat qu'elle avait en main
- Tu sais quoi. Ils n'ont pas besoin de savoir que le mandat n'était que pour le musée. On va aller faire un tour dans cette papeterie et la retourner sans dessus, dessous s'il faut.
Avant qu'elle ne s'excite, Henry l'arrêta
- Attends ! Il y a aussi cette histoire de champignon. Comme Robertson est introuvable, si ce jeune homme est derrière tout ça… Il est peut-être celui qui lui a offert la boisson avec le champignon.
Jo lui donna raison
- Je passe un coup de fil à Reece pour connaître son nom et je t'assure que la recherche, je vais la faire sur mon cellulaire.
Ils sortirent de la pièce et se posèrent sur un banc, devant le musée. Il faisait froid, mais ce n'était pas si pire, ils pouvaient le supporter pour quelques minutes.
Jo avait obtenu le nom du propriétaire de la papeterie en appelant Reece. Mais cette dernière ignorait le nom du fils. En bonne détective qu'elle était, Jo appela la papeterie et se fit passer pour un ancien coup de cœur du jeune homme, mais ne se rappelant plus de son prénom et cherchant à rentrer en contact avec lui. Elle obtenu rapidement ce qu'elle voulait. Henry se disait que sa voix sensuelle avait dû y être pour beaucoup.
- Bruce Martin ! Très bien, voyons si ce petit monsieur s'est pris des vacances en Californie récemment.
Elle se colla un peu plus à Henry pour profiter davantage de la chaleur de son corps. Il n'hésita pas à la blottir contre lui en enroulant ses bras autour de son corps frêle, tandis qu'elle pianotait sur son téléphone avec ses gants tactiles. Henry posa sa joue contre son cuir chevelu, recouvert par son petit bonnet qui la rendait toute mignonne. Elle était si sérieuse et plus le temps passait, plus il se sentait l'aimer de plus en plus fort. Il savait que ce n'était vraiment pas le moment de penser à tout ça, pas au beau milieu d'une enquête, mais il ne pouvait juste pas s'en empêcher.
Jo commença à s'agiter
- Hey ! J'ai trouvé. Effectivement, ce jeune homme a pris des vacances au soleil le mois dernier. Il est revenu récemment.
Elle haussa un sourcil, en regardant le visage amusé de son petit ami
- Je te parie combien que d'une façon ou d'une autre sa route a croisé celle de Lionel ?
Henry acquiesça
- Ça me paraît bien trop gros pour ne pas être évident. Maintenant à savoir, comment ils se connaissaient ?
Jo suggéra
- Peut-être que ce n'était pas le cas, mais que Bruce a simplement fait semblant d'être gentil avec lui, en lui offrant la boisson, tandis que quelqu'un d'autre lui tirait une balle dans la tête ?
Henry se frotta sa petite barbe
- Je ne sais pas ! Ils ont voulu faire croire à un suicide, mais c'est vrai que dans tous les cas, le champignon l'aurait atteint et s'il ne se prenait pas en charge, il serait mort de toute façon.
Ils n'étaient pas tellement dans une impasse, ils avaient au moins l'un des deux gars, mais il fallait s'en assurer. Il fallait retourner directement à la papeterie et fouiller de fond en comble et faire cracher le morceau à Bruce, pour savoir qui aurait pu être le responsable. Bien que chacun se disait que cet ancien détective devait avoir une grosse part dedans. Mais comment le retrouver ?
Jo et Henry se regardèrent, semblant avoir une lumière
- Il faut parler à Ivy.
Ils rigolèrent quand ils se rendirent compte avec quelle synchronisation, ils pensaient à la même chose.
- Je pense qu'elle est la seule qui peut nous répondre concernant ce Robertson– avoua Henry
- C'est exactement ce à quoi j'ai songé. Je me disais qu'elle pourrait tenter de le contacter pour organiser une rencontre ou raconter quelque chose qui le forcerait à revenir, peu importe, où il se cache dans le monde et nous on l'attendrait de pied ferme à l'aéroport… Mais il faut être certain que ce soit lui le coupable.
- Alors qu'est ce que tu veux faire ? On parle à Ivy avant ou on met la main sur Bruce et on fouille la papeterie ?
Jo mima deux avec ses doigts
- Deuxième option ! Ça me semble plus logique. J'espère qu'on arrivera à le faire parler.
- Je n'en doute pas !
Avant d'aller visiter la papeterie, Henry avait quand même demandé à Jo de bifurquer par la boutique, car il avait besoin de voir Abe et le rassurer sur le fait que ce soir-là, il serait bien de retour dans son lit bien douillet et chaud.
Jo accepta avec bon cœur, elle avait aussi hâte de revoir le vieil homme.
Ils franchirent la boutique, tout en surveillant l'heure, mais ils avaient encore de la marge avant d'aller à la papeterie.
Abe eut un large sourire en les voyant arriver.
- Eh ben si ce n'est pas une surprise.
Il s'avança vers le couple et les serra chacun tour à tour dans ses bras.
- Bon, vous êtes un peu pâles, mais j'imagine que c'est ce qui arrive quand on reste trois jours de suite dans une morgue.
Henry lui lança un regard sarcastique. Jo fut amusée du commentaire.
- Alors, du nouveau ?
- Henry voulait juste passer pour te saluer et te rassurer. C'est adorable de sa part.
Elle lui fit un clin d'œil et s'excusa pour utiliser les toilettes quelques minutes avant de repartir.
Abe la regarda disparaître à l'étage et regarda son père qui avait bien du mal à garder ses yeux pour lui.
- Avec cette cohabitation de trois jours, je suis surpris que toi et la petite, vous ne vous êtes pas sautés dessus.
Henry le toisa
- Enfin quand même ! On n'était pas tous seuls. Et ce n'était ni l'endroit ni le moment.
Abe le regarda d'un air indifférent, montrant bien qu'il ne croyait pas un mot de ce qu'il disait.
- En tout cas, je suis bien content que nous soyons sortis de là, mais l'affaire n'est pas encore terminée.
Abe hocha lentement la tête
- Et une idée du ou des suspects ?
- C'est fort probable. On repart de suite pour la papeterie. On pense avoir trouvé un certain dénouement donc nous avons déjà perdu trois jours dans l'affaire, Reece a fait toutes les interrogations ou presque et nous l'avons aidé au mieux que nous avons pu, je pense que nous approchons quand même de notre suspect.
Abe fut ravi d'entendre ça
- Bon alors tu vas pouvoir me rejoindre ce soir
Henry fronça des sourcils
- Te rejoindre pour quoi ?
- Fawn nous invite à dîner avec toi et Jo. Elle adore Jo, je pense qu'elle la considère un peu comme sa petite fille et je ne peux pas la blâmer. C'est une perle que tu as là et j'espère que tu ne vas pas trop tarder pour lui dire tu sais quoi parce que ça commence à traîner là.
Henry leva les yeux au ciel
- Je sais, merci. Mais je lui dirais. Comme tu auras sans doute remarqué, il est presque impossible pour nous de se retrouver seuls sans être interrompus de quelque manière qui soit.
Abe devait lui donner raison et sachant qu'il avait souvent été la cause de ces interruptions, il ne pouvait les blâmer de vouloir un peu la paix.
La jeune femme revint toujours avec un sourire éclatant qui faisait même fondre Abe. Il avait hâte de les voir mariés, ça ne pouvait plus durer.
- Jo ! Je disais à Henry que Fawn nous invitait pour dîner ce soir, si jamais vous réussissez à terminer votre affaire.
Jo pouffa
- Je te rassure Abe. Même si on doit encore s'étendre dessus quelques jours, ça ne nous empêchera pas de dîner.
Elle repensa au fait qu'ils avaient besoin de se rattraper et qu'elle devait l'emmener dans un restaurant particulier, mais ça ne serait pas pour ce soir, une nouvelle fois. Elle appréciait cependant l'invitation de Fawn.
Elle rejoignit Henry pour se coller contre lui.
- Ça serait avec plaisir Abe en tous les cas. On ne devrait pas restés coincés au poste pour des interrogations ou quoi.
Henry approuva
- Mais si jamais il y a un changement…
Abe le coupa en faisant de grands gestes
- Oui oui, tu me tiendras au courant.
Un client arriva derrière eux et les salua d'un signe de tête en commençant à faire le tour dans la boutique. Jo et Henry surent qu'il ne fallait pas trop qu'ils s'attardent.
- Alors on te laisse Abe et on se retrouve sans doute ce soir – affirma Jo
Abe leur fit un long sourire et le couple quitta, direction la papeterie.
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Ils avaient de la chance, tout comme la première fois, il y avait très peu de monde dans la boutique. Il était évident que presque personne ne perdait trop son temps dans ce genre d'établissement désormais.
Cela attrista un peu Henry lorsqu'ils poussèrent la porte
- Je trouve ça dommage de voir qu'il y a très peu de monde dans la boutique. Pendant longtemps, c'était l'endroit phase pour courtiser et faire de belles rencontres.
Jo haussa un sourcil. Il sentit son regard sur lui et vira rouge en l'espace d'un instant.
- Dis-le-moi si tu as envie de rencontrer une mamie, je vais vous laisser.
Henry rigola et la serra rapidement contre lui
- Je ne voulais pas t'offenser, mais je faisais qu'une simple observation.
Jo regarda l'étendue de la boutique. Il y avait une bonne odeur de parfum d'ambiance. Contrairement à ce qu'Henry pensait, elle aimait bien passer du temps dans ces endroits.
Elle ravala sa salive et murmura du bout des lèvres
- Moi j'aime bien venir ici. Ça me rappelle lorsque je m'isolais dans mon école privée où je n'ai fait que trois mois. Aller à la bibliothèque ou traîner à la librairie du quartier était mon passe-temps favori.
Elle perdit son regard dans le vide. Henry la regarda longuement. Jo avait autant de souffrance que lui, en elle. Il n'y avait pas eu que l'histoire avec son père, la perte de Sean, elle portait un bagage beaucoup plus lourd qui venait sans nul doute de son expérience dans son école. À la manière dont elle l'avait raconté l'an passé, Henry avait bien compris que c'était certainement l'une des pires qu'elle avait vécues et qu'elle avait été loin d'être heureuse.
Il glissa sa main dans la sienne et la secoua rapidement. Elle releva les yeux vers lui et lui sourit.
- Tu sais… Comme je te l'avais dit, ce n'était pas très joyeux d'avoir été dans une école privée. Ma mère leur aura tellement fait mordre la poussière par la suite.
Elle ouvrit la bouche, Henry savait qu'elle allait en dire plus, mais le propriétaire de la boutique avança vers eux
- Bonjour ! Est-ce que je peux vous aider ?
Jo demanda
- Monsieur Martin ?
Il acquiesça, elle montra son badge et le mandat, sans préciser la nature de celui-ci.
- NYPD. Je pense que vous avez déjà reçu la visite de mon lieutenant. Elle était passée pour vous poser des questions sur un type de parchemin.
- Oui je me souviens très bien – il observa le mandat –, mais est-ce que c'est un mandat ?
Jo hocha la tête. Le propriétaire fronça des sourcils.
- Mais pour quelle raison vous auriez besoin de visiter ma boutique ?
- Ce n'est pas pour vous monsieur Martin. Mais nous venons pour votre fils, Bruce. Est-ce qu'il est là ?
Monsieur Martin regarda longuement le mandat, sans vraiment voir ce qu'il y avait d'écrit dessus.
- Mais est-ce qu'il y a une raison particulière pour ceci ? Parce que la dernière fois que le lieutenant est venu, elle ne m'a rien dit là-dessus.
Henry se permit
- L'enquête n'était pas encore assez avancée à ce moment, on venait de la commencer. Mais nous avons obtenu plus d'éléments et nous avons des raisons de croire que votre fils pourrait être impliqué dans le vol d'une collection qui a conduit au meurtre de notre victime.
Le propriétaire sembla tomber des nues
- Mon fils pourrait être impliqué dans le meurtre de Lionel ? j'avoue que j'ai du mal à le croire.
Jo et Henry s'échangèrent un regard
- C'est tout ce qu'on vous souhaite, mais nous devons lui parler et vous ne pouvez pas vraiment nous en empêcher. De plus, le mandat nous autorise à fouiller l'endroit.
Martin hocha la tête et interpella son fils
- Bruce ! Il faut que tu viennes !
Le jeune homme sortit de l'arrière-boutique et se braqua en voyant le badge de Jo. Il ravala sa salive.
Ça ne prenait pas un génie pour comprendre que le jeune homme semblait savoir pour quelle raison Jo était présente.
Il fourra ses deux mains dans ses poches et se dandina nerveusement d'un pied à l'autre, sous le regard suspect de son père.
- Hum, ouais, c'est pour quoi ?
- NYPD ! Bruce, nous avons des questions à vous poser.
Bruce s'avança vers le comptoir et posa ses mains dessus
- À propos de quoi ? Je me serais mal garé ou quelque chose ?
Il pouffa, se pensant sans doute drôle, mais se ravisa quand il vit le regard des trois autres et surtout de son père.
- En réalité, nous avons des questions à propos d'un certain Lionel Goodman. Il a travaillé ici pendant un temps. Il a été retrouvé mort il y a trois jours et nous avons découvert que l'une des raisons qui auraient pu pousser à sa mort est notamment une collection qui vaut plus de 200 000 dollars.
Le jeune homme devint rapidement moite. Henry fit un petit sourire en coin.
- Ça fait beaucoup d'argent et c'est tentant – ajouta-t-il
Bruce essaya de paraître décontracté
- Je ne vois pas quel rapport ça a avec moi. Je ne connaissais pas trop Lionel.
Le regard de son père sur lui fit penser le contraire au couple.
- Bruce ! Arrête de dire n'importe quoi ! Lionel était un ami. Fiston, si tu as quelque chose à cacher, je te conseillerais de leur dire la vérité.
Il regarda Jo et Henry qui attendaient. Jo lui expliqua.
- Vous savez qu'on a le droit de fouiller la boutique ? Si on retrouve cette collection, vous êtes mal.
Le jeune homme craqua
- Vous ne la retrouverez pas !
Le couple se fit un regard complice et il était évident qu'à voir le regard du père, ce dernier comptait couper les vives à son fils.
- Alors, pourquoi vous ne nous dites pas ce qui s'est passé ?
Ils se retirèrent dans l'arrière-salle, où le père faisait ses comptes. Ce dernier resta à l'avant de la boutique, mais avait bien fait comprendre à son fils qu'il avait intérêt à être honnête.
- Donc qu'est-ce que vous voulez dire par on ne la retrouvera pas ? – demanda Jo
Bruce regarda le couple tour à tour
- Avant ça, comment vous êtes remontés à moi ?
Jo se retint de lever les yeux au ciel. Ce n'était pas à celui qui était présumé coupable de poser les questions, mais Henry et son côté gentleman n'hésitait jamais à expliquer le pourquoi du comment.
- J'ai un très bon sens de l'observation et nous avons retrouvé un morceau de parchemin qui avait été vendu par votre père il y a quelque temps, dans cette boutique, dans une salle privée du Métropolitan. Notre victime avait un champignon connu sous la fièvre du désert, j'en ai déduit que peu importe qui l'avait approché avec, avait séjourné en Californie, récemment.
Jo continua
- Devinez qui j'ai trouvé qui a fait un petit séjour il y a un mois ?
Bruce resta sans voix, Jo le pointa du doigt
- Oui, c'est vous que j'ai trouvé. Et nous avons également trouvé que vous aviez travaillé au musée un temps et bizarrement vous avez quitté juste après l'arrestation de Lionel et la soi-disant déposition de la collection au Metropolitain…
Henry acheva
- Mais personne n'a jamais entendu parler de ça.
Bruce avait un peu de mal à suivre tellement Jo et Henry enchaînaient les phrases de l'autre.
- Donc, Bruce – reprit Jo – vous voudriez peut-être nous expliquer avant qu'on vous passe les menottes ?
- Surtout que ça n'a pas l'air de faire plaisir à votre père qui va vous passer au laser s'il apprend que vous êtes derrière tout ça.
Bruce secoua la tête
- Je n'ai pas tué Lionel !
Un petit sourire satisfait s'incrusta sur les lèvres du couple. Bruce se fondit sur sa chaise.
- Donc, vous le connaissiez finalement – répondit Jo d'un ton sarcastique
Il resta quelques secondes avant d'ouvrir la bouche et de libérer sa conscience
- Très bien ! Oui je le connaissais. Difficile de ne pas le voir passer à échanger ce parchemin avec cette femme afro-Américaine à l'époque. Il s'entendait bien avec mon père et il était sympa. Mais un jour il a parlé de cette collection et je connaissais quelqu'un qui travaillait dans la police.
Jo notait tout ceci et Henry demanda
- Un certain détective Daren Roberston ?
Bruce acquiesça
- Oui… C'est bien lui. C'était un ami de ma mère et je sais que malgré son statut de détective, il avait quelques soucis financiers. Il m'avait beaucoup aidé, notamment pour mes études alors je lui ai parlé de ça.
Jo et Henry lui firent comprendre de ne pas s'arrêter en si bon chemin
- Alors il a appelé Lionel pour savoir s'il pouvait lui vendre sa collection. Ils se sont rencontrés, mais Lionel ne lui a pas fait confiance et il a refusé… Il m'a demandé de jouer le jeu et m'a payé un billet pour aller en Californie pour que je ramène le champignon et que je le dilue dans une boisson chaude. Ça ne devait que se passer ainsi, mais je pense que le pouvoir et l'argent ont pris le dessus sur sa conscience et il lui a mis une balle dans la tête et m'a menacé de faire de même si je disais quoi que ce soit. Il lui a mis le flingue dans la main pour faire croire au suicide et il s'est barré… Je ne sais pas où.
Il ne devait pas être bien loin considérant le récent des événements. Jo était quelque peu perdue
- Mais que s'est-il passé avec la collection ?
- Je l'avais gardé à l'abri de mon père et quelqu'un est venu l'acheter, quelqu'un avec qui Daren était en contact. C'est lui qui a acheté la collection et Daren a pris l'argent et voilà.
Henry se gratta le crâne
- Mais attendez une seconde ! Vous avez fait tout ça récemment ?
Bruce acquiesça et semblait particulièrement irrité
- Il ne m'a rien laissé alors que je l'ai aidé à faire tout le sale boulot. Il mérite que je le dénonce.
Jo et Henry s'échangèrent un regard
- Est-ce que vous savez où la collection est ? – demanda Jo
- La personne qui l'a acheté vit dans le Queens. Je pense qu'il la garde dans une cave ou un grand coffre-fort.
Il griffonna une adresse
- Je ne sais pas si c'est la bonne, mais c'est dans ces environs-là.
Jo la regarda et releva les yeux vers Henry
- Je crois que la priorité pour l'instant est d'arrêter ce cher Roberston. Le pauvre lieutenant Carey doit en avoir assez d'avoir des détectives à qui il ne peut pas faire confiance.
Henry approuva. Il fallait qu'ils parlent à Ivy. Avec un peu de chance, elle connaissait Daren et peut-être pourrait être trouver une solution. Mais Bruce les devança.
- Si ça peut vous aider, Daren avait un faible pour la copine de Lionel. Il avait tenté de lui faire du rentre-dedans et Lionel n'avait pas du tout apprécié. Je suis presque certain que la collection n'est pas la seule raison pour laquelle il est parvenu à ruiner sa vie, littéralement.
C'était l'indice dont ils avaient besoin. Jo se leva et Henry fit de même. Elle regarda Bruce
- Merci de votre coopération mais malheureusement vous êtes complice de meurtre… Je vais devoir vous emmener. J'apprécie votre aide mais je ne peux pas vous laisser libre. Le juge décidera lui-même mais je glisserais une note en votre faveur.
Bruce laissa ses épaules retomber en masse, mais accepta son sort. Son père le regarda de travers, mais Henry le rassura en lui disant que son fils n'avait été qu'un pantin dans toute cette histoire.
Maintenant, ne restait plus qu'à aller parler à Ivy, organiser un plan et arrêter Roberston, et rendre la collection à la seule personne à qui cela revenait, qui n'était autre que Ivy.
Après avoir remis Bruce à une patrouille du 11 que Jo avait contacté, Henry avec le téléphone de Jo, avait passé un coup de téléphone à Reece pour la prévenir qu'ils se rendaient chez Ivy pour l'interroger et tenter de monter un plan avec elle pour appeler Daren. Reece les avait mis en garde de faire attention, mais cependant elle leur avait demandé de la rappeler dès qu'ils décideraient de quelque chose, histoire qu'elle envoie du renfort si jamais le Roberston était dans le coin. Même si cela semblait tout de même assez gros.
Ils étaient partis au café de l'Upper East side où vivait Ivy. Contrairement à la dernière fois où Reece était venu rendre visite à la jeune femme, le café était un peu plus plein et il y avait une délicieuse odeur qui émanait. Jo huma cette odeur et soupira de bonheur.
- Mon Dieu, ça donne tellement envie. Si on n'était pas en pleine enquête, je me laisserais bien tenter.
Henry regarda les machines à expressos et autres boissons chaudes et fut surpris de voir que les graines de café qui étaient exposées dans les vitrines étaient naturelles, tout comme le reste des boissons et des ingrédients que les serveurs utilisaient. Il sourit. Ivy devait vraiment avoir ce côté-là dans le sang.
Le couple monta l'étage et frappa deux petits coups à la porte de la jeune femme, après s'être assuré auprès du serveur métissé qu'elle était bien chez elle. Il avait plaisanté en disant qu'elle ne pouvait pas aller bien loin ces temps-ci.
Ils durent lui donner raison.
La jeune femme leur ouvrit lentement, en tenant son ventre qui pesait et semblait la faire pencher grandement en avant.
De par sa position, le badge de Jo fut la première chose qu'elle vit et elle releva lentement les yeux vers les nouveaux arrivants.
- Détective ! En quoi puis-je vous être utile aujourd'hui ?
- Ivy ! Je suis le détective Martinez et voici mon partenaire le docteur Morgan. Vous avez reçu la visite de notre lieutenant il y a trois jours, pour vous interroger au sujet de votre petit ami, Lionel.
Ivy hocha lentement la tête. Henry regardait sa bedaine d'un air curieux. Elle était quasiment à terme et il se demandait pourquoi elle n'était pas déjà dans un hôpital. Elle aurait de la misère à descendre les escaliers le jour où elle perdrait les eaux.
- Oui, je me rappelle très bien. Est-ce que vous avez du nouveau dans le développement de l'affaire ?
Jo acquiesça
- Il se pourrait que oui ! Et nous aurons sans doute besoin de votre aide. Est-ce qu'on peut rentrer ?
Ivy se poussa du mieux qu'elle peut pour les laisser passer. Jo et Henry appréciaient le petit côté cosy qu'elle avait donné à l'appartement. Et elle avait déjà pris toutes les dispositions pour assurer le bien-être de son enfant tel qu'il se devait.
Ils s'installèrent dans le canapé et Ivy choisit de rester debout en s'appuyant contre le comptoir de la cuisine.
- Je suis désolée de rester debout, mais je ne suis pas sûre d'être capable de me lever si je vous rejoins.
Jo et Henry échangèrent un sourire
- Ne vous inquiétez pas – assura la détective – on comprend parfaitement que vous êtes à bout alors c'est tout à fait normal.
Elle sourit et leur demanda
- Donc en quoi est-ce que je peux vous aider ? Vous avez trouvé le coupable ?
Le couple s'échangea un regard et Henry expliqua alors la situation
- En fait, nous revenons de la papeterie où Lionel vous a remis le parchemin sur lequel vous vous écriviez vos lettres. Nous avons trouvé que le fils du propriétaire était complice dans le vol des œuvres d'art et responsables d'avoir mis le champignon de la fièvre du désert dans le corps de Lionel.
Ivy ravala sa salive et appuya sa main sur son ventre. Le stress montant devait se répercuter sur le fœtus.
- Et il nous a raconté qui était derrière tout ça – continua Jo – on avait déjà des doutes, mais ils s'en trouvent déjà un peu plus confirmés. Et c'est là que nous avons besoin de votre aide.
Ivy se mordilla l'intérieur de la joue et les écouta attentivement
- Voilà ! Un certain Daren Roberston qui était détective au poste 14 pendant un temps, serait le responsable d'avoir assassiné votre petit ami. Le fils du propriétaire nous a dit qu'il avait un faible pour vous. Pouvez-vous le confirmer ? – demanda Jo
Ivy semblait irritée rien qu'à la mention du nom du personnage. Elle leva les yeux au ciel.
- Oui ! Tout à fait. Il a raison. Daren m'a fait un énorme rentre-dedans, même que je lui ai clairement fait comprendre que je n'étais pas intéressé. J'en ai parlé à Lionel qui était son ami et lui a dit les choses qu'il fallait. Daren a fait croire que c'était moi qui avais flirté avec lui alors pour prouver ma bonne foi, profitant que Lionel n'était pas avec moi, je l'ai laissé me draguer ouvertement en me disant des choses que je me serais bien passé d'entendre et Lionel n'a vraiment pas apprécié. J'imagine que c'était sa vengeance personnelle et que jamais il n'aurait dû parler de cette collection à cet enfoiré.
Jo et Henry ne pouvaient pas blâmer cette colère qu'elle avait en elle. C'était parfaitement compréhensible.
Jo se leva pour se mettre face à elle
- Justement ! On ignore où il est. Avec l'argent de la collection, les chances qu'il soit à New York sont assez minces donc on aimerait établir un plan avec vous, dans le but de le faire revenir ici pour qu'on mette la main sur lui.
Ivy n'était pas sûre d'où ils voulaient en venir, mais elle avait une petite idée
- Je vous écoute.
Jo et Henry en avaient énormément parlé dans la voiture et ils ne voyaient qu'une seule solution.
Ce fut Henry qui lui dévoila
- Il faudrait que vous contactiez Daren et que vous lui racontiez un ramassis de mensonges. Des choses du style maintenant que Lionel n'est plus là, vous avez besoin de quelqu'un pour vous aider à élever votre enfant et que vous n'avez jamais reconnu ce qui était devant vous, il vous a toujours attiré. Enfin n'importe quoi pour le convaincre de revenir vivre une vie ici et nous permettre de le coincer dès qu'il remet ses pieds sur le sol américain.
Ivy comprenait parfaitement le plan
- Pas de soucis ! C'est un truc que je peux faire. Il m'a justement bombardé de messages. Je n'avais pas pensé à le mentionner à votre lieutenant, mais au mieux que possible je veux me tenir loin de cet homme, mais je ne vais pas me gêner pour lui faire payer s'il est derrière la mort du père de mon enfant.
Ivy attrapa son téléphone portable et regarda le couple
- Je ne sais pas où il est pour être honnête, il ne texte jamais avec le même numéro ou plutôt quelque chose qui ressemble à du prépayé.
Jo bougonna
- Il doit savoir ce qu'il fait
Ivy appela depuis le dernier numéro où Daren l'avait contacté. Il datait de la veille, alors elle assumait qu'il n'avait pas changé en si peu de temps; enfin, elle espérait.
Elle posa le téléphone sur le comptoir et le mit directement en haut-parleur. Elle avait les mains moites et la transpiration commençait à perler le long de son visage. Henry se déplaça de côté pour poser sa main sur la sienne.
- Vous allez y arriver. Respirez, ça va bien se passer.
Jo avait contacté Reece pour la mettre également sur haut-parleur. Quand une voix grave et rauque décrocha, chacun fit silence, y compris Reece de l'autre côté de la ligne.
Elle retransmettait d'ailleurs l'appel dans tout le poste pour que chacun se prépare aux directives qui seraient données.
- Allo ?
Ivy prit quelques secondes avant de répondre. Elle se racla la gorge.
- Daren ! C'est... C'est Ivy.
Il prit également quelques secondes avant de répondre à son tour, avant que chacun puisse sentir un sourire narquois se dessiner sur ses lèvres, même au travers du combiné.
- Ivy ! Quelle bonne surprise ! Tu te décides enfin à retourner mes textos ?
La jeune femme crispa ses doigts sur le rebord du comptoir. Jo et Henry lui murmurèrent du bout des lèvres de rester calme.
- Oui… Je… Maintenant que je suis seule, je réfléchissais à beaucoup de choses. Daren, je vais bientôt accoucher et je ne me sens pas capable de devoir élever cet enfant toute seule, j'ai besoin de quelqu'un. Je n'ai pas arrêté de penser à toi depuis, même quand Lionel était encore là.
Henry pouvait parfaitement imaginer la tête de vainqueur de l'homme et se retint de dégobiller juste en se l'imprimant mentalement. Parfois, avoir des visuels ne devait tout simplement pas être autorisé.
- Tu as pensé à moi. C'est très flatteur. Et donc, qu'est-ce que tu aimerais ? Je peux tout t'offrir Ivy et même un toit et une vie meilleure pour ton enfant si besoin.
Jo mima une grimace similaire à celle d'Henry quelques minutes auparavant et chuchota
- Quel cynisme ! J'ai envie de lui en mettre une entre les deux yeux.
- Crois-moi, tu n'es pas la seule ! – répondit Henry
Ivy continua, imperturbable. Elle semblait bien plus à l'aise. Elle avait hâte de le voir manger la poussière.
- C'est tout ce dont j'ai besoin Daren. Je suis prête à tout pour élever mon enfant dans de bonnes conditions. Mais je ne veux pas non plus laisser toute ma vie derrière moi, si je te rejoins, j'aurais besoin de ton aide pour m'aider à transporter certaines affaires et mon accouchement étant proche, je ne peux plus aller où que ce soit pour l'instant.
Il y eut un long silence, si long que chacun dût s'assurer que la ligne était toujours en fonction, mais Henry parvenait à entendre les respirations de Daren.
Il finit par parler
- Je pense que ça peut s'arranger. Dans combien de temps ton accouchement est prévu ?
- Très bientôt. Je suis quasi à terme, ça pourrait être la semaine prochaine éventuellement. Daren, j'ai vraiment besoin de toi, le plus rapidement possible.
- Eh bien, si je fais un aller-retour et que je reste sur New York pour quelques semaines le temps que le petit grandisse un peu, j'imagine qu'il n'y a rien de mal là dans.
Jo et Henry essayaient de contenir leur joie. Ils ne pouvaient pas laisser ce plan foirer. Il fallait avoir la confirmation avant de crier victoire trop tôt.
- Est-ce que tu es loin de New York, présentement ?
Ivy savait que ça ne servait à rien de tergiverser davantage. Il semblait que Daren s'étalait dans un canapé ou un lit ou un transat.
- Pas totalement. Je ne suis jamais parti loin. Je suis actuellement à même pas trois heures de vol de là.
Ivy regarda Jo et Henry
- La Floride ?
- Non ! Cuba ! Je me prélasse depuis quelque temps et franchement c'est la belle vie. Une vie qui n'est pas chère, mais je vis dans une très belle villa et tu verras qu'il y aura de la place pour nous trois.
Ivy fit un sourire crispé
- Ça a l'air génial. Quand est-ce que tu pourrais être sur New York pour qu'on règle les dernières affaires ?
- Hmm, pour toi Ivy, je peux sauter dans un avion dans l'heure.
Henry commença à s'exciter, mais Jo lui donna un coup de coude. Il ne fallait rien faire capoter sinon ils n'allaient jamais pouvoir mettre la main sur Daren. Et ils n'allaient pas faire tout le chemin pour aller le chercher à Cuba, ce n'était certainement pas de leur ressort dans ces moments-là.
- Dans l'heure ? – s'exclama Ivy, bien trop contente de pouvoir le faire descendre de son piédestal si rapidement.
- Possiblement. Bon je te dis deux heures environ le temps de trouver un vol et de préparer quelques affaires et je peux être sur New York en début de soirée.
Ivy se mordilla la lèvre et ne sut pas trop quoi dire. Jo tapota rapidement sur le bloc-notes de son téléphone et le tendit à Ivy.
- C'est génial ! Je ne pourrais pas venir te chercher moi-même à cause de mon état, mais tu connais le chemin, n'est-ce pas ?
- Il n'y a pas de problèmes Ivy. Je sais que tu ne peux pas bouger. Je prendrais un taxi et je serais là en moins de deux. Je ne te laisserais pas tomber, ma belle.
Ivy n'en pouvait plus de ce faux-cul et elle n'avait qu'une envie, celle de l'enterrer de la même manière qu'il l'avait fait avec Lionel.
- Très bien alors ! Confirme-moi ton arrivée que je m'y prépare. Je t'attendrais avec impatience.
Ils entendirent des cliquetis sur le clavier d'un ordinateur portable
- Eh bien ! je viens de booker un vol qui part dans deux heures. Je serais sur place vers 20h à New York.
Jo murmura en s'éloignant dans la salle de bain
- Lieutenant, vous avez entendu ?
- J'ai entendu. Je vais envoyer une équipe sur place, vous et Henry vous les rejoindrez là-bas.
- Ça sera fait !
Ivy souhaita un bon vol à Daren et raccrocha en poussant un long soupir et frottant son ventre.
Henry la regarda d'un air compatissant.
- Vous vous en êtes très bien sortie. Le reste repose sur nous maintenant. Il n'ira pas bien loin.
Jo les rejoignit et confirma qu'ils devraient rejoindre une équipe pour l'arrêter.
- Dès qu'on aura mis la main sur lui, on parlera au juge pour qu'il vous remette la collection. Il l'a vendue à quelqu'un, mais on fera marcher notre autorité pour la récupérer avec un mandat. Après tout, elle vous revient de plein droit. Et vous pourrez partir à Paris refaire votre vie telle que Lionel l'aurait voulu.
Jo essaya de ne pas trop montrer le rouge à ses joues, Henry de même. La jeune femme leur sourit sincèrement.
- Dès que ma fille aura environ six mois, je pense que je prendrais congé des États-Unis pour un bon bout de temps.
Jo et Henry lui sourirent et Henry regarda l'heure. Ils avaient quelques heures à tuer, mais ils pouvaient toujours se rendre sur place. Cependant, Jo voulait goûter à un des cafés en bas alors ils perdraient un peu de temps ainsi. Maintenant qu'ils étaient certains de tenir le coupable, ils n'avaient pas non plus à se presser.
- On vous tiendra au courant Ivy – assura Jo – en attendant, faites attention à vous et bon courage pour les derniers jours.
- Merci !
Ils s'apprêtaient à quitter, mais Henry marchait un peu au ralenti derrière sa petite amie. En effet, la manière dont Ivy ne cessait de se tortiller lui rappelait grandement…
Quand en franchissant la porte, il la vit se plier en quatre, il accourut rapidement à ses côtés
- Ivy !
Jo sursauta et les rejoignit rapidement également
- Qu'est-ce qui se passe ? Est-ce que vous allez bien ?
- J'ai des contractions et elles sont très violentes.
Jo sentit quelque chose et regarda sous ses pieds et vit de l'eau partout. Elle releva les yeux vers Henry qui venait également de le remarquer.
Leur peu de discrétion mit la puce à l'oreille de la jeune femme qui regarda entre ses jambes.
Immédiatement, un voile de panique envahit son visage
- Oh non non… Ça ne peut pas être maintenant. Ça devait attendre encore une semaine.
Henry et Jo la conduisirent dans sa chambre et l'aidèrent à s'allonger. Jo mouilla un gant qu'elle posa sur le front de la jeune femme. Voilà de quelle façon s'exprimait la sueur, quelques minutes plus tôt.
Henry tenta de la rassurer
- Le stress a dû déclencher. Il n'en faut pas beaucoup parfois et à vous voir, vous étiez vraiment proche. Si vous me le permettez, je vais regarder la dilatation de votre col, ne vous inquiétez pas, je suis docteur donc je ne vais pas vous charcuter.
Ivy acquiesça vivement, sentant parfaitement que les contractions refusaient de s'arrêter.
Jo revint avec quelques serviettes qu'elle posa tout autour et sous la jeune femme. Henry lui avait également demandé de remplir une bassine d'eau froide.
Elle se mit à côté d'Henry et lui demanda
- Tu as déjà fait accouché des femmes auparavant ?
- Jo ! J'ai pratiqué la médecine en tant que telle. Et il y a bons nombres de choses que j'ai dû faire dans ma longue carrière, y compris faire accoucher des femmes. Je n'en suis pas à mon premier essai.
Jo s'agita
- Okay okay ! Ne le prends pas mal, je voulais juste m'assurer que tout irait bien.
- Ça devrait !
Il avait retiré le pantalon et les sous-vêtements d'Ivy et s'assurait de la dilatation de la jeune femme qui se tortillait de douleurs.
Il regarda Jo. Leurs non-dits ne firent qu'augmenter la panique de la jeune femme.
- Quoi ? Qu'est-ce qui se passe ?
- Ivy… Vous n'avez pas le temps d'aller à l'hôpital – avoua Henry d'une voix très calme - vous êtes entièrement dilaté et… Je…
Jo acheva pour lui
- On est capables de voir la tête du bébé déjà. J'appelle les secours, mais à mon avis, ça va être le bon moment pour pousser.
Ivy ne semblait vraiment pas prête, mais les contractions ne s'arrêtaient pas. Elle se demandait comment il était possible que le bébé ait pu descendre si rapidement en une heure. Mais ils étaient apparemment imprévisibles.
Jo raccrocha avec les secours qui lui avaient assuré qu'ils seraient là rapidement. Elle dût appeler Reece et lui expliquer que rien ne disait qu'ils allaient pouvoir être rendus à l'aéroport assez rapidement pour arrêter eux-mêmes Daren. Hanson se désigna pour le faire lui-même avec l'équipe de back-up de toute façon. Ivy ne voulait pas les retarder, mais les deux jeunes gens ne comptaient pas la laisser toute seule pour les quelques heures à venir. Ils voyaient certes la tête du bébé à l'intérieur et quasiment en position, mais rien ne disait qu'il allait sortir de suite.
- Ivy, vous allez commencer à pousser. J'ose espérer qu'elle va sortir rapidement parce qu'elle est vraiment proche, mais parfois, ils peuvent être vicieux.
Jo s'installa aux côtés de la jeune femme, tout en continuant de lui éponger le front
- Ne vous inquiétez pas ! Tout va bien aller. Prenez ma main !
Ivy s'exécuta et Henry lui donna le signal pour qu'elle commence à pousser. La douleur était en train de la secouer dans toutes ses entrailles. Jo la regardait mi-figue mi-raisin. Sa sœur lui avait dit qu'il s'agissait là de la pire douleur au monde, pire que toutes les blessures par balle qu'elle aurait pu recevoir en tant que flic, pire que n'importe quel autre traumatisme physique ou mental… L'accouchement était une épreuve et d'autant plus que sa sœur malgré les jumeaux, les avait sortis par voie naturelle, l'un à la suite de l'autre même si à sept mois de grossesse au lieu de neuf, pour des raisons évidentes.
Durant 50 minutes, le bébé refusait toujours de sortir et Henry commençait à trouver ça suspect. Ivy était épuisée, le col était dilaté; la petite avait toutes les cartes pour s'extirper, mais elle ne le faisait pas. Les secours étaient coincés dans l'énorme trafic de Manhattan et n'avaient pas pu encore atteindre l'appartement et entre temps, ils avaient dû intervenir sur un accident. Jo se disait que le fait qu'elle ait précisé qu'un docteur était sur place n'avait pas fait d'Ivy une priorité apparemment.
- Pourquoi elle ne sort toujours pas ? – pleura Ivy – je sais que ça prend des heures normalement, mais vous m'aviez dit qu'elle était proche.
Henry essaya de ne pas l'angoisser davantage et Jo se sentait vraiment mal pour elle
- Ça peut arriver. Parfois, ils ne sont juste pas prêts et se décident après, mais c'est vrai que là… Elle est bien trop proche.
Ivy était en larmes
- Vous croyez qu'elle respire ? Je ne veux pas qu'elle soit mort-née. Ce bébé est tout ce qui me reste de Lionel.
Elle pleura davantage. Elle n'était plus capable de faire des efforts et elle était beaucoup trop angoissée. Sa tension était clairement en train de monter. Henry prit une décision.
- Jo ! Va vite à la pharmacie s'il te plaît. J'ai besoin de perfusions, de pansements, de fils et de matériel chirurgical.
Ivy était presque dans les vapes et n'entendait pas ce qui était dit. Jo se leva d'un bond et demanda d'un air affolé.
- Est-ce que tu vas ?
Il hocha la tête
- Je vais procéder à une césarienne d'urgence. Nous n'avons pas le choix, la petite pourrait s'étouffer si elle n'est pas sortie rapidement et Ivy pourrait avoir une hémorragie interne.
Jo acquiesça vivement et sortit en double vitesse de l'appartement. Henry essaya de tenir Ivy éveillée en la ventilant et faisant attention à ce que le sang ne s'échappe pas ou que rien de mal n'arrive au bébé. Par ce qu'il voyait, elle semblait respirer, mais refusait de sortir.
Jo revint aussi rapidement qu'elle était partie avec plus de matériel que nécessaire, mais elle avait expliqué à la pharmacie qu'une femme était en train d'accoucher et qu'elle avait besoin de tout pour aider à ce que cela se passe sans aucune bavure.
Henry la remercia et lui demanda de tenir Ivy le temps qu'il lui administre la perfusion.
Il parvint à l'endormir et regarda Jo
- Tu n'es pas obligé de regarder, ça ne pas être très joli, mais je n'ai pas le choix.
- Henry ! C'est une naissance, une césarienne que ce soit ça ou naturellement, c'est pas beau de toute façon.
Il pouffa et commença à découper délicatement le bas ventre de la jeune femme avec un sérieux que Jo ne lui connaissait que lorsqu'il découpait ses cadavres. On voyait qu'il avait la main en tous les cas.
Une fois l'opération effectuée, Henry attrapa délicatement le bébé, recouvert du liquide amniotique. Jo pouvait garder les yeux ouverts devant un cadavre, mais pour le coup, elle ne fut pas capable de regarder et se demandait si vraiment elle voulait se faire subir ça dans un futur proche.
Jo regarda le bébé qu'Henry avait rapidement nettoyé. Au moins, il n'était pas aussi fripé qu'un bébé par voie naturelle.
- Elle ne pleure pas ?
Henry la retourna vers le bas, de façon délicate. Il tapota doucement sur son dos.
- Allez ! Ta maman se bat pour t'élever dans de bonnes conditions, il faut que tu sois une petite warrior !
Jo regardait la scène d'un air angoissé, tout en épongeant autour d'Ivy. Après quelques petites tapes, ils entendirent les premiers pleurs. Ils se regardèrent et soupirèrent de soulagement. Jo découpa la chemise de la jeune femme et Henry déposa le bébé sur le ventre de la maman.
- En voilà une jolie battante. Elle avait simplement de l'eau dans les poumons.
Jo regarda le cordon ombilical
- Il faut qu'on le coupe.
En voyant la mine de Jo, Henry sut que ce n'était pas quelque chose qu'elle souhaiterait faire pour l'instant. Il lui demanda de tenir le bébé. Il coupa le cordon et déposa un petit pansement sur le nombril du bébé.
- Ça devrait aller pour elles maintenant. Je vais recoudre Ivy.
Environ une dizaine de minutes après, pendant qu'Henry était en train de recoudre la jeune femme, les secours arrivèrent. Ils laissèrent Henry terminer le travail et prirent le bébé pour s'assurer que tout allait bien pour elle, mais ils furent rassurés de voir avec quelle prise d'initiative Jo et Henry étaient parvenus à faire accoucher la jeune femme.
Une fois son affaire terminée, Henry se leva et avisa les ambulanciers
- Allez-y doucement avec elle. Je viens de la recoudre et il est possible qu'elle se réveille pendant le trajet et qu'elle soit désorientée. Gardez sa petite le plus près d'elle. Le détective Martinez et moi avons une course à faire, mais nous repasserons plus tard pour les saluer.
Ils acquiescèrent et embarquèrent la jeune femme sur une civière ainsi que sa petite.
Henry regarda ses mains remplies de sang et les nettoya rapidement. Jo l'aida en se débarrassant de toutes les traces. Ils retirèrent les draps, les serviettes et les saupoudrèrent de bicarbonate de sourdre avant de les mettre dans la machine à laver.
Ils nettoyèrent le lit et le plancher et après une heure de mise au propre, ils se regardèrent avant d'éclater de rire.
- Franchement, on les aura toutes faites toi et moi – admit Jo – on est rendus à faire accoucher les jeunes femmes en détresse maintenant.
- On s'en est bien sortis
Elle pointa un doigt sur lui
- Tu t'en es bien sorti. J'admire avec quel calme et quel professionnalisme tu as fait tout ça.
- On n'oublie pas ce qu'on a pratiqué.
Il se retint de dire, surtout quand cela avait été fait pendant bien longtemps. Jo s'avança vers lui et enlaça ses bras autour de sa taille, en posant sa tête sur son torse.
- Tu m'impressionneras toujours de toute façon.
Il lui fit un petit sourire et déposa un rapide bécot sur son nez. Il regarda l'heure.
- Et à mon avis, on ferait mieux de rejoindre Hanson à l'aéroport, on a encore le temps d'arriver et de voir l'arrestation de Daren.
Après leur aventure, ils accoururent à l'aéroport. Jo avait appelé Hanson sur le chemin et ce dernier lui avait confirmé que l'avion de leur suspect allait atterrir sous peu.
Il devait avouer qu'il avait pris ses collègues au pied de la lettre lorsqu'ils avaient dit que Roberston comptait revenir sur New York suite à la demande d'Ivy. Personne ne pouvait s'assurer de sa « bonne foi » alors Hanson avait eu des doutes quant au fait que l'homme se ramène tranquillement au pays sans trouver cela suspect. Mais il semblait que le pouvoir féminin était toujours quelque chose de très curieux.
Quand ils arrivèrent, l'aéroport grouillait de monde comme très souvent. Il y avait énormément de policiers qui défilaient, quelques hommes de l'armée, mais c'était ainsi depuis le 11 septembre.
Henry repéra la porte par laquelle le vol en provenance de Cuba devait arriver et il tira Jo dans la direction voulue quand parmi tout ce monde et bénéficiant du fait d'être plus grand que la jeune femme, il repéra Hanson qui faisait les cent pas.
- Viens ! J'ai vu Mike !
Ils rejoignirent leur ami qui les regarda d'un air dubitatif
- Ah vous voilà ! Le vol est arrivé depuis peu et certaines personnes sont déjà en train de sortir. Si monsieur Roberston n'a pas beaucoup de bagages, je pense qu'il ne va pas tarder.
Jo regarda la foulée de voyageurs d'un air curieux
- Mike ! Est-ce que le personnel et autre ont été prévenus du fait qu'un criminel était dans leur avion et qu'on l'attendrait de pied ferme ?
Hanson haussa des épaules. C'était une des procédures à suivre, mais ce n'était pas de son ressort.
- J'ose espérer que Reece leur a mis la puce à l'oreille.
Henry ne disait pas grand-chose et observait l'affût de voyageurs bien bronzés ou cramés et pas forcément ravis de rentrer, mais il fallait bien ce qu'il fallait.
Hanson demanda alors à Jo
- Comme ça, toi et ton beau mâle vous ne faites rien d'autre que de faire accoucher des femmes ? On connaît pire dans le métier.
Elle le regarda d'un air sarcastique
- Ce n'est pas comme si on avait vraiment prévu ça. Mais bon c'est arrivé. J'espère qu'elle et la petite vont bien. Dans d'autres circonstances, on aurait amené Ivy ici, ça aurait été plus simple.
La voix d'Henry les fit sursauter, surtout qu'il commençait à s'agiter
- Je pense que j'ai repéré notre homme.
Hanson regarda dans le fichier qu'il avait en main et fit un signe de tête aux autres policiers qui l'avaient accompagné.
- C'est lui – murmura Jo – le lieutenant Carey nous avait montré sa photo
- Et j'ai tout ce qu'il faut sous la main de toute façon – Hanson regarda Henry, lorsqu'il sortit son arme et que lui et Jo s'apprêtaient à se disperser pour mieux mettre la main sur lui dans le cas il chercherait à s'enfuir – doc, vous restez là. On ne sait pas ce qu'un homme comme ça peut faire.
Henry resta debout avec les mains croisées dans le dos, en se dandinant nerveusement. Jo le regarda d'un air blasé. Elle donna un coup de coude à Hanson.
- Tu sais bien qu'il ne restera pas en place ! Allez ! On y va !
L'ancien détective venait de quitter les douanes et marchait en direction de la sortie d'un air un peu trop tranquille.
Il commença à remarquer des figures policières, mais ne les prit pas en considération pour la simple et bonne raison que la sécurité dans les aéroports américains était devenue primordiale.
Hanson était d'un côté et Jo de l'autre. Henry était resté à sa place, mais surveillait les gestes de tout le monde.
Jo se glissa de façon subtile jusqu'à Roberston dès qu'il échappa à la foule de personnes qui sortait.
- Bien le bonjour ! Comment s'est passé votre voyage à Cuba ?
Robertson regarda la détective d'un drôle d'air. Jo ne doutait pas qu'il l'avait certainement déjà croisé et qu'il était en train de la reconnaître. Pour sa part, elle ne connaissait pas le détective, mais vu le travail du 11, elle n'était pas une surprise que d'autres puissent savoir qui elle était.
Il refusa de répondre et marmonna simplement un
- Je suis fatigué et je dois retrouver ma femme qui ne va pas tarder à accoucher.
Hanson arriva d'un autre côté et bloqua l'avancement du détective
- Justement, ça tombe bien que vous le mentionniez… Parce que cette chère femme vient d'accoucher il y a une heure.
Robertson s'arrêta et regarda Jo et Hanson qui faisaient tous les deux un grand sourire narquois. Il regarda autour de lui et remarqua une horde de flics qui commençait à leur tourner autour également.
Il finit par remarquer le badge à la ceinture des détectives. Jo vit quelque chose dans ses yeux qu'elle avait un peu trop l'habitude de voir.
- Je pense qu'il y a erreur sur la personne
- Ça ne sert à rien de jouer avec nous Roberston ! Vous savez très bien pourquoi nous sommes là.
Jo savait très bien qu'il n'allait pas coopérer. Et pour cause, il leur lança la valisette qu'il avait dans la main et bifurqua d'un autre côté, évitant ainsi le reste des flics qui l'entourait.
Jo leva les yeux au ciel
- Quelle surprise ! Comme si je n'avais que ça à faire de courir derrière un suspect après avoir assisté à un accouchement. Ils ne peuvent pas coopérer gentiment.
Hanson pouffa et ils se hâtèrent à courir derrière Roberston qui avait une très bonne endurance. Visiblement, il avait toujours la main de son travail de flic.
Henry avait observé toute la manœuvre et s'était déplacé de sorte à être à la hauteur de Roberston quand il passerait vers lui.
L'ancien détective semblait tellement occupé à fuir les autres policiers qu'il ne regardait pas vraiment devant lui, alors Henry avait demandé à une voyageuse s'il pouvait emprunter sa valise en précisant qu'il travaillait avec la NYPD. Elle le laissa faire et quand Roberston passa, il fit rouler la valise dans sa direction. L'homme se la prit de plein fouet dans le bas ventre, il perdit l'équilibre et tomba. Le temps qu'il comprenne qu'il était à terre, Jo et Hanson étaient derrière lui et une paire de menottes s'accrocha à ses mains.
Ils le relevèrent et il avait un air furieux
- Mais enfin qu'est-ce que j'ai fait ?
- Vous avez vendu une collection importante d'art qui ne vous revenait pas à un citoyen et vous avez pris la poudre d'escampette pour ne pas qu'on vous retrouve.
Robertson regarda Hanson d'un œil noir
- Et alors ? En quoi ça me vaut d'être arrêté ?
- Avec un tel comportement, j'ai encore du mal à comprendre comment un imbécile comme vous a pu être flic – railla la jeune détective – on ne vous arrête pas que pour la collection. Mais pour le meurtre de Lionel Goodman. Je pense que vous le connaissiez bien. Le jeune homme que vous avez tenté d'amadouer nous a tout balancé et on est rapidement remonté à lui. Et le lieutenant Carey nous a parlé de vous aussi.
Hanson ajouta
- Il faut avouer que de prendre la fuite à Cuba comme ça sans laisser de traces a de quoi rendre suspect, n'est-ce pas ?
Robertson ne répondait toujours pas, mais ce fut Henry qui en rajouta
- Ivy nous a dit la manière dont vous l'aviez harcelé alors elle s'est simplement servie de son charme pour vous faire revenir et elle était persuadée que vous tomberiez dans le panneau.
Robertson ne bougea pas et avait même un petit rictus sur le coin des lèvres. Jo reçut un appel.
Quand elle eut terminé, elle regarda Hanson et Henry
- Qu'est ce qu'il y a ? – demanda Hanson
- Reece vient de m'appeler. L'arme du crime, enfin le revolver qui avait servi à mettre une main dans la tête de Lionel a été retrouvé. Lucas l'a analysé et devinez quelles empreintes sont dessus ?
Chacun regarda Roberston avec un petit sourire. Il était mieux placé que quiconque pour savoir que les empreintes ne trompaient que très rarement.
- Alors ? Vous allez avouer ? Sinon on peut vous embarquer directement au poste, mais on sait tous comment tout ceci va finir.
Robertson capitula. Il avoua le fait qu'il avait voulu se venger et que la collection avait été une très bonne excuse. Il dut donner le nom de la personne à qui il avait obligé le petit Bruce à la vendre. Une horde de flics embarquèrent Roberston. Hanson, Jo et Henry se regardèrent.
- Qu'est ce qu'on fait ?
- Je pense qu'Ivy mérite une vie meilleure – affirma Henry – on ferait mieux d'aller expliquer la situation à ce monsieur.
Jo se frotta le menton
- Vous croyez qu'il pourra être remboursé d'avoir investi tant d'argent là dans ?
Henry haussa des épaules
- Il ne pourra pas récupérer ça au complet, c'est certain, mais c'est à voir avec un huissier. S'il n'a été qu'un pion dans cette histoire, ça devrait jouer en sa faveur.
Hanson et Jo lui donnèrent raison et ils quittèrent donc l'aéroport, bien contents d'avoir résolu cette affaire.
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Un peu plus tard, après avoir fait le point avec Reece, Jo et Henry retournèrent à l'hôpital où Ivy avait été amenée.
Elle se reposait et son bébé dormait dans la petite civière à ses côtés. En voyant le couple arrivé, elle se redressa légèrement dans les oreillers et leur sourit.
- Hey ! Vous êtes revenus tous les deux !
- On voulait voir comment vous vous portiez – assura Jo en se mettant d'un côté du lit, tout en secouant délicatement sa main
La jeune femme était touchée par la sympathie des forces de l'ordre. Ça n'avait pas toujours été le cas.
- C'est gentil à vous. Ça va bien mieux que tout à l'heure et ma petite puce se porte bien, enfin d'après ce qu'on m'a dit.
Henry regarda le bébé qui dormait paisiblement et n'avait pas l'air dérangé par tant de bruit autour d'elle. Il sourit. C'était une image qu'il aimerait voir dans un proche futur. Son regard dévia vers Jo qui s'était assise sur le rebord du lit et souriait à discuter avec Ivy.
- On voulait aussi vous dire – reprit Jo – que nous avons arrêté Darren. Les traces ont été retrouvées sur l'arme qui a servi pour Lionel. Il a demandé son avocat, mais il passera en cour et certainement que le juge va le laisser dedans pour la perpétuité. Enfin, il ne vous approchera plus.
Ivy acquiesça. Elle semblait soulagée. Elle pourrait commencer son deuil en paix et puis elle verrait quand même Lionel au travers son bébé.
Henry lui confia
- Quant à la collection, nous nous sommes rendus chez la personne qui l'avait acheté. Il a été un peu déçu de voir que tout ceci n'avait été qu'un leurre, mais il a été de bonne foi. Un huissier l'aidera certainement dans les démarches pour récupérer au moins la moitié de la somme qu'il aura mise dedans.
- C'est une bonne chose au moins.
- Mais elle vous revient – dit le couple d'une seule et même voix
Ivy parut quelque peu surprise. Même si elle avait déjà été prévenue du dénouement qui en résulterait si jamais ils en arrivaient là.
Jo lui sourit
- Dans quelques mois vous aurez l'occasion de partir et de faire votre vie là où Lionel et vous aviez prévu. À Paris.
Jo se sentit devenir moite et le rouge monta instantanément à ses joues. Henry tenta de le dissimuler, mais il semblait que la gêne ne passait pas trop inaperçue.
- Je ferais ça. Merci à vous de m'avoir aidé non seulement pour avoir mis ma fille au monde, mais pour me rendre une collection qui était chère aux yeux de Lionel et qui va me permettre d'avoir une vie meilleure. Je ne sais pas si je vendrais tout cela étant.
Jo la coupa gentiment
- C'est ce que Lionel avait prévu. Alors, n'hésitez pas. C'était fait pour. Vous n'aurez pas à vous soucier de quoi que ce soit pendant de longues années.
Jo et Henry lui serrèrent la main et en profitèrent pour caresser la petite tête du bébé. Ils discutèrent encore quelques minutes avec la jeune femme et ils quittèrent.
En sortant, Henry passa un bras autour des épaules de Jo
- Alors, tu es prête pour notre petit dîner avec Fawn et Abe ? Encore un double rendez-vous.
Jo glissa son propre bras sous le sien et fit un large sourire
- J'ai cru qu'on allait rester dans cette quarantaine pour une semaine donc je suis prête. Et bientôt, on se fera un petit dîner dans le restaurant que j'aurais choisi. On a bien besoin de se détendre.
- Je crois aussi. Alors, allons-y.
Ils s'échangèrent un rapide baiser et cette affaire se termina de façon toute en émotion avec une ambiance familiale et romantique qui planait dans l'air.
Author's note: franchement au début je n'avais pas du tout eu l'intention d'écrire la scène d'accouchement avec Jo et Henry en sages femmes mais bon, ça m'est venu en écrivant. Il leur arrive tellement toute sorte de situations à ces deux là, je me suis qu'en rajouter une ne ferait pas de mal, lol.
PS: je suis en train d'écrire le dernier chapitre de mon côté alors possiblement, peut être avant la fin de l'année ou début de l'année prochaine, vous aurez la fin !
