Désolée du retard (pas comme si ça importait vraiment), mais j'étais en examen donc je posterais double dans la même semaine et puis voilà !
Ce chapitre est l'avant dernier "normal" car l'enquête qui va suivre juste après celle ci, va être divisé en trois donc ça risque d'être plus long que prévu et il ça sera bien différent de ce que vous avez connu jusque là (la fin de l'histoire également).
Jess: huh, Adam is still in his locked up syndrome since Henry put him down in the season finale (I mentioned this a couple of times in the story) he won't wake up from this anytime soon :) Thank you though (I always have to translate your reviews lol)
Encore désolée pour le dernier chapitre qui était très très long (ça ne devrait plus se reproduire lol)
Chapitre 11: On n'oublie jamais rien
Un peu avant l'arrivée du printemps, Jo et Henry étaient dans leur relation depuis près de trois mois et tout se passait bien, excepté pour le fait qu'ils n'avaient jamais littéralement un seul moment à eux.
Abe ne cessait de pousser son père pour finir par dire la vérité à la jeune femme, mais il lui rappelait sans cesse à quel point ils ne pouvaient jamais être tranquilles, d'une part à cause de leur travail et d'autre part… En réalité, il se trouvait des excuses, il n'arrivait toujours pas à rassembler tout ce courage pour lui avouer. Et l'un comme l'autre commençait un peu à être frustré de ne pas pousser leur relation une étape plus loin.
Alors bien sûr, ils n'avaient pas voulu foncer tête baissée pour ne pas se ramasser si jamais cela ne fonctionnait pas, mais l'un comme l'autre savait ne doutait que très peu de la probabilité que rien ne marche entre eux. Ils se comprenaient bien trop et se supportaient moralement et physiquement, ils étaient le parfait opposé de l'autre, tous les éléments étaient réunis pour faire d'eux un couple solide. Naturellement, sans tous les secrets qui allaient avec.
Mais Henry craignait un peu s'ils franchissaient cette étape sans qu'il ne lui ait avoué la vérité de vivre avec la conscience pleine de remords. Passer à l'étape supérieure sans lui avoir parlé de sa condition, allait lui donner comme l'impression de l'avoir salie et ce n'était pas du tout ce qu'il voulait.
Il se mordillait toujours l'intérieur de la joue lorsque ces pensées le traversaient, car bien sûr il n'était pas du tout passé par toutes ces formalités avec Abigail. Mais il y avait toujours eu cette chose en lui qui le démangeait lorsqu'il passait des nuits avec elle, sans qu'elle ne sache qui il était réellement. Il ne voulait pas revivre ce sentiment avec Jo.
La clé d'une relation durable était tout d'abord la franchise et il savait qu'il allait devoir y passer, que ce soit de son plein gré ou pas.
L'hiver ayant été assez rude, ils avaient connu un redoux plutôt abrupt, faisant fondre la neige de manière rapide et malheureusement, entraînant toute la boue avec elle. Les rues étaient plutôt dégoûtantes et glissantes et des énormes flaques d'eau bordaient parfois les trottoirs. Et les trois quarts du temps, il était impossible de connaître la profondeur de celles-ci.
Un petit matin, frais après une longue journée de pluie la veille, Jo et Henry se baladaient main dans la main, dans le quartier de Washington Heights, soit le voisinage de Jo.
La jeune femme avait demandé à son petit ami de la rejoindre au café du coin où elle s'arrêtait presque tous les matins avant le boulot pour qu'ils prennent leur petit déjeuner ensemble. Henry n'était pas du tout le genre à s'arrêter dans un Starbucks, surtout pour le côté un peu trop industriel, mais il faisait de nombreux efforts depuis qu'il était avec Jo.
Jo et Abe plaisantaient parfois derrière son dos en se disant que la prochaine étape serait qu'il s'achète un téléphone cellulaire et lorsqu'Henry revenait, les deux se faisaient souvent des regards complices et des sourires sous-entendus, sous le regard complètement perdu d'Henry, qui n'avait pas idée de ce qui se tramait.
Jo avait encore son café dans la main et elle en avait à peine bu la moitié. Henry regarda la jeune femme qui portait le liquide à ses lèvres.
- Jo ! Comment tu fais pour boire de tels grands cafés ? Je comprends mieux toutes ces pauses toilettes quand on est au boulot.
La jeune femme lui lança un regard sarcastique
- Je ne peux pas passer la journée si je n'ai pas près d'1L de café dans le sang, tu le sais très bien. Et pour ma défense concernant les pauses un peu trop fréquentes… Je suis une femme, on passe notre vie aux toilettes, café ou pas.
Henry dut accepter cet argument, car il était totalement vrai. Même en tant que docteur il n'avait jamais réussi à s'expliquer pourquoi les femmes avaient-elles une si petite vessie, ce qui valait toujours des toilettes publiques généralement très bondées. Il y avait sans doute une question d'hormones dans tout ça et il apparaissait que les femmes utilisaient toujours plus leur cerveau que les hommes, cela devait bien jouer quelque part pour faire descendre la tension.
En voyant qu'elle avait réussi à lui emboucher un coin, Jo fit un petit sourire et une fois, dépassé la moitié du contenu, elle lui fit une rapide bise sur la joue, sans doute très près des lèvres.
- En tout cas, ton addiction au café à part, j'ai toujours trouvé ton coin très sympa. Mais en automne et en été, il y a de jolies couleurs.
Jo acquiesça
- Je sais ! Quand Sean a choisi d'habiter dans le coin, je suis tombée sous le charme. Quand je ne suis pas complètement prise dans le boulot, j'aime bien me promener dans le quartier aussi. C'est ce genre de petits moments qui me manquaient et que je suis contente de partager avec toi.
Henry sourit et retira sa main de la sienne pour glisser son bras derrière son dos et rapprocher leur corps davantage. Ils semblaient qu'ils recherchaient toujours la chaleur de l'autre.
Jo avait déménagé depuis l'affaire avec Hank Dunn. Sachant que n'importe qui pouvait la retrouver, elle avait décidé de mettre fin à ce petit cocon qu'elle avait partagé avec Sean. C'était pour le mieux, pour elle, pour lui permettre d'avancer. Elle restait dans le quartier, mais avec quelque chose de plus abordable pour elle. Elle n'avait donné son adresse qu'aux gens proches d'elle et faisait en sorte que cela ne tombe pas encore entre de mauvaises mains. Henry avait été le premier à l'avoir eue.
- Je suis content aussi qu'on puisse avoir ces rares moments avant le travail.
Ils s'arrêtèrent et se firent face. Henry glissa ses mains sur la taille de la jeune femme et ses bras s'enroulèrent autour de son cou. Elle se mit à demi sur la pointe des pieds, prête à lui donner un baiser quand ils entendirent des bruits, comme quelqu'un qui se débat avant d'entendre des
« Lâchez ça ! Laissez-moi tranquille ! »
Jo et Henry se relâchèrent pour prendre connaissance de ce qui ressemblait à une agression.
Henry remarqua une femme d'un certain âge en train d'essayer de se débattre, de s'accrocher à son sac comme si sa vie en dépendait.
- Jo ! Regarde !
Il pointa du doigt l'agression. Jo secoua la tête.
- Les gens ne peuvent pas rester dans leur lit le matin ! Je te jure, faut toujours jouer les flics.
Heureusement, comme ils avaient l'intention de se rendre directement au poste après leur tête-à-tête, Jo avait son attirail de flic et son arme était accrochée à sa ceinture. Elle déposa le café dans les mains d'Henry ainsi que son sac à main.
- Ne bouge pas ! Je vais lui faire passer l'envie d'agresser les petites dames dès le matin.
Elle traversa la rue et se disait que cela remontait à bien longtemps la dernière fois qu'elle avait arrêté un simple petit voleur de rue. Elle n'était encore qu'officière et se faisait insulter pour coller des tickets à chaque personne étant stationnée à un mauvais endroit.
Le voleur était finalement parvenu à arracher le sac des mains de la petite dame qui hurlait au désespoir. Jo avait accéléré le pas et siffla le gars qui marchait tranquillement comme si de rien n'était.
Il se retourna lentement
- NYPD ! Je crois qu'il y a quelque chose qui ne t'appartient pas dans la main.
Henry avait tout de même rejoint sa partenaire parce qu'il n'était pas du genre à obéir aux règles, ceci était bien connu. Il s'était mis à côté de la petite femme qui pleurait chaudement. Apparemment, ce sac devait avoir une grande valeur sentimentale. Les personnes âgées tenaient très souvent à des objets que chacun qualifierait de banals dans la vie de tous les jours.
Il voulait lui tenir compagnie et la rassurer.
- Ne vous en faites pas ! Ma partenaire est très douée, votre sac sera de retour dans vos mains avant même que…
- Hey ! Reviens ici.
Henry n'eut pas le temps de finir sa phrase que Jo avait démarrée comme un bolide derrière le gars qui n'avait pas perdu du temps pour lui faucher compagnie.
Washington Heights était un quartier qui comportait deux grands escaliers et tout ça très proche de là où le couple se trouvait actuellement. Henry était bien soulagé qu'il n'y avait plus de verglas, mais les nombreuses flaques d'eau et les sentiers boueux n'étaient pas forcément plus avantageux. Jo avait une bonne endurance, mais il ne fallait pas qu'elle se casse une jambe, tout ça pour un petit voleur qui profitait simplement de la vulnérabilité d'une personne sans défense.
Henry décida d'aller prêter main-forte à sa jeune partenaire et regarda la petite dame
- On s'occupe de tout ! Pouvez-vous surveiller nos affaires ?
Encore sous le choc, la petite dame acquiesça vivement et Henry lui remit le café et le sac de Jo, en espérant qu'il ne faisait pas une erreur, mais il savait que les affaires de valeur de Jo étaient entre les poches de son jean.
Il passa sur le trottoir d'en face, là où il marchait avec Jo quelques minutes auparavant. Il voulait tenter quelque chose, dans le cas où Jo ne parvenait pas à mettre la main sur le voleur, qui courait diablement vite même pour elle.
- Mon Dieu… Moi qui voulais me remettre au sport, c'est l'occasion. C'est pas possible de courir aussi vite.
Elle savait qu'elle était à son maximum et elle traînait encore loin derrière le gars qui ne semblait pas pouvoir être en mesure de s'arrêter, enfin jusqu'à ce qu'il soit pris au dépourvu par l'escalier.
Il n'y avait aucune autre issue possible, s'il faisait demi-tour, Jo allait lui sauter à la gorge. L'ayant vu s'arrêter, la jeune femme redoubla d'efforts et il s'en rendit bien compte. Jo observa ce qu'il allait faire.
Elle regarda en arrière d'elle pour voir la petite dame qui était désormais toute seule et sans Henry. Où était-il donc passé encore celui-là ?
Le jeune homme n'hésita pas une seconde et dévala les escaliers à la même vitesse à laquelle il avait échappé à Jo, qui avait à peine eu le temps de reprendre son souffle. Elle leva les yeux au ciel.
- J'hallucine !
Elle se mit donc à sa poursuite, sachant qu'elle n'aurait pas d'autres alternatives. Elle se trouvait tellement ridicule de courir derrière un simple voleur, mais c'était aussi une partie de son job.
Elle savait qu'il était en train de la narguer à la vitesse à laquelle il dévalait les escaliers. Jo tentait le tout pour le tout pour ne pas se briser un membre.
Quand le voleur arriva en bas, il pensait avoir échappé à Jo, mais ce fut sans compter l'intervention d'Henry qui débarqua de nulle part, sachant qu'au bord du trottoir qui reliait les escaliers, une énorme flaque d'eau et de boue s'y trouvaient, Henry fit un croche-pied au voleur qui perdit directement l'équilibre et atterrit la tête la première dans la flaque d'eau d'une profondeur assez importante. Dans sa chute, le sac lui avait échappé et était maintenant sur l'escalier.
Henry fit un petit sourire en coin, en voyant le voleur pester. Il crut pouvoir dire à Jo que la situation était maîtrisée, mais la jeune femme manqua une marche en courant et cria.
- Henry !
Il la vit descendre le reste des marches sur le derrière et se réceptionna à la fin pour la rattraper. Le contrepoids les fit basculer tous les deux et ils tombèrent à leur tour dans la boue et la flaque d'eau, à côté du voleur qui ne savait pas s'il fallait être hilare ou pas.
Jo le regarda d'un œil noir et lui cliqua les menottes aux mains sans qu'il comprenne quoi que ce soit.
- Ça vous apprendra à faire le malin. Dérober une femme sans défense, votre mère serait fière de vous. Pauvre idiot !
Henry se pinça les lèvres. Voir Jo en pétard avait toujours un côté bien excitant et cela était d'autant plus vrai qu'elle était recouverte de boue de la tête aux pieds. Enfin, il n'était certainement pas au meilleur de sa masculinité non plus, voire pas du tout avec le charme anglais qui le caractérisait tant. Il se surprenait à ne pas être au bord de la crise cardiaque en voyant dans quel état il était et surtout ses vêtements hors de prix.
Le drôle de trio se releva enfin et Jo repéra quelques officiers qui avaient l'air de s'ennuyer à mourir.
Elle agrippa fortement le bras de leur suspect, non sans cesser de le regarder comme une mère regarderait son enfant après avoir fait une énorme bêtise, mais qui attend d'être à la maison pour le corriger.
- Hey ! Les gars, rendez-moi un service s'il vous plaît.
En voyant Jo arriver telle une guerrière, avec son masque de boue, ils prirent légèrement peur. Elle leur montra son badge, complètement dégueulasse.
- Jo Martinez, du 11. Je ne peux pas me rendre là-bas comme ça, je dois passer chez moi pour me doucher. Sa bêtise a fait que mon partenaire et moi venons de prendre un bain de boue gratuitement. Je vous serais éternellement reconnaissante si vous pouviez le conduire à mon poste pour qu'il soit en garde à vue et réponde de son inconscience. Il dormira certainement dans un centre de détention quelques jours, ça l'obligera à réfléchir à deux fois avant de courser un flic.
La jeune femme voyait bien que ses deux collègues essayaient de ne pas rire à voir la tête de tout le monde et d'Henry qui tentait tant bien que mal d'essuyer inutilement toute cette boue, sur son écharpe et ses vêtements. Tout ça avec un petit mouchoir en tissu qui valait certainement plus qu'une simple paire de chaussettes.
Elle soupira. Les hommes. Tous des bébés !
Ils acceptèrent de lui rendre ce service et elle leur demanda de résumer rapidement la situation à sa supérieure. Elle rebroussa chemin vers Henry et entendit les deux officiers glousser comme des poulettes. C'était bon ! Elle en avait pour toute la journée à être de mauvaise humeur.
Henry devait reconnaître que la situation dans laquelle ils étaient tombés était tout de même assez cocasse.
Elle le regarda avec un sourcil levé
- Cette situation t'amuse, peut-être ?
- Il faut reconnaître que de nous voir tous les trois plonger là dans avait quelque chose de drôle. Et désolé, mais cette chute que tu nous as faite – il se pinça les lèvres, Jo secoua la tête, mais sentait bien qu'elle était sur le point de rire d'une façon ou d'une autre, mais elle avait quand même une certaine dignité.
Henry ramassa le sac de la vieille femme. La seule chose qui avait été épargnée par leur bain de boue.
Il tendit son mouchoir à Jo pour qu'au moins elle s'essuie le visage. Elle se détailla.
- Quelle horreur ! Je sais que je ne fais pas souvent de masques de beauté, mais je n'avais pas demandé l'intégralité. C'est la première et dernière fois que je mets autant d'adrénaline dès le matin.
Elle prit le sac des mains de son petit ami qui explosa de rire à la minute où ils remontèrent les escaliers. Jo était frustrée, mais un petit sourire s'incrustait sur le bord de ses lèvres. La dernière fois qu'elle s'était retrouvée dans ce genre de situation, elle devait avoir environ 7 ans et elle se trouvait avec Luis et Clara et ils avaient chacun eu la correction qu'ils méritaient par la suite. Elle ne pensait pas remettre ça en tant qu'adulte déjà grandie.
En les voyant revenir dans l'état pitoyable dans lequel ils étaient, la petite dame se sentit affreusement désolée qu'ils se soient mis dans une telle situation juste pour aller récupérer son sac.
Jo le lui tendit
- Tenez ! J'ai réussi à arrêter le voleur, des officiers le ramènent à mon poste. Ça nous aura valu un bain de boue, mais au moins, vous pouvez récupérer vos affaires.
La petite dame fouilla rapidement pour vérifier qu'il ne manquait rien et serra le sac contre elle, comme la chose la plus précieuse à ses yeux. C'était sans doute le cas. Une petite larme coula sur sa joue et Jo se disait qu'il n'en fallait vraiment pas beaucoup à certaines personnes.
- Merci beaucoup tous les deux ! Ce sac a une énorme valeur sentimentale pour moi et je n'en retrouverais plus d'autres. Le perdre aurait été une déchirure. L'argent dedans, je m'en fichais, mais pas le sac.
Jo et Henry pouvaient très bien le comprendre. Jo voulut lui frotter l'épaule, mais se contenta d'un simple signe de tête.
- C'est notre job de protéger les citoyens ! Mais à l'avenir, faites attention et si quelqu'un vous agresse, donnez-lui ce qu'il veut. Il n'y aura pas toujours des officiers dans le coin, on ne sait jamais si l'agresseur peut porter une arme donc soyez très prudente.
Elle acquiesça.
- Je le serais ! Merci encore. Savoir que la ville est bien protégée me permet de mieux dormir le soir.
Elle fit volte-face, mais se retourna à mi-chemin
- Vous ne voudriez pas venir vous débarbouiller à la maison ? Je peux vous offrir un autre café ? Celui que je tenais doit être rendu tellement froid maintenant.
Jo sourit. Elle appréciait le geste. Ce n'était pas la première fois qu'on l'invitait après avoir juste rempli son job, mais elle déclina l'offre bien qu'elle vit le visage d'Henry presque s'illuminer. À la même façon dont il s'était éclairé lorsque Mélanie, l'assistante d'Oliver Clausten leur avait proposé du champagne. Son palais de British aurait certainement apprécié.
- C'est gentil à vous, mais je n'habite pas très loin. On ira se changer chez moi et nous allons nous mettre en retard pour le travail alors on vous souhaite une bonne journée et prenez soin de vous !
- Merci bien ! Vous de même.
Quand la petite dame fut partie, Jo et Henry se regardèrent longuement et ils finirent par rigoler.
Ils marchèrent dans la direction inverse pour rejoindre l'appartement de Jo.
- Vaut mieux en rire – avoua la jeune détective – personne ne s'est fait mal, ça aurait pu être pire que ça, mais je pense que je vais sans doute avoir un petit bleu sur le derrière pendant quelques jours.
Cela fit sourire Henry. Comme Jo le disait, un peu d'adrénaline dès le matin, à qui cela profitait ?
En franchissant les portes de l'appartement, ils retirèrent rapidement leurs chaussures boueuses et Jo entraîna Henry vers la salle de bain.
- Tu mettras tes vêtements dans ma machine à laver et tu repasseras les récupérer ce soir. Je vais te chercher ceux de Sean.
Il acquiesça et il l'entendit pester à quel point cela ne l'enchantait pas de passer la serpillière dans tout l'appartement pour retirer toutes les traces qu'ils avaient laissées, même s'ils avaient retiré leurs chaussures. Mais leurs vêtements, la boue n'était pas exactement sèche et dégoulinait un peu de partout sur le plancher.
Elle revint avec des vêtements plus ou moins quotidien et un peu moins habillé qu'Henry à son habitude ou plutôt son look casual du dimanche.
- Merci ! Je vais essayer de ne pas traîner dans la salle de bain pour te laisser ton tour… On va arriver peut-être juste ou plutôt très en retard.
- On va surtout être en retard, mais je pense que les officiers vont expliquer la situation à Reece et elle ne nous en voudra pas. Prends ton temps !
Il commença à retirer sa chemise et quand elle franchit la porte, sa main resta sur la poignée. Elle se pinça les lèvres et détourna légèrement la tête pour le voir déjà torse nu, mais de dos à elle. Elle ravala sa salive. Son dos était si musclé que cela lui donnait des palpitations dans des endroits dont elle n'avait pas encore connaissance en 30 ans qu'elle était une femme.
Elle regarda la baignoire. Elle avait la chance de vivre dans un appartement avec une salle de bain plutôt grande. L'Amérique n'était pas connue pour avoir de grandes salles de bain, mais au moins dans celle-ci, elle avait eu la place pour mettre une machine à laver et un sèche-linge.
La baignoire était assez spacieuse pour rentrer deux personnes dedans. Ils allaient vraiment être en retard. Mais cela allait être le premier moment « intime » qu'ils passeraient et au moins détendrait sans doute l'atmosphère, le moment venu. Même si elle savait qu'il n'y avait absolument aucune gêne entre eux.
Elle se retourna complètement et se racla la gorge. Henry sursauta. Il n'avait pas idée qu'elle était encore derrière lui.
Le rouge monta rapidement à ses joues. Lui torse nu, elle face à lui, dans la salle de bain… Son corps commençait à lui envoyer des signaux dont il se serait bien passé. Il fallait qu'il ait un contrôle sur lui-même, mais pouvait-il seulement lorsque leurs deux corps étaient en proie du désir ?
- Erm… Je me disais… Est-ce que… ça… On pourrait peut-être… prendre un bain de bulles toi et moi ? Déjà ça nous ferait gagner du temps si on passe à deux, mais on économise un peu sur l'eau, tu ne crois pas ?
Elle trouvait son excuse complètement plate. Pourquoi ne pas lui proposer un tour en sous-marin tant qu'à y être.
Henry fut surpris de sa demande, mais devait reconnaître qu'il se sentait toute chose à imaginer l'érotisme de la situation.
Il déglutit péniblement et hocha la tête comme un pantin de bois. Les yeux de Jo dérivèrent vers sa braguette et elle essaya de faire abstraction des pensées impures qui dansaient autour d'elle.
Elle fit un sourire crispé et se dirigea vers la baignoire.
- Bon alors, essayons de ne pas trop traîner. Tu peux te déshabiller, je ne te regarderais pas.
Elle voulait se donner une claque intérieure pour dire de telles choses à hautes voix. « Martinez, toi et lui êtes de grands adultes et un jour ou l'autre, tu vas finir par le sent… »
- Jo ! On est en couple et je pense qu'un moment ou un autre, on finira bien par se voir sans rien sur le dos, l'un comme l'autre. Et tu as déjà vu tout ce qu'il y avait à voir de mon côté; donc je n'ai aucun problème de pudeur.
Elle entendit de nouveau son commentaire « je dors nu » et l'avait imaginé à plusieurs reprises sortir du East River un peu à la façon des sauveteurs dans Alerte à Malibu.
Elle se mordilla si fortement les lèvres qu'elle parvint à sentir le goût du sang dessus.
Elle ne fit qu'un haussement d'épaules et se contenta de remplir la baignoire avec le liquide mousseux, le temps qu'Henry retire ses vêtements. Elle sentit des papillons dans le creux de son estomac lorsqu'elle entendit la boucle de sa ceinture tomber sur le sol dans un « ploc » sonore. Ses joues étaient en effusion, tel un volcan. Un volcan qui brûlait en elle et qu'il fallait éteindre le plus rapidement possible.
Ce fut le genre de bruit qu'elle rêvait d'entendre dans d'autres circonstances. Ses mains remontant le long de son torse, ses lèvres parcourant son bas ventre pour se poser sur sa cicatrice qu'elle regarderait avec un mélange de curiosité et de désir. Il la soulèverait, l'embrasserait avec passion, lui retirerait son soutien-gorge de façon sensuelle et délicate, avant de la déposer dans leur lit et de la faire sienne pour toute une nuit.
Elle sentit une vague familière entre ses jambes et les serra rapidement avant de s'égarer dans ses pensées pour le moins impures.
L'eau avait eu le temps de monter rapidement et elle ferma le robinet, avant de se retourner et de voir son petit ami dans son plus simple appareil, cachant cette fois-ci sa virilité masculine qui ne devait n'être qu'à moitié au repos.
Elle essaya de ne pas trop s'attarder sur son bas ventre et releva lentement les yeux. Ils se dévoraient tous les deux avec un désir évident qui les prenait aux tripes depuis un an et demi maintenant.
Henry passa sa langue sur ses lèvres. Jo savait qu'il la voulait. Ils se désiraient tant. Elle se rapprocha lentement de lui et en le regardant droit dans les yeux, fit tomber les vêtements qu'elle avait sur elle. Henry sentit son bas ventre se contracter lorsqu'elle se retrouva en sous-vêtements. Ironiquement, la partie du corps qui n'était pas visible par la couche de vêtements faisait qu'elle était plus propre que leurs visages.
Henry ferma l'espace entre eux et posa ses lèvres dans le cou de la jeune femme. Elle ferma les yeux en s'agrippant à lui, faisant abstraction de ce qu'elle sentait entre ses jambes. Ce n'était qu'une réaction parfaitement normale. Elle ne put retenir le soupir qui s'échappait de ses lèvres et sentit les mains d'Henry remonter du creux de son dos pour se poser sur l'attache de son soutien-gorge. D'une certaine façon, son rêve était en train de devenir réalité.
Il la délecta du morceau de tissu et sa poitrine s'écrasa contre son corps chaud. Ils se regardèrent avec des yeux brillants. Si la situation était autre, ils savaient, ils savaient qu'il n'y aurait pas eu de retour arrière.
Il l'embrassa délicatement sur les lèvres avant de rentrer dans la baignoire et de se laisser fondre dans les bulles. Jo sentit ses jambes encore tremblantes par l'érotisme qu'ils venaient tous les deux de vivre, sans même avoir été au bout des choses. Il y avait vraiment une profonde connexion entre eux.
Jo retira rapidement sa culotte et rejoignit Henry dans la baignoire, en se mettant entre ses jambes. Elle avait déposé son téléphone juste sur le tapis de bain.
Sa tête s'écrasa contre le torse du docteur qui enroula ses bras autour de son petit corps frêle et fragile. Un corps qui avait besoin d'être protégé et choyé et Henry savait qu'il lui donnerait tout ceci.
- J'imagine qu'il y a pire après une course poursuite ridicule – confia Jo, collée contre le torse de son petit ami et ni l'un ni l'autre n'étant dérangé par tant de nudité.
Henry ne fit qu'approuver. Son menton s'appuya contre la tête de Jo et il lui embrassa délicatement le sommet du crâne.
- Il ne manque plus que la petite panoplie de champagne et pétales de roses et on ferait de ce moment, le plus romantique qui soit.
Henry pouffa et continua de déposer des baisers sur le sommet de son crâne
- Ne t'inquiète pas. C'est dans mes plans. Tu sais très bien que je ne m'arrête jamais d'être romantique.
- Oh ça oui ! Je te connais. Mais j'apprécie que tu prennes tant soin de moi… Ça faisait bien longtemps que je n'avais pas été autant choyé.
Henry fut ravi de l'apprendre et la resserra un peu plus contre lui. Plus les jours passaient, plus il se rendait compte à quel point il devenait de plus en plus amoureux de cette femme. Il ne cessait de penser au moment où il devrait tout lui dire. Ce n'était pas faute d'essayer, mais ils avaient un travail qui les prisait énormément.
Jo sentit bien qu'il était songeur et un peu trop silencieux. Elle le taquina, en passant une main sur son menton, sans pour autant changer sa position.
- Je croyais que le silence n'était pas un don qui t'avait été donné ?
Henry la regarda d'un air sarcastique. La jeune femme éclata de rire et embrassa rapidement les paumes de ses mains.
L'immortel avait fait cette remarque l'année passée lorsque Jo était encore plongée dans son désarroi vis-à-vis de Sean et qu'elle ne voulait absolument aucune compassion, qu'Henry lui avait proposé de l'écouter si elle avait besoin de parler et qu'il resterait en silence à ses côtés si elle ne voulait rien dire. Bien évidemment; il n'avait pas tenu sa parole trois secondes et Jo en avait terminé frustrée, à deux doigts de lui balancer son verre dans la figure… Même si une partie d'elle avait été grandement amusée de la situation.
Un sourire s'incrusta sur les lèvres de la détective. Cet homme avait tout fait pour ne pas qu'elle se laisse bouffer de l'intérieur par la peine, il avait tout fait pour la faire avancer et mettre un peu de positivisme dans sa vie et c'était tout naturellement que leurs sentiments s'étaient développés.
Cela semblait égoïste de sa part, mais elle ne voulait quitter ce cocon de bonheur et cette relation pour rien au monde. Elle savait qu'Henry cachait bien plus qu'il ne voulait l'avouer, mais elle savait également qu'il finirait par s'ouvrir complètement à elle quand il aurait fait la paix avec lui-même.
Elle songea
- Henry ! Je sais que tu dois me dire quelque chose. Je le sais depuis que je me suis présenté avec cette photo en septembre. Sache que je suis prête à t'écouter, et que peu importe ce que tu me diras, ça ne changera rien à notre relation.
Il la retourna de sorte qu'elle soit face à lui. Il caressa délicatement sa joue et enroula une boucle autour de son doigt, essuyant une bulle de savon qui s'était encastrée dedans.
Elle était si sérieuse et Henry savait qu'elle disait la vérité. Il lui faisait pleinement confiance. Abe avait aussi confiance en elle, cela avait toujours été le cas depuis le premier jour.
Et l'ambiance familiale qui se créer comme autrefois dès qu'elle passait des soirées avec eux… Jo était celle qu'il recherchait depuis 30 ans... Ironiquement.
Ses grands yeux marrons l'observaient en silence. Il posa son front contre le sien.
- Tu es une détective donc tu sais que quelque chose me tourmente depuis qu'on s'est rencontré et sache que cela me déchire de l'intérieur de ne pas pouvoir le partager… Cela a bien déjà failli nous briser une fois.
Jo pencha la tête sur le côté et caressa doucement ses lèvres
- Je sais ! Mais je me doute que c'est difficile et compliqué à expliquer – elle se mordilla la lèvre… En réalité, elle commençait à avoir de sérieux doutes, mais elle ne savait pas exactement des doutes sur quoi ? Elle ignorait quelles étaient ses plus profondes pensées vis-à-vis d'Henry et se demandait si tout ce à quoi elle pensait faisait même du sens… Mais à vivre dans le délire depuis un an, elle savait qu'il n'y avait plus aucune possibilité à écarter.
Henry la regarda droit dans les yeux. Il voyait le reflet de son propre amour au travers ses pupilles. Elle avait ce même regard que le jour où elle s'était présentée à la boutique pour en savoir plus sur la photo, sans jugement, sans rien, juste besoin d'une explication. Elle avait également un côté compatissant, le même qu'elle avait eu le jour où il avait trouvé les restes d'Abigail et qu'elle était venue le consoler et lui dire qu'il pouvait tout lui confier. Aujourd'hui encore, elle continuait de prouver son entière dévotion à lui.
Il ne sut quoi ajouter de plus alors ses lèvres s'approchèrent des siennes, en gardant ses mains sur ses joues mousseuses, leurs jambes étaient entrelacées et leurs corps se réclamaient et pourraient ne faire qu'un.
- Je suis juste tellement reconnaissant que tu fasses partie de ma vie !
Ses lèvres frôlèrent les siennes, mais ils n'eurent pas le temps d'aller plus loin que le téléphone de Jo vibra fortement sur le tapis de bain. Ils sursautèrent, le moment étant complètement brisé par le bruit décuplant par le fait que l'appareil était posé sur le sol.
Jo regarda le cellulaire vibrer et sentit sa bouche se tordre
- On ne va jamais avoir un moment à nous.
- On dirait que le devoir nous appelle toujours au mauvais moment.
Jo leva les yeux au ciel
- Je parierai qu'ils le font bien exprès !
Jo s'éleva un peu de la baignoire et Henry eut le droit à l'une des plus belles vues qu'il n'avait pas eu l'occasion de voir depuis bien longtemps. Il remarqua à quel point son tatouage était tout de même assez proche de ses fesses considérant qu'il se trouvait au bas de son dos. Il ne put s'empêcher de sourire comme un pervers en voyant le corps de sa jeune partenaire si bien sculpté. Surtout qu'elle était à moitié recouverte de mousse. Il y avait vraiment un côté sexy à tout ceci.
Jo appuya sur le haut-parleur et répondit d'un ton frustré
- Qu'est-ce qu'il y a Mike ?
Mike la sentait un peu essoufflée et se demandait s'il venait d'interrompre une partie de jambes en l'air. Si tôt dès le matin. Il espérait que non et il essaya de chasser les images de sa tête. Il n'avait vraiment pas besoin d'imaginer ses deux collègues en train de copuler.
- Eh bien! je ne t'appelle pas pour te parler de la pluie et du beau temps.
- Sans blague ! Tu n'es pas le genre à passer des coups de téléphone, c'est Karen qui s'en charge donc j'imagine qu'on a un corps ?
Mike se sentait un peu froissé. Il s'en prenait des remarques avec les femmes. Au vu du ton de Jo, cette dernière était sans nul doute occupée avec Henry et devait l'imaginer sur un grill à le démembrer pour avoir osé les déranger.
- Oui… Et puis c'est encore quelqu'un de jeune. On les aura tous faits cette année.
- Un enfant ? – demanda Jo qui repensait encore à l'affaire de Jeff en octobre.
Jo et Henry s'échangèrent un regard à cause du silence d'Hanson
- Non ! Mais pas quelqu'un de majeur non plus. Enfin, venez, vous verrez.
Jo se demandait s'il y avait une malédiction qui pesait sur la jeunesse ces derniers temps. Cela commençait à faire peur. Mais dans la tête des psychopathes, il y avait plusieurs cerveaux tout autant dérangés les uns que les autres, quand il s'agissait de trouver des victimes.
- L'adresse s'il te plaît. Sauf si on doit rejoindre tout le monde au 11.
- Nan, venez sur la scène de crime, ça va permettre à Henry de faire ses petites théories. 20 East Street, 92e.
Jo resta perplexe. Elle remercia Hanson et raccrocha. Henry remarqua bien le changement sur son visage.
- Quelque chose te tracasse ?
- C'est bizarre ! L'adresse qu'il a mentionnée me dit quelque chose.
Henry suggéra. Il connaissait New York comme sa poche, mais parfois une adresse ne suffisait pas à se rappeler d'un endroit. En tous les cas, cela restait plus ou moins dans le coin où ils étaient, ils n'auraient pas beaucoup de routes à faire.
- Peut-être que nous sommes déjà passés par là pour une enquête ou toi-même tu as déjà eu à le faire pendant ta carrière.
Jo haussa des épaules en sortant de la baignoire sans aucune pudeur et se retournant pour qu'Henry profite davantage de la vue. Il pouvait être un gentleman, mais à ce moment, il ne put contrôler ce qui se passait entre ses jambes. Il préféra rester assis dans l'eau quelques minutes avant de sortir. Elle attrapa une serviette et s'enroula dedans, non sans un petit sourire en coin.
- C'est possible ! New York est une grande ville, mais c'est vrai que pour nos enquêtes, on peut repasser plusieurs fois aux mêmes endroits. On l'aura bien vu. Bon allez, quand tu auras fait redescendre la tension, habille-toi et rejoins-moi.
Elle se pencha pour lui donner un court baiser un peu savonneux de son côté et elle sortit rapidement comme si elle ne venait pas de le chauffer. Henry resta pantois. Ils allaient finir par être à deux à jouer à ce petit jeu.
La route n'avait pas été très longue et le trafic plutôt fluide. L'heure de pointe était passée. Les routes étaient légèrement glissantes, mais pas trop, comparées aux trottoirs.
Jo se gara devant un bâtiment très fancy. En sortant et en avançant vers l'entrée principale qui était une cour d'école, d'une Henry sentit un frisson passé et de deux… En franchissant les portes de l'établissement, Jo s'arrêta net, Henry lui rentra dedans.
- Jo ! Qu'est-ce qui se passe ?
Jo resta de marbre à regarder l'établissement autour d'eux. Son cœur se mit à battre à un rythme effréné… Et des mauvais souvenirs s'emparèrent de sa tête.
1996
Jo courrait toute excitée dans la maison en brandissant une lettre. Sa mère était à la cuisine. Clara lui donnait un coup de main. À cette époque Luis et Victor étaient toujours dans les bas-fonds d'Harlem à cacher la grossesse d'Elsa.
- Maman ! Le facteur vient de passer, il avait une lettre pour moi, je viens de l'ouvrir. Devine quoi !
Sa mère se retourna lentement en demandant à Clara de surveiller la casserole.
- Qu'est-ce qui se passe mija ?
- Tu te rappelles que j'avais postulé pour ce collège privé dans l'Upper East side ?
Isabel hocha la tête et se précipita aux côtés de sa fille pour lire par-dessus son épaule. Clara regardait attentivement ce qui se passait.
- Mlle Martinez, nous avons le plaisir de vous annoncer que votre candidature a été retenue en vue de l'excellence de vos résultats dans votre école primaire et de ce fait nous vous accordons une très généreuse bourse pour vous permettre de poursuivre vos études dans notre établissement de Bamford.
Isabel attrapa sa fille et la serra si fort que Clara se demandait comment elle ne la brisait pas en deux.
- Oh mi carino ! Je suis tellement contente ! Tu as travaillé tellement fort pour obtenir cette bourse et aller dans cette école, c'est tout ce que tu mérites.
Jo regarda sa sœur en envoyant des signaux de détresse. Clara arrêta le feu sous la casserole et rejoignit sa mère.
- Maman ! Arrête, tu vas finir par l'étouffer.
Isabel relâcha sa fille qui poussa un long soupir et regarda sa mère comme si elle était folle.
- Je suis très contente aussi maman, mais il faudrait que tu apprennes à contrôler tes émotions. Tu as bien failli me faire manquer d'air.
Isabel pencha sa tête sur le côté en s'excusant
- Excuse-moi ! Mais je suis vraiment contente que tu aies obtenu cette bourse.
Clara lisait la lettre et était impressionnée
- C'est vrai que c'est une chance. Il paraît que c'est une très bonne école. Ce n'est pas n'importe qui, qui va là-bas.
Jo hocha lentement la tête
- Je sais ! Il va me falloir un uniforme.
Isabel était dans tous ses états
- Il n'y a pas de problème. Cette bourse devrait t'aider à en trouver un bien beau pour que tu passes dans le décor. Comme l'a dit Clara, ce n'est pas n'importe qui, qui va dans cette école. N'oublie pas que tu es d'Harlem et que les enfants qui y seront vont être de voisinages bien aisés, mais ne te laisse pas abattre à ça. Tu auras la même éducation qu'eux et je suis sûre que tu apprendras plein de choses là-bas.
Clara continua de lire les caractéristiques de l'école, dans le dépliant qu'ils avaient joint à la lettre d'admission.
- C'est une école de filles… Mais le directeur est un homme. Si ce n'est pas ironique.
Isabel leva les yeux au ciel
- Il est très rare que les femmes soient nommées directrices. Il y a encore du chemin à faire, mais la plupart des professeurs sont des femmes.
- Pas la plupart. Toutes – ajouta Jo – j'ai pris le temps de lire tout un bouquin sur l'école, la dernière fois que je suis allée à la bibliothèque. Elles ont l'air de bien connaître leurs matières. J'espère vraiment que cela me permettra d'avoir des points positifs pour plus tard.
Isabel embrassa la tête de sa fille
- J'en suis certaine !
Clara fit un large sourire et fit une étreinte à sa petite sœur
- Eh bien ! tu as tout mon support pour bien réussir. Toute ta scolarité se passera là-bas jusqu'à la fin du lycée donc ne rate rien.
Jo répondit à son sourire et fut vraiment ravie du support de sa famille…
Le jour de la rentrée, en voyant le type d'élèves qui fréquentaient l'école, elle comprit qu'elles étaient toutes des filles de riches et qu'elles étaient bien sophistiquées tel qu'elle l'avait imaginé. Clara rentrant en 3e ne commençait les cours que le lendemain dans un collège d'Harlem et Isabel n'était pas en mesure d'accompagner sa petite Jo en raison de son travail, ce fut sa grande sœur qui était montée dans le bus avec elle au moment où ce dernier était passé.
À la minute où les deux filles avaient posé le pied dans le bus, il y avait eu un long silence. Jo portait l'uniforme, mais sa sœur était assez mal habillée avec un jean trois fois trop grand pour elle et un débardeur un peu délavé. Mais ils vivaient à Harlem alors il n'y avait rien de surprenant à tout ceci. Isabel s'était toujours assuré qu'ils ne manquent de rien, mais ne pouvait pas garantir un changement de garde-robe tous les ans non plus.
En prenant la seule place qui restait vers le fond du bus, Jo chuchota à Clara
- Tu as vu la tête qu'ils ont faite quand on est rentrées ?
Clara lui donna un coup de coude
- Ne t'inquiète pas pour ça. C'est à cause de moi. Je suis habillée comme un plouc, mais ce n'est pas moi qui vais dans cette école. Ils auront oublié quand tu franchiras les portes.
Jo pensait pouvoir s'adapter, mais en réalité, ce fut la période la plus traumatisante de sa vie.
Henry la regarda longuement, en voyant la détresse dans ses yeux.
- Attends une seconde, tu m'as raconté avoir été dans une école privée quand tu avais 11 ans… Est-ce que…
Jo hocha la tête
- The Nightingale Bamford School ! L'école privée où j'ai été et où j'ai été particulièrement traumatisée. Et par faute de paperasse et de place, j'ai été condamné à y rester trois mois avant de pouvoir avoir une place dans le même collège que Clara… Le pire semestre de toute ma vie.
Henry se rappelait qu'elle lui avait raconté qu'une petite blonde l'avait poussée dans les escaliers au bout de trois semaines et qu'elle s'était tordu le poignet. À voir la frustration sur son visage, la rancune était toujours présente… Il y avait certainement plus que cette histoire.
La jeune femme secoua la tête et cligna rapidement des yeux.
- Enfin ! Nous sommes là pour une enquête. Tout ça, c'est du passé. Il ne vaut mieux pas le ressasser.
Elle releva les yeux pour voir qu'Henry l'observait sans dire un mot. Elle s'était toujours promis de lui en parler et il méritait de savoir ce qui s'était passé à cette époque.
- Je te raconterais, mais ça ne va pas être beau à entendre.
Author's note: For my foreign readers, in the flashes, Jo was starting 6th grade and Clara, 9th grade.
Et personnellement j'étais explosée de rire à écrire la scène du début avec la course poursuite... Et bien sûr j'espère que vous avez apprécié le petit aperçu d'un moment intime ;).
Le titre du chapitre est une référence à une chanson française qui date de y'a un siècle (pun intented ;) (elle date en réalité de 2003 mais c'est presque pareil) qui s'appelle On n'oublie jamais rien, on vit avec (je pense que certains de mes lecteurs fr qui ne sont pas nés après 2005 la connaissent bien "), si ça vous intéresse de l'écouter (l'histoire n'a rien avoir avec les paroles mais je me suis inspiré de ce titre en particulier pour le chapitre)
Bon l'école que j'ai mentionné n'a certainement pas de mauvaise réputation et n'a jamais été une école de filles mais pour les besoins de l'histoire, je devais changer certains éléments.
Et vous aurez compris que l'histoire de Jo m'intrigue autant qu'Henry donc je me dois de lui donner un peu d'intérêt de temps à autre à notre belle détective. De plus, vous devez le savoir c'est dans l'épisode 7 qu'elle a mentionné en quelque sorte avoir été bullied dans l'école en question donc je voudrais donner plus de background à cette histoire.
