Merci pour vos reviews.

Lol, don't worry Jess, you're doing fine. English isn't my native language as well as you must have noticed loool and after all, you have to translate mine though.

Derrnière suite de 2019, le reste l'année prochaine (old joke). Bonne lecture !


Henry hocha la tête et suivit Jo qui rentrait dans l'établissement en grognant. Il ne put s'empêcher de regarder autour et se rappela lui-même avoir visité l'établissement, sans être conscient à l'époque qu'il s'agissait d'une école de filles… Apparemment, elle était devenue mix depuis, mais il y avait toujours une partie collège et une partie lycée.

L'école avait été ouverte en 1920, et en 1956, Henry se rappelait avoir visité le coin avec Abigail. Ils devaient être complètement à côté de leurs pompes ce jour-là parce que ni l'un ni l'autre n'avaient remarqué le fait que c'était une école féminine.

Il était vrai qu'il n'y avait pas beaucoup de femmes directrices, mais c'était le cas à cette époque et Henry et Abigail avaient discuté longuement des bienfaits d'une école privée et ce que cela apporterait au futur d'Abe, jusqu'à ce que la personne ressource leur dise que c'était une école entièrement réservée aux filles, ce qui les avait fait rapidement prendre leurs jambes à leur cou.

Le souvenir le fit sourire. Avec Jo, il bravait tous les interdits, mais avec Abigail, il n'avait pas non plus fait dans la demi-mesure.

Ils traversèrent un long couloir. Le corps semblait-il eu été retrouvé dans une des salles de photographie. Jo se rappelait très bien des longs corridors, des chuchotements sur son passage, quand elle serrait ses livres contre sa poitrine et qu'elle marchait très vite en direction de la bibliothèque. Le souvenir d'avoir des filles se moquant d'elle, de sa petite taille, du fait qu'elle n'était pas encore développée et cassant ses lunettes plus d'une fois, fit monter la haine en elle. Si elle remettait la main sur ces filles-là désormais, elles passeraient sans doute un sale quart d'heure. Elle ferma rapidement les yeux. Elle savait que cela ne servirait à rien de se venger, elle ne voulait pas s'abaisser à leur niveau, mais cette satisfaction qu'elle pourrait ressentir rien que de leur coller son poing dans la figure.

Henry remarqua ses poings qui se crispèrent. Traverser les couloirs où elle avait passé les pires mois de sa scolarité ne devait pas être le moins du monde plaisant. Il pouvait parfaitement comprendre ce qu'elle ressentait.

Sa main glissa dans la sienne et elle se détendit directement à son contact, c'était tout ce dont elle avait besoin.

Ils furent accueillis par les banderoles jaunes, signifiant la scène de crime. Hanson se tenait à l'entrée de la salle et gribouillait sur son calepin. Les quelques officiers présents firent passer Jo et Henry par-dessous les bandes et ils rejoignirent leur collègue.

- Alors, on a des infos ? – demanda Jo

Ils rentrèrent à moitié dans la salle, pour voir le corps d'une fille bien jeune. Une adolescente avec des cheveux reflets roux. Cela manqua de retourner l'estomac de tout le monde, mais au moins elle n'était pas charcutée… Enfin, c'était ce que Jo pensait au premier coup avant de voir de plus près.

- Je rêve où il lui manque un doigt ?

Henry s'était baissé près du corps pour observer de plus près les marques qui auraient conduit à la mort.

- L'annulaire pour être exact – affirma Henry

Jo grimaça et se renseigna avec Hanson pour l'identité de la victime

- Est-ce qu'on sait qui elle est ?

- Une étudiante de l'école. Elle était en terminale. C'est un gars de l'entretien qui l'a trouvé – il montra la carte étudiante trouvée dans les poches de la victime.

Jo lut le nom de la victime à haute voix

- Roxanne Cummings ! 17 ans… Charmant dis donc.

Tout le monde n'avait pas manqué de remarquer le fait que la jeune femme était à moitié déshabillée. Jo se retint vraiment de vomir. Une partie d'elle fut un peu satisfaite de trouver un cadavre dans cette école, car cela allait forcément ruiner leur réputation et s'il y avait toujours autant de connards dans le coin, ça ne ferait que leur servir de leçon.

Henry observait les marques de strangulation et aussi ce drôle de message codé qui était inscrit sur son ventre… Avec une substance rouge qui n'était sans nul doute du sang.

- Bon… Je peux d'ores et déjà que notre victime est morte asphyxiée et par les marques autour de son cou, sans nul doute par strangulation. J'estime la mort aux environs de 4h du matin. Maintenant à savoir ce qu'elle faisait là à cette heure-ci c'est autre chose.

Il se releva et fit le tour de la victime et de la pièce pour tenter de repérer autre chose. Jo était distraite. Cette affaire n'allait pas l'aider à garder la tête froide. Il y avait trop de mauvais souvenirs qui hantaient cet endroit.

Au niveau de la table qui servait à faire sécher les pellicules, il repéra une tache de sang sur la patte.

Il évalua la distance entre le corps de la jeune femme et la table et parvint à une conclusion.

- À mon avis, elle devait connaître son agresseur. Il est possible qu'en l'étranglant, elle ait perdu l'équilibre et que sa tête ait heurté la patte de la table.

Il revint vers le corps et remarqua un énorme hématome à l'arrière du crâne. Il était hésitant maintenant.

- Qu'est-ce qui se passe ? – demanda Jo qui ne connaissait que trop bien ses mimiques

- J'hésite à savoir si elle est morte par strangulation ou traumatisme crânien. La tâche sur la patte de la table me fait dire que c'est ça qui l'a tué et les marques de strangulation n'étaient que pour lui faire perdre l'air.

Hanson demanda

- Et pour son annulaire manquant ? Vous avez une explication ?

Il manquait l'annulaire gauche, celui qui en général portait une bague de mariage ou de fiançailles… Mais elle n'avait que 17 ans. Il faudrait directement poser la question aux parents dans de tels cas, si jamais ils étaient au courant de quoi que ce soit. Il avait tendance à penser qu'une jeune fille de bonne famille, fréquentant des garçons hors de sa classe sociale, ne devait pas le partager avec ses parents.

- Je ne sais pas encore, mais on trouvera bien ! Je vais m'assurer de ce qui l'a tué de retour au labo. Il y a aussi cet étrange message codé sur son ventre. Ce n'est pas une langue. On dirait plus des symboles informatiques. À mon avis, Lucas pourra nous en dire plus là-dessus.

Jo soupira

- Si jeune quand même ! C'est à se demander ce qui passe par la tête de certains.

Hanson fit signe au CSU qu'il fallait qu'ils ramènent le corps. Jo était toujours perdue dans ses pensées. Henry remarqua un homme à forte carrure et d'un certain âge qui avançait derrière eux.

- Ah bonjour ! Vous devez être les détectives – en voyant le corps passer sur une civière et juste la tête découverte, il tenta de ne pas tourner de l'œil. – une terrible tragédie que voilà dans notre grande école.

Jo se retourna, tandis qu'Henry rejoignit ses deux collègues. En voyant le directeur, Jo eut un mouvement de recul, et buta contre Henry.

Il regarda le visage de sa petite amie et du directeur qui avait entamé une direction avec Hanson.

Il la vit serrer des dents.

Il regarda Jo et Henry

- Bonjour, directeur…

- Matthews ! Vous êtes le directeur Matthews ?

La voix d'Isabel résonnait encore dans la tête de Jo alors qu'elle fonçait sans y être invitée vers le bureau du directeur, sa fille sur ses talons, pour le peu qu'elle pouvait suivre.

À cette époque, le directeur devait avoir près de la quarantaine. Maintenant, il avait l'âge de la retraite, mais apparemment travaillait toujours. Jo ne comprenait pas comment il n'avait pas été viré, mais bon, l'argent était ce qui faisait vivre ce genre d'établissements.

- Madame qu'est ce que je peux…

Ce jour-là, Jo avait sursauté. Sa mère avait décoché un énorme coup de poing dans la mâchoire du directeur. C'était le dernier jour d'école de sa fille dans cet établissement de l'enfer. La petite fille avait encore le poignet fragile. Son plâtre avait duré près d'un mois et demi et elle ne pouvait pas encore écrire pleinement avec sa main droite. Ne voulant faire aucun effort, elle avait demandé aux professeurs de faire des photocopies pour suivre les cours bien que ses résultats étaient tombés bien bas, car elle n'avait plus le goût d'étudier.

Isabel avait littéralement craché au visage de cet homme

- Ma fille a passé trois mois à se faire pousser, intimider, moquer. Elle a été blessée et c'est moi qui ai dû payer ses soins alors que tout ceci n'était que de la faute d'une sale petite peste dont les parents sont plus riches que je ne le serais jamais dans toute ma vie. Et vous, vous avez laissé tout ça arriver. Nous venons peut-être d'Harlem, mais ma Joséphine a toujours été une brillante élève et vous vous êtes servie d'elle comme de la tête de Turc de l'établissement. Nous n'avons pas beaucoup d'argent et cette bourse n'a certainement servi qu'à nous amadouer pour pouvoir mieux vous moquer des gens qui vivent dans des quartiers qui ne sont pas choyés par les grands riches de cette ville.

Isabel avait jeté le reste de l'argent qui avait servi pour payer les études de Jo durant toute la session, sur la table du directeur.

- Reprenez votre argent sale et utilisez-le pour vous essuyer le cul avec. Et si vous tentez quoique ce soit contre nous, je vous ferais vivre l'enfer pour le reste de votre vie.

Isabel avait rebroussé chemin en prenant la main de sa fille et l'humiliation que le directeur avait subie était telle qu'il n'avait jamais engagé de poursuites contre Isabel et avait renvoyé l'argent pour qu'ils vivent un peu plus confortablement pendant plusieurs mois. Isabel n'en voulait pas, mais ce fut Clara qui était parvenue à la raisonner. Ce n'était plus la peine de stagner.

Henry serra la main du directeur sans trop de grande conviction, mais Jo ne fit que le regarder. Sa mère avait raison. Cet homme n'avait jamais rien fait pour empêcher les enfants de la bousculer dans tous les sens du terme.

Hanson sentait une certaine tension et se demandait bien ce qui se passait.

Le directeur regarda longuement Jo

- Vous me semblez familière. Est-ce qu'on se serait déjà croisés ?

Jo sentit ses poings la démanger pour refaire la même chose que sa mère et lui rafraîchir la mémoire. Elle était méconnaissable par rapport à la dernière fois où il l'avait vu. La puberté avait vraiment eu du bon pour elle.

Henry remarqua bien la nervosité de sa partenaire et il comprit alors que ça devait être le même homme que sa mère avait frappé.

Jo fit un large sourire et lui serra fortement la main. Il grimaça.

- Détective Jo Martinez !

Elle le regarda longuement pour voir si le nom finissait par le frapper et il déglutit. Il retira rapidement sa main de la sienne comme s'il s'était brûlé.

- Vous êtes la fille de la folle qui m'a démonté la mâchoire il y a 20 ans.

Jo haussa un sourcil

- Parlez mieux de ma mère. Pas dit que je ne refasse pas la même chose qu'elle, mais cette fois-ci… Il y a possibilité que vous vous retrouviez à l'hôpital.

Hanson passa derrière Henry et lui chuchota

- Qu'est-ce qui se passe ?

- Jo a été scolarisée ici pendant trois mois quand elle avait 11 ans et elle en a de très mauvais souvenirs.

Hanson se rappelait que Jo avait vaguement mentionné avoir été mise dans une école privée, mais comme elle n'en disait pas plus, il n'avait jamais cherché à la pousser. Henry en savait toujours plus, ce qui n'était pas une surprise.

Matthews la regarda, en gardant une certaine distance.

- Vous êtes devenue policière…

- Oui ! Et ce n'est pas grâce à votre école de pacotille. Je suis surprise que vous soyez encore là.

- Ils ont jugé bon de me garder… Je ne partirais à la retraite que dans deux ans.

Jo croisa ses bras et regarda la scène de crime

- Je vois que l'école est devenue mix. Pour créer encore plus de conflits et provoquer la raison pour laquelle on est là, n'est-ce pas ?

Matthews ne sut quoi répondre et regarda les deux hommes qui ne volèrent pas vraiment à son secours.

Jo continua, imperturbable

- Une idée de comment cette jeune fille a pu se retrouver dans votre établissement à une heure aussi tardive et se faire tuer ? Ça ne fait pas très joli pour une école aussi sophistiquée !

Elle appuya bien sur le dernier mot. Henry se pinça les lèvres. Jo ne laisserait rien lui passer sous le nez pour cette affaire et ne ferait de cadeau à personne.

- Je ne suis arrivé que ce matin défective, donc je n'en sais pas plus que vous…

Henry ouvrit la bouche, mais Jo continua comme si elle était toute seule

- Et cette jeune fille ? Est-ce qu'elle était brillante ? Avait-elle des amis ? Ou bien était-elle toute seule ?

Les questions prirent le directeur quelque peu au dépourvu. Jo connaissait bien l'intérieur de l'école, elle savait que tout n'était pas aussi beau et rose et elle se disait que certaines choses ne changeaient sans doute pas. Hanson finit par mettre fin à ce cirque avant qu'elle ne tire dans la tête du pauvre vieux.

- Jo ! On verra ça de retour au poste, Henry a encore des choses à nous dire par rapport au cadavre. Le directeur m'a donné l'emploi du temps de Roxanne, on interrogera les élèves avec qui elle avait des cours en commun.

Henry ajouta

- Et je pense que nous pourrons voir avec sa famille et nous aurons quartier libre pour explorer l'école.

Jo regarda le directeur.

- Compte sur moi pour bien mener cette enquête.

Elle donna un coup de coude au directeur en passant devant lui. Hanson et Henry firent un signe de tête et rattrapèrent la jeune femme qui avançait à grandes jambées dans le couloir, en direction de la sortie.

Il y avait des élèves entre 11 et 17 ans qui traînaient. Il y avait normalement un bâtiment pour les lycéens et un bâtiment pour les collégiens, mais le corps avait été retrouvé dans le bâtiment principal où tout le monde se réunissait, pour des activités, pour les bibliothèques, les cafétérias et la cour.

Le personnel de l'école tentait de les garder loin de ce qui se passait. Jo marchait et regardait les plus jeunes qui chahutaient entre eux, certains avaient l'air de sentir oppressés. Du côté des plus grands, il y avait les filles et garçons populaires et de l'autre, ceux qui ne l'étaient pas et qui continuaient de lire leurs bouquins en se faisant regarder au lieu de s'occuper du crime qui venait de se passer.

Alors qu'ils approchaient de la sortie, elle vit une petite fille se faire pousser violemment et une bande de gamines du même âge lui rire à la figure.

Elle eut un affreux flash-back de sa propre expérience

- Pousse-toi de là Harlem ! Tu vois pas que tu gênes.

Jo se tassait et collait les casiers pour avancer, mais rien n'y faisait.

- Tu as oublié tes lunettes !

Une claque sur le visage et les lunettes lui glissait du nez. Elle devait avancer sans les mettre pour éviter de les faire casser à plusieurs reprises. Elle avait pas mal de problèmes de vue à cette époque et marcher sans mettre ses lunettes était un véritable calvaire, elle voyait tout flou et elle continuait de se faire malmener…

Elle avait eu aussi droit à des commentaires très racistes. Non seulement elle était d'Harlem, mais ses racines faisaient d'elle une personne de couleur. La seule dans l'établissement. Le nombre de fois qu'elle avait entendu qu'elle n'avait rien à faire là en rapport avec sa couleur de peau. Que les gens de cette école n'étaient pas des enfants d'immigrés, mais de purs Américains. Jo n'était même pas capable de dire qu'elle était Américaine même si ses parents venaient de pays hispaniques.

Elle secoua la tête et vola au secours de la petite fille. Elle devait avoir peut-être 12 ans, soit à peine plus âgé qu'elle au moment où elle avait été dans l'école.

Elle l'aida à se relever et lança un regard noir aux gamines qui préfèrent se faire toutes petites.

- Vous devriez avoir honte ! Bandes de petites pestes.

Elle dépoussiéra la petite fille et lui remit ses livres dans les mains. Hanson et Henry regardaient la scène.

- Tu vas bien ?

Elle hocha lentement la tête

- J'ai été dans cette école il y a près de 20 ans. Il y avait des pestes de même dans mes cours. Ce genre de filles ne recherche que de l'attention parce qu'elles n'en obtiennent certainement pas de leurs parents et sont simplement jalouses. Cette école est loin d'être telle qu'elle le dit. Si tu te plais ici et que tu as des amis, bats-toi pour y rester et montre-toi forte. Si tu ne te plais pas, demande à tes parents de te retirer le plus rapidement possible. Ne cache pas le fait qu'on te brutalise et parles-en à quelqu'un et si personne ne veut t'écouter, viens m'en parler à moi… Je suis flic et crois-moi que l'ordre va vite être remis.

Elle lui donna une carte qu'elle glissa dans la poche son uniforme. La petite fille regarda longuement Jo et fit un énorme sourire.

- Merci détective !

Elle fit volte-face pour repartir vers ses salles de classe après avoir tiré la langue à la bande de pestes. Hanson et Henry se mirent chacun aux côtés de Jo.

- Quelque chose me dit que tu vas être déterminée pour cette affaire, n'est-ce pas ? – demanda Henry

Jo acquiesça lentement

- J'ai enfin l'occasion de leur faire payer leur insolence alors je ne vais pas me gêner. Retournons au poste, cette pauvre Roxanne doit bien avoir besoin de réponses quant à ce qui lui est arrivé.

Henry, Hanson et Jo avaient résumé la situation à Reece et le fait que Jo soit particulièrement agacée par l'endroit où l'enquête se déroulait, n'échappa pas à leur boss. Mais elle préféra ne pas pousser pour une fois. Jo était suffisamment entourée comme ça.

Henry qui avait besoin de faire l'autopsie ne tarda pas à descendre à l'OCME où Lucas y était, en train de dévorer un bagel à pleines dents. Comme toujours.

En voyant cette grossière nourriture, Henry se retint de ne pas tourner de l'œil. Lucas le salua la bouche pleine.

- Bonjour doc ! Le corps vient d'arriver.

Henry haussa un sourcil en le regardant d'un air dégoûté. Il avait vraiment du mal à se faire à ce que les jeunes mangeaient et qui prétendaient être de la nourriture.

Il déposa son manteau et son écharpe et enfila rapidement sa blouse, en claquant ses gants comme à sa petite habitude.

Lucas termina son bagel et lécha un à un ses doigts. Henry ne cessait de le regarder.

- Lucas !

- Quoi ?

- Tu pourrais avoir un peu de respect pour les cadavres de temps à autre et arrêter de te goinfrer comme ça ? Surtout dès le matin… Ça me…

Lucas fit un large sourire

- Répugne ? Je sais ! Mais je n'ai pas eu le temps de manger ce matin, petite panne de réveil donc on se rattrape comme on peut.

Henry tenta de ne pas lever les yeux au ciel. Dire qu'il subissait tout ceci depuis près de quatre ans.

Lucas se rendit compte que la belle détective n'était pas derrière le dos du légiste comme à son habitude.

- Votre fiancée n'est pas là ?

En regardant le corps de Roxanne plus en profondeur, Henry manqua de s'enfoncer lui-même le scalpel dans la peau. Il lança un regard noir à son assistant.

- Jo n'est pas ma fiancée !

Lucas haussa des épaules

- Pour l'instant ! De toute façon, pour ce que ça vaut, vous deux, vous n'avez clairement pas besoin de bague pour prouver votre statut.

Henry soupira

- Bon ! Je te signale qu'on a un corps. Si tu pouvais rester concentré ne serait-ce que deux minutes !

Lucas arrêta d'embêter son boss et prit place face à lui pour prendre connaissance de la cause de la mort de la jeune fille.

- Dis donc ! Elle m'a l'air bien jeune notre victime.

- C'est le cas ! – répondit Henry d'un ton las – Roxanne Cummings, elle avait 17 ans et elle allait à l'école privée Bamford dans L'Upper East Side.

Lucas fronça des sourcils

- L'école de filles hyper réputée ?

- Était une école de filles – corrigea Henry – elle est devenue mix depuis, mais oui, c'est bien de celle dont on parle.

Lucas pencha sa tête de droite à gauche pour tenter de voir ce que son boss voyait en général.

- Morte par strangulation ? – demanda-t-il

Henry fit un petit sourire en coin. Lucas apprenait vraiment bien.

- C'était aussi mon diagnostic quand on l'a trouvé sur la scène de crime, mais j'ai quand même un doute. Regarde !

Il releva délicatement la tête de la jeune femme pour montrer le gros hématome à l'arrière de son crâne, assez visible malgré l'importance du cuir chevelu.

Lucas souffla

- Elle a pris un coup sur la tête ou comment ça se passe ?

- Je dirais qu'elle a eu un traumatisme crânien et pour l'instant c'est ce qui me semble le plus logique. Elle a été trouvée dans un laboratoire de photographie et près d'une table, il y avait une mare de sang alors j'imagine que c'est qu'il l'a tuée. La strangulation ne semble juste avoir été faite que pour la déstabiliser.

Lucas remarqua alors le fait que son annulaire était manquant. Il eut l'impression de se retrouver dans un scénario digne d'un film d'horreur.

- Et pour son annulaire, vous avez une explication ?

Comme le morceau de doigt n'avait pas été retrouvé sur la scène de crime, Henry avait un peu de mal à établir une théorie cohérente. Il se mordilla la lèvre inférieure.

- Je ne sais pas ! Elle portait peut-être un bijou important que l'agresseur a trouvé bon de voler… Mais l'annulaire…

- Bague de fiançailles ? – suggéra Lucas

Henry hocha lentement la tête

- Bien jeune pour l'être, mais bon, on ne sait jamais !

Le message inscrit sur son ventre était toujours visible et même après nettoyage, resterait sans doute ancré. Pour cause, il était non seulement marqué avec le sang, mais fait avec comme des lames de couteau ou quelque chose qui s'en rapprochait. Elle était charcutée de la même façon qu'on charcute un morceau de viande.

Henry se pencha davantage sur le corps de la victime en repérant des petites choses de couleurs noires, un peu partout sur son corps.

Il attrapa une pince et les retira délicatement un à un, en demandant à Lucas de lui apporter un boîtier hermétique pour qu'il puisse les déposer dedans.

- Qu'est-ce que c'est ? – demanda Lucas

- Je ne suis pas sûr, mais on dirait des poils. Des poils noirs.

Lucas grimaça ne voulant vraiment pas imaginer d'où venaient ces poils. Ce fut justement Jo qui débarqua juste après le commentaire d'Henry, qui dit tout haut ce qu'il pensait tout bas.

- Par pitié, dis-moi que ce ne sont pas des poils…humains.

Henry se retourna en faisant un petit sourire en coin en voyant la détective arriver.

- Je ne pense pas. Un poil humain n'est pas si épais… Je sais qu'on descend du singe, mais il y a une certaine limite tout de même.

Jo envahit son espace personnel. En voyant le corps de la jeune fille, elle se disait si ce genre de mésaventure lui serait arrivée si elle avait fait l'erreur de rester dans cette école de malheur.

Elle resta de marbre en la regardant. Henry compatit à sa douleur. Ce genre de souvenirs devait être horrible à vivre. Il n'avait pas subi ce genre d'intimidation quand il était enfant, mais il avait été humilié de la même sorte en tant qu'adulte, mais pour des enfants, l'expérience devait être d'autant plus traumatisante. Jo avait eu de la chance d'avoir une mère dévouée et prête à égorger celui qui lui ferait le moindre mal.

- Donc que sont ces poils d'après toi ? – demanda Jo

- C'est ce qu'il va falloir découvrir. Est-ce qu'on a déjà une liste de suspects potentiels ou pas ?

Jo regarda vite fait les dossiers qu'elle avait en main

- Pour commencer, nous avons le petit ami de la victime. Il a passé un coup de téléphone à Reece tout à l'heure en apprenant ce qui s'était passé. Il a dit qu'on pouvait venir l'interroger entre midi et deux. Ensuite, sa grande sœur Christina a dit qu'elle acceptait de nous parler également.

Henry resta perplexe

- Le petit ami est élève là-bas ?

Jo haussa des épaules

- Je ne sais pas ! C'est aussi ce que je me suis demandé. Enfin, on verra bien et on lui posera les questions nécessaires.

Henry resta quelques minutes, silencieux. Jo ne le connaissait que trop bien pour savoir que lorsqu'il ne disait rien c'était qu'il avait quelque chose en tête.

- À quoi tu penses ?

- Eh bien ! Puisque nous devrons retourner à l'école tout à l'heure, je me disais qu'on pouvait d'ores et déjà commencer nos recherches en retraçant sa soirée. Elle a été trouvée dans une salle de photographie; et on n'a pas eu le temps de s'attarder, mais il faut sans doute commencer par là.

Jo n'était pas trop chaude à l'idée de devoir faire une fouille dans l'école où elle avait été particulièrement humiliée. Elle savait que c'était pour l'enquête, mais cela la faisait bouillir. Surtout que les mentalités ne semblaient pas changer.

Henry comprenait sa frustration et il ne voulait lui forcer la main en rien. Il ouvrit la bouche, mais elle le devança.

- Bien ! De toute façon, il faut bien commencer quelque part dans chaque enquête. Ça me semble logique de tenter de retracer sa soirée. On va regarder son emploi du temps pour savoir ce qui aurait pu la conduire à se retrouver si tardivement dans la salle de photographie.

De retour à l'établissement et marchant côte à côte dans les longues allées, Henry remarquait bien que Jo n'était pas tranquille. Il s'arrêta et lui attrapa le bras. Elle fut surprise de sa prise d'initiative.

- Qu'est-ce qui se passe ? Quelque chose vient de te frapper ?

Henry secoua la tête et la dirigea vers un banc

- Jo, je sais que tu ne veux pas évoquer ton passé, mais tu es bien trop perturbée. J'imagine à quel point cette expérience t'a marquée. Mais tu ne veux pas m'en dire plus ?

Elle le regarda longuement. Tous les souvenirs qu'elle avait en tête se bousculaient comme une suite d'images qu'elle aurait nettement préféré oublier.

Henry lui caressa délicatement le bras

- Ma chérie, tu sais que tu peux tout me dire. Je serais là pour t'écouter.

Jo rougit d'un seul coup et le regarda avec un petit sourire en coin

- Est-ce que tu viens de m'appeler « ma chérie » ?

Henry ne s'était pas rendu compte de l'appellation qu'il avait choisie. Il semblait que tout ceci lui était venu tout simplement naturellement. Il bégaya deux trois mots et Jo éclata de rire, avant de lui voler un doux bécot.

- C'est adorable. C'est la première fois que tu m'appelles comme ça.

Henry se sentit gonflé de fierté et lui donna un coup de coude

- Est-ce que ça veut dire que je vais avoir le droit à l'histoire ?

Jo se disait qu'il devait vraiment avoir le truc pour la faire craquer. Parfois, il ne suffisait pas de grand-chose.

Elle se mordilla la lèvre et poussa un long soupir.

- Eh bien, tu te rappelles l'année dernière quand je te disais qu'une petite blonde m'avait poussé dans les escaliers ?

Henry acquiesça

- Cette gamine me cassait les pieds tout le temps. D'une part parce que je venais d'Harlem, que je fais partie d'une communauté noire et que cette école, sans offense pour toi, ne contient que des gens blancs riches et pourris gâtés.

Henry ne se sentit pas offusqué. Il comprenait parfaitement le point de vue de la jeune femme et trouvait ça toujours injuste que même rendu au 21e siècle, ce genre de mentalité continuait d'exister. Mais il semblait que certaines choses n'évolueraient jamais.

- Elle m'en a fait voir de toutes les couleurs. Elle et sa bande de pimbêches. Il faut savoir qu'à cette époque, j'avais des problèmes de vue assez importants, mais qui pouvaient être corrigés si je portais des lunettes pendant un an ! Il y avait ça, mais j'étais aussi l'une des plus petites de ma classe. Beaucoup d'entre elles avaient commencé leur puberté. Assez ironique, généralement nous les gens hispaniques on se développe rapidement. À mon âge, ma sœur avait déjà pris 10 cm parce que la puberté avait commencé. Alors, imagine le tableau, je venais d'Harlem, je faisais tout juste 1,45m, je portais des lunettes et je n'étais pas bien épaisse… Mon sac était beaucoup plus lourd que moi ce qui rendait mon équilibre très limite. Tout le monde me regardait, tout le monde murmurait des choses sur mon passage… Juste parce que je venais d'un quartier pas très favorable à leur éducation. Et surtout que le premier jour, c'est Clara qui était montée avec moi dans le bus. Elle m'avait accompagné jusqu'à ma classe et il faut le dire, elle n'était pas très bien habillée, mais c'était comme ça. Ma mère a toujours tout fait pour qu'on ne meure pas de froid et qu'on soit un minimum présentable, mais jamais on n'aurait pu s'offrir ce que ces gens avaient. J'étais assise toujours devant dans tous mes cours à cause de ma taille et de ma vue et mes professeurs venaient beaucoup vers moi, car je venais d'une école publique avant et que j'avais besoin d'un suivi plus important, et ce malgré de très bons résultats en primaire.

Elle prit une longue inspiration. Elle n'aimait pas trop parler de cette histoire encore moins y repenser.

Henry lui prit la main et elle était très reconnaissante de voir à quel point il ne la forçait pas et voulait simplement lui signifier qu'il était présent pour elle, quoiqu'il arrive.

- En plus de me chahuter tout le temps, elle et sa bande de copines me cassaient mes affaires d'écoles, crayons, pages de cahiers déchirés, etc. Surtout que pour une petite fille d'Harlem, j'avais parfois de meilleurs résultats qu'elles, alors là c'était la catastrophe.

Henry ravala difficilement sa salive rien que d'imaginer la tourmente dans laquelle Jo avait dû être. Il aurait souhaité travailler dans cette école pour la défendre… Mais les choses auraient certainement été très bizarres maintenant. Elle n'avait vraiment pas eu la vie facile. Entre son père, les bêtises de son frère, perdre Sean et encore tellement d'autres... Il n'avait jamais réalisé à quel point leurs similarités se rejoignaient et que leurs sentiments étaient nés de cette souffrance partagée.

- Ma mère me préparait des lunchs et les trois quarts du temps, cette blondasse me les volait. Je ne pouvais rien faire avec ma taille de lutin, j'étais incapable de me défendre à cet âge-là. Au début, je n'ai rien dit à ma mère, mais j'en ai parlé à ma sœur qui entre midi et deux, sortait de son école pour prendre le métro et me donner à manger… Parce que j'avais déjà fait deux malaises suite à ce manque de nourriture.

Henry la regarda longuement

- Mais personne ne te demandait pour quelle raison ? Je veux dire une infirmière de l'école ou quoi devait bien comprendre que tu n'avais pas mangé ?

Jo haussa des épaules, en regardant dans le vide

- Tout le monde n'était que sur sa petite personne dans cette école. Pour l'infirmière, elle disait que c'était certainement le stress et la fatigue du fait que j'habitais un peu plus loin que le reste de mes camarades de classe.

Henry se retint de faire part du fond de sa pensée. Si autant donné cette infirmière connaissait un minimum de son métier, elle aurait tout de suite remarqué la raison qui aurait provoqué les malaises de Jo.

- Je savais que ma mère avait beaucoup à faire… Elle travaillait beaucoup plus fort au restaurant, comme mon père n'était plus à la maison pour ramener son argent sale… Qu'on devait continuellement couvrir le secret de Luis, je ne voulais pas l'embêter avec tout ça jusqu'au jour où je me suis fait pousser dans les escaliers.

Jo revoyait ce moment encore plus humiliant que tout ce qu'elle avait vécu jusque-là.

Henry sentit son étreinte se resserrer sur sa main. Il était évident, que si la jeune femme en aurait l'occasion, deux trois personnes auraient le portrait-robot refait vite fait bien fait.

- Tu sais dans cette école, j'avais une seule amie. Elle prenait ma défense parce qu'elle était plus grande que moi, qu'elle connaissait Kim, la gamine qui me cherchait des noises en permanence et qu'elle était capable de la faire descendre de son piédestal. Elle m'aura sauvé plusieurs fois de ne pas manger ou de risquer les retards pour Clara, qui n'avait pas que ça à faire. Malheureusement, elle a très vite déménagé et c'est ainsi qu'au bout de trois semaines, Kim qui se foutait de ma gueule comme toujours m'a bloqué le passage. Je l'ai ignoré et je suis passé devant elle, elle m'a simplement poussé dans les escaliers, je suis tombée et je me suis cassé le poignet. Ce jour-là, j'ai senti une rage que je n'avais jamais connue… Mais je ne pouvais toujours rien faire. L'école a appelé ma mère et c'est là que je lui ai tout raconté. Elle s'est battue pendant trois mois pour que j'obtienne une place dans l'école de ma sœur. Harlem étant un quartier avec très peu de collèges, presque tout le monde se retrouvait au même endroit alors normal que c'était plein…

Henry se disait que ce n'était pas juste. Qu'une femme avec un aussi grand cœur que Jo n'avait pas pu subir tout ça. Maintenant, il comprenait mieux pourquoi malgré son statut de flic, sa mère avait quand même toujours un côté protecteur.

Jo pouffa

- Donc la raison pour laquelle elle n'a pas hésité à mettre son poing dans la figure du directeur. De mon côté, j'ai arrêté de faire des efforts à l'école, je me suis assise derrière et je passais clairement les trois quarts des cours à dormir. Personne ne se préoccupait de moi et il m'arrivait de rester à la bibliothèque une journée entière en attendant la fin des cours. Comme je te l'ai dit, l'année dernière, tout le monde avait vu ce qui se passait même en dehors de l'histoire des escaliers, mais personne n'a jamais rien dit. Ils n'ont fait que fermer les yeux y compris le directeur, parce qu'évidemment, les parents payent et on ne peut pas se permettre un tel scandale dans une pareille école – elle leva les yeux au ciel - enfin, comme tu l'auras compris, ça aura été les trois mois les pires de ma vie. Je n'ai jamais été aussi soulagée d'être dans une école d'Harlem par la suite.

L'un comme l'autre ne savait pas pourquoi ils s'étaient arrêté sur un banc, au beau milieu de l'école pour parler des souvenirs d'enfance de Jo, mais il y avait quelque chose de plaisant à partager cet instant pour Jo qui n'avait jamais osé s'ouvrir à qui que ce soit d'autre mis à part sa famille. Elle posa délicatement sa tête sur l'épaule du légiste et ce dernier enroula un bras autour de sa taille, en frottant délicatement son dos.

Jo ajouta

- Ironiquement, entre 11 et 13 ans j'ai fait une poussée de croissance impressionnante, ma mère m'a hurlé dessus comme si c'était de ma faute – elle secoua la tête en y repensant – parce qu'il fallait changer toute ma garde-robe. La puberté m'a vraiment atteinte. J'ai pris 20cm en deux ans et je suis passée de la plus petite de ma classe à la plus grande. À 16 ans, j'avais atteint ma taille actuelle donc pour te dire. Je peux t'assurer que plus personne ne m'a jamais embêté depuis et surtout pas quand ils savaient tous qui étaient ma mère et mon père.

Henry rigola doucement

- Eh bien, maintenant tu n'aurais plus à t'inquiéter de ça. À mon avis, cette Kim s'en mordrait les doigts de savoir ce que tu es devenue.

Jo resta quelques minutes, silencieuse

- C'est ce que je me suis dit. J'ai toujours espéré devenir bien plus grande qu'elle pour lui casser la figure. Et ma mère est quand même devenue folle quand l'été avant ma rentrée en 4e, elle m'a vu prendre 15cm en deux mois. Même ma sœur n'a rien compris, je l'avais presque rattrapée. Enfin, tout ça, c'est du passé, mais crois moi que ça ne m'enchante pas de traîner dans cet établissement.

Henry lui fit une bise sur la joue et se leva en lui tendant la main

- Je te comprends parfaitement. On va essayer de résoudre cette affaire le plus rapidement possible. On trouvera forcément la faille et toutes les raisons qui auront pu pousser au meurtre de cette pauvre Roxanne.

- Je suis persuadée qu'avec toi, on y arrivera.

Il lui sourit et Jo s'agrippa à lui et lui murmura

- Chéri

Elle lui arracha un large sourire

- Oui ?

- J'aimerais vraiment que tout ceci reste entre nous. Hanson ne connait pas cette partie de mon enfance et j'aimerais pour l'instant que ça ne se sache pas. Étant devenue flic, ce n'est pas le moment le plus fier de ne pas avoir été capable de me défendre.

Henry la serra rapidement contre lui

- Tu étais une enfant, tu n'as pas à te sentir désolée. Toutes celles qui t'ont fait du mal devraient simplement avoir honte. Tu n'as pas à t'inquiéter, je suis le champion pour garder les secrets.

Il lui fit un clin d'œil mystérieux qui la fit froncer des sourcils. En rentrant dans le bâtiment, il lui demanda.

- Est-ce que c'est ça qui t'a conduit à vouloir devenir détective ?

Jo acquiesça

- Entre autres.

Henry se disait que tout le malheur que son père avait apporté sur sa famille avait dû pas mal la décider également. Il n'en demanda pas davantage. Ils avaient déjà perdu assez de temps. Ils atteignirent la salle de photographie, toujours banalisée par les banderoles jaunes et furent parés à commencer la fouille des indices.


Author's note: for my foreign readers, Roxanne was in Senior year. Also, the school is a mix of high school and middle school.

Pour le background de l'histoire de Jo, je vous avouerais que je me suis inspirée de mon histoire personnelle. Quand j'étais à l'école primaire, étant très timide et calme, les gens en profitaient sur moi, me piquaient des affaires, etc etc... Je n'étais pas non plus bien grande (je ne le suis toujours pas lol) mais disons qu'en CP, je faisais partie des plus petits... J'ai beaucoup poussé par la suite, notamment en CM2 où je faisais désormais partie des plus grands et les gens ont arrêté de me faire chier, plus ou moins. Bref, je voulais ajouter une touche de ma propre expérience. Les enfants sont des bâtards à l'école (et très honnêtement, même après toutes ces années, parce que j'ai un certain âge, je serais capable de me rappeler qui m'a fait du mal =)). Donc j'ai trouvé sympa de faire de Jo une petite fille toute fragile à son entrée au collège, pour que Mère Nature reprenne le dessus par la suite ;). Un petit coup du karma, ça ne fait de mal à personne.

Et pour la petite parenthèse, j'avais déjà écrit un one shot (Harlem girl) basé sur ce qui était arrivé à Jo dans cette école, j'ai repris principalement les éléments pour les inclure ici.