Dernier chapitre avant la longue enquête qui va s'étaler. Désolée de la longueur mais je n'avais vraiment pas envie de couper pour si peu.


Henry déboula au 11 et fut arrêté par Reece avant de descendre

- Henry ! On a du nouveau.

Le légiste commença à ouvrir la bouche, mais se disait qu'il valait mieux qu'il écoute ce qu'elle avait à dire

- Oui, qu'est-ce qui se passe ?

- La vidéo que vous avez prise à la maison des White… Il faut que vous voyiez ça.

Il rejoignit Jess et se posa derrière elle. Sur la vidéo on pouvait clairement voir Jack partir au beau milieu de la nuit et ne revenir que peu de temps après l'heure estimée de la mort de Roxanne.

Henry et Reece échangèrent un regard

- Est-ce que c'est suffisant pour l'arrêter ? - demanda Henry

- Je ne suis pas sûre. Cela ne veut peut-être rien dire. Nous avons besoin de plus.

Henry songea qu'il n'y avait aucune empreinte sur le corps de Roxanne, mais sans doute que c'était le cas sur son annulaire… Et comme il avait vu Jack manipuler la boîte à mains nues, sans se soucier que les flics pourraient rapidement remettre la main dessus.

Il se racla la gorge

- Lieutenant ! Je sais que ça ne va pas vous plaire, mais j'étais en ville tout à l'heure et j'ai vu Jack… J'étais curieux de ce qu'il faisait, car il agissait comme quelqu'un étant traqué et je l'ai suivi.

Reece haussa un sourcil réprobateur. Elle détestait lorsqu'Henry prenait des risques inutiles comme ça.

Il tenta de s'expliquer avant de se faire passer un savon

- Avant de me crier dessus, j'ai été prudent. Bref, je l'ai suivi jusqu'à Washington Square et il a récupéré une petite boîte… Une boîte assez petite pour contenir à la fois l'annulaire et la bague de fiançailles de Roxanne… Donc ce n'est peut-être qu'une théorie, mais je pense que…

Reece acheva pour lui

- Que les soupçons se portent davantage sur lui.

Henry acquiesça

- Je l'ai suivi jusqu'à Wall Street. Il a déposé la boîte dans un coffre-fort. Maintenant, je ne peux pas dire si oui ou non il est responsable… J'aurais besoin d'une analyse d'empreintes. J'ai le sentiment que tout ce qu'on a trouvé jusque-là va nous faire, faire chou blanc. Parce que j'ai vu la même sorte de pollen chez eux et les mêmes chaussures que nous avons retrouvées à l'école donc maintenant le dernier recours, semble être l'ADN.

Reece laissait toujours Henry partir dans ses petits délires. Il savait ce qu'il faisait. Et parfois elle se disait qu'il valait mieux qu'elle n'en sache pas trop, pas dit qu'elle ne le renvoie pas chez lui illico presto. Heureusement pour lui qu'il faisait un travail excellent.

- Alors à quoi est-ce que vous pensez ?

- L'idéal serait de débarquer à la banque avec un mandat pour pouvoir fouiller le coffre et faire un relevé d'empreintes !

Reece hocha la tête

- C'était aussi mon avis. On va faire ça. Allez rejoindre Hanson et Jo au tribunal, ça va être l'occasion de demander au juge pour le mandat.

Elle partit rapidement dans le bureau et écrit une note qu'elle remit à Henry

- J'ai tout expliqué dedans. Expliquez-lui les motivations et ce que nous avons trouvé, mais ne lui dites pas au juge que vous avez suivi Jack, est-ce que je suis claire ?

- Très claire, madame !

- Bien ! Allez ! filez !

Henry la remercia d'un signe de tête et repartit illico en direction du tribunal. Il allait peut-être déranger l'audience, mais ils avaient un meurtrier à attraper.

Il dut attendre deux heures. Pour la simple et bonne raison qu'on ne le laissa pas rentrer. Il avait beau expliquer de long en large et en travers qu'il travaillait pour la NYPD, tant que l'audience n'était pas terminée, la sécurité refusait de le laisser perturber.

Il avait grogné et tempêtait du fait qu'il espérait pour eux qu'il n'y aurait pas de récidive d'ici là, de la part du suspect.

Dès que les portes s'ouvrirent, Henry se précipita à l'intérieur, faisant sursauter les occupants.

Jo et Hanson discutaient avec le juge et cette dernière écarquilla grand les yeux en voyant son petit ami arriver comme un éclair vers eux.

- Henry ! Mais qu'est-ce que tu fais là ? – demanda-t-elle

Il déposa la note sur le bureau du juge qui resta perplexe.

- Votre honneur… Nous avons besoin d'un mandat de perquisition pour fouiller un coffre-fort à la banque de Wall Street.

Jo et Hanson se regardèrent

- Mais qu'est-ce qui se passe doc ? – demanda Hanson

Jo regarda longuement son petit ami et donna un coup de coude à Mike

- Il a trouvé quelque chose dans le temps où nous sommes partis.

- Vraiment ?

Jo le regarda en se demandant s'il le faisait exprès. Il n'y avait vraiment rien de surprenant dans tout ça.

- J'ai attendu deux heures pour pouvoir vous parler et faire la requête.

Il eut le droit à trois paires d'yeux sur lui. Le juge Fortes lui demanda.

- Mais pourquoi est-ce que vous n'êtes pas rentré à ce moment ?

Henry pointa un doigt accusateur sur les gardes à l'entrée

- J'ai essayé ! Mais vos gros bras m'ont en empêché. J'ai eu beau leur expliquer, ils ont refusé parce que je ne porte pas de badge.

Le juge leva les yeux au ciel et les gardes se firent tout petit.

- Vous auriez dû rentrer quand même Dr Morgan. Votre travail efficace est reconnu et même si vous aviez interrompu l'audience, j'aurais très bien pu comprendre et laisser vos collègues avec vous. C'est une enquête de meurtre, pas un vol de rue.

Henry était bien satisfait de voir que le juge était de son côté. Il fallait dire que depuis qu'il lui avait sauvé la vie, ce dernier avait une certaine dette envers lui.

Il étudia rapidement la note de Reece et donna le mandat à Jo.

- Voilà ! Faites bien votre travail

- Merci !

Une fois dehors, Jo s'accrocha au bras de son petit ami, laissant Hanson à la traîne telle la parfaite bougie qu'il était

- Tu vas nous expliquer toute ton excitation maintenant ?

Il fit un rapide résumé de ce qu'il avait fait depuis les deux dernières heures et ce qu'il avait découvert. Il eut le droit à un regard de travers de la part des deux, mais au moins ils avaient une plus grosse piste par rapport à ce même matin.

Ils rentrèrent dans la voiture pour se diriger jusqu'à Wall Street. Dedans, Mike demanda.

- Au fait, est-ce que ça va quand même valoir le coup que je rende visite à Fanny ou pas ?

Henry était concentré sur le mandat et murmura vaguement

- On va d'abord voir ce qu'on trouve dans cette boîte et les empreintes qu'on peut relever dessus et on avisera par la suite.

Jo qui jetait de temps à autre un œil dans le rétro répondit

- Connaissant Henry, on n'en aura certainement pas besoin.

Ils s'échangèrent un rapide regard qui en disait long sur leur attraction. Hanson en avait assez de les voir se dévorer des yeux constamment. Il ignorait qu'ils n'avaient encore rien fait alors il songea qu'ils devaient être épanouis sexuellement parlant. Il chassa cette image de sa tête. Ils étaient mignons, mais il préférait éviter de penser à eux dans ce genre de situation. Il en avait déjà assez vu comme ça.

Ils ne passèrent pas par les formalités une fois qu'ils furent à la banque.

Ils montrèrent le mandat et furent autorisés à fouiller le coffre-fort en question. Henry les dirigea naturellement vers le numéro huit.

Hanson et Jo enfilèrent des gants et attrapèrent rapidement la boîte pas vraiment bien dissimulée sous un amas de papiers.

Les deux hommes laissèrent Jo s'occuper d'ouvrir le cadenas et ce qu'ils y découvrirent confirma la crainte qu'Henry avait.

Jo crut qu'elle allait tourner de l'œil et Hanson avait du mal à garder un visage indifférent devant tant de dégoût.

L'annulaire de Roxanne se trouvait bien dans la boîte et même pas recouvert d'un sac plastique ou autre, laissé à l'air libre. À côté se trouvait la bague de fiançailles.

Henry regarda ses collègues

- Je dois le ramener au labo. Si on est chanceux, on trouve les empreintes de Jack. J'ai bon espoir. Il avait une tête de coupable depuis le début.

Le téléphone de Jo vibra

- Martinez !

- Hey ! Jo ! C'est Lucas. Vous avez fini votre audience ?

- Oui ! Depuis environ 30 minutes. Pourquoi ? Il y a du nouveau ?

- J'ai retrouvé quelque chose dans la gorge de Roxanne. Le doc est parti faire un tour et je n'ai aucun moyen de l'appeler. Cet idiot m'a dit de lui passer un coup de fil si j'apprends quelque chose, mais il n'a pas de cellulaire.

Henry leva un sourcil. Jo l'avait mis sur haut-parleur et elle et Hanson se retenaient de ne pas éclater de rire.

Henry répondit d'une voix sèche.

- L'idiot est avec eux !

Il y a eu un long silence, trop long. Lequel tout le monde savait que Lucas considérait à prendre la fuite le plus loin possible de New York.

Lucas se racla la gorge et prit une voix soudainement féminine

- Doc ! Vous êtes là… Mais quelle surprise !

- Oui comme tu dis ! On a du nouveau aussi de notre côté. Mais qu'est-ce que tu as trouvé ?

- Un bout de papier… Mais le contenu est intéressant. Venez, ça devrait pouvoir nous aider à mettre la main sur le suspect.

Les trois collègues se regardèrent et se demandaient s'il était possible que finalement, comme Henry le pensait, Jack n'était qu'un pion dans le jeu entre Roxanne et Dieu savait qui.

- Il ne serait pas coupable ? – demanda Hanson

Henry secoua la tête négativement

- On ne sait pas encore ce que Lucas a trouvé. Donc on va aller s'en assurer et je procède directement à l'analyse des empreintes de ce doigt. En route !

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Une fois à la morgue, Henry se hâta de marcher jusqu'au cadavre après avoir pris soin de revêtir sa blouse.

Lucas avait déposé le morceau de papier dans un contenant hermétique. Hanson et Jo attendaient devant le corps.

Ils en avaient profité pour donner le doigt à Lucas qui s'installa devant son ordinateur pour faire l'analyse directement.

Henry ouvrit le contenant hermétique et le message ne contenait qu'une ligne.

- Qu'est ce qu'il y a ? – demanda Jo

- Je ne sais pas trop… Je pensais que ça pourrait être Jack, mais le message me laisse perplexe… Et regardez ! Les symboles utilisés pour le chiffrer, correspondent exactement à ce qui avait été marqué sur le ventre de Roxanne.

Les deux détectives se mirent chacun d'un côté du doc et lurent par-dessus son épaule.

- Je t'aimais – murmura Jo

Hanson grimaça

- C'est tout ? Et alors ? Qu'est-ce que ça veut dire ? Que ça pourrait être sa copine ?

Jo et Henry refusaient d'y croire. Roxanne allait transgresser toutes les règles pour être avec la femme qu'elle aimait et n'avait pas l'intention de passer au-delà de ça.

Le couple songea à Alexander, mais cela paraissait gros.

- Vous pourriez partager vos non-dits ? – demanda Hanson qui voyait bien qu'ils pensaient tous les deux à quelque chose

- On se disait qu'Alexander aurait pu éventuellement jouer le jeu, mais quelqu'un de gay ne change pas vraiment de bord donc ça m'étonnerait.

Hanson réfléchit

- Mais attendez doc, vous ne nous avez pas dit que Jack était revenu chez lui à l'heure à laquelle vous avez estimé l'heure de la mort de Roxanne ?

Il acquiesça

- C'est exact ! Mais il aurait très bien pu retrouver un complice…

Jo sentit son nerf frontal gigoter

- J'y pense ! Son idiote de sœur nous a confirmé avoir été dans son lit… Est-ce que vous pensez qu'elle aurait pu ?

Henry savait qu'elle disait ceci, car cela était plus facile pour elle de le croire. Cela ne serait qu'une petite vengeance personnelle.

- Peut-être qu'elle le couvrait, mais je ne pense pas qu'elle ait pu tuer Roxanne. Ça serait tout de même gros – affirma Henry

Jo savait bien qu'elle était de mauvaise foi, mais elle se disait qu'un séjour en prison aurait bien bénéficié à cette petite peste. Elle secoua la tête. Elle ne devait pas penser comme ça. Kimberley ne méritait pas qu'on lui accorde tant d'attention.

Ils n'eurent pas le temps de se faire plus de réflexion que le cri de victoire de Lucas les fit tous sursauter

- Ça y est, tu as trouvé quelque chose ? – demanda Henry

- Oui ! Regardez, voilà le match de l'ADN retrouvé sur le doigt.

Ils se regardèrent tous. Naturellement ! Henry regarda le papier dans sa main. Hanson demanda.

- Qu'est ce qu'on fait ?

Jo gesticula

- On va l'arrêter ! Tu ne crois tout de même pas qu'on l'inviter à danser non plus. Allez, go ! On prévient Reece !

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Ils débarquèrent comme des bourrins à l'appartement qu'ils avaient visité le matin même.

Kim en sursauta en voyant tout le monde et se retint de leur hurler dessus lorsque Jo passa la porte. La jeune femme pouvait difficilement retenir sa satisfaction de savoir que désormais celle qui l'avait terrorisée étant gamine, n'osait plus l'approcher.

Pendant le trajet, Henry avait établi ce qui avait pu se passer pour que Jack tue Roxanne.

Sa jalousie d'être rejeté l'avait sans doute poussé à passer à l'acte. De plus, la jeune femme n'étant pas du tout intéressée par les hommes avait dû lui mettre un sacré coup à son ego de macho.

Avant de partir, le pollen retrouvé sur les chaussures de la benne et celui relevé le matin même à la maison des White était revenu positif. Henry avait pu déterminer que les poils qui avaient été retrouvés sur Roxanne n'étaient autres que celui du petit pug noir que la famille possédait.

Les vidéos, les empreintes sur l'annulaire et le vol de la bague de fiançailles plus le message ne laissait plus de doute désormais même si cela aurait tout de même pu correspondre à quelqu'un d'autre.

Jo fusilla Kim du regard en passant près d'elle

- Toi, tu ne bouges pas de là. Ton frère est coupable de meurtre et à mon avis tu as été un peu complice dans l'affaire.

Elle ouvrit la bouche, mais cette fois-ci, ce fut Henry qui interrompit, tandis que les forces de l'ordre retournaient l'appartement de fond en comble.

- Il est fort possible que vous nous ayez menti ce matin quand nous vous avons rendu visite. Les caméras ont montré que votre frère est rentré au petit matin et il a quitté assez tôt dans la soirée. Vous étiez réveillée à ce moment donc vous saviez qu'il partait. Cela fait de vous une complice même si vous n'étiez pas directement impliqué… Vous allez devoir répondre de ça.

Jo fit un large sourire en secouant les menottes devant elle

- Tu vas devoir nous accompagner et être une gentille fille et nous dire où ton crétin de frère se cache ?

Kim la regarda simplement de travers sans dire un mot, mais ils entendirent un bruit sourd et entendirent le reste de leurs collègues crier depuis une des chambres « reviens ici »

Jo soupira d'un ton sarcastique

- Il essaie de s'échapper par les escaliers de secours. Classique !

Hanson déboula les escaliers de la porte d'entrée pour le rattraper en bas. Jo mit les menottes à Kim et ordonna à Henry de rester en place.

Elle passa par la sortie de secours d'où elle voyait Jack qui courrait comme un fou et Hanson qui sortait du bâtiment.

Jack avait une bonne endurance, c'était le moins qu'on pouvait dire. Henry avait demandé aux autres flics de garder un œil sur Kim et s'était précipité à la fenêtre d'où menait la sortie de secours.

Il y voyait Jo qui descendait les escaliers quatre à quatre, à une vitesse folle, à tel point qu'il craignait qu'elle ne se casse une jambe. Puis il la vit s'arrêter à un étage du sol et se demandait ce qu'elle faisait.

Jack était dans sa ligne de mire et il passait en courant sous les escaliers, sans lever les yeux.

Henry comprit ce que la jeune fille comptait faire et il n'eut même pas le temps d'ouvrir la bouche qu'elle prit son élan et sauta par-dessus bord, atterrissant lourdement sur le dos de Jack, qui sous le contrepoids mangea la face la première dans une énorme flaque d'eau…

Jo assise à moitié à califourchon sur lui, lui inséra les menottes

- Jack White, vous êtes en état d'arrestation pour le meurtre de Roxanne Cummings. Étant donné que vous êtes encore mineur, vous passerez devant le juge pour enfant, mais vous avez tué quelqu'un alors vous serez jugé comme un adulte et vous aurez la sentence qui sera nécessaire. Tout ce que vous direz sera retenu contre vous, vous avez le droit à un avocat et si vous n'en avez pas les moyens… Ce qui m'étonnerait quand même, nous vous en fournirons un d'office.

Elle se releva et releva le jeune homme qui n'était plus très beau à voir. Hanson la rejoignit et empoigna Jack.

- Alors ? Vous n'avez pas pu supporter que Roxanne vous file entre les doigts et surtout qu'elle ne s'intéresse pas à votre petite personne, préférant une fille à votre place ?

Il ne répondit pas et se contenta d'un regard noir

- J'aurais pu tout lui offrir et elle a décidé qu'elle était mieux avec quelqu'un du même sexe. Je voulais lui donner une leçon… Je n'avais pas l'intention de la tuer.

Jo rigola bruyamment

- Ouais, bah essayez d'expliquer ça au juge. Vous lui aviez coupé le doigt et volé sa bague de fiançailles donc croyez-moi que tout ça, ne jouera pas à votre faveur.

Hanson l'embarqua. Jo le regarda partir et vit Kim qui se faisait également embarquer en sortant de l'immeuble. Elle échangea un long regard victorieux avec cette dernière. Un jour ou l'autre le mal qu'on faisait à autrui, finissait toujours par vous rattraper.

Henry trottina rapidement à ses côtés et la serra dans ses bras. Elle déposa son menton sur son épaule et soupira de bonheur contre lui.

- Tu vas finir par me faire avoir une crise cardiaque avec tes cabrioles un de ces quatre – murmura-t-il à son oreille

Jo sourit tendrement

- C'est toi qui me dis ça !

Ils se décalèrent l'un de l'autre et se regardèrent dans les yeux, en se rapprochant, jusqu'à Hanson leur cria

- Vous venez ou quoi ? On n'a pas toute la soirée !

Ils rejoignirent la voiture, mais Henry ne rentra pas dedans

- Tu ne viens pas ? - demanda Jo

- J'ai… J'ai quelque chose à faire. Je vous rejoindrais au 11. Aussi, je pense qu'il serait bon de redonner les objets de valeur à Fanny.

Hanson acquiesça

- J'irais faire un tour demain pour lui redonner. Étant donné que je devais passer aujourd'hui. Ça me donnera l'occasion de lui expliquer ce qui s'est passé, qu'elle puisse commencer son deuil en paix.

Jo songea

- Tu veux que je vienne avec toi ? Deux flics valent toujours mieux qu'un.

Hanson haussa des épaules en regardant Henry

- Si ça te fait plaisir et si le doc n'y voit pas d'inconvénients.

Henry sourit

- Pourquoi ça serait le cas détective ? Jo et moi, on n'est toujours pas collés à l'autre. Elle était votre partenaire avant la mienne. Il faut bien qu'elle fasse son job aussi.

La jeune femme le regarda avec des étoiles plein les yeux. Il était difficile pour eux de vraiment cacher ce qu'ils ressentaient pour l'autre.

Hanson se retint de faire part de son commentaire, mais il n'en pensait pas moindre

- Bon OK ! Mais que vous deux ne soyez pas toujours collés ensemble, j'y crois moyen, faites pas semblant. À tout à l'heure !

Jo fit un signe de main à Henry. Ce dernier marcha un peu en dehors de la ruelle où Jack avait tenté de s'échapper et hala un taxi, direction… Sheepshead Bay.


- Henry ? Mais qu'est-ce que vous faites là ?

Il fut accueilli par Clara, la sœur de Jo, qui vivait au bord de la baie. Dans un petit brownstone et quartier qui semblait très familial et calme.

Henry s'excusa en faisant un sourire embarrassé

- Bonsoir Clara ! Désolé de vous déranger aussi tard, je sais que vous avez les enfants.

Elle fit un signe de main

- Oh, Julio les a emmenés faire un tour sur la plage, ça me permet un break, j'avais des copies à corriger.

- Je ne prendrais que quelques minutes de votre temps et promis, je vous laisse tranquille.

Clara pouffa

- Franchement, ne faites pas de manière. Vous êtes le petit copain de ma sœur donc il n'y aucun mal. Je vous en prie, rentrez !

Il ne voulait vraiment pas la déranger, mais ne voulait pas non plus paraître impoli.

En avançant dans le salon typique américain, Clara lui demanda

- Comment avez-vous trouvé mon adresse ? Est-ce que c'est Jo qui vous l'a donné ?

Henry se gratta la tête

- Non non, pas vraiment ! En vrai, elle ne sait pas que je suis ici. J'ai fouillé dans la base de données de la NYPD pour avoir votre adresse. Désolé d'envahir votre intimité, mais je devais venir vous voir en personne.

Clara le regarda curieusement et l'invita à s'asseoir dans le canapé

- Est-ce que tout va bien au boulot ? Entre Jo et vous ?

Henry s'esclaffa

- Ne vous inquiétez pas ! Tout va bien entre Jo et moi. Non, il s'agit plutôt d'autre chose. En réalité, j'aurais un petit service à vous demander… Enfin pas si petit, mais j'aimerais que vous y pensiez.

Il lui tendit un formulaire. Clara le parcourut de long en large et releva rapidement les yeux vers Henry.

- Attendez, vous êtes sérieux ?

- Très sérieux ! Je sais que cela rappelle de très mauvais souvenirs à Jo et l'affaire sur laquelle nous avons travaillé a éveillé tout ceci récemment, mais… Je pense que tout pourrait être remis sur les rails avec une personne prête à les recadrer… Ce directeur n'est bon à rien et il est temps d'en finir avec toute cette mascarade.

Clara était très surprise, même touchée. Elle ne s'y attendait tout simplement pas.

- C'est… Wow ! Mais, pour être directrice, j'ai des entrevues à faire, je dois prouver ma capacité à faire ça, je dois passer des concours… Il y a une tonne de paperasse et je suis spécialisée qu'en Espagnol... Je ne pense pas…

Henry l'arrêta

- Il se pourrait que je connaisse le ministère de l'Éducation de la ville de New York donc croyez-moi, vous avez toutes vos chances.

Clara le regarda d'un air suspect

- Attendez, vous lui avez donné un fichier sur moi ou comment ça se passe ? Dis donc, travailler avec ma sœur a l'air de porter ses fruits.

Henry reconnaissait bien le sarcasme digne des Martinez là. Il expliqua.

- Non ! Je n'ai rien sur vous, ne vous en faites pas. Le ministère a tout ce qu'il faut concernant les professeurs de la ville donc je pense qu'il sait très bien ce que vous faites, vos points positifs et les moins bons, mais, comme je vous le dis, vous avez toutes vos chances.

Clara resta perplexe. Elle ne savait vraiment pas quoi penser de tout ça. Elle n'avait vécu que pour être professeur d'espagnol pendant tout ce temps, mais cela était une grande opportunité et lui permettrait de se faire un peu plus plaisir et faire plaisir à sa famille, la paie ne serait définitivement pas la même. Mais ses élèves lui manqueraient si jamais elle prenait cette décision.

Henry se leva

- Je ne veux pas influencer votre décision, mais j'ai vu à quel point Jo a souffert de cette situation dans cette école. Elle-même disait qu'il aurait fallu quelqu'un comme vous ou Isabel pour qu'elle soit mieux cadrée et que le harcèlement scolaire s'arrête. Vous êtes aussi forte que votre sœur et la manière dont vous élevez vos enfants prouve que vous avez les épaules pour être plus qu'un simple professeur. Cette école privée a besoin d'un souffle d'air frais qui saura en mesure de remonter cette sale réputation qu'elle s'est construite depuis 20 ans.

Clara se mordilla l'intérieur de la joue, de la même façon que Jo. Henry lui sourit poliment.

- Réfléchissez ! Et regardez le programme auquel Jo a pensé pour lutter contre le harcèlement. Le ministère compte le faire appliquer dès septembre prochain, dans chaque établissement et en priorité à Bamford. Bonne soirée Clara !

Il se dirigea vers la sortie et Clara l'interpella

- Henry !

Il se retourna lentement. La jeune femme sourit et dit.

- Merci !

Il ne fit qu'un signe de tête et il la quitta là. Elle regarda rapidement le formulaire et le programme qu'elle avait en main, avant de pousser un soupir.

- Mon Dieu, Jo, t'as intérêt à épouser ce gars !


Deux jours plus tard

Avec l'aller-retour d'Hanson et Jo à Philadelphie et la rédaction des rapports concernant la mort de Roxanne, ils n'avaient pas pu retourner à l'école dès le lendemain de l'arrestation du suspect. Jo et Hanson s'étaient un peu attardés pour discuter avec Fanny, lui remettre les objets et l'écouter parler de leur future vie ensemble. Elle aurait un long deuil à faire, mais Jo fut ravie de voir que malgré leurs différences d'âge, il semblait que Roxanne avait été suffisamment mature pour savoir ce qu'elle voulait.

Henry et Lucas étaient de leur côté partis rendre visite aux parents de la jeune fille et avaient dû leur dire toute la vérité. La maman ne fut pas vraiment surprise du retournement de situation, mais le père fut particulièrement choqué de tout ce que leur fille avait pu leur cacher… Cependant, ils furent relativement en colère de savoir que Jack avait pu l'assassiner pour des raisons aussi stupides.

Toutefois, rien ne disait qu'ils auraient accepté l'union de leur fille ainsi.

En fin de matinée, Jo avisa Henry qu'ils devaient se rendre à l'école pour discuter avec Alexander et faire comprendre au directeur que rien ne se passerait comme il le voudrait à l'avenir. Ce qui était plutôt une bonne chose, car un peu plus tôt, le légiste avait reçu un coup de téléphone et Jo aurait donc une belle surprise.

Avant de quitter la morgue, Lucas l'interpella

- Doc, attendez !

Il regarda son assistant d'un air interrogatif

- Oui Lucas ? Que se passe-t-il ?

- Vous vous rappelez m'avoir demandé de retrouver la petite fille qui était sur la photo avec Jo ?

Il acquiesça et avança vers le jeune homme

- Oui ! Alors, tu as réussi à la retrouver ?

- Affirmatif ! Venez voir !

Il entraîna son boss vers son ordinateur et ouvrit la page sur laquelle on voyait une jeune femme brune et Henry regarda sa date de naissance : 17 août 1986. Il fronça des sourcils.

- Mais ? Attends une seconde, elle est un an plus jeune que Jo… Je ne comprends pas. Tu es sûr que c'est la bonne personne ?

Lucas haussa des épaules

- J'ai vérifié plusieurs fois. Et j'ai même un peu usé du logiciel de la NYPD pour la reconnaissance. Ne dites pas ça à Jo, elle va me tuer !

Henry lui fit un signe de main, lui faisant comprendre qu'il n'irait rien rapporter. Il était bien placé pour ne jamais respecter les règles.

- Bref ! Tout correspond. C'est bien elle. Quant à sa date de naissance, elle a peut-être sauté une classe.

Henry n'avait pas pensé à ça, mais cela faisait du sens. Il était certain que si à l'époque où il était né, l'école était déjà obligatoire ou existait déjà, ce qui n'était pas le cas, il aurait sans doute sauté plusieurs classes. Pendant toutes ces années d'études, il avait toujours eu des professeurs particuliers qui se disaient qu'ils n'avaient plus grand-chose à lui apprendre.

Henry continuait de lire la fiche de la jeune femme

- Elle est journaliste ! C'est surprenant, si elle avait été envoyée dans cette école, j'imagine que ce n'était pas la voie qui lui était destinée.

- C'était peut-être son rêve à elle – suggéra Lucas, qui bavait sur la photo de la jeune femme

Henry secoua la tête ! Il était incorrigible. Au moins, Jo aurait l'occasion de remercier sa seule amie de l'époque. Il y avait juste un hic.

- Mais elle n'habite pas à Manhattan !

Lucas commença à s'agiter

- Alors oui, c'est vrai ! Mais on a de la chance, elle est présentement à New York, pour la semaine, pour une conférence de presse.

Henry fit un large sourire

- Lucas, tu es génial ! Jo te sera très reconnaissante ! Peux-tu…

Il n'eut même pas le temps de finir sa phrase que Lucas lança l'impression de la page et la lui remit.

- Merci énormément !

- Pas de quoi doc ! Je suis sûr qu'avec ça, vous allez tous les deux passer une nuit extra.

Henry se retint de lever les yeux au ciel et tourna rapidement le dos à son assistant avant d'entendre d'autres bêtises. Il était gentil, mais lourd quand même.

Dans la voiture, Henry avait donné la page d'impression à Jo

- Alors ? Est-ce que ça a l'air d'être elle à ton avis ?

Jo avait regardé attentivement la photo de la jeune femme ainsi que celle du polaroid. Pendant de longues minutes. Elle remit le polaroid et hocha lentement la tête.

- C'est bien elle ! Je peux reconnaître son air fort. Elle n'avait vraiment pas froid aux yeux.

Henry resta quelques minutes, silencieux

- C'est écrit qu'elle est née en 1986…

Jo sourit

- Oui ! Je sais ! Elle était la plus jeune de la classe. Pas la plus petite physiquement parlant comme tu peux le voir, mais si je me rappelle ce qu'elle m'avait dit, c'était une histoire que son père, étant pas mal absent a oublié l'âge exact de sa fille et l'a inscrite à l'école à 2 ans au lieu de 3. Ce n'était pas au goût de sa mère, mais bon.

Henry posa sa main sur sa cuisse et la frotta délicatement. Elle le regarda avec des étoiles plein les yeux.

- Elle est à New York. J'ai même l'adresse de son hôtel… Si tu veux après notre visite à l'école, on peut y aller. Enfin si ça te tente toujours de lui parler.

Jo sentit une boule dans son estomac. Elle n'avait été amie avec cette jeune fille que pour trois semaines, mais elle avait eu l'impression d'avoir eu quelqu'un qui serait toujours là pour elle si le destin ne les avait pas séparées de la sorte.

- Ça me ferait plaisir de la revoir après toutes ces années et de la remercier pour m'avoir évité plus de casse durant ce court laps de temps qu'on a eu ensemble.

Henry secoua rapidement sa main et déposa une bise sur sa joue. Jo sentit ses joues s'enflammer et elle démarra pour aller jusqu'à l'école. Elle soupira mentalement. Elle y avait passé beaucoup trop de temps ces derniers jours. Tout du moins pour quelqu'un qui n'aurait plus jamais voulu y remettre les pieds.

Quand ils arrivèrent, il y avait un gros remue-ménage. Les élèves du collège et du lycée étaient dispersés un peu partout et chacun parlait entre eux.

En parvenant à se frayer un chemin entre toutes ces têtes, Jo demanda à la petite fille qu'elle avait aidé la dernière fois, qui semblait avoir plus d'assurance

- Hey ! Salut, tu te souviens de moi ?

La petite fille la regarda de la tête aux pieds et fit un large sourire, avant de l'enlacer autour de la taille. Elle resta surprise, mais lui rendit son étreinte. Henry sentit une embardée dans sa poitrine.

- Détective Martinez ! Je me souviens de vous !

- Tu peux me dire ce qui se passe ?

- Le directeur s'est fait suspendre. Il ne reviendra plus à la rentrée prochaine.

Jo tomba des nues. Henry fit un petit sourire en coin. Elle remercia la petite fille et entraîna Henry avec elle, pour dépasser les élèves et resta complètement bouche bée.

- Clara ?

La jeune femme sursauta et se retourna, en faisant un large sourire quand le couple avança vers elle. Elle serra rapidement sa sœur dans ses bras.

- Salut petite sœur ! Je débarque un peu à l'improviste, mais faut que je familiarise avec mon nouvel environnement de travail !

Jo fronça des sourcils. Henry fit un signe de tête à Clara.

- Mais enfin qu'est-ce qui se passe ? De quoi tu parles ?

Clara regarda Henry

- Disons qu'un bon samaritain est venu m'expliquer la situation et m'a dit qu'ils auraient bien besoin d'une nouvelle tête pour recadrer cette école de snobs qui ne passe son temps qu'à descendre les enfants des autres. Alors, j'ai rempli le formulaire il y a deux jours, je suis partie voir le ministère en personne et aujourd'hui, il m'a escorté jusqu'ici pour que je prenne connaissance de mes nouveaux locaux.

Jo fronça des sourcils. Elle jeta un œil à Henry qui ne disait pas un mot, mais continuait de sourire. Elle ouvrit la bouche, mais ne put sortir un seul mot. Elle reporta son attention sur Clara.

- Mais qu'est-ce que ça veut dire ?

- Que tu as devant toi la nouvelle directrice de Bamford ! Jusqu'à septembre c'est la directrice adjointe qui dirigera l'école et ensuite, je prendrais la place de ce monsieur-là, qui se fait escorter jusqu'à la sortie.

Elle pointa son doigt derrière sa sœur d'où on voyait le directeur qui l'avait tant méprisé, se faire littéralement dégager par le ministère et un officier de police. Toutes ces années à ignorer les signes alarmants des enfants avaient finalement fini par payer.

Jo se sentit comme plus légère et très reconnaissante, d'une part vis-à-vis d'Henry, mais également de sa sœur, qui n'allait sans doute rien laisser passer de quelconque harcèlement pouvant encore se produire.

Jo demanda alors

- Mais ton job de prof d'espagnol et ton école et les élèves ?

Clara sourit

- Je leur dirais à la fin de l'année que je m'en vais. De toute façon, je ne fais pas les 4eme et les 3eme donc tous ceux que j'aurais eus en 5e, je ne les aurais plus revus, si ce n'est dans la cour. Quant à mes 6eme, il y aurait eu de fortes chances que j'en retrouve quelques-uns l'année prochaine, mais je vais leur expliquer que je vais dans un autre établissement et qu'ils pourront toujours me rendre visite s'ils le souhaitent. Et le ministère m'a expliqué que même si je suis directrice, je pourrais continuer de donner des cours d'espagnol ici, mais deux fois par semaine seulement, donc j'aurais soit une seule classe, soit deux qui n'ont qu'un cours d'espagnol par semaine. Mais ce sont des cours de deux heures.

Jo était tellement surprise mais en même temps heureuse. Cette école repartirait sans aucun doute sur de nouveaux rails. Clara ne leur donnerait pas l'occasion de se faire du mal l'un l'autre. Jo savait que Clara avait porté une attention particulière pendant sa scolarité ici et qu'elle avait été terriblement énervée de savoir ce qui se passait pour sa petite sœur. Et pendant longtemps, elle aurait voulu en parler à leur mère, mais Jo ne voulait pas mettre un poids supplémentaire sur les épaules de sa grande sœur.

Aujourd'hui encore, elle en faisait beaucoup pour elle et venait d'accepter de changer d'école, dans le but de changer les idéaux pour ne plus que qui que ce soit subisse ce que sa petite sœur avait subi 20 ans auparavant.

Elle essaya de ne pas paraître émotive, mais Jo se disait que parfois, elle ne méritait pas autant une sœur comme telle.

Clara pencha sa tête sur le côté. Henry sourit. Ces deux-là avaient vraiment les mêmes mimiques. Elle tira sa sœur vers elle et lui frotta doucement le dos.

- Je sais que tu as souffert il y a 20 ans. Je n'ai pas pu te protéger comme je le devais alors aujourd'hui, je veux me rattraper et montrer aux autres que ce n'est pas parce qu'on est riches, qu'on peut se permettre d'écraser les gens. Désormais, tout le monde aura le droit de venir dans cette école, peu importe leur quartier. Tu verras, bientôt on sera remplis de petits hispaniques... Et peut-être si tout se passe bien, un jour j'inscrirais Ana et Sacha dedans.

Henry fut ravi de l'entendre dire. Il préféra laisser un moment aux deux sœurs en s'éloignant un peu pour discuter avec Alexander, qu'il avait repéré. Clara susurra à l'oreille de sa sœur.

- Et tu pourras faire de même quand Henry te donnera des petits bébés.

Jo la regarda de travers et Clara éclata de rire.

- En tout cas – reprit Jo – merci à toi de prendre ce poste. Les choses devraient mieux aller.

- Oui, crois-moi que je vais tout faire changer ! Sinon, je mettrais également en place le programme anti harcèlement. Tu sais quoi, à mon avis, tu ne devrais pas tarder avant d'épouser Henry. J'étais toi, je le ferais tout de suite.

Jo secoua la tête. Sa sœur et sa mère étaient vraiment les mêmes. Mais elle les adorait quand même. Elle releva les yeux vers Henry et ne put empêcher son cœur de battre la chamade. Clara avait raison. Elle avait vraiment sans doute retrouvé une autre perle rare.

Après de longues discussions, Jo et Henry rebroussèrent chemin pour l'hôtel Grand Hyatt, dans le quartier des affaires, plus précisément, tout près de Grand Central.

À peine sortie de la voiture, Jo se jeta au cou d'Henry pour lui donner un long et langoureux baiser. Il fut tellement surpris qu'il chancelât quelque peu et faillit perdre l'air.

Elle le regarda avec des yeux particulièrement amoureux, ses bras enroulés autour de son cou.

- C'était pour quoi ce long baiser ?

- Parce que tu es un homme génial Henry. Tu as tout fait pour que Clara accepte le poste, tu as certainement usé de ton habituel charme British… Tu as retrouvé mon amie d'enfance. Alors, j'imagine que j'avais besoin de te montrer ma reconnaissance de cette manière. Je ne te remercierais jamais assez de faire partie de ma vie.

Il sourit et la serra rapidement contre lui. Ils rentrèrent dans l'hôtel et demandèrent le numéro de la chambre. Une fois devant celui-ci, Jo regarda longuement la porte. Henry lui prit la main.

- Ça va aller ?

Elle prit une profonde inspiration

- Oui ! Je crois !

Elle cogna doucement. Ils entendirent des pas plutôt feutrés derrière la porte et cette dernière s'ouvrit sur une petite tête brune avec de grands yeux bleus, un biberon à la main.

Ils se regardèrent amusés.

- Jour' – babilla le petit bambin en regardant les deux nouveaux arrivants.

Ils n'eurent pas le temps de répondre, qu'une voix cria

- Lara ! Je t'ai déjà dit de pas toucher cette porte ! Oh, mais t'es pas possible toi !

Une autre voix répondit, certainement depuis la salle de bain

- C'est bien la fille de sa mère !

Jo ne pouvait qu'imaginer le regard de la jeune femme à ce moment, elle-même n'aurait pas apprécié le commentaire.

La jeune femme arriva en courant vers le bambin et la souleva pour la tenir dans ses bras.

- Excusez-moi ! C'est une vraie petite coquine cette jeune fille. Trois ans c'est l'âge où ils n'écoutent vraiment rien, surtout quand ils apprennent à ouvrir les portes.

La jeune femme releva finalement les yeux pour prêter attention aux deux nouveaux arrivants.

- Je peux vous aider ?

Jo la regarda longuement. Sa petite fille était accrochée à elle comme à une bouée de sauvetage et lui ressemblait très portrait, sauf pour les yeux. Elle posa sa tête contre la poitrine de sa maman, en regardant Jo et Henry d'un air curieux.

Henry donna un léger coup d'épaule à sa partenaire.

Jo se racla la gorge

- Hum… Je… Je suis le détective Martinez et voici le docteur Morgan… Je… J'aurais une petite question à vous poser.

À la minute où le mot détective franchit ses lèvres, la jeune femme tressaillit

- Euh, est-ce que mon mari ou moi-même aurions fait quelque chose de mal ?

À voir son visage, elle semblait considérer s'ils avaient fait quelque chose d'illégal depuis qu'ils étaient à New York. Jo put remarquer qu'elle se retint de lever les yeux au ciel.

- Non non ! Nous ne sommes pas là pour une enquête. En réalité, ce n'est que moi qui aurais besoin d'une confirmation.

Jo sortit le polaroid de sa poche et le tendit à la jeune femme. Elle remonta un peu plus sa fille sur sa taille et l'observa longuement. Jo se pinça les lèvres.

- Je sais que cela fait au moins 20 ans… Mais nous étions dans la même école privée… Vous êtes restée trois semaines et vous étiez ma seule amie. Vous aviez du caractère et je vous admirais pour toujours me protéger… Malheureusement, vous avez quitté bien trop vite et j'aimerais savoir si…

La jeune femme la coupa

- Jo ?

Henry put voir les yeux de sa partenaire briller. Elle était au bord des larmes et c'était également le cas de la jeune femme devant elle.

La voix masculine qu'ils avaient entendue plus tôt arriva

- Lois ? Qui nous rend visite ?

Un grand jeune homme (c'était le cas de le dire) brun aux yeux perçants se pointa juste derrière ladite Lois. Il les regarda de la tête aux pieds.

- Clark, chéri… J'ai retrouvé une amie d'enfance. Je t'avais raconté que j'avais été dans une école privée avant de déménager, encore ?

Il acquiesça

- Eh bien la voilà !

Elle tendit Lara à son mari et attrapa Jo pour lui donner une longue étreinte. Les deux hommes se regardèrent ne sachant pas trop quoi faire si ce n'est d'assister à ces belles retrouvailles, en se souriant.

- J'ai toujours voulu te retrouver – murmura Lois –, mais je ne savais pas comment. Mon père est général, je ne restais jamais un an dans la même école. J'ai été trimballée de base en base pendant toute mon enfance après la mort de ma mère, tandis que ma petite sœur était dans une école privée en Suisse. Être à New York était vraiment temporaire, car il y avait un problème de capacité là où mon père devait établir sa base. Ce sont eux qui ont avancé les frais pour ma scolarité de trois semaines. Je n'ai jamais eu le temps de prendre tes coordonnées et j'en suis désolée.

Elle se décala de Jo et posa rapidement ses mains sur ses joues. La jeune femme était devenue légèrement plus grande qu'elle.

Lois pouffa

- Regarde-toi maintenant ! Tu es même plus grande que moi et tu es détective. Tu es devenue cette femme forte à laquelle tu espérais tant.

Jo ne savait pas quoi dire tellement elle était envahie par l'émotion.

- Lois Lane Kent… J'imagine que lorsque je voyais ton nom dans les journaux, ça aurait dû me frapper. J'ai pris la peine de venir, pour te remercier de ces trois semaines où tu avais allégé ma souffrance.

- Figure-toi que jusqu'à présent, je ne laisse personne me marcher sur les pieds.

Clark derrière son dos, ne fit qu'acquiescer. Jo était heureuse. Elle aurait finalement une figure féminine autre que sa sœur, sa mère ou Reece pour se confier.

- Tu es de passage à New York alors ? – demanda Jo

- Oui ! Pour une conférence. On est tous les deux journalistes. La conférence dure deux jours, mais on a profité pour prolonger notre séjour sur une semaine et visiter avec cette petite coquine.

Clark leur dit

- Rentrez voyons ! Lois et Jo vont pouvoir discuter.

Henry laissa Jo passer, mais resta dans l'embrasure de la porte. Elle le regarda.

- Henry ! Tu ne viens pas ?

- Tu es entre de bonnes mains et je pense que ces retrouvailles vous sont spéciales. Il faut que je rentre, j'aie encore des choses à remplir et demain, Abe a un rendez-vous chez le médecin, je voudrais l'accompagner, je ne fais pas confiance au diagnostic.

Jo pouffa. Cela ressemblait bien à Henry. Elle lui déposa un rapide bécot sur les lèvres et lui promit de l'appeler le soir même à la boutique et qu'ils se reverraient vite pour un prochain dîner !

Henry souhaita une bonne soirée à tout le monde, fit un signe de main à Lara qui fit un large sourire et quitta toute cette bonne humeur.


Le légiste était retourné au 11 pour finir de remplir quelques dossiers. Il avait fait non pas une, mais deux bonnes actions. Il adorait voir le visage de Jo s'illuminer tel quel. Elle allait pouvoir mettre son passé derrière elle et d'autant plus que Kim ne ferait pas de prison, mais serait forcé de travaux d'intérêt général, et ça dans l'école où elle avait harcelé Jo. Le karma prenait son temps, mais il donnait toujours un retour.

Assis dans son bureau, il mit la touche finale aux rapports des dernières affaires et les enverrait à son boss.

Il ne fut pas peu fier de tout le travail produit sur cette enquête. Il s'étira et son regard fut attiré par une très belle pièce, posée au-dessus de son armoire où différents bibelots représentant bien l'antiquité qu'il était, étaient grossièrement bien rangés.

Il la regarda longuement et fit un petit sourire.

- Euh... Je ne peux pas rester, je travaille. En fait, je voulais savoir si vous aviez entendu parler d'une épée le han. ch..

- Le Hanjo Masume. Qui est considérée comme l'une des épées les plus célèbres dans le monde. Elle a disparu après la Seconde Guerre mondiale.

Jo se pinça les lèvres, en faisant un petit sourire

- Eh bien, elle est coincée dans la poitrine d'un pauvre homme entre La 30e et park. J'ai demandé à ce que vous soyez mon légiste officiel.

Ce fut le jour où leur relation avait vraiment pris un nouveau virage. Sans compter cette tension entre eux lorsque Jo était venue lui remettre sa montre. Abe n'avait pas vraiment fait dans la discrétion et Henry avait été capable de lire ses pensées rien qu'au son de sa voix.

Cette épée lui avait été remise comme cadeau pour sa collaboration. Personne n'en voulait et personne ne savait quoi faire avec alors ils comptaient sur la bonne foi d'Henry pour en faire une bonne pièce historique et la garder en lieu sûr ou tout du moins hors de portée de qui que ce soit.

Depuis, il l'avait laissée trôner au-dessus de l'armoire, mais il se disait qu'elle n'avait sans doute plus sa place. Elle était bien trop voyante et surtout assez instable.

Il était temps qu'il la change de place et sans doute qu'il la ramène à la boutique. Il avait voulu la conserver pour se rappeler de cet honneur que c'était de travailler avec la NYPD et du fait qu'il avait reçu cette pièce sur le terrain.

Il sourit. Tout le monde connaissait le travail qu'il faisait désormais, il n'avait plus besoin de prouver quoi que ce soit et cette épée avait définitivement sa place parmi les vieilleries de la boutique.

Il se leva de son bureau et attrapa un escabeau d'une hauteur assez importante, qu'il gardait dans un coin du bureau, pour les cas un peu extrêmes où il devait atteindre une certaine hauteur de l'armoire qu'il ne pouvait pas. Son mètre 80+ ne lui permettait pas tout par moment.

Il stabilisa l'escabeau au mieux qu'il put et y grimpa pour attraper l'épée, sans prendre la moindre précaution.

Henry se pensait seul dans son bureau et comptait rapidement descendre pour ramener l'épée en toute sécurité, une fois qu'elle serait dans son étui de protection. C'était bien évidemment sans compter l'intervention de Lucas, qui débarqua comme un bourrin dans le bureau, avec une coupure de journal à la main.

- Doc ! Il faut que vous lisiez ça, je suis sûr que ça va vous plaire !

Ne l'ayant ni vu, ni entendu arriver, Henry en sursauta et perdit l'équilibre. Il heurta difficilement le sol et l'épée qui était au bord de l'armoire, tomba et vint se planter directement dans sa poitrine, ne lui laissant même pas le temps d'expirer.

Lucas laissa tomber à la fois le journal et la tasse de café qu'il avait en main.

- Oh mon Dieu! Oh mon Dieu! Oh mon Dieu!

Le corps d'Henry disparut aussi vite que Lucas n'eut même pas le temps de réagir et d'appeler qui que ce soit.

- Oh, mon Dieu, oh, mon Dieu, mon Dieu, mon Dieu, mon Dieu!

À suivre…


Author's note : Alors vous l'aurez compris, j'ai fait un clin d'œil à Smallville (qui était jadis ma série préférée, qui s'est terminée en 2011) et j'ai choisi Lois Lane comme l'amie d'enfance de Jo. Vu que dans mon histoire j'ai mis Jo née en 85, au final ça ne ferait qu'un an de différence avec Lois donc voilà, elle m'est venue à l'esprit et vu le caractère de la gamine, je trouvais que ça lui correspondait parfaitement. (le jour de naissance de Lois est le vrai, celui qui lui est attribué dans les comics donc elle ne change pas)

Les deux couples ont énormément en commun (vous savez tous qui est Clark, pas besoin de vous faire un dessin lol) mais voilà, deux hommes avec un secret et une femme derrière leur dos pour les soutenir dans toutes les situations.

L'histoire d'amour de Clark & Lois est légendaire et je suis persuadée que celle de Jo & Henry serait devenue également épique, de la même façon alors j'ai voulu réunir le temps d'une courte scène mes deux couples favoris ensemble ;)

Ensuite, récemment il y a eu un crossover dans lequel Lois et Clark ont fait une courte apparition et on apprend ce qui est arrivé après la fin de Smallville et franchement j'ai écrit ceci bien longtemps avant même de savoir qu'ils allaient être dedans donc je dois dire que je suis plutôt fière de moi. Rapidement je vous explique: leur apparition se passe de nos jours donc (en 2019 à ce moment) et ils ont eu deux filles depuis (mais on ne sait pas si elles sont jumelles ou si l'une est plus vieille que l'autre) et au vu de ce qui est dit, au mieux la première doit avoir 5-6 ans. Donc mon point est, sans savoir ce qui allait arriver, sans avoir une seule idée qu'ils allaient faire une apparition dans un crossover, je leur ai donné une fille qu'ils avaient déjà dans les années où mon histoire se passe et qui avait très probabement l'âge que je lui ai donné, je dois dire que c'est mon petit moment de fierté :D.

Et Alana a joué dans la série (le premier de la saison 5 et elle était loin d'être la gentille Jo qu'on connait :p) et elle a eu une scène avec Lois à la moitié de l'épisode et c'était donc une façon de les réunir ;).

Et j'espère que je ne vous fait pas transpirer pour cette fin ;)

And a little insignificant something for my foreign readers, Jo mentioned Lois' father sent her to school at 2 instead of 3, that's because I'm keeping the French system as y'all already guessed and out there, we start kindergarten at 3.