Alors cette enquête sera plutôt longue et divisée sur 3 chapitres (la fameuse). J'étais très en panne d'inspiration donc j'ai pondu tout ça sur un seul arc en me disant que ça comblerait le vide. À y penser, j'aurais peut être juste tout simplement dû sauter à la fin mais bon, tant pis, ça a été écrit et vous apprendrez certaines choses un peu plus tard.
De plus, je vous le dis tout de suite, je me suis grandement inspiré de la série/roman: Big Little Lies. Le concept me plaisait et j'ai trouvé le fil rouge idéal vis à vis de ça, pour placer mon enquête ici. Ça sera vraiment différent de tout ce que vous avez pu voir jusque là et possible qu'ils ne soient pas vraiment dans leurs éléments de flics (vous verrez bien de quoi je parle). Mais c'est le but de l'arc et j'espère quand même qu'il vous intéressera.
D'ailleurs, les chapitres restent d'être vraiment plus longs qu'à l'habitude (sauf celui qui suit) mais, comme c'est un arc qui s'étend, je voudrais essayer de regrouper le maximum à chaque fois, pour éviter un trop plein de chapitres à la fin. Enfin, ça m'empêchera pas de couper aux bons moments ;).
Sachez qu'à la fin de ces longs chapitres, il n'en restera plus que deux avant la fin !
Chapitre 12: Une enquête de rêve - partie 1
- Qu'est-ce que tu racontes ? – hurla Abe, environ une vingtaine de minutes plus tard, où Henry rentra dans la voiture, après son tour dans la rivière et que son fils lui lance une serviette pour qu'il s'essuie les cheveux.
Henry grogna, en s'affaissant sur son siège
- C'est comme je te l'ai dit. Jo a retrouvé son amie d'enfance alors j'ai décidé de leur faire de l'air et j'ai simplement voulu prendre l'épée qui était sur le haut de l'armoire… Et quelles étaient les probabilités que Lucas débarque comme un fou et me fasse faire une chute littéralement mortelle ?
Abe se pinça les lèvres, en essayant de ne pas rire devant le ridicule de la situation. Son père avait l'habitude d'en faire des vertes et des pas mûres en termes de « morts » qu'il pouvait catégoriser de stupides, mais là c'était certainement une grande première.
- Il n'y a vraiment qu'à toi que ce genre de choses arrive – gloussa Abe
Son père lui lança simplement un regard.
- Avec ma chance, c'était certain que ça me tombe dessus !
Abe pouvait entendre la frustration dans sa voix. Mourir devant quelqu'un et lui devoir des explications était ce qu'Henry avait toujours craint. Et dans le mieux des cas, il ne faisait que prendre la fuite pour ne plus jamais avoir à refaire face à la personne… Mais cette fois-ci, il ne pouvait se permettre d'aller où que ce soit. Pas maintenant qu'il était installé, qu'il avait une vie à New York, un travail fixe et surtout une belle détective avec qui fricoter.
Il poussa un long soupir.
- Qu'est-ce que tu vas faire alors ? – demanda son fils
Henry détourna son regard vers la vitre, en regardant les rues défiler ainsi que le soleil se couchant sur la Grosse Pomme. Il détestait avoir à prendre ce genre de décision, mais cette fois-ci, il semblait qu'il n'avait pas tant le choix. Le pauvre Lucas devait être complètement en état de choc et rien ne disait qu'il n'avait pas prévenu le reste de leurs collègues à l'étage pour raconter ce qui s'était passé. Enfin, de ce qu'il avait vu, le jeune homme avait l'air bien trop dans un état second pour avoir le réflexe d'appeler une ambulance… Du moins, il espérait.
- Il faut que tu me ramènes au 11… J'imagine qu'il doit y être encore. On va l'amener avec nous et je vais devoir tout lui raconter.
Abe lui lança un regard en biais. Henry pouvait lire sur son visage comme dans un livre.
- Ne me fais pas cette tête-là !
- Tu sais, je ne suis pas contre le fait que tu t'ouvres à tes amis concernant ta condition spéciale, mais là… Je ne sais pas. Ça va mettre un poids sur les épaules du gamin et il est gentil, mais il est incapable de tenir sa langue, comment tu vas gérer ça ?
Henry savait que Lucas était bruyant. Cependant, il était également un ami très dévoué. Henry savait qu'il pouvait compter sur lui et avec son amour pour le surnaturel, il ne doutait pas qu'il serait capable de garder le secret… Enfin, ça, c'était s'il le croyait.
- Je ne vais pas avoir le choix, Abe ! Il a tout vu entièrement. Et je ne peux pas débarquer devant lui comme si de rien n'était, en lui disant qu'il a simplement halluciné. Je sais qu'il est un peu barge, mais il n'est pas stupide non plus.
Abe ne savait pas trop quoi penser de ceci. Cela lui ferait plaisir que quelqu'un d'autre qu'eux deux soit dans la confession, mais il aurait souhaité que les choses se passent tout de même autrement.
- Tu sais… Quitte à choisir, j'aurais préféré que ce soit Jo qui te voit dans cet état… Ça n'aurait pas été aussi problématique.
Henry lui lança un regard sarcastique
- J'en suis conscient, merci. Crois-moi que devoir des explications à Lucas, avant Jo… Ça ne m'enchante pas plus que ça. Mais on doit faire avec.
Abe pouffa
- Je n'imagine pas le sort de Lucas le jour où Jo l'apprendra à son tour. Et j'ose espérer qu'elle ne l'apprendra pas de la même façon que lui ou comme Abigail. Faudrait évoluer un moment.
Henry leva les yeux au ciel et préféra ne pas argumenter. Certes, il ne s'était jamais fatigué à avouer la vérité de son plein gré au peu de personnes qui l'avait côtoyé, sachant que la première à qui il l'avait confié ne s'était pas gênée pour l'envoyer dans un hôpital psychiatrique. Le moins il avait besoin d'y mettre son gré, le mieux il se portait. Mais il savait parfaitement qu'il ne pourrait pas toujours éterniser ceci vis-à-vis de Jo.
Et certainement qu'elle l'enverrait dans la rivière, quand elle apprendrait que Lucas le savait bien avant elle.
Abe sembla lire dans ses pensées
- Elle te pardonnera peut-être quand tu lui diras que Lucas l'aura appris accidentellement… Si tu as assez de courage pour tout lui dire avant qu'on devienne tous poussière.
Le regard qu'Henry lui lança, le fit jouer au roi du silence jusqu'au 11. Henry resta dans la voiture pendant quelques minutes, à regarder les policiers qui vadrouillaient devant le commissariat.
Descendre à la morgue et demander à Lucas de le suivre pour lui raconter toute l'histoire, allait changer toute la donne. Comme disait Abe, rien ne disait que le jeune homme allait tenir sa langue, mais il allait devoir mettre sa confiance en lui.
Il finit par ouvrir la portière et sortit, marchant lentement vers le building. Tout ceci lui parut durer littéralement une éternité. Il prit l'ascenseur tel un robot. Personne ne l'intercepta, donc Lucas devait toujours être aussi pâle que les cadavres dont ils s'occupaient, coincé dans son bureau. Personne n'aurait le courage de bouger après avoir été témoin d'une telle affaire.
Il ne se trompa pas, Lucas était toujours dans le bureau. Planté à regarder le sol, comme si ce dernier allait lui apporter une réponse.
Henry avança lentement derrière lui, pour ne pas l'effrayer davantage. Il se racla la gorge.
- Hum ! Lucas…
Ce dernier sursauta et écarquilla grand les yeux en voyant le doc se tenir devant lui, sans aucune blessure, comme s'il n'avait jamais pris une épée de près de 15cm dans le ventre.
- Écoute Lucas, je ne sais pas comment expliquer ce que tu as vu, mais il faudrait que…
Sans qu'il s'y attende, le jeune homme le serra dans ses bras et fit un large sourire
- Mais c'était trop génial !
Henry cligna plusieurs fois des yeux, en se demandant s'il avait atterri dans une dimension parallèle.
- Excuse-moi ?
Lucas commença à s'agiter dans tous les sens
- Je savais que vous possédiez beaucoup de talent, mais cette disparition après avoir reçu une épée en plein cœur, franchement, moi je dis chapeau. Vous ne cesserez de m'impressionner. Vous êtes quoi, un genre d'Harry Potter ou quelque chose ?
Henry fronça des sourcils
- Quoi ?
- Un sorcier, magicien, vous faites des tours ? Allez, j'ai toujours su que vous cachiez quelque chose, mais ça, c'était carrément dément.
Henry ne comprenait rien aux délires de Lucas. Il pourrait choisir de nier et lui faire croire qu'il était effectivement un magicien, mais cela ne tiendrait pas la route et puis Abe lui mettrait encore des bâtons dans les roues.
Il dut calmer le jeune homme qui était un peu trop excité à son goût.
- Lucas ! Il faut que tu te calmes ! C'est sérieux.
- Bah ! j'imagine que oui. Si vous faites tout le temps des tours de passe-passe, pas étonnant que vous en sachiez tellement sur…
- LUCAS !
L'élévation de la voix d'Henry le figea sur place. Il se calma et regarda son boss dans les yeux.
- Il faut que tu viennes avec moi. Je ne suis pas magicien ni rien d'autre. C'est encore plus complexe que ça. Mais j'ai besoin que tu viennes à la boutique. Abe sera là et on pourra en parler sans aucune oreille baladeuse.
Depuis le temps que Lucas travaillait avec Henry, il savait parfaitement bien lorsque ce dernier était très sérieux. Enfin, pas qu'il ne l'était pas, mais c'était certainement pire dans de tels moments.
Il hocha lentement la tête
- Oh… Okay. Je vais venir avec vous. Mais vous savez que vous me faites peur.
Henry leva les yeux au ciel
- Ne prends pas peur tout de suite. Tu pourras flipper une fois que je t'aurais tout raconté, si besoin.
Abe entraîna le pauvre Lucas à l'étage, pour le préparer comme il se devait à raconter la longue et étrange histoire autour de son père.
Il prépara le thé, tandis qu'Henry avait reçu son coup de téléphone de Jo, une fois qu'elle fut rentrée et qu'elle lui raconta à quel point les retrouvailles avec sa jeune amie s'étaient bien passées et qu'elles avaient prévu de se revoir de temps à autre.
À entendre le son de sa voix, Jo était aux anges et ravie d'avoir pu retrouver cette amie et d'avoir une autre personne que Reece, sa mère et sa sœur pour se confier quand elle en aurait besoin.
Elle lui demanda ensuite comment s'était passée sa soirée et ce fut avec une voix crispée qu'il lui répondit que tout avait été tranquille et qu'il avait décidé de faire un peu de rangement dans son bureau… L'épée était restée sur la scène de « crime » cela étant.
Ils se souhaitèrent une bonne soirée et Henry monta à l'étage pour rejoindre Lucas et Abe qui étaient installés.
Lucas était un peu trop détendu à son goût. La bombe qu'il s'apprêtait à lui lancer allait certainement changer sa perception sur beaucoup de choses.
Il s'approcha lentement et prit place en face de son assistant.
- Écoute… Ce que je vais te raconter est complètement insensé et surnaturel. Je sais que tu as une dévotion intense pour tout ce qui tourne dans ce domaine, mais là ça dépasse tout entendement et j'ai vraiment besoin que tu m'écoutes, du début à la fin, sans m'interrompre. Est-ce que tu peux faire ça ?
Lucas rigola
- Est-ce que je suis le genre à vraiment trop causer ?
Le silence qui s'en suivit de la part des deux Morgan lui en dit long. Il se mordilla l'intérieur de la bouche.
- Tu en fais un peu trop parfois – assura Henry, en se pinçant l'arête du nez –, mais cette fois, j'ai vraiment besoin de toute ton attention. Ça risque d'être long, mais c'est mon histoire. Je ne la partage qu'avec très peu de personnes, mais maintenant que tu as vu ce que tu as vu, je ne vais pas faire comme si, rien n'était arrivé. Bien que j'aie aimé l'idée du magicien.
Abe lui lança un regard noir et Henry se racla la gorge avant de prendre une profonde inspiration pour commencer son récit.
Le récit dura des heures. L'heure de dîner était largement dépassée quand il eut terminé.
Il avait laissé un Lucas perplexe et à la fois émerveillé. Enfin, il n'arrivait pas bien à décrypter ce qu'il voyait sur son visage.
Abe et Henry le regardèrent silencieusement, le temps qu'il remette ses idées en place. Il se croyait presque dans un film de fiction ou une caméra cachée, mais en voyant leurs expressions, il savait que ce n'était pas le cas.
- Mais enfin, dis quelque chose gamin – rabroua Abe
Il ouvrit la bouche, mais la referma. Il lui fallut cinq bonnes minutes avant de finalement être capable de dire un mot.
- Donc depuis tout ce temps, vous êtes un genre d'Highlander ?
Henry regarda son fils pour comprendre la référence, mais ce dernier lui fit simplement signe d'ignorer
- Ça explique beaucoup de vos bizarreries et le fait que vous êtes coincé à l'âge de pierre.
Henry se sentit frustré
- Je ne date pas de l'âge de pierre
- Ouais enfin, c'est pas très loin quand même… Vous avez 236 ans… - Lucas écarquilla les yeux – ouch ! Dit comme ça, ça fait un choc, en effet !
Abe ne put s'empêcher de rire. Henry se demandait s'il avait vraiment bien fait de dire tout ça à Lucas. Il n'imaginait pas les références et les blagues stupides auxquelles il aurait droit.
Lucas regarda Abe
- Et c'est encore plus bizarre de se dire que vous êtes son fils, enfin même si adoptif.
Abe fit un signe de la main
- Oh ! après un temps, plus personne ne fait la différence. J'ai l'habitude qu'on échange les rôles désormais.
Lucas se sentit un peu désolé pour le vieil homme. Être pris pour le père de son propre père ne devait pas être facile à vivre tous les jours.
- Mais est-ce que tu me crois ? – demanda Henry, incertain de ce que Lucas pourrait raconter dès le lendemain
Il haussa des épaules
- Pourquoi je ne vous croirais pas ? Je vous ai vu disparaître devant moi après avoir pris une épée en plein cœur… Je trouve ça toujours cool quand même. Vous connaissez toutes les ères et vous vivez au cœur du changement. Je trouve que vous êtes chanceux.
Henry grinça des dents
- Je ne pense pas que voir les gens qu'on aime partir les uns après l'autre fait de moi quelqu'un de chanceux, mais chacun son point de vue après tout.
Lucas baissa honteusement la tête
- Désolé ! Je n'avais pas pensé à ça. C'est vrai que ça a dû être une souffrance pour vous…
Henry n'avait pas raconté tous les détails de ce qu'il avait subi au fils des siècles. Éventuellement, il lui en parlerait quand le jeune homme serait plus stable. Il avait rapidement mentionné la trahison de Nora et avait dévoilé la vraie nature de Sylvia Blake. Mais en dehors de ça, pour le moment il préférait lui épargner de parler d'Adam et autres détails historiques qui seraient beaucoup trop à supporter pour ses jeunes épaules. Il fallait lui laisser le temps d'assimiler.
Après plusieurs minutes de réflexion, Lucas finit par demander
- Mais attendez une seconde, vous me racontez tout ça… Mais est-ce que Jo est au courant ?
Abe fit un regard évident à son père qui ne répondit pas. Lucas tomba des nues.
- Quoi ? Elle n'est pas encore au courant ?
Il se leva et porta ses mains à sa tête
- Mais le jour où elle va l'apprendre, vous réalisez que vous et moi, nous sommes des hommes morts, n'est-ce pas ? Enfin, dans votre cas, ça ne vous affectera pas, mais moi, moi je n'ai pas la fontaine de Jouvence. Elle va nous éclater.
Henry ne doutait pas de la leçon de morale qu'ils prendraient quand viendrait le temps des révélations, mais il ne pensait pas que sa petite amie aille jusque-là… Du moins, il espérait.
- Jo est quand même posée. Elle sera certainement en colère, mais ça ira.
Lucas le regarda longuement
- Mais pourquoi vous ne lui avez toujours pas dit ? Je conçois que moi, même si je vous connais depuis plus longtemps, vous étiez très solitaire dans votre travail et je sais que je parle beaucoup, mais Jo… C'est comme la personne qui est arrivée dans votre vie sans prévenir et qui a placé toute sa confiance et sa dévotion en vous. Je pense qu'elle le mérite plus que quiconque entre nous.
Abe lui faisait déjà la morale H24 pour qu'il lui dise la vérité, mais il était si buté et il y avait trop d'enjeux pour l'instant.
- Je sais Lucas ! J'ai déjà voulu lui dire plusieurs fois, mais l'occasion ne se présente pas. Comme tu peux le constater, ce n'est pas comme parler de la pluie et du beau temps et je voudrais faire ça sans trop la brusquer.
Abe chuchota
- Il craint un peu une récidive comme avec Nora
Henry le regarda de travers
- Quoi ? Mais c'est la vérité.
Lucas passa un doigt sur son menton
- D'après ce que j'ai compris, cette Nora était une véritable sorcière. Elle ne vous méritait tout simplement pas. Mais Jo ne sera jamais comme elle, Henry. Jo est dévouée à vous. Elle va certainement vous en vouloir pour lui avoir caché et elle aura certainement besoin de temps pour que son cerveau fasse le tri, mais je pense qu'elle sera prête à vous accepter. Hanson me disait qu'il n'a jamais vu Jo si éblouissante que depuis que vous êtes dans sa vie. Si vous l'aimez et je suis sûr et certain qu'elle vous aime aussi, les choses iront bien pour vous deux. Donc, ne craignez pas de lui dire dès que vous en avez l'occasion.
Henry n'avait pas l'impression d'entendre Lucas, mais une toute différente personne. Il était rare qu'il se montre si sage. Comme quoi, les gens ne paraissaient pas toujours ce qu'ils montraient. Et avec la manière dont il disait les choses, il avait encore moins l'impression qu'on venait de lui apprendre que son boss était immortel.
- C'est très sage de ta part de dire de tels mots et ils me touchent beaucoup. Mais tu es sûr que tu n'es pas dans un état second ? Parce que je viens quand même de t'apprendre que je suis immortel… Ce n'est pas rien.
Lucas acquiesça
- Je sais ! Et croyez-moi, c'est un peu une cocotte-minute en moi, mais je ferais avec. Je comprends à quel point ce secret est important pour vous et j'ai une grande gueule, mais comptez sur moi pour ne pas dévoiler un seul mot sur votre condition. Je pense que même si on vit à une ère où les gens sont beaucoup plus ouverts d'esprits, il est toujours bon de préserver ce genre de choses, pour votre sécurité et celle de vos proches.
Abe et Henry s'échangèrent un regard et eurent du mal à croire qu'ils discutaient avec le Lucas Wahl qu'ils côtoyaient depuis des années.
- Ne vous inquiétez pas pour moi. Il va me falloir quelques jours, mais je vous supporte et je trouve ça vraiment génial. J'ai toujours su que dans le fond, il y avait bien une part de surnaturelle en vous. On ne peut pas posséder de telles connaissances quand on a l'air d'avoir 36 ans.
Henry sourit. Lucas était un très bon ami. Il lui faisait confiance et il garderait le secret. Et quand le moment viendrait, il en parlerait à Jo sans qu'elle le voie disparaître devant elle à son tour. Mais il prendrait le temps de tout organiser.
Lucas fit craquer son dos
- Bon ! C'était vraiment sympa de me raconter tout ceci Henry, mais maintenant je dois y aller. Il se fait tard. J'espère que vous ne tarderez pas trop pour dire la vérité à Jo.
- Je le ferais ! Merci de ta confiance Lucas.
Ils s'échangèrent un rapide regard et un sourire qui en disait long sur les nouvelles aventures qui les attendaient.
Abe donna une tape amicale dans le dos de son père
- Tu as été très courageux. J'espère seulement qu'on n'a pas fait une erreur en lui disant tout ceci.
Henry soupira
- Je l'espère aussi.
Le lendemain, tout le monde se retrouva au 11 comme à leur habitude. En déambulant dans la morgue, Henry aperçut Lucas et se pinça les lèvres. Il espérait qu'il n'avait pas empêché le jeune homme de dormir.
Il avança vers lui et le salua rapidement
- Bonjour Lucas ! Comment vas-tu ce matin ?
Ce dernier, occupé à lire un de ses fameux romans graphiques avec des écouteurs dans les oreilles, ne l'entendit pas venir, il sursauta donc.
- Boss ! – Il se leva d'un bond.
Henry fut un peu surpris de sa réaction. Il n'était pas un extra-terrestre non plus.
- Excuse-moi. Je n'avais pas du tout l'intention de te faire peur.
Lucas s'agita
- Oh, mais non, ne vous inquiétez pas. C'est juste qu'avec la musique et ma concentration sur mon roman graphique, je ne vous ai pas entendu arriver. Mais tout est cool !
Henry le regarda longuement. Lucas avait quand même un peu de mal à le regarder dans les yeux.
- Est-ce que tout va bien ?
Lucas hocha vivement la tête
- Oui ! Pourquoi ça n'irait pas ?
Henry fit un signe de tête évident
- Oh ! Par rapport à Highlander – Lucas fit un grand geste avec sa main – nan, mais je vous ai dit que tout était cool. Je n'ai rien dit à personne et je compte m'en tenir. C'est juste que c'est un peu bizarre pour moi de savoir ce que vous êtes, mais j'imagine qu'on finit par s'y faire avec le temps.
Henry se sentait quand même assez coupable de lui faire subir ça. Il aurait vraiment souhaité que tout se passe autrement.
- Je suis navré que tu doives passer par là. Je veux dire, je n'aurais jamais dû mettre un tel poids sur tes épaules.
Lucas leva les yeux au ciel
- Inquiétez-vous plutôt de ce qui se passera quand Jo apprendra qu'on lui a caché tous les deux quelque chose, nous plus Abe. Ça sera notre fête à tous. Je vous ai dit que c'était cool et ça l'est, sincèrement. Mais il faut avouer que ce n'est pas quelque chose qu'on digère si facilement après une nuit de sommeil, mais vous n'avez pas à vous en faire pour moi, boss.
Il parvint à arracher un sourire sur les lèvres du légiste. Il fut sur le point de rajouter quelque chose, quand l'objet de ses rêves se présenta, avec un large sourire qui trahissait sa bonne humeur.
Henry en sentit son pantalon devenir trop serré à cette vue très agréable.
- Salut les gars ! – lança Jo en arrivant, toute joviale.
Elle donna une tape rapide dans l'épaule de Lucas et se dirigea vers Henry en lui déposa un bécot sur les lèvres.
Lucas échangea un rapide regard avec son boss et retourna à ses occupations.
Henry posa son attention sur sa petite amie
- Tu m'as l'air de très bonne humeur ce matin.
Son large sourire ne la lâcha pas
- Juste que je suis bien contente d'avoir retrouvée Lois. Et puis je dois tout ça à toi, à Lucas. Et contente que ma sœur devienne la nouvelle directrice de Bamford. Donc, il y a de quoi être de très bonne humeur ce matin.
Elle envahit son espace personnel et enroula ses bras autour de son cou, en chuchotant
- Et puis ce soir, je nous ai réservé une salle dans un superbe restaurant, tout cosy et un peu plus loin du centre-ville. On aura un petit coin rien qu'à nous.
Henry imita son sourire et enroula ses bras autour de sa fine taille, ne prenant pas en compte tous les regards autour d'eux.
- Tu es d'un incroyable romantisme quand tu le veux aussi.
Jo haussa les épaules
- Je sais faire la part des choses.
Elle frotta son nez contre le sien et se décala de lui, juste légèrement pour éviter qu'ils ne continuent d'être le show parfait pour toute la morgue.
- Alors, comment s'est passée cette soirée avec ton amie ? – demanda Henry
- C'était vraiment cool. On est parties dîner en ville toutes les deux, elle a laissé sa fille avec son mari. Sa fille est très mignonne et maligne. Son mari est un peu timide et réservé, mais il est exactement comme toi.
Henry sentit la veine sur son front, gigoter nerveusement
- Comment ça, comme moi ?
- Il a l'air de porter le poids du monde sur ses épaules.
Henry fit un sourire crispé. Si elle savait. Mais cela piqua sa curiosité. Lucas qui avait entendu la fin de la conversation demanda.
- Attendez, le canon que j'ai trouvé hier sur internet est marié et a un enfant ?
Jo se retourna en faisant un petit sourire narquois
- Évidemment ! Tu pensais avoir toutes tes chances avec elle, n'est-ce pas ?
Lucas bougonna Dieu sait quoi et Henry et Jo éclatèrent de rire. Jo remarqua alors que la morgue était bien calme.
- D'ailleurs, c'est étrange qu'on n'ait pas encore un appel pour nous parler d'un meurtre. D'habitude quand j'arrive, soit il y a déjà un cadavre, soit ça ne tarde pas pour qu'il soit découvert.
Elle eut à peine le temps de terminer sa phrase, que Reece débarqua dans la morgue, accompagnée d'Hanson
- Eh bien ! La joie sera de courte durée détective, parce que j'apporte des nouvelles.
Tous les yeux se tournèrent vers les deux arrivants et chacun remarqua que Mike avait l'air particulièrement enchanté, peut-être trop.
- Alors, où on doit se rendre ? – demanda Jo
- En Australie ! – répondit Reece, très sérieusement
Au vu de son visage très expressif, chacun savait qu'elle ne plaisantait pas. Il était très rare que leur boss fasse de la rigolade, elle avait une certaine réputation à tenir.
Les trois occupants de la morgue se regardèrent et Jo regarda même Mike pour savoir si cela était une plaisanterie. Henry regarda sa montre.
- On n'est pourtant pas le 1er avril.
Reece le fusilla du regard
- Est-ce que j'ai l'air de plaisanter à votre avis ?
Henry ne rajouta pas un mot et Jo se pinça les lèvres avant d'exploser de rire. Elle avança vers sa boss et demanda.
- Mais quel est le rapport avec l'Australie ? C'est quoi cette histoire ?
- Venez tous dans mon bureau ! Je vais vous en parler.
Elle fit volte-face et avant de rentrer dans l'ascenseur, elle pointa Lucas du doigt et dit
- Vous aussi !
Chacun se demandait si quelqu'un allait être mis sous la touche ou un effectif allait être refait et Jo et Henry paniquaient un peu à l'idée d'être séparés professionnellement.
Mike cacha un sourire niais
- Si vous voyiez vos têtes. Faites juste faire ce qu'elle dit. Allons la rejoindre !
Jo haussa un sourcil en passant à côté de son collègue
- Dis donc, t'as l'air d'en savoir un rayon. Tu ne voudrais pas nous expliquer la situation plutôt que de nous laisser stresser comme ça ?
Hanson secoua la tête
- Ça ne serait plus drôle. Venez ! Ne vous inquiétez pas, personne ne va se faire virer !
Ils rentrèrent tous les quatre à la suite de l'autre et eurent l'impression de se retrouver dans le bureau du proviseur. Comme à chaque fois que Reece avait besoin de les voir tous ensemble. Et généralement, c'était pour leur faire une leçon de morale.
En relevant les yeux de la paperasse qu'elle remettait en ordre sur son bureau, Reece pouffa à voir les visages fermés devant elle.
- Vous pouvez respirer. Je ne vais passer personne au broyeur. Je dois simplement vous parler de l'appel que j'ai reçu assez tôt ce matin.
Elle les invita à s'asseoir. Henry en bon gentleman qu'il était, laissa l'occasion à sa petite amie de le faire, en se mettant derrière elle et Hanson laissa l'autre chaise à Lucas, en se plaçant également derrière ce dernier.
- Alors voilà. Ce matin, j'ai reçu un appel d'un contact, basé à Perth, en Australie. Il se trouve qu'il y a eu un meurtre lors d'une soirée costumée… Bon vous me direz jusque-là rien d'anormal et vous vous demandez sans doute, en quoi cela nous regarde, l'Australie a ses propres forces de l'ordre.
Ils n'eurent pas besoin de répondre pour qu'elle devine que c'était exactement ce qu'ils pensaient à l'instant.
- Bref, il se trouve que la victime en question est New Yorkaise et ils sont déjà débordés à faire affaire avec le crime dans leur propre pays à cause du manque d'effectif, ils ne veulent pas trop s'attarder sur une affaire dont la victime n'appartient pas à leur pays. Donc c'est là que vous rentrez en jeu.
Jo semblait avoir deviné la suite
- Vous voulez qu'on aille en Australie pour élucider ce meurtre ?
- C'est un peu ce qu'on m'a fait comprendre en tous les cas. Je sais qu'ils peuvent se débrouiller et même moi j'ai trouvé ça ridicule. Mais d'une, ils ont entendu parler des bonnes méthodes du 11 – elle désigna Henry d'un signe de tête, qui se sentit particulièrement flatté – et de deux, l'affaire est assez mystérieuse parce qu'en fait, il ne s'agirait non pas d'un suspect, mais de trois.
Chacun tomba des nues
- Trois ! – répétèrent-ils d'une seule et même voix
Reece hocha la tête
- Oui, trois ! Trois femmes seraient suspectes, mais personne ne peut le confirmer ou encore trouver des preuves, soit contre les trois, soit contre l'une ou deux d'entre elles – elle leva les bras comme pour chasser des mauvaises pensées – donc voilà, ils ont besoin d'une équipe pour aller là-bas et disons…
Henry acheva pour elle
- Les observer, se rapprocher d'elles et essayer d'en apprendre plus sur leur vie et leurs habitudes ?
Reece hocha la tête. Jo demanda d'une voix incertaine.
- Est-ce que c'est un travail d'observation plus qu'une enquête de meurtre?
Reece fit un petit sourire gêné
- On peut appeler ça comme ça. Elles travaillent toutes les trois dans un centre de loisirs. L'une d'elles est la directrice et les deux autres sont animatrices.
Lucas se gratta alors le menton
- Mais est-ce que c'est la raison pour laquelle vous avez besoin de nous quatre ? Parce que Henry et moi ne sommes pas des flics et puis en plus, contrairement à Henry, je suis loin d'être aussi efficace.
Jo lui donna une tape dans le bras.
- Ne sois pas si dur envers toi-même ! – rabroua-t-elle
- Jo a raison – avoua Reece – vous êtes l'assistant d'Henry et vous savez montrer que vous êtes également un excellent élément. Donc nous avons besoin de quatre personnes et vous êtes l'équipe parfaite pour y aller. Bien sûr, nous avons besoin du ou des coupables, Henry devra procéder à l'autopsie pour être sûr de la manière dont notre victime est morte, mais pour l'instant, votre mission est de vous rapprocher de ces trois femmes et vous aviserez par la suite. J'ai déjà résumé un peu la situation au détective Hanson. Vous partez demain !
Chacun tomba des nues
- Demain ? – beugla Jo –, mais c'est à peine si on a le temps de se préparer
- Vous n'aurez pas grand-chose à amener. Vous n'allez pas là-bas en vacances. Tout est payé, l'avion et le logement. Les autorités australiennes nous donnent un permis de séjour de cinq semaines pour élucider ce mystère, qui pourra être prolongé si besoin, mais j'ai confiance en vous.
Chacun se regarda, encore remué par la nouvelle. Ils allaient décoller pour un pays inconnu et chasser le crime là-bas. Ils ne savaient pas trop quoi penser, mais il semblait que cela était une grande opportunité et Reece apparemment ne leur laissait pas vraiment le choix.
Elle tapa dans ses mains
- Je vous donne votre journée à tous pour vous laisser le temps de faire vos valises parce que vous partez demain à la première heure, le vol est à 7h du matin.
À la minute où ceci franchit les lèvres de Reece, Henry put remarquer le visage de Jo se décomposer tel qu'il ne l'avait jamais vu. La jeune femme avait horreur de se lever aux aurores quand cela n'était pas spécialement nécessaire.
Lucas était plutôt ravi de ce retournement de situation et se leva d'un bond
- Je suis très heureux de faire partie d'une telle aventure donc je vais de ce pas à la maison, trouver les meilleurs vêtements qu'il faut. Merci Lieutenant. À demain tout le monde.
Personne ne l'avait vu déguerpir si rapidement. Jo regarda Reece, toujours un peu incertaine.
- On est sûr que ce n'est pas un piège ?
- Jo ! Quand même ! J'ai parlé avec le lieutenant de la ville et il est très sérieux. D'ailleurs, la nouvelle est dans le journal australien donc vous avez le droit d'être sceptique, mais ils ont vraiment besoin de votre expertise là-bas.
La jeune femme se mordilla la lèvre. Henry la serra rapidement contre lui.
- On fera de notre mieux alors – assura le légiste
- Bien ! On vous expliquera tout une fois que vous serez sur place. Vous serez guidés tout le long, donc ne vous inquiétez pas.
Elle désigna la porte. Hanson sortit le premier, Henry derrière et au moment où Jo allait sortir, Reece l'interpella.
- Jo !
Elle se retourna en haussant les sourcils d'un air interrogatif
- N'oubliez pas votre maillot !
Elle lui fit un clin d'œil et Jo rougit jusqu'à la pointe de ses oreilles. Ils n'y allaient pas pour du tourisme, n'est-ce pas ?
Author's note: Matt Miller nous avait dit que Lucas aurait été le premier au courant du secret d'Henry. Et sauf erreur de ma part, je doute fortement que ce pauvre Henry lui aurait tout dévoilé de son plein gré, donc une stupidité serait arrivée sans aucun doute, pour qu'il se retrouve coincé à devoir lui dire.
La façon dont il fait la découverte du secret dans mon chapitre, est en fait inspiré d'un petit comic que j'avais vu sur Tumblr à l'époque et j'avais trouvé ça tellement hilarant, que je me suis dit que j'allais m'en servir comme headcanon à chaque fois que Lucas devrait découvrir le secret de son boss ;).
