Salut, j'avais dit que je posterais double mais je ne l'ai pas fait *haussement d'épaules* même si on est en confinement, je pense je vais rester à mes habitudes. Et plus ça va aller, plus les chapitres vont être de la longueur d'un bras, mais un moment, je ne peux plus me permettre de faire trainer comme ça et nous avons encore trois chapitres de l'arc qui suit.
Le lendemain, ils se réveillèrent complètement requinqués. Cette bonne nuit de sommeil leur avait fait du bien et le fait d'avoir dormi à une heure décente les avait plus ou moins aidés avec le décalage. Ils savaient qu'ils allaient encore le subir, sans doute qu'il serait présent pour les prochains jours, mais ils s'en remettraient s'ils parvenaient à tenir la journée et dormir aux heures qu'il fallait.
Henry s'était naturellement réveillé le premier, pour ne pas changer son habitude. De ce fait, il avait fait le petit déjeuner pour tout le monde, dans la plus grande discrétion.
L'odeur délicieuse du café et des gourmandises avait fini par réveiller tout le monde.
Jo n'avait pas pu s'empêcher de ronronner à la vue de son petit ami, préparant la table et servant tout le monde, avec un air jovial qu'elle ne connaissait de personne d'autre.
Elle avait été également un peu gênée de se réveiller presque nue, mais reconnaissante qu'il ait fait abstraction de tout ceci dans la nuit et avait dormi serré contre elle, sans arrière-pensée outre.
Elle avait rapidement enfilé une chemise à Henry pour descendre prendre le petit déjeuner, ce qui lui avait valu des regards sous-entendus de la part de leurs deux autres amis, mais elle préféra simplement les ignorer. Ce qu'ils ne savaient pas ne pouvait pas leur faire de mal.
Le week-end, ils en profitèrent pour se détendre et tenter de récupérer du décalage au mieux qu'ils purent, mais pour l'instant, cela était encore bien difficile. Le lundi matin, vers 9h, Parker les accompagna jusqu'à Connington où Thomson allait les diriger pour les tâches de la journée et de la semaine, puisqu'ils allaient devoir faire leur rapport ce même vendredi.
- Bonjour les jeunes ! Alors, comment a été ce premier week-end loin de votre Amérique à tous ?
Hanson répondit
- Plutôt bien ! Il ne faisait pas trop chaud et on a tous dormi comme des loirs chaque soir. Je pense qu'on avait vraiment besoin de ce repos.
Le sergent sourit, toutes ses dents dehors
- Je suis ravi d'entendre ça. Les premiers jours vont certainement être un peu plus difficiles pour vous, mais le décalage finira par passer. Alors, êtes-vous prêts à commencer votre mission ?
Les quatre amis acquiescèrent. Jo se permit
- On a jeté un œil au dossier de Nicole ce week-end et on a vu les plaintes qui ont été déposées contre elle, mais vu que tout ceci est mineur, on aurait tendance à penser que seules ses filles sont responsables du boucan qui se passe dans la baraque.
Thomson acquiesça
- Oui oui ! C'est souvent ce qui nous est revenu. Et parmi les témoins que nous avons déjà interrogés, pour être honnête avec vous, personne ne dit du bien de ces deux gamines. Je ne sais pas comment cette femme élève ses enfants, mais soit elle n'arrive pas à se faire respecter, soit elle les laisse vraiment faire ce qu'elles veulent.
Jo se mordilla machinalement les lèvres. Elle espérait que les gamines n'avaient rien à voir dans le meurtre. Mais enfin à 6 ans, cela paraissait beaucoup. Mais ce n'était pas à elle qu'on allait apprendre qu'il n'y avait pas d'âge pour mal tourner. Et parfois des gamins aussi vicieux, ne finissaient pas forcément bien et elle en savait quelque chose.
Henry se frotta sa petite barbe de trois jours
- Mais j'ai une question. Lucas et moi avons convenu de garder les deux enfants, tandis que les détectives Martinez et Hanson feront les agents de sécurité au centre. Mais si les enfants sont à l'école, nous n'aurons rien à faire, n'est-ce pas ?
Henry détestait n'avoir rien à faire et si cela était comme ça toute la semaine, ils n'étaient pas sortis de l'auberge. Ce n'était pas comme ça qu'ils allaient avancer l'enquête.
- Effectivement, les filles sont à l'école. Mais les vacances d'automne commencent mercredi. Ils vont avoir deux semaines et demie complètes. D'où le fait que Nicole a besoin de quelqu'un pour les garder.
Lucas demanda alors
- Mais si elle travaille dans un centre de loisirs, elle ne veut pas y mettre ses deux gamines ? Ça serait beaucoup plus simple.
À la tête que le sergent tirait, ils surent que ce n'était pas une option
- Croyez-moi, personne ne voudrait s'occuper de deux éléments perturbateurs comme ça toute la sainte journée, surtout pendant les vacances.
Henry lança un regard à Lucas qui venait de blêmir, se disant que finalement ce trip n'était peut-être pas une si bonne idée. Il n'avait pas signé pour jouer les baby-sitters après tout.
- Et puis d'après ce que je sais, son mari ne voulait pas que les deux gamines soient dans le centre.
Chacun se regardait en fronçant des sourcils. Thomson se rendit compte qu'il avait sans doute oublié une information capitale.
- Ah ! Est-ce que je vous ai donné le dossier de monsieur Smith ?
- Non pas du tout ! – répondit Jo d'un ton un peu blasé –, mais on se disait que peut être vous n'aviez pas encore réuni tous les éléments nécessaires pour nous le confier.
Il se gratta la tête d'un air gêné et fit un demi-tour vers son bureau, en revenant avec le dossier en question
- Je suis un peu distrait ! Vous savez, on a tellement peu l'habitude de s'occuper d'homicides aussi importants que je ne pense pas à tous les détails. Vous devez être tellement plus organisés que nous que ça m'embarrasse de ne pas vous donner tout ce dont vous avez besoin pour élucider ce mystère.
Henry fit un sourire compatissant
- Ne vous inquiétez pas Sergent ! Nous ne sommes pas là pour juger. De plus, nous comprenons votre point de vue. Un pays aussi calme que l'Australie ne doit pas souvent dealer avec ce genre de cas donc ne vous faites pas de mouron pour ça, nous allons gérer la situation.
Thomson tendit le dossier d'Ethan à ses collègues
- Je suis vraiment navré de ne pas avoir mentionné cette histoire, mais il y avait quelque chose de pas net dans cette relation. À mon avis, Ethan était l'homme un peu trop parfait.
Henry tenait le dossier en main, Jo se mit légèrement sur la pointe des pieds pour lire par-dessus son épaule, tandis que Lucas et Hanson lisaient chacun d'un côté. Les quatre relevèrent lentement les yeux vers le sergent qui se sentit mis à nu d'un seul coup.
- Ethan était le mari de Nicole ! – siffla Jo
Thomson acquiesça
- Oui ! Je suis désolé de ne pas l'avoir mentionné, mais comme je vous le dis, cette relation était assez bizarre.
Mike regarda ses collègues et affirma alors
- Mais sergent, vous vous rendez compte que du coup, cette femme est comme la suspecte numéro un ? Dès d'entrée de jeu comme ça. Surtout qu'Henry a confirmé qu'il n'y avait qu'une seule personne qui avait provoqué la mort.
Le sergent s'agita dans tous les sens
- Je sais parfaitement ! Mais elle était en instance de divorce et je crois qu'ils ne s'étaient pas vus depuis plusieurs semaines. Alors certes, elle aurait toutes les raisons d'être au top de sa liste, mais je ne connais pas la nature de leur relation, je sais juste que monsieur Smith était un peu trop « monsieur j'aime gâter ma femme à la moindre occasion ».
Henry réfléchit
- Hanson, cela ne veut pas dire que c'est forcément elle la coupable. J'imagine que c'est pour cela que nous sommes là. Nous avons encore deux autres femmes sur la liste et si elles sont toutes les trois amies, il peut y avoir de la jalousie… D'une façon ou d'une autre, les femmes se jalousent souvent entre elles, même si elles sont amies.
Jo leva les yeux au ciel. Henry restait bien un homme pour tenir ce genre de discours. Elle n'avait pas souvent eu de conflits avec des femmes dans sa vie, à part cette idiote de gamine plus jeune, mais sinon, en général elle entretenait des bons rapports. Elle imaginait bien que le fait d'être flic devait en impressionner plus d'une.
- C'est vous l'expert, doc ! Mais j'imagine que celle-ci il ne faudra pas la lâcher d'une semelle – répondit Hanson d'un ton nonchalant
Henry sourit
- Ne vous inquiétez pas, on fera bien notre travail – le légiste reporta de nouveau son attention sur le sergent – du coup, comment s'organise-t-on pour ce matin ? Si Nicole n'a pas besoin de nous avant la fin des cours ? Est-ce que Lucas et moi, on pourrait être utile en quoi que ce soit, ici peut-être ? Regarder les dossiers, les interrogations ou autre chose ?
Le sergent sembla réfléchir un peu trop longtemps au goût des autres
- Eh bien ! Vous pouvez assister aux interrogations derrière la vitre, mais faites-en sorte de ne pas être vus par les témoins. Ils travaillent tous soit au centre, soit ce sont des parents d'élèves et les nouvelles vont vite dans notre petit patelin donc les nouvelles têtes sont rapidement reconnues. Mais avant de faire tout ça, il va falloir que vous accompagniez vos collègues au centre pour que vous vous présentiez tous et que vous ayez les postes convenus.
Lucas demanda
- Mais comment on peut être certains qu'on va avoir ce qu'il faut ? J'imagine que Nicole a laissé une annonce quelque part.
Le sergent pouffa
- Personne ne veut travailler pour elle avec tout ce qui s'est passé, surtout par rapport à son mari. Donc elle n'a toujours trouvé personne et je crois que cela commence sérieusement à l'agacer parce qu'évidemment, elle a toute la paperasse à s'occuper. Donc ne vous inquiétez pas, vous aurez le poste, elle a vraiment besoin de vous quatre. Dans le cas, j'aurais fait jouer mon autorité discrètement pour vous obtenir ce qu'il fallait, mais vous n'avez pas à vous inquiéter de ça.
Jo se retint de dire qu'il semblait avoir beaucoup à s'alarmer dans cette affaire. D'abord, ils observaient la femme du gars qui venait de se faire liquider et qu'elle faisait partie des suspectes et maintenant elle était sans doute rendue la première, mais la jeune femme se disait que ça ne pouvait pas être aussi simple. Il fallait donc découvrir la vraie nature que Nicole entretenait avec son mari, avant de pouvoir l'afficher en tant que meurtrière.
- Est-ce qu'il y a quelque chose d'intéressant dans les vidéos des interrogations des trois femmes ? – demanda Hanson – peut-être que nous aurons plus amples informations là dans
Le sergent secoua la tête
- Je pourrais vous les donner, mais vous n'apprendrez rien ! Comme je vous l'ai dit, elles ont toutes dit la même chose comme si elles avaient longuement répété. Elles sont restées assez vagues et avec l'avocat de Nicole défendant les trois, eh bien elles n'ont pas dit grand-chose et nous n'avons pas assez pour les retenir, donc on les a laissé partir. J'espère que vous aurez plus de chance que nous.
Jo sentit tous les regards sur elle, y compris celui d'Henry et du sergent.
- Pourquoi j'ai la nette impression que vous me regardez tous parce que je suis une femme et que je serais certainement plus apte à les approcher ?
Henry fit un pas vers elle, en la regardant d'un air auquel il savait, elle ne pouvait résister et elle le détestait pour ça.
- C'est toujours plus simple pour une femme de se confier à une autre. En plus, tu es assez convaincante, tu as le truc pour faire en sorte que les gens se confient facilement à toi alors je suis certaine qu'elles t'écouteront et t'en dirons plus que ce que nous avons.
Jo leva des épaules
- Moi ça ne me dérange pas de faire ça. C'est certainement la meilleure idée. Mais elles ne doivent vraiment pas savoir qu'on est flics alors je vais devoir me conduire en civil.
Henry lui baisa le front, sous le regard goguenard du sergent
- Et je suis certain que tu y arriveras parfaitement. Nous allons tous faire de notre mieux pour résoudre ce mystère.
Il se retourna vers Thomson
- En fin de semaine, nous aurons besoin de la vidéo de Nicole. Je pense que l'idéal va être d'avoir une vidéo de chacune des femmes que nous aurons observées, à chaque fin de semaine quand on viendra vous faire notre rapport.
- Pas de problèmes. Je vous donnerais tout ceci.
Il regarda l'heure. Ils parlaient déjà depuis une vingtaine de minutes.
- Bon ! Parker va vous conduire au centre. Docteur Morgan, monsieur Wahl, quand vous avez fait la connaissance de Nicole et qu'elle vous a expliqué à tous votre travail, vous pourrez revenir ici et assister aux interrogations. Si cela vous permet d'établir différentes théories, vous êtes tous bien meilleurs que nous donc on prend tout ce qu'on peut.
Henry se sentit un peu mal pour lui. Il était le chef de son commissariat et il semblait faire du bon travail. Mais il était vrai que vu le peu de personnel qu'il y avait et la taille de l'établissement, il était certain qu'ils n'avaient pas l'habitude de courir à droite et à gauche pour élucider un homicide d'un homme qui ne semblait même pas être citoyen du pays.
Thomson salua donc Hanson et Jo, en leur promettant de les revoir d'ici la fin de la semaine. Heureusement, les deux détectives pouvaient compter sur Lucas et Henry pour en savoir un peu plus sur ce qui se tramait dans cette ville et autour de ces trois figures féminines.
Après avoir été déposée par Parker, la petite troupe se tenait devant le centre de loisirs que Nicole dirigeait. Ils se regardèrent d'un air soucieux.
- Franchement… Je ne sais pas ce que ces enquêtes vont nous apporter – soupira Hanson – je veux dire, on nous sert presque sur un plateau d'argent, la personne qui a des grandes chances d'être responsable.
Henry ouvrit la bouche, mais Jo le devança
- Mike ! On ne connaît pas encore la nature de sa relation avec son mari donc on ne peut pas tirer de conclusions hâtives quand même.
Son collègue haussa un sourcil réprobateur
- Certes, on ne le sait pas ! Mais Thomson nous a bien dit qu'ils étaient assez bizarres tous les deux.
Jo secoua la tête
- Ses mots exacts étaient qu'Ethan était un peu trop mister perfection. Alors, il doit forcément y avoir une raison derrière ça et c'est pour quoi on est là. Personnellement, je trouverais ça trop facile que la responsable soit d'emblée la femme, ça serait bien trop facile.
Henry acquiesça
- Je suis d'accord avec Jo
Hanson le fusilla du regard
- Quand est-ce que vous n'êtes pas d'accord tous les deux, de toute façon
Lucas compatit avec Hanson, mais devait reconnaître que leur jeune collègue avait raison
- Je suis désolé Mike, mais pour le coup, je suis Jo aussi. On ne sait pas encore ce qu'il en était et effectivement, il se peut que ce soit trop facile. Sinon on ne serait pas là pour un mois.
Hanson souffla
- Bon OK OK ! Allons, rentrons maintenant. On aura toute la semaine pour établir des théories.
Ils traversèrent un long couloir, peut-être trop long pour l'établissement que c'était.
Les murs étaient remplis de couleurs chatoyantes et différents dessins d'enfants ornaient les murs.
Le centre de loisirs respirait le bonheur et la joie. Si Nicole avait des problèmes dans sa famille, apparemment elle faisait en sorte que son établissement ne subisse pas le même sort.
L'emplacement n'était pas trop mal. La plage était située à quelques mètres, avec une route à traverser, de sorte que les petits plaisantins qu'étaient les enfants n'échappent pas à la surveillance de leurs animateurs pendant une période de rush.
Pour le moment, le centre était très calme. Naturellement, les vacances n'avaient pas encore commencé, mais d'ici deux jours, il serait sans doute plein à rebord.
Henry en fit d'ailleurs part
- Les parents australiens sont comme nous aux États-Unis, ils n'ont pas beaucoup de vacances. Ils ont soit les vacances d'été, soit celles de Noël et je crois que beaucoup préfèrent prendre leurs congés pendant les fêtes. De ce fait, beaucoup de centres de loisirs sont remplis. Au moins, ils ont l'avantage de faire beaucoup d'activités extérieures, peu importe la saison.
Chacun l'écoutait sans dire un mot. Henry en savait toujours tout un rayon et il ne faisait pas exception à la règle. Jo songeait encore, en le regardant en coin, sa main frôlant la sienne. Combien de pays, avait-il pu visité en 36 ans d'existence, comment était-ce possible ? Elle fronça longuement des sourcils. Bien sûr que non ce n'était pas possible. Elle savait qu'Henry avait de l'argent, mais son métier était très prenant, quelqu'un de simple mortel ne pouvait tout simplement pas avoir fait tous ces voyages, peu importe la richesse qu'il avait… Simple mortel… Elle releva rapidement les yeux vers son petit ami, qui souriait devant le décor du centre de loisirs… Est-ce que cela lui rappelait-il des souvenirs lointains ? Elle avait toujours su qu'il y avait quelque chose en plus, quelque chose de profond, quelque chose qui était relié à cette photo dont ils n'avaient jamais pu reparler depuis septembre… Elle savait qu'il s'était fait tiré dessus à la station. Tellement de choses qui ne faisaient pas de sens et dont il revenait comme si rien ne l'avait atteint… Depuis un an et demi, beaucoup de questions lui taraudaient l'esprit, depuis leur toute première enquête, car elle avait vu quelque chose qu'elle ne pensait possible que dans la science-fiction et pourtant, Henry était bel et bien là.
Ils arrivèrent près du bureau de Nicole et Jo s'arrêta brusquement. Henry se retourna et trotta rapidement vers elle. Il posa ses mains sur ses épaules.
- Est-ce que tout va bien ?
Elle le regarda droit dans les yeux et sentit son cœur s'accélérer. Elle ne savait quoi penser. Ce qu'elle avait considéré depuis un an semblait devenir d'autant plus clair maintenant, mais voulait-elle sérieusement aborder le sujet de quelque chose qui semblait tellement fou, tellement irréel ? Elle ouvrit la bouche, mais aucun son n'en sortit.
Elle cligna rapidement des yeux. C'était ridicule. Il fallait qu'elle se concentre, ils avaient d'autres chats à fouetter.
Elle rejoignit ses mains aux siennes et sortit son plus beau sourire
- Tout va bien ! Désolée, j'ai eu un petit moment d'égarement. J'ai hâte que le décalage revienne à la normale.
Henry lui sourit. Pour sa part, le décalage commençait à se mettre en place. Il en avait eu bien trop l'habitude dans sa vie. Il caressa rapidement la joue de sa petite amie et lui attrapa la main pour qu'ils rencontrent enfin Nicole, car il pouvait sentir l'impatience d'Hanson et Lucas.
Hanson frappa deux petits coups avant qu'une voix qui semblait particulièrement fatiguée, leur autorisa à rentrer.
- Bonjour, madame Wilson ?
Nicole releva la tête en entendant l'accent américain qui semblait la faire frissonner et Henry ne manqua pas de le discerner.
Elle se leva en voyant les quatre se tenir dans l'embrasure de la porte
- Nous sommes là pour les postes d'agent de sécurité et de baby-sitters pour vos deux enfants.
Nicole semblait soulagée de finalement avoir du personnel. Elle les salua chacun à leur tour.
- Oh, mon Dieu ! je suis tellement désolée de ne pas vous accueillir dans de meilleures conditions. Je ne pensais même pas avoir du monde pour ces postes. Mais au vu de l'accent, vous n'êtes pas d'ici n'est-ce pas ?
Jo fit un grand sourire
- Vous nous avez grillé ! On est tous les trois Américains, mais ce charmant jeune homme à mes côtés est anglais. Mais on vit tous aux États-Unis, effectivement.
Nicole était appuyée sur son bureau, ses traits fatigués la rendaient plus âgée qu'elle ne l'était. Ses enfants ne devaient vraiment pas lui mener la vie facile. Henry détecta comme une pointe de tristesse dans ses yeux… Il ne pouvait la blâmer si son mari avait été tué par l'une de ses amies et qu'elle en savait peut-être quelque chose.
Il réalisa que le sergent avait dit qu'elle avait besoin de personnel pour garder ses enfants, car elle était souvent en rendez-vous avec son notaire. Il comprenait mieux la raison si Ethan était son mari.
Henry, bien qu'il sortait avec Jo, ne pouvait renier le fait que la femme qui était devant eux avait une beauté particulière. Elle avait un air d'une actrice dont il n'arrivait plus à remettre le nom dessus.
Ce fut Lucas qui le lui souffla
- C'est fou ça. Elle s'appelle Nicole et c'est le portrait craché de Nicole Kidman ou presque.
Henry pointa un doigt sur lui
- Mais c'est ça ! Je me demandais à qui elle me faisait penser, mais oui tu as tout à fait raison.
Lucas fut même surpris qu'il sache qui était l'actrice
- Je ne pensais pas que vous aviez idée de qui elle était.
L'immortel le toisa du regard
- J'ai quand même du goût en matière de femme et je reconnais que madame Kidman est très belle.
Les oreilles de Jo sifflèrent et elle regarda Henry de travers qui préféra ne rien ajouter.
Hanson avait fait la présentation pour tout le monde. Nicole les regardait tour à tour d'un air curieux.
- J'ai tellement besoin de personnel que je n'ai pas envie de vous demander vos expériences, mais je dois avoir une base quand même. Avez-vous apporté des CV ?
Ils avaient monté le tout de toute pièce le matin même avant de partir pour Connington. Sur le CV de Jo et Mike, on pouvait retrouver différentes expériences d'agent de sécurité dans des centres commerciaux, des salles de concert; musées etc., etc. Et ce depuis les dix dernières années pour Jo et les quinze dernières pour Hanson.
Quant à Lucas et Henry, ils avaient également noté avoir eu de l'expérience en animation, en gardiennage d'enfants, et en professeurs offrant du tutorat. Ce dernier point n'avait pas été rajouté par Lucas qui se disait que jamais il n'apprendrait quoique ce soit à des élèves sauf s'il s'agissait de parler de la médecine légale. Tout comme Jo, Lucas avait mis des expériences remontant à une dizaine d'années et Henry un peu près comme Hanson.
Nicole semblait impressionnée par leur parcours
- Ça me semble tout à fait correct. Vous avez les qualités pour les postes. Avant que je vous prenne, êtes-vous ici dans le but de vous y installer ou bien vous n'êtes que de passage ? Style, vous testez plusieurs jobs et vous repartez sur les routes… Je sais que beaucoup de personnes le font, mais vous avez tous l'air…
Elle n'osa pas développer le fond de sa pensée puisqu'elle était mal placée pour parler. Mais elle savait que les permis de vacances travail étaient délivrés avant 30 ans. Mis à part Jo et Lucas, personne n'avait l'allure d'avoir ce genre de permis. Et même pour eux deux, si jamais ils avaient voulu postuler à ce genre de permis, cela aurait été la dernière année et Jo étant dans l'année de ses 31 ans, ils ne lui auraient sans doute pas accordé.
Il avait aussi fallu trouver une excuse vis-à-vis de ça.
Jo lui donna alors les faux permis que Thomson avait fait fabriqué pour eux
- Nous sommes en permis de travail ouvert. On tient à profiter du pays alors on fait des petits boulots de ci et là… Un peu comme un PVT dans le fond, c'est un peu exceptionnel, pour nous accorder un peu plus de liberté dans notre voyage.
Jo espérait que son mensonge tenait la route et que Nicole ne ferait rien vérifier, mais elle ne posa pas plus de questions.
Henry ajouta
- Le fait que Jo et Lucas soient tous deux encore assez jeunes a permis à l'immigration de nous accorder ce visa exceptionnel ressemblant à un PVT.
Nicole acquiesça
- Très bien alors ! Tout me semble en place – elle regarda Hanson et Jo qui se dandinaient un peu nerveusement. De plus, Jo ne voyait pas à quel moment, elle allait pouvoir apprendre à connaître Nicole, mais elle attendait les directives. Il y aurait forcément une occasion – est-ce que tous les deux, vous pouvez commencer de suite ? Je vous payerais en supplément pour avoir commencé directement, mais vous connaissez le métier.
Hanson et Jo acquiescèrent
- On espérait commencer aujourd'hui même – avoua Jo en souhaitant être assez crédible
- Vous m'envoyez ravie alors ! Vous n'aurez pas grand-chose à faire, juste de rester à l'entrée, de demander aux visiteurs la raison de leur venue et vérifier si personne de louche ne rentre dans l'établissement. Pour le moment, tout est calme, d'ici mercredi nous aurons plus d'activité puisque les enfants seront en vacances.
Tout concordait avec ce que Thomson leur avait dit au moins donc ils n'auraient pas besoin de trop jouer la comédie.
- La journée se termine généralement à 17h, mais seulement quand les enfants sont là ! Vous finirez à 15h aujourd'hui, je partirais en même temps que vous parce que je vais devoir accompagner monsieur Morgan et monsieur Wahl pour qu'ils viennent avec moi à l'école et fassent la connaissance de mes filles.
Les journées tournaient exactement comme chez eux. Hanson pensait même qu'ils étaient presque en vacances, considérant les heures qu'ils faisaient au 11, avec des meurtres arrivant à n'importe quelle heure de la journée et n'importe quel moment de la semaine.
- Alors, vous pouvez disposer. Vous aurez une pause déjeuner de 45 minutes vers midi, il y a un réfectoire, je vous y dirigerais.
Hanson et Jo acquiescèrent et sortirent en jetant un œil à Lucas et Henry qui leur firent comprendre que tout se passerait bien.
Nicole les regarda tour à tour et se pinça les lèvres, en envoyant sa chevelure dorée, derrière son dos. Lucas déglutit à cette vue. Il sentait qu'il allait apprécier cette longue et belle mission outremer.
- Je suis vraiment désolée de vous prendre de cours comme ça, mais j'ai besoin de vos services dès ce soir si cela est correct avec vous. Comme vous l'avez entendu, je termine à 15h et vous viendrez avec moi pour chercher mes enfants qui terminent l'école à 15h30.
- Ça nous semble tout à fait convenable – avoua Henry qui savait que de lui faire cracher le morceau ne serait pas une mince affaire. Mais au moins, ils auraient le gros avantage d'être directement chez la personne et cela leur permettrait de chercher des indices si jamais ils n'étaient pas trop aux prises avec les jumelles.
Nicole avait l'air partiellement frustrée, voire affligée de leur faire subir ses enfants
- Je dois vous avouer quelque chose. Mes enfants sont des jumelles, mais vous l'avez sans doute vu dans l'annonce et elles ne sont pas du tout délicates – elle se frotta les sinus – je fais vraiment de mon mieux pour les élever et tenter de leur apprendre les meilleures choses dans la vie, mais je pense que je ne sais juste pas m'y prendre. J'ai eu beaucoup de problèmes à concevoir et je pense que… Que la joie de les avoir eues m'a simplement délecté de mes responsabilités de mère et maintenant je le regrette… Mais j'ai vraiment besoin de votre aide.
Henry pouvait voir qu'elle était sincère. De base, il ne pouvait l'associer au meurtre de son mari, car elle semblait bien trop en détresse. Mais cela pouvait également être une façade.
- Ne vous inquiétez pas, madame Wilson, nous ferons tout ce que nous pouvons pour vous aider.
Lucas ajouta
- Henry est vraiment doué avec les enfants donc on vous allégera.
Nicole leur sourit tristement
- J'ai beaucoup de choses à faire ces temps-ci… - elle marqua un arrêt, Henry se disait qu'elle se confiait rapidement alors qu'elle ne les connaissait pas. Mais elle se ravisa brusquement – des papiers importants alors je ne suis pas souvent à la maison le soir et jusqu'à présent ma mère gardait mes filles, mais elle en a eu sa claque de subir leurs moqueries et le fait qu'elles soient vraiment têtues alors je cherche des personnes qui auront assez de courage.
Elle griffonna rapidement quelque chose
- Et si l'un de vous deux est capable de préparer à manger et nettoyer un peu, j'en serais parfaitement reconnaissante. Bien sûr, votre salaire sera au-dessus de ce que les baby-sitters ou autre se font, l'argent n'est pas un problème pour moi.
Henry l'arrêta en levant une main
- Rassurez-vous, tout va bien aller. Lucas et moi allons bien s'occuper de vos enfants et faire le nettoyage et le repas ne nous dérange pas, on sera là pour vous aider Nicole.
Elle sourit. Lucas se disait qu'Henry promettait beaucoup de choses, mais il avait intérêt à les exécuter parce que pour sa part il ne fallait pas non plus le mettre derrière les fourneaux. Au moins, il ne s'en sortait pas si pire pour le ménage.
- Avez-vous quelque chose de prévu aujourd'hui ? – demanda Nicole
Lucas et Henry se regardèrent. Ils savaient qu'ils devaient retourner au poste pour observer les interrogations, des interrogations qui se passeraient avec les collègues de Nicole, certainement.
- En attendant ce soir, on pensait juste faire un tour dans le quartier ou dans la ville – affirma Henry, en pensant très vite – sauf si vous avez besoin de nous pour une quelconque tâche ?
Il espérait que non, ils avaient besoin de voir les témoins d'un peu plus près pour au moins avoir un indice sur le déroulement de la soirée costumée et les habitudes des trois femmes.
Il la vit réfléchir. Elle considérait à leur confier quelque chose, mais elle ne savait juste pas quoi.
- C'est peut-être grossier de ma part, mais si je vous donne les clés de ma maison tout de suite, est-ce que vous pourriez déjà aller y mettre de l'ordre et préparer les repas de ce soir ? Au moins, vous serez tranquille avec les filles et croyez-moi, vous aurez besoin de cette paix.
Henry s'en était douté. Maintenant, il ne savait pas comment dire au sergent qu'ils étaient sous la bonne aile de Nicole et qu'ils allaient devoir commencer leur travail plus tôt que prévu.
Lucas regarda son boss comme s'il avait la solution à tout et il jura voir une lumière au-dessus de sa tête. Lucas soupira mentalement. Il allait devoir encore se taper le sale boulot, il le sentait.
- Eh bien ! nous n'avons rien de mieux à faire alors ça sera avec plaisir – avoua Henry, en faisant un clin d'œil à son collègue.
Nicole fut ravie et leur donna le double de clés qu'elle transportait sur elle. Il devait sans doute appartenir à son mari.
- Alors je vous revois en fin de journée. Merci à vous deux.
Henry et Lucas passèrent rapidement devant Hanson et Jo, qui étaient appuyés à l'extérieur, devant les deux portes battantes de l'établissement.
- Alors ? – demanda la jeune détective – qu'est-ce qu'elle vous a dit ?
- Elle a besoin de nos services pour nettoyer sa baraque – bougonna Lucas – alors que nous, on a du boulot qui nous attend quand même
Jo haussa un sourcil, en se demandant s'il s'entendait parler
- C'est un peu la raison pour laquelle on est là, Lucas – assura Hanson
- Je le sais, mais bon, les interrogations ne vont pas se faire toutes seules.
Henry lui tapota rapidement l'épaule
- Même s'ils ne sont pas aussi efficaces que nous, je pense que les officiers de police savent parfaitement mener une interrogation et le sergent a quand même un bon sens de déduction, je n'en doute pas. Cependant…
Lucas leva les yeux au ciel
- Je savais qu'il y aurait un « mais » quelque part. Qu'est-ce que je vais devoir faire encore ?
Jo et Hanson s'échangèrent un regard complice. Voir Henry mener Lucas à la baguette comme son propre fils était toujours hilarant. Jo en était presque attendrie.
- Je vais venir avec toi chez Nicole et je ferais le repas. J'ai bien vu dans ton regard que tu fuyais ceci comme la peste.
Lucas haussa des épaules
- Vous me connaissez bien !
- Mais, il va bien falloir que l'un d'entre nous reparte au commissariat pour regarder les interrogations et sans me vanter, je pense que je…
Lucas le coupa d'un air blasé
- Que vous êtes le mieux placé pour le faire ! Ça va, j'ai compris. Je sais. De toute façon, je me doutais bien qu'il n'y avait pas d'autres solutions. Je passerais la serpillière toute la matinée, ça me changera des cadavres.
Henry se demandait s'il allait devoir éduquer Lucas en plus des jumelles, il espérait que non parce qu'à entendre Nicole, les filles étaient vraiment de petites diablesses que personne n'aimerait avoir dans les pattes.
- Donc j'imagine qu'on se voit simplement ce soir– gémit Jo, en prenant un air faussement alarmant
Henry envahit son espace personnel, faisant abstraction de Lucas et Hanson qui se demandaient encore pourquoi ils faisaient partie de ce voyage si c'était pour supporter le couple, à la limite d'être comme deux ados en rut.
- Mais tu auras sans doute plus d'occasions de faire connaissance avec Nicole et peut-être que tu rencontreras une autre de ses copines entre temps. Vous aurez en plus l'opportunité de vraiment vous balader, alors profitez-en dès que votre journée est finie. Je te raconterais comment ça s'est passé quand on sera de retour à l'appartement.
Jo fit un petit sourire et Henry se pencha pour lui donner un baiser, mais Hanson siffla
- Hey ! Gardez vos mains pour vous s'il vous plaît. On n'est pas là pour ça. Vous êtes vraiment intenables.
Jo lui lança simplement un regard et Henry se contenta d'une bise sur la joue.
Ils se firent un signe de la main et Jo croisa ses bras dès que leurs deux amis eurent disparu dans la voiture de Parker.
- Quoi ? – aboya Hanson
- T'es pas obligé de t'interposer à chaque fois qu'Henry et moi on essaie d'avoir un moment.
Hanson soupira
- Je pense que toi et le doc vous avez assez de moments ensemble comme ça. Calmez-vous un peu, on n'est pas dans une télé-réalité.
Parker avait conduit Henry et Lucas jusqu'à la maison de Nicole. Une maison qui se situait en bord de mer. En sortant de la voiture, les deux amis restèrent ébahis par ce qu'ils voyaient.
Ce n'était pas une simple maison, mais presque une villa. Elle était située à demi sur une falaise et ne serait-ce que pour atteindre le premier étage de la maison, il fallait monter quelques escaliers en béton. Pour une si grande baraque, Lucas songea qu'ils auraient peut-être mieux fait d'engager plus d'une seule personne pour tout nettoyer, il avait du mal à concevoir comment tout ceci pouvait se faire en une journée. Un week-end ne semblait pas suffisant pour mettre tout au propre.
- Y'a vraiment des gens pourris gâtés quand même – baragouina l'assistant, qui un peu comme Jo n'avait pas vraiment connu une vie bien épanouie et enrichissante.
Cela lui valut un soupir d'Henry
- Ne sois pas si ingrat. J'ai remarqué que Nicole ne s'en vantait pas. À mon avis, cette maison n'est pas la sienne, mais celle de son mari, surtout s'il était homme d'affaires.
Lucas leva des épaules
- Je ne suis pas ingrat, mais il faut avouer qu'ils sont pourris gâtés, c'est le terme. Cette maison fait quatre fois la taille de mon appartement.
- Je te rassure, c'est également le cas pour l'appartement au-dessus de la boutique. Lucas, la magnificence d'une maison ne signifie pas que la personne qui y vit y soit forcément heureuse.
Lucas le regarda d'un air perplexe et prit de l'avant
- Vous dites ça parce que vous avez vécu toute votre vie dans un château.
Henry ouvrit la bouche, mais ne sut quoi dire. Lucas venait de toucher la corde sensible. Il n'avait pas tort. Il savait qu'il était riche héritier et mis à part quand Nora l'avait enfermé, il n'avait que très peu vécu dans des petites places ou endroits insalubres. Mais il réalisait qu'il préférait largement vivre dans quelque chose de modique plutôt que grand, comme dans son enfance.
Il songea aux jumelles de Nicole, en suivant Lucas d'un pas lent
- Avec une telle maison, je me dis que si les deux filles de Nicole ont envie de se faire la malle, Nicole risque elle-même de bien avoir du mal à les rattraper.
Lucas approuva en haletant, tellement qu'il ne pouvait pas concevoir tant de marches; juste pour rentrer chez soi.
- C'est pour quoi, cette maison aurait besoin d'un service hôtelier au complet. Rien que pour les deux gosses qui ne tiennent pas en place.
Il parvint à déclencher l'hilarité chez l'immortel, qui se disait que de retour à New York, Lucas ferait tout pour éviter de croiser des enfants et probablement qu'il se mettrait en année sabbatique de célibat, pour éviter un malheureux accident.
Une fois qu'ils eurent franchi les marches extérieures, ils parvinrent à rentrer dans la maison qui était aussi grande de l'intérieur que l'extérieur. Presque tout était fait de marbre blanc et étincelant. Un type de maison qui rappelait un peu à Henry la Grèce, sans le plancher de bois qui allait avec. Le premier étage donnait sur un salon plus grand que la boutique, avec un comptoir/bar qui donnait sur la cuisine. La table était affreusement grande pour seulement les quatre personnes qui avaient pu vivre là.
Mais en dehors de cette beauté décorative… Lucas et Henry ne purent faire abstraction de ce qui traînait et qui n'était pas le moins du monde harmonieux avec le décor.
Maintenant, l'immortel comprenait pourquoi Nicole avait besoin de quelqu'un pour ranger et nettoyer.
Il y avait des jouets absolument partout sur le tapis du salon, il repéra également un vase brisé, dont les débris se trouvaient dans le canapé. En voyant son expression, Lucas crut que son boss allait faire une crise cardiaque d'une minute à l'autre. Maniaque comme Henry était, voir un tel bordel devait faire hérisser les poils de tout son corps à deux doigts d'appeler les services sanitaires.
Henry déglutit
- Si déjà le rez-de-chaussée est dans cet état, je ne veux même imaginer à l'étage avec la chambre des enfants.
Lucas ne put qu'approuver. Il n'était pas très ordonné, mais jamais il n'aurait laissé trainé autant de choses, qu'ils aient des enfants ou pas. Il ne put retenir sa remarque.
- C'est à se demander… Elle élève des enfants ou des animaux de zoo, parce que vu le bazar, j'ai du mal à croire que deux têtes blondes de 6 ans soient capables de tout détruire comme ça.
Henry n'eut d'autres choix que de lui donner raison. Il savait que certains enfants pouvaient être très turbulents. Alors, peut-être que les jumelles étaient hyperactives, ce qui ne serait pas étonnant, mais de là à briser des vases ou autres contenant en verre qu'une personne saine d'esprit n'aurait pas dans sa maison, avec de pareils garnements… Il fallait tout de même le faire.
Malgré son dégoût évident pour tout ce cafouillage, le légiste s'avança vers le vase brisé et prit délicatement les bouts de verre entre ses doigts. Il resta songeur. Lucas le rejoint.
- Qu'est ce qu'il y a ? Vous avez remarqué quelque chose en particulier ?
Henry se demandait s'il était possible que la force de deux enfants de 6 ans pouvait briser un vase qui faisait la moitié de la taille d'un adulte. Cela était assez peu probable, même si les deux enfants étaient intenables. Compte tenu surtout de la hauteur du guéridon sur lequel le vase semblait avoir été posé.
Il secoua rapidement la tête
- Je ne sais pas ! J'ai un peu de mal à croire que les filles aient pu briser un vase qui était à une certaine hauteur, mais bon, nous n'avons pas encore eu l'occasion de voir jusqu'à quel point elles peuvent être surexcitées.
Il débarrassa les morceaux de verre et les jeta rapidement à la poubelle. Dans leur inconscience, tout le monde aurait pu se faire très mal avec tout ceci.
La cuisine n'était pas autant désordonnée… Ironiquement, elle était même plus propre que le reste de la maison. Ils ne devaient sans doute pas beaucoup cuisiner dans cette famille. Lucas avait raison. Pourri gâté.
Henry regarda l'escalier de marbre vers lequel on apercevait une barrière, style mezzanine. Les Australiens avaient apparemment un goût pour ce genre de construction.
Il avait peur de ce qu'ils allaient y voir en haut. Il prit une profonde respiration.
- Quand il faut y aller…
Lucas fut rapidement derrière lui et au moins dans le hall, tout était propre et net… Ils croisèrent avec une chambre qui ne devait être utilisée par personne à part peut-être le peu de visiteurs qu'ils devaient recevoir. La chambre principale était plutôt bien ordonnée, mais naturellement, une fois dans celle des enfants, le bazar était similaire à celui du rez-de-chaussée, sans doute même pire.
Lucas regarda Henry qui était blême, même le bronzage qu'il avait eu la veille ne semblait pas lui donner des couleurs, tellement qu'il pouvait voir au travers de ses pupilles qu'il était sur le point de hurler et de s'arracher les cheveux.
Il ouvrit la bouche, mais Lucas se mit devant lui pour le calmer avant que ça ne finisse en crise existentielle
- Ce n'est rien ! On va arranger tout ça. On a le temps, on va mettre tout en ordre et ensuite, quand on aura fait ça… On pourra avoir la paix, en espérant que ces petites idiotes ne détruisent pas tout.
Henry hocha lentement la tête
- Je… Je vais passer un coup de fil au sergent pour lui dire que je me rendrais au poste un peu plus tard. Si je vois que le ménage nous prend trop de temps, je demanderais à ce qu'on nous donne toutes les vidéos pour que je me fasse une meilleure idée. Parce que jamais tu ne pourras nettoyer tout ceci à toi tout seul.
Lucas était bien ravi de l'entendre dire. Pendant un moment, il avait cru qu'Henry le laisserait à son sort à nettoyer deux grands étages à lui tout seul, sans rien d'autre qu'un vulgaire aspirateur et une serpillière.
Il fit d'ailleurs une remarque
- Riche comme elle est, elle pourrait au moins investir dans un aspirateur robot, ça lui éviterait bien des ennuis.
Henry pouffa
- Sauf qu'un aspirateur robot ne monte pas les étages donc, il faut quand même utiliser ses mains d'une façon ou d'une autre.
- C'est vrai, vous avez raison. Alors je prends l'étage et vous prenez le rez-de-chaussée, vous ferez sûrement un meilleur boulot que moi.
Ils se répartirent les tâches. Henry appela Thomson pour lui expliquer la situation et ce dernier lui répondit qu'il comprenait très bien. Le légiste demanda alors l'autorisation de recevoir les vidéos si jamais il manquait de temps pour revenir au poste, histoire de les occuper jusqu'à 15h et Thomson accepta sans broncher.
Et ils ne crurent pas si bien dire. En effet, le nettoyage de la maison fut extrêmement long et il était bien trop tard quand ils terminèrent. Surtout qu'Henry avait prévu de faire le dîner, donc il n'était plus question de retourner où que ce soit. Ils ne disposaient plus que de deux heures avant que Nicole ne revienne à la maison et qu'ils aillent chercher les enfants, tous ensemble.
Henry avait préparé des sandwichs BLT pour que lui et Lucas aient quelque chose dans l'estomac pour ce midi au moins et il prit son lunch en même temps que de commencer la préparation du repas et demanda à Lucas de se brancher à l'ordinateur fixe de la maison, pour vérifier s'il recevait les vidéos et s'il allait être possible de les visionner durant le temps qu'il fasse la cuisine.
Lucas restait donc devant l'ordinateur, à actualiser sa boîte mail en se disant que son boss devrait sérieusement songer à créer une adresse pour lui, tandis qu'Henry était aux fourneaux.
