Merci de vos reviews, vous allez certainement vouloir me tuer :)))


Des tonnes de glissades, d'attractions et de coups de soleil plus tard, la journée prit fin et il fallait rentrer au campement. Dans le bus, on n'entendait plus un bruit, les enfants étaient drainés.

Comme la journée avait été longue, Shailey avait décidé de prendre le repas directement au parc également, mais naturellement, très peu d'entre eux avaient faim après toute cette énergie dépensée. Certains s'étaient endormis dans le trajet du retour même si ce dernier n'était que de 15 minutes à peine et s'étirait un peu plus le soir à cause du trafic du retour.

En sortant du bus, il fallait porter les enfants qui n'étaient pas capables de se réveiller.

Shailey n'aimait pas trop l'idée de les coucher alors qu'ils étaient remplis de chlore, mais Jo la rassura en lui disant que pour une nuit ce n'était pas grave et les enfants concernés prendraient une bonne douche le lendemain. Ils étaient épuisés et il était évident que certains n'allaient pas se réveiller avant le lendemain.

Parmi ces enfants, les jumelles étaient également tombées de fatigue. Henry et Lucas les avaient portés jusqu'à leur dortoir et les avaient changés dans quelque chose de plus confortable.

Ils étaient revenus au campement dans les alentours de 20:30 ce qui était plus que potable pour une journée d'amusement. Sachant qu'ils étaient arrivés au parc peu avant 11h le matin et qu'ils avaient quitté vers 20h. Tous ceux qui étaient endormis plus tôt que les autres allaient sans doute se réveiller très tôt le lendemain. Shailey trouva bon de laisser une note aux enfants qui s'étaient endormis sans se doucher, de le faire dès le réveil et discrètement pour ne pas réveiller le reste de leurs camarades de chambre.

Jo, Henry, Mike et Lucas restèrent assis aux tables extérieures qui donnaient vue sur l'océan. Le soleil était couché depuis plus d'une heure. Le campement était vraiment bien éclairé et la plage également. On y voyait encore quelques baigneurs. Heureusement, il y avait une barrière de corail.

Chacun avait remarqué l'étonnant silence de Lucas depuis leur retour. Soit il était vraiment épuisé de la journée ou de ses coups de soleil ou il avait appris quelque chose qui n'était pas de son goût.

Henry y mit son grain de sel

- Que se passe-t-il Lucas ? Tu m'as l'air bien calme, trop même.

Le jeune homme lui lança un regard sarcastique et baragouina, personne ne sut quoi.

Jo l'observa longuement et pouffa

- Tu t'es fait friendzoned ?

Henry fronça des sourcils

- Friend quoi ?

Mike lui fit signe d'oublier. Ce n'était vraiment pas de leur ressort de comprendre le langage des jeunes.

- Comment vous pouvez deviner ça ? – demanda le jeune homme

Jo haussa des épaules

- Je suis détective Lucas ! Et rien qu'à ta tête, ça en dit long. Qu'est ce que Shailey t'a dit ?

Mike ajouta

- T'as essayé de l'embrasser ou quoi ?

Lucas le regarda comme si ce qu'il racontait était insensé

- Mais n'importe quoi ! Je n'ai rien tenté, je suis bien trop gêné pour ça. Mais Jo a raison, je me suis pris un vent. Ce n'était pas méchant, mais je n'ai aucune chance et aucun homme n'en aura à mon avis.

Chacun se regarda essayant de comprendre les charades du geek.

- Lucas, soit plus élaboré, s'il te plaît – avisa Henry, d'un ton frustré

Il regarda autour pour être sûr que Shailey n'était pas dans les parages, mais elle devait sans doute superviser les enfants à la douche.

- Eh bien, on n'a pas mal discuté mine de rien. Elle m'a fait comprendre que beaucoup de personnes pensent que Nicole est impliquée dans « l'accident » de voiture de son mari. D'où la raison qui fait que chaque personne déserte les postes à pourvoir ou n'envoie pas vraiment ses enfants dans le centre ou les campements.

Jo regarda autour d'eux

- Pourtant, ils sont quand même en bons nombres.

- Dans les glissades, elle m'a dit que la plupart sont d'autres régions et ne sont pas au courant de ce qui se passe ici.

Jo ne rajouta rien de plus et écouta plus attentivement le récit du jeune homme

- Et effectivement, si je me suis fait friendzoned, c'est parce qu'elle est en couple avec Zoé… Notre prochaine observation.

Les trois autres s'échangèrent un long regard. Il semblait tous penser à la même chose.

- Mais attends une minute – raisonna Jo – ça veut dire que…

Henry acheva sa phrase

- Que les deux pourraient être coupables si elles sont ensemble…

Henry se disait qu'il fallait qu'ils soient plus attentifs aux probables signes qui généralement trahissaient les coupables.

- Et à part ça ? Elle t'a dit autre chose ?

Lucas secoua la tête

- Qu'elles sont ensemble depuis sept mois, soit quelque temps après avoir été engagées par Nicole. Mais elles se connaissent depuis qu'elles vont à l'université ensemble, donc voilà. Mais j'ai pensé comme vous par rapport au fait que les deux pourraient possiblement être reliées au meurtre d'Ethan, mais on ne peut pas encore se fier aux théories qu'on s'imagine.

Il disait vrai.

- Mais je viens de penser à quelque chose – songea Mike – elles sont ensemble, mais Shailey a une petite fille… Elle a quand même été avec un homme avant donc est-ce que…

- Elle n'est plus en contact avec le père depuis bien longtemps – coupa Lucas – dans les glissades, elle m'en a dit un peu plus. C'était un coup d'un soir et puis voilà ! Cela lui a fait réaliser qu'elle préférait les femmes – il regarda alors Jo et fit un petit sourire en coin – elle a dit que si vous n'étiez pas en couple avec Henry, vous auriez été son quatre heures.

La jeune femme tourna au rouge pivoine. Elle n'avait pas l'habitude que la gent féminine s'intéresse à elle, mais après tout elle ne s'était jamais posé la question. Mais une partie d'elle se sentit quand même flattée.

Elle sourit parce qu'elle se rappelait encore de la tête d'Henry lorsqu'elle avait plaisanté en lui demandant de quelle façon il aurait réagi si elle lui avait embouché un coin en disant qu'elle était lesbienne et qu'elle avait perdu sa femme et non pas son mari.

Évidemment, ils n'auraient jamais pu aller au-delà du stade de l'amitié.

Lucas se leva et fit craquer son dos

- Bon ! Moi aussi je suis quand même fatigué. Je vais aller prendre une longue douche et lire quelques romans graphiques. Je vous retrouve demain.

Il avait l'air particulièrement agacé. Sans doute parce qu'il en avait marre de se prendre des vents avec les femmes. Henry lui cria avant qu'il ne disparaisse de son champ de vision.

- Ne t'inquiète pas Lucas ! Tu finiras bien par trouver la bonne.

Il sourit et s'échappa. Mike n'aimait pas trop jouer la bougie avec le couple. Il en avait assez vu tout le reste de la journée même s'ils s'étaient quand même tenus à carreau. Mais à les voir prendre des photos à chaque occasion, il avait vraiment du mal à comprendre les jeunes couples.

- Je ne vais pas laisser le pauvre bonhomme se morfondre tout seul. Je vais aller le rejoindre et le laisser déverser son poison sur moi. Bonne soirée tous les deux, et on ne fait pas trop de bêtises.

Jo se retint de lever les yeux au ciel. C'était toujours le même discours que Mike leur sortait.

Le couple resta silencieux pendant quelques minutes, les doigts enlacés.

Jo avait le regard fixé vers l'océan. Il n'y avait plus rien à faire pour ce soir, les enfants seraient tous couchés rapidement. Shailey devrait sans doute organiser le programme pour le lendemain. Si elle avait besoin d'eux, elle leur ferait signe.

Elle fit un petit sourire sous-entendu à son petit ami

- Tu as quelque chose derrière la tête, toi – dit-il, en passant sa langue sur ses lèvres

Elle acquiesça

- Contrairement à Lucas, on n'a pas vraiment eu l'occasion de faire des glissades, on était bien trop occupés à te montrer les autres attractions – elle se retint de rire à se rappeler de ses cris de fillette dans un des grands huit.

Il l'ignora, et rapprocha son visage le plus près du sien, créant une danse d'endorphines dans leurs corps

- Alors, quel est ton plan ?

- On pourrait… Prendre un bain de minuit ? Même s'il n'est pas minuit, mais on s'en fiche. Tu as l'habitude, n'est-ce pas ?

Elle bougea ses sourcils d'un air évident. Henry se disait qu'il n'y avait qu'elle qui était capable d'avoir un tel pouvoir sur lui pour le faire succomber à chacune de ses demandes.

- Parfait ! Ça me va. Allons-y alors.

Ils se levèrent et marchèrent les quelques minutes qui les séparaient de la plage.

Il n'y avait plus beaucoup de monde et ils avaient assez quartier libre. Jo avait rapidement pris une serviette qu'elle déposa au centre de la plage. Henry avança vers la mer après avoir retiré ses vêtements, mais gardait son bas de maillot pour l'instant.

La plage était bien trop éclairée pour ne pas remarquer leurs silhouettes s'ils se déshabillaient entièrement.

En regardant les vagues s'abattre doucement sur le rivage, il repensait à la dernière fois qu'il avait mis les pieds dans le pays… Il roula intérieurement des yeux. Il avait tenté de faire du surf, pour une raison qui lui échappait… Les planches de l'époque n'avaient absolument rien à voir avec ce qu'ils fabriquaient à l'heure actuelle et leur solidité laissait à désirer. À vouloir faire le malin et faire des vagues au coucher du soleil, dans une immensité sans aucune barrière de corail… Il pouvait mettre, mordu par un requin comme l'une des morts les plus insolites. Il avait été chanceux, le requin ne l'avait pas coupé en deux comme en général le prédateur le faisait, ne digérant pas l'être humain, il recrachait automatiquement. Mais il avait été mordu au niveau de la jambe et il avait perdu beaucoup trop de sang pour pouvoir s'en sortir…et puis même si cela avait été le cas, il aurait tout fait pour revenir dans l'eau pour effacer ces mauvais souvenirs. Il secoua intérieurement la tête. Il battait un record du nombre de façons dont une personne pouvait mourir.

Il avança légèrement dans l'eau et se retourna pour voir si Jo arrivait derrière lui et telle ne fut pas sa surprise quand il la vit, le haut du maillot dans la main, les seins à l'air, un regard exprimant parfaitement ce qu'elle voulait faire de lui. Il ravala sa salive et espérait que ce qui se passait dans son maillot n'était pas si évident avec la noirceur de l'océan… Mais l'eau ne lui arrivait pas assez haut pour pouvoir cacher cette rigidité.

- Je sais qu'il y a trop de lumière, mais tu ne verras pas d'inconvénient à ce que je sois topless, n'est-ce pas ?

Il ne fit que secouer négativement la tête, incapable de dire quoi que ce soit. Jo fit voler le haut de maillot, qui se déposa un peu plus bas que leur serviette et elle avança dans l'eau pour le rejoindre.

Henry se retourna avant que son bas ventre ne devienne plus évident.

Il s'arrêta quand l'eau lui toucha le dessus du nombril et il resta figé à regarder la lune qui se levait derrière les vagues. Jo prit son élan et courut pour lui sauter sur le dos, il accrocha ses jambes par réflexe, autour de sa taille. Elle posa sa tête sur son dos et lui embrassa rapidement lobe de l'oreille. Henry sentait sa poitrine nue contre sa peau et il devait lutter pour ne pas la faire sienne juste au beau milieu de la plage.

Leur cœur battait si fort qu'il était presque possible de dire qu'il pourrait leur échapper. Ils ne dirent pas un mot et apprécièrent ce contact. Jo resta longuement la tête posée contre lui, dessinant des cercles sur sa colonne vertébrale. Ses mains caressèrent ses boucles brunes et Henry se demandait comment il était possible de ressentir de telles émotions après plus de 200 ans d'existence.

Il lui embrassa les mains, qu'elle avait autour de son cou et il les embrassa très délicatement. Ses doigts fins frissonnèrent sous la caresse de la langue du légiste. Cela était terriblement érotique et romantique.

Elle finit par descendre de son dos, se disant qu'elle allait finir par le lui briser et ils se firent face, éclairés par la lueur de la lune. Ils se regardèrent longuement dans les yeux. Jo posa ses mains sur le torse d'Henry et ses yeux dévièrent vers sa cicatrice. Elle remonta ses bras pour les enrouler autour de son cou et rapprocha ses lèvres des siennes, Henry pencha son visage vers le sien et se sentit d'humeur taquine et décida de la prendre sur ses épaules, la faisant pousser un cri de surprise et de la plonger dans les vagues s'écrasant un peu plus fort de ce côté de l'eau.

Elle remonta rapidement et vit un Henry hilare

- Oh ça, tu vas me le payer docteur Morgan !

Henry s'échappa rapidement en voyant la vitesse à laquelle Jo s'était relevée pour lui courir après dans les vagues. Il était quand même bien endurant, sans doute plus qu'elle. Ses petites baignades improvisées dans le East River devaient y être pour beaucoup.

L'océan était un peu plus agité le soir, en raison de la lune et même en nageant elle avait du mal à le rattraper. Il rigolait à gorge déployée. Elle finit par s'y mettre également et le rattrapa en l'éclaboussant. Henry songea que si Abe l'entendait avec une telle joie de vivre, il en pleurerait d'émotion, tellement il avait passé les 30 dernières années à se renfermer dans son silence et son deuil.

Jo continuait de l'éclabousser et en la voyant entre deux rayons de lune, son corps se sculptant comme une déesse devant lui, il comprit que quelque chose devait changer ce soir-là. Ils ne devaient faire qu'un, ils devaient consumer cette flamme qui brûlait au fond d'eux, comme un feu de joie. Et après ça, il la protégerait contre son corps nu, lui murmurerait des mots d'amour et lui dirait sans doute la vérité. Ils avaient toute la soirée, ils avaient le champ libre.

Il semblait que rien ni personne ne pourrait les arrêter cette fois. Il la tira vers lui et ils basculèrent dans les vagues. Ils remontèrent en rigolant et se dirigèrent vers la rive et Jo fit en sorte qu'ils se retrouvent sur le sable mouillé et son corps se retrouva au-dessus du sien.

L'éclat de rire qu'ils partageaient depuis plusieurs minutes se perdit au fond de sa gorge et ses yeux accrochèrent ceux de l'immortel. Il avait retrouvé son visage bien sérieux. Trop sérieux ! Qu'elle ne lui connaissait que devant ses cadavres ! Il passa une main dans ses boucles rendues salées par l'eau de mer. Il la dévorait littéralement du regard. Jo se pencha vers lui et lui donna un langoureux baiser, son corps se braquant contre le sien. Son bassin arquait vers son bas ventre et ils sentirent le désir monter. Henry coupa le baiser, mais sans pour autant relâcher sa position, avec ses mains dans les cheveux de sa petite amie.

- Jo… Je crois qu'on ferait mieux de continuer ceci… Dans notre bungalow, à l'abri des regards indiscrets.

La bouche de la jeune femme était sèche et ce n'était pas uniquement à cause du sel. Elle hocha lentement la tête, le désir prenant possession de son corps. Elle tentait de blâmer tout ceci sur les coups de soleil, mais il n'en était rien.

Ils se séchèrent rapidement et Jo remit son haut, avant qu'ils retournent au campement, en maillot de bain, bras dessus bras dessous.

Pour éviter de coller pendant l'acte ou de sentir le sel tout simplement, ils décidèrent de prendre une douche chacun leur tour. Jo laissa Henry passer le premier pour avoir le temps de se laver les cheveux et se préparer à une nuit qu'elle n'allait sans doute pas oublier.

Quand elle disparut dans la salle de bain, Henry tenait vraiment à faire de ce moment, quelque chose de romantique et de parfait… Surtout s'il avait son corps avant de lui dire la vérité. Ce pour quoi, il décida de faire une pierre deux coups ce soir-là. C'était sans doute la meilleure occasion.

Il trouva quelques bougies dans les tiroirs du bungalow et les alluma pour les disposer tout autour de la chambre. Il baissa les stores et tira les rideaux. Personne ne devait savoir ce qui allait se tramer. Il y avait une bouteille de champagne au frais. Il ignorait depuis combien de temps elle était là, mais après tout, pourquoi pas ? Autant aller au bout des choses. Il prit deux coupes et les remplit pour les emmener dans la chambre et les déposer sur les tables basses.

L'ambiance était au beau fixe et il espérait que tout se passerait bien. Il n'avait pas eu de relations sexuelles depuis un certain temps, même s'il avait quand même connu le plaisir de la chair à plusieurs reprises avant de rencontrer la détective.

Il s'installa sur le lit et fouilla dans son sac pour ressortir une petite boîte… Il se mordilla la lèvre. Il n'aimait pas du tout le latex, mais il ne voulait pas que Jo tombe enceinte directement non plus et il n'était pas certain si la jeune fille était oui ou non sous pilule.

De plus, par ses expériences passées, notamment mourir de la syphilis, il roula des yeux en y pensant… Il valait mieux pour le moment prévoir même s'il ne doutait pas que Jo était une femme très clean et qu'elle avait sans doute était toujours très prudente et prévoyante avec ses coups d'un soir.

Il s'installa sur le lit. Il attendrait qu'elle vienne à lui et qu'ils prennent le temps de se découvrir.

Jo était dans la salle de bain et faisait rapidement sécher ses cheveux avec le sèche-cheveux à disposition. Son cœur battait à tout rompre, car elle savait que dès le lendemain, elle allait se réveiller complètement nue dans les bras d'Henry. Après tout ce temps de relation, ils allaient enfin goûter à ce plaisir dont l'occasion avait été ratée à plusieurs reprises, mais ce soir était la bonne. Elle aimait le fait qu'ils avaient pris leur temps et ne s'étaient pas jetés l'un sur l'autre dès le premier jour, bien que la tentation eût toujours été très présente.

Elle regarda son reflet et les énormes marques de bronzage entre deux coups de soleil, que la journée avait laissée.

Elle prit une profonde inspiration. Elle ne doutait pas qu'Henry serait un amant parfait durant la session où la performance durerait. Elle était un peu nerveuse, car cela allait être la première fois depuis Sean qu'elle coucherait avec un homme, tout en ayant des sentiments pour ce dernier. Cela changerait des coups d'un soir qu'elle faisait juste pour ressentir quelque chose et se sentir encore plus misérable et pleine de regrets après… Et pourtant elle avait recommencé maintes et maintes fois. Une larme s'écrasa sur sa joue. Parfois, elle aurait souhaité retourner en arrière pour faire des choix différents sur sa façon de gérer son deuil plutôt que de boire au point de plus être maître de ses propres mots, et sauter sur tout ce qui bougeait.

Henry prenait si bien soin d'elle que par moment elle se disait qu'elle ne le méritait sans doute pas et que peut être une personne moins imparfaite et moins remplie de tristesse et portant un fardeau moins important, pourrait gagner son cœur. Et pourtant, il l'avait choisie elle et c'était égoïste de sa part, mais elle ne voulait pas qu'il ne soit que de passage dans sa vie. Il avait fait sa place et elle souhaitait le voir y rester. Elle savait qu'elle ne supporterait pas l'idée que cette relation ne soit qu'éphémère. Son cœur s'emballa de plus en plus. Elle en était folle amoureuse, cet amour qui différait de ce qu'elle avait ressenti pour Sean. Elle aimait Henry si profondément que parfois elle se disait qu'elle allait mourir d'aimer à ce point et pourtant… Elle secoua la tête. Cette relation allait durer. Ils avaient bien trop de peine commune, trop de similarités tout en étant deux parfaits opposés… Elle tiendrait cet homme jusqu'au bout s'il le fallait, mais elle était bien consciente de la chance qu'elle avait et cette fois-ci, elle ne lui repasserait pas sous le nez une seconde fois.

Elle devait arrêter de penser. Elle verrait bien comment la nuit se passerait, en sentant leurs deux corps ne faire qu'un.

Elle s'apprêtait à sortir de la salle de bain quand elle sentit quelque chose entre ses jambes et elle appuya sur son ventre.

Elle releva la tête vers le miroir et maudit son corps

- C'est une blague ! Tu ne peux pas me faire ça maintenant.

Elle laissa tomber la serviette qu'elle avait enroulée autour de sa taille et ne comptait que l'enlever qu'une fois devant Henry. Elle s'installa sur les toilettes. Peut-être que c'était une fausse alerte comme cela arrivait souvent, même si elle savait qu'elle voulait simplement essayer de s'en convaincre. Elle avait eu les signes précurseurs depuis quelques jours, mais elle s'était dit qu'elle bénéficierait peut-être d'une semaine avant que tout ceci n'arrive, mais elle savait que non... Elle était bien trop ponctuelle. Elle essaya de ne pas s'énerver, après tout ce n'était pas si grave… Cela venait simplement de ruiner ses plans pour la soirée et pour le reste de la semaine s'ils comptaient avoir une quelconque vie intime.

Elle ferma les yeux en s'appuyant contre le dossier des cabinets. Henry qui commençait à s'inquiéter, se leva et frappa doucement à la porte

- Jo ? Est-ce que tout va bien là dans ?

La jeune femme sursauta et se mordilla la langue. Il devait être prêt et elle le voyait déjà, prenant tout son temps en explorant son corps. Mère Nature avait de drôles de façons de se manifester par moment.

Elle fouilla dans sa trousse de toilette pour en ressortir un tampon et faire ce qu'elle avait à faire. Elle tira la chasse et répondit.

- Ça va, Henry ! Je sors dans quelques secondes.

Il fut satisfait de la réponse et repartit l'attendre dans le lit. Jo regarda l'emballage du tampon qu'elle venait de mettre. Elle le jeta violemment et tempêta.

- Sérieusement ? Parmi toutes les journées où il ne se passait rien entre nous, tu choisis maintenant pour me rappeler que je ne suis pas encore enceinte. Merci. Saleté !

Elle enfila une culotte et son pyjama avec un short et un gros smiley sur le derrière.

Elle avança de façon robotique et s'arrêta dans l'encadrement de la porte en voyant tout le cliché romantique qu'Henry avait sorti. Un sourire s'incrusta sur ses lèvres. Elle se sentait désolée de devoir reporter cette soirée.

Henry remarqua sa présence et se leva, plutôt surpris qu'elle porte son pyjama tandis qu'il n'avait qu'un caleçon sur lui.

Il s'arrêta à quelques mètres d'elle, ses yeux brillants d'amour pour elle.

Il lui demanda, d'une voix doucereuse

- Est-ce que ça va ? Si tu ne te sens pas prête pour ce soir, on fera ça à un autre moment. Je ne veux pas te faire peur avec mon vieux côté romantique… Je voulais juste te mettre à l'aise.

Elle était touchée. Elle s'avança vers lui et enroula ses bras autour de sa taille, en posant sa tête dans le creux de son cou.

- C'est vraiment super ce que tu as fait. Ça faisait longtemps que je n'avais pas été plongée dans une telle ambiance.

Ses doigts caressèrent ses lèvres et elle les embrassa furtivement.

- Crois-moi ! Ce n'est pas que je ne suis pas prête, bien au contraire. J'attends ce moment depuis si longtemps.

Henry fronça des sourcils

- Alors quel est le problème ?

Jo poussa un long soupir de frustration

- Mère Nature a choisi son timing pour me casser les ovaires, littéralement.

Henry cogita quelques secondes avant d'ouvrir la bouche puis de la refermer.

- Ah oui... ; ça, c'est vraiment la poisse.

Elle hocha la tête

- Comme tu dis oui !

Il semblait considérer quelque chose et ouvrit la bouche, mais ne voulait pas passer pour le pervers de service. Jo lut dans ses pensées et rigola.

- Je sais, techniquement ça n'empêche pas, mais tu as autre chose à faire que de me faire l'amour alors que la rivière est rouge, surtout une première fois. Ce n'est que partie remise.

Henry l'accepta. De toute façon, ils n'étaient plus à un essai près et il n'était pas avec Jo que pour lui sauter dessus.

Il lui embrassa le front et la taquina

- Ça ne dure pas éternellement de toute façon, on se reprendra. Mais une petite coupe de champagne quand même ? On ne va pas le gâcher.

Elle lui fit un regard sarcastique. Accepta la coupe et ils trinquèrent au moins au fait qu'ils étaient ensemble.

Après avoir bu, ils s'installèrent dans le lit même s'ils n'allaient sans doute pas dormir de suite

- Tu as raison pour le fait que ma semaine ne va pas durer et tu pourras me ressortir tout ton attirail hyper romantique – répondit-elle en lui donnant un coup de coude dans les hanches.

Il rigola et passa un bras autour de ses épaules en glissant sous les couvertures.

Elle posa sa tête contre lui et cette soirée se termina plutôt devant un film qu'à rouler dans les draps.


En fin de semaine, après avoir profité des belles activités extérieures et chacun ayant retrouvé un beau teint bronzé, le sergent allait leur envoyer la vidéo d'interrogation de Shailey.

Ils avaient fait une belle journée à la plage, mais Jo avait dû se passer d'aller se baigner et n'avait que fait parfaire son bronzage qui était déjà au top et faisait baver Henry de plus en plus.

Lucas avait mentionné que d'ici dimanche ils iraient dans le campement avec Zoé et que Shailey ramènerait les enfants au centre pour que leurs parents viennent les chercher.

De toute façon, le reste ne serait plus de leur ressort. Ils avaient fait ce pour quoi ils étaient là.

Ils bénéficiaient donc de samedi soir pour aller faire leur observation et contre le gré de Jo et Henry, il fallait mettre le sergent au courant de leur petite escapade nocturne, si cela était nécessaire. Il semblerait qu'ils prendraient la décision suite au visionnement.

Le vendredi, ils étaient partis toute la journée au zoo. Il était grand, il y avait des jeux pour les enfants, des buvettes et beaucoup d'animaux de toute sorte, surtout pas mal exotiques. Certains enfants achetèrent quelques souvenirs, surtout plus des peluches qu'autre chose, mais il était certain qu'ils prenaient vraiment du bon temps et sans doute qu'ils auraient beaucoup à raconter à leur retour de vacances.

Donc comme tous les jours depuis le début de la semaine, les enfants étaient épuisés et le calme complet régnait une fois de retour sur le campement.

Un peu avant de visionner la vidéo, Shailey semblait vouloir discuter avec une femme, à la manière dont elle tournait autour de Jo. La jeune femme se leva.

- Est-ce que tout va bien Shailey ?

Elle fit un petit sourire gêné en se grattant la tête. Elle regarda les trois hommes.

- Est-ce que vous pourriez surveiller les enfants et voir s'ils ont besoin de quelque chose dans les bungalows ? Je voudrais vous emprunter Jo un petit moment, si cela ne vous dérange pas ?

Les trois hommes se regardèrent. Ça sentait les commérages de filles. Mike leva son pouce.

- On s'en occupe ! Allez bavarder toutes les deux.

- Merci !

Jo suivit la jeune fille jusqu'à la plage où quelques baigneurs étaient encore dans l'eau alors que le soleil se couchait. Elles s'installèrent en plein milieu et écoutèrent le son des vagues qui s'écrasaient sur le sable.

Shailey resta silencieuse pendant quelques minutes. Jo n'avait aucune idée de ce qu'elle voulait lui raconter. Elle espérait qu'elle ne les avait pas percés à jour, mais même si cela était difficile, ils avaient toujours tout fait pour rester subtils.

- Euh Jo… Je… Écoutez, je n'ai pas beaucoup de figures féminines en dehors de Nicole et Zoé. Enfin, j'ai mes parents, mais ils vivent à Canberra et ce n'est pas la porte à côté et je ne veux pas embêter ma mère avec mes soucis, ou si j'ai envie de me confier.

Jo pencha sa tête sur le côté et posa sa main sur son bras

- Est-ce qu'il y a quelque chose qui vous tracasse ?

La bouche de Shailey se tordit… Elle poussa un long soupir.

- J'apprécie beaucoup votre compagnie. La vôtre, celle de Lucas, Henry et Mike. Vraiment, ça fait plaisir d'avoir des Américains qui ont du savoir-vivre parce que ceux que j'ai côtoyés… N'étaient pas toujours comme ça.

Jo fronça des sourcils, ne semblant pas comprendre.

- Qu'est-ce que vous voulez dire par là ?

Jo se doutait qu'elle avait connu le mari de Nicole et qu'elle était peut-être responsable de l'avoir achevé si elle voulait défendre son amie. Et que cela avait dû lui forger une sale opinion des Américains et avec raison. Elle semblait être une femme quand même assez fragile sous ses airs de forte. Jo ne connaissait que trop bien cette façon de se camoufler.

Shailey se tournait nerveusement les mains. Jo connaissait parfaitement ces signes pour les voir depuis dix ans avec les suspects qu'elle interrogeait.

- Je n'en parle pas à beaucoup de personnes. Seules Nicole et Zoé sont au courant ainsi que mes parents. Mais vous me semblez être une personne de confiance, je peux le voir dans vos yeux. Vous n'êtes pas le genre à juger quelqu'un pour ce qu'il est ou ce qu'il n'est pas. Franchement, si votre Britannique ne semblait pas fou de vous, j'aurais tenté ma chance si je n'étais pas déjà en couple non plus ou si vous aviez été bi ou lesbienne.

Jo était flattée et ne put s'empêcher de rougir furieusement.

- C'est très gentil. Si jamais j'ai une reconversion, je vous appellerais.

Shailey sourit

- Vous m'avez l'air bien trop amoureuse de votre homme pour ça et lui aussi donc… D'habitude ça me passe au-dessus de la tête les couples hétéros, sans offense bien sûr, mais vous deux, vous êtes vraiment beaux ensemble.

Jo ne sut quoi répondre. Ni elle, ni Henry ne s'étaient encore confié ce qu'ils ressentaient pour l'autre, tout du moins pas directement.

Shailey se reprit

- Mon point est que… En réalité, il y a huit ans, je suis partie aux États-Unis. J'étais en échange en Californie. Je ne voulais pas être trop être dépaysé de mon climat aride alors j'étais partie pour faire un échange d'un an universitaire à l'université de San Diego. Tout se passait bien au début, tout était cool, j'avais rencontré de belles personnes puis je suis tombé sur cet homme lors d'une soirée étudiante. Il travaillait sur le campus temporairement, mais il n'était pas professeur. Il devait être dans l'administration ou quelque chose.

Jo fronça des sourcils. Le souvenir avait l'air de la peser. Que lui était-il arrivé aussi à celle-là ?

- Bref ! Un homme beau, intelligent, charmant… Comme on peut en trouver. Disons que j'aurais aimé comprendre que j'étais lesbienne depuis longtemps. Vous savez, il m'a sorti son petit numéro de charme auquel une jeune fille de 18 ans ne peut pas résister. Après la soirée, il m'a amené chez lui, j'étais un peu pompette, mais assez lucide pour être consciente de mes actes… Je sais que je n'aurais pas dû le suivre, mais une partie de moi était… Ouais bon toutes mes amies ont perdu leur virginité depuis longtemps… Alors j'ai voulu me laisser aller.

Jo avait une impression déjà vue avec ce que Shailey était en train de lui raconter. Sans doute par rapport aux affaires qu'elle avait traitées dans le passé ou que Sean avait traitées.

- Puis une fois chez lui, il était loin d'être doux et attentionné et il m'a surtout pris pour son esclave sexuelle. Je n'ai même pas pu protester. Il n'a pas pris son temps, ni rien, il a fait toutes ses affaires en moi et je n'avais qu'une hâte, que ça se termine.

Jo se retint de vomir. Elle ferma rapidement les yeux. Les hommes pouvaient être tellement écœurants à s'en prendre à une jeune fille sans défense et naïve.

- Bref une fois terminé, il s'est endormi comme un gros dégueulasse. Et moi je suis sortie en courant de la chambre, les vêtements à moitié déchirés, et je suis rentré à ma résidence universitaire. Ma coloc m'a vue dans ce sale état et elle a voulu que je porte plainte, mais je lui ai fait comprendre de ne rien faire parce que déjà je n'étais pas dans mon pays donc ça aurait pu être sa parole contre la mienne. Et de deux, j'étais à moitié bourrée alors ça ne serait pas reconnu légitime.

Jo secoua la tête. La justice pouvait être complètement débile. Elle fut sur le point de dire que si elle était venue à New York et qu'elle avait porté plainte avec la NYDP, elle aurait tout fait pour l'aider et lui faire gagner sa cause. Elle aurait demandé l'appui de Sean. Mais elle se ravisa avant que les mots ne franchissent ses lèvres. « Focus Martinez, tu n'es pas un flic en ce moment ».

- Bref ! Vous vous en doutez, je suis tombée enceinte. Et quand je m'en suis aperçue, j'avais déjà passé trois mois. Mais il me restait encore sept mois pour finir et six mois pour accoucher… J'ai dû donc annulé mon inscription à l'université. J'avais du financement par mon pays et mes parents m'aidaient donc j'ai pu trouver rapidement un billet d'avion et revenir à Canberra d'abord, chez mes parents. Ils m'ont soutenu, ne m'ont jamais laissé tomber. J'ai travaillé pendant tout ce temps pour accumuler l'argent et me débrouiller avec mon enfant après. Après avoir élevé Lola pendant trois ans, j'ai décidé de reprendre mes études pour être en éducation et c'est là que j'ai rencontré Zoé et ensuite...Bref, tout s'est enchaîné et j'ai rencontré Nicole, etc. Mais Lola ne connaît rien de son père et je lui explique qu'il est parti avant même qu'elle ne naisse. Un jour, je lui expliquerais que…

Elle n'osa pas finir sa phrase, mais Jo le fit pour elle, tout en compatissant

- Qu'elle est née d'un viol !

Shailey acquiesça lentement

- Mais je ne veux surtout pas qu'elle se sente coupable de ça. J'aime cette petite fille plus que tout, et même si elle est née de ça… Reste que je ne la regrette pas. Et j'ai eu du mal à passer à autre chose, mais j'y suis parvenue avec le soutien de Nicole et Zoé.

Jo se sentait désolée pour la jeune fille. Elle n'avait pas demandé tout ça et elle pouvait comprendre qu'elle avait un peu de mal avec les Américains. Elle et Nicole, vu que son mari également avait été un parfait connard.

Elle se demandait si cela changeait quelque chose dans leur affaire. Elle en parlerait à ses amis. Elle ne pouvait pas négliger ceci. Toutes les informations étaient importantes, malheureusement.

La jeune fille avait des larmes dans les yeux, qu'elle essuya rapidement. Jo lui prit la main et la secoua.

- Ne vous sentez pas coupable de ça. L'important c'est que vous ayez réussi à avancer et que votre fille reste la chose la plus précieuse à vos yeux et c'est important. Et puis au moins, vous n'êtes pas seule. Bien sûr, j'aurais été de l'avis de votre amie à porter plainte, mais bon, si maintenant vous êtes loin de cet homme, c'est le principal.

Shailey hocha lentement la tête et esquissa un sourire

- Merci de m'avoir écouté Jo ! Je n'aime vraiment pas en parler, mais comme je vous l'ai dit, vous me semblez tellement digne de confiance que je voulais libérer ce poids et j'ai bien vu que vous étiez tous curieux de voir qu'une fille si jeune avait déjà une enfant grandie comme ça.

Jo se rappelait du commentaire d'Henry. Des fois, leur côté détective devait sans doute prendre le dessus.

Elle était contente que Shailey se soit ouverte à elle, elle ne manquerait pas de le mentionner. Elle aurait sans doute des raisons de vouloir défendre son amie contre un homme violent si elle avait subi quelque chose de similaire.

- Voilà ! désolée je ne voulais pas vous accaparer avec ça, mais même si je m'entends bien avec Lucas, je pense qu'une femme est plus apte à me comprendre.

Jo sourit tendrement

- Ne vous inquiétez pas ! Je comprends très bien et merci de m'avoir raconté tout ceci. Je suis désolée de ce que vous avez pu subir. Mais si ça peut vous rassurer, je vous trouve rayonnante maintenant. Je pense que vous êtes faites pour travailler avec les enfants.

Ce fut le commentaire que Shailey avait sans doute besoin d'entendre.

Après avoir discuté de tout et de rien, elles retournèrent vers les hommes qui n'étaient plus à leur place.

Elles les virent ressortir de quelques bungalows et confirmèrent que tout se passait bien avec les enfants, qu'ils jouaient dans leur chambre ou se racontaient des histoires. Il était encore un peu tôt pour les coucher. Chacun avait mangé. Shailey décida donc de faire une autre soirée film dans la salle d'animation.

Elle frappa à toutes les portes de bungalows et les enfants furent tous de la partie.

Les quatre amis se regardèrent.

- Qu'est-ce qu'elle t'a raconté ? – demanda Mike – quelque chose qui pourrait nous servir ou pas ?

Jo hocha la tête

- Peut-être bien ! Je vais vous en parler ! Mais avez-vous eu le temps de regarder la vidéo de son interrogation le temps que je sois partie ou vous étiez trop pris avec les enfants ?

Les trois hommes se regardèrent

- Effectivement, on a regardé – confirma Henry

- Et alors ? Quelque chose vous a frappé ?

Ils secouèrent la tête

- Pas vraiment ! – répondit Mike – sa version est similaire à celle de Nicole. Elles disent qu'elles n'ont rien vu de ce qui s'est passé avec Ethan. Ni rien entendu non plus. Elle n'a pas eu le temps de voir s'il se disputait avec quelqu'un. Elle a rajouté, qu'ils étaient tous un peu sous l'effet de l'alcool alors comme Nicole nous l'a dit, il y a des chances que cela aurait pu être accidentel.

Henry leva les yeux au ciel

- Bien sûr que non. La marque de batte de base-ball à l'arrière de son crâne, prouve bien que c'était voulu.

Mike souffla

- Je sais doc, mais c'était pour résumer à Jo ce que Shailey avait dit dans la vidéo.

Jo hocha la tête

- Donc on n'est pas vraiment plus avancé !

- Bah ! ça dépend de ce que vous allez nous dire – avoua Lucas

- C'est vrai ! Mais je ne sais pas si ça aura rapport avec notre affaire, mais peut être que ça peut jouer sur sa culpabilité. On verra bien. Nous en avons encore une à observer. Qu'en est-il du sergent ? Vous lui avez parlé de notre virée demain soir ?

- Henry a tout expliqué – répondit Mike – on devra rejoindre Parker à l'entrée du campement. Il nous dit d'être prudents et de ne pas oublier nos gants.

Cela leur donnerait au moins un peu plus d'action que ce qui se passait depuis deux semaines maintenant.

Jo regarda l'heure. Il était passé 20h. Ce qui faisait 8h du matin à New York. Elle se mordilla la lèvre.

- On n'a pas encore appelé Reece. Elle va finir par se demander si on est vivants.

Henry pouffa

- Abe a dû lui passer le message quand même. Mais oui, on ferait peut-être mieux de lui donner des nouvelles. Mais il est un peu tôt pour l'instant, non ?

- Oui effectivement ! Reece est au bureau pour 9h donc on va attendre un petit peu avant de passer notre coup de fil. Venez, on va discuter de ce que Shailey m'a raconté, en attendant.

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- Elle a été violée ? – demanda Mike, encore sous le choc d'avoir appris tout ceci. Il se demandait si toutes ces femmes avaient une histoire similaire, si oui, ils risquaient de ne jamais en voir le bout.

Jo avait déjà confirmé deux fois et regarda son collègue de travers. Il préféra l'ignorer. Henry resta perplexe.

- Mais c'est vrai maintenant – songea-t-il en regardant sa petite amie – elle aurait pu tenter de protéger Nicole qui ne voulant pas voir son amie être derrière les barreaux l'aurait également couverte… Ça serait un cycle sans fin.

Jo acquiesça

- C'est ça. Donc concrètement on n'avance pas vraiment, mais on a des théories et des raisons plutôt légitimes. Donc j'espère qu'après avoir observé Zoé, on aura finalement une suspecte qui ressortira parmi les trois.

Les trois hommes approuvèrent

- Après, en fonction de ça, il se pourrait que ce ne soit pas les trois, mais qu'il soit facile de leur faire porter le chapeau avec la réputation qu'on colle à Nicole.

Jo se frotta le menton

- J'y pense ! Vous vous rappelez quand le sergent nous disait que les trois avaient toujours des plaintes d'une façon ou d'une autre ? On a compris que pour Nicole c'était sans doute par rapport aux enfants, mais pour les deux autres ? J'aurais pu penser pareil pour Shailey avec sa fille, mais la façon qu'elle me l'a raconté, elle ne m'a pas l'air d'une enfant très perturbatrice.

Lucas répondit

- C'était peut-être juste général, pour nous dire qu'elles sont toujours ensemble et qu'il se trame toujours quelque chose à chaque fois qu'elles sont dans le coin ?

- C'est ce qu'on avait compris dans les vidéos des interrogations en tout cas – révéla Mike

Le couple était d'accord avec leurs collègues. Mais bon, ils ne pouvaient pas non plus chercher toutes les raisons qui avaient provoqué des plaintes ou autres. Encore une fois, ce n'était pas leur objectif.

- Bref ! On verra ce que notre légiste découvre en allant sur la scène de crime demain – plaisanta Mike.

Jo lui répondit d'un ton sarcastique

- N'espère pas qu'il soit le seul à faire tout le boulot. Je sais qu'on se sent en vacances, mais nous avons un objectif et demain, ça va être l'occasion de faire ce qu'on sait mieux faire.

Mike ne répondit pas à son commentaire, mais ne fit que répondre par un regard similaire à son ton. Lucas jubila.

- Moi j'adore quand Henry nous rejoue les détails de la scène de crime donc j'ai hâte de faire autre chose que de courir derrière les gamins et passer de la crème solaire toute la journée.

Il parvint à déclencher l'hilarité générale. À force d'avoir discuté, l'heure était passée donc ils décidèrent que ce fut le moment d'appeler Reece.

Elle fut complètement surprise de les entendre, mais ravie. Ils utilisaient Facetime avec le wifi du campement, Jo utilisait son téléphone en étant assise sur les genoux d'Henry, et Lucas et Mike se tenaient derrière eux.

Reece complimenta leur teint bien bronzé et taquina Jo en lui disant que si cela continuait comme ça, elle allait finir par devenir plus noire qu'elle.

Ils expliquèrent donc ce qui se passait depuis deux semaines et les choses qu'ils apprenaient un peu aléatoirement, car les femmes plaçaient leur confiance en Jo et lui confiait des choses qu'elles n'auraient sans doute pas osé mentionner aux policiers.

Ils parlèrent de leur petite escapade le lendemain et comme le sergent leur avait dit, elle leur conseilla vivement de faire preuve d'une grande prudence.

À part ça, ils faisaient quand même part de leurs craintes, car les indices étaient très minces et qu'ils n'agissaient pas en tant que flics alors il était difficile de mener l'enquête à bien.

Elle les rassura en leur disant de faire au mieux et que si au pire des cas, ils ne parvenaient pas à résoudre l'affaire, ils auraient essayé au moins et que le reste ne reposerait plus sur eux. Mais elle avait confiance en eux, elle avait espoir qu'ils parviennent à trouver la faille quelque part et qu'ils reviennent avec une entière satisfaction d'avoir pu faire valoir leurs capacités jusque dans un autre pays.

Elle leur avoua que la charge de travail était un peu modifiée depuis leur départ et qu'il fallait s'adapter avec le reste des détectives et naturellement Vaughn était loin d'être aussi efficace qu'Henry, même si très bon dans son domaine. Mais elle sentait bien le vide de ne pas les avoir tous les quatre. Elle plaisanta en disant qu'il y avait un certain calme sans les cris de stupeur de Lucas ou son excitation lorsque lui et Henry débarquaient dans la salle des détectives avec des nouvelles.

Ils avaient tout son soutien et elle les avisa de profiter le plus possible des bienfaits d'un pays tropical et de revenir bien rechargés même s'ils travaillaient.

L'appel se termina avec la promesse qu'ils tenteraient de rappeler la semaine suivante, quand la dernière observation serait terminée en espérant que d'ici là, ils auraient mis leurs idées en commun, refait le tour des théories pour attraper leur coupable même si plus tard la légitime défense pourrait être retenue.

Les quatre amis décidèrent finalement de terminer la soirée en rejoignant les enfants dans la salle d'animation et regarder des films avec eux.


Author's note: Je pense qu'un jour ou l'autre c'est moi qui vais finir dans la rivière :p. Vous devez en avoir marre mais bon, voyez les choses comme ça. Dans la série, ça ne serait pas arrivé avant la fin de la s2. Anyway, Jo est une femme et je trouvais ça injuste qu'on nous montre jamais ce petit détail, genre comment elles peuvent savoir que c'est le bon moment pour passer à l'acte, les writers réfléchissent pas à ça hein :p. Bon j'avoue, j'ai cherché la petite bête mais j'ai trouvé ça marrant. Ne me jetez pas trop de pierres.