Merci de vos reviews ! Voilà la dernière partie de cette longue enquête. Comme je le disais dans le chapitre précédent, restez plutôt attentif à tout ce qui va se passer, beaucoup de choses vont être dévoilées, et des retournements de situations innatendus :))

Bonne lecture


Une enquête de rêve

Dernière partie

En début de semaine, ils devaient donc retourner à leur mission qui était de surveiller Zoé, la dernière des trois suspectes.

Tout comme les deux autres, ils n'avaient pas beaucoup plus d'informations à part celle qu'ils considéraient capitale… Le fait que la jeune fille était en couple avec Shailey et que leur relation semblait parfaitement sérieuse.

Shailey avait quitté la veille avec les enfants, en reprenant le bus où ils seraient récupérés directement au centre de Nicole.

Il y avait beaucoup de pleurs et d'émotions au moment de quitter les New Yorkais, car chacun s'était attaché surtout Liz et Kelly qui espéraient encore voir Lucas et Henry d'ici leur retour aux États-Unis. Malheureusement, ils savaient qu'une fois la mission terminée, ils allaient devoir couper leur relation avec les trois femmes surtout si l'une d'entre elles était bel et bien coupable. Ils ne disposaient que de cette semaine pour enfin tout élucider, plus deux semaines de bonus dans le cas vraiment les choses n'avançaient pas, mais ils espéraient que leur talent allait suffire à tout élaborer d'ici la fin de la semaine.

Le campement n'était situé qu'à 2km, ils décidèrent de s'y rendre à pied en marchant sur la plage qui s'étendait très longuement d'un bout à l'autre.

Ils étaient chanceux de ne pas avoir leurs valises et n'avaient pris qu'un sac à dos pour rester dans les campements.

Ils reconnurent d'emblée l'entrée. Shailey leur avait rapidement expliqué qu'ils verraient des tentes se dresser sur la plage. Zoé était beaucoup plus aventureuse qu'elle et elle n'avait pas peur de faire dormir les enfants dehors et ils adoraient le concept. La jeune femme avait été accompagnée par un animateur jusqu'à la veille où il était reparti dans sa ville, laissant Zoé s'occuper du même nombre d'enfants que dans le campement de Shailey. L'arrivée du groupe ne pouvait pas mieux tomber, une nouvelle fois.

Le soleil brillait et il n'y avait toujours pas de pluie depuis les deux semaines qu'ils étaient là, ce qui expliquait la vitesse à laquelle Jo n'arrêtait pas de noircir. Henry leur avait expliqué que vu que l'hiver austral arrivait, la saison des pluies étant en été, il y avait très peu de chance qu'ils voient des gouttes ou du moins il espérait que ça ne serait pas le cas, le temps qu'ils soient sur la plage.

Certains enfants étaient dans l'eau, d'autres en train de faire des châteaux de sable et d'autres préféraient discuter et se raconter leurs secrets dans leurs tentes.

Zoé était entre les deux, le campement et la plage et avait vue sur tout le monde. En voyant les quatre amis arriver, elle leur fit un signe de main accompagné d'un grand sourire.

Ils allèrent à sa rencontre.

- Bonjour ! Shailey m'a prévenue de votre arrivée ! Vous êtes les Américains, n'est-ce pas ?

Ils acquiescèrent et avant même qu'elle n'explique le fonctionnement du camp, son regard dévia directement vers Henry et elle se figea comme si quelque chose venait de la frapper… Henry sentit un frisson d'horreur le parcourir. Pourquoi soudainement cette jeune fille le regardait-elle comme ça ? Jamais il n'aurait pu la croiser en Australie considérant de l'époque où il y était venu.

À moins qu'elle soit venue aux États-Unis étant plus jeune et qu'elle ait pu le croiser même si cela semblait bien gros. Un enfant ne gardait pas des souvenirs aussi intacts.

Il y eut une longue tension durant laquelle Zoé ne dit rien et continuait de dévisager Henry, à tel point que cela finit par mettre la puce à l'oreille de Jo qui fronça des sourcils.

- Est-ce que tout va bien ? – demanda la détective, relevant toute tension qui pouvait bien s'installer

Zoé secoua rapidement la tête

- Oui ! Désolée – elle regarda Henry en faisant un sourire – juste que pendant une seconde vous m'avez rappelé quelqu'un.

Henry se sentit transpirer. Ça, c'était mauvais signe. Dans quoi s'était-il fourré encore pour qu'une jeune fille se souvienne de lui ? Elle semblait lui donner la réponse qu'il cherchait, car cela signifiait que définitivement elle était venue aux États-Unis et que soit elle l'avait vu mourir, soit le fait qu'il ait exactement la même tête l'avait tellement marqué qu'il n'était juste pas possible pour elle d'oublier.

Il sentit le doute l'envahir ainsi que l'angoisse. Que se passerait-il si elle se mettait à lui poser des questions ? Il était piégé, il n'avait nulle part où prendre ses jambes à son cou et il devrait certainement répondre clairement de ses actes si cela remontait aux oreilles des deux détectives. Il jeta rapidement un regard en biais à Lucas, qui lui fit comprendre qu'ils auraient sans doute une petite discussion plus tard.

Jo n'avait pas manqué un seul échange et restait perplexe tout en regardant Zoé et Henry, tour à tour. Elle se disait que d'une manière ou d'une autre, l'un des deux avait croisé l'autre quelque part et quelque chose avait été louche au moment de cette rencontre.

- Bref ! Excusez ! Je suis contente d'avoir un peu de personnel avec moi. Shailey et Nicole ne m'ont dit que du bien de votre travail depuis votre arrivée à Perth alors je pense que nous allons bien nous entendre. Je m'appelle Zoé et je sais que je suis jeune, mais ne vous inquiétez pas, je gère ces petits monstres parfaitement.

Ils se présentèrent tour à tour et Zoé avança sur le site en demandant aux enfants un peu plus âgés de garder un œil sur ceux qui étaient dans l'eau.

- Le camp ici va être différent de ce que vous avez vu pendant une semaine avec Shailey. Moi j'aime la pleine-nature et les enfants sont dépaysés et ils adorent également. Pour nos besoins, nous avons accès aux douches et toilettes publiques un peu plus loin. Tout est propre et nettoyé quotidiennement. Cette partie du campement appartient au complexe qui ressemble plus au Woodman Point.

Ils se regardèrent. Ils étaient tellement enfermés dans leur routine de ville qu'ils allaient sans doute être autant dépaysés que les enfants. Dormir à la belle étoile, passer ses journées à l'extérieur… Vraiment plus les semaines avançaient et plus cette enquête prenait des allures de vacances, mais ils savaient qu'ils devaient rester concentrés.

- Pour la bouffe, très souvent comme nous ne restons pas au camp, on mange sur place ou bien je demande à la cuisine du complexe à côté de nous préparer des lunchs. Il y a aussi des grills à disposition, vers les salles de bain. Bref, j'espère que vous n'avez pas trop peur de l'aventure, mais j'imagine que si vous avez sauté un océan pour venir ici, vous devez quand même avoir cet esprit ?

Ils auraient aimé dire le contraire surtout Hanson qui tirait une tête de six pieds de long. Il n'avait clairement pas l'habitude de gambader comme ils allaient le faire pendant une semaine. Henry non plus, mais il fallait bien ce qui était pour résoudre une enquête.

Zoé les conduit jusqu'à leurs « palaces »

- Voilà vos tentes ! Elles se partagent à deux ou trois, dépendant de la grandeur et de la place que vous prenez. Les enfants sont petits donc je parviens à les mettre à quatre.

Jo et Henry se regardèrent avec un petit sourire qui en disait long sur ce qu'ils comptaient faire. Ils n'avaient pas eu l'occasion dans l'autre campement à cause du mauvais timing des ovaires de Jo, mais maintenant qu'ils allaient être de nouveau seuls et apparemment, les tentes étaient quand même assez espacées les unes des autres… Il n'y avait pas de raison. Il suffisait d'être assez discrets.

Hanson pouvait lire leurs pensées et leva intérieurement les yeux au ciel. Il se considérait chanceux jusqu'à présent de ne rien avoir entendu (parce qu'évidemment, il s'imaginait qu'ils avaient déjà consumé…), mais il n'en avait pas l'intention, surtout pas en étant si proche d'eux.

Zoé les regarda

- Par contre comme nous sommes dehors, nous respectons certaines règles, du genre on ne va pas se baigner quand il fait noir, sauf si on fait un pique-nique sur la plage. C'est tentant, mais sans lumière aucune et personne pour surveiller, nous avons expliqué aux enfants que c'était une mauvaise idée donc les adultes ne devraient pas faire de même, même si nous ne craignons rien de ce côté.

Ils ne bronchèrent pas. Cela était tout à fait compréhensible.

- On ne fume pas non plus si l'un de vous le fait, on ne veut pas créer d'incendie sur le lieu du camping et non plus intoxiquer les enfants. Le matin, on se réveille tous vers 7 :30-8h et on décolle de là pour 9h pour faire nos activités. Nous sommes beaucoup sur la mer ou bien à faire des randonnées, donc il vaut mieux avoir des chaussures en conséquence. Nous ne faisons rien de très difficile ou long à cause des petites jambes que nous traînons, mais c'est histoire de leur faire découvrir autre chose et bien sûr, on laisse toujours les enfants s'amuser, je fais toujours en sorte d'adapter les activités pour eux. Ce n'est pas bien compliqué, il suffit de les surveiller et de gronder un peu ceux qui n'écoutent rien ! Mais après trois semaines à travailler avec des enfants et vos expériences passées, vous devez avoir la main.

Ils hochèrent la tête. Hanson ne pouvait pas déballer qu'ils avaient deux monstres chez lui. Il se sentit un peu mitigé. Malgré lui, ses deux garnements lui manquaient.

- Les règles nous paraissent tout à fait raisonnables – avoua Jo – il est normal d'être un peu plus strict lorsqu'on est dans la nature.

Zoé lui sourit sincèrement

- Alors j'espère que vous allez apprécier votre petit séjour parmi nous. Prenez le temps de vous installer et retrouvez-moi sur la plage tout à l'heure. J'expliquerais ce que nous allons faire aujourd'hui.

Ils s'apprêtèrent à rentrer dans leurs tentes, quand la curiosité d'Henry eut raison de lui et il intercepta Zoé

- Excusez-nous… Shailey nous a dit que sa fille était ici, est ce qu'il serait possible de la voir ?

Jo se demandait s'il avait quelque chose en tête. Quelque chose auquel il avait pensé et qu'il n'avait peut-être pas partagé. Ou si ce n'était que pour se faire une opinion de la gamine, sachant de quelle façon elle était née.

- Oui, bien sûr ! Lola !

Une des petites filles qui était en train de faire un château de sable, se releva et accourut vers Zoé

- Oui, qu'est ce qu'il y a ?

- Les nouveaux animateurs voulaient juste te rencontrer, car ils étaient avec maman la semaine dernière.

À la minute où la petite les regarda et les gratifia d'un grand sourire, Henry écarquilla grand les yeux au même titre que Jo. Le couple se regarda. Hanson et Lucas furent complètement ignorants de la situation et saluèrent la gamine sans se poser plus de questions.

Ils lui sourirent et elle repartit joyeusement vers la plage. Jo se mordilla fortement les lèvres.

- Elle a l'air d'une petite fille pleine de vie – attesta-t-elle

Zoé hocha la tête, sans lâcher la petite fille du regard. Henry put remarquer à quel point elle était attachée à elle.

- Oui ! Shailey en prend bien soin et je l'aime comme ma propre fille !

Elle se rendit compte qu'elle avait parlé à voix haute. Elle s'apprêtait à dire quelque chose quand Hanson intervint.

- Ne vous inquiétez pas, Shailey nous a dit pour vous deux.

La jeune fille fit un petit sourire gêné et reprit rapidement ses esprits

- Bon ! Je vais rejoindre les enfants ! Faites de même, quand vous avez terminé !

Ils la regardèrent partir et rapidement l'expression de Jo et Henry devint sérieuse. Ils regardèrent Lucas et Mike qui ne semblaient pas être sur la même longueur d'onde qu'eux.

- Vous faites un de ces têtes tous les deux – affirma Lucas

Henry répondit d'un ton sarcastique

- Vous n'avez rien remarqué avec Lola ?

Hanson regarda de nouveau dans la direction de la gamine. Lucas fit de même, mais ils reportèrent leur attention sur le couple avec un air qui disait « qu'est ce qu'on a manqué ? »

Jo et Henry leur firent signe de les rejoindre dans la tente. Une tente un peu à l'étroite pour eux quatre, surtout avec la taille de Lucas.

- C'est des maisons de hobbits ou quoi ces trucs-là – grogna l'assistant

- Ce n'est pas fait pour que tu restes debout – répliqua Henry d'un ton qu'il avait certainement copié de Jo

Le jeune homme ne répondit pas et se tassa au mieux.

- Bon, qu'est-ce que le gamin et moi n'avons pas vu ? – demanda Hanson

Jo et Henry savaient qu'ils avaient vu la même chose et cela ne laissait presque pas de doute, mais il allait falloir creuser.

- Lola ressemble pas mal à Liz et Kelly, vous ne trouvez pas ? Elle est rousse comme Shailey, mais certains traits sont similaires aux jumelles – certifia Henry.

Mike fronça des sourcils et regarda sa collègue qui ne fit que hocher la tête. Lucas qui n'avait absolument rien vu ne comprenait pas le point du doc.

- Mais qu'est ce que c'est censé vouloir dire ?

- Qu'il soit fort probable que le père des jumelles soit aussi celui de Lola.

- Ethan ? – s'écrièrent Mike et Lucas d'une seule et même voix

Jo et Henry acquiescèrent. Lucas crut que son cerveau allait exploser.

- Mais comment ce genre de coïncidence peut arriver ?

Henry haussa des épaules

- C'est ça qui arrive dans nos affaires; d'une façon ou d'une autre, beaucoup de choses sont liées. Et en tant que docteur, je peux confirmer la ressemblance avec Ethan… Si je faisais un test de paternité, je suis presque certain que ça serait son nom qu'on verrait apparaître.

Mike essaya de ne pas paraître dégoûté

- Mais attendez ! Ça voudrait dire que ce gars était à la fois violent et violeur ? Et en plus, cela voudrait dire qu'il a trompé sa femme, s'il était retourné aux États-Unis pour X raison, si on tient compte de l'âge des enfants. Franchement, à ce niveau-là on pourrait juste dire à Reece et au sergent qu'il a mérité son sort et qu'on n'aurait pas besoin de chercher plus loin.

Jo leva les yeux au ciel

- Ce que tu peux être crétin parfois !

Hanson se sentit un peu froissé par le commentaire de sa collègue, mais Lucas le supporta

- Je suis quand même d'accord avec lui dans le principe. On cherche justice pour un gars qui ne la mérite pas.

Henry se frotta machinalement le visage

- Je sais ! Mais on nous a confié cette mission donc on se doit de la finir. On exposera tous les faits plus tard, ça jouera certainement en la faveur de la coupable. Sauf si vraiment c'était prémédité, mais nous ne sommes pas encore là.

Ce que Lucas et Hanson retenaient c'était surtout qu'il fallait mettre ça de côté et éventuellement se renseigner un peu plus tard, soit une fois que tous les indices pour trouver la coupable seraient réunis.

- Enfin, pour l'instant voyons comment cette semaine se passe, mais je ne sais pas pourquoi, j'ai l'impression qu'on aura peut-être enfin le fin mot de l'histoire – songea Henry

Jo était entièrement d'accord. Rien que de voir la petite fille ressemblante presque trait pour trait, semblait être un indice en soi. Ce fut d'ailleurs Lucas qui en fit part.

- Vous croyez que Nicole et Shailey sont au courant de ça si jamais leurs enfants sont demi-sœurs ?

Le couple n'avait pas de réponse concrète, mais

- Ce n'est pas impossible – avoua Henry – si elles se protègent l'une l'autre, elles connaissent peut-être la vérité. Mais vraiment, on ne peut pas tirer de conclusions. À voir ça, à la relier au personnage d'Ethan, tout pourrait porter à croire que Shailey est notre coupable, mais comme je le disais, nous verrons l'opinion que nous nous serons forgée de Zoé.

Lucas et Hanson les laissèrent donc pour aller installer leurs affaires dans une tente un peu plus grande que la leur, Lucas en aurait sans doute besoin avec sa taille.

Un peu avant de retrouver Zoé sur la plage pour discuter de l'activité qui serait prévue pour la journée, Lucas intercepta Henry quand il sortit de sa tente et que Jo était déjà lancée, pour se présenter aux enfants.

Henry grogna

- Pourquoi j'ai eu le sentiment que tu allais me dire quelque chose ?

Lucas fit un large sourire

- Je suis content de voir que vous connaissez de mieux en mieux. Je ne peux pas m'en empêcher et entre nous, je pense que Jo se doute de quelque chose… Vous n'allez pas pouvoir lui cacher longtemps, Highlander.

Henry souffla. Cela faisait plusieurs fois que Lucas faisait des références à un personnage dont il n'avait jamais entendu parler et n'avait pas la moindre idée en laquelle cela se reliait à son immortalité.

- Je sais que Jo se doute de quelque chose… Ça fait un an qu'elle s'en doute. Mais ce n'est pas le moment ni l'endroit pour lui en parler.

Lucas lui donna un coup de coude dans l'épaule

- Moi je trouve qu'au contraire, l'occasion aurait été belle. On est près de la mer, disons qu'on ne travaille pas tant que ça puisque nous ne faisons qu'observer. Presque personne ne vous dérange…

Henry le regarda de travers.

- Tu plaisantes ou quoi ? Il y a toujours quelque chose pour nous mettre des bâtons dans les roues.

Lucas haussa les épaules en prenant un air innocent

- Je sais, mais je veux dire, pas autant qu'à New York alors les excuses à deux balles un moment, faudrait se renouveler.

Henry tenta de ne pas prêter attention à ses commentaires. Il ne pouvait pas s'en empêcher. Il était gentil et gardait bien son secret, mais parfois il continuait de se demander si cela avait été une bonne idée. Il le voyait bien transpirer dès que Jo commençait à embêter le légiste sur son côté old fashion.

- Bref ! Tu voulais me parler de quelque chose en particulier ? Par rapport à Zoé, j'imagine ?

Lucas hocha la tête

- Exactement ! Est-ce qu'il serait possible que vous vous soyez croisés dans le temps ? Genre, vous êtes venus là il y a quelques années ou quelque chose ?

Henry n'était pas sorti de l'auberge. Pourquoi il avait fallu que la première personne qui sache son secret soit Lucas ?

- Quelque chose plutôt comme un siècle. Donc la possibilité de l'avoir rencontré lors de mon passage ici est très minime… Cependant, je n'exclus pas la possibilité qu'elle ait voyagé aux États-Unis et soit tombée sur moi. Le monde est petit.

Lucas pouffa

- Ouais, enfin dans votre cas, faut vraiment être malchanceux pour qu'une fille de 24 ans qui au mieux aurait pu vous croiser il y a une vingtaine d'années se souvienne de vous.

Avec les deux derniers siècles passés à subir toute sorte de choses toutes aussi loufoques les unes que les autres, Henry savait qu'il n'était plus à un délire près.

- Avec la chance que j'ai, ça pourrait très bien me tomber dessus. Ça ne me surprendrait vraiment pas, dis-toi. Mais je reconnais les visages, même si ceux-ci ont grandi. Et crois-moi, je n'ai absolument pas le souvenir d'avoir croisé cette jeune fille… Donc je ne sais pas pourquoi elle a eu une telle réaction lorsque nous sommes arrivés.

Lucas mourrait d'envie de faire une référence d'aliénation, mais se retint. Henry ne comprendrait sans doute pas encore et il se prendrait de toute façon un vent.

- Certains visages se ressemblent – finit-il par dire – peut être qu'elle vous a confondu avec quelqu'un, mais c'est assez ironique dans votre cas… Puisque vous auriez très bien pu être cette même personne.

En regardant son assistant d'un air blasé, Henry vit qu'il était au bord de la crise de fou rire. Il ne pouvait pas le blâmer. Tout ceci devenait tellement ridicule par moment.

Ils rejoignirent leurs deux amis qui allaient finir par se poser des questions et en rejoignant sa dulcinée, non seulement Henry sentit de nouveau le regard de Zoé, mais aussi celui de Jo… Il n'était pas sûr de finir l'année sans que la jeune fille ne finisse par vraiment le percer à jour.

Une fois qu'Henry et Lucas se furent présentés aux enfants, Zoé tapa dans ses mains

- Bon maintenant que les présentations de tout le monde sont faites, je vais vous parler de ce qu'on va faire aujourd'hui – elle regarda ses nouveaux collègues – j'espère vraiment ne pas vous prendre de court, mais les enfants m'ont réclamé cette activité depuis longtemps sauf qu'à deux, on aurait eu un peu de mal à tout gérer.

Ils virent les yeux s'écarquiller. Les enfants savaient évidemment à quoi la jeune femme faisait allusion. Ils bouillaient d'impatience. Cela faisait quand même plaisir à voir.

- Nous allons faire une excursion sur l'île pingouin.

Les enfants sautillèrent de joie et les quatre adultes se regardèrent comme si on leur parlait une autre langue.

- L'île quoi maintenant ? – râla Hanson

Zoé pouffa

- L'île pingouin ! C'est une île où nous allons découvrir différents animaux, tout ça réuni dans une grande réserve naturelle. Nous verrons des koalas, des kangourous, des pélicans et encore plein d'autres…

Lucas demanda

- Mais est-ce qu'on verra vraiment des pingouins ? Ça ne me semble pas vraiment être leur habitat naturel en fait...

Il parvint à déclencher l'hilarité générale. Lucas ne manquait jamais l'occasion de se taire.

- Ce ne sont pas les pingouins de Madagascar, mais vous en verrez quasiment de la même famille, mais qui sont plus faits pour vivre dans le climat tropical.

Henry se frotta la barbe en murmurant

- Mais il n'y a pas pingouins à Madagascar.

Hanson le regarda en fronçant des sourcils. Jo était morte de rire.

- Doc ! Ce n'était qu'une référence au film d'animation : Madagascar.

Henry resta sans voix. Jo ne cessait de rire. Pauvre Henry, avait encore tellement à apprendre pour mettre le pied dans le monde moderne et cesser de regarder la chaîne historique.

- Comme si j'étais censé savoir qu'un film d'animation se concentrait sur des pingouins dans un pays tropical – répondit-il de mauvaise foi.

Hanson ne chercha même pas à argumenter. Il se disait qu'un jour, Henry comprendrait. Quand il serait forcé de s'asseoir pendant 90 minutes dans une salle de cinéma à chaque nouvelle sortie de film d'animation.

Pour se rendre sur l'île, ils louèrent un bateau, via le complexe du campement. Un chauffeur leur était attribué. Chapeaux, écran total, bouteilles d'eau, lunch, sacs à dos et maillots de bain étaient requis pour la journée. Et entre temps, nos quatre détectives en herbe allaient devoir comme à chaque fois, trouver le moyen de discuter avec Zoé pour connaître ses relations avec Nicole. Et avoir son point de vue sur vis-à-vis du nombre de personnes qui avait pu décliner les offres de Nicole.

Ce fut sur le chemin à l'île des pingouins qu'ils décidèrent de faire connaissance avec Zoé.

Elle fut d'ailleurs la première à lancer la conversation, sans même qu'ils n'aient eu besoin de lever la tension.

- Donc j'imagine tous les quatre si vous êtes là depuis le début des vacances scolaires, Nicole et Shailey ont dû vous expliquer un peu pourquoi on manquait de personnel. Ou que personne ne voulait vraiment postuler aux offres de Nicole ?

Chacun se regarda en se disant que cette fois-ci, ils auraient sans doute plus de chance que les deux précédentes, si la jeune fille déballait des choses aussi rapidement.

- Shailey a été plus bavarde sur ce point, mais oui nous avons rapidement eu un résumé – répondit Henry

Jo décida de mettre les pieds directement dans le plat

- Pourquoi ? Il y a-t-il autre chose qu'on devrait savoir ?

Zoé la regarda longuement et zieuta de nouveau Henry. Ce dernier se fit tout petit sur le banc du bateau et préféra regarder la petite fille de Shailey qui semblait bien songeuse à regarder les vagues s'écraser contre la paroi du bateau.

Zoé fit un petit sourire en reportant son attention sur la belle Hispanique.

- Non ! Personnellement, je trouve juste que les gens sont ridicules. Ce qui se passe dans le voisinage n'a absolument aucun rapport avec le travail que Nicole peut effectuer, mais bon, l'être humain est juste stupide.

Jo fronça des sourcils. Henry avait sans doute raison. À vouloir défendre Nicole, Shailey et Zoé avaient peut-être tout orchestré pour qu'elle soit en sécurité. Même si cela n'avait pas vraiment l'air de porter ses fruits parce qu'elle restait dans le mauvais radar du reste de la population.

Zoé releva les yeux et remarqua Lucas qui mangeait une barre de céréales, tandis qu'à côté de lui, Mike préférait garder par-dessus le rebord. Apparemment, les sorties en mer avec un bateau qui tanguait beaucoup trop n'étaient pas pour lui, car il n'avait pas du tout eu le mal de mer lors de leur dernière sortie en catamaran.

Jo secoua juste la tête en faisant comprendre à Zoé que cela ferait la troisième semaine qu'elle subissait, étant la seule femme du groupe.

- Shailey nous a aussi dit que vous avez obtenu le poste parce que vous avez sauvé l'une des filles de Nicole. C'était très courageux de votre part à toutes les deux.

Zoé approuva

- Je pense que c'est plus l'instinct qui a joué. Shailey ayant déjà un enfant a sûrement eu plus de réflexes que moi. Mais au moins, cela nous a permis d'avoir un job qu'on aime et surtout c'est après cet incident qu'on a commencé à se fréquenter, mais on s'est mises en couple seulement quelques mois après avoir travaillé pour Nicole.

Jo ne voulait pas en démordre et compter poser des questions, mais ne voulait pas paraître trop curieuse. Cela étant, elle devait avouer que ne pas jouer directement les flics commençait à la démanger.

Elle repensa soudainement que dans la première semaine, l'une des amies de Nicole, Louise disait qu'elles avaient leurs habitudes dans le petit café à côté du centre. Ils n'avaient jamais eu l'occasion d'y aller, mais une fois leur semaine terminée, comme ils n'auraient plus rien à faire, elle songeait qu'ils devraient peut-être y faire un tour quand aucun membre du personnel du centre n'y serait. Dans le but, de pouvoir poser quelques questions au barman et le reste des employés autour.

Elle ferma rapidement les yeux. Peut-être que le sergent avait déjà eu cette idée et avait déjà envoyé une équipe faire les interrogations… Cependant, rien n'était sûr. Ils avaient déjà manqué beaucoup de choses depuis qu'ils avaient prises les trois femmes pour suspectes.

- Quand on travaillait au centre, Nicole déjeunait avec une certaine Louise. Est-ce qu'elle fait partie de votre groupe ?

Zoé haussa des épaules

- De temps en temps ! C'est surtout au centre qu'elle est présente. Mais il est vrai que nous sommes plutôt en trio. Pourquoi au fait ?

Jo grimaça. « Arrête de jouer les flics Martinez, tu vas te faire griller ». Henry qui avait entendu les dernières paroles vint au secours de sa partenaire.

- Juste qu'elles avaient l'air proches alors on pensait que vous vous fréquentiez peut-être un peu plus.

Zoé pouffa

- Louise est très occupée avec ses trois enfants et la gestion d'un tas de trucs à la fois. Donc elle a autre chose à faire que d'écouter les déboires de trois femmes un peu trop mélancoliques.

Jo la rassura

- Personnellement, mis à part Nicole… Je ne trouve pas que vous ou votre petite amie ayez l'air mélancoliques. Au contraire, vous avez une belle joie de vivre, surtout pour les enfants.

Zoé n'esquissa qu'un demi-sourire

- Parfois, ce sont les gens qui ont l'air très épanouis, qui cachent le plus de souffrance.

Automatiquement, Henry baissa les yeux. Il était heureux dans sa nouvelle vie actuelle, mais pendant combien de temps ? Parfois, il songeait qu'Adam avait raison et qu'à force, il finirait sans doute par perdre l'esprit. Cela avait été facile d'avoir toujours quelqu'un sur qui se rabattre pendant 70 ans… Maintenant, il avait Jo et toute l'équipe de la NYPD et il espérait garder Abe pendant encore longtemps, mais après ? Le temps allait passer pour tout le monde et il n'aurait sans doute plus personne avec qui passer encore 100 ans. Tout le monde qu'il avait connu était voué à disparaître d'ici des années et à moins d'une descendance, il allait vraiment être très seul quand tout ceci serait terminé. Il ne voulait pas y penser, ce n'était pas le moment de broyer encore du noir. Mais Zoé avait un point, les apparences étaient trompeuses et parfois, une personne souriante pouvait ne pas l'être intérieurement. Jo pouvait également en témoigner. Mais leur souffrance commune les avait conduits là où ils étaient désormais.

Bizarrement, ils ne posèrent pas plus de questions. Ils ne savaient pas s'ils devaient. Peut-être qu'ils ne se contenteraient que d'observer. Après tout, ils étaient là pour ça. Elle semblait être plus apte à dévoiler certaines choses et peut être par mégarde, dirait-elle quelque chose qui ouvrirait une brèche dans leur affaire.

Ils ressentaient un peu ce vide, de ne pas avancer. Même Henry craignait d'échouer cette affaire avec le peu qu'ils avaient dessus et il ne pouvait même pas se pencher sur le corps pour élaborer ses petites spéculations habituelles. Et il fallait dire qu'ils se laissaient chacun aller avec le décor et les températures du pays… Il y avait de quoi être distrait et se croire en vacances.

En sortant du bateau, Hanson dit tout haut ce qu'Henry pensait tout bas par rapport à l'affaire et le légiste suggéra qu'ils finissent la mission qu'on leur avait donnée. Beaucoup de choses pouvaient se passer sur une semaine et ils aviseraient en fonction des éléments qu'ils avaient.