Merci de vos reviews, contente que ça vous plaise. Je vais vous laisser à une double dose de frustration dans ce chapitre, ne me m'étouffez pas trop :p


Le soir venu, après une belle journée où même les adultes avaient pris beaucoup de plaisir, Jo décida de parler aux hommes par rapport à leur retour. Ils étaient assis sur la plage, pendant que Zoé racontait une histoire aux enfants, assis en ronds près des tentes. Ils n'avaient donc aucun moyen de les entendre avec le bruit des vagues.

- Les gars ! Je me disais, après cette semaine, on en aura encore deux pour élaborer un peu plus s'il nous manque des éléments. Pendant que je parlais avec Zoé, je me suis rappelé de la première fois que Mike et moi avons déjeuné dans le centre et qu'elle discutait avec son amie Louise. Elles m'ont parlé d'un café où elles ont l'habitude. Vous croyez qu'on pourrait y faire un tour et poser des questions discrètement ?

Les hommes approuvèrent

- Je songeais qu'on aurait dû le faire depuis longtemps – répondit Mike –, mais notre timing était un peu court et j'imagine que si toi et moi, on s'échappait et qu'on discutait avec le barman tranquillement, Nicole nous aurait de suite démasqués.

Jo acquiesça

- Je sais ! Et comme nous ne sommes pas restés sur place…

Henry ne savait pas trop quoi penser de cette nouvelle escapade. Pourtant il était toujours le premier à les suggérer, mais quand même, dans une enquête de police, chaque témoin était important, le sergent n'avait pas pu passer à côté de ça.

- Moi ça me va, mais je me disais, quand même, sachant que le café est à côté du centre… Le sergent a sans doute envoyé son équipe discuter avec les employés ?

Jo répondit avant que qui que ce soit d'autre ne le fasse

- J'ai pensé exactement la même chose tout à l'heure quand on était dans le bateau. Mais je pense que ça ne nous tuera pas d'essayer. De plus, on est là en civil, ce qui n'était sans doute pas le cas de l'équipe de Thomson, s'il les a envoyés.

Henry lui donna raison. Elle pensait sans doute presque aussi bien que lui désormais et allait finir par dépasser le maître. Il sourit tendrement. Il savait qu'elle avait du talent et que si elle l'avait voulu, elle pourrait très bien le remplacer en tant que légiste… Enfin, vu son dégoût pour certains cadavres, peut être que ce n'était pas une si bonne idée.

- En tout cas, il y a vraiment quelque chose d'étrange avec Zoé – songea Hanson – je veux dire, je n'ai, comme même pas envie de lui poser des questions ou même de la prendre pour suspecte, mais en même temps son comportement un peu…

- Bizarre ? – acheva Lucas

- Je ne dirais bizarre, mais il y a comme une certaine tension… Comme si dès qu'on avait posé les pieds dans le campement, elle avait…

Henry sut où il voulait en venir

- Comme si elle savait déjà que nous sommes flics ? Enfin, en tout cas deux d'entre vous.

Hanson hocha la tête. Ils partageaient au moins le même point de vue que ses collègues.

- Peut-être qu'elle cache encore plus que ses deux collègues – suggéra Lucas – c'est vrai qu'elle reste sur ses gardes avec nous, mais avouez que Jo et Mike, ont vraiment des allures de flics.

Jo haussa un sourcil réprobateur

- Parce que c'est tellement courant de voir des flics habillés en short et débardeur.

Lucas haussa des épaules en gloussant

- Je ne sais pas, certaines personnes ont juste la tête pour !

Le genre d'argument stupide quand Lucas ne savait plus quoi dire. Jo préféra regarder son petit ami qui était perdu dans ses pensées comme toujours. De plus, il avait fini par adopter le style dit « touriste » qui consistait à une chemise à manches courtes et un short, de temps à autre. Elle n'avait tellement jamais eu l'habitude de le voir habillé autrement que ses vêtements qui valaient plus que le salaire qu'elle se faisait, que cela la rendait toute chose à chaque fois qu'ils sortaient. Retourner à New York, n'allait pas être bizarre que dans son sens. Ses collègues étaient bien plus détendus depuis qu'ils étaient dans le pays, surtout Mike même si elle se doutait bien que d'être loin de ses garçons commençait à lui peser.

Elle se colla à Henry. Ils allaient y arriver et au pire, s'ils n'y parvenaient pas, ils ne seraient quand même pas venus dans le pays pour rien. Et pour sa part, elle aurait vu autre chose que les États-Unis ou Mexico.


Quelques jours après, ils continuaient d'observer les habitudes de Zoé et voyaient parfaitement une belle complicité entre elle et la fille de Shailey. Elle la protégeait comme son enfant et c'était très touchant à voir.

Et évidemment la manière dont elle le faisait, démontrait bien qu'elle protégeait l'une de ses amies d'une façon ou d'une autre ou se protégeait elle-même ou son couple, dépendant de qui venait l'idée d'avoir abattu Ethan.

Mais ils disposaient quand même de peu d'indices. Ils appréciaient cependant le fait qu'ils avaient sans doute conclu que Lola était la fille d'Ethan et que le fil rouge se trouvait quelque part, il fallait juste avoir le déclic qui allait pointer dans la bonne direction.

Au cours de leurs activités, ils avaient eu l'occasion de faire de la plongée sous-marine où Lucas en était ressorti presque traumatisé, tellement que la taille des animaux de mer l'avait effrayé. Les enfants s'étaient naturellement bien moqués de lui.

Ils avaient fait le tour sur l'île de Rottnest à vélo. Ils avaient eu l'occasion de visiter le désert des Pinnacles et de faire une belle randonnée sur une des nombreuses falaises de l'île et ils avaient choisi le Skippy Rock.

Zoé leur avait fait visité le centre-ville pour permettre aux enfants de voir autre chose que des bancs de sable. Ce jour-là ils en avaient profité pour tester différentes gastronomies, pas toujours au goût d'Henry. Les enfants et plus grands enfants avaient eu l'occasion de faire un vol de parachutisme, à l'intérieur du centre commercial et ils avaient terminé la journée au cinéma. Et comme il s'agissait d'une journée où ils n'avaient pas fait de randonnées où quelconques activités aquatiques, les enfants avaient encore beaucoup d'énergie, de ce fait Zoé proposa exceptionnellement que ce soir-là, ils fassent une petite fête improvisée sur la plage et qu'ils s'amusent dans l'eau, mais avec modération.

Ils firent un feu de bois pour éclairer les petits visages. Le vent marin s'était levé et les températures chaudes de la journée n'étaient plus, mais les enfants n'en avaient absolument rien à faire et tenaient à s'amuser, alors Zoé leur accorda, mais elle veillerait au grain que personne n'attrape un rhume.

Lucas proposa de jouer les DJ, en mettant de la musique sur son téléphone et ce fut dans une ambiance particulièrement endiablée que tout le monde s'amusait et rigolait, tout en s'éclaboussant dans l'eau.

Hanson s'était fait prendre en chasse par de nombreux enfants et Jo et Lucas n'en rataient pas une miette avec leurs téléphones braqués sur lui.

Ils eurent le droit de se faire éclabousser également ainsi qu'Henry, qui en profita pour attraper Lola sur ses épaules et la faire basculer délicatement dans l'eau.

À cette vue, le cœur de Jo rata un battement et elle ne put s'empêcher d'observer toute la scène comme si ce qu'elle voyait devant elle n'était autre qu'Henry avec leur propre fille.

Sentant quelques frissons la parcourir, elle décida de sortir de l'eau laissant le loisir à ses collègues masculins de s'amuser et de fatiguer les enfants avant d'aller au lit.

Elle s'installa à côté de Zoé, qui avait revêtu un gilet, en regardant les flammes crépiter.

Il semblait qu'elle n'avait pas raté ce qui s'était passé dans l'eau quand elle demanda à la détective

- Henry a l'air vraiment doué avec les enfants.

Jo manqua de perdre l'équilibre en s'installant sur le sable à ses côtés, mais elle hocha la tête comme un pantin

- C'est le cas ! Je pense qu'il a vraiment la main.

Zoé la regarda de haut en bas. Elle se mordilla la lèvre.

- Vous semblez être spéciale à ses yeux en tout cas.

Jo fut surpris du commentaire de la jeune fille. Et surtout le ton direct qu'elle avait employé.

- Qu'est-ce qui vous fait dire ça ? – demanda Jo, d'un ton gêné

Zoé continua de sourire

- Ne vous méprenez pas. Ce n'était pas méchant. Je ne sais pas. Je sens une certaine connexion entre vous, je vois cette attirance. Vous tenez beaucoup à l'autre. Je sais ce que c'est d'être amoureuse et je peux comprendre ce lien qui vous unit à lui.

Jo avait pour habitude d'entendre tout le monde lui dire qu'elle avait un lien avec Henry, et ce même avant qu'ils ne soient dans une relation.

- Votre relation avec Shailey a l'air de bien se passer – lança-t-elle, sans réfléchir une seconde

Zoé ne sembla pas prendre en considération son ton quelque peu accusateur

- Tout se passe merveilleusement bien entre nous ! Je n'ai pas été trop chanceuse en amour et cela est difficile lorsque vous comprenez que vous n'êtes pas conditionnée comme les autres… Que le monde veut voir un homme et une femme, mais que vous éprouvez un profond dégoût pour les hommes, et ce depuis votre enfance. Donc vous cherchez la perle rare en une fille. Je suis contente d'avoir trouvé Shailey.

Jo retint son « profond dégoût » pour les hommes. Elle eut un flash-back d'April il y a des mois maintenant, qui avait eu le même ressentiment. Maintenant, elle comprenait mieux pourquoi les trois femmes s'entendaient bien. D'une façon ou d'une autre, elles avaient subi quelque chose les ayant traumatisées, en rapport avec les hommes. Elle espérait cependant que ça n'avait pas encore un rapport avec Ethan, cela commençait à bien faire. Surtout qu'ils n'avaient toujours pas un véritable suspect en vue.

- Pourtant, vous avez surveillé le campement avec un homme d'après ce que Shailey nous a dit et vous ne bronchez pas en la présence des trois idiots là-bas.

Zoé ne put s'empêcher de rire

- Je sais ! Mais il est évident que vos trois amis sont très respectueux et Henry agit tellement de façon gentleman, que ce soit avec vous ou tout le monde. Ça, c'est le genre d'homme qui aurait pu me faire craquer si j'avais de l'attirance pour eux. Lucas est drôle, c'est rare pour des gens de ma génération et Mike est un homme sage, je suppose qu'il est père de famille ?

Jo évitait de parler de leur vie aux États-Unis alors dévoiler que Mike avait une famille allait un peu à l'encontre des principes qu'ils avaient décidés, mais la jeune fille était capable de les décoder donc elle ne fit qu'acquiescer.

- Disons que les hommes que j'ai côtoyés dans mon enfance et plus tard n'avaient rien de charmant. Quant à l'autre animateur qui était avec moi pendant la semaine, il est aussi gay que moi… Je n'aurais pas accepté quelqu'un d'autre.

Le commentaire fit sourire Jo. Elle ouvrit la bouche, prête à dire autre chose, mais Lola arriva vers elles, en courant, les cheveux bien mouillés et grelottant à moitié. Zoé fut sur le point de lui dire de rester là pour se réchauffer qu'elle irait chercher une serviette, mais elle les devança.

- Venez dans l'eau, allez ! Les garçons vous attendent, s'il vous plaît.

- Mais tu trembles comme une feuille – gronda Zoé – tu ferais peut-être mieux de rester près du feu. Je ne vais pas tarder à dire aux autres de venir, vous allez tous attraper froid.

Lola leva les yeux au ciel. Jo pouffa. Cela lui rappelait sa nièce.

- L'eau est bonne, c'est dehors qu'il fait froid ! Allez !

Zoé capitula et regarda Jo

- Vous venez avec nous !

Elle n'eut pas le temps de protester qu'Henry était arrivé comme un éclair derrière elle et l'avait soulevé

- Ne fais pas la mauviette Jo !

Elle poussa un cri de surprise en s'accrochant au cou de son petit ami alors qu'il courait vers la plage avec elle. Lola éclata de rire et Zoé les regarda d'un œil attendrissant.

- Henry ! Pose-moi ! Je n'ai plus envie de faire trempette !

- Je ne te demande même pas ton avis ! Pourquoi on serait les seuls à se faire éclabousser ? Il n'y a aucune justice là-dedans.

Il rentra où l'eau leur arrivait au ventre pour pouvoir la jeter dans les vagues. Elle tentait de se débattre, mais la force d'Henry la surprenait toujours. Hanson et Lucas attendaient que Jo soit jetée pour la réceptionner et quand ce fut fait, les enfants qui avaient des brassières nagèrent vers la jeune femme et manquèrent de la faire couler. Henry ne cessait de rire et cette fois-ci, il fut celui qui ne manquait pas le spectacle de sa petite amie se faisant attaquer par des petites têtes blondes.

Jo lança un regard à Henry, lui faisant comprendre qu'il allait payer ça.

- Quelque chose me dit qu'il y en a un qui va dormir sur le sable ce soir – ricana Hanson

Henry s'appuyait sur les côtes tellement il riait

- J'en ai bien l'impression Hanson !

Les rires et les éclaboussures durèrent plus longtemps qu'ils le pensèrent et peu avant de sortir, Jo retrouva Henry et se jeta à son cou, en enlaçant ses jambes autour de sa taille, pendant que les enfants continuaient de s'amuser avec leurs deux collègues.

- Tu ne paies vraiment rien pour attendre – menaça faussement la détective

Henry lui sortit son plus beau sourire charmeur auquel il savait, elle ne résisterait pas bien longtemps. Il la souleva un peu plus de sorte qu'elle tienne bien accrochée à lui. Ses bras s'enlacèrent autour du cou de l'immortel et ses yeux se mirent à briller du même éclat que la semaine précédente avant qu'ils ne soient interrompus par mère Nature.

- Et qu'est ce que tu vas me faire alors ? – demanda Henry d'une voix suave

La réponse de Jo se perdit au fond de sa gorge et elle fut incapable de répondre tellement elle était hypnotisée par le moment. Ses lèvres se posèrent délicatement sur celles d'Henry et leur corps se mit rapidement à bouillir de désir. Quand elle détacha ses lèvres des siennes, elle perçut l'envie au creux des pupilles d'Henry. La bouche sèche et non pas seulement à cause du sable, Jo descendit des bras d'Henry et regarda le reste du gang.

- Je… Je vais aller me doucher et aller dans la tente ! Rejoins-moi dès que possible.

Elle s'éclipsa un peu trop rapidement à son goût, mais il comprit son message. Les enfants étaient encore occupés. Zoé plaisantait avec ceux qui restaient autour du feu pour se réchauffer… Ils n'étaient pas près de se coucher et puis même quand cela serait le cas, ils allaient encore faire du bruit. Leur tente n'était pas totalement collée à celle du reste du campement alors c'était sans doute le message que Jo voulait lui faire passer.

D'un pas qu'il croyait subtil, il sortit de l'eau pour se diriger à son tour vers les douches.

Il retrouva Jo plusieurs minutes après. Elle était installée dans la tente, ses cheveux bouclés, car elle venait de les laver. Quand il rentra, il ravala sa salive. En effet, la jeune fille ne portait qu'un string et une brassière de sport, avec écrit en gros « Calvin Klein ».

Il sentit son pantalon se resserrer autour de lui à la vue qu'elle lui offrit.

- Tu as bien fermé la tente ? – demanda-t-elle quand il se débarrassa de son tee-shirt en s'accroupissant pour s'avancer près d'elle

Il ne fit que hocher la tête. Il semblait que seul son corps se dirigeait vers elle et qu'il n'avait pas une seule pensée cohérente.

Les yeux de Jo brillaient d'amour et il aimait à voir le reflet de ses propres sentiments au travers de ses pupilles.

Jo déposa une de mains sur ses pectoraux effleurant sa cicatrice

- Je veux que ce moment soit spécial Henry, je ne veux pas me précipiter

Henry déglutit péniblement

- Ne t'inquiète pas ! Je ne compte pas me presser. On prendra tout notre temps.

Jo passa sa langue sur ses lèvres

- Je veux vraiment que tu prennes le temps d'explorer mon corps et que tu découvres mes points faibles… Je… Je n'ai aucun doute que tu seras un amant parfait, mais je veux profiter de faire durer ce moment le plus longtemps avant de passer à la pratique.

Henry comprenait parfaitement bien ce qu'elle voulait et la fit délicatement taire d'un baiser.

Ses mains glissèrent tout le long du dos de la jeune femme et lui retira la brassière. Jo ferma les yeux et laissa traîner ses propres mains tout le long du torse d'Henry, jusqu'à son bas ventre, où il se contracta.

Il allongea la jeune femme sur les sacs de couchage et s'installa au-dessus d'elle, en commençant par explorer son cou, et laissa une traînée de baisers tout le long de son ventre, sculpté d'abdos, tel qu'il n'était pas sûr d'en avoir déjà vu chez une femme. Ses mains caressaient doucement les tétons qui durcissent instantanément sous l'érotisme de la situation.

Jo avait les yeux fermés et ne cessait de lécher ses lèvres pour anticiper chaque mouvement qu'Henry faisait. Sous ses préliminaires, elle pouvait le sentir et elle se liquéfiait, mais elle voulait faire durer la préparation avant de passer à la pratique.

Ses jambes étaient déjà écartées et Henry n'avait pas encore retiré son string, mais il la taquinait en frottant son caleçon juste au-dessus de sa partie, ce qui la faisait gémir malgré elle.

Henry se reposa sur elle et l'embrassa plus profondément cette fois-ci. Les mains de Jo se posèrent dans le dos de son petit ami et descendaient encore et toujours plus bas pour retirer le caleçon, mais alors qu'elle s'affairait à la tâche, la tente s'ouvrit brutalement sur leurs deux collègues. Ils sursautèrent et s'enroulèrent dans leurs sacs de couchage.

- Non, mais ça va pas ! – aboya Jo, sur le point de les tuer, l'un comme l'autre.

Hanson ne savait plus où se mettre et se disait qu'il n'allait jamais oublier cette vue. La première chose qu'il avait vue était les jambes de sa collègue écartées et le corps du doc au-dessus d'elle, prêt à faire d'elle son repas du soir.

Pour couronner le tout, ils étaient tous les deux à moitié nus alors, il aurait vraiment souhaité voir autre chose qu'un Henry Morgan dur comme de la pierre, et une Jo Martinez les seins à l'air.

Il se retint de vomir. Ce cauchemar allait le hanter jusqu'à la fin des temps. Lucas quant à lui ne semblait pas plus dérangé par le moment qu'il venait de briser. Si cela ne tenait qu'à lui, il aurait été même prêt à les filmer.

- Désolé les gars ! On savait bien que vous aviez disparu pour jouer à saute-mouton.

Jo le coupa, le teint aussi rouge que celui d'Henry, qui cherchait certainement une façon de revenir dans l'eau, tellement l'embarras était intense.

- C'est quoi votre foutu problème à tous les deux ? – cria-t-elle encore plus fort que précédemment – vous cherchez à revenir à New York, découpés en morceaux ? Henry serait bien capable de le faire, vous le savez ! Et quant à moi, franchement vous voulez pas savoir ce que j'ai envie de vous faire maintenant.

Henry savait que tenter de calmer la jeune femme ne servirait à rien et puis de toute façon, pour le coup, il approuvait parfaitement. Depuis quand on débarquait dans la tente d'un couple comme dans un moulin et sans prévenir ? Il en avait un peu assez que quelque chose ne cesse de les interrompre.

Hanson finit par reprendre ses esprits

- Désolé ! Vraiment ! Cette fois, on ne l'a pas fait exprès et on se doutait de ce qu'on allait trouver derrière… Mon Dieu, encore heureux que vous n'étiez pas en plein dedans.

Jo se disait qu'ils auraient peut-être dû pour obliger leurs deux collègues à rester dehors et ne plus jamais être tentés de refaire ce qu'ils venaient de faire.

- Vous avez une bonne raison ou une excuse ? – demanda Henry d'un ton sec

Ce fut finalement Zoé qui passa sa tête au travers de la tente, qui répondit. Elle semblait affolée.

- Excusez-moi vraiment de vous déranger dans votre vie de couple, mais nous avons besoin de vous deux ! Lola a disparu, je n'arrive pas à la trouver.

Jo et Henry se regardèrent, comment la petite fille avait pu disparaître si elle était surveillée ?

Ils s'habillèrent rapidement et Jo demanda, toujours d'un ton frustré

- Comment ça disparut ? Elle n'était pas avec vous ?

Zoé était dans tous ses états

- Oui oui ! Mais elle était très fatiguée donc elle a décidé d'aller dormir avant les autres. C'est en rentrant dans sa tente pour récupérer des serviettes pour ses autres camarades que j'ai vu qu'elle n'était plus dedans… Je ne l'ai jamais vue sortir.

Henry se gratta la tête

- Mais est-ce que vous l'avez vu rentré dedans au moins ?

Zoé se sentit un peu froissée

- Oui bien sûr ! De plus, Lucas et Mike étaient là aussi tout ce temps. Donc je ne sais pas comment elle aurait pu disparaître sans qu'on s'en rende compte. Il faut qu'on la retrouve, c'est vraiment important !

Henry sentait bien qu'il y avait anguille sous roche

- Est-ce qu'il y aurait du danger autour du campement ?

Zoé était au bord de la crise de nerfs

- Non ! Tout est sécurisé ! Ce n'est pas ça le problème…- elle soupira – Lola est somnambule.

Hanson leva les yeux au ciel

- Bah voilà ! Henry ! C'est votre domaine ça !

Zoé ne comprit pas

- Comment ça ?

Lucas répondit sans laisser une chance à l'immortel de le faire

- Disons que notre Henry a quelques petits problèmes de sommeil similaires et il sait parfaitement le nombre de kilomètres qu'un somnambule peut parcourir lorsqu'il dort.

Le regard d'Henry fit comprendre à Lucas de ne rien ajouter davantage s'il ne voulait pas se retrouver dans la morgue dès qu'ils auraient posé le pied sur le sol américain.

Zoé semblait pleine d'espoir

- C'est vrai ? Alors, rassurez-moi et dites-moi qu'elle ne va pas traverser la route ?

Henry fit un sourire crispé. Heureusement, il était renseigné quand même. Parfois, il félicitait ses talents de Sherlock Holmes.

- C'est possible. Les somnambules marchent des kilomètres sans en être conscients. Il faut qu'on la retrouve rapidement. Il y a le complexe hôtelier à côté, on peut se dispatcher un peu partout. Mais il faut quelqu'un pour rester ici pour surveiller les enfants !

Hanson se proposa et chacun se dispersa un peu à chaque bout du campement, en passant par le complexe hôtelier, pour tenter de retrouver la petite. D'emblée, il ne fallait pas non plus réveiller quelqu'un de somnambule donc les choses seraient peut-être un peu plus compliquées en essayant de l'appeler.

Ils passèrent un bon vingt minutes à courir, à droite et à gauche, sans jamais voir une seule trace de la petite, même en ayant demandé au personnel du complexe hôtelier.

Zoé était sur le point de faire une crise de panique et d'appeler Shailey pour demander quoi faire dans un tel cas, jusqu'à ce que Jo arrive avec la petite dans les bras alors qu'ils avaient convenu de se retrouver directement à la réception du complexe hôtelier pour faciliter les recherches et avoir un point de lumière plus important.

En voyant Jo revenir avec la petite, Zoé sentit un poids s'enlever

- Oh mon Dieu ! Mais où est ce qu'elle était ?

- Elle était dans le jeu pour enfants du complexe. Il n'y avait personne et elle se tenait debout là-bas. Je ne l'ai pas réveillée, elle dort encore.

Jo passa la petite à Zoé qui la serra fort contre elle.

- Elle m'a fait une de ces peurs. Sa mère m'aurait tué si je parvenais à la perdre. Elle a oublié de prendre ses médicaments ce soir, c'est pour ça. Depuis le début du séjour, c'est la première fois que cela arrive. Merci beaucoup Jo. Je vais la remettre dans son lit.

Jo fit un signe de tête et proposa alors aux deux autres d'aider à coucher les enfants pendant que Zoé remettait Lola au lit et qu'elle se remettait surtout de ses émotions.


Un peu plus tard, alors que le calme était revenu et le coup d'angoisse de Zoé passé, Henry qui fut sur le point d'aller se coucher, en sortant d'une des tentes, vit la jeune fille se diriger vers la mer et monter sur un rocher peu profond qui se trouvait à quelques mètres du rivage.

Il la vit se mettre en position de lotus et commencer à faire des exercices de respiration, sans doute pour calmer la peur que Lola lui avait faite.

Il regarda en arrière de lui pour voir si l'un de ses collègues était derrière lui, mais ils semblaient tous drainés. Jo lui avait dit qu'elle irait directement se coucher après ce coup d'adrénaline, et surtout que Lucas et Hanson avaient coupé son envie et que rien ne disait qu'une autre connerie n'allait pas arriver. Henry avait approuvé et lui avait dit qu'il la rejoindrait dès qu'il avait fini de répondre aux questions que certains enfants ne cessaient de lui poser.

Il avança d'un pas lent vers elle. Depuis le début de la semaine, il sentait bien qu'il était dans son radar et c'était peut-être enfin l'occasion d'avoir des réponses. Possiblement, la seule chose qui lui venait à l'esprit était de l'avoir rencontré lorsqu'elle était petite et qu'apparemment elle n'avait pas été capable de l'oublier. Si tel était le cas, il avait dû avoir un certain impact dans sa vie… Peut-être avoir soigné une blessure ou sa famille… Quelque chose qui faisait que Zoé le connaissait de quelque part, dans tous les cas.

Il resta sur le bord de l'eau, ne sachant pas trop s'il devait traverser pour la rejoindre sur le rocher ou bien simplement attendre qu'elle revienne sur la rive elle-même. Cependant, rien n'indiquait qu'elle comptait revenir de sitôt.

Il avait déjà pris sa douche. La marée était basse, mais bon, il n'avait pas spécialement envie de sentir l'eau salée en se couchant près de Jo.

Il ne devait pas être bien discret en montant sur le rocher, car même sans ouvrir les yeux, Zoé sut que c'était lui.

- Je suis désolée d'avoir interrompu votre moment romantique avec Jo tout à l'heure.

Henry s'installa comme une masse à côté de la jeune fille, en poussant un soupir

- Ce n'est pas grave. Jo et moi on a l'habitude de se faire interrompre, et ça avant même qu'on soit un couple.

Il perçut un petit sourire sur le coin de ses lèvres. Elle n'ouvrit toujours pas les yeux et continuait de faire des exercices de relaxation.

- Et puis c'était tout de même important de retrouver Lola !

Zoé ne fit qu'affirmer sans ouvrir la bouche. Henry se tournait les doigts dans tous les sens et ne savait pas exactement quoi demander à la jeune fille. Il savait que quoi qu'il dise, il aurait l'air stupide.

- Henry ! Je sais que vous avez remarqué la façon dont j'ai bloqué la première fois que je vous ai vu et que vous vous demandez pourquoi, si on s'est déjà croisé.

Henry resta bouche bée. Était-ce si évident ?

- Est-ce que c'est le cas ? – demanda-t-il incertain

Zoé finit par ouvrir les yeux et le regarder profondément. Elle fit claquer sa langue dans sa bouche.

- Non ! – répondit-elle simplement

Henry semblait complètement perdu. Alors pourquoi cette réaction ?

- Je ne vous ai jamais rencontré avant – continua-t-elle, et je n'ai jamais voyagé en dehors de l'Australie donc les chances de vous rencontrer il y a des années étaient minces… C'est autre chose !

C'était bien la première fois qu'il était à court d'arguments. Alors, peut-être que dans le fond, il lui faisait simplement penser à quelqu'un qu'elle avait connu. Il songea qu'il avait de très lointaines gênes australiennes, cela ne serait pas surprenant si quelqu'un relié à sa famille avait été dans le pays avant lui.

Zoé se retourna pour faire complètement face à Henry, toujours les jambes croisées en position de lotus.

Elle regarda tout autour d'eux pour être certaine que personne ne pourrait ne serait-ce qu'entendre l'ombre de leur conversation. Elle se racla la gorge.

- Henry ! Je ne veux pas vous mettre mal à l'aise ou vous faire paniquer avec ce que je vais vous dire, mais vous devez savoir que c'est l'entière vérité et je vous prierais de bien écouter ce que je dis.

Ce fut naturellement tout le contraire qui se produit. Henry ne se sentit pas du tout confortable. Que cela signifiait-il ? Connaissait-elle des choses passées ou allait-elle confier sur ce qui s'était finalement passé le soir de la fête costumée ? Il n'avait pas de réponse, ce pour quoi il tomba complètement des nues lorsqu'elle dit.

- Je sais ce que vous êtes ! Vous êtes immortel et vous avez plus de 200 ans !


Author's note: alors dans ce chapitre vous devez avoir absolument toutes les raisons de vouloir me tuer :p. Déjà parce que ces interruptions pour notre petit couple, qui n'en finissent plus, et maintenant ça. Et je vais vous laisser mariner encore une semaine. C'est mesquin de ma part, je sais ;), et je vais vous laisser à vos théories en attendant, hâte de voir ce que vous pensez.

Je voulais ajouter aussi que toutes les activités, le nom des îles et autre, j'ai fait mes petites recherches pour voir ce qu'il y avait d'intéressant à faire à Perth et aux alentours. Parce que non, je ne suis pas experte de l'Australie non plus lol.

Et un petit rappel qu'April était la jeune femme avec une démence, lors de l'enquête avec la seconde immortelle, qui était Alice, vraiment au tout début de l'histoire.