Ce chapitre est très long et vous excuserez ma longue parenthèse à la fin, mais il fallait que je vous situe un peu dans le contexte et que je vous donne des explications.


Henry manqua de tomber les quatre fers dans l'eau et un voile de panique lui traversa les yeux.

Il se leva, la bouche grande ouverte et voulu prendre ses jambes à son cou. L'envie de crier et de dire à tout le monde, que l'affaire n'avait plus d'importance et qu'il fallait qu'ils retournent vite aux États-Unis était proche, mais Zoé lui tira le bras, en gardant son calme.

- Henry ! Asseyez-vous ! Je ne vous veux aucun mal ! Je peux répondre à vos questions, mais ne paniquez pas !

Henry resta debout et était incapable de dire quoi que ce soit. La jeune fille réitéra de façon plus douce.

- S'il vous plaît !

Il s'installa lentement en gardant une distance raisonnable. C'était bien l'une des rares fois qu'il était incapable de dire un mot. Il ravala sa salive. Il n'arrivait pas à comprendre d'où cela pouvait bien venir ? Comment pouvait-elle connaître sa condition ? Il avait probablement battu un record de rester vivant, depuis qu'ils étaient dans le pays, lui qui cherchait toujours le trouble.

Il finit par dire quelque chose

- Comment est-ce que… enfin je veux dire… - il soupira – évidemment, ça ne va servir à rien que je raconte un bobard, mais vous l'avez dit vous-même, on ne se connaît pas, je ne vous ai jamais croisé… - il s'arrêta semblant réaliser la chose – ne me dites pas que vous êtes également immortelle ?

Trois. Cela ferait trois si tel était le cas. Et les deux autres étaient deux psychopathes en puissance. Il espérait ne pas être tombé sur un cas encore.

Zoé fut amusée

- Non ! Je ne suis pas immortelle ! Pas à ce que je sache ! Je vais vous raconter !

- Je suis en fait la fille d'un puissant sorcier qui lui-même était le fils d'une puissante sorcière, etc., etc. Tout ça se transmet de génération en génération. Je sais que ça peut paraître fou, mais je sais que vous allez me croire à cause de votre condition. Mais si vous avez des doutes, ce que je vais vous dire vous fera comprendre que ma parole est légitime.

Il s'installa un peu plus confortablement en regardant l'heure sur son habituelle montre. Il commençait à se faire tard et ils allaient sans doute regretter le lendemain, mais il avait besoin d'entendre l'histoire et apparemment Zoé ne comptait pas le laisser partir sans la lui raconter.

- Mes ancêtres étaient des esclaves. Et ils ont travaillé sur l'Empress of Africa.

Au nom, Henry tressaillit. Il n'y avait plus de doutes. Il ne pensait pas que quelque chose d'aussi dérangé que la magie pouvait exister, mais après tout, qui disait que les immortels existaient ? Si ce n'était que dans les légendes grecques et autres contes qu'on racontait. Zoé ne sourcilla pas et continua son récit.

- Un jour, un de mes ancêtres a été accusé d'avoir le choléra et le capitaine a voulu le jeter par-dessus bord. Mais, un docteur au grand cœur s'est interposé pour le sauver – elle le regarda droit dans les yeux, Henry était stupéfait… Une personne si jeune qui connaissait toute l'histoire. Il avait du mal à y croire et pourtant… - ce docteur c'était vous Henry ! Le capitaine vous a tiré dessus et la foudre a frappé au moment où ils vous ont jeté par-dessus bord. Littéralement dix minutes après, le bateau a coulé.

Henry ne répondit pas. Il savait désormais que les esclaves s'en étaient sortis grâce à l'histoire qu'Isaac Monroe lui avait racontée l'année dernière. Cependant, il n'avait jamais su le sort de l'homme qu'il avait tenté de sauver.

Zoé le regarda longuement, sachant que c'était le moment de révéler la partie de l'histoire la plus importante

- Ce soir-là l'homme que vous avez tenté de sauver, qui était mon très très très très lointain arrière-grand-père, il a fait jouer son pouvoir et vous a donné quelque chose de spécial… Il savait que vous deviez vivre et que vous aviez quelque chose à accomplir.

Henry tomba des nues en apprenant que Zoé était la descendante directe de cet homme et que visiblement, il avait très bien pu s'en sortir, tout comme les autres.

- Je ne sais pas si vous aviez remarqué, mais mon ancêtre avait les yeux bleus. Vous devez savoir qu'une personne de couleur noire ne peut pas avoir les yeux bleus, c'est quasiment impossible. De les avoir d'une autre couleur que du noir ou marron est déjà presque un miracle, mais bleu, cette couleur n'appartient qu'aux Caucasiens, pas des gens issus directement de l'Afrique.

Bien sûr, Henry n'avait pas vraiment eu le temps de porter attention à ce détail, mais maintenant qu'elle en parlait… Juste au moment de se faire tirer dessus, il se rappelait parfaitement avoir croisé le regard de ce pauvre homme et qu'il avait des yeux d'un bleu perçant… Il en avait été grandement surpris, car tout comme Zoé le disait, il était presque impossible qu'avec une telle couleur de peau, les yeux puissent être aussi clairs. C'était tout simplement relié à la génétique et rares étaient les personnes avec des yeux bleus, surtout en Afrique.

Il resta de marbre, peinant à croire que depuis tout ce temps, il apprenait enfin qui l'avait rendu comme ça… Même s'il n'était pas sûr de l'intérêt ni du pourquoi lui.

Zoé sembla lire dans ses pensées

- Votre cœur est pur et grand Henry ! Mon ancêtre le savait et l'a senti. Vous êtes un héros pour ces esclaves qui ont réussi à avoir une meilleure vie. Jamais un homme blanc n'aurait tenté de sauver des hommes noirs. Et mon ancêtre a vu votre cœur et il savait que vous n'alliez faire que du bien autour de vous, et ce malgré la méchanceté des autres.

Henry était à court de mots. Que pouvait-il dire de plus ? Zoé venait de raconter en l'espace de dix minutes, l'histoire de sa vie, l'histoire à laquelle il aspirait à se demander pourquoi était-il devenu immortel, qu'avait-il de plus à apporter et voilà qu'il semblait qu'il avait bel et bien une mission à accomplir… Tout comme le prêtre lui avait dit.

Il prit une profonde inspiration. Zoé semblait au courant de beaucoup de choses. Si elle possédait des grands pouvoirs, cela n'était vraiment pas étonnant.

- Je ne suis pas le seul immortel – finit-il par avouer

Zoé acquiesça

- Je sais ! Mais tous ne sont pas aussi bons que vous, n'est-ce pas ?

Henry hocha sombrement la tête, toujours en pensant à Adam, plongé dans son coma… Mais il repensa également à Alice, à qui il avait failli trop en dévoiler.

- Il y avait cet homme qui m'a harcelé l'année dernière pendant des mois. Il s'appelle Adam et pour le moment, il est plongé dans un coma paralysant tous ses membres… Je ne sais pas pour combien de temps, mais je n'ai pas eu le choix de le neutraliser.

Zoé regarda vers la tente où Jo devrait être au pays des songes

- Si vous aviez quelqu'un à protéger, cela peut se comprendre ! Et de plus, comme je l'ai dit, tous ne sont pas aussi bons que vous !

Henry repensa à la peur qu'il avait eue lorsqu'Adam avait été bien trop proche de Jo, qu'il avait cru qu'elle allait se faire égorger directement. Il n'aurait pas laissé tout ceci arriver et Adam n'aurait pas pu faire trois mètres sans qu'il ne mette la main sur lui si jamais il touchait un seul cheveu de Jo.

- Savez-vous que j'ai été tué par un Flintlock ? L'arme de ma première mort.

- Je le sais !

Henry soupira

- Lors de ma dernière confrontation avec Adam, il possédait un répliqua de cette arme. J'étais pourtant persuadé qu'il n'en existait qu'une seule. Il voulait tester la théorie de savoir si nos armes originales pouvaient nous reprendre ce qu'elles ont nous données… Mais à part des cheveux blancs, cela ne m'a rien fait de plus.

À voir son visage, Zoé ne semblait pas le moins du monde, surprise. Elle se mordilla les lèvres.

- Il y a des choses que vous devriez voir ! Je pense qu'il est temps pour vous d'en découvrir un peu plus sur votre condition. Je suis contente de vous avoir ici, je ne pensais pas vous rencontrer un jour, mais ça va être mon devoir de vous montrer ça tant que vous êtes là.

Elle se releva et descendit du rocher

- On se retrouve demain ! Je vais vous emmener quelque part et je vous parlerais davantage de ce que je sais. Vous avez besoin de vous reposer et croyez-moi qu'avec ce que vous apprendrez, il vaut mieux ménager vos neurones. Bonne nuit Henry !

Elle marcha d'un pas rapide vers sa tente et Henry resta dubitatif sur son rocher. Il relâcha le soupir qu'il retenait. Une drôle de soirée que c'était là et qui avait pris des tournures qu'il n'avait pas vues venir.

Il se dirigea vers les salles de bain pour passer de l'eau fraîche sur ses pieds et enlever l'odeur de sel.

Il rentra sans faire de bruit dans la tente et vit Jo, enroulée dans le sac de couchage, semblant bien paisible.

Il la regarda quelques minutes et la rejoignit en se collant à elle, en cuillère.

Il caressa doucement son épaule sur laquelle il déposa un rapide baiser dessus et fut sur le point de fermer les yeux quand elle enlaça ses doigts avec les siens et sans se retourner, chuchota

- Qu'est-ce que tu faisais encore debout ?

Elle sentit son corps se tendre à la question, mais n'en tenu pas rigueur

- Je voulais m'assurer que tout le monde était couché et je pense que j'avais besoin d'évacuer la frustration que Lucas et Mike nous ont fait subir.

Elle gloussa doucement

- Tu m'étonnes ! J'ai cru que j'allais faire deux nouveaux cadavres. Mais maintenant, je suis trop fatiguée et à mon avis, on n'aura jamais la paix.

Henry n'avait même plus la tête à s'envoyer en l'air et serait probablement songeur jusqu'au retour à New York, oubliant même qu'il n'était pas en Australie pour sa poire, initialement.

- C'est vrai ! Pour l'instant, je pense qu'on va se contenter de bisous et câlins et on verra par la suite, quand tout sera plus calme.

Jo haussa des épaules

- Ou qu'on vivra dans une grotte ! Enfin, on n'est pas à un essai près. – elle bailla à s'en décrocher la mâchoire – bonne nuit mon chéri !

Henry sourit. Leur relation devenait de plus en plus sérieuse et il aimait ça. Il la resserra bien contre lui après avoir déposé un baiser sur son cuir chevelu. Une relation sérieuse oui… Mais sans mensonges… Et parmi tout ça, il se demandait si Zoé pourrait l'éclairer vis-à-vis de ce futur qu'il s'imaginait avec cette belle Hispanique.

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Le lendemain, au petit déjeuner, Henry resta songeur. Il ne mangeait pas beaucoup et se refaisait les événements de la veille comme s'il avait rêvé, mais en sentant le regard de Zoé sur lui, il savait que ce n'était pas le cas.

Jo mangeait avec appétit ses deux bagels en sirotant son café bien noir et Lucas et Mike discutaient joyeusement.

Les enfants ne faisaient pas non plus dans la demi-mesure, en chantonnant et avalant leur bol de lait avec leurs céréales;

Il était sans doute le seul qui n'avait pas encore touché à ses toasts ni son café.

- Ça va Henry ? – demanda Hanson, en le voyant bien trop silencieux

Jo avala sa bouchée et regarda son petit ami d'un air inquiet. Il cligna rapidement des yeux tandis que Zoé portait son verre de jus d'orange à la bouche, d'un air pas trop subtil. Lucas fronça des sourcils et comprit que Zoé avait dû dire quelque chose à Henry et que ses doutes d'avoir été reconnu venaient d'être confirmés.

- Oui ! Désolé ! Tout va bien ! Manque un peu de sommeil.

Hanson murmura dans sa barbe

- Bah ! tu m'étonnes !

Jo préféra le laisser à ses illusions. Le pauvre avait dû en faire des cauchemars la nuit précédente et certainement qu'à l'avenir il ne les dérangerait plus de quelque manière qui soit.

Lola tira sur la manche du gilet de Zoé

- Dis, est-ce que j'ai fait quelque chose de mal hier soir ? J'ai eu l'impression d'avoir eu mes pieds dans le sable pendant longtemps ?

Shailey avait déjà expliqué à Lola qu'elle se réveillait la nuit et qu'elle marchait en dormant. Elle avait son traitement alors cela atténuait au moins la fréquence de réveils, mais comme Zoé l'avait précisée la veille, la petite était partie au lit sans les prendre.

Zoé sourit et serra la petite contre elle

- Rien de grave, ne t'inquiète pas. Mais fais-moi penser à tes comprimés ce soir.

Lola hocha la tête. Un des enfants demanda alors ce qu'ils allaient faire comme activité pour la journée.

Zoé regarda rapidement Henry qui avait finalement décidé de mettre quelque chose dans son estomac.

Il fallait qu'elle trouve une excuse.

- En fait, je vais demander à Jo, Mike et Lucas de rester ici avec vous et de faire les activités que vous voulez dans les parages… J'ai une petite course à faire et j'ai besoin d'Henry pour ça.

Elle regarda les trois Américains

- Si cela ne vous dérange pas bien sûr !

Henry se sentait observé. Il détestait mentir à ses amis, et surtout à Jo… L'idée lui était insupportable, car c'était ce qui avait déjà failli les briser une fois et maintenant qu'ils étaient en couple, il se doutait bien que la jeune femme s'attendait à avoir un peu d'honnêteté. Il pouvait sentir sa frustration rien qu'au travers son regard à cet instant.

Mike pensait que le bonhomme avait sans doute quelque chose derrière la tête et qu'il en parlerait qu'une fois ses doutes confirmés. Quant à Lucas, il savait que tout ceci n'avait aucun rapport avec l'enquête et il comptait bien partir à la chasse aux informations.

- On fera ça – répondit Jo – non sans lâcher son petit ami du regard. Elle aurait souhaité qu'il confie ce qu'il avait en tête, si celait concernant leur mission, mais il semblait que c'était toute autre chose. Elle pouvait le sentir.

Zoé la remercia et après le petit déjeuner; aida les enfants à se préparer. Henry partit se brosser les dents et fut rapidement intercepté par Lucas dès qu'il ressortit de la salle de bain. Il en sursauta quand il tomba nez à nez avec son assistant.

- Lucas ! Tu m'as fichu une de ces frousses !

Il regarda ses ongles

- Désolé ! j'aurais peut-être dû me racler la gorge ou quelque chose !

Henry entendait le ton de reproche

- Bon qu'est ce qu'il y a ?

- Bah ! je ne sais pas ! C'est à vous de m'expliquer, non ? Qu'est-ce qui se passe avec Zoé ? Pour que d'un seul coup, tous les deux aujourd'hui, vous alliez faire des petites emplettes ? Vous aviez raison ? Elle vous avait déjà vu avant ?

Henry secoua la tête négativement en se frottant le visage

- C'est encore plus compliqué que ça ! Franchement, si on m'avait dit que je devais venir en Australie pour comprendre une partie de mon histoire, j'aurais refait un voyage depuis longtemps.

Lucas ne le suivait

- Mais de quoi vous parlez ? En quoi cela vous concerne ?

Henry leva les bras au ciel

- Tu adorerais ce genre de scénario. Disons que j'apprends qu'en tant qu'immortel, il n'y a pas que moi qui possède un… Don, plus ou moins…

- Fantastique ? – acheva Lucas

Henry n'avait pas de meilleure définition à proposer alors il accepta ce que son assistant suggéra.

- Mais c'est-à-dire ? Est-ce que Zoé serait l'une des vôtres ?

- Non ! Lucas ! Ce n'est pas du tout ça – il souffla – écoute, je ne veux pas t'ennuyer avec les détails ! Je sais que tu apprécies être au courant de mon secret et ça me fait sentir léger que quelqu'un dans le groupe le sache, mais pour l'instant, je pense qu'il faut que je règle cette histoire, tout seul.

Il passa près de son assistant sans lui laisser le temps de poser plus de questions. Lucas soupira. S'il continuait de jouer les rebelles comme ça, Jo finirait par se lasser de ce ramassis de mensonge… Elle ne mériterait pas ça, amoureuse de lui comme elle était.

Henry repartit vers sa tente pour prendre quelques affaires et vit Jo qui était en train de s'habiller. Elle était en train d'essayer d'attacher son maillot de bain, tout en lisant des mails sur son téléphone.

Il se mit derrière elle pour l'aider à l'attacher. En sentant ses mains effleurer son cou, elle frissonna.

Elle ne dit rien pendant de longues secondes et quand elle sentit que le cordon était attaché et qu'Henry gardait ses mains sur ses épaules, elle finit par se retourner. Elle avait une petite moue qui en disait long sur ce qu'elle espérait.

Il posa sa main sur sa joue.

- Je suis désolé de te faire faux bond ce matin.

Jo savait qu'il était sincère, mais elle percevait encore ce doute dans ses yeux. Elle caressa doucement ses lèvres.

- Est-ce que tu aurais découvert quelque chose par rapport à Zoé et tu veux juste t'en assurer avant de revenir ?

Encore un autre mensonge. Mais tant qu'elle lui tendait la perche.

- On peut dire ça comme ça. Si je parviens à discuter davantage avec elle, on pourrait trouver notre piste pour finir notre enquête.

Jo savait qu'il cachait autre chose. Elle ne le connaissait que trop bien et c'était simplement ce que son radar de détective lui disait. Mais elle l'accepta. Elle n'irait pas plus poser de questions, en se disant et espérant qu'il finisse par se confier.

Elle l'embrassa rapidement

- Alors, pas trop de bêtises et ne lui fais pas peur !

Il sourit ! Il était certainement celui qui serait le plus effrayé de ce qu'il apprendrait suite à cette visite… Si visite il y avait. Zoé ne voulait peut-être juste que l'éloigner du campement pour pouvoir discuter en toute tranquillité avec lui.

Henry retrouva Zoé à l'entrée du campement. Elle avait son téléphone en main et Henry pouvait voir l'application Uber ouverte.

- Nous allons prendre un taxi ? – demanda le légiste

- Oui ! Je vous ai dit que j'ai des choses à vous montrer et je tiens ma parole. Nous devons aller en ville, c'est là que toutes vos réponses se trouvent.

Henry n'avait absolument aucune idée à quoi s'attendre. Depuis 200 ans, il cherchait à comprendre cette situation. Même Adam n'avait pas été capable de lui répondre. Il changeait de pays, une jeune fille qui n'avait même pas la trentaine en savait mieux sur son histoire que lui… Et qui avait l'air d'en savoir plus qu'un rayon sur toutes les légendes fantastiques.

La route jusqu'au centre-ville de Perth ne dura pas moins de 45 minutes avec le trafic matinal.

Zoé pouvait voir la nervosité d'Henry.

- Relaxez-vous Dr Morgan ! Je ne vous tends pas un piège, et comme je vous l'ai dit, je ne vous veux aucun mal.

Ils ne discutèrent pas beaucoup dans le taxi, évidemment, il n'était pas question de parler de choses surnaturelles dans un transport destiné au public.

Ils s'arrêtèrent devant une très vieille bâtisse, en comparaison du reste de la ville.

En regardant le building, Henry vit qu'il s'agissait d'un musée.

Il suivit Zoé à l'intérieur. Il n'y avait pas beaucoup de personnes dedans. Effectivement, il n'y avait pas grand-chose à voir.

Henry vit des vieux manuscrits, des livres anciens, tout ça sous couvert de socle en verre comme on pourrait couvrir un diamant précieux.

D'un seul coup, il se demandait si ce musée était consacré aux personnes qui avaient une condition spéciale même s'il ne s'agissait pas d'immortalité.

Ils montèrent deux étages où il n'y avait rien à part des bibelots qui s'entassaient et de la poussière qui prenait sur le plancher.

En traversant un couloir au deuxième, ils finirent par arriver devant une échelle.

Zoé se planta devant, en mettant une main sur une barre

- Là-haut, il y a tout ce qui contient des réponses à certaines questions. Ça ne sera peut-être pas ce que vous imaginez, mais ça vous donnera une idée. Je vous expliquerais ensuite ce que je sais. Est-ce que ça vous va ? Êtes-vous prêt ? Je sais que je vous ai pris quand même de court…

Henry savait que maintenant qu'il était là, il n'était plus question qu'il recule. Que pouvait-il arriver de pire ? Il était déjà immortel et il en avait vu passer des vertes des pas mûres pendant sa longue vie. Rien de pire ne pouvait sortir de ce qui se trouvait en haut de cette échelle.

- Allons-y !

Zoé le laissa passer le premier. C'était son histoire et il était logique qu'il découvre ce qui s'y cache en premier.

En arrivant, il sentit une odeur de renfermé et certainement que la pièce n'était pas souvent déblayée à la poussière que son vieux nez d'immortel était capable de sentir.

Il y avait très peu de lumière qui passait au travers d'une fenêtre qui se trouvait sur le toit, mais suffisamment pour qu'il repère le contenu de la pièce.

Il s'avança vers le milieu et resta bouche bée face à sa découverte. Zoé arriva et alluma la lumière et il dût se frotter plusieurs fois les yeux pour être sûr qu'il ne rêvait pas.

Devant eux, se trouvait, pas moins de trois répliquas du flintlock avec lequel il avait été tué en 1814.

Non seulement il n'avait jamais pensé que cette arme pourrait se retrouver ailleurs dans le monde ou même qu'elle aurait pu être si répandue, mais maintenant il en voyait trois différentes sortes et toutes identiques, au boulon près, à celle qui avait mis fin à sa vie.

Il se sentit presque… Comme trahi et trompé. Maintenant, Adam en avait également eu une copie… Il ignorait de quelle façon, mais voilà, parmi toutes ces armes, quelle était réellement l'originale ? Sans doute celle qu'il avait dans son coffre-fort, mais était-ce la vérité des choses ?

- Je ne comprends vraiment pas… Comment il peut y avoir autant de répliquas de cette arme qui était déjà bien unique à l'époque ?

Zoé posa sa main sur l'une des vitrines

- Beaucoup de personnes sont fascinées voir obsédées par l'Histoire et je pense que je ne vous apprends rien de ce côté. Mais ces trois armes que vous voyez n'ont absolument aucune précision… En tout cas, encore moins que l'originale. Sans offense !

Henry lui fit comprendre qu'il n'était pas affecté. Il avait toujours bénéficié de ce genre de chance.

- Mais à quel moment, cette arme, la vraie a été retrouvée ?

- Elle était dans un club à New York pendant quelque temps… Mais vous le saviez n'est-ce pas ?

Henry cligna rapidement des yeux. Donc l'arme qui était dans son coffre-fort était bel et bien celle qui l'avait rendu immortel.

- C'est une bonne chose que vous la possédiez. Elle reste assez clé à ce qui vous ait arrivé.

Henry posa la question qui le démangeait tant

- Est-ce que vous pensez qu'elle pourrait me reprendre ce qui m'a été donné ?

Zoé n'hésita même pas une seconde sur la réponse

- Absolument pas !

Henry semblait un peu déçu. Ce n'était pas la réponse qu'il avait espérée et Zoé l'avait bien compris.

- Avoir une arme qui vous a tué pour vous reprendre votre immortalité aurait été bien trop facile. Les mêmes composantes se retrouvent dans chaque répliqua et cela pourrait expliquer vos cheveux blancs. Apparemment, elles auraient un certain pouvoir sur le processus de vieillissement, mais de façon légère et très peu notable. Et cette découverte de cheveux blancs pourrait se faire simplement de temps à autre et quand je dis ça, ça pourrait être comme dans six mois ou tous les dix-quinze ans, ou dans cent ans…

Il y avait deux petits fauteuils dans le grenier et ils s'y étaient installés pour continuer leur discussion. Henry savait que de toute manière il n'allait sans doute pas être capable de tenir debout encore longtemps avec tout ce qu'il était en train d'apprendre. Cela dépassait l'entendement. Jamais il n'aurait considéré tout ce que Zoé était en train de mettre dans sa tête.

Zoé le regardait d'un air compatissant

- Ça fait beaucoup d'informations, pas vrai ?

- C'est le cas de le dire ! Comment pouvez savoir tout ça ?

- Je vous l'ai dit ! Mes ancêtres, l'histoire est racontée. Et j'entendais depuis toute petite que l'immortel ayant sauvé notre famille viendrait nous rendre visite, mais je n'imaginais pas aussi tôt.

Henry resta encore songeur

- Mais ça veut dire que vous avez le pouvoir de sentir les êtres… surnaturels en quelque sorte ?

Le dire à haute voix lui donnait l'impression de rentrer directement dans les nombreux délires de science-fiction de Lucas.

- C'est exactement ça. Je n'ai pas de pouvoirs à proprement parler, je veux dire, je ne vais pas transformer quelqu'un en crapaud ou n'importe quelle autre bêtise comme ça… Mais effectivement, je suis capable de sentir les gens possédant un don surnaturel, et très souvent je… Je connais un peu leur histoire qu'elle soit passée ou future.

Henry fronça des sourcils. Zoé continua.

- Si vous espérez, un jour voir votre immortalité prendre fin, désolée de vous décevoir, mais, ça ne sera pas le cas. Vous êtes immortel Henry et vous allez le rester. Le mieux que vous pourrez faire sera de vieillir un petit peu, mais vous ne redeviendrez pas mortel.

Elle savait parfaitement que ce n'était pas ce qu'il voulait entendre. Elle savait la souffrance qu'il vivait à voir les gens disparaître les uns après les autres, mais il n'y avait rien qu'il pourrait y faire.

Elle pouvait percevoir cette once de tristesse dans ses yeux. Elle ne voulait pas que cela apparaisse comme un message négatif pour lui.

- Henry ! Ne voyez pas ça de façon pessimiste… Je sais que la vie n'a pas été facile pour vous et après 200 ans, elle doit vous épuiser.

Henry essaya de ne pas paraître trop émotionnel, mais il était difficile pour lui de se dire que vraiment, il ne quitterait jamais cette Terre même jusqu'à son extinction… Les seuls qui resteraient ne seraient que lui, Adam, Alice et peut être d'autres immortels qui existaient… Et peut-être que d'ici là, ils ne seraient tous qu'une bande de psychopathes misérables, se suicidant chaque jour pour ne plus supporter à errer comme des âmes en peine.

Zoé lui frotta doucement la paume de la main

- Je vais vous rassurer ! Cette condition que vous avez, ce n'est pas du tout le hasard.

Il releva la tête vers elle

- C'est ce qu'un prêtre m'a dit lorsqu'il m'a aidé à m'échapper d'un asile où j'avais été enfermé injustement.

Zoé acquiesça

- Je sais tout Henry ! Et justement, vous avez été fait comme vous êtes pour quelqu'un. Ce n'était certainement pas Nora, et même si vous avez eu une très belle vie avec Abigail, ce n'était pas elle non plus… Ni… Paloma.

Henry écarquilla grand les yeux. Il n'avait plus entendu ce nom depuis si longtemps… Être en Australie lui faisait revivre certains souvenirs, mais il n'en avait parlé à personne, pas même Abe… Il ne savait juste plus quoi dire.

- Je pense que l'histoire de Paloma sera pour une autre fois, Henry ! Nous n'avons pas le temps de nous perdre sur les détails. Ce que je voulais dire c'est que vous êtes comme vous êtes pour une personne qui a un cœur pur comme le vôtre, qui a souffert de la même façon que vous et qui ne vous jugera jamais pour ce que vous êtes. Elle sera toujours présente à vos côtés et elle l'a toujours été, depuis le premier jour… Votre destin est vraiment étroitement lié et bien plus que l'un comme l'autre vous ne pouvez le penser. Votre histoire d'amour sera épique.

Henry resta de marbre

- Jo ?

- Bien sûr que oui ! Qui d'autre ? Vous l'aimez ?

- Plus que tout… Mais je continue de lui mentir et j'ai peur que cela nous sépare…et je ne veux vraiment pas de ça.

Zoé pouffa

- Ne vous inquiétez pas. Vous êtes littéralement des âmes sœurs, même s'il y a un petit moment de faiblesse, vous vous retrouverez toujours.

Elle n'en dit pas plus, mais garda un sourire mystérieux plaqué sur ses lèvres.

- Qu'est-ce que ça veut dire ?

- Que les âmes sœurs se retrouvent toujours, je ne l'ai pas inventé. Tout ce que vous devez savoir c'est que Jo pourra gérer votre secret, vous ne devriez pas vous mettre autant de pression sur les épaules.

Henry ne savait pas s'il se sentait plus léger ou juste complètement bizarre d'avoir appris autant d'informations en si peu de temps. Zoé en savait beaucoup pour une si jeune fille… Passé et futur… Il pensait que savoir autant de choses sur les autres ne devait pas non plus être qu'un avantage pour elle. Au moins, elle n'avait pas tenté de le tuer… Ce qui lui faisait penser qu'il ne savait toujours pas si elle avait vraiment quelque chose à voir dans le meurtre d'Ethan. Mais maintenant, tout était beaucoup trop confus dans sa tête et à vrai dire, il s'en fichait un peu avec tout ce qu'il venait d'apprendre.

Zoé se leva

- Je pense que vous avez appris l'essentiel ! Vous en connaissez un peu sur votre mission d'immortel maintenant et vous savez sur qui vous pouvez compter. Il faut qu'on retourne au campement, ils vont tous finir par se poser des questions si on traîne davantage.

Elle avança vers l'échelle et Henry l'interpella

- Zoé !

Elle se retourna en le questionnant du regard

- Merci de m'avoir raconté tout ça ! Je vais suivre ce que vous m'avez dit.

Zoé sourit

- Je n'en doute pas !

Il la regarda descendre et regarda les trois répliquas du Flintlock. Il passa sa langue sur ses lèvres. Il avait l'impression qu'une nouvelle mission venait de lui être confiée.

Et alors qu'il descendit l'échelle, le souvenir de Paloma lui revint en tête.

Flash-back - septembre 1866

Un an après le carnage que cette folle de Nora avait fait en tuant Ann, la femme avec qu'il sortait pendant un temps, Henry se disait qu'il avait besoin de changer d'air. Nora avait suffisamment gâché de sa vie comme ça et il n'allait pas rester encore longtemps à souffrir de tout ce qu'elle avait bien pu lui faire. S'il n'était pas déjà immortel, il savait que sa bonté l'aurait sans doute perdu à quand même tenter de l'empêcher de se faire enfermer malgré ce qu'elle lui avait fait subir.

Il avait longuement réfléchi. Il connaissait déjà l'Europe… Pour le moment, il n'était pas tenté d'aller aux États-Unis. Il verrait dans un avenir proche.

Il avait tellement d'endroits qu'il voulait découvrir, mais le nombre de kilomètres qu'il fallait faire pour ça, était plutôt long.

Mais il se disait qu'il n'avait de comptes à rendre à personne et qu'il avait le temps.

Il avait décidé qu'il irait en Océanie. Il avait envie de découvrir l'Australie et cela allait lui prendre du temps en bateau, mais il était prêt.

Le 19 septembre, soit le jour de son anniversaire il avait embarqué sur le bateau le SS Great Eastern.

Ils traversèrent l'Atlantique pendant environ une quinzaine de jours et restèrent sur New York pendant une semaine le temps de recharger le bateau, de l'approvisionner et de vérifier s'il n'avait aucun bris majeur.

Ils reprirent la traversée jusqu'à Sydney, qui dura environ deux mois.

En novembre, Henry posa le pied sur le sol australien, mais décida qu'il ne voulait pas rester dans la ville qui était jadis considérée comme la capitale.

Il se renseigna sur une ville accueillante, qui était calme et familiale et qui lui permettrait de pratiquer son travail de docteur, sans trop de pression. On lui suggéra donc Perth, qui était une ville encore fraîche et qui se découvrait juste.

Aucun bateau ne faisait la traversée avant un bon bout de temps et Henry n'était pas très tenté de rester sur Sydney. Il n'y avait pas encore de train à cette époque, le seul train faisant la liaison entre Sydney et Perth avait été innové en 1970 et ne prenait pas moins de trois jours. On lui suggéra soit de prendre un bus qui ferait la route sur près d'une semaine, et qui aurait de nombreux arrêts y compris dans des hôtels pour se reposer, soit de prendre un chauffeur privé, mais cela allait lui coûter très cher. Mais il comprit que ce n'était pas impossible et que les gens aisés qui n'avaient pas le temps d'attendre un bateau se payaient un chauffeur privé et faisaient la route pendant six jours, avec des arrêts dans différents hôtels tout comme avec le bus.

Il comptait prendre cette solution. Ce n'était pas l'argent qui lui manquait, sinon il n'aurait pas décidé de venir faire un tour si loin de son Angleterre natale. Mais il n'était pas trop dépaysé. L'accent ressemblait assez au sien et ils conduisaient du même côté.

Alors qu'il s'approchait d'une des réceptions sur le port, il entendit une femme pester

- Tendré que volver a Perth otra vez ... No debería haberme cansado de venir a Sydney para conseguir sus malditas drogas.

Henry fronça des sourcils. Cette jeune femme se plaignait de devoir retourner à Perth après être venue à Sydney pour prendre des médicaments. C'était également la première personne qu'il entendit parler espagnol.

Il la suivit. Il était bien curieux de savoir ce qu'elle signifiait et peut être qu'elle pourrait trouver une solution moins drastique pour retourner à Perth.

Il la perdit de vue quand ils passèrent ce qui ressemblait à un parking, derrière le port.

Alors qu'il regardait de tout côté, elle surgit devant lui, en pointant un parapluie devant lui, comme pour l'attaquer

- que quieres de mi ¿Por qué me sigues? (Qu'est-ce que vous me voulez ? Pourquoi me suivez-vous ?)

Henry regarda le parapluie. Est-ce que toutes les femmes hispaniques montaient sur leurs gardes ainsi ? Il repoussa « l'arme » et lui répondit d'une voix détendue.

- No quería asustarte ... Solo estoy buscando otra forma de pagarle a un conductor privado para que viaje de Sydney a Perth ... (je ne voulais pas vous faire peur, je cherche un moyen de me rendre à Perth, autre que de payer un chauffeur privé)

Les traits de la jeune femme se détendirent, car apparemment, elle n'imaginait pas qu'un homme aussi bien habillé que lui et son air serait capable de parler un mot d'espagnol.

Elle baissa doucement son parapluie et reprit en anglais, avec un fort accent hispanique

- Vous parlez espagnol ?

Henry hocha poliment la tête

- Je parle plusieurs langues ! Je suis désolé de vous avoir fait peur. Je viens d'arriver à Sydney et j'aimerais beaucoup aller à Perth. J'ai entendu vos paroles et si vous connaissez un autre moyen de vous y rendre.

Elle fit un petit sourire et Henry se sentit d'emblée bizarre en regardant sa peau métissée.

- J'ai une voiture ! Enfin, ce n'est pas la mienne. Je travaille pour une famille de riches et je dois m'occuper de mon père malade. La famille pour qui je travaille est très clémente et ils m'ont appris à conduire et m'ont passé leur voiture pour que je puisse traverser le pays et acheter les meilleurs médicaments pour mon père. Mon père est assez ingrat puisque je travaille pour une famille de blancs et qu'il pense que je ne leur dois rien, mais au moins je travaille et je ne suis pas une esclave.

Henry savait qu'il était difficile pour des personnes de couleur de trouver du travail qui n'était pas pour être au service sans être payé. Cette jeune femme devait sans doute faire la cuisine et le ménage comme beaucoup d'Hispaniques à cette époque.

Elle regarda longuement Henry

- Vous m'avez l'air d'être un homme bon et honnête. Si vous voulez, je peux vous amener jusqu'à Perth ? Nous allons devoir faire de nombreux arrêts et nous y serons dans environ six-sept jours ? Est-ce que cela vous convient de faire la route avec une inconnue ?

Henry n'avait pas d'autres solutions et cela lui serait agréable de faire la route avec une si jolie jeune femme.

Il tendit sa main

- Soy Henry Morgan !

Elle le lui serra sans le lâcher des yeux

- Soy Paloma Perez !

La route dura jusqu'à bien six jours et Henry se proposa de conduire par moment pour lui donner un break. Il apprit à connaître Paloma et savoir ce qu'elle faisait dans le pays et elle lui raconta qu'elle venait de Colombie avec son père pour avoir une vie meilleure en Australie, mais qu'il était tombé malade d'où la raison pourquoi elle avait décidé de travailler pour cette famille, pour lui donner le plus de soins possibles.

Ils s'étaient arrêtés dans différents motels et quelque chose se créa entre eux, le temps qu'ils passèrent ensemble.

Une fois à Perth, ils se sentirent vides de devoir se quitter alors Henry proposa à Paloma de l'aider à soigner son père.

C'est ainsi qu'après plusieurs mois, que Paloma devint sa femme, ce qui faisait d'elle la deuxième après Nora et avant Abigail.

Il avait vécu plusieurs années sur Perth avec elle. Mais elle finit par avoir le mal du pays et ils retournèrent s'installer en Colombie quand elle donna naissance à leur premier enfant : Adella.

En Colombie, il y avait beaucoup de maladies et il était difficile pour Henry de s'occuper de tout le monde. Paloma retomba enceinte après trois ans et donna cette fois naissance à un garçon : Mauricio.

Henry savait très bien que les conditions n'étaient pas idéales pour élever une famille alors il proposa de retourner à Perth.

Malheureusement, il y avait différentes maladies qui couraient les rues en Colombie et autant Henry avait son secret qu'il n'avait jamais révélé à sa femme pour éviter une récidive comme avec Nora, autant Paloma, en avait un aussi dont elle n'avait pas été au courant avant leurs 20 ans de vie commune.

Adella avait 18 ans, Mauricio, 15 ans, lorsque tout sombra pour leur famille. Pourtant, jusqu'à présent leur vie australienne se passait parfaitement bien. Après plusieurs examens, Paloma avait fini par avouer à Henry qu'elle était porteuse de la syphilis et qu'elle était au dernier stade de la maladie… Une maladie dont les symptômes ne s'étaient déclarés qu'après de nombreuses années.

Henry avait été choqué et surpris de savoir ceci et il se demandait si tout ceci venait de lui… Peut être avant Paloma, avait-il des relations sexuelles avec des jeunes femmes au passé douteux, mais la dernière relation sexuelle qu'il avait eue avant Paloma, était Ann et la jeune femme ne portait aucune maladie, elle s'était fait dépisté avant de commencer à avoir des relations avec Henry, pour être sûre de ce qu'elle faisait.

Paloma avait longuement hésité avant de lui en parler, mais lui confia que ce n'était pas de sa faute, mais bien de la sienne. Elle avoua avoir eu une relation extra-conjugale, avant de rencontrer Henry, avec l'homme de la famille pour laquelle elle travaillait et que ce dernier était connu pour courir à droite et à gauche. Elle s'était sentie désolée de faire subir ça à Henry et surtout ses enfants qui du coup, portaient ce gène à cause d'elle et qu'elle avait sans nul doute transférer le tout à son mari.

Henry voyait son monde s'écrouler, mais pas pour lui… Pas directement. Paloma lui ayant dit qu'elle était au dernier stade et que les technologies de la médecine n'étaient pas assez avancées, il savait qu'elle ne pourrait s'en sortir et elle n'avait fait que quelques mois avant de mourir dans ses bras, après cette révélation.

Malheureusement, ses enfants avaient très rapidement suivi et il enterra les trois près de la mer pour rendre hommage à leurs racines espagnoles.

Il avait été malheureux et ne pouvait croire qu'autant de poisse pouvait lui arriver en si peu d'années. Il avait pensé avoir trouvé une femme avec qui il aurait élevé une belle famille et éventuellement un jour il aurait sans doute dit la vérité à Adella et Mauricio.

Ils étaient les seuls enfants qu'il avait pu avoir biologiquement. Quelques mois après leur mort, il mourra également de la maladie et sachant que les médecins de l'hôpital avaient vu son corps disparaître une fois qu'il eut rendu son dernier soupir, il décida tout simplement de prendre la fuite et de retourner à Londres en 1888, au lieu de vivre dans une perpétuelle souffrance.

Henry descendit l'échelle, en restant pensif à ses souvenirs. Les dernières balades et jeux sur la plage avaient fait résonner les derniers rires de ses enfants. Il n'en avait jamais parlé à Abe, mais avait vaguement mentionné avoir la syphilis comme l'une de ses nombreuses morts.

Ce souvenir était d'autant plus douloureux que celui de Nora, car il n'avait pu sauver personne, ni sa femme, ni ses deux enfants et qu'ils étaient avaient tous été condamnés.


Author's note: Matt Miller avait parlé qu'Henry avait eu une autre femme entre Nora et Abigail, et avec laquelle il a eu des enfants! Une femme hispanique apparemment, donc je me disais que d'inclure une partie de son histoire ici, serait intéressante. De plus Henry est mort de la syphilis et en faisant mes recherches coïncidant avec l'année que j'ai définie, c'est ce qui ressortait le plus et j'en ai cherché des maladies pour savoir de quoi toute la famille aurait pu mourir. On ne peut faire que des suppositions car nous n'avons aucune autre information dessus. Henry considère cette perte assez horrible et étant encore hanté par la souffrance dans laquelle Nora l'a plongée et rencontrant Abigail des années après, il a préféré taire le fait d'avoir eu une famille bien avant elle, n'étant pas peu fier de la manière dont ils ont tous fini. Aussi, le bateau sur lequel Henry a voyagé a vraiment existé, merci à Wikipédia.

L'arme d'Henry, j'ai décidé d'en faire plusieurs répliquas parce que jusqu'à preuve du contraire, on ne sait pas si celle qu'Adam avait à la station était la vraie (comment ? Abe avait rangé l'originale dans le coffre fort, de plus je l'ai mentionné au début de l'histoire qu'elle se trouvait bien dans le coffre en question) donc je sais qu'Adam a ses petits tours de passe-passe mais quand même. Donc, j'ai décidé d'improviser comme ça, en me disant que de cette originale, des répliquas ont été créee et dont la précision est encore plus nulle que le modèle de base. Je vous en dirais plus à la fin de cette enquête.

Ensuite, je sais que techniquement à l'époque il n'y a pas vraiment de voitures. J'ai fait de nombreuses recherches pour voir à quel moment, l'idée a commencé à germer. Et étonnemment, dès le 19e siècle, cela semblait être en projet. Quoiqu'il en soit, les voitures peuvent être éventuellement tirées par des chevaux comme cela a été le cas pendant de nombreuses années, donc imaginez que c'est ce qu'Henry et Paloma conduisent, ils se reposent pour que les chevaux fassent de même, et les histoires de bus, c'est à peu près la même chose, la place qu'il y a dans la charette ou la cariole, est juste doublée.

De nos jours, Sydney et Perth se font rapidement en 3h d'avion, peuvent être faits en train en 10h et quelques donc je me suis dit qu'à cette époque, je pouvais prendre la liberté de les faire traverser sur une semaine.

J'espère que ce n'est pas trop confus, mais pas facile de trouver de quoi être cohérent quand on écrit des choses qui se passent dans un siècle qu'aucun de nous vivant, n'a connu lol.