Merci de vos reviews, contente que le dernier chapitre vous ai plu, ainsi que toute l'histoire autour d'Henry. J'ai vraiment travaillé fort pour celui ci. Bref, le voyage outre-mer de nos amis touche bientôt à sa fin, ainsi que ce long arc. Bonne lecture
Henry retourna au campement un peu bredouille. Il avait appris beaucoup trop de choses en si peu de temps. Des choses qu'il n'était même pas venu chercher. Ses pensées n'étaient tournées que vers cette mission qu'il devait accomplir, la raison pour laquelle il avait été fait comme il était et à en croire Zoé, cette raison était assise dans l'eau, en train de mettre la crème sur l'un des enfants.
Avant qu'ils rejoignent les autres, Zoé lui souffla
- J'ai oublié de vous dire que votre montre que vous avez toujours sur vous et qui reste derrière lorsque vous mourrez… C'est là dans que mon ancêtre a mis le sort pour vous faire devenir immortel. Donc le fait qu'elle reste derrière est normal, elle est en quelque sorte votre clé de renaissance.
Henry s'était toujours douté que sa montre était de près ou de loin reliée à cette immortalité. Ce n'était pas possible qu'il revienne dans la rivière absolument sans rien, mais qu'à chaque fois, la montre restait sur la scène de crime.
Zoé lui tapota doucement l'épaule et rejoignit les enfants. Henry regarda ses collègues. Ils s'imaginaient qu'ils avaient parlé de l'affaire, mais ce n'était pas du tout le cas. Il ne savait pas trop quelle excuse il pourrait leur sortir.
Il laissa ses épaules retomber en masse. Il improviserait si on lui posait des questions. Avec un peu de chance, il pourrait compter sur Lucas pour le couvrir.
Il regarda son cellulaire… Avec tout ce qu'il venait d'apprendre, il n'avait qu'une envie, le raconter à une personne qui serait apte à comprendre et le supporter comme il le faisait depuis les 70 dernières années… Mais il était 23h à New York et Abe devait certainement déjà être couché et il ne voulait pas l'inquiéter avec ce qu'il avait appris et qui n'était aucunement en rapport avec leur affaire. Il pouvait très bien attendre son retour pour qu'ils en discutent.
Il avança lentement vers la plage où Mike, Lucas et Jo le rejoignirent, certainement pour savoir ce qu'il aurait à leur dire qui allait faire avancer leur affaire.
- Alors doc ? Est-ce qu'il y a quelque chose d'intéressant qu'on devrait savoir ?
Henry regarda les trois. Il voyait parfaitement dans les yeux de Jo et Lucas que ni l'un ni l'autre n'allait croire le seul bobard qu'il fut sur le point de raconter si ce n'était pas pour Zoé de lui sauver la mise en réunissant les enfants autour d'eux.
- Bon ! On ne va pas rester ici sans rien faire. Ça vous dirait qu'on fasse une petite ascension au DNA Tower ? Il s'agit de monter les 151 marches, de prendre quelques photos et d'apprécier la vue complète sur la ville et redescendre après. Est-ce que tout le monde a des assez bonnes jambes pour ça ? Rappelez-vous que nous n'avons pas fait grand-chose hier !
Les enfants ne disaient jamais non à une nouvelle aventure et le nombre de marches ne semblait pas le moins du monde les impressionner. En revanche, Mike et Lucas n'étaient pas du même avis.
- 151 marches ! – s'écria l'assistant – on a plutôt intérêt à avoir une bonne raison de redescendre par la suite et surtout d'y monter.
Zoé fit un petit sourire amusé
- Ne t'inquiète pas Lucas ! La vue vaut vraiment le coup et en descendant, je me disais qu'on pouvait emmener les enfants au Bounce Inc… C'est un complexe de trampolines en intérieur. Il y a aussi des installations extérieures, généralement c'est pour deux heures. Je pense que ça sera amplement suffisamment puisqu'on ira manger en sortant de la tour et que nous allons attendre un peu avant que vous puissiez sauter. Est-ce que ça va à tout le monde ?
Tant qu'il y avait de l'amusement, les enfants ne disaient jamais non. Henry remercia intérieurement la jeune fille d'avoir été sauvé par le gong. Il n'aurait vraiment pas su comment s'y prendre pour leur raconter autre chose et sans doute compromettre leur affaire.
Pendant toute l'après-midi, Henry était silencieux, peut-être trop. Il avait apprécié la vue sur la ville et ils avaient pu tous prendre des belles photos. Jo lui conseilla d'en envoyer certaines à Abe.
Mais elle remarqua bien que son petit ami était ailleurs, encore plus que d'habitude. Alors que les enfants s'amusaient comme des fous dans les trampolines, elle le vit, le dos tourné, en train de s'appuyer contre une barrière, où il avait vue sur l'océan.
Elle jeta un œil en arrière d'elle, pour vérifier que personne ne la suivait. Elle se demandait bien ce que Zoé avait bien pu lui raconter pour qu'il ait l'air si bouleversé.
Elle enroula ses bras autour de sa taille, en posant sa tête sur son dos. Il se détendit en sentant son corps derrière le sien et ses mains se rejoignirent aux siennes.
- Henry, est-ce que ça va ? Tu ne dis presque rien depuis ce matin, voire depuis hier soir… Je sais que des fois ça fait du bien de ne pas t'entendre, mais ça ne te ressemble vraiment pas.
Henry fut amusé du commentaire de la jeune femme. Elle avait raison, il était incapable de se taire.
- Est-ce que Zoé t'a dit quelque chose par rapport à l'affaire ? Est-ce qu'elle t'a menacé de quelque chose si jamais tu parlais ou quoi que ce soit ?
Henry aurait peut-être préféré que tout ceci soit beaucoup plus simple. Il se sentirait plus léger que de continuer de mentir par rapport à la véritable histoire.
- Non… Rien qui pourrait ressortir pour le moment. Je sais qu'on approche de la fin de la semaine et que je ne sais pas ce qu'on va faire si nous n'avons pas une seule théorie concernant le ou les suspects… Ça veut dire qu'on devra creuser d'une autre façon.
Il poussa un long soupir. Jo sentait la frustration et lui frotta doucement le dos, sans changer sa position.
- Je sais que ce ne sont pas nos méthodes habituelles, mais on va y arriver. On y arrive toujours.
- Mais on a tellement l'habitude d'aller plus vite… J'imagine que je pensais qu'entre temps on aurait finalement pu avoir l'une des trois pour nous sauter aux yeux… Mais rien.
Jo fit en sorte qu'il la regarde cette fois
- Comme je te l'ai dit, nous ne sommes pas dans notre élément. On n'est pas vraiment des flics ici, tu es légiste sans l'être vraiment… On doit suivre toutes les règles. Je sais que tu as un problème contre ça et je t'avoue que je suis toujours prête à te suivre dans toutes tes excentricités, mais cette fois-ci, on doit faire avec ce qu'on a. La semaine n'est pas finie.
Elle regarda Zoé
- Si tu veux mon avis, je trouve que sous ses petits airs de jeune… Zoé ferait une bonne suspecte quand même.
Henry ne voulait vraiment pas la mettre comme suspecte… Mais maintenant qu'il savait qu'elle déteignait certains pouvoirs… Il avait du mal à ne pas la considérer… Mais il ne voulait pas. Elle lui avait donné bien trop d'informations qui étaient précieuses pour son futur et indirectement le futur de la femme qui était contre lui.
- Mais il y a autre chose qui te tracasse Henry. Je le sais, je te connais bien trop. Tu es vraiment sûr que ce n'est que ça ?
Il plongea son regard dans le sien et repensa aux paroles de Zoé. Il revit les flashs avec Paloma qui avait été la première femme hispanique qui avait réussi à le charmer et le voilà fou amoureux d'une autre. Il plaqua ses deux mains sur ses joues et l'attira contre lui, en posant son menton sur son cuir chevelu.
- Ce n'est rien ! Peut-être un peu le mal de pays qui commence à se faire sentir, plus la frustration de ne pas avancer.
Jo savait qu'il se cherchait une excuse. Elle savait reconnaître lorsqu'il n'était pas crédible; encore plus depuis qu'elle était en couple avec lui. Elle soupira doucement, en resserrant son étreinte contre la sienne. Elle l'aimait profondément, mais elle espérait qu'il n'allait pas lui cacher éternellement ce qu'elle avait besoin d'entendre. Elle n'avait pas signé pour une relation basée sur des mensonges.
Après une belle journée qui annonçait doucement la fin de ces vacances d'automne pour les enfants, le personnel du complexe hôtelier à côté, demanda à Zoé s'ils pouvaient emprunter les enfants le temps de quelques heures où il y avait une soirée d'animation avec des personnes déguisées en différents personnages de Disney et qui faisaient des pièces de théâtre qui inclurait certaines chansons des différents films.
Il n'avait évidemment pas fallu leur demander leur avis deux fois et Zoé avisa le personnel de les ramener d'ici 23h pour qu'ils soient en forme le lendemain.
Les adultes purent profiter d'une soirée un peu plus calme et discutèrent de tout et de rien, tout en faisant une partie d'Uno autour du feu, en restant sur la plage et dégustant des hamburgers que Lucas et Zoé avaient fait grillé.
Ce fut un peu avant l'heure de retour des enfants, que Zoé vit Jo qui était assise près de la mer, les jambes croisées en position de lotus, enroulée dans un pull qui appartenait sans nul doute à Henry, rien qu'à la manière dont elle flottait dedans.
Les hommes étaient de corvée de vaisselle et avaient décidé de préparer les lunchs pour le lendemain.
Jo était songeuse et Zoé pouvait se douter pour quelle raison. Aimer un homme qui lui cachait des choses depuis un an ne devait pas être facile pour elle, car sa dévotion pour lui allait au-delà de ce qu'elle pouvait imaginer.
Zoé l'observa. Elle regarda les reflets de la lune sur sa peau bien bronzée. Cette femme ignorait ce qui pouvait la relier à cet immortel qui était rentré dans sa vie voilà maintenant un an et demi.
Henry avait toutes les cartes en main pour prendre les bonnes décisions et lui avouer la vérité. Tout irait bien pour eux, mais c'était à l'immortel d'avoir confiance en lui, confiance en la femme qu'il aimait s'il voulait bâtir quelque chose de solide avec elle.
La jeune fille qu'elle était, avait passé suffisamment de temps pour savoir qu'il était temps pour elle de discuter avec Jo de manière plus sérieuse. Il était temps qu'ils en viennent à bout, pour leur propre bien et le bien de tout le monde autour d'eux.
- Il fait bien plus frisquet ce soir… Plus que les autres soirs – dit-elle lorsqu'elle arriva au niveau de Jo
Cette dernière ne l'avait pas entendu arriver et sursauta légèrement avant de lui faire un sourire.
- C'est vrai ! Les températures nocturnes ont bien baissé depuis deux semaines. On sent que le climat va changer de ce côté du pays.
Zoé pencha sa tête sur le côté
- Au moins, quand vous retournerez aux États-Unis, vous ne serez peut-être pas trop dépaysés, le temps devrait être bien plus chaud qu'au moment où vous êtes arrivé ici.
Jo fut sur le point de répondre, mais elle fronça des sourcils, car elle venait de relever que Zoé avait dit qu'ils retourneraient aux États-Unis. Or, jusqu'à preuve du contraire, ils n'avaient pas parlé de leur retour dans leur pays et faisaient toujours semblant d'être en permis de vacances-travail avec l'intention de bouger un peu partout dans le pays.
Zoé savait bien qu'elle venait de donner une bonne opportunité à la jeune femme et elle ne payait pas cher avant qu'elle ne finisse par faire le lien.
- Euh… Excusez-moi, mais je ne me souviens pas vous avoir dit qu'on comptait retourner aux États-Unis de sitôt… Je veux dire, on profite de l'expérience de travail qu'on acquiert ici et on verra combien de temps Nicole nous garde. Mais sinon notre but est de voyager un peu partout dans le pays tout en visitant.
Zoé se disait qu'elle était très convaincante. Elle devait être bonne dans son domaine.
La jeune fille se pinça les lèvres et sa voix se mit à trembler
- J'espère que personne ne m'en voudra. Mais je ne pouvais pas dévoiler quoi que ce soit avant d'en être sûre. Maintenant, j'ai la preuve donc je peux parler sans problèmes.
Jo fronça des sourcils. Elle se sentit transpirer à l'intérieur du pull d'Henry. Il était évident que la jeune fille avait entendu quelque chose… Et qu'ils n'avaient sans doute pas fait attention à leurs conversations, tellement qu'ils cherchaient une porte de sortie pour leur enquête.
Zoé se leva et commença à faire les cent pas, tout au bord de l'eau.
- Écoutez, je ne vais pas y aller par quatre chemins. Je sais parfaitement bien que tous les quatre vous n'êtes pas là en permis de vacances ou quoi que ce soit… Même si vous trouvez l'excuse qu'on ait pu vous accorder un délai à cause de votre âge et celui de Lucas, je sais que jamais l'immigration n'aurait pu faire une chose pareille. Parce que s'ils venaient à le faire une fois, ils n'auraient pas d'autres choix que de continuer de faire des exceptions et les lois de l'immigration d'entrée sur le territoire sont très strictes ici.
Jo se sentit prise à son propre piège. Elle n'avait rien pour se protéger si jamais Zoé décidait de tenter quoi que ce soit. Pourtant, sa voix était calme et elle ne semblait pas en colère. Donc la jeune hispanique en déduit qu'elle ne tenterait rien, du moins elle l'espérait. Mais elle savait reconnaître les signes d'une personne qui serait prête à lui sauter à la gorge.
Zoé s'approcha d'elle et s'accroupit devant elle en lui attrapant les mains. Des larmes perlèrent au bord de ses yeux.
- Je ne veux pas que vous soyez en colère contre moi, mais il est temps que vous ayez le fin mot de l'histoire pour que vous puissiez retourner chez vous en paix et que vous ayez la gratitude que vous méritez.
Jo se releva d'un bond et croisa ses bras
- Zoé ! De quoi est-ce que vous parlez ?
La jeune fille se releva de nouveau et la regarda de toute sa grandeur, et ce même si Jo faisait quasiment deux têtes de plus qu'elle. Jo resta longtemps à prendre en compte la taille de Zoé et cela la frappa… Henry avait dit qu'il fallait une personne de petite taille. La scène qu'ils avaient mimée la semaine précédente mettait plutôt en valeur Shailey, mais jusqu'à présent elle n'avait pas porté attention au fait que Zoé était encore plus petite qu'elle.
Son côté détective sentit le pot aux roses à plein nez, alors elle attendit avant de prévenir ses collègues.
- Jo ! Je sais que vous, Henry, Lucas et Mike, vous n'êtes pas des animateurs. Vous n'êtes pas là pour des vacances et vous êtes sans doute en mission. Vous êtes flics, en tout cas deux d'entre vous ! Et à l'allure ça me semble être vous et Mike. Lucas et Henry ont plus l'air des deux cerveaux de la bande, qui ne peuvent être mis sur la touche.
Jo ouvrit grand la bouche. Cela sentait la confession. Elle les avait directement grillés et certainement depuis le début. Elle se retourna, prête à faire signe à ses trois amis, mais Zoé lui retint le bras.
- S'il vous plaît ! Avant de prévenir vos collègues, écoutez d'abord ce que je dois dire. C'est important et cela vous sauvera du temps.
Jo voyait bien une certaine culpabilité dans ses yeux, et peut être bien du remord alors elle accepta de l'écouter. Elles s'installèrent de nouveau sur le sable.
- Je sais que vous êtes là pour le meurtre d'Ethan, le mari de Nicole. La police d'ici ne traite jamais de cas si sérieux, enfin bien sûr ça arrive, mais l'affaire était vraiment différente, ils en font un peu tout un plat. De plus, Ethan avait un certain pouvoir, homme d'affaires très apprécié, bien reconnu, forcément, ça fait du bruit, surtout pour un américain.
Jo la regarda dans les yeux. Alors il semblerait que sans avoir pris en compte sa taille, depuis le début, ils avaient deviné… Plus ou moins.
- J'ai tué Ethan – avoua-t-elle, sans même cligner des yeux, elle continua avant de laisser une chance à Jo de répliquer – le soir de la fête, c'est moi qui l'ai poussé dans les escaliers. Quand j'ai réalisé, j'ai tout de suite voulu me livrer à la police, mais Shailey et Nicole m'ont en empêché et on s'est mises d'accord pour raconter la même histoire pour empêcher qu'on se fasse toutes attraper. Elles ont fait ça pour moi et je vis avec cette culpabilité, mais il est temps que quelqu'un sache la vérité.
Jo prit une profonde inspiration
- Zoé ! Nous sommes partis sur le lieu du crime la semaine dernière. Nous avons évalué la force et la taille de la personne qui aurait pu tuer Ethan. C'était soit vous, soit Shailey, effectivement. Mais, Henry… Qui est notre légiste a déduit qu'une batte de base-ball avait servi avant qu'Ethan ne soit poussé. Racontez-moi ce qui s'est passé !
Zoé hocha la tête
- C'est plutôt le contraire ! Même si ça n'a pas l'air, mais la batte de base-ball n'a servi qu'à la fin. Shailey s'est dit qu'il ne l'avait pas volé et elle avait beaucoup de raisons de lui faire payer également.
Elle regarda Jo longuement. Cette dernière fit un regard compatissant.
- Ethan était le père de Lola !
Ce n'était pas une question. Henry et elle l'avaient déjà déduit à la minute où ils avaient vu la petite. Zoé acquiesça.
- Tout à fait ! Retrouver et reconnaître cet homme après tant d'années a fait surgir un sentiment de dégoût chez elle et elle n'a pas pu s'en empêcher une fois qu'Ethan était en bas des marches ! Je n'en pouvais plus de le voir frapper Nicole alors il fallait que j'agisse, c'était soit elle, soit lui.
Jo voyait bien qu'elle n'était pas tant désolée mais au final, elle n'avait pas non plus l'allure d'une tueuse. Cela venait de donner un nouveau tournant à leur enquête et elle n'avait aucune idée de comment gérer tout ce plein d'informations que Zoé lui donnait. Pouvait-elle prendre en compte sa parole ? Accepterait-elle de témoigner une fois qu'elle serait amenée au poste ? Il était facile pour elle de se confier, au beau milieu de nulle part, sans que Jo n'ait l'autorité nécessaire pour l'arrêter ! Comment pourraient-ils s'assurer qu'elle disait bien la vérité et qu'elle ne couvrait pas non plus pour quelqu'un d'autre ? Cependant, la bonne détective qu'elle était savait qu'elle ne mentait pas.
- Pendant des années j'ai vu de la violence domestique devant mes yeux – acheva Zoé – mon beau-père ne cessait de battre ma mère et j'ai assisté à tout ceci, impuissante, tout en restant cachée sous le lit. Ma mère a fini par mourir sous les coups et depuis mon beau-père est en prison, mais j'aurais souhaité que la justice fasse mieux son travail et pourtant j'ai tenté de dire à ma mère de chercher de l'aide et de sortir de là – Jo voyait bien l'émotion qui s'imprégnait d'elle, les larmes roulaient désormais toutes seules sur ses joues – à voir Ethan qui continuait de donner des coups de plus en plus forts à une femme aussi adorable que Nicole, qui se bat pour donner une bonne éducation à ses enfants, qui a le cœur sur la main, j'imagine que toute cette rage qui était enfouie en moi n'a fait que prendre le dessus. Alors je n'ai fait que ce qu'une personne saine d'esprit aurait fait à ma place, en voulant protéger un être cher.
Jo n'arrivait même pas à lui en vouloir. Elle connaissait le sentiment. Henry se mettait toujours en danger et elle ne pouvait expliquer le stress et la rage qu'elle ressentait lorsqu'elle devait le protéger. Il suffisait que quelqu'un menace Henry d'une arme pour qu'elle reprenne ses esprits et n'hésite pas à tirer.
Alors, sans doute que dans la situation de Zoé, elle aurait agi de la même manière. De plus, il n'y avait rien de plus horrible qu'une femme étant à l'agonie sous les coups de son conjoint… Elle ne pouvait pas vraiment se mettre à la place de Zoé avec le traumatisme qu'elle avait subi, mais elle pouvait la comprendre quand même.
- Il a violenté sa femme pendant des années et il a violé Shailey lorsqu'elle n'était qu'une étudiante, lui provoquant des insécurités et un enfant, toute jeune. Il n'a aucun respect pour les femmes et il méritait de mourir… - elle soupira –, mais je sais que c'est un meurtre, je sais que c'était volontaire… Je… Je suis prête à me livrer à la police de Perth et de tout leur raconter tel que je vous le raconte ce soir. Je payerais pour ce crime, car malgré ce qu'il a fait, j'ai fait bien pire.
Jo resta complètement abasourdie. Elle n'avait absolument aucune idée de comment réagir, de quoi faire ? Les raisons qui l'avaient poussée à tuer Ethan étaient plus que légitimes et personne ne pouvait lui en vouloir, connaissant le background de l'homme.
Elle se trouvait pour la première fois depuis qu'elle était flic, dans une véritable impasse. Elle ne savait pas si c'était la jeunesse de Zoé qui faisait cet effet, le fait qu'elle portait une véritable attention et un amour aux enfants, qu'elle avait prouvé qu'elle était autre chose qu'une femme qui se vengerait pour protéger les gens qu'elle aime… Jo refusait de lui mettre tout ça sur le dos et surtout gâcher sa jeunesse et toute sa vie à être punie d'un crime, tout ça parce qu'un homme n'avait pas été mis derrière les barreaux à cause de sa violence.
Nicole avait eu de la chance, mais la mère de Zoé ne pouvait pas en dire autant. Combien de femmes allaient continuer de mourir sous les coups de leurs conjoints ou bien se défendre en faisant la seule chose qui pourra les en débarrasser, c'est-à-dire… Les tuer ? Pour qu'on les déclare coupables par la suite et que ce soient elles qui paient un crime qui ne faisait que les protéger ?
L'aveu de Zoé avait réussi à émouvoir Jo. Elle essuya les larmes qu'elle avait au bord des yeux et se leva.
- Il faut que je parle à mes collègues et qu'on se concerte de ce qu'on doit décider et ce qu'on doit faire.
Elle courut rapidement dans la direction des hommes, encore toute chamboulée. Zoé savait qu'il fallait leur laisser du temps alors elle repartit vers le complexe pour ramener les enfants et les coucher.
- Les gars ! Les gars, il faut qu'on parle, c'est urgent !
En voyant l'état dans lequel elle était, ils laissèrent tomber leurs préparations et Henry se précipita rapidement à ses côtés et passa ses pouces sur ses joues pour essuyer ses larmes.
- Jo, qu'est-ce qui se passe ?
- Tu es vraiment dans un sale état, on dirait que tu viens de voir un fantôme – s'affola Hanson
Elle reprit son souffle et tenta de faire redescendre les émotions que Zoé lui avait fait subir.
- Zoé vient de me faire des grosses révélations et j'ai besoin qu'on se concerte tous, de ce qu'on va faire, une fois que je vous aurais tout raconté.
Henry ravala sa salive. Il espérait qu'elle n'avait pas tout avoué concernant sa condition, mais vu la tête de Jo, il semblait qu'ils étaient surtout de retour sur leur affaire. De plus, si jamais Zoé avait fait l'erreur de révéler l'immortalité d'Henry, Jo aurait sans doute eu une réaction différente et elle n'aurait pas couru pour tout raconter à tout le monde. Cela ne semblait vraiment pas être son genre.
Ils préférèrent discuter dans leur tente. Ils entendirent les enfants revenir et Zoé les recadrer pour qu'ils aillent se doucher rapidement et qu'ils aillent au lit.
Ils virent son ombre passer plusieurs fois devant leur tente, sans doute pour s'assurer de ce qu'ils feraient d'elle une fois qu'ils auraient pris une décision.
Jo raconta tout ce que Zoé lui avait fait, sans oublier le moindre détail. Henry fut un peu surpris finalement qu'il ait fait une petite erreur. Pensant que la batte avait été l'arme du crime principal pour qu'elle soit là justement dans le seul but de masquer ce qui était arrivé et surtout dans un excès de rage.
Après avoir expliqué les très bonnes raisons qui avaient poussé Zoé à faire ce qu'elle avait fait, il y a un long silence parmi le groupe.
Il semblait que personne n'avait une solution concrète à donner.
- Qu'est-ce qu'on fait ? – demanda Lucas – on a trouvé la coupable, non ?
Hanson approuva
- C'est vrai ! Elle nous a tout avoué. On a passé des semaines à observer les trois, on a été envoyé ici pour cette raison… Alors quoi maintenant ?
Jo et Henry se regardèrent. Ils ne voulaient pas prendre ce genre de décision.
- On ne peut pas lui en vouloir – attesta Henry – elle a fait usure de légitime défense pour son amie ce qui peut se comprendre. Comme elle l'a mentionné, c'était elle ou lui et à choisir, évidemment qu'elle n'allait pas laisser un violeur, un potentiel meurtrier et violent, courir les rues. Pour moi, l'arrêter serait simplement injuste. Elle a commis un crime, mais elle avait une bonne raison.
Jo approuva. Hanson comprenait bien le point, mais n'était pas trop sûr du genre de décision qu'il fallait prendre.
- Certes ! Mais la justice ne se range que très rarement du côté du meurtrier, on le sait. Comment on va pouvoir les convaincre de passer à autre chose ?
Ils ne savaient pas quoi faire. Ils ne voulaient pas sortir de cette tente et annoncer le fatal sort à Zoé. Ils ne voulaient pas de suite appeler le sergent, car il enverrait certainement directement des équipes sur place… Jo qui réfléchissait à une solution moins drastique songea à Reece.
- Reece ! C'est elle qui nous a confié cette mission. On devrait peut-être l'appeler pour savoir ce qu'elle en pense ? Il est 11h du matin là-bas, elle est forcément déjà au poste.
Le groupe approuva. Ils voyaient bien qu'ils étaient tous incapables de prendre une décision alors seule la personne qui les dirigeait serait sans doute apte à les aider à voir plus clair.
Ils se mirent en rond, en mettant Reece en Facetime, le téléphone d'Henry posé contre un de leurs sacs.
Reece était dans son bureau bien éclairé par les rayons du soleil. New York profitait sans doute d'une belle journée.
- Hey salut les vacanciers ! Alors, comment vous allez ? Arrêtez de prendre des couleurs s'il vous plaît. Jo, je ne vous vois plus.
Elle parvint à arracher un sourire sur les lèvres de la jeune fille. Leur boss finit par prendre conscience de leur tête. Elle rentra directement dans son mode sérieux.
- Qu'est-ce qui se passe ? Vous tirez une de ces têtes tous les quatre. Quelque chose est allé de travers dans la mission ?
Ils se regardèrent. Jo en avait assez fait, assez dit… Alors ce fut Hanson qui se proposa gentiment de tout résumer ce qu'ils venaient d'apprendre.
Le récit durant un bon vingt minutes et à la fin, Reece resta autant sous le choc et perplexe que ses détectives.
- Attendez une seconde ! Si je comprends bien, Zoé n'a fait tout ça que dans le but de protéger Nicole qui avec Shailey ont décidé de la protéger d'elle-même, car elle voulait se livrer à la police ?
Ils confirmèrent
- Dis donc ! C'est ce que j'appelle un sacré retournement de situation. – elle les regarda, elle voyait bien leur fatalité – si jamais elle ne vous l'avait pas avoué… Pensez-vous que vous auriez été capables de le déduire ? Ces trois femmes semblaient bien organisées pour mener le monde en bateau.
Henry ne pouvait pas le renier.
- Probablement, mais pas en fin de semaine… Nous aurions peut-être dû prendre les deux dernières semaines de congés pour interroger d'autres personnes et à force d'établir des théories nous en serions peut-être venus à cette conclusion.
Reece se frotta longuement le front. Elle était aussi dépassée qu'eux. Henry resta de marbre. Après avoir tout avoué sur son immortalité, la jeune fille avait décidé de se libérer du reste du poids qui pesait en elle. Avec son côté magique, il n'était pas étonné qu'elle ait déjà tout découvert dès leur arrivée sur le campement. Elle ne pouvait sans doute pas supporter l'idée d'être coupable toute sa vie non plus.
Il semblait que la décision revenait à leur boss. Elle était la seule qui pourrait donner le go quant à savoir si oui ou non, ils devaient passer les menottes à Zoé et appeler le sergent pour qu'elle se confie comme elle venait de le faire. Avant de prendre une décision, elle demanda à Jo.
- Êtes-vous sûre qu'elle vous dit la vérité ?
- Affirmatif lieutenant ! Je l'ai bien vu dans ses yeux, il n'y avait pas une once de mensonge. Une jeune fille qui a vu mourir sa mère sous ses yeux n'aurait pas raconté de bobards.
Tout reposait désormais sur la boss. Elle voyait les quatre paires d'yeux la regarder sans la lâcher. Il fallait qu'elle fasse quelque chose qui serait bien pour tout le monde et ne donne pas l'impression qu'elle avait envoyé son personnel en renfort, pour trois fois rien. Ils allaient devoir établir des résultats.
Elle prit une profonde inspiration
- Voilà ce que je vous conseille de faire !
Author's note: Désolée, mais le prochain va être très court(pas dans mes habitudes, je sais), je ne voulais pas tout mettre dans ce chapitre, histoire de laisser un peu de suspens quant à ce que Reece leur dit ;), du coup ce n'est que pour boucler la boucle de cette enquête. Je compenserais en postant un autre chapitre dans la même semaine.
