Merci de vos reviews ! Comme prévu, je poste un autre chapitre dans la même semaine pour combler le vide du dernier, de ce fait un autre chapitre sera posté en début de semaine comme d'habitude mais ça ne sera pas tous les jours la fête :p.

Bonne lecture.


Chapitre 15: Vengeance

Après ce séjour outremer bourré de surprises, Henry, Jo, Hanson et Lucas durent retourner dans leur routine New Yorkaise et surtout se remettre du long décalage horaire auquel ils avaient fini par s'habituer en étant en Australie.

Ils avaient bien profité des deux semaines de congés qu'ils avaient eus et avaient demandé à Parker de ne plus les conduire où que ce soit, si ce n'était que pour le retour à l'aéroport. Il n'était plus affilié à eux vu qu'ils avaient terminé leur mission, même si le chauffeur leur avait rassuré que cela ne les dérangeait pas, mais à ce niveau-là, ils voulaient profiter un peu de la ville et d'autres endroits du pays, par eux-mêmes.

Ils avaient eu un peu un pincement au cœur en quittant le continent, mais ils savaient que les vacances ou les missions internationales ne duraient pas éternellement et Reece n'allait pas leur laisser ce loisir encore bien longtemps.

Le trajet retour avait été aussi pénible que le trajet aller, surtout que cette fois-ci, ils retournaient dans le temps… Henry les assura que de ce fait, le décalage serait peut-être moins dérangeant dans ce sens, mais avec douze heures, rien n'était moins sûr.

Ils furent accueillis par la famille Hanson ainsi que Abe. En voyant leur papa, Donnie et Matt se ruèrent vers lui et il laissa tomber ses valises et sacs pour les serrer contre lui.

Tout le monde regarda la scène d'un air attendri. Naturellement, Mike n'en dirait jamais un mot, mais ses monstres lui avaient manqué.

Karen échangea un long baiser avec son mari et Henry, Jo et Lucas préfèrent leur laisser un moment de retrouvailles après avoir eux-mêmes partagé une longue étreinte avec Abe.

Il siffla

- Quel teint vous avez tous ! Ça vous a bien réussi dis donc le passage en Australie. Jo, ma parole, je t'ai déjà vue bronzée en été, mais là, c'est un tout autre niveau.

La jeune fille fit un petit sourire gêné

- Oui… Le trou de la couche d'Ozone ne doit pas trop aider.

Henry lui donna un léger coup de coude. Abe pouvait sentir que quelque chose avait changé en cinq semaines.

- On était au soleil tout le temps aussi et on n'a vraiment pas vu beaucoup de pluie.

Lucas acquiesça

- On a vu de la pluie seulement dans notre dernière semaine et nous revoilà dans notre grisaille.

Chacun le fixa. En effet, dehors le soleil brillait et était passablement aveuglant. Les gens n'étaient pas trop couverts, les températures étaient certainement plus clémentes qu'au moment où ils avaient quitté. Ils étaient désormais dans la première dixième du mois de mai et en quittant l'Australie, ils avaient bien vu la différence de température par rapport au moment où ils étaient arrivés.

À New York, il devait faire désormais environ 22C en journée, ce qui était plutôt agréable. Ils n'auraient pas eu un choc thermique au moins.

Les Hanson terminèrent leur câlin familial et rejoignirent le reste du groupe pour échanger quelques étreintes également.

Ils se quittèrent au parking

- Joanna m'a dit qu'elle comprendrait que le décalage vous mette dans tous vos états – commença Abe – donc ne vous inquiétez pas, prenez le temps de déballer vos affaires, de reprendre votre souffle et, je pense, vous pourrez passer demain ou après-demain au 11.

Chacun venait de remarquer la familiarité d'Abe envers le lieutenant. Henry fronça des sourcils.

- Est-ce que tu viens d'appeler le lieutenant par son prénom ?

Il haussa des épaules

- Elle m'a dit de ne pas utiliser les familiarités tant qu'on n'est pas dans son commissariat. Je pense qu'elle risque de vous sortir le même discours. Bref, j'imagine que vous avez besoin de vous reposer un peu donc on va y aller. Jo et Lucas, on vous ramène.

Les deux jeunes gens ne bronchèrent pas. Mike était vraiment heureux de retrouver sa famille et les deux garçons semblaient un peu plus calmes, mais bon c'était sans doute le coup de l'émotion de revoir leur papa.

Ils se quittèrent là pour la journée et Mike les remercia de leur bonne humeur pendant les cinq semaines et qu'il avait apprécié leur compagnie autre que pour des raisons professionnelles.

Lucas fut le premier à être déposé comme ils passaient par Brooklyn. Il fut presque rempli d'émotion de les quitter, mais Jo et Henry le rassurèrent en lui disant que ce n'était pas parce qu'ils étaient de retour à NYC que leur complicité allait changer.

En traversant le pont de Williamsburg, Jo songea

- Les gars ! J'habite de l'autre côté de la ville, vous n'allez pas faire tout le chemin pour moi ?

Dans le rétro, le regard qu'Abe lui lançait lui fit comprendre qu'il n'en avait rien à faire de ses protestations.

Henry était assis à côté d'elle, comme Lucas avait pris le côté passager avant de descendre et il lui secoua rapidement la main.

- Jo, ça ne nous dérange pas. De toute façon, il faut bien quelqu'un pour te ramener. Et puis le détour n'est pas si long si ça roule bien.

La jeune fille n'argumenta pas et posa sa tête sur l'épaule de son petit ami, en gardant sa main dans la sienne.

Il y eut un long silence. Abe ne pouvait pas les blâmer, ils devaient être épuisés, mais il y avait quelque chose dans le regard d'Henry. Il portait toujours le poids du monde sur ses épaules, mais là, c'était différent. Quelque chose l'avait bouleversé dans ce pays, d'une manière ou d'une autre… Certainement des vieux souvenirs. Henry avait tendance à se laisser porter par sa nostalgie.

En laissant Jo à Washington Heights, le couple eut l'impression d'être arraché l'un de l'autre comme si tout ce qui s'était passé en Australie n'avait été que de la fantaisie. Ils n'avaient jamais profité d'un moment à eux alors ils s'étaient mis d'accord pour attendre un peu avant que quelqu'un, quelque chose, les dérange pour x raisons.

Jo déposa un rapide baiser sur ses lèvres et en sortant sa main lâcha la sienne dans un ralenti. Elle remercia Abe et disparut dans son appartement.

Henry repassa devant après un soupir. Abe ne redémarra pas tout de suite.

- Pops ?

Henry regarda son fils avec un air fatigué

- Est-ce que tout va bien ? Tu as l'air plutôt frustré !

Henry repensait encore à sa dernière rencontre. Toutes les révélations que Zoé lui avait faites et tout ce qu'il avait pu apprendre concernant cette condition.

- Oui ! J'ai beaucoup de choses à te raconter !

Abe l'observa longuement. Ce n'était pas en rapport avec Jo, pas en rapport avec l'affaire, alors il y avait autre chose qui était venu le perturber pendant ce séjour.

Le vieil homme démarra la voiture et le trajet se passa plutôt calmement.

- Tu n'as vraiment pas dit un mot depuis que tu es arrivé. Qu'est-ce qui a bien pu se passé là-bas ? Est-ce que tout va bien entre Jo et toi ?

Henry était assis à la table à dîner et tournait son thé lentement. Il se mordilla l'intérieur de la joue.

- Oui, tout va bien entre Jo et moi. Enfin, jusqu'à quand ? je ne sais pas.

Abe fronça des sourcils

- Qu'est ce que ça veut dire ? – il s'arrêta – attends, est-ce que tu lui as dit la vérité ?

Henry secoua la tête

- Non ! Bien sûr que non ! Mais c'est sans doute ça le problème – il soupira – Abe, tu sais que je l'aime.

Abe lui fit un regard évidemment. N'importe qui pouvait le voir.

- Et tu sais aussi bien que moi que ce je ressent pour elle n'est pas un petit coup de cœur de passage. Je me vois bâtir un futur avec cette femme, mais je continue de lui mentir de plus en plus et je sais qu'elle sait que je lui cache tellement de choses… Elle finira sans doute par être frustrée et me laisser et je ne pourrais pas la blâmer.

Abe se retint de lever les yeux au ciel. Il recommençait son discours qu'il avait sans doute sorti à sa mère 30 ans auparavant.

- Mais d'où ça vient ça ? – gronda-t-il – tu as prévu de lui dire de toute façon, non ?

- Oui, mais…

Abe le coupa

- Mais quoi ? Tu l'aimes ! Et elle t'aime aussi ! Arrête d'avoir peur. Jo n'est pas Nora. Jo est comme maman. Tu le sais ! Elle le supportera. Et pour sa défense, entendre que quelqu'un est immortel dans un monde aussi fermé, ce n'est pas facile, mais elle s'y fera. Regarde le gamin !

Henry se disait que Lucas n'était pas un exemple

- Lucas aime tout ce qui tourne autour du surnaturel, donc forcément qu'il n'est pas gêné par ça.

Abe se demandait s'il le faisait exprès ou il était vraiment stupide par moment.

- Henry ! Qu'est-ce qui se passe exactement pour que tu en viennes à douter encore de ta relation avec Jo ? Tout se passait super bien et tu as dit que tu lui dirais la vérité une fois que les choses seraient un peu plus stables. Vous êtes ensemble depuis six mois !

- Cinq – corrigea Henry

- C'est la même chose ! Mais qu'est-ce qui a bien pu te bouleverser à ce point en étant là-bas ? As-tu fait une mauvaise rencontre ? Tu as fait des baignades improvisées ?

Henry secoua ses mains comme un moulin

- Non ! Rien de tout ça. Au contraire, j'ai fait une rencontre assez surprenante et j'ai appris plus de choses par rapport à mon immortalité… Et non, aucune baignade n'est arrivée pendant le séjour autre que celles qu'on faisait tous ensemble.

- Alors quoi ? – insista Abe

Henry savait que de toute façon il ne pouvait pas se défiler. Il avait prévu de lui raconter et il se devait maintenant d'être honnête par rapport à l'histoire avec Paloma.

Il s'enfonça dans sa chaise et commença son récit.

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Henry n'était pas trop sûr de l'expression qu'il lisait sur le visage de son fils. Il espérait que ce dernier ne lui en voulait pas trop de ne jamais lui avoir dit qu'il avait eu une famille avant lui et Abigail.

- C'est… Surprenant – finit-il par dire – tu t'en vas un mois en Australie et tu reviens avec des informations qui n'ont absolument aucun rapport avec pourquoi tu étais là-bas en premier lieu.

Henry hocha la tête

- Je le sais ! Merci ! Mais ça explique beaucoup de choses sur ma condition et je suis ravi d'avoir appris tout ça…

- Et que d'après Zoé, Jo va le supporter. Mais ça, tout le monde le sait. Donc, tu vois, tu ne devrais pas t'inquiéter, apparemment un beau futur vous attend.

Il approuva

- Oui oui ! Mais je ne peux pas m'empêcher d'imaginer plusieurs scénarios et personne ne peut m'en vouloir sur ça. Je ne veux pas non plus qu'elle soit trop en danger, mais ça c'est une autre histoire.

Henry regarda Abe qui semblait plus concerné par le fait que son père lui avait caché qu'il avait eu une famille. L'histoire de l'immortalité et tous les secrets qui venaient avec lui avaient fait moins froncer des sourcils qu'au moment où il avait raconté ce qui s'était passé lors de son séjour là-bas la première fois. Abe s'était moqué de lui pendant quelques minutes lorsqu'il lui avait dit comment sa famille était morte et que du coup, la syphilis l'avait touché, en marmonnant un « donc c'était ça, la fameuse. Moi qui pensais que tu avais des aventures avec des filles au passé douteux ».

- Tu m'en veux, j'imagine !

Abe fronça des sourcils

- T'en vouloir pour quoi ?

- Pour t'avoir caché cette partie de ma vie, par rapport à Paloma et mes enfants…

Abe souffla

- Henry ! Tu as 236 ans ! Donc je me doutais qu'avant moi, tu n'étais pas spécialement chaste. Tu sais, je ne vais pas t'en vouloir. Tu as eu ta famille longtemps avant de nous rencontrer maman et moi. Et c'est parfaitement normal, vu ton âge. Déjà, que tu n'aies eu que trois femmes et certainement une quatrième un jour, avec le nombre d'années que tu as vécues, prouve suffisamment ta dévotion lorsque tu as quelqu'un dans ta vie; donc pourquoi je serais en colère ? Tu as eu le droit d'avoir une famille avant moi, et des enfants biologiques.

Henry n'était pas fier de ce mensonge. Abigail elle-même n'avait jamais été courant de cette partie. Éventuellement, il le raconterait à Jo, en espérant que leur histoire irait aussi loin, mais s'il croyait Zoé, il ne devrait pas s'inquiéter.

- Tu sais – confia Henry – avec ta mère on avait essayé d'avoir des enfants biologiques, mais… Pour une raison encore inconnue, ça n'a jamais fonctionné.

Abe lui fit un regard compatissant

- Ce n'était sans doute pas toi le problème si tu as déjà eu des enfants dans le passé. Maman était peut-être simplement stérile.

- C'est possible, mais étant donné que ma première famille n'a pas bien fini, je me suis demandé si ma capacité à procréer n'avait pas été réduite avec mon immortalité.

Abe le trouvait vraiment stupide

- Si dans les contes, des vampires peuvent procréer, il n'y a pas de raison que toi non plus. Arrête de dire des âneries ! Quand tu meurs, tout est remis à zéro donc ça serait stupide de penser que le coup de la syphilis aurait pu ralentir quoi que ce soit. Ça ne change absolument rien !

Henry ne comprenait pas la référence à des légendes qu'étaient les vampires. Enfin bon, il comprenait son point. Les immortels n'étaient pas censés exister non plus.

- Enfin, voilà ce que mon séjour en Australie m'aura apporté. Et puis en plus, on a dû mentir pour couvrir les arrières de Zoé et des deux autres, car on ne voulait pas lui gâcher la vie.

- Mais vous n'avez rien fait de mal – répondit Abe – certes, ce n'est pas vos méthodes habituelles, mais Henry, cette jeune fille te l'a dit, elle n'a fait que preuve de légitime défense comme Jo avec Mark Bentley, comme toi avec Clark Walker… Personne n'a le droit d'enfermer une personne qui s'est défendu contre quelqu'un qui le méritait.

Henry savait qu'il avait raison, mais bon, il ne pouvait pas s'empêcher de sentir un peu coupable d'avoir menti à un pays qui leur avait fait confiance. Il n'avait jamais menti sur la véritable cause de la mort d'une victime, mais après ce que Zoé lui avait raconté, il s'était dit que c'était à son tour de la protéger. De plus, ses collègues l'avaient suivi dans son raisonnement, ainsi que Reece donc au moins, il n'avait pas à sentir si mal que ça.

En parlant de Reece…

- Au fait ! Maintenant toi et le lieutenant vous vous appelez tranquillement par votre prénom ?

Abe haussa des épaules

- Eh bien ! Elle était venue acheter une table et c'est elle qui m'a dit de ne pas utiliser les formalités lorsque nous sommes en dehors du travail. De plus, c'est ta boss, pas la mienne.

Henry ne s'en était pas aperçu en rentrant dans la boutique, mais maintenant qu'il y repensait, il y avait un vide là où la table traînait.

- Tu as réussi à vendre ma table en pin ?

Abe crut qu'il allait se faire passer au laser, mais Henry semblait plutôt soulagé

- Ça faisait des années qu'elle traînait là. Et elle valait quand même un bon pactole. Comment Reece a pu se l'offrir ?

- Écoute, je lui ai fait un prix d'ami. Elle savait sa valeur et elle voulait la payer plein pot, mais ça ne m'a pas dérangé. Ne t'inquiète pas, ça reste raisonnable quand même et je pense qu'elle a ses petits secrets aussi. Elle est venue récupérer la table quand cela faisait deux semaines que vous étiez partis, avec l'aide de son frère et d'un pick-up… Elle m'a dit que cela faisait très beau dans sa salle à manger maintenant, donc je suis content d'avoir rendu service.

Henry sourit. Le lieutenant avait tellement de différentes facettes. Il continuait de la surprendre. Il ne serait pas étonné qu'elle se doute déjà de son secret. Outre ses passions pour le jazz et le tennis, il n'avait aucune idée qu'elle pouvait être également friande d'antiquités. Elle était vraiment douée pour cacher sa véritable personnalité sous ses airs de femme forte et incorruptible.

- Et avec Jo ? Avec tout ce temps en Australie, vous avez fait autre chose que de prendre des couleurs ?

La tête qu'il tira en disait long sur sa frustration de ne pas pouvoir mettre sa main sur elle.

- Disons que… Le timing n'est jamais le meilleur. On a décidé qu'on allait attendre que notre vie soit moins dans le rush… Bien sûr, je ne vais pas attendre dix ans non plus, mais je vais m'organiser pour créer quelque chose de sorte que personne ne nous dérange – il souffla – et peut-être suivant, si elle sait la vérité sur moi.

Abe haussa des épaules

- Bon ! Comme tu veux ! Mais ne traîne pas trop quand même !

Henry savait que de toute façon d'ici la fin de l'année, Jo serait au courant de son secret et le temps passait vite.

Il se leva et fouilla dans son sac de voyage

- Au fait ! Je t'ai rapporté quelques petits souvenirs.

Il sortit une boîte de biscuits communément appelant Tim-Tam en Australie. Il s'agissait là de biscuits pouvant accompagner le thé et recouverts de différentes couches de chocolat. Pendant leur séjour ils y avaient goûté et avaient appris que les Australiens en étaient accrocs et ils pouvaient comprendre pourquoi. Henry s'était dit qu'il fallait à tout prix qu'il ajoute ça à sa liste de souvenirs pour Abe vu sa passion pour la nourriture.

Il ressortit également une boîte qui apparemment devait faire office de pâte à tartiner. Elle s'appelait de la végémite et en voyant son contenu, Abe fronça des sourcils.

- Qu'est ce que c'est que ça ?

Henry retint un fou rire

- J'ai pris un petit pot pour que tu puisses me donner ton avis dessus, mais tous les quatre on était unanimes. C'est dégueulasse ! Mais nous n'avons pas tous les mêmes goûts. Je sais que tu aimes goûter de nouvelles saveurs, mais je ne t'en voudrais pas si tu veux le jeter ou le donner à un Australien en visite dans notre pays.

- Eh bien ! je vais tester de suite pour voir.

Il attrapa un morceau de pain de mie et ouvrit le pot. Henry dut se tenir les côtes. Abe allait le maudire jusqu'à la fin des temps, mais il fallait que son fils ait sa propre opinion dessus.

Il plongea sa cuillère dans le pot et tartina une petite partie de son pain et quand il le porta à la bouche, Henry se rappela de son enfance lorsqu'il goûtait un aliment pour la première fois et qu'il était sur le point de dégobiller sur sa tête et celle d'Abigail.

- Henry ! Mais c'est dégoûtant ! Beurk ! T'étais vraiment pas obligé de m'en ramener.

Henry explosa de rire et le regarda d'un air compatissant

- Désolé ! Mais il fallait que tu comprennes et partages notre opinion. Dis-toi que les Australiens adorent ce truc… Je sais que nous en tant qu'Anglais, nous avons des goûts spéciaux, mais là quand même.

Abe repoussa le pot loin de lui comme si ce dernier avait le pouvoir de le brûler.

- On dirait de la sauce soja en pâte et franchement, juste non.

Henry s'excusa une nouvelle fois et lui donna le reste de ses cadeaux. Il y avait des magnets pour le frigo, un petit drapeau australien et un tee-shirt avec un kangourou en arrière et les couleurs du drapeau devant.

Abe sourit et fit une étreinte à son père

- Encore plus gâté que Noël. Merci beaucoup Henry ! Je prendrais bien soin de tout ça.

- Il n'y a pas de quoi. Ça m'a fait plaisir d'apprécier le pays d'une autre façon.


Finalement, ils décidèrent quand même de se montrer au 11 dès le lendemain de leur retour. Ils s'étaient couchés à des heures décentes, ni trop tôt ni trop tard, ce qui leur permettait d'être assez en forme pour aller au travail.

Il était vrai que dans ce sens-ci, le décalage restait quand même plus gérable.

Reece fut ravie de les revoir lorsqu'ils avancèrent dans la salle des détectives

- Ah ! Vous êtes de retour ! Vous n'étiez pas obligés de revenir aujourd'hui. Je suis contente de vous revoir ! Vous avez bonne mine et ça fait plaisir.

Sans même qu'ils n'aient le temps de réagir, elle les serra tour à tour dans ses bras, ne prenant pas en compte les regards du reste du poste sur eux, et même Henry et Lucas y eurent le droit.

Elle ne pouvait pas cacher son émotion.

- On est contents de vous revoir aussi lieutenant – assura Jo – être en Australie a été un grand changement et ça nous a permis de voir autre chose, mais être de retour à la maison et reprendre des vraies enquêtes avec de l'adrénaline nous avait manqué.

La boss leur sourit et Henry demanda

- Comment s'est passé le travail ici ?

- Ça n'a pas toujours été facile de me passer de vous, mais nous avons réussi à gérer. Le Dr Vaughn s'en ait très bien sorti et je pense Dr Morgan, que vous pourrez aller le remercier.

Henry hocha poliment la tête. Sachant que son collègue avait fait le travail qu'il faisait depuis presque cinq ans, il lui en était reconnaissant et lui avait pris un petit quelque chose pour lui et sa petite famille.

Jo fouilla dans son sac à main

- Tenez ! On vous a pris un petit souvenir !

Reece pencha sa tête sur le côté en attrapant la boîte emballée

- Franchement, vous n'étiez pas obligé !

Lucas pouffa

- C'était la moindre des choses quand même !

Elle l'ouvrit et dedans il y avait un joli porte-clés kangourou ainsi qu'une petite peluche en forme de koala qui tenait le drapeau de l'Australie.

Hanson pointa Jo

- L'idée de la peluche vient de Jo ! Les gars et moi, on était partis que sur le porte-clés.

Jo haussa un sourcil

- Si je me rappelle bien, vous êtes les premiers à avoir dit « ça serait tellement mignon dans le bureau du lieutenant »

Les trois hommes n'oseraient jamais avouer ceci avec leur ego et ils ne firent qu'un sourire sarcastique à leur collègue. Reece secoua la tête. Ils lui avaient vraiment manqué, il n'y avait pas dire.

- Merci beaucoup ! C'est adorable de votre part ! Effectivement, il sera très bien dans mon bureau.

Elle rentra dans son bureau pour déposer sa nouvelle décoration. Chacun passa sa tête au travers pour se rendre compte de l'effet qu'il produisait et il était parfait. Ils avaient bien choisi. De plus, Jo avait eu vent que l'animal préféré de Reece était un koala, alors elle savait parfaitement qu'elle n'aurait pas résisté.

- Est-ce qu'il y a quelque chose à faire ? – demanda Jo

Elle entendit Mike grogner, car il n'avait vraiment pas hâte de remplir des rapports si ce n'était pas le cas.

Reece secoua la tête

- Vous devez être encore sous le décalage et techniquement, rien ne vous oblige à…

Henry la coupa gentiment

- Sauf votre respect, mais nous avons été suffisamment en vacances même si nous avons travaillé. Nous sommes prêts à reprendre du service.

Reece fut flattée. Elle s'appuya contre le bureau.

- Pour l'instant, il n'y a rien ! Mais je voulais vous dire que le sergent Thomson m'avait contacté pour me féliciter d'avoir une pareille équipe. Comment a-t-il pris le fait que finalement vous ayez décidé que la mort d'Ethan Smith était un suicide ?

- Il était plutôt satisfait – répondit Hanson

- Mais nous, on ne l'était pas trop – ajouta Lucas – on n'a jamais eu à proprement parler, mentir pour une affaire.

Reece pouvait les comprendre

- J'imagine parfaitement ! Croyez-moi que je n'en étais pas fière, mais c'était le seul moyen de protéger Zoé et de protéger les deux autres également. Après, peut-être que d'autres personnes en voulaient aussi à Ethan et elle n'aura fait que rendre service. Je n'encouragerais jamais à laisser un violeur et violent, en liberté, certainement pas donc ce n'est pas grave ! Ce n'était pas notre juridiction donc nous n'avons pas à nous sentir davantage coupables.

Reece avait toujours les bons mots pour rassurer son équipe. Elle aidait au moins à ne pas avoir ce sentiment pensant sur leur conscience.

- Eh bien ! Occupez-vous, faites ce que vous avez envie de faire. Regardez les dernières affaires, Henry peut prendre connaissance des cadavres qu'on a eus dans les dernières semaines et refaire le tour si ça lui chante. Je vous appelle s'il y a du nouveau.

Ils acquiescèrent et repartirent tous à leurs activités. Jo se laissa tomber à son bureau et vit une tonne de courrier. Mike, de même. Ils n'avaient rien de mieux à faire alors ils regardèrent toute cette paperasse même s'il n'y avait rien de bien intéressant dedans.

Le calme fut de courte durée. En effet, à peine une heure après leur retour au poste, Reece reçut un appel.

Elle sortit de son bureau et interpella Hanson et Jo

- Hey ! Eh bien, on dirait que les bandits n'auront pas réussi à tenir une heure sans vous. Si vous vous sentez d'attaque, deux corps viennent d'être découverts dans le midtown, à Chelsea, au 421 8e Avenue.

Jo voulait être sûre d'avoir bien entendu

- Est-ce que vous avez dit deux corps ?

Reece acquiesça

- C'est exactement ce que j'ai dit !

Jo échangea un regard avec Hanson ! Voilà où partait leur tranquillité outre-mer.


Author's note: J'ai fait des recherches sur les coutumes et nourriture typique de l'Australie comme vous pouvez vous en douter lol, parce que je n'avais aucune idée de ce qu'ils produisaient et cette "pâte à tartiner" a vraiment l'air dégoutante lol.