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Deux jours plus tard, Tris n'avait pas quitté la chambre de Tobias sinon pour aller se rafraichir. Son état n'avait pas changé mais Tris avait décidé de se battre pour lui. Ses amis passaient la voir de temps en temps pour savoir si elle avait besoin de quelque chose. Christina lui rapporta des vêtements propres et de quoi manger et lorsque la porte s'ouvrit, Tris ne se retourna même pas, pensant qu'il s'agissait de sa meilleure amie ou d'une infirmière mais quand elle entendit que la personne qui était entrée n'avançait pas dans la pièce, elle finit par regarder. Il s'agissait d'Evelyn. Cette dernière était visiblement bouleversée de voir son fils dans cet état. Elle s'approcha sans dire un mot à la jeune femme et passa sa main dans les cheveux de son fils.
- Que lui est-il arrivé ? demanda-t-elle.
- David lui a tiré dessus. Il est dans le coma.
- Et toi tu n'as rien ? continua-t-elle, accusatrice, en la regardant.
- Par rapport à lui je n'ai pas grand-chose.
- Je savais que quelque chose comme ça allait arriver.
- Que voulez-vous dire ?
- Par amour, il aurait fait n'importe quoi pour toi, la preuve en est !
- Si je pouvais prendre sa place tout de suite, je le ferais !
- Mais en attendant, c'est lui qui est dans ce lit d'hôpital !
- Vous avez un sacré culot quand même de venir et m'accuser de l'état de votre fils. Ça ne vous a pas dérangé de l'abandonner à un tortionnaire si je me rappelle bien !
- Ne parle pas de choses que tu ne connais pas !
- Je pourrais vous dire la même chose ! Tout ce dont il a besoin en ce moment c'est de savoir qu'il se sent aimé, je vous demande donc que nous arrêtions ça immédiatement et qu'on se serre les coudes pour lui. On est d'accord ?
Evelyn prit un instant à la toiser du regard puis elle se radoucit en hochant la tête. Au même instant, Christina entra et s'arrêta un moment, analysant la situation.
- Il y a un problème ? demanda-t-elle.
- Aucun, répondit Tris.
- Je suis venue te chercher pour Uriah. C'est l'heure.
- Vas-y, je reste avec lui en attendant, ajouta Evelyn.
Tris acquiesça, reconnaissante qu'elles soient enfin sur la même longueur d'onde, en tout cas au sujet de Tobias. Elle se rapprocha de son homme, embrassa sa joue puis se joignit à Christina et la suivit le long des couloirs de l'hôpital. Rapidement, elles se retrouvèrent devant la porte vitrée de la chambre mais elles n'entrèrent pas, ne voulant pas s'immiscer dans ce moment familial et intime. Tandis que Hana et Zeke étaient chacun d'un côté du lit en tenant la main d'Uriah, Tris constata la présence de David. Il était dans son fauteuil roulant, le bras en écharpe et signait un document. Son sang ne fit qu'un tour, ce que remarqua aussitôt Christina. Elle posa alors sa main sur celle de sa meilleure amie :
- Lâche-moi ! dit Tris à voix basse.
- Tu dois d'abord te calmer.
- Qu'est-ce qu'il fait là ?
- Même s'il est amnésique, c'est encore le responsable du Bureau. Lui seul est autorisé à valider l'arrêt des machines qui maintiennent Uriah en vie.
- C'est une plaisanterie ? Il a failli tuer l'homme de ma vie et je dois rester là sans rien faire ?
- Précisément. De toute façon ce n'est ni lieu ni le moment pour faire quoi que ce soit.
Tris finit par accepter ce que venait de lui dire Christina et cette dernière rompit son geste. Malgré cette intrusion, le moment fut triste et rempli d'émotion. Hana pleura à chaudes larmes et Tris put voir que des sanglots silencieux coulèrent des joues de Zeke. Quelques instants plus tard, l'infirmière arrêta les machines puis un bruit strident et continu se fit entendre. Cela rappela à Tris ce même bruit qu'elle avait entendu deux jours auparavant lorsque le cœur de Tobias s'était arrêté. L'émotion submergea alors la jeune femme et Christina la prit dans ses bras, se rendant compte de l'état émotionnel de son amie. Toutes deux ne purent retenir les larmes de tomber mais elles restèrent silencieuses, par respect pour la famille d'Uriah. Après quelques minutes de recueillement, Zeke et Hana rejoignirent Tris ainsi que Christina.
- Merci d'être venue, dit la matriarche.
- C'est normal, répondit Tris. Il était notre ami. Je vous présente toutes mes condoléances.
- Merci, ajouta Zeke. Tris ?
- Oui ?
- Comment va Quatre ?
- Il a reçu une balle dans le thorax et une autre a frôlé sa tête. Il est actuellement dans le coma, les médecins ne savent pas quand il va se réveiller.
En disant ces paroles à voix haute, Tris réalisa soudainement la réalité de ses mots et de la situation. Personne ne savait quand son homme reprendrait connaissance, si jamais il se réveillait ! Elle éclata en sanglots bien malgré elle alors que Zeke la prit dans ses bras. Après quelques instants, Tris se calma et se détacha de son ami.
- Je suis tellement désolée, ce devrait être à moi de te consoler !
- Ne t'inquiète pas pour ça. Quatre est mon meilleur ami, n'hésite pas à me demander si tu as besoin de quoi que ce soit.
- Merci Zeke, sincèrement.
Il lui sourit discrètement mais avant qu'ils ne repartent, Hana se rapprocha de Tris et la prit dans ses bras puis elle la regarda, les yeux rouges et gonflés de chagrin.
- J'ai déjà perdu un fils, je ne veux pas en perdre un autre alors surtout dis-moi dès qu'il se réveille.
- Bien sûr Hana. Merci.
Tris la serra une nouvelle fois dans ses bras puis elle salua Christina et retourna dans la chambre de Tobias. Avant qu'elle n'entre, elle entendit Evelyn parler à son fils inconscient. La jeune femme resta en retrait, écoutant ce qu'elle disait :
- J'ai attendu si longtemps qu'on se revoit, tu ne vas pas me faire faux bond maintenant ? Je sais que je n'aurais jamais dû t'abandonner mais je croyais que Marcus n'oserait pas te toucher. Malheureusement, j'ai eu tort… Tu sais, parfois je te voyais lorsque tu venais donner des vivres à des sans-factions. Je me cachais pour que tu ne me voies pas mais je ne pouvais pas y résister. C'était la veille de la cérémonie des choix. Je m'étais alors dit que peu importait la faction que tu choisirais, je devrais reprendre contact avec toi. Et on sait tous les deux que ça ne s'est pas très bien passé mais tu as su me faire confiance à nouveau. Je t'ai choisi toi, et non pas la ville de Chicago alors fais un petit effort et reviens parmi nous. Je t'aime tellement Tobias.
Elle lui passa tendrement la main sur le visage puis embrassa son front quand Tris se décida à entrer. Evelyn essuya les larmes qui s'étaient échappées et se leva.
- Vous pouvez rester, dit Tris.
- Je reviendrai demain.
- Très bien.
- Au revoir.
Tris lui fit un signe de la tête et la regarda s'en aller. Elle n'avait jamais réussi à lui faire confiance, pas autant que Tobias en tout cas mais pour lui, elle devait faire un effort et mettre ses rancunes de côtés. Il devait se sentir aimé et les disputes ne faisaient pas partie de ce dont il avait besoin. Elle se rapprocha alors de lui et embrassa sa joue puis elle s'assit en tenant sa main.
- Je suis allée voir Uriah une dernière fois. Je sais que tu aurais voulu être là mais j'y étais pour nous deux. J'ai vu Zeke et Hana. Tu sais, ils ont demandé de tes nouvelles. Contrairement à ce que tu penses, ils ne t'en veulent pas et ils te considèrent même comme quelqu'un de leur famille ! Hana a dit en parlant de toi qu'elle ne voulait pas perdre un autre fils alors tu ne peux pas te laisser aller !
Elle porta alors la main du jeune homme sur sa joue et profita de ce contact puis elle se leva et se rendit dans la salle de bain pour se rafraichir. Lorsqu'elle sortit, elle vit deux gardes autour du lit de Tobias mais elle fut choquée de voir qu'ils l'avaient menotté au barreau du lit. Son sang ne fit qu'un tour et s'apprêta à faire le nécessaire pour les lui retirer quand les gardes la mirent en joug :
- Beatrice Prior, nous avons ordre de vous arrêter, ainsi que Tobias Eaton, pour terrorisme.
- Pardon ?
Tris n'en croyait pas ses oreilles. Avec Tobias, ils avaient sauvé la ville de Chicago et ils étaient traités tous les deux comme des terroristes ! Elle comprit alors qu'ils voulaient l'emmener loin d'ici, de son Tobias. Ce n'était même pas envisageable, ils devraient lui passer sur le corps ! Voyant un garde se rapprocher d'elle, elle se mit en position de combat quand Matthew entra dans la chambre.
- Tris, reste calme je t'en prie.
- Matthew, ils nous accusent de terrorisme ! Regarde, ils ont menotté Tobias ! Non mais il est dans le coma, ce n'est pas assez traumatisant comme ça ? Et s'il se réveillait maintenant et voyait ça, comment crois-tu qu'il réagirait ?
- Je sais Tris, je viens de l'apprendre. Il faut savoir que David a repris ses fonctions mais tous ignorent ce que vous avez accompli, lui le premier.
- Il est hors de question que je sorte de cette chambre.
- Nous devons la ramener Monsieur, ordre du Bureau, dit un des gardes.
- Vas-y, essaie un peu ! répondit Tris.
- Tris, je vais faire mon possible pour faire tomber David mais j'ai besoin que tu restes calme !
- Je le serai si vous nous laissez tranquille, tu nous dois bien ça Matthew !
- Très bien, ajouta-t-il en soupirant. Je vais voir ce que je peux faire. Tu restes là en attendant et vous deux, vous gardez la chambre, continua-t-il à l'attention des gardes.
- Mais Monsieur…
- J'en prends la responsabilité. Tris, ne me fais pas regretter ce que je fais sinon tout ce que je pourrais faire pour vous innocenter ne servira à rien.
- C'est entendu, finit-elle. Tout ce que je demande, c'est de rester avec lui. Les clés ! rétorqua-t-elle au garde.
Ce dernier hésita un instant puis avec l'accord de Matthew, il envoya la clé à Tris. Cette dernière retira immédiatement les menottes du poignet de Tobias et les renvoya sans ménagement sur le garde. Ces derniers se placèrent devant la chambre tandis que Tris frottait doucement le poignet de son homme pour qu'il n'ait pas de marque.
- Tiens bon Tris, avec Cara et Caleb, on s'occupe de vous innocenter.
- Merci.
Une semaine plus tard, la situation de Tris et Tobias n'avait pas changé. Cela lui était égal tant qu'elle pouvait rester avec l'homme de sa vie ! Les jours passaient et se ressemblaient inlassablement : elle se levait au petit matin juste avant le passage du médecin qui vérifiait chaque jour les constantes et réflexes neurologiques de Tobias mais la réponse était la même « son état est stable », ce qui déprimait Tris. Puis elle se lavait et s'habillait quand l'infirmière revenait pour faire la toilette de Tobias. Lors des premiers jours, Tris préféra ne pas participer puis elle demanda à l'infirmière si elle pouvait l'aider, ce qu'elle accepta, ayant vu comment la jeune femme semblait aimer son patient. Mais aujourd'hui, Tris lui demanda si elle pouvait tailler sa barbe car malgré qu'il soit dans le coma, celle-ci continuait à pousser. L'infirmière retira alors l'élastique qui maintenait le tube qui lui permettait de respirer et le tint le temps que Tris passe la tondeuse. Une fois fait, l'infirmière réinstalla l'élastique et termina la toilette de son patient. Tris le regarda, satisfaite, sachant qu'il n'aurait pas aimé avoir la barbe trop longue même s'il paraissait plus vieux ainsi.
Plus tard dans la journée, Matthew et Caleb rendirent visite à Tris. Cette dernière se tendit en voyant son frère :
- Bonjour Béatrice, commença Caleb.
- Tris, ajouta Matthew avant que la jeune femme ne le reprenne au sujet de son nom.
- Matthew, Caleb. Du nouveau ?
- Pas vraiment, débuta Matthew. Nous recherchons toujours les vidéos prouvant ce qu'il s'est passé dans le labo d'armement mais le fichier retrouvé était corrompu.
- Pourquoi ça ne m'étonne pas... Il est donc inutilisable.
- Peut-être pas. Avec Cara et Caleb, nous travaillons sur un logiciel qui pourrait restaurer le fichier mais ça prend du temps. Encore un peu de patience.
- Ok.
- Comment va-t-il ?
- Toujours pareil. Ses blessures guérissent.
- Bien. Je voudrais te demander quelque chose.
- Je t'écoute.
- Malgré tout ce qu'il s'est passé, je garde en tête que tu as survécu au sérum de mort.
- Et ?
- M'autorises-tu à te faire une prise de sang pour savoir s'il y a quelque chose qui pourrait m'aider à comprendre ?
- Si ça t'amuse, vas-y !
- Merci Tris.
La jeune femme se laissa faire docilement. Après tout, Matthew lui avait prouvé qu'il était de leur côté alors elle ne pouvait pas lui refuser cela ! Pendant tout ce temps, Caleb n'avait pas dit un seul mot. Lorsque Matthew eut terminé, il se retourna et vit le malaise entre la fratrie. Il comprit qu'il ne lui restait plus qu'une seule chose à faire et sortit après avoir salué la jeune femme.
Le frère et la sœur restèrent tout d'abord silencieux, puis Caleb finit par prendre la parole :
- Comment vas-tu ? Ta blessure au bras guérit bien ?
- Ce n'est rien comparé à celles de Tobias.
- Béa… excuse-moi. Tris, est-ce que tu m'en veux ?
- Tu sais Caleb, je t'en veux pour beaucoup de choses que tu m'as faites endurer ces derniers temps mais je ne te tiens pas responsable de l'état de Tobias.
- J'ai l'impression que tu n'es pas vraiment convaincu de ce que tu me dis…
- C'est simplement de la frustration Caleb. Quand je regarde dans quel état il est alors que son agresseur se balade comme si de rien n'était, cela me rend folle de rage !
- Je te promets que nous ferons tout notre possible pour que la culpabilité de David soit dévoilée au grand jour. Je le jure sur ce que j'ai de plus cher au monde. Je sais que je ne t'ai pas donné de raison de me faire confiance mais crois-moi, s'il te plait ma très chère sœur.
- Je connais ta détermination, merci, c'est mieux que rien.
- Je dois retourner au travail. Prends-soin de toi, tu veux ?
L'aîné des Prior se rapprocha alors de sa sœur et la prit dans ses bras. Même si cela n'était dans les habitudes des Altruistes, il voulait qu'elle sache qu'il serait là pour elle, c'était la moindre des choses. Elle profita de cette étreinte pour le serrer fort, heureuse de voir que son frère la soutenait puis il se sépara d'elle, lui sourit et sortit.
Une dizaine de jours plus tard, Matthew entra en toute hâte dans la chambre de Tobias alors que Tris était en train de lui lire un livre. Elle se leva et le regarda se tortiller comme s'il avait une envie pressante :
- Matthew, si tu veux aller aux toilettes, je t'en prie !
- Non Tris, j'ai deux grandes nouvelles à t'annoncer ! continua-t-il, enjoué.
- Et bien, vas-y puisque tu en meures d'envie !
- Nous avons enfin réussi à reconstituer les vidéos du labo d'armement ! Il y a le son et l'image donc on sait précisément ce qu'a fait David !
- On est libre ?
- Oui !
- Merci Matthew ! dit-elle en le prenant dans ses bras.
- C'est normal Tris, répondit-il en desserrant leur étreinte.
- Tu entends mon cœur ? continua-t-elle en se rapprochant de Tobias et en lui posant une main sur sa joue. On a réussi !
- J'espère qu'il va bientôt se réveiller pour que vous en profitiez tous les deux. Le Bureau a été dissous et ils sont en train de former un nouveau gouvernement.
- Attends, et David ? Ils l'ont arrêté ?
- Non, nous avons essayé mais étant donné qu'il a pris le sérum d'oubli, il n'est pas considéré comme coupable. D'ici peu de temps, il y aura un nouveau responsable du Bureau et je doute que ce soit lui mais je veille au grain !
- Et merde !
- Tris, l'autre nouvelle te concerne personnellement. Tu devrais t'asseoir.
- Wow, tu me fais peur Matthew. Que se passe-t-il ?
- Ça concerne ton analyse de sang. J'ai passé un bon moment dessus et j'ai fait une découverte.
- Ça explique pourquoi j'ai survécu au sérum de mort ?
- Non, malheureusement je n'ai rien appris à ce sujet.
- Mais quoi alors ?
- Tris, tu es enceinte !
- Quoi ? Mais comment…
- Euh et bien j'aurais pensé que tu savais comment !
- Oh mon dieu… dit-elle, ignorant la remarque de son ami.
Son cerveau tourna à plein régime. Elle s'assit sur le lit de Tobias et prit automatiquement sa main dans la sienne. Bien sûr qu'elle savait comment cela était arrivé ! Il avait suffi d'une nuit passionnée d'amour et voilà ! D'un côté, elle était remplie de joie d'avoir l'enfant de Tobias en elle mais d'un autre, compte tenu de son état de santé actuel, comment allait-elle faire et puis elle était si jeune ! Tobias était dans le coma et personne ne pouvait prédire s'il se réveillerait un jour ! Peut-être serait-elle obligée d'élever cet enfant seul, il ne pourrait pas connaître son père, son courage, son sourire, sa force et sa grandeur d'âme, toutes les qualités qu'elle aimait chez son homme. Elle balaya de son esprit les mauvaises pensées et voulut se concentrer sur la joie qu'elle allait être maman. Elle embrassa alors le dessus de la main de Tobias.
- Mon cœur, on va avoir un petit bébé !
