Merci à ceux qui prennent encore le temps de commenter et comme je disais dans un précédent chapitre, j'espère sincérement que vous avez les nerfs solides, lol. Bonne lecture.

Ce chapitre entier fait référence à l'épisode: The frustrating things about psychopaths (1x06).


Jo avait récupéré Henry et Lucas à la morgue et ils étaient tous partis sur la scène de crime qui n'était autre qu'un bar de strip-teaseuses.

En rentrant dedans, Lucas se gratta nerveusement la tête

- La dernière fois que je suis venu, c'était dans un autre contexte.

Henry le regarda de travers

- Quoi ? Ne me dites pas que vous n'avez jamais mis les pieds dans un bar de danseuses, prêtes à se trémousser sur vous et répondre à tous vos désirs ?

Au regard de Jo qui pesait sur eux, Henry sut exactement quel genre de réponse il ne devait pas donner. Mike ne se gêna pas.

- T'inquiètes pas Lucas, moi je comprends ce que tu veux dire !

Le jeune homme fit un large sourire à son ami. Jo se retint de lever les yeux au ciel. Pourquoi fallait-elle qu'elle travaille dans un environnement majoritairement masculin ?

Ils avancèrent vers les banderoles jaunes qui indiquaient la scène de crime. Et en traversant des rideaux, ils manquèrent d'avoir un haut-le-cœur. Lucas grimaça longuement.

- Ah ouais ! Ça va vraiment nous changer de notre voyage outre-mer.

Devant eux se trouvait le corps de deux jeunes filles, pendues chacune avec un long foulard autour du cou.

Jo sentit un frisson lui parcourir le dos. Cela sentait la longue et terrifiante affaire à plein nez.

Henry s'approcha lentement. Il était à hauteur suffisante pour observer les deux corps. Elles n'étaient pas déshabillées, mais leurs vêtements étaient très courts. Elles étaient sans nul doute des employées.

Henry demanda

- Est-ce qu'on sait ce qui s'est passé ?

Hanson qui était parti à la chasse aux renseignements revint

- Elles travaillent ici. Elles devaient finir leur shift de nuit d'après le personnel de nettoyage qui les ont trouvées ce matin.

Jo demanda

- Tu vois quelque chose en particulier ?

- Pour l'instant à part la mort évidente par pendaison, je ne vois rien de précis.

Il regarde longuement les deux filles et resta pensif. Il s'approcha un peu plus et regarda fixement la poitrine de l'une des deux. Il y avait des marques grossières comme si elle avait été recousue. Il regarda l'autre qui n'avait pas ces marques-là, mais il y avait eu une tentative quelque part de vouloir…

Henry recula d'un pas

- Qu'est-ce qu'il y a doc ? – demanda Lucas

- L'une des deux filles n'a plus son cœur. L'autre l'a encore, mais il y a eu une tentative de lui enlever.

Les trois autres restèrent perplexes

- Qu'est ce que ça veut dire ? – demanda Jo

Henry se mordit les lèvres

- Je ne sais pas, mais ça pourrait être un crime pour trafic d'organes. Je vais devoir me pencher sur leurs corps à la morgue pour tenter d'en apprendre plus.

Avec délicatesse le CSU, fit descendre les deux corps et les ramena à la morgue. Henry n'aimait pas trop ce genre d'affaires, ils allaient rapidement revenir sur leurs deux pieds de leurs cinq semaines à l'autre bout du monde.

###

De retour à la morgue, Henry était avec un corps et Lucas l'autre. Jo était évidemment aux côtés de son petit ami et Hanson surveillait Lucas.

Très concentré, il demanda à ses collègues

- Personne ne vous a dit si on avait retrouvé le cœur de celle que j'examine ?

Les deux détectives répondirent d'une seule et même voix

- Pas du tout !

Jo reprit

- Tu dois avoir raison ! Ça doit être un trafic d'organes, sinon on l'aurait déjà retrouvé.

Lucas regarda la jeune fille qu'il examinait

- En tout cas, de mon côté je pense qu'avant d'être pendue, elle a été étranglée avec le foulard qui a servi… Je peux me tromper, mais les traces de strangulation sur son cou prouvent bien qu'on ne l'a pas attachée à cette barre avant qu'elle soit morte.

Henry approuva

- La même pour ici ! Outre le fait que son cœur lui a été retiré, elle a été étranglée fortement par ce foulard…

Il finit par prendre connaissance de la texture du foulard en question, en le regardant dans le sac hermétique qui servait de pièce à conviction.

Perplexe, il finit par découper la robe de la victime pour découvrir différentes marques de lacération sur son ventre et une partie de ses cuisses qui n'avait pas été visible au moment où ils avaient retrouvé les corps.

Il interpella Lucas

- Lucas ! Est-ce que tu pourrais découper la robe de ta victime et voir si elle a des marques de lacération sur le ventre et les cuisses ?

- Je m'en occupe tout de suite !

Lucas exécuta ce qu'on boss lui demanda et il confirma que la deuxième victime avait elle aussi des marques de lacération.

Jo regarda Henry

- À quoi est-ce que tu penses ?

Un cœur retiré, des marques de lacération…les foulards en nylon… Une grossière opération de la cage thoracique pour cacher le fait que la jeune fille manquait de son organe. Cette affaire lui était étrangement familière… Par pas ses vieux souvenirs, mais parce qu'elle se rapprochait de ce qu'ils avaient vécu près de deux ans auparavant.

Il se mit au milieu pour pouvoir parler à ses collègues

- Toutes ces techniques ne vous rappellent rien ?

Ni Jo ni Hanson ne furent en mesure de répondre, mais Lucas regarda plus profondément les corps et releva abruptement la tête.

- Attendez ! Ça ne serait pas comme ce gars l'année dernière qui se prenait pour Jack L'Éventreur ?

Henry hocha lentement la tête en murmurant

- Les méthodes sont ressemblantes à celle de Mark Bentley !

En entendant le nom, Jo sentit son échine la picoter. C'était bien le nom qu'elle n'avait pas besoin d'entendre. Elle revit des flashs de sa confrontation avec l'homme alors qu'elle se rendait à la résidence du Frenchman pour la sauver des griffes du psychopathe avant qu'il ne la tue et c'était bien elle qui avait failli mourir si elle ne s'était pas défendue. Il était sa seule et unique victime de toute sa carrière de flic.

Henry lui lança un regard compatissant, en se rapprochant d'elle. Son corps se blottit automatiquement contre le sien, ne prenant même pas en compte les gants sur ses mains qui étaient un peu remplis de sang.

Hanson se gratta la tête

- Bon eh bien ce n'est pas possible que ce soit lui n'est-ce pas ? Je veux dire Jo l'a…

Le regard d'Henry lui fit comprendre de ne pas en dire davantage. La jeune femme se dégagea de l'étreinte de son petit ami.

- Oui je l'ai tué ! Effectivement ! donc non ! ça ne peut pas être lui.

Elle regarda les deux corps avec pitié. Il fallait vraiment être complètement tordu pour oser faire de telles horreurs.

- Mais pourtant le doc a raison – ajouta Lucas – les méthodes sont ressemblantes

Hanson se frotta le menton

- Dans ce cas, peut-être qu'on devrait s'assurer que sa relève n'a pas décidé d'aller dans le même sens ?

Henry claqua des doigts

- Hanson a raison ! Bentley avait un fils, Devon. Il était obsédé par le meurtre et les serials-killers. On devrait commencer par là en premier et vérifier ce que devient notre gentille petite famille.

Chacun semblait attendre la réponse de Jo. Elle resta silencieuse pendant quelques minutes. Elle n'avait pas spécialement envie de replonger dans une telle affaire, mais s'ils n'avaient pas le choix alors il fallait tenter.

- OK ! On va aller rendre visite à la famille Bentley dans ce cas.

Lucas resta à la morgue et les trois autres décidèrent de faire la visite. Ils expliquèrent la situation à Reece qui les mit tout de même en garde même si elle comprenait pourquoi ils allaient chercher là-bas en premier.


Ils se retrouvèrent à Brooklyn où la première fois ils avaient fait une descente pour arrêter Mark Bentley, pour ensuite se rendre compte que la seule personne qui continuait de taper sur son ordinateur n'était que Devon, son fils.

Jo ne faisait pas partie de la visite la première fois, mais en franchissant les marches du brownstone, elle sentit ce même courant d'air la parcourir. Elle déglutit péniblement.

Henry qui était derrière elle remarqua bien le changement dans son corps. Il posa délicatement ses mains sur ses épaules.

- Jo ! Tu n'as pas à être effrayée ! Tout va bien se passer. On ne va faire que leur poser des questions.

La jeune fille hocha lentement la tête. Hanson était planté devant la porte et regardait ses deux collègues.

- Jo ! Si tu ne te sens pas d'attaque parce que tout ceci te ramène à l'année dernière, on peut juste…

Jo le coupa

- Mike ! Ça va ! C'est sûr que ça ne va pas me faire plaisir de faire face à sa famille, mais bon, si on n'a pas le choix, faisons notre boulot. Nous ne sommes pas là pour nous reposer.

Hanson se retourna et frappa donc deux petits coups à la porte. Jo et Henry le rejoignirent et ils attendirent un bon cinq minutes dehors. Henry regarda le voisinage.

- Il fait beau ! Et les températures sont clémentes. Peut-être qu'ils ne sont pas à la maison. De plus, Karen doit travailler et Devon est peut-être à l'université, ou quelque chose.

Jo répondit d'une voix sarcastique

- Je l'imagine en train d'étudier la psychologie pour apprendre à devenir un psychopathe comme son père.

Henry ne put s'empêcher de rire. Hanson fut sur le point de suggérer qu'ils repassent plus tard également quand la porte finit par s'ouvrir. Et ils restèrent surpris.

- Oui ?

Ils ne faisaient face ni à Karen Bentley ni à Devon. Mais plutôt à un couple de retraités, qui n'avait pas l'air de comprendre ce que les trois jeunes faisaient devant leur porte.

L'homme remarqua le badge des deux détectives

- Est-ce qu'on peut vous aider en quoi que ce soit ?

Jo regarda l'adresse pour être certaine qu'ils ne s'étaient pas trompés et que Mike n'était pas partie à la maison voisine, mais apparemment pas.

Elle fronça des sourcils et leur demanda

- Euh, nous cherchons une famille, les Bentley. Ils habitaient là… Est-ce qu'ils sont en vacances ou quelque chose ?

Le couple se regarda comme si on venait littéralement de les insulter.

- Pardon, jeune fille, mais cette maison nous appartient maintenant.

Hanson sentit le mal de tête arriver. Finalement, ils auraient peut-être dû rester en Australie.

- Comment ça ? Il y avait une femme et son fils qui vivaient là.

La petite dame hocha la tête

- On sait et nous avons acheté leur maison, tout simplement. Ils ont déménagé.

Jo n'aimait pas trop les tournures des événements

- Est-ce que vous savez depuis combien de temps ? – demanda Henry

- Ils ont dû mettre en vente leur maison aux alentours du 25 octobre 2014 et un mois après on était dedans.

Le groupe se regarda. Le 25 octobre 2014, soit quelques jours après la mort de Mark. Ils remercièrent le couple et retournèrent bredouilles à la voiture, mais avant de rentrer, ils se concertèrent.

- Comment ça se fait qu'ils aient déménagé si rapidement après la mort de Mark ? – bougonna Hanson

Henry regarda Jo en oblique

- Peut-être qu'ils ne pouvaient simplement pas supporter l'idée d'être dans une maison où ils avaient tous les trois, vécu.

Hanson n'en était pas trop sûr

- Mouais ! Soit ça, soit ils ont des choses à cacher et ça ne serait pas surprenant.

Jo ne disait rien. Elle avait un mauvais pressentiment.

- Il va falloir qu'on cherche autrement dans ce cas. Voyons si nous parvenons à retrouver leur adresse pour leur poser des questions et sinon, on s'occupera de visiter les connaissances des victimes pour voir ce qu'on peut nous dire.

Avant de rentrer dans la voiture, Jo regarda les alentours.

- Qu'est-ce qui se passe ? – demanda Henry qui avait la main sur la poignée

Elle se rappelait de ce moment quand elle était venue jusqu'à la boutique du Frenchman et qu'en franchissant les escaliers, elle avait eu l'étrange sensation que quelqu'un était en train de l'observer. De plus, elle s'était jetée dans le danger sans aucune protection, pas de gilets pare-balles et pas d'équipe de back-up… Elle aurait vraiment pu y laisser la vie. Elle secoua la tête.

- J'ai eu l'impression qu'on nous observait, mais mon choc post-traumatique doit me revenir… Je veux dire, au moment où j'ai affronté Mark, j'ai eu cette même sensation. Allons-y, il ne faut plus perdre de temps.

###

Quand ils retournèrent au poste, les deux hommes entourèrent Jo pour faire leurs recherches sur la nouvelle localisation des Bentley.

Jo qui avait ressorti le dossier de l'homme qu'elle avait tué pour avoir les noms exacts des personnes affiliées, tremblait quelque peu. Hanson lui toucha l'épaule.

- Je m'en occupe !

Elle se leva et se frotta le visage. Elle n'imaginait pas qu'après près de deux ans, elle repensait encore à tout ceci. Henry l'entoura avec ses bras, se fichant pas mal des regards sur eux. Il posa son menton sur le sommet de son crâne et être dans ses bras, finit par apaiser Jo.

- Ah ! ça y est ! J'ai quelque chose ! – affirma Mike

Jo et Henry se mirent chacun d'un côté de leur collègue et lurent par-dessus son épaule.

Les résultats trouvés n'étaient pas très concluants.

- On dirait qu'ils ne sont plus à New York – se désola Jo

- Non effectivement, ils ont quitté la ville – confirma Henry – et je doute qu'on ait besoin de se déplacer jusqu'à la côte ouest pour les retrouver.

Ils se regardèrent et soupirèrent. Ils allaient donc devoir se contenter du reste des suspects autour d'eux. Ils n'avaient pas de piste concrète, mais les indices viendraient certainement en bout de ligne, comme souvent.

Entre temps, ils avaient obtenu l'identité des jeunes filles, grâce à Lucas.

Elles s'appelaient Kristen Barnes et June Cooper et dans leurs métiers de strip-teaseuse, elles étaient connues sous le nom de Natacha et Nelly.

La première piste logique était donc de retourner sur les lieux de leur travail.

La deuxième piste serait d'interroger leurs familles et amis proches et vérifier si les filles avaient des ennemis, mais dans un tel environnement de travail, rien n'était impossible. Il suffisait d'un ou deux hommes mécontents.

La boîte serait fermée jusqu'à la fin de l'investigation. Le personnel de nettoyage avait été sollicité pour répondre aux questions. Il y avait également le gérant du club et quelques serveurs qui avaient été appelés.

Ils commencèrent par le gérant et Mike se proposa de parler au personnel de nettoyage.

Ils acceptèrent donc de se répartir les tâches.

- Bonjour ! NYPD – Jo montra son badge – on aurait quelques questions à vous poser sur vos deux employées que nous avons retrouvées ce matin. Elles étaient connues sous le nom de Natacha et Nelly.

Le gérant acquiesça

- Je sais ! Vos collègues m'ont appelé ! C'est assez barbare en plus.

Jo et Henry s'installèrent au bar pour lui parler.

- C'est effectivement barbare – affirma Jo –, mais vous n'auriez pas entendu quelque chose hier soir pendant leur shift qui aurait pu amener à ce tragique meurtre ce matin ?

Le gérant secoua la tête

- Franchement, ces deux-là étaient deux de mes meilleures employées et je n'ai jamais eu de plaintes de qui que ce soit. Les clients n'ont pas le droit de dépasser les limites. Certains sont bornés, mais s'ils cherchent à avoir des relations sexuelles avec mes danseuses, je les fous dehors, simplement. Après, elles étaient discrètes et faisaient quand même attention donc je ne sais pas… Peut-être des petits amis jaloux.

Jo trouvait ça tiré par les cheveux, au même titre qu'Henry.

- Où étiez-vous aux alentours de 3-4h du matin ? – demanda la détective

Il les regarda d'un air évident

- Dans mon lit ?

Henry leva les yeux au ciel

- Hmm, permettez-moi de douter. La boîte ferme a 3h du matin… Vous ne pouviez pas être déjà dans votre lit. Sauf si vous vivez sur place.

Jo nota le sarcasme de son petit ami et ne put s'empêcher de faire un petit sourire en coin.

Le gérant haussa des épaules

- Bon OK ! Je n'étais pas encore rentré ! Je faisais mes comptes dans mon bureau en arrière. Mais moi quand je suis partie, les filles étaient encore vivantes. Je ne les aurais pas touchés. Je sais que je gère une boîte avec des hommes allumés par des nanas, mais j'ai une famille quand même donc, je n'ai aucun intérêt à faire du mal à des jeunes employées qui pourraient être mes enfants.

Jo et Henry sentaient bien qu'il avait l'air sincère et de plus, Henry savait qu'il ne correspondait pas au gabarit qui aurait pu pendre deux filles l'une après l'autre. Pour pouvoir recoudre une cage thoracique, même si très mal faite, il fallait avoir une certaine précision. Vu la grosseur de ses doigts, si cet homme parvenait à tenir autre chose qu'un marteau, il était chanceux. Il étouffa un rire. Ce n'était pas le moment de perdre son sérieux.

- Vous avez des caméras de surveillance ? – demanda Jo

- Oui ! Obligé pour vérifier si des clients ne débordent pas avec nos employées. Bref, vous pourrez les voir dans l'arrière-salle. Mais, je ne sais pas si ce que vous recherchez sera dessus.

Jo pensait bien que ça ne serait pas le cas. Mais ils allaient quand même tenter.

Elle fit signe à Mike qu'ils iraient dans la salle arrière et il ne fit qu'un signe de tête.

Ils durent repasser là où ils avaient détaché les deux corps et elle essaya de ne pas tourner de l'œil.

Elle fit défiler les caméras de la dernière soirée et Henry repéra leurs victimes et tout avait l'air de bien se passer. Naturellement aux heures définies de la mort, les caméras étaient hors service.

Jo sentit ses épaules se contracter

- Je pense qu'à force on devrait juste arrêter de demander à voir les caméras. Parce que c'est toujours la même chose. Ils sont bien trop malins.

Henry compatit

- Très rare qu'un meurtrier se laisse voir intentionnellement.

- Sauf si ça fait partie de son plan justement.

Henry avait déjà vu ce genre de cas dans le passé. Mais dans les trois quarts du temps, ces meurtriers finissaient en kamikaze pour tuer le maximum de personnes.

Il préférait nettement que les caméras soient débranchées à cause de ça.

Hanson les rejoignit

- Alors ? Du nouveau ? Les caméras n'étaient pas fonctionnelles aux heures qu'on recherche, j'imagine.

Le couple acquiesça de façon simultanée.

- Tu as appris quelque chose de ton côté ? – demanda Jo

- L'équipe de nettoyage est vraiment encore sous le choc. Ils m'ont dit qu'ils n'ont rien vu ni entendu et qu'ils ont juste trouvé les corps avant de nous appeler ! Sinon dans les jours précédents, pareil, rien de bien intéressant.

Henry demanda

- Du côté des autres employés ? Les serveurs ?

Hanson secoua la tête

- Rien non plus ! Ils m'ont dit que les filles ne semblaient pas avoir de problèmes avec qui que ce soit et qu'elles étaient appréciées. Les seuls conflits dont ils se souviennent sont entre les danseuses elles-mêmes, mais je ne sais pas si l'une d'entre elles aurait eu suffisamment de force pour pendre les deux.

Henry secoua la tête négativement

- Non ! Des danseuses ne doivent pas être bien épaisses ni très grandes. L'une d'elles aurait eu le temps de se sauver à mon avis… Mais quelque chose me dit qu'elles ont été prises à part de toute façon.

Jo s'appuya contre le bureau d'où ils venaient de regarder les vidéos, en croisant les bras

- Bon qu'est ce qu'on fait ? On va interroger la famille ? Les amis ?

Hanson fut sur le point de répondre quand il reçut un appel. Il mit le haut-parleur.

- Lieutenant ! Vous êtes sur haut-parleur.

- Oui ! Je viens d'avoir des nouvelles d'une équipe qui était en patrouille dans le centre-ville. Ils ont été avertis de quelque chose de suspect au niveau d'une des stations de métro. Ils y ont sillonné les sous-sols et ils ont retrouvé du matériel de torture et ils ont senti des odeurs de décomposition donc je ne sais pas, mais vous feriez peut-être mieux d'aller jeter un œil. Repassez au 11 pour prendre les protections nécessaires.

- Compris !

Hanson regarda ses deux collègues

- Bon eh bien on dirait qu'on va avoir un peu plus d'action !

Reece les avisa de prendre un gilet pare-balle, car personne n'était sûr de savoir qui se cachait dans la station de métro. Ils devaient se rendre à Fulton Street. Jo et Hanson emmenaient une équipe de back-up avec eux et Henry voulait être derrière leur dos, mais Reece l'arrêta avant qu'il ne franchisse les portes de l'ascenseur.

- Henry ! Vous restez ici ! C'est une mission qui peut être dangereuse et vous n'avez pas l'autorité nécessaire pour participer.

Henry aurait souhaité voir ce qui ressortirait de cette fouille, mais il savait qu'il ne pouvait s'y risquer.

Jo qui était sur le point de rentrer dans l'ascenseur, fit volte-face et lui fit une petite moue, en passant sa main sur son visage

- Ne t'inquiète pas, on va sécuriser le tout, on fera le tour et on verra si quelque chose en ressort.

Henry acquiesça

- Sois prudente surtout !

- Je le serais

Elle se rapprocha pour lui donner un baiser, mais Reece se racla la gorge

- Vous n'avez pas un travail à faire Martinez ?

La jeune fille rougit jusqu'à la racine de ses cheveux et trottina rapidement jusqu'à l'ascenseur pour rejoindre ses collègues. Elle fit un signe de main à son petit ami qui ne put s'empêcher de la reluquer.

Reece leva les yeux au ciel

- Henry ! Morgue !

Le légiste sursauta et ne demanda pas son reste en détalant rapidement.

###

Ils arrivèrent armés jusqu'aux dents en descendant dans la station de Fulton street. Hanson et Jo étaient derrière l'équipe de back-up qui se chargeait de vérifier que toute la voie était libre.

Comme ils étaient dans les bas-fonds de la ville, la lumière était inexistante à part celle qui passait au travers les conduits.

L'équipe continuait de sillonner et Hanson et Jo avançaient à pas feutrés dans la station.

Il y avait effectivement une odeur de décomposition et des traces de sang un peu partout le long du chemin.

Jo regarda attentivement

- Je ne sais pas pourquoi, mais ça sent les expériences psychotiques par ici. Une station de métro insalubre, une odeur de cadavre, presque. Mike, tu ne veux pas vérifier qu'on n'a pas un corps par ici ?

- C'est ce que j'essaie de voir, mais il n'y a rien.

Ils continuèrent d'avancer avec leurs armes braquées. Il n'y avait pas un bruit et ce n'était jamais bon signe.

Hanson passa devant Jo quand de plus en plus de traces de sang se faisaient plus nombreuses.

Ils poussèrent un rideau en plastique et virent une table remplie de sang, sur laquelle reposait du papier de cuisson.

Jo dépassa son collègue et en enfilant ses gants, découvrit le papier et manqua de rejeter son petit déjeuner.

Mike regarda par-dessus son épaule et eut la même réaction. Elle prit son téléphone.

- On va avoir besoin d'Henry maintenant !

En effet, ils avaient trouvé le cœur manquant.

###

Le légiste ne prit pas longtemps avant de les rejoindre à la station. Jo et Hanson avaient préféré ne pas mettre leur main sur le cœur, pour laisser à Henry le temps d'y jeter un œil.

Henry était arrivé avec ses outils pour manipuler le cœur et faire l'autopsie directement plutôt que de le ramener au labo, de peur à ce qu'il s'assèche dans le transport.

Il le regarda longuement et l'étudia délicatement. Il soupira.

- Qu'est-ce qui ne va pas ? – demanda Hanson

- Le cœur n'est pas abîmé. D'après ce que je vois, il battait encore longtemps après avoir été retiré.

Jo demanda

- Alors pourquoi il a été laissé à l'abandon ?

Henry haussa des épaules

- Je ne sais pas ! Mais mis à part les traces sur les filles, le foulard de nylon, le cœur n'a pas été maltraité comme l'affaire qu'on a traitée l'année dernière. Donc j'imagine qu'il était là que pour…

- Le trafic d'organes – acheva Jo

Henry acquiesça

- Ça semble être le motif en tout cas – songea Hanson –, mais dans ce cas, pourquoi il n'aurait eu besoin que d'un seul cœur ?

Henry ne le contredit pas

- Il voulait sans doute les deux mais j'imagine qu'il n'en a pas eu le temps si le personnel de nettoyage est arrivé après. Mais c'est sans doute notre fil rouge.

Ils durent mettre le cœur dans un contenant hermétique et ensuite dans une boîte. Henry le déposerait à la morgue.

Hanson et Jo passèrent la journée à courir dans d'autres bas-fonds de la ville, car ils avaient reçu d'autres appels leur disant qu'il y avait des traces de sang. Il n'y avait pas d'autres organes, mais il semblait qu'il y avait eu des traces de lutte.

Possiblement, les victimes avaient certainement pu s'échapper si leur gourou les emmenait quelque part ici-bas.

En fin de journée, Jo et Hanson étaient passablement fatigués avec toute cette course. Henry en avait profité sous les conseils de Reece, d'entraîner Lucas avec lui pour qu'il puisse interroger d'autres personnes proches des filles, mais ils n'eurent pas plus de réponses que le reste qu'ils avaient déjà interrogé.

Ils firent leur rapport à Reece. Jo et Hanson n'avaient même pas eu une seconde pour retirer leur gilet pare-balles, tellement ils étaient pris dans leur enquête.

- Alors ? vous n'avez rien appris de plus ?

- On a fait chou blanc – répondit Hanson d'un ton frustré –, mais on pense bien que le trafic d'organes est la raison principale

- J'ai appelé d'autres morgues pour savoir si certains cadavres n'étaient pas privés de certaines parties – répondit Reece –, les légistes m'ont dit qu'il y a eu des tentatives, mais tous les organes sont là.

Jo tapota son index sur son menton

- Et vous n'avez pas entendu parler d'une vente quelconque récemment ?

- Je me suis également renseigné. Le FBI surveille les sites du marché noir pour vérifier si les organes sont mis en vente en ce moment. Bien sûr, il y a les marchés asiatiques ou sud-américains qui sont les champions, mais de notre côté ils n'en sont pas encore sûrs. Ils ont vu des activités, mais ils me tiendront au courant et nous demandent d'ouvrir l'œil également.

Ils manquaient d'indices, mais Henry était persuadé dans tous les cas que les méthodes ressemblaient beaucoup à celles de Mark Bentley… Cependant, la famille vivant désormais sur la côte ouest, il était difficile pour eux d'avoir des réponses.

- Je vais vérifier quand même si la famille Bentley n'a pas refait un petit tour par ici récemment – affirma Reece – on ne sait jamais. Surtout si Henry confirme que les méthodes sont ressemblantes au défunt Mark.

Jo n'avait qu'une hâte qu'ils bouclent cette affaire rapidement. Elle se frotta les sinus. Henry lui fit un regard compatissant. Reece fit un signe de main.

- Vous devez être épuisés avec le décalage alors ne vous cassez pas trop la tête. Je vous appellerais si j'ai d'autres infos.

Ils la remercièrent. Et Jo décida de déposer Henry à la boutique. Elle était assez fatiguée et ne sentait pas du tout cette affaire. Elle était perdue dans ses pensées.

Henry posa sa main sur sa cuisse

- Ne t'inquiète pas, on trouvera bien qui est derrière tout ça.

- Je sais, mais j'espère juste qu'on n'aura pas encore je ne sais combien de corps comme l'affaire de l'année dernière.

Henry comprenait bien son point de vue. Mais il la rassura.

- Si c'est une question d'organes, il ne reviendra pas au même endroit deux fois et disons que maintenant il doit savoir qu'on est derrière lui, il ne va pas courir les rues comme ça, mais on remettra la main sur lui et on trouvera bien la cause de tout ce bazar.

Jo savait qu'il avait toujours les bons mots pour lui remonter le moral. Elle reprit ses esprits.

- Il se peut que de savoir que les méthodes soient les mêmes que ce psychopathe à qui j'ai enlevé la vie, me remue… Et je sais que je ne devrais pas avoir autant sur la conscience, mais je le revois encore tomber devant moi… - sa gorge se noua – Henry je n'ai rien dit à personne, mais je n'ai pas dormi pendant une semaine sans faire des cauchemars…des fois, ça me hante encore. Je sais que ce n'était pas un bon homme, mais je n'ai jamais voulu…

Henry posa un doigt sur ses lèvres et posa son front contre le sien

- Je sais ce que tu ressens. Et le fait que tu te sentes coupable montre à quel point ton cœur est bon. De plus, tu sais que tu es flic, que ce genre de choses peut t'arriver dans ta vie. Et malgré toi, tu te sens encore coupable d'avoir ôté une vie pour ta propre défense. Jo, c'est normal. Et c'est pour ça que je t…

Il s'arrêta avant d'en dire trop et ne fit que lui donner un long baiser. Il sentit le sien plus humide que d'habitude alors il comprit qu'elle avait les larmes dans les yeux ce soir-là.

- Rentre te reposer ma belle ! Tu en as besoin. Sauf si tu veux rester avec nous ?

Jo le trouva tellement adorable

- C'est gentil, mais tu as raison, je vais me reposer et je vais essayer de comprendre un peu plus cette affaire. Et pis regarde-moi, j'ai eu un peu froid ce soir et j'ai piqué un pull de la NYPD. Alors ça me fera du bien d'aller à la maison.

Henry sourit et lui donna un autre baiser avant de quitter et de lui faire un signe de main avant de rentrer dans la boutique. Jo le regarda partir et démarra pour aller jusqu'à Washington Heights.

###

La journée, avait été quand même plutôt longue, le décalage encore présent et la tête toujours sur la plage, Jo était lessivée. Cela faisait bien longtemps qu'elle n'avait pas été aussi fatiguée. Elle songeait que même leurs cinq semaines d'immersion dans un autre pays ne l'avaient pas autant épuisée, mais le cadre paradisiaque avait eu l'effet escompté.

Elle avait hâte de prendre un bon bain et commencer ses recherches pour tenter de comprendre leur nouvelle affaire. Elle passerait dans la foulée un coup de fil à sa mère et sa sœur pour leur annoncer qu'elle était de retour et qu'il fallait qu'elle les voie rapidement, car elle avait un petit souvenir pour tout le monde.

En sortant de la voiture et montant les marches de son appartement, elle remarqua qu'elle avait carrément oublié ses clés dans la boîte à gants. Elle soupira. Peut-être que finalement, elle laisserait tomber les recherches et irait directement se coucher. Si quelque chose changeait, on l'appellerait.

Elle arriva près de sa voiture et se contorsionna pour attraper les clés bien au fond de la boîte à gants. Satisfaite d'avoir encore des années de gymnastique derrière elle, elle referma sa voiture et au moment où elle se retourna, elle se fit directement chloroformer par un homme vêtu de noir de la tête aux pieds. Elle n'eut même pas le temps de crier qu'elle perdit connaissance et l'homme la porta pour la déposer à l'arrière d'un bolide noir.

Les clés de l'appartement de Jo restèrent près de sa voiture, tandis que son agresseur l'emportait loin.


Author's note: j'espère que je ne suis pas trop méchante :p (je sais que je le suis et que vous allez devoir attendre une bonne semaine avant d'avoir la suite mais c'est comme ça).

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