Encore merci pour la review
Gros saut dans le temps mais il y aura quelques flashbacks
Six mois plus tard
La fin de journée approcha et comme chaque soir, Tris se dirigea vers l'hôpital. L'état de Tobias restait inchangé mais elle ne dérogeait pas à ses habitudes. L'homme de sa vie lui manquait cruellement mais jamais elle ne l'abandonnerait ! Sa grossesse se passait bien, elle avait eu, en début de grossesse, des nausées matinales qui la fatiguait mais cela ne l'empêchait pas de rester avec Tobias. Puis à deux mois de grossesse, grâce à ses amis qui l'encourageaient, elle prit le poste d'agent de liaison entre la ville de Chicago et le Bureau. Ce travail lui permettait de s'occuper, de garder un œil sur ce qui se passait à Chicago mais surtout de toujours être disponible pour venir passer la soirée avec Tobias. Christina l'avait accompagnée à chaque visite prénatale. Elle avait fait encadrer l'échographie du bébé et l'avait mis sur la table de chevet de son homme. Lorsqu'elle avait entendu pour la première fois le cœur de son bébé, elle l'avait fait transférer sur son téléphone et dès qu'elle était revenue dans la chambre de Tobias, elle lui avait mis des écouteurs et le lui avait fait entendre. Elle aurait juré avoir vu une larme tomber des yeux de Tobias mais il restait cependant toujours cruellement immobile.
Elle entra donc dans la chambre de Tobias, l'embrassa sur le front et lui raconta sa journée. Elle resta un moment à l'observer quand l'infirmière entra :
- Bonsoir Tris ! commença-t-elle.
- Oh Kate, c'est toi qui es de garde ce soir ?
- Quatre est mon dernier patient et après ma garde est terminée.
- Comment s'est-il comporté aujourd'hui ?
- Et bien tout s'est bien passé quand Evelyn est venue. Elle nous a aidés avec la rééducation passive sur ses jambes et ses bras.
- Demain je suis de repos, je vais pouvoir m'en occuper. Il faudra que je le rase aussi, je n'ai pas eu le temps de le lui faire cette semaine.
- Tu veux lui couper les cheveux aussi ?
- Non, je vais les laisser comme ça. Ils sont à peine plus longs mais ça suffit pour recouvrir sa cicatrice à la tête.
- Très bien. Tout va bien, ses constantes sont bonnes.
- Il a perdu du poids.
- C'est normal Tris, son corps ne bouge plus depuis plusieurs mois. C'est aussi pour ça qu'on lui fait faire de la kiné pour ses membres inférieurs et supérieurs. Il ne faut pas perdre espoir.
- Je sais mais disons qu'il y a des jours avec et des jours sans. Ça va passer, dit-elle, en sanglots. Je ne sais même pas pourquoi je pleure, je suis désolée.
- Ce n'est rien, ce sont les hormones, ajouta-t-elle en lui passant la main dans le dos. Les joies de la grossesse ! J'y suis passée, je connais ! Tu dois te reposer toi aussi Tris.
- Merci. Passe une bonne soirée.
- Toi aussi.
L'infirmière posa sa main sur l'épaule de la jeune femme puis sortit. Tris était épuisée de sa journée et ces fichues hormones l'achevaient. Elle s'allongea alors contre son homme et comme à son habitude, elle prit sa main et la posa sur son ventre arrondi. Elle appuya sa tête sur l'épaule de Tobias et écouta sa respiration lente et régulière. Elle repensa à un jour en particulier où elle avait eu l'espoir qu'il se réveille.
- Flashback
Cela faisait un mois que Tris avait appris sa grossesse. Elle était comme chaque jour dans la chambre de Tobias et avait copieusement déjeuné. Elle s'apprêtait à lire quand elle fut soudainement prise de nausées. Elle courut et atteint juste à temps la cuvette des toilettes pour rendre ce qu'elle venait de manger. Elle y passa cinq bonnes minutes, ayant de violentes remontées gastriques au passage puis elle se rinça la bouche, se brossa les dents et revint auprès de son homme mais elle se stoppa en l'observant. Ce dernier avait les yeux grands ouverts et fixait le plafond. Elle appuya immédiatement sur le bouton d'appel et tenta d'attirer son attention. L'infirmière et le médecin de garde entrèrent pour trouver une Tris surexcitée :
- Il a les yeux ouverts ! Regardez ! Il va se réveiller, n'est-ce pas ?
- Mme Prior, vous devez absolument vous calmer, commença le médecin. Veuillez attendre devant la chambre.
- C'est une plaisanterie ? Je ne bougerais pas d'un poil.
- Tris, s'il vous plait, insista l'infirmière. Faites-nous confiance.
La jeune femme se calma et alla derrière la porte vitrée, observant méticuleusement les examens qu'ils étaient en train de faire subir à Tobias. Une quinzaine de minutes plus tard, l'infirmière lui ouvrit la porte et la fit entrer.
- Alors ? demanda-t-elle.
- Madame, dit le médecin. Nous avons procédé aux examens neurologiques et son état est stationnaire.
- Mais il a ouvert les yeux !
- C'est un réflexe, cela arrive. Il a toujours le même degré de coma.
- Mais c'est un signe qu'il va se réveiller ?
- Je suis vraiment désolé mais non, termina le médecin. A bientôt Madame Prior.
Le médecin et l'infirmière sortirent de la chambre et Tris se rapprocha de Tobias qui avait à nouveau les yeux fermés. Elle prit alors la main de son homme dans les siennes et pleura à chaudes larmes. Au même instant, Zeke entra dans la pièce et vit Tris en train de s'écrouler par terre, secouée par les sanglots. Il la rattrapa et l'assit sur le fauteuil :
- Tris, que se passe-t-il ? demanda-t-il, paniqué de voir l'état de son amie.
- Il… il…
- Ok, d'abord, tu dois te calmer ma belle sinon je ne comprendrais pas ce que tu me dis.
- D'accord… répondit-elle en se calmant.
- Voilà, c'est bien. Maintenant raconte-moi.
- Tobias a ouvert les yeux mais ils disent que ce n'est qu'un réflexe.
- Oh merde Tris. Je suis désolé, ajouta-t-il en la prenant dans ses bras.
- J'ai tellement cru qu'il se réveillait !
- Je sais, je sais…
- Et s'il ne revient pas ?
- Non, écoute, Tris, commença-t-il en desserrant leur étreinte. Quatre est le seul qui soit capable de se sortir de ce genre de situation. C'est un battant ! Toute sa vie il s'est battu et il a toujours gagné ! Ne doute pas un instant de ce dont ce mec est capable ! Tu ne dois pas te mettre dans cet état, je ne pense pas que ce soit conseillé dans ta… condition.
- Tu as raison.
- Tris, continua-t-il sérieusement. Je me dois en tant que ton ami et celui de Quatre, de te poser une question.
- Vas-y, je t'écoute, dit-elle en essuyant ses larmes.
- Compte-tenu de l'état de Quatre, penses-tu que… tu doives garder le bébé ?
- Pourquoi me demandes-tu ça ? réagit-elle sur la défensive.
- On s'inquiète tous pour toi. Même s'il est solide, on ne sait pas quand Quatre va se réveiller et puis tu es jeune, je veux juste que tu prennes conscience de ce qui t'arrive.
- Oh mais je le suis Zeke, je te rassure. Tu crois que je ne me suis pas posée la question lorsque j'ai appris la nouvelle ? J'ai pris le temps de me calmer et de peser le pour et le contre puis je me suis demandée ce que voudrait Tobias. Je pense… non, je sais que ça le comblerait de joie. J'ai confiance en lui et je sais qu'il reviendra vers moi mais… si jamais il ne se réveillerait pas, ce petit être serait tout ce qui me resterait de lui alors oui, je vais garder ce bébé.
- Alors si c'est ta décision, nous sommes tous heureux pour vous et tu sais que tu pourras toujours compter sur nous.
Fin du flashback -
Le silence dans la pièce était interrompu uniquement à cause des machines qui aidaient Tobias à rester en vie. Tris commença à se détendre quand le bébé donna des coups de pieds, surprenant la jeune maman par la même occasion. Elle positionna alors la main de Tobias à l'endroit exact ou le bébé avait bougé. Elle attendit un instant puis il recommença.
- Oh mon dieu Tobias, tu as senti, le bébé bouge ! J'aimerais tellement que tu puisses le sentir avec moi !
Tris était partagée entre la joie de sentir son enfant bouger en elle et le manque cruel de son homme pour vivre ce moment unique. Les larmes s'étaient remises à couler quand son portable sonna. Elle essuya ses yeux puis répondit :
- Allo ? dit-elle, fébrile.
- Tris, c'est Matthew. Tu vas bien ?
- Oui. Matthew, c'est le week-end, toi aussi tu dois te reposer.
- Je sais mais c'est important Tris.
- Qu'y a-t-il ?
- David a été destitué de son poste aujourd'hui.
- Oui, rien d'étonnant jusque-là. Même si nous avons mis le temps à l'obtenir, c'était prévu.
- En effet mais ce qui m'inquiète, c'est qu'il a disparu. J'ai préféré te prévenir au cas où.
- Matthew, je suis dans un hôpital, que veux-tu qu'il m'arrive ? Et puis pourquoi viendrait-il ici ?
- Très bonne question, dit une voix devant la porte vitrée.
- David ? questionna Tris.
- David est là ? continua Matthew. Je préviens les autorités ! Essaie de le retenir, termina-t-il en raccrochant.
- Vous comptez répondre à ma question ? insista-t-elle.
- Que c'est touchant ! ajouta-t-il en voyant la main de Tobias sur le ventre de Tris.
- Vous n'êtes plus aux commandes David.
- Tu crois que je n'ai pas d'autres cordes à mon arc Tris ?
La jeune femme se leva doucement, analysant le comportement de David. La dernière fois qu'elle l'avait vu, on lui avait expliqué qu'il allait être destitué mais il n'avait pas semblé réagir or là, c'était comme si elle avait l'ancien David en face d'elle.
- Quel est le problème ? dit-elle.
- Le problème ? Je croyais pouvoir regagner la confiance des autres mais tu t'es encore mêlée d'affaires qui n'étaient pas les tiennes ! Tout ça à cause de vous et de vos idéos de jeunes premiers !
- Attendez, vous vous souvenez ?
- Tu crois vraiment que je n'allais pas parer à toute éventualité ? J'ai pris l'antidote avant que tu viennes dans le labo d'armement.
- Mais pourquoi avoir joué le jeu ?
- Parce que sinon ils m'auraient tué !
- Sale enfoiré ! C'est toi qui l'as mis dans cet état !
Tris s'apprêta à se précipiter sur David pour déverser toute sa haine mais il sortit un téléphone portable ainsi qu'un petit boitier de la taille d'un lecteur mp3.
- Si j'étais toi, je ne bougerais pas, dit-il alors qu'elle se stoppa.
- Qu'est-ce que c'est ? demanda-t-elle en désignant le boitier.
- Ce téléphone est équipé d'une charge d'explosif quant à ce boitier, c'est celui qui le commande. Si je retire mon doigt de l'écran du boitier, tout saute alors tu ferais bien de rester à ta place, continua-t-il en posant le téléphone sur la table de la chambre. Maintenant je vais partir mais je peux te promettre que je finirais par reprendre le pouvoir ici. Adieu Tris.
David sortit alors de la pièce mais Tris ne perdit pas un instant, hurla à tous de se coucher, saisit le téléphone puis elle ouvrit la fenêtre et le lança de toutes ses forces puis elle se coucha sur Tobias lorsqu'elle entendit la détonation. Elle était tellement forte que certaines vitres de l'hôpital explosèrent à cause du souffle de la bombe. Il fallut plusieurs minutes pour que le calme revienne et que Tris récupère la totalité de son ouïe. Elle parvint à se mettre debout, constatant qu'elle n'avait que quelques bleus puis elle regarda Tobias et comprit qu'il n'avait pas été blessé. Elle souffla, soulagée et s'apprêta à prendre son téléphone pour rappeler Matthew quand les alarmes des machines reliées à Tobias s'enclenchèrent, la faisant sursauter. Elle sortit donc de la chambre et appela à l'aide. Un médecin et une infirmière arrivèrent alors et ils s'afférèrent autour de Tobias. Tris voulut approcher mais l'infirmière la conduisit devant la porte de la chambre. La jeune femme pleurait toutes les larmes de son corps, pensant qu'elle allait définitivement perdre l'homme de sa vie. Elle vit l'infirmière sortir en courant puis revenir dans la chambre, débrancher le respirateur et installa un insufflateur manuel. Le médecin débloqua le lit puis ils sortirent de la chambre en le poussant :
- Que se passe-t-il ? demanda la jeune femme.
- Nous devons procéder à des examens en urgence ! répondit le médecin. On vous tient au courant.
